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18/05/2007

LARMES DE CROCODILE (suite et fin)

Je m’interrogeais hier sur la curieuse décision de valoriser une fois de plus une idéologie perverse et délétère, le communisme, à travers le destin d’un jeune fusillé de 17 ans. Que Guy Môquet ait écrit avant de mourir une lettre d’adieu touchante à ses parents, ne rend en aucune façon ce système politique plus acceptable. C’est pourtant ce qui se passera, car l’amalgame se fera tout naturellement auprès des jeunes, sensibles et manquant de repères historiques. C’est sans doute le but de la manœuvre.

medium_brasillach.jpgLa vraie « rupture » aurait pu consister à valoriser un autre condamné à mort de cette période. Jeune, lui aussi. Et qui a écrit dans sa prison, les jours précédant son exécution, les beaux Poèmes de Fresnes. Il s’appelait Robert Brasillach et n’avait jamais tué ni torturé personne. Mais il se trouvait du mauvais côté de la barrière et l’épuration réclamait son tribut de sang. Il se livrera lui-même aux nouvelles autorités françaises et malgré l’intervention d’écrivains célèbres, comme Camus, Malraux, Mauriac, sera condamné à mort. Le général de Gaulle refusera sa grâce. Il sera fusillé en février 1945, à l’âge de 35 ans. Soixante-deux après, il est toujours dans l'enfer des écrivains maudits.

Quelques jours avant sa mort, il écrivait sur son pays, qui était le même que celui de Guy Môquet, la France, le poème suivant :

MON PAYS ME FAIT MAL

Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.

Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.

Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.

Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.

Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,

Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal.
Quand sera-t-il guéri ?