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27/02/2012

LES PROGRESSISTES

Ah ça, il ne faut pas manquer du culot le plus extravagant pour la ramener encore et toujours et par-dessus le marché, s’intituler « progressistes » ! Alors que ces « progressistes » n’ont jamais fait la moindre repentance pour leurs crimes énormes et avérés. Repentance que le système, si sourcilleux par ailleurs, s’est du reste bien gardé de leur demander. Et pour cause.

 

GE-1-7-22-photo.jpg

 

Je reçois le courrier suivant dans ma messagerie, provenant d’un « pôle de renaissance communiste en France ». A quel titre ai-je reçu cela ? Mystère. Je dois être progressiste sans le savoir.

 

« Cher(e) destinataire,

 Cet envoi est adressé à une liste de diffusion large qu'initiative communiste en France utilise depuis peu.

Si votre adresse ne se trouvait pas dans nos fichiers antérieurs, vous figurez dans celui-ci parce que vous êtes intervenu(e) sur un site électronique sur des bases progressistes, ou que vous avez signé une pétition progressiste, ou encore parce que votre adresse comprend le sigle d’une organisation progressiste.

Si, contrairement à ce que nous espérions, nos courriers ne vous intéressent pas, il vous suffit d’activer le lien de désinscription contenu dans cet envoi.

Dans le cas contraire, nous vous souhaitons bonne lecture. N’hésitez pas à réagir pour nous faire part de vos réflexions et échanger avec nous !

 Vous trouverez aujourd'hui le Cl.i.c Rouge, le supplément électronique à Initiative communiste, que vous pouvez consulter soit en pièce jointe, soit en ligne en cliquantICI

Vous pouvez aussi retrouver le P. R. C. F sur son site. » 

 

19/06/2011

SUBTILE DISTORSION DE LA REALITE

Je ne peux pas m’empêcher de vous faire observer comment la chaîne Histoire présente son émission spéciale de ce soir. Voyez plutôt :

 

20h35, « L’Orchestre rouge.

 

Actif pendant la seconde guerre mondiale, Orchestre rouge, le principal mouvement résistant allemand, a fourni aux Alliés de nombreux et précieux renseignements.»

 

Voilà. « Le principal mouvement résistant allemand ». Donc, classé d’office du côté du Bien. Parce qu’être résistant, c’est chargé de plein de valeur positive. Etre espion, c’est nettement moins bien vu. C’est réservé au camp du Mal. Les communistes à la nationalité incertaine qui espionnent en temps de guerre pour Staline sont des résistants et non des espions. J’espère que tout le monde aura bien compris la nuance.

 

Voici ci-après un portrait très succinct du créateur « résistant » d’Orchestre rouge (tiré de Révolutionnaires juifs). Vous noterez comme moi au passage que les zaffreux nazis ne l'ont pas trop malmené. Tandis que Staline, lui, ne l'a pas raté. Curieux.

 

 

 

imagesCAWKWD8V.jpgLEOPOLD TREPPER, chef de l’Orchestre rouge

 

 

Le futur organisateur du réseau d’espionnage Orchestre rouge naît en 1904 dans une famille juive de Galicie.

Il rejoint les bolcheviks peu après la révolution d’Octobre et travaille durant un certain temps dans les mines de Galicie. En 1923 - il a dix-neuf ans - il organise une grève et connaît la prison.

 

L’année suivante, il s’embarque pour la Palestine, en tant que membre de Hashomer Hatzair, mouvement sioniste de gauche créé en Pologne en 1913. Dans ce territoire alors sous mandat britannique, il adhère au parti communiste qui vient tout juste de se créer et de s’affilier au Komintern. Trepper sera finalement expulsé de Palestine par les Anglais en 1929 en raison de ses activités subversives.

 

Il se rend alors en France et y travaille avec une organisation clandestine qui sera bientôt interdite. En 1932, il repart donc pour Moscou où il travaillera dorénavant pour le GRU, le renseignement militaire. Il se met à beaucoup voyager, notamment entre Paris et Moscou, pour ses missions.

 

Trepper va traverser la période des purges sans difficultés majeures. En 1938, il est envoyé en Belgique afin d’y établir un réseau d’espionnage, celui que les Allemands désigneront plus tard du nom célèbre de Die Rote Kapelle, l’Orchestre rouge. L’idée qu’il met en œuvre consiste à s’abriter derrière  des sociétés commerciales qui serviront à la fois de paravent et de source de revenus. Trepper va ainsi mettre sur pied un vaste réseau d’agents sûrs opérant dans divers pays européens et capables de fournir aux soviétiques des renseignements stratégiques, politiques, économiques de grande valeur.

 

Parmi les renseignements majeurs, Trepper sera en mesure d’informer Staline de l’imminence du déclenchement de l’opération Barbarossa, l’invasion de l’URSS par les troupes allemandes, en juin 19414. Staline, qui recevra les mêmes informations d’un autre espion, Richard Sorge, ainsi que d’autres sources, refusera pourtant d’y ajouter foi.

 

Cependant, l’Abwehr, le service allemand de renseignements militaires, n’est pas resté inactif, et parvient à démanteler le réseau. Un grand nombre d’espions sont arrêtés, dont Trepper lui-même, en novembre 1942.  Les Allemands ne seront cependant pas trop méchants avec lui car ils espèrent en faire un agent double.

 

Trepper fait semblant de se prêter au jeu, et réussit à s’échapper en 1943. Il réapparaîtra à la libération de Paris, dans le sillage de la résistance.

 

Il rentre en URSS en janvier 1945, mais là, bizarrement, au lieu d’être bien accueilli, il est emprisonné à la Loubianka sur ordre de Staline. Il réussira de justesse à sauver sa tête, mais il reste enfermé jusqu’en 1955.

Après sa libération, il retourne en Pologne avec sa famille et renoue avec ses racines juives en s’occupant de diverses organisations communautaires.

 

Après la guerre des Six Jours, il décide d’émigrer en Israël. La Pologne finira par accepter de le laisser partir en 1974. Il s’installe alors à Jérusalem et publie son autobiographie l’année suivante. Il meurt à Jérusalem en 1982. 

 

31/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 6 (suite)

Je savais bien que je pouvais compter sur mes lecteurs. Merci à celui qui nous adresse ces précisions fort intéressantes suite à l’article d’hier:

« "QUELQUES AUTRES INFORMATIONS SUR LA CHARMANTE FAMILLE MICHNIK-SZECHTER :

- PAPA MAMAN -OZJASZ SZECHTER le père : premier secrétaire du partie de l’Ukraine de l’Ouest qui faisait partie de la Pologne jusqu’à son annexion par Staline en 1939. En 1934 il est jugé et emprisonné pour tentative de renversement du gouvernement polonais, de cette Pologne qui n’existait que depuis les traités de 1921. Ce parti communiste était un prolongement du NKVD et s’activait contre la souveraineté et l’indépendance de la Pologne avec pour but de l’amener dans l’orbite soviétique.

LA MAMAN MICHNIK, HELENA, institutrice et bien sûr! membre du parti communiste! Dans la Pologne Populaire, elle enseignait dans le Corpus des Cadets de la Sécurité Intérieure, écoles créées sur le modèle des Ecoles militaires de la Sécurité intérieure du NKVD.

- LES DEUX FISTONS : - STEFAN MICHNIK, l’aîné- Juge des années 50 jusqu’à 1968 : ayant à peine 20 ans, il rejoint les staliniens juste après la guerre et l’entrée des staliniens en Pologne. Il est nommé juge sans avoir aucun diplôme de droit mais tout le monde sait que sous les communistes ce genre de formation est superflue puisqu’il ne s’agit de rien d’autre que de liquider par la mise à mort les opposants et de préférence les meilleurs, ceux qui aiment leur patrie : ce fut le cas des résistants antinazis de L’Armia Krajowa (A.K). On doit à Stefan Michnik 20 condamnations à mort des principaux dirigeants de l’Armia Krajowa: (mjr. Zefiryn Machalli, lieutenant Maksymilian Chojecki, mjr. Jerzy Lewandowski, lieut. Stanisław Wecki, mjr. Zenon Tarasiewicz, liet. Romuald Sidorskie, plieut. Aleksander Kowalski…. Le 10 Janvier 1952 condamnation à mort du major Z. Machallę âgé de 37 ans (réhabilité post mortem le 4 mai 1956 r.). etc. etc. Stefan fut très vaillant dans cette entreprise et n’oubliait pas de prendre part lui-même aux exécutions. Aujourd’hui il cultive son jardin, tranquille à Uppsala, et reçoit même une retraite du gouvernement polonais attribuée à ceux qui ont fui la Pologne après les événements « antisémites » de 1968.

- ADAM MICHNIK LE JEUNE FRÈRE DE STEFAN (de 17 ans plus jeune) est devenu aujourd’hui l’éminence grise des gouvernements polonais après avoir bien retenu les leçons de Lénine (« Si vous voulez contrôler l’opposition, prenez-en la direction ») : Après avoir piloté le mouvement Solidarité il s’est retrouvé après la table ronde fondateur du Journal Gazeta Wyborcza le quotidien polonais jumeau de Libération. C’est d’ailleurs Serge July qui est parti le conseiller au moment de la fondation du journal Gazeta W qui est aujourd’hui le clone parfait de notre Libération: Neocon sionisme, anticatholicisme, libéralisme déchaîné et lustrateur des crimes de son papa et de son frère ainsi que des petits camarades" ».

30/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS - 6

Merci à mon correspondant d’hier d’avoir attiré mon attention sur Stefan Michnik, autre intéressant personnage qui coule toujours des jours présumés tranquilles en Suède. Il mérite sa place dans notre série. Hélas, rien en français sur lui, mais ce n’est pas grave. L’ennui, c’est qu’il n’y a pas énormément d’éléments en anglais non plus. Internet est beaucoup plus bavard en polonais, mais là, je suis larguée …

 

Donc, contentons-nous des quelques infos de Wikipédia anglais que nous compléterons le cas échéant en fonction des éventuelles compétences linguistiques des lecteurs de ce blog.

 

 

Stefan Michnik

 

stefan_Michnik_Szechter.jpgIl naît en septembre 1929 dans une famille juive d’Ukraine. Son père, Ozjasz Szechter, fut le premier secrétaire du parti communiste d’Ukraine occidentale et sa mère, née Michnik, était historienne et communiste elle aussi.

 

La carrière de Michnik se déploiera à la fois dans les services de renseignements militaires de la Pologne communiste et dans la « justice » du pays puisque nous allons le retrouver juge pour le compte de Staline dans les années d’après-guerre, apparemment à partir de 1951. A cette date, il n’avait pourtant que 22 ans ? Curieux. Il s’illustrera dans l’arrestation, l’internement et l’exécution de bon nombre de résistants polonais qui avaient lutté contre Hitler. Parmi ces combattants : Jerzy Lewandowski, Zefiryn Machalla, Maksymilian Chojecki.

 

Pour donner une idée de la façon dont le juge Michnik rendait la « justice » : après la guerre, Machalla eut la mauvaise idée de retourner en Pologne désormais sous la férule stalinienne. Il y fut illico condamné à mort pour « espionnage ». Il n’eut même pas droit à un défenseur et fut exécuté en janvier 1952.

 

Arrive la crise politique de mars 1968 en Pologne, dans un contexte d’opposition grandissante au régime communiste et de rupture des liens URSS/Israël suite à la guerre des Six Jours. Pas mal de juifs avaient intérêt à se faire oublier et à faire oublier leurs récents exploits au service du régime. Stefan Michnik est du lot, qui quitte la Pologne en clamant être victime de l’antisémitisme ambiant dans le pays ! Assez jolie houtspah, non ?

Son premier choix, ce sont les USA, mais sa demande de visa est rejetée en 1968. Il se rabat donc sur la Suède où il entame bien tranquillement sa seconde vie : bibliothécaire dans une petite ville voisine d’Uppsala. Il y vit toujours, à présent retraité, naturellement.

 

Près de quarante ans après son départ, soit en 2007, voilà que l’Institut National Polonais du Souvenir se réveille et se demande si une extradition de ce discret personnage ne serait pas utile. Il leur faudra encore trois ans pour délibérer et ce n’est qu’en février 2010 que la cour de Varsovie réclame officiellement l’extradition de Michnik, procédure appuyée en octobre 2010 par un mandat d’arrêt européen.

 

Mais là, vous allez admirer la célérité de la justice en certaines circonstances : dès le mois suivant, soit le 18 novembre 2010, la Suède refuse d’extrader Michnik vers la Pologne pour y répondre de ses agissements passés. Passés mais non oubliés. Motif invoqué : actes désormais prescrits. Raison de plus pour ne pas les passer, nous, sous silence.

 

29/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 5

Ce ministère polonais de la « sécurité » intérieure est une véritable mine de clients. J’en profite pour vous rappeler un autre personnage qui relève de la même série, dont nous avons parlé à au moins deux reprises : Helena Wolinska. La Pologne a réclamé en vain l’extradition de cette criminelle au Royaume-Uni, dont elle était ressortissante (voir archives du blog 21/11/07 et 21/02/11). Mais les Anglais ont fait la sourde oreille pour motifs « humanitaires ».

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur :

 

Józef Światło

 

180px-Swiatlo.jpgUn de plus qui s’est empressé de changer de nom pour mieux se fondre dans le paysage, mais qui a ajouté en fin de carrière la traîtrise et la délation à la cruauté, en opérant une spectaculaire reconversion de l’est vers l’ouest.

 

Né Izaak Fleischfarb le 1er janvier 1915 dans une famille juive d’Ukraine, il suit le cursus archi-classique puisqu’il se lance très tôt dans l’activisme communiste, mâtiné en ce qui le concerne de sionisme. Durant la guerre, il combat dans les rangs de l’armée polonaise et se retrouve prisonnier de l’Armée rouge. Ce qui ne l’empêche pas de convoler en avril 1943 avec une demoiselle Swiatlo, dont il va désormais porter le nom, à la sonorité plus polonaise. Et il devient à la même époque commissaire politique à la Polish 1st Tadeusz Kościuszko Infantry Division créée par les soviétiques.

 

Dès 1945, ce bon communiste est transféré à cette fameuse MBP qui vient d’être créée elle aussi, toujours grâce aux bons offices des soviétiques, MBP que nous commençons à bien connaître et où il n’a pas dû se sentir trop dépaysé. Là, il va faire comme ses petits camarades : tortures et contrefaçons en tous genres. A haut niveau, puisqu’il devient vite  directeur adjoint du département dirigé par Anatol Fejgin, que nous avons vu précédemment à l’œuvre.

 

Il aura à son actif l’arrestation de centaines de résistants polonais de l’Armia Krajowa, dont ses dirigeants, ainsi que la falsification du « référendum » de 1946. Il y gagnera le surnom expressif de « boucher », rendant ainsi hommage à la qualité de ses prestations.

Tous ces efforts connaîtront une juste récompense : il est promu colonel et se retrouve en 1951 parmi les hauts gradés du 10e département du MBP. Département sensible puisque chargé de la surveillance des membres du Parti eux-mêmes. A ce titre, il recevra directement ses ordres du premier secrétaire polonais, Boleslaw Bierut, et procédera à l’arrestation de personnages notables comme Gomulka ou le cardinal Wyszynski. Il aura par ailleurs accès à des documents ultrasecrets, dont il fera ultérieurement l’usage que nous verrons.

 

Car tout change en 1953. Staline meurt en mars et avec lui une page se tourne, assez délicate à négocier pour certains de ses adorateurs d’hier, trop empressés à lui plaire. En novembre, voilà notre Izaak Fleischfarb, alias Józef Światło, envoyé par Bierut à Berlin est, avec son chef direct Fejgin, pour y rencontrer le chef de la Stasi, Erich Mielke. Il s’agit de discuter l’élimination d’une certaine Wanda Bronska. La routine, quoi. Sauf que depuis la mort du dictateur en chef et l’arrestation de Béria en juin de la même année, ça sent le roussi. Swiatlo se méfie : et si cette mission était un piège ? Il rencontre cependant Mielke comme prévu, avec son chef, mais dès le lendemain, 5 décembre 1953, fait défection et se rend, dans tous les sens du terme, à la mission militaire américaine à Berlin ouest, abandonnant femme et enfants (deux) en Pologne.

 

Les Américains accueilleront avec satisfaction ce sympathique personnage qui se mettra à table sans tarder. A Noël il sera à Washington, en train de déballer les secrets jusque-là bien gardés de ses ex petits camarades. Il y en aura pour une cinquantaine de copieux rapports. En échange, il reçoit l’asile politique et une protection pour sa précieuse personne.

 

Tout le monde passera avec tact et discrétion sur ses propres crimes (après tout, faute avouée …) pour s’appesantir avec l’horreur convenue sur ceux de ses ex collègues. Le passé étant définitivement aboli maintenant qu’il travaillait « honorablement » pour la CIA et Radio Free Europe. Comme prévu, ses révélations contribueront considérablement à déstabiliser les autorités communistes polonaises.

 

Swiatlo est mort aux Etats-Unis en septembre 1994. L’histoire ne dit pas à quelle date sont morts son ancienne femme polonaise et ses enfants, reliquats embarrassants d’une vie antérieure heureusement rachetée par le passage à l’Axe du Bien. A ce jour, les archives le concernant sont toujours sous embargo aux USA et inaccessibles aux chercheurs.

 

26/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 4

Le présent, c’est intéressant, mais conduit tout le monde peu ou prou à parler finalement des mêmes choses. Alors, nous, nous allons poursuivre notre petit voyage dans un passé pas tellement lointain, mais tellement instructif. Revoilà donc notre série sur quelques tortionnaires communistes injustement tombés dans l’oubli. Certes, il y faudrait une encyclopédie, mais nous allons modestement en exhumer quelques-uns.

Nous en étions restés au célèbre MBP (Ministerstwo Bezpieczeństwa Publicznego), le ministère de la sécurité publique polonais, tellement mal nommé car il y régnait au contraire une très fâcheuse insécurité quand on avait l’infortune d’être du mauvais côté de la barrière. C’était le ministère des basses œuvres du régime stalinien où se sont illustrés un certain nombre de serviteurs zélés, dont :

 

 

Józef Różański

 

180px-Jozef_Rozanski_SB.jpgCe personnage, né en 1907 dans une famille juive de Varsovie, se nommait en réalité Goldberg. Il s’engagea tôt au parti communiste polonais et grimpa rapidement les échelons. Il rejoignit également le NKVD, la police secrète soviétique, qui gérait tout le système répressif, y compris le goulag. Avec pareil bagage, il n’y a pas lieu de s’étonner de le retrouver colonel et chef du département des « investigations » au MBP. Il va pouvoir y donner sa pleine mesure comme responsable des interrogatoires.

 

Il torturera et mutilera personnellement des douzaines d’opposants au régime, de résistants, et même de communistes plus « libéraux ». Il était connu pour sa brutalité dans un contexte qui n’était pas précisément peuplé d’enfants de chœur. Il torturera notamment Witold Pilecki, le fondateur de l’armée secrète polonaise. Pilecki était par ailleurs l’auteur d’un rapport sur le camp d’Auschwitz où il s’était fait introduire durant la guerre et dont il avait réussi à s’échapper (!!) en 1943. Toutes ces péripéties pour finir sous la patte de Rojanski ! Qui se contenta de le torturer pour le faire parler, laissant l’exécution proprement dite, en mai 1948, à un subalterne. Il est troublant néanmoins de voir un juif torturer en 1948 un type qui avait risqué sa peau pour alerter le monde à propos d’Auschwitz.

 

La mort de Staline sonnera le glas de la belle carrière de Rozanski/Goldberg qui est arrêté en 1953 et condamné au modique tarif de cinq ans de prison pour tortures. Son cas sera réexaminé à la hausse en 1957. Cette fois, il en prend pour 15 ans. Cela aurait dû nous mener jusqu’en 1972, mais on le retrouve en liberté dès 1964, ce qui ne faisait finalement pas cher payé pour une belle carrière de colonel tortionnaire communiste.

 

Il lui restait 17 années à vivre. Il mourra d’un cancer en 1981 et est enterré au cimetière juif de Varsovie.

 

Ce sympathique personnage avait un frère, communiste comme lui, connu sous le nom de :

 

Jerzy Borejsza

Jerzy_Borejsza_Goldberg.jpgquoique né Beniamin Goldberg en 1905. Tout aussi communiste et activiste que son cadet, il opérera, lui, dans un autre secteur. Il sera en effet le chef de toute la presse communiste en Pologne durant l’ère stalinienne. Il avait eu également dans sa jeunesse des sympathies sionistes et anarchistes marquées.

C’est lui qui signera toute la propagande du régime durant ses années fastes, visant à écraser la culture polonaise sous la botte stalinienne. En 1948 il sera parmi les organisateurs du fameux « Congrès mondial des intellectuels pour la paix » à Wroclaw où l’on verra tous les gogos de l’époque – procommunistes et antiaméricains - se bousculer pour en être : Picasso, Eluard, les Joliot-Curie, Bertold Brecht, Dominique Desanti, etc.

Sa faveur baissera ensuite. Il sera victime d’un grave accident de voiture en 1949 et mourra en 1952. Avant d'assister à la chute de son petit frère.

26/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – 10

Poursuivons notre voyage en Chine, avec un contemporain d’Israël Epstein :

SIDNEY SHAPIRO - 10

Il est en effet né la même année que lui, en 1915, mais à New York, et pareillement dans une famille juive. Il aura bien d’autres points communs avec lui et surtout, celui d’avoir également consacré sa vie au soutien du régime communiste chinois et à sa propagande à l’étranger.

sidney-shapiro-married-the-leftwing-author-and-actress-feng-zi.jpg

Ses premiers contacts avec la Chine datent de la seconde guerre mondiale, à laquelle il participe dans les rangs de l’armée américaine. Il débute alors son apprentissage du chinois dans l’éventualité d’un atterrissage dans la Chine alors occupée par les Japonais. Cet atterrissage ne se produira jamais, mais il continuera d’apprendre la langue, tout en poursuivant des études de droit. Après la guerre, en 1947, on le retrouve à Shanghaï, ville où vit une importante colonie juive. C’est là qu’il rencontre sa future femme, une actrice chinoise aux sympathies communistes prononcées, nommée Fengzi. Ce qui ne l’empêcha pas plus tard (Fengzi) d’écoper de 10 années de « rééducation » durant la révolution culturelle, car l’épouse de Mao avait quelques comptes à régler. En attendant ces années noires, le duo va essayer de rejoindre l’armée rebelle de Mao, n’y parviendra pas et assistera finalement à son arrivée triomphale à Pékin.

Officiellement, Shapiro travailla durant cinquante années au Foreign Languages Press (FLP), organisme dépendant de l’Etat. Il y était traducteur d’ouvrages chinois. Mais il était surtout – comment aurait-il pu travailler dans un organisme d’Etat, sinon ? – un ardent propagandiste du régime à l’étranger. Ceci apparaît nettement dans son autobiographie intitulée An American in China, parue en 1979, où il relate, à côté de son histoire personnelle, la longue marche vers le pouvoir du régime communiste chinois, en suivant scrupuleusement la vulgate du parti. Il a écrit plusieurs autres ouvrages, dont Jews in Old China et  I Chose China.

ddshp.jpgIl fut l’un des rares étrangers, comme Epstein, à recevoir la citoyenneté chinoise, en 1963, avant la révolution culturelle. Et l’un des rares également, toujours comme Epstein, à devenir membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois.

Sa longévité est étonnante. Agé de quasi 96 ans, il est toujours de ce monde, vivant à Pékin. Il serait même le plus âgé des juifs vivant en Chine à l’heure actuelle.

Et il a reçu les mêmes honneurs qu’Epstein pour ses 90 ans, qu’ils ont d’ailleurs fêté ensemble. Le communisme, ça conserve. A certaines conditions.

 

05/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – EUGEN FRIED ET MICHEL FEINTUCH (8)

Aujourd’hui, pour le week-end, je n’ai pas vraiment envie de me fatiguer, alors je vous offre deux portraits qui trouvent parfaitement leur place dans cette série, et qui sont issus de mon livre Révolutionnaires juifs. Cette fois, nous restons en France :

 

1) EUGEN FRIED, dit CLEMENT, l’agent du Komintern qui fut le vrai chef du PCF

 

tt.jpgCelui qui est systématiquement qualifié d’ « homme de l’ombre » du parti communiste français naît en 1900 dans une famille juive de Slovaquie, alors partie de l’empire austro-hongrois. Il passe son baccalauréat en 1917, année fatidique. Dès lors il ne pensera plus qu’à se joindre aux mouvements révolutionnaires qui embrasent l’Europe centrale.

 

Il participe à la création du parti communiste tchécoslovaque en 1921 et en devient rapidement l’un des responsables. Il intègre par ailleurs le Komintern. 1921 est également l’année où s’organise en France la SFIC – Section française de l’Internationale communiste –vocable très révélateur pour désigner ce qui deviendra quelques années plus tard le PCF.

 

Fried, agent du Komintern, est envoyé en France en 1931 pour « encadrer » le parti dont il deviendra l’un des hommes-clés pendant une bonne dizaine d’années, sous le pseudonyme de Clément.

Sa tâche sera essentiellement de veiller à ce que les ordres de Moscou soient scrupuleusement exécutés. En fait, il contrôle tout l’appareil en sous-main. Si Maurice Thorez, l’ancien ouvrier méritant qui a grimpé tous les échelons du parti, prend la direction de son secrétariat général en mai 1931, ce n’est qu’avec l’assentiment du Komintern et de Fried.

 

Le PCF suivra dès lors fidèlement les injonctions et les fluctuations de Moscou: d’abord politique internationaliste, puis constitution du Front populaire en 1936, puis approbation du pacte germano-soviétique fin 1939, puis virage à 180° en 1941 et résistance aux Allemands.

Fried est toujours au centre de l’action, relayant fidèlement les ordres de Staline. En 1939, il quitte la France, où le parti a été interdit,  pour Bruxelles où il est chargé par le Komintern  de diriger une antenne pour toute l’Europe de l’ouest. Il y vivra avec la première femme de Maurice Thorez, Aurore.

 

Sa carrière d’influent agent de l’ombre va se terminer brutalement par son assassinat en 1943, à Bruxelles. Par qui ? Annie Kriegel avait débuté une biographie de Fried qui sera interrompue par son décès en 1996. Stéphane Courtois la terminera et la publiera en 1997 sous le titre Eugen Fried – Le Grand Secret du PCF. Les deux auteurs semblent attribuer le décès brutal de l’agent aux services spéciaux soviétiques. Ils ont en tout cas déclenché la controverse car la version habituellement admise – et tellement plus politiquement correcte – est d’attribuer la mort de Fried à la police allemande. Qui aurait tendu une souricière, dans cette maison bruxelloise qui servait de relais, sans savoir exactement qui viendrait s’y fourrer.

 

 

2) MICHEL FEINTUCH, dit JEAN-JEROME, agent du Komintern et grand argentier du PCF

 

C’est lui qui succéda après la seconde guerre mondiale et jusque dans les années 1970 à Eugen Fried en tant qu’œil de Moscou rivé sur le parti communiste français.

Le futur Jean-Jérôme naît en 1906 dans une famille juive de Galicie, alors région de l’empire austro-hongrois. Il reçoit une éducation religieuse poussée dans une yeshiva où il apprend le yiddish et l’hébreu.

A la fin de la première guerre, la Galicie redevient polonaise. L’onde de choc de la révolution bolchevique se propage à toutes ces régions où s’organisent des partis communistes. La Pologne ne fait pas exception. Son parti révolutionnaire se crée dès 1918 par la fusion du SDKPiL - fondé par Rosa Luxemburg et Leo Jogiches - et de l’aile gauche du parti socialiste. Feintuch ne tardera pas à le rejoindre.

Il se fait arrêter à diverses reprises en raison de ses activités politiques et syndicales.  Comme de toute façon, il veut échapper au service militaire, il quitte la Pologne en 1927.

Il va vivre dans un premier temps en Belgique, travaillant comme ouvrier, mais il se fait expulser l’année suivante en raison de son activisme. Il passe alors clandestinement en France et va vite se trouver des points de chute grâce au Comité central du PCF. On le retrouve à la Confédération Générale du Travail (CGT) et à la mission polonaise de la Main d’œuvre étrangère (MOE)

Il se fait expulser une nouvelle fois, de France cette fois, en 1931. Mais il ne tardera pas à revenir. C’est qu’entre-temps il est devenu un efficace agent de liaison du Komintern et du Profintern, l’internationale rouge des syndicats, qui avait été créée en 1921 sur proposition de Zinoviev.

Il va travailler de concert avec l’agent du Komintern, Eugen Fried, qui débarque justement en France cette année-là. Tous deux sont au cœur de l’activité du PCF durant ces années d’avant guerre. En 1936 éclate la guerre civile en Espagne. Staline crée les Brigades internationales pour renforcer les républicains et aide ces derniers de multiples façons. Feintuch sera chargé de la logistique de cette aide depuis la France : armes et fournitures en tous genres traverseront la frontière. Mais la République d’Espagne s’effondre en 1939. Feintuch se reconvertit alors dans le passage en sens inverse : il fera traverser clandestinement vers la France des dizaines de milliers d’anciens combattants et de réfugiés.

En juin 1940, le numéro deux officiel du parti, Jacques Duclos, - le numéro un officiel, Thorez, ayant déserté à Moscou - rentre de Bruxelles où il s’était replié avec d’autres dirigeants du PCF, autour de Fried qui, lui, va rester en Belgique, et fait immédiatement appel à Feintuch. C’est à partir de ce moment-là que ce dernier se fera appeler Jean-Jérôme. Il sera d’une très grande utilité au parti alors clandestin : c’est lui qui fournit imprimeries clandestines, argent et organise les caches, notamment dans la banlieue parisienne.  C’est lui aussi qui sera chargé des contacts avec la résistance et les gaullistes.

Il est arrêté par les Allemands en avril 1943, mais assez curieusement, il ne sera pas déporté. Il est libéré en août 1944, en même temps que Paris.

A l’issue de la guerre, Jean-Jérôme aura droit à toute la batterie: Médaille de la Résistance, Croix de Guerre, Légion d’Honneur.

Il continuera après-guerre, et jusqu’au milieu des années 1970, à rendre d’éminents services au PCF, quoique occultes puisqu’il n’avait pas de titre officiel. Brassant de juteuses affaires d’import-export entre la Pologne, la Tchécoslovaquie et l’URSS, il passe pour avoir été l’un des grands argentiers du parti.

Il mourra en 1990, après avoir écrit deux livres de mémoires : La Part des Hommes et Les Clandestins (1940-44).