Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/04/2007

LE DOUX PEINTRE MARC CHAGALL FUT COMMISSAIRE POLITIQUE BOLCHEVIQUE

medium_cimetiere.jpgMarc Chagall, de son vrai nom Moishe Segal, est né en 1887 à Vitebsk, en Biélorussie. Bien qu’issu d’une modeste famille juive sous le régime tsariste, il aura la possibilité d’aller étudier la peinture à Saint-Pétersbourg et se rendra même à Paris grâce à une bourse en 1911. En 1914, pour éviter d’être envoyé au front, il est engagé dans un bureau militaire, sous les ordres de son beau-frère Jakow Rosenfeld.

Arrive la Révolution d’Octobre en 1917. Il a alors trente ans et déclarera dans son autobiographie que c’est là l’événement qui a marqué le plus profondément sa vie. Il est soulevé d’un immense enthousiasme qu’il traduira dans un tableau qu’il peint à cette époque, Les portes du cimetière (représenté ci-dessus) sur lequel il inscrit en caractères hébreux la prophétie d’Ezéchiel : « Ainsi parle le Seigneur Yahvé : Voici que j’ouvre vos tombeaux et je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple, et je vous reconduirai sur le sol d’Israël ».

Son adhésion sans réserve au communisme l’amènera à s’engager activement au service du nouveau régime puisqu’il est nommé commissaire politique aux beaux-arts de la province de Vitebsk dès 1918, sur proposition de Lounatcharsky, commissaire à la culture, qu’il avait rencontré à Paris.

Dès le début, les bolcheviques, pour qui la violence est un moteur de l’histoire, en multiplieront les démonstrations : la guerre civile fera rage avec son cortège d’exécutions, de déportations, d’exactions en tous genres. La révolution « libératrice », comme on le sait, fera couler des torrents de sang et de larmes et mettra tout un peuple à genoux.

 

Ce n’est pourtant nullement pour ces raisons-là que Chagall démissionnera de ses fonctions en 1920, mais à cause de divergences relatives à des théories sur l’art. Il partira s’installer à Moscou où il travaillera pour le Théâtre d’Art hébraïque, réalisant décors et costumes, avant de venir s’installer en France en 1923.

On sera heureux d’apprendre qu’il ne fut guère diabolisé pour sa participation active à un régime parmi les plus sanglants que connut l’humanité, et que, malgré l’antisémitisme sévissant en Europe, il mourut en 1985 à St Paul de Vence, à l’âge de 98 ans, internationalement reconnu et honoré.