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08/02/2009

RIEN NE VA PLUS…. OU UNE « INFAILLIBILITE » EN CAPILOTADE…

images.jpgQuand je pense que lorsque le cardinal Ratzinger avait été hissé sur le trône de St Pierre, j’avais eu la naïveté d’être plutôt satisfaite. Il me semblait qu’un vent nouveau allait peut-être souffler. Pauvre de moi ! J’avais méconnu une loi d’airain : le pouvoir n’est autorisé qu’à ceux qui filent doux. Il n’arrive que de gros ennuis aux autres.

 

Le nouveau pape n’a pas tardé à comprendre toute la justesse de ce postulat et à agir en conséquence. Il a vite eu l’occasion de se rendre compte qu’entre judaïsme et catholicisme, la lutte était par trop inégale et que de toute façon, on n’était plus dans le domaine religieux, mais politique.

Rien que ces deux dernières années, trois fois il a failli faire preuve d’indépendance. Trois fois les autorités juives ont immédiatement froncé le sourcil. Trois fois il s’est aplati comme une crêpe :

 

- En avril 2007, le représentant du pape en Israël, Mgr Franco, avait refusé de se rendre à une cérémonie à Yad Vashem au motif que le pape Pie XII y était fort mal traité, sous forme de photo. Mais il n’a pas refusé longtemps. Devant les réactions juives furibardes, il y est finalement et docilement allé. Comme de juste. (voir archives blog 15-16/4/07)

 

L’an dernier, en octobre, s’achevait le procès en béatification de Pie XII, justement. Inutile de dire que là aussi, devant les réactions indignées et les menaces en tous genres, le pape a fait machine arrière à toute vitesse. La béatification de Pie XII n’est plus à l’ordre du jour.

 

Et aujourd’hui, dernier épisode en date : l’affaire Williamson. Le Vatican ose prétendre qu’il « ne connaissait pas » les propos incriminés. Quelle blague ! A quoi servirait donc la curie ? Ou plutôt l’incurie, en la circonstance ? Plutôt pathétique, comme ligne de défense. On nous dit aussi que le Vatican aurait « méconnu » les réactions. Une blague encore plus débile ! Ils sont pourtant bien placés pour les connaître, et les anticiper, ces réactions.

 

Non, tout ça est lamentable et on a l’impression qu’il n’y a pas plus de pilote dans l’avion à Rome qu’au gouvernement de nos pays.

Justement, on pourrait penser que cette affaire relève du domaine strict de l’Eglise et ne concerne en rien les politiques. On pourrait penser que ces derniers ont en ce moment d’autres chats à fouetter. Et de fait, les politiques ont généralement observé un silence prudent et ne se sont pas mêlés de cette histoire. Sauf DEUX :

 

La chancelière allemande s’est dépêchée de voler au secours du Système menacé* en priant le pape de revoir sa copie. Ce qu’il a fait humblement et rapidement. Moi, je me demande ce que les Allemands en pensent. Mais peut-être qu’ils trouvent qu’ils n’ont pas encore assez payé et qu’ils veulent continuer ?

 

Et naturellement, l’AUTRE, l’inénarrable : celui que l’univers nous envie ne pouvait rater une occasion d’en rajouter une louche dans le registre  « C'est invraisemblable, choquant et inadmissible qu'il puisse se trouver, au XXIe siècle, quelqu'un qui ose contester les chambres à gaz, la Shoah, le martyr des juifs, c'est inadmissible. (…)  Quand de surcroît cet homme (...) se prétend pasteur au sens évangélique, c'est encore plus choquant… Franchement, ce monsieur, ça ne donne pas envie de le connaître ».

Vous apprécierez, comme moi, l’élévation des termes dans la bouche d’un chef d’Etat. Non, franchement, ce monsieur, ça ne donne pas envie de le connaître.

 

williamson.jpgMgr Williamson est britannique. Ce n’est pas pour autant que les officiels britanniques ont réagi, eux.

Aux dernières nouvelles, l’évêque révisionniste, sommé par le Vatican de se rétracter, s’y est refusé. Enfin de la dignité dans la mélasse ambiante. Il a accordé une interview au Spiegel dans laquelle il indique vouloir étudier d'abord les "preuves" historiques avant d'éventuellement retirer ses déclarations niant l'existence des chambres à gaz. « Il s’agit de preuves historiques, pas d’émotions. Et si je trouve des preuves, alors je rectifierai [les propos tenus]. Mais cela va prendre du temps. »

 

* Vous imaginez l’horreur : une crise majeure qui s'apprête à déferler ET des révisionnistes qui auraient raison ? L’Apocalypse.

30/10/2008

EH BIEN, CA N’AURA PAS TRAINE !!!

 

 

pape.jpgDébut octobre, j’évoquais la messe anniversaire célébrée par le pape Benoît XVI en mémoire de son prédécesseur Pie XII, décédé le 9 octobre 1958. Et j’indiquais que le Vatican était en train d’achever le procès en béatification de ce pape malchanceux qui accéda au pontificat en 1939 et eut à subir à titre posthume l’ire opiniâtre des responsables juifs.

 

A mon retour, j’apprends que devant les pressions, le pape a piteusement fait machine arrière à toute allure et renoncé à réhabiliter Pie XII, afin de « conserver de bons rapports avec les juifs ». Ces derniers ont donc gagné une fois de plus.

 

Je suppose que toutes les communautés avaient dû donner de la voix avec un bel ensemble. Je n’ai cherché que la réaction en France. Le 17 octobre, le CRIF se fendait d’un communiqué alarmiste, précisant que « le projet de béatification de Pie XII, pape de 1939 à 1958, porterait, s’il était mené à son terme, un coup sévère aux relations entre l’Eglise catholique et le monde juif ».

 

Le pape a donc reculé devant une menace aussi terrifiante. Le même s’étonnera sans doute de la désertification des églises …

 

Sans rapport (encore que), mais éclairant : il paraît que « l’antisémitisme » croît en Allemagne et que 25% des Allemands portent un regard défavorable sur les juifs. Encore du boulot en perspective et des prosternations sans fin pour ce pauvre pape même pas soutenu par ses ex-compatriotes.

 

Heureusement qu’il n’est pas tout seul pour lutter contre tous ces regards défavorables surgis on ne sait d’où. Le gouvernement allemand est fermement à ses côtés. Il voulait vertueusement marquer le 70e anniversaire de la Nuit de cristal (9 novembre 1938) par l’adoption d’une loi contre l’antisémitisme. Un beau symbole qui aurait fait tellement plaisir à cette communauté systématiquement persécutée. Mais, aux dernières nouvelles, il paraît qu’il y a controverse et le projet est repoussé pour l’instant.

 

J’ai lu cette information concernant « l’antisémitisme » allemand sur le site de Guysen, ainsi que les réactions qui l’accompagnaient. Elles sont souvent plus éclairantes que les infos.

Ainsi, une correspondante est totalement bouleversée par ces affreuses révélations : « Cet antisémitisme contre les juifs, en Allemagne ou ailleurs sur la terre, est une chose qui me dépasse. (…) on pourrait à la limite comprendre la mise à l’écart d’une nation « parasite » qui profiterait des autres peuples sans jamais rien produire en échange pour le bien-être de tous. On n’observe rien de tel chez les juifs : plus que compétents scientifiquement, à la pointe de la recherche, travailleurs, producteurs, courageux, talentueux, faisant preuve d’une rare ouverture d’esprit, ils sont ceux dont tous devraient rechercher la société et imiter le savoir-faire ! »

 

Et encore, cette correspondante est bien en deçà de la réalité. Elle a oublié de citer leur grande  modestie et leur amour immodéré du prochain, quel qu’il soit. Mais allez donc comprendre la nature humaine ! Ces pauvres goyim sont tellement écrasés par une supériorité aussi manifeste qu’au lieu de chercher avec humilité à l’imiter – mais n’est-ce pas perdu d’avance ? –  ils réagissent comme les nuls qu’ils sont par une certaine dose d’exaspération qui monte, qui monte …. Incroyable, non ?

 

Cette correspondante semble par ailleurs ignorer qu’il existe des victoires éminemment dangereuses, car trop facilement atteintes et trop souvent répétées, elles finissent tout doucement par dessiller quelques yeux .

09/10/2008

IL Y A 50 ANS, MOURAIT PIE XII

pape3.jpgAujourd’hui, à 11h30, Benoît XVI doit célébrer en la basilique St Pierre de Rome une messe à la mémoire de Pie XII, décédé il y a cinquante ans, le 9 octobre 1958. Le Vatican est en train d’instruire le procès en béatification de ce pape qui eut le malheur d’accéder au pontificat en 1939 et sur lequel depuis quelques décennies se sont déversées insultes et désinformation sans fin, en relation avec la shoah.

 

Dernier exemple en date d’une haine décidément inextinguible : le grand rabbin de Haïfa, Cohen, premier responsable juif invité à s’exprimer ce lundi devant le pape et les 253 évêques actuellement réunis en synode – curieuse innovation, soit dit en passant – en a profité pour reverser une grosse louche de fiel : « Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela » et en appeler à la guerre sainte … contre l’Iran : « Nous devons élever la voix pour qu’ensemble, avec l’aide du monde libre, nous défendions et sauvions Israël, le seul et unique Etat souverain du « Peuple du Livre » des mains de nos ennemis ».

Au moins, les choses sont claires et les priorités précisées. L’Eglise n’a qu’à se le tenir pour dit.

 

Rappelons qu’à la fin de la guerre, aucun reproche n’avait été adressé à Pie XII, bien au contraire : la communauté juive mondiale l’avait même remercié pour ses efforts en faveur des juifs persécutés. Einstein avait déclaré que « l'Eglise catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la liberté ». Et à sa mort, en 1958, Golda Meir, alors ministre des affaires étrangères d'Israël, avait souligné que « pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s'est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes ».

C’est en 1963, dans un contexte politique différent, et dans un but bien précis, que l’offensive commencera : une pièce de théâtre intitulée Der Stellvertreter (Le Vicaire) est publiée par un ancien membre des Jeunesses hitlériennes, Rolph Hochhuth. Pie XII y est présenté sous le jour le plus défavorable qui soit, passif si ce n’est complice des faits. Un ancien espion roumain passé à l’Ouest, Ion Pacepa prétendra l’an dernier que la pièce avait été commanditée par le KGB pour discréditer le pape, qui n’a jamais caché ses sentiments profondément anticommunistes.

pape.jpgC’est également l’an dernier, en 2007, qu’a paru la traduction française d’un ouvrage d’un rabbin historien américain, David Dalin sous le titre Pie XII et les juifs. Le mythe du pape d’Hitler. Publié en anglais en 2005, le livre réhabilite totalement le pape et présente au contraire tous les efforts qu’il fit pour tenter d’endiguer les persécutions. Dalin clôt son livre par une suggestion : en raison de ses actes, Pie XII mériterait d’être reconnu comme Juste parmi les nations !

Suggestion repoussée avec horreur par les tenants d’une instrumentalisation de la shoah, qui reste totalement indispensable à certaines menées. Cette instrumentalisation avait été mise en évidence par Dalin, qui indique à ce propos : «…Quel que soit leur sentiment vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. »

On nous rebat les oreilles depuis quarante ans avec ce que Pie XII aurait fait ou pas fait en faveur des juifs. Mais quelqu’un se demande-t-il ce que le pape précédent, Pie XI – pape de 1922 à 1939 – avait fait ou pas fait par rapport à l’Holodomor, la famine sciemment organisée par le régime bolchevique en 1932/33 ? Pourtant, là aussi, il s’agissait d’un génocide froidement perpétré par des dirigeants communistes – dont bon nombre étaient juifs, même si on fait mine de l’oublier – qui fit six millions de victimes, dont deux millions d’enfants ?

Bizarre, qu’on ne nous parle jamais de ce pape-là. Pourquoi toujours la dénonciation et la diabolisation à sens unique?

 

pie 11.jpgPourtant, Pie XI avait fait ce qu’il avait pu – pas grand-chose – en dénonçant en 1933 les "idéologies catastrophiques et assassines, instruments d’oppression entre les mains de responsables politiques dont les comportements  récents, et même extrêmement récents, démontrent que ceux-ci sont capables et résolus à les traduire dans les faits  contre le peuple qu’ils tiennent sous leur joug. "

 

Pie XI avait condamné sans appel le communisme qualifié d' intrinsèquement pervers : "On ne peut pas dire que de telles atrocités soient de ces phénomènes passagers qui accompagnent d'ordinaire toute grande révolution, des excès isolés d'exaspération comme il s'en trouve dans toutes les guerres. Non, ce sont les fruits naturels d'un système qui est dépourvu de tout frein intérieur. Un frein est nécessaire à l'homme pris individuellement, comme à l'homme vivant en société.

Même les peuples barbares trouvèrent ce frein dans la loi naturelle gravée par Dieu dans l'âme humaine... Mais lorsque du coeur des hommes l'idée même de Dieu s'efface, leurs passions débridées les poussent à la barbarie la plus sauvage."

 

Des propos nettement moins médiatisés que la logorrhée habituellement  associée à Pie XII.