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14/02/2008

UN PAS DE PLUS DANS LE CONDITIONNEMENT DE MASSE IMPOSE PAR LE POUVOIR A L’EDUCATION NATIONALE

Sarkozy était présent hier au dîner annuel du CRIFConseil représentatif des Institutions juives de France. C’est la première fois qu’un président de la République – en principe garant de la laïcité - y assistait, ce qui en dit long sur les rapports de force et de pouvoir à l’œuvre dans ce pays. Vous noterez que je ne dis plus jamais « mon » pays car il y a belle lurette que je ne le considère plus comme tel et que ce qu’il devient m’indiffère de plus en plus.

Je me contenterai de relater – sans trop de commentaires – la dernière trouvaille de ceux qui nous gouvernent : histoire de bien enfoncer dans les têtes enfantines le vade-mecum qui leur servira ensuite tout au long de leur vie - avec des piqûres de rappel naturellement - à partir de la rentrée 2008, chaque enfant de CM2 en France se verra attribuer la mémoire d’un enfant mort de la shoah. . "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la ShoahLes enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui » a notamment déclaré Sarkozy.

Formidable comme idée, non ? Bon, vous allez me dire : pourquoi ne pas leur attribuer la mémoire d’un enfant mort de faim pendant la famine d’Ukraine orchestrée par un certain Kaganovitch ? Ou d’un enfant arménien victime du génocide turc ? Ou d’un enfant cambodgien victime de la folie furieuse des communistes khmers rouges ? ou … ou… ou….

Oui, bon, mais il faut bien commencer par quelque chose, n’est-ce pas ?

Si j’avais des enfants d’âge scolaire, je ne me laisserais pas faire. Parce que là, franchement, on franchit un pas décisif et inédit dans le conditionnement de masse imposé par le pouvoir. Exactement le contraire de ce que devrait enseigner l’école. Et j’espère que les associations familiales et scolaires vont donner de la voix. Mais ce n’est pas sûr. L’abrutissement généralisé est tel dans ce pays depuis quelques décennies que tout le monde est sur le carreau et pratiquement incapable de réaction.

Tout le monde se trouve pris et empêtré dans cette formidable toile d’araignée : le moindre mot de travers et hop, accusation de racisme, déjà très embêtant, ou d’antisémitisme, alors là, l’horreur absolue. Qui s’y risque ? Le terrain ainsi magistralement libéré, le système qui nous gouverne peut donc l’occuper impunément et même s’y vautrer. Jusqu’à où ? Jusqu’à quand ?