27.06.2007

LES JEUNES ISRAELIENS MAL VUS EN POLOGNE

b7ed9df835b8cfed30aae48abb8492f9.jpgUn site polonais et plusieurs articles de journaux font état de nombreux incidents fâcheux qui émaillent régulièrement les séjours de plus en plus mouvementés de jeunes Israéliens en Pologne. Ces derniers viennent faire le tour des camps d’extermination et ont tendance à se comporter de façon peu orthodoxe envers les autochtones. A tel point que, devant l’afflux des plaintes, l’ambassade d’Israël en Pologne a fini par se saisir du problème.

Cela commence en général dans les avions qui ressemblent à des champs de bataille après leur passage. Et cela continue par les hôtels : chambres dévastées, meubles démolis, tapis brûlés, excréments dans les lavabos et les poubelles, fuite des autres clients, j’en passe et des meilleures.

Encore s’il ne s’agissait que de quelques jeunes excités, mais ils sont systématiquement accompagnés d’agents de sécurité israéliens armés qui eux non plus, ne passent pas inaperçus. Les Polonais rudoyés ou carrément molestés par ces cerbères à l’attitude arrogante ne sont pas rares.

Cela devient un vrai problème : chaque année, ce sont environ 30 000 jeunes qui vont ainsi visiter le pays de leurs ancêtres en compagnie de 800 gardes du corps. A 1 400 dollars US le voyage en moyenne, c’est tout un business pour ceux qui organisent ces circuits à partir d’Israël. Bien évidemment, ce ne sont pas les parents qui paient, mais l'Etat ou des organisations internationales pour qui l’argent ne semble pas être un problème.

Il faut reconnaître qu’ils ont quand même une circonstance atténuante, ces jeunes : faire le tour des camps d’extermination comme d’autres font la tournée des grands ducs, a franchement de quoi déboussoler, à leur âge. Et tout est fait pour limiter au maximum les contacts avec la population locale, y compris avec des jeunes de leur âge. Cette absence de contact favorise bien sûr les idées toutes faites et les préjugés bien ancrés dans les cervelles.

Le professeur Moshe Zimmermann, directeur de l’Institut d’Histoire de l’Allemagne à l’Université hébraïque de Jérusalem, estime que le problème est bien plus profond que la seule conduite des agents de sécurité ou des jeunes. Il pense qu’à la base, les Israéliens estiment que les Polonais ne sont pas à égalité avec eux : « Ils considèrent que ce ne sont en aucun cas des partenaires égaux. Cela s’applique également à notre histoire contemporaine commune et à la politique. Le résultat, c’est que les jeunes Israéliens voient  les Polonais comme un peuple de seconde catégorie, comme des ennemis potentiels ».

A telle enseigne qu’une instruction sur la conduite à tenir avec les autochtones fournie aux jeunes partant pour la Pologne contenait il y a quelques années ce paragraphe des plus explicites : « Partout, nous seront entourés de Polonais. Nous les haïrons en raison de leur participation à l’Holocauste ».

Apparemment, l’instruction a été modifiée, mais les comportements, eux, demeurent.


Source :http://polishpress.wordpress.com   

15.02.2007

MEMOIRE POUR TOUS - 1

Assez de repentance à sens unique. Non au monopole du droit à la mémoire ! Si les juifs ont le droit de ne pas oublier leur holocauste et l’idéologie nazie qui l’a inspiré, les victimes du communisme ont, elles aussi, le droit de ne pas oublier leur propre holocauste et l’idéologie marxiste qui l’a inspiré.

Sous le beau titre de MEMOIRE POUR TOUS, inspiré par l’écrivain Anne Yelen, seront régulièrement diffusés sur ce blog des rappels qui doivent être faits. Ne serait-ce que pour fournir aux jeunes générations aux connaissances historiques souvent hémiplégiques d’utiles éléments de réflexion. Et de comparaison.

1) Le texte suivant est extrait du livre Les fils du goulag, publié en 1976 par l’écrivain français d’origine arménienne, Armand Maloumian.

« Oui, évidemment, c’est atroce, me dit-on souvent, mais enfin, en URSS, il n’y avait pas de chambres à gaz, de fours crématoires, de camps de la mort. » Si les milliers de camps d’extermination par le travail, les camps de mort lente qui existaient et existent encore aujourd’hui, si les prisons disciplinaires et les camps de concentration ne sont pas des camps de la mort, que sont-ils ?

Des fours crématoires et des chambres à gaz, effectivement, je n’en ai jamais entendu parler. En revanche, des camps du silence, oui. Des camps où les prisonniers sont enchaînés, oui. Du cannibalisme dans les camps ou pendant le transport de prisonniers, oui. Des massacres dans les camps où les gardiens ont ouvert le feu sur des prisonniers sans défense, oui. D’exterminations de prisonniers politiques irréductibles par des droits communs armés par les soins des gardiens de haches et de barres, oui. De cellules où on laisse le prisonnier en linge de corps par -30° pendant des semaines, oui. De bateaux transportant des prisonniers où ceux-ci sont jetés vivants à la mer, oui. De prisonniers enchaînés dans leurs baraques, brûlés vifs à coup de lance-flammes, oui. De prisonniers tués par des gardiens d’une balle dans la tête, oui. De prisonniers déchiquetés par des chiens sur l’ordre des gardiens, oui. De mines de plomb où le prisonnier, atteint de saturnisme au bout de quelques mois de travail, meurt dans d’atroces douleurs, oui. De la pose de voies ferrées par -50°, oui.

Tout cela a bel et bien existé, existe et existera sous des formes plus ou moins différentes tant que l’URSS sera l’URSS. Si tous ces moyens d’extermination, de mort lente, ne sont pas l’équivalent dans l’horreur des fours crématoires et chambres à gaz nazis, que sont-ils alors ? »