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12/09/2007

DE PLUS EN PLUS FORT: UN ANCIEN DIRECTEUR DE YAD VASHEM SOUPCONNE DE CRIMES DE GUERRE

Le parquet lituanien veut interroger Yitzhak Arad, 81 ans, ancien directeur du mémorial Yad Vashem à Jérusalem, qu'il soupçonne d'avoir participé à des crimes contre la population civile et des prisonniers pendant la seconde guerre mondiale. "Nous avons adressé au parquet israélien une demande d'aide judiciaire", a indiqué à l'AFP un procureur au parquet général lituanien, Rimvydas Valentukevicius. "Nous (y) demandons de transmettre à M. Arad une notification sur nos soupçons et de l'interroger dans le cadre d'une enquête préliminaire sur sa participation possible à des crimes contre l'humanité en Lituanie, pendant la seconde guerre mondiale".

8f08b584a3bd2137f58caf7223e29a48.jpgSelon le procureur, l'enquête est liée à l'assassinat de plusieurs dizaines de civils et de prisonniers de guerre par des membres de la résistance soviétique dont Arad avait fait partie pendant l'occupation nazie. Selon les informations recueillies depuis le lancement de l'enquête en mai 2006, M. Arad aurait pu participer à des exécutions de résistants lituaniens à la fin de la seconde guerre mondiale, alors qu'il était membre de la Sécurité soviétique, le NKVD.

Les soupçons sont basés sur ses propres mémoires et sur les documents retrouvés par le Centre lituanien de recherches sur le génocide et la résistance. Interrogé mardi par le quotidien polonais Rzeczpospolita, M. Arad a clamé son innocence: "Je n'ai jamais tué un civil. Cela aurait pu arriver pendant des combats mais à froid je n'ai jamais assassiné un civil ou un prisonnier de guerre ... Une seule fois j'ai pris des prisonniers lituaniens. Nous les avons tous libérés par la suite, sauf un qui s'est avéré policier encore d'avant la guerre. Je me souviens que nous l'avons exécuté sur ordre de nos commandants mais ce n'est pas moi qui ai appuyé sur la gachette", a-t-il déclaré.

Selon lui, il s'agit d'une "tentative de vengeance" de la part des "héritiers des collaborateurs lituaniens, des nationalistes et des radicaux de toutes les couleurs", car "J'ai décrit en détail de nombreux crimes terribles qu'ils avaient commis", a-t-il encore expliqué.

Avant la seconde guerre mondiale, il y avait environ 220.000 juifs en Lituanie, en particulier à Vilnius alors surnommée la "Jérusalem du nord", dont la plupart ont péri durant la guerre. Durant les hostilités, Yitzhak Arad, né lui-même près de Vilnius, avait rejoint, comme de nombreux juifs, les partisans pro-soviétiques qui combattaient contre les troupes allemandes. A la fin de la guerre, il s'est rendu en Palestine où il a rejoint la clandestinité juive. Il a ensuite servi dans l'Armée israélienne de défense et a pris sa retraite en 1972 avec le grade de général de brigade. Il est également l'un des historiens les plus connus de l'holocauste et a dirigé l'institut Yad Vashem de 1972 à 1993.

8f827ce7e65aad0f862d721ff6dffb85.jpgYitzhak Arad a participé, en tant que témoin et expert, aux procès intentés aux Etats-Unis contre Alexandras Lilejkis et à Algimantas Dajlide qui avaient occupé des postes importants dans la police lituanienne. Les deux émigrés ont été déchus de la citoyenneté américaine et expulsés du pays. En Lituanie, Yitzhak Arad a également participé à la réunion de la Commission pour l'évaluation des crimes des régimes d'occupation nazie et soviétique, au cours de laquelle il avait soulevé la question de la participation des Lituaniens à l'extermination de la communauté juive de la république.

Sources: AFP, RIA Novosti