11.11.2007
UN ISRAELIEN A LA TETE DU COMITE SCIENTIFIQUE DU MUSEE DE L’EUROPE A BRUXELLES
L’Europe de Bruxelles peine à offrir un visage attrayant et humain aux Européens qui ont tendance à s’en détourner de plus en plus. Comment se sentiraient-ils proches d’une machinerie qui, n’ayant que le mot de « démocratie » à la bouche, se garde soigneusement de mettre la chose en application ? Et poursuit, aveugle et sourde, sa marche forcée vers une entité où la volonté des peuples, toujours invoquée, est systématiquement contournée.

Donc, pour s’offrir une vitrine plus reluisante, Bruxelles a décidé de se doter d’un Musée de l’Europe, destiné à faire « découvrir aux Européens les racines de leur civilisation commune ». C’est beau comme de l’antique, sauf que les « racines », justement, sont plutôt escamotées, comme nous le verrons. Autre question à propos de ce Musée : pourquoi est-ce un Israélien qui en dirige le Comité scientifique ? Je m’empresse de préciser que Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002, qui enseigne actuellement l’histoire de l’occident moderne à l’Université de Tel Aviv, est certainement un homme de grande culture et de haute compétence. Là n’est pas la question.
Mais cela ne constitue pas une réponse. Manque-t-on à ce point d’historiens européens pour assumer cette tâche au moins aussi bien que lui? Ce choix est quand même curieux, et j’insiste lourdement, car j’aime comprendre : pourquoi lui ?
En tout cas, c’est lui qui préside cette année à ce titre une grande exposition destinée à marquer le cinquantenaire du traité de Rome, intitulée C’est notre histoire !
Notre histoire ? Laquelle, justement ? Eh bien, celle qui commence en 1945. Car pour les initiateurs de cette exposition, l’histoire de l’Europe semble démarrer véritablement à cette date. Avant ? Connais pas vraiment….
Elie Barnavi a ainsi déclaré : « (…) Songez ce qu’était l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et vous mesurerez mieux le chemin parcouru. Certes, Hubert Védrine a raison de rappeler que ce n’est pas l’Europe qui a fait la paix, c’est la paix, la menace soviétique et la volonté américaine qui ont fait l’Europe. Eh oui, on l’oublie trop souvent, parmi les pères de l’Europe figurent en bonne place Truman et Staline. Mais ces puissants personnages en auraient été pour leurs frais si les Européens eux-mêmes n’avaient trouvé dans les gènes de leur civilisation commune les raisons de leur aventure partagée. »
Dans un autre langage, s’adressant à de jeunes lecteurs, en marge de l’expo, il insiste encore sur cette formidable histoire récente : “L’Europe n’a toujours pas de frontières et elle ne sait toujours pas ce qu’elle veut être au juste. Une fédération? Une confédération? Un simple marché commun élargi aux limites du continent?
C’est sans doute à ta génération qu’il appartiendra d’apporter une réponse à ces questions. Ce ne sera pas une mince affaire. Car ce que les Européens sont en train de faire est sans exemple dans l’histoire des hommes. On a connu de grands empires, bâtis par des conquérants assoiffés de pouvoir. Mais on n’a jamais bâti une union libre de peuples gouvernés par des régimes démocratiques. Oui, ce que tes parents ont accompli est formidable. Mais ce que tu seras appelé à accomplir le sera tout autant“.
Union libre, régimes démocratiques….C’est une histoire belge que cet historien israélien - qui déclarait également il y a quelques années «Jamais, depuis la guerre, les juifs français ne se sont sentis dans leur patrie aussi marginaux, aussi mal compris et aussi mal aimés» - est en train de nous raconter ?
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30.04.2007
BRUXELLES : ENCORE UN TOUR DE VIS A LA LIBERTE D’EXPRESSION
Pendant que nous avions le dos tourné, les yeux rivés sur la fin de la campagne et les résultats du premier tour, on s’activait à Bruxelles. Les ministres européens de la Justice sont parvenus à accoucher l’autre semaine d’un avorton destiné à lutter une énième fois contre le racisme et le négationnisme. Je dis avorton, car ce compromis prévoyant un certain nombre de sanctions pénales communes est finalement assez éloigné de ce dont rêvaient les apôtres de la pensée unique et obligatoire.
Mais certainement pas grâce à la France, comme vous pouvez vous en douter. Ni à l’Allemagne qui, au nom de « son devoir historique particulier » se croit apparemment obligée d’en rajouter encore et toujours dans l’autoflagellation.
Mais grâce aux anglo-saxons, Angleterre et Irlande, et aux pays nordiques qui souhaitaient, eux, - qu’ils en soient ici remerciés – conserver la liberté d’expression la plus large possible. Les efforts d’harmonisation européenne dans ce domaine sont « non seulement anti-libéraux, mais absurdes, car l’UE n’a pas à légiférer sur l’histoire », a déclaré Graham Watson, leader britannique des eurodéputés centristes.
Et grâce aux pays baltes et à certains pays de l’est, qui, dans la foulée, ont demandé un traitement parallèle entre les crimes staliniens* et nazis. Ennuyeux, ça.
Alors, dans un grand élan de générosité, histoire de les calmer, l’Union Européenne s’est fendue d’une Déclaration dans laquelle elle déplore les crimes commis pour d’autres raisons par des régimes totalitaires. C’est quand même sympa de déplorer, non ? Elle n’y était pas obligée, après tout. Même que, lorsqu’elle aura le temps, elle a promis d’étudier la possibilité de légiférer là-dessus.
L’Italie, elle aussi, mérite une citation. A la suite d’un manifeste publié par quelque 200 historiens italiens qui dénonçaient le risque d’une « vérité historique d’Etat », le gouvernement italien a renoncé il y a quelques semaines à introduire le délit de « négation de la shoah » dans le code pénal italien.
* Cet entêtement à parler des crimes « staliniens » est des plus suspects. Nous savons bien tous ici sur ce blog qu’il s’agit des crimes « communistes » perpétrés DES LE TOUT DEBUT. On ne le répétera jamais assez.
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