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26/03/2012

LE JOURNAL D’ANNE FRANK

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Pourquoi revenir là-dessus aujourd’hui ? Tout simplement parce que ce document continue aujourd’hui encore sa belle carrière de best-seller, lecture quasi obligatoire pour tous les jeunes occidentaux. Un passage obligé, en quelque sorte, dans le long cheminement qui les mènera - avec un petit voyage à Auschwitz - à l’état de citoyens conscients du lourd héritage d’opprobre et de culpabilité qu’il leur faudra à leur tour endosser de gré ou de force. Comme le dit si bien Wikipédia : « Le livre est considéré comme l'un des piliers de la littérature de la Shoah et l'une des œuvres-clés du vingtième siècle. Le Journal d'Anne Frank est classé à la 19e place des 100 meilleurs livres du XXe siècle. Plus de 25 millions d'exemplaires du livre ont été vendus et il est traduit dans plus de 70 langues ».   

 

J’ai eu la curiosité, allez savoir pourquoi, de relire cette « œuvre-clé du XXe siècle ». Je l’ai donc commandée pour quelques petits euros sur internet dans la version publiée par Calmann-Lévy en 1950. Bien sûr, je l’avais déjà lu autrefois, ce fameux Journal, composé de lettres à une amie imaginaire. C’était déjà chaudement recommandé à l’époque. J’ai certainement dû être fort triste pour cette pauvre fille persécutée par les méchants Allemands. J’avoue que je n’en ai pas gardé un souvenir bien clair.

 

Par contre, je viens de le relire avec beaucoup d’attention et n’étant hélas plus écolière mais maîtresse de maison, cette fois j’ai été fortement impressionnée par le tour de force qu’a représenté cette claustration volontaire de huit adultes ou quasi adultes dans un espace relativement réduit et ce, durant vingt-cinq mois. J’avoue ne pas comprendre comment ces huit personnes entourées d’ennemis et/ou cernées par des voisins qui ne devaient surtout rien voir ni entendre, ont pu se ravitailler, se chauffer, évacuer leurs inévitables déchets, s’éclairer, j’en passe et des meilleures, et ce, non pas pendant huit jours, mais pendant un peu plus de deux ans. Et pas dans la cambrousse, mais au beau milieu d’Amsterdam. Même en tenant compte des quelques amis de l’extérieur qui aidaient, paraît-il, on a beaucoup de mal à y croire.

 

Mais là où j’ai carrément sursauté, c’est page 62, à la lecture de ce passage : « Si cela se produit déjà en Hollande, qu’est-ce que ce doit être dans les régions lointaines et barbares dont Westerbork n’est que l’antichambre ? Nous n’ignorons pas que ces pauvres gens seront massacrés. La radio anglaise parle de chambre à gaz. Peut-être est-ce encore le meilleur moyen de mourir rapidement. J’en suis malade » (lettre du 9 octobre 1942).

 

Et page 182, deuxième mention des chambres à gaz : « Je n’en crois rien. La radio anglaise a toujours dit la vérité. Admettons même que leurs émissions soient exagérées, ça ne vous empêchera pas de reconnaître la réalité. Car vous ne pouvez nier le fait que des millions de gens paisibles sont assassinés ou gazés sans aucun ménagement, en Russie aussi bien qu’en Pologne » (lettre du 3 février 1944).

 

Voilà donc une gamine de treize ans (pour la première lettre) et de quatorze pour la seconde, qui semble extrêmement bien informée. Qui sait, quoique enfermée dans son arrière-maison depuis octobre 1942, que les chambres à gaz fonctionnent et que « des millions » de gens sont gazés.

 

Très, très curieux. Elle était en tout cas bien mieux informée que Simone Veil qui ne faisait pas mystère, en février 1985, de son ignorance totale de la question, ignorance partagée par toute la population française à l’époque : « J’avais seize ans et demi lorsque j’ai été déportée de Drancy à Auschwitz avec ma famille. Après deux jours et demi de voyage en train, je suis arrivée à Auschwitz-Birkenau. C’était le 15 avril 1944. On nous a poussés hors des wagons, de nuit, sous la lumière d’immenses projecteurs. (…) Puis hommes et femmes ont été séparés. Nous ne croyions pas alors aux histoires de chambres à gaz. Pour nous, il ne pouvait s’agir que d’un effroyable mensonge ».

 

Pour Simone Veil, c’était donc un mensonge en avril 1944, mais une certitude pour Anne Frank en octobre 1942.

 

Karl Silberauer, le policier autrichien qui arrêtera finalement les huit reclus le 4 août 1944, après une dénonciation, fera des déclarations après la guerre. Lui aussi s’était étonné à la lecture du Journal : « Nous ignorions tous, expliqua Silberbauer, ce qui attendait les juifs. Je ne comprends surtout pas comment Anne dans son Journal pouvait affirmer que les juifs étaient gazés.»

 

Il y aurait encore bien des choses à dire et bien d’autres motifs d’étonnement, notamment l’écriture de ce Journal qui ne semble pas vraiment sortir d’une plume de treize-quinze ans, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais ça, c’est compréhensible. Daniel-Rops – de l’Académie française – nous explique les raisons de cette précocité dans sa préface (à mon édition de 1950) : « Anne Frank avait donc treize ans. Elle était jolie, le savait, sans attacher au fait une excessive importance. On l’imagine si bien, pour peu qu’on ait connu de ces très jeunes filles juives, en qui l’intelligence pétille avec une vivacité que n’ont pas souvent à leur âge les petites « Aryennes » : piquante, délibérée, sensible au point d’être impressionnable, déjà femme par maints côtés et cependant encore si véritablement enfant ».

 

Voici l’explication. Les petites « Aryennes » sont un peu lourdaudes, ce n’est pas de leur faute.

 

Si vous souhaitez en savoir un peu plus long sur tous les mystères soulevés par ce livre-clé du XXe siècle, je vous recommande fortement le lien suivant :

 

http://www.erichufschmid.net/HoloHoax/Anne-Frank-Faurisson-F.html