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29/10/2010

PAS RANCUNIERE, CHANTAL DELSOL

images.jpgIl circule actuellement une pétition de soutien à Pierre-André Taguieff qui serait en butte à une  « campagne d’intimidation et de diffamation qui se développe contre lui, visant à le discréditer et à le faire taire ». A priori déjà, on aurait envie de dire « bien fait, chacun son tour ». Voici ce qu’on peut y lire:

« Cette campagne, lancée le 18 octobre 2010 par une organisation pratiquant un « antiracisme » sélectif, le MRAP, totalement engagé dans la campagne BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanctions ») contre Israël, est d’autant plus odieuse qu’elle se fonde non pas sur un texte publié par le chercheur, mais sur une phrase de facture polémique qu’il avait lui-même supprimée de son « mur » de Facebook, en principe censé permettre à chacun de converser librement avec ses seuls « amis ». Ses discussions étaient en réalité surveillées par des professionnels de l’inquisition et de la délation travaillant au service des diffamateurs d’Israël, et attendant le « dérapage verbal ». (…)

Dans son communiqué, le MRAP dénonce vertueusement le « polémiste haineux » que serait le chercheur et « demande avec force que le CNRS et l’IEP condamnent sans équivoque Pierre-André Taguieff ». Cette officine restée fidèle à l’esprit stalinien de ses fondateurs ose ainsi exiger des autorités administratives de condamner le chercheur pour une phrase qu’il avait lui-même jugée malencontreuse et rapidement retirée. À la surveillance des conversations privées et à la mise au pilori s’ajoutent donc les pressions exercées sur les employeurs du « coupable », réaction pour le moins disproportionnée relevant d’une logique mise en œuvre par les régimes totalitaires : celle des sanctions et des interdictions professionnelles. »

Tirant les leçons de cette intrusion dans un espace supposé privé, suivie par une campagne haineuse contre sa personne, Taguieff a choisi de quitter Faceboook dans la matinée du 22 octobre 2010. Cible privilégiée de tous les diabolisateurs d’Israël, Pierre-André Taguieff, comme d’autres esprits libres et courageux l’ont été avant lui, est pourchassé aujourd’hui par les tenants du terrorisme intellectuel mis en place par les milieux « antisionistes » en France ces dernières années. 

Cette scandaleuse campagne de diffamation visant personnellement Pierre-André Taguieff s’inscrit dans le cadre de la guerre idéologique totale aujourd’hui menée contre Israël et « le sionisme », soumis à une diabolisation permanente. Au cours des années 2000, durant lesquelles il a publié cinq livres marquants sur les formes contemporaines de la judéophobie, Taguieff est devenu l’une des principales cibles de la propagande « antisioniste » due aux milieux islamistes et à diverses mouvances d’extrême gauche ayant fait de la cause palestinienne leur nouvelle cause sacrée. Mais les agitateurs israélophobes ne se sont jamais attaqués aux ouvrages de Taguieff. En propagandistes sans scrupules,  ils se sont contentés d’isoler quelques phrases glanées dans des interviews ou des discussions enregistrées qui, isolées de leurs contextes respectifs et mésinterprétées de façon malveillante, ont été indéfiniment diffusées et commentées d’une façon tendancieuse. 

Aujourd’hui, les tenants d’extrême gauche du politiquement correct à la française veulent faire taire ceux qui n’entonnent pas le refrain obligatoire de la haine contre l’État juif. C’est pourquoi les réseaux « antisionistes », gauchistes ou islamistes, ont relayé la chasse aux sorcières lancée contre Taguieff. Le terrorisme intellectuel n’a pas disparu en France après la chute du système soviétique, il s’est adapté à l’esprit du temps. Ce sont moins les partis politiques que les réseaux d’influence qui l’exercent. Notamment ceux qui se sont constitués sur la base d’un engagement propalestinien inconditionnel et exclusif, donnant volontiers dans une violence qui, elle, ne reste pas dans les limites du symbolique. À côté des organisations propalestiniennes, gauchistes ou islamistes, s’est mis en place un réseau d’intellectuels et de journalistes qui se mobilise toutes les fois qu’il s’agit de mener une campagne contre Israël ou contre les personnalités s’opposant à la diabolisation de l’État juif.

Il ne faut pas laisser aux délégitimateurs d’Israël le monopole de la parole publique légitime sur le conflit israélo-palestinien. C’est pourquoi il faut manifester notre entière solidarité avec Pierre-André Taguieff. »

Ce texte ne manque pas de sel et vous aurez sans doute particulièrement apprécié les passages que je me suis permis de souligner en gras. Cela évoque assez les arroseurs arrosés. Apparemment, certains se rendent compte du terrorisme intellectuel qui sévit dans le pays parce qu’Israël en serait victime ( !!!!). Avant, c’est étonnant, ils ne s’en étaient jamais rendu compte. Nous, si.

Donc, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat dans cette querelle de famille si un nom dans la liste des premiers signataires de cette pétition ne m’avait considérablement étonnée : celui de Chantal Delsol, philosophe, professeur des universités, membre de l’Institut. Certes, Chantal Delsol est bien tout cela, mais elle est également (et peut-être surtout ?) à la ville Mme Charles Millon. Alors moi, j’ai bonne mémoire et je me souviens parfaitement  de l’incroyable hystérie qui s’était emparée de toute cette frange qui se chamaille aujourd’hui parce que Millon avait en 1998, lors des régionales, accepté l’indicible : les voix du FN pour conserver la région Rhône-Alpes qu’il présidait. A l’issue d’un déchaînement assez inimaginable d’insultes et de pressions sur la classe politique de la part de tous les mouvements dits antiracistes, son élection avait finalement été invalidée. Et la région était tombée dans l’escarcelle d’une totale inconnue, la centriste Anne-Marie Comparini, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’y a pas fait des merveilles. La gauche s’en est emparée aux régionales suivantes.

Aujourd’hui Mme Delsol se retrouve à signer une pétition en faveur d’un type qui était, en tout cas à cette époque-là et ce n’est pas si vieux, un véritable ennemi*. Curieux. Elle y est en bonne compagnie : avec notamment André Nadjar, président du B’nai B’rith France et Richard Prasquier, président du CRIF. C’est beau, le pardon des offenses.

Rappelons que dans le même registre elle avait déjà été invitée le 15 novembre 2009 à une conférence de l’Alliance Israélite Universelle qui fêtait son 150e anniversaire. Elle s’y était exprimée sur le thème "L'universel et la marque de l'enracinement". Charles envisage de revenir à la vie politique?

*A partir des années 70, Taguieff, qui est naturellement « de gauche », est membre du MRAP, de la LICRA, de la Ligue des droits de l’homme. Dans les années 80, SOS-Racisme lui confie la présidence de son Observatoire de l’antisémitisme. En 1991, il devient l'analyste officiel du rapport annuel de la CNCDH pour la lutte contre le racisme et la xénophobie. En 2002, il est expert de la commission « Négationnisme à Lyon III». En 2004, il est chargé de faire un rapport officiel sur l'antisémitisme dans les écoles publiques françaises. Quoique non-juif, il est actuellement conseiller du CRIF.

Source: http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=22151&artyd=76