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08/04/2010

OU EST L’AVENIR DE LA COMMUNAUTE JUIVE FRANCAISE ?

L’article suivant a été écrit par Isi Leibler, ancien président du conseil des gouverneurs du Congrès juif mondial, président du Jerusalem Center for Public Affairs et du Diaspora-Israel Relations Committee.

« Juifs français : une communauté en danger ?

La communauté juive française est la troisième plus grande au monde. Et pourtant, depuis dix ans, la situation des 500 000 à 600 000 Juifs français n'a cessé de se détériorer. Tous reconnaissent la même évolution : la montée inéluctable de l'antisémitisme. L'agressivité est devenue si prononcée que les Juifs redoutent aujourd'hui de porter leur kippa en public même au cœur de Paris, dans la rue la plus touristique du pays, l'avenue des Champs Elysées. On peut l'attribuer à une combinaison de facteurs dont la montée en puissance de l'islamisme radical, la renaissance d'un antisémitisme quotidien, et sur la scène internationale, le soutien traditionnel de la diplomatie française aux pays arabes depuis les années De Gaulle.

L'antisémitisme en France est multiforme. Ces dernières années, la haine des musulmans radicaux s'est d'abord exprimée dans la profanation des lieux du judaïsme français comme les synagogues. Puis, elle s'est emparée des banlieues jusqu'à l'impensable : l'enlèvement, la torture et la mise à mort d'Ilan Halimi, un jeune Juif parisien de 23 ans. Une descente aux enfers dans laquelle les médias ont joué un grand rôle. Inutile de rappeler qu'ils sont dans leur ensemble clairement hostiles à l'Etat d'Israël. C'est une chaîne française qui avait diffusé, en 2000, un reportage truqué sur la mort en direct du jeune Mohammed al-Dura sous les balles supposées de Tsahal. Des images qui avaient suscité une vague d'hostilité à l'encontre de l'Etat juif.

Sarkozy : "Je vais ralentir avec Israël"

Quel est le rapport des Juifs de l'Hexagone à la politique ? Bien que traditionnellement orientés à gauche, ils ont soutenu massivement la candidature de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007, qu'ils perçoivent comme un soutien de poids à leur communauté. Lors de son passage place Beauvau au ministère de l'Intérieur, il avait introduit une politique de tolérance zéro à l'égard des crimes antisémites. Bien que baptisé selon le rituel catholique, le locataire de l'Elysée a des origines juives. Sa mère est la descendante de Juifs sépharades de Salonique. Mais il a fallu attendre deux générations pour que la famille retrouve ses traditions juives. L'un des deux fils du président, Jean Sarkozy, marié à la fille du clan Darty, vient de faire circoncire son premier-né.

Pour la grande majorité de la communauté juive, l'élection de Nicolas Sarkozy signifiait une nouvelle ère. Les espoirs s'étaient concrétisés peu de temps après le scrutin, lorsque le nouveau président avait été l'invité d'honneur du dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Il avait alors chaleureusement évoqué Israël assurant qu'il ne serrerait jamais la main d'un leader qui refuse de reconnaître l'Etat juif. Il avait, par ailleurs, appelé à l'introduction de cours obligatoires sur la Shoah dans les écoles. Mais l'euphorie s'est vite envolée. Certes, Nicolas Sarkozy a pris dans un premier temps ses distances avec l'ère Chirac et son soutien affiché au monde arabe. Mais sa politique étrangère est vite revenue dans le giron du gaullisme.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, tout comme son homologue britannique, a des origines juives, mais n'est clairement pas l'ami d'Israël. Durant la dernière Assemblée générale de l'ONU, la France a voté en faveur de la résolution Goldstone. Et plus récemment, même Sarkozy s'est fait plus dur à l'égard de l'Etat juif en qualifiant l'opération de Dubaï de "meurtre" avant de glisser cette autre petite phrase : "Je vais ralentir avec Israël".

Plus de 100 restaurants casher dans la capitale

Mais certains leaders juifs hésitent à rayer le nom de Nicolas Sarkozy de leur carnet d'adresses car le président français présente encore des atouts de poids : il entretient d'excellentes relations avec le Premier ministre Binyamin Netanyahou et a joué parfaitement le jeu contre l'Iran. Pour les plus optimistes, le navire a déjà quitté le port. En d'autres termes, Sarkozy ne peut plus, après tout ce qu'il a dit, trahir Israël. Néanmoins, contrairement à leurs homologues britanniques, les leaders de la communauté juive française n'ont jamais hésité à monter au créneau lorsque leur gouvernement accusait injustement Israël. L'ancien responsable du CRIF, Roger Cukierman, avait ouvert la voie en organisant une impressionnante manifestation dans les rues de Paris contre la politique de Chirac au cours de la dernière Intifada.

Certains attribuent les positions courageuses des organisations juives à l'intense travail de mémoire sur la Shoah en France. Mais pour d'autres, les origines ethniques de la communauté restent le facteur le plus probable. Avec la plupart des Juifs ashkénazes fondus dans la population, la communauté est composée aujourd'hui à 70 % de Juifs originaires d'Afrique du Nord. Des Juifs sépharades qui affichent clairement leurs racines et, même quand ils ne sont pas pratiquants, continuent néanmoins de suivre certaines traditions de leurs parents. Résultat : Paris compte plus de 100 restaurants qui respectent les lois de cacheroute et vous y verrez des clients qui ne portent même pas de kippa. Il y a 30 ans, il était extrêmement difficile de trouver un restaurant casher dans la capitale.

Mais surtout l'attachement des Juifs français à Israël est sans faille. Près de 300 000 personnes, soit la moitié de la communauté, se rendent en Israël au moins une fois par an. Tout est dit. Pour des raisons sentimentales, nombreux sont ceux qui achètent des appartements en Terre promise qui, malheureusement, restent vides la plupart de l'année.

Rester ou faire son aliya ?

Durant l'une de mes dernières visites à Paris, j'ai croisé Richard Prasquier, l'actuel président du CRIF. Tout comme son prédécesseur Cukierman, il est l'un des derniers survivants ashkénazes de la Shoah. Tous les deux ont des enfants résidant en Israël et représentent cette catégorie de leaders dont l'espèce est en danger. Prasquier s'est fait lyrique lors de l'impressionnant dîner du CRIF marquant le 25e anniversaire de l'organisation. Autour de lui 800 invités, dont le président Nicolas Sarkozy, et 23 ministres. Mais aussi des leaders politiques, des ambassadeurs et des représentants de l'Eglise catholique et de l'islam. On a surtout entendu ce soir-là le Premier ministre, François Fillon : antisémitisme, extrémisme islamique, relations avec Israël, menace iranienne. Tous les sujets ont été abordés et diffusés en prime-time sur les écrans de télévision français.

 

Prasquier s'est beaucoup investi dans le dialogue entre Juifs et Musulmans français, qui, contrairement aux extravagances américaines, n'a jamais été conditionné à un "compromis" sur Israël. L'opération Plomb durci a compliqué la tâche de Prasquier. Il l'assure : la France n'est pas un pays antisémite et la majorité de ses dirigeants s'échinent à combattre les racines de la haine traditionnelle vouée aux Juifs. Ainsi, la tâche pour l'organisme est rude : maintenir à flot la troisième plus grande communauté du monde dans un environnement délicat.

 

 

Le problème, c'est qu'elle contient également quelques moutons noirs : certains Juifs antisionistes très bavards dans les médias. Heureusement, ils ont été mis au ban de la communauté qui, elle, se sent liée à l'Etat juif. Surtout que l'avenir n'est pas rose en France. La majorité des Juifs ont une vision assez pessimiste.

 

 

Malgré l'interdiction du voile intégral et les efforts pour endiguer l'extrémisme islamique, l'intégration des Musulmans dans la société française est un échec cuisant. Par ailleurs, si la courbe des naissances continue sur sa lancée dans l'Hexagone, la France deviendra dans les 50 prochaines années une nation à majorité musulmane. Dans cet environnement délicat, la communauté juive française pourrait revoir son avenir et Israël devrait davantage s'y intéresser. »

 

 

Source : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?apage=2&cid=1268045719835&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

 

Quelques remarques : Les médias français « clairement hostiles à l’Etat d’Israël » ? Je n’avais pas vraiment noté la chose. Il est vrai que pour certains, l’hostilité commence dès le plus petit embryon de début de critique.

 

« Près de 300 000 personnes, soit la moitié de la communauté, se rendent en Israël au moins une fois par an. Tout est dit. » Là, je suis assez sceptique. Ce que je croirais plutôt, c’est que certains y vont plusieurs fois par an et sont comptabilisés plusieurs fois dans ces « 300 000 personnes » qui seraient plutôt 300 000 visites.

 

« Tout comme son prédécesseur Cukierman, il est l'un des derniers survivants ashkénazes de la Shoah ». Allons bon, lui aussi ? Prasquier  est pourtant né en juillet 1945.

 

« Par ailleurs, si la courbe des naissances continue sur sa lancée dans l'Hexagone, la France deviendra dans les 50 prochaines années une nation à majorité musulmane. Dans cet environnement délicat, la communauté juive française pourrait revoir son avenir et Israël devrait davantage s'y intéresser. »

 

Ca, c’est le pompon. Après avoir fait entrer les musulmans à tour de bras pendant trente ans et criminalisé toute opposition, la LICRA et consorts commencent à se rendre compte de l’étendue des dégâts. Mais attention, ce n’est pas de leur faute, hein !

Finalement, ce n’est pas trop grave, car eux ont une solution de repli : quand les choses tourneront trop au vinaigre, « la communauté juive française pourrait revoir son avenir », autrement dit nous signifier : « salut les copains, on vous a assez vus, on nous attend ailleurs ».