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03/06/2007

CANDIDATURES COMMUNAUTAIRES CONTROVERSEES AU MODEM

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La LICRA est outrée par la candidature de Djamel Bourras aux législatives en Seine-Saint-Denis et l’a vertement fait savoir à François Bayrou qui a l’outrecuidance de le présenter sous l’étiquette MoDem. Quel drôle de nom, entre parenthèse. Si on voulait  faire la preuve que la politique est devenue un gadget et que seules comptent dorénavant la « com » et l’apparence, on ne s’y serait pas pris autrement.

 

Donc François Bayrou, dont la femme apprend l’arabe – il nous l’avait confié durant la campagne – veut faire un coup et parachute un « people » issu de l’immigration maghrébine contre le député communiste sortant Patrick Braouezec, dans la 2e circonscription de ce département « sensible ».

 

Elle devrait donc être contente, la LICRA, non ? Elle nous a assez prêché que c’était la voie à suivre? Eh bien non, justement, elle n’est pas contente du tout et elle regrette bien cette initiative de François Bayrou qui est, c’est un comble, membre de son comité d’honneur. Car François, qui est un petit malin, pensait piocher à tous les râteliers. Et à tous les communautarismes.

Sauf que dans ce cas, il vaut mieux choisir ses candidats. Celui-là ne fait pas du tout l’affaire. Il est un peu trop virulent et n’a absolument rien pour plaire à la LICRA. Récapitulons :

Il a soutenu, pêle-mêle, la liste Euro-Palestine en 2004, la radio du Hezbollah Al-Manar, Dieudonné. Il a participé en 2006 à la manif contre la loi sur le port du voile organisée par les radicaux du Parti des musulmans de France. Il a également préconisé une loi contre l’islamophobie  qui rétablirait le délit de blasphème (où a-t-il trouvé une idée pareille, on se le demande). J’allais oublier que ce sportif français a dédié sa médaille olympique de judo, en 1996, « aux musulmans du monde entier ».

Tout cela commence à faire beaucoup et on comprend que la LICRA s’énerve.

Lorsqu’avec ses associés habituels - instances communautaires, gauche politique, associations antiracistes, toutes forces dites de progrès - elle faisait entrer à tour de bras les musulmans sur notre sol, la LICRA les prévoyait dociles et reconnaissants. Alliés, en un mot comme en cent.

Et voilà que les choses se passent de moins en moins selon le scénario prévu. Comble de malheur, il est difficile de venir se plaindre d’une situation que l’on a soi-même provoquée. Difficile d’attaquer sur le terrain du communautarisme lorsqu’on a une légère tendance à le pratiquer soi-même.

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Corinne Lepage a elle aussi vivement réagi en déclarant : « Je regrette profondément cette candidature surprenante décidée à la dernière minute mais personne n’a sollicité mon avis. Les positions de Djamel Bourras ne sont pas celles que j’ai envie d’avoir, notamment sur la laïcité ».

Pourquoi Corinne Lepage ? C’est qu’après avoir renoncé à présenter sa candidature à la présidentielle – comme en 2002 où elle avait fait 1,8% des voix – elle a rejoint François Bayrou, car, avait-elle expliqué, François Bayrou et moi « partageons de nombreuses idées, tant sur la moralisation de la vie publique que sur la nécessité de fonder une VIe République. (…) J'aurai bien plus de poids pour défendre l'écologie politique en faisant équipe avec lui".

Puisque nous parlons de « moralisation » de la vie publique, grand souci de François, rappelons-lui en passant que son candidat fétiche a été suspendu pendant deux ans, pour dopage, en 1998. Et a été condamné en février 2007 par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir insulté un chauffeur de la RATP. Mais dispensé de peine. On est en France, quand même.

Corinne Lepage n’a jamais caché sa très grande proximité avec Israël. Elle avait ainsi déclaré lors des dernières européennes où elle se présentait aussi : « J’ai l’honneur de briguer le 13 juin les suffrages de nos concitoyens et j’ai renouvelé, dans le cadre de ma campagne, mes engagements antérieurs dans la lutte sans merci contre l’antisémitisme comme dans la défense de l’existence et des droits de l’Etat d’Israël. (…) J’étais déjà à la manifestation de février 2002, [et] au premier colloque organisé sur la renaissance de l’antisémitisme, au Sénat, fin 2001, organisé par le Bnai Brith quand les politiques brillaient par leur absence, et mon engagement ne s’est jamais démenti. »

Cruel dilemme pour François. Il va falloir choisir. Que deviennent les Gaulois, dans tout ça ?