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02/10/2008

Pierre Goldman, « juif magnifique, hors la loi, né pour être assassiné »

La semaine dernière, lundi 22 septembre à 20h45, était diffusé sur la chaîne Planète Justice le magazine « Faites entrer l’accusé ». Et j’ai lu ceci sur mon programme :

 

« L’assassinat de Pierre Goldman

Pierre Goldman a été condamné pour meurtre, puis acquitté. En septembre 1979, trois inconnus lui ont tiré dessus à bout portant, à Paris. A ses obsèques, 15 000 personnes affluaient au Père-Lachaise. Parmi elles, ceux qui, avec lui, rêvaient de révolution. »

 

Voilà un remarquable exemple de désinformation ordinaire. Ordinaire, car on peut en ramasser plusieurs de ce type chaque jour. Tout est juste. Et tout est faux, biaisé. Déjà le titre, L’assassinat de Pierre Goldman, est parfaitement étudié. Le basique qui lit le programme – l’écrasante majorité – intègre immédiatement l’injustice, la victime.

 

La victime de salauds qui lui tirent dessus à bout portant, alors que pourtant il avait été acquitté. S’il a été acquitté, c’est forcément qu’il était innocent, non ? Et c’était forcément aussi un type bien, et même super bien, puisque avec lui est morte une certaine idée de la révolution. Et la révolution, tout le monde - surtout le basique - sait que c’est super hyper bien. Sauf quand il s’agit de révolution nationale, bien sûr. Mais qui parle de cela ?

 

goldman.jpgCe cas est fascinant car Goldman était juif et communiste. Ses parents l’étaient aussi. Et ils étaient résistants, par-dessus le marché. Donc, Goldman était totalement intouchable dans la France des années 70. La  « justice » n’avait plus qu’à s’incliner devant des évidences trop fortes pour elle. Ce qu’elle a fait.

 

Je ne retracerai pas tout le parcours de Goldman, il est plus que chaotique. Rappelons que, né en 1944 – donc « conçu dans la clandestinité sous l’occupation nazie », ça vous pose déjà son homme – renvoyé de tous les établissements scolaires, il part faire de la guérilla au Venezuela en 1968. Il y participera à un premier braquage, celui d’une banque, en juin 1969. Mieux valait pour lui changer d’air, c’est pourquoi il rentre illico en France avec sa part de butin.

Il a des besoins d’argent, il se livre donc dans la foulée à trois attaques à main armée.

Arrive le jour fatidique du 19 décembre 1969 : une pharmacie est braquée boulevard Richard Lenoir. Deux pharmaciennes sont tuées, deux personnes blessées. Quatre mois plus tard, Goldman sera arrêté et reconnu par les quatre témoins de la scène.

 

Il niera farouchement les meurtres, reconnaissant les seuls braquages. La justice est cependant persuadée de sa culpabilité dans les meurtres et le condamne à la perpétuité en 1974. Il a déjà réussi à sauver sa tête.

A ce moment-là va se déchaîner une formidable mobilisation en sa faveur. Comme il avait, aux dires de son avocat,  « des amitiés dans tout ce qui pense et réfléchit à gauche, de Régis Debray à Michel Foucault », tout ce beau monde va se mobiliser à fond  sous forme de comités de soutien, de pétitions signées par tout le gotha gauchiste (aujourd’hui encore aux premières loges, pour l’essentiel).

 

Le titre de cet article n’est que l’un des exemples de ce qu’on pouvait lire à l’époque sur cette icône du gauchisme en majesté. Inutile de préciser que tout ce monde se fiche éperdument des deux pharmaciennes froidement assassinées. Qu’est-ce qu’elles avaient, aussi, à être là au mauvais moment !

 

La justice va reculer devant la pression. Un type aussi fortement soutenu par tout ce qui compte à Paris ne peut pas être coupable, non ? Le jugement sera annulé et lors du second procès, il ne sera plus question de ces meurtres encombrants. Il est condamné à douze ans de prison, mais il ne les fera pas car quelques mois plus tard, il est libre.

Durant sa courte détention, il avait écrit un livre Souvenirs obscurs d’un juif polonais  que son avocat fera distribuer à la Cour avant le procès en révision. Il contribuera grandement à l’image rectifiée proposée à l’édification des foules.

 

Goldman sera abattu le 20 septembre 1979 en pleine rue et les coupables ne seront jamais retrouvés. Aux dernières nouvelles, il se serait agi – non pas d’une action de l’ « extrême-droite » - mais de celle d’un groupe de contre-terrorisme opposé à l’ETA, les indépendantistes basques avec lesquels Goldman, décidément incorrigible, fricotait à ce moment-là.

 

Voici la chanson que Maxime Le Forestier écrivit en 1975 à la gloire de Goldman. Lisez-là bien attentivement, vous ne serez pas déçus :

 

« A ceux qui sont dans la moyenne,
A ceux qui n'ont jamais volé,
A ceux de confession chrétienne,
A ceux d'opinion modérée,
A ceux qui savent bien se plaindre,
A ceux qui ont peur du bâton,
A tous ceux qui n'ont rien à craindre,
Je dis que Pierre est en prison.

Dormez en paix, monsieur le juge.
Lorsque vous rentrez du travail,
Après le boulot, le déluge,
Tant pis pour les petits détails.
Aujourd'hui, cette affaire est close.
Une autre attend votre réveil.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre sommeil.

Soyez contents, jurés, notables,
Vous avez vengé proprement
La vie tristement respectable
Que vous meniez depuis longtemps.
Qu'on vous soit différent suppose
Par obligation qu'on ait tort.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre confort.

Soyez satisfait, commissaire,
Vous n'avez pas été trop long
Pour mettre un nom sur cette affaire.
Tant pis si ce n'est pas le bon.
Tant pis si chez vous, on dispose
De moyens pas toujours très clairs.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté d'un rapport à faire.

Rassurez-vous, témoins du drame,
Qui n'étiez pas toujours d'accord
Puisqu'aujourd'hui on le condamne
C'est donc que vous n'aviez pas tort.
Vous êtes pour la bonne cause.
Vous avez fait votre devoir.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre mémoire.

Tu n'aimes pas la pitié, Pierre,
Aussi je ne te plaindrai pas.
Accepte juste ma colère,
J'ai honte pour ce peuple-là.
Je crie à ceux qui se reposent,
A ceux qui bientôt t'oublieront.
La vie d'un homme est peu de chose
Et Pierre la passe en prison. »

 

15:36 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pierre, goldman, anne, kling

01/08/2008

CHASSEZ LE NATUREL ….

Voilà, ça y est. La LICRA* « a décidé de porter l’affaire Siné en justice. Il ne faut en effet pas être grand clerc pour trouver dans la chronique publiée par l’intéressé dans le numéro de Charlie Hebdo, daté du 2 juillet 2008, tous les poncifs de l’antisémitisme le plus éhonté. La LICRA a poursuivi en son temps les propos racistes et antisémites de Jean-Marie Le Pen et de Dieudonné. Personne ne comprendrait qu’elle ne le fasse pas à présent contre Siné. »

180px-Sine.jpgNormal, non ? Le virer, c’était vraiment insuffisant. Franchement, Siné, qui approche des 80 balais, aurait quand même dû savoir que dans ce beau pays où règne la liberté d’expression que chacun sait, on a le droit d’être à peu près tous les anti qu’on veut – et Dieu sait qu’il ne s’en est pas privé : anticolonialiste, anticapitaliste, anticlérical, etc, etc – sauf UN. Il a oublié – ce doit être la sénilité - qu’il y avait des lignes rouges totalement interdites. Ca lui apprendra.

Et c’est d’autant plus normal que ce qu’il a dit est franchement répugnant. Je vous rappelle la citation entière, vous jugerez :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

« Tous les poncifs de l’antisémitisme le plus éhonté », c’est la LICRA qui l’a dit. J’avoue que j’ai un peu de mal  à comprendre, mais je lui fais confiance. Ce qu’il ne fallait pas dire, c’est que la fiancée était juive ? Ou qu’elle était héritière des fondateurs de Darty ? Ou alors il ne fallait pas dire qu’il fera du chemin dans la vie parce que sa fiancée est juive et héritière de Darty ?

Bof, quand on a un papa président de la République …

20080211Sarkozyjeaninside.jpgJe dois avoir le jugement complètement perverti parce que moi, c’est quand même autre chose qui me surprend légèrement : c’est qu’un gamin de 21 ans en pleines études de droit et capable de prendre la fuite après un accrochage à scooter, arrive pourtant à se faire élire comme ça, clac, d’un seul coup d’un seul, conseiller général. Pourquoi ça nous arrive jamais à nous, ça ? Mais j’admire. Bravo. C’est beau la démocratie. Et je comprends qu’on veille jalousement sur elle et qu’on empêche n’importe qui d'aller raconter n'importe quoi.

C'est vrai, ça, à la longue, il y en a qui pourraient finir par se réveiller.

 

* Présidée par Patrick Gaubert, élu UMP. Aucun rapport, bien sûr. C'est juste pour la précision de l'information.

15:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : licra, jean, sarkozy, siné, anne, kling

27/02/2008

AU SECOURS ! CE PAYS EST DEVENU COMPLETEMENT FOU !!!

Ca y est. C’est dans les tuyaux. Ah, on peut dire que certaines mesures ne traînent pas. C’est que les priorités, ça n’attend pas. Si ces stupides Français ne sont pas capables de le comprendre ….

Bref, vous, vous l’aurez compris, il n’ y a vraiment rien de plus urgent à faire en ce moment pour améliorer l’éducation nationale. Alors c’est parti :

"Xavier Darcos lance la mission sur l'enseignement de la Shoah au CM2

PARIS (AFP) - Le ministre de l'Education Xavier Darcos réunit mercredi notamment Simone Veil et Serge Klarsfeld pour lancer la réflexion sur la mise en oeuvre du souhait de Nicolas Sarkozy que chaque enfant de CM2 se voie "confier la mémoire" d'un enfant mort dans la Shoah.

Lors d'une table-ronde censée "marquer le début de la mission pédagogique confiée à Hélène Waysbord-Loing", inspectrice générale et directrice de la Maison d'Izieu (Ain), le ministre réunira "les institutions et les personnalités engagées dans la transmission de la mémoire de la Shoah", a expliqué le ministère dans un communiqué.

Outre Simone Veil, très vivement opposée à l'idée du président de la République, sont conviés Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France, et Richard Prasquier, président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), tous deux plutôt favorables à l'initiative présidentielle.

La liste des invités comprend aussi Pierre Besnainou, président du fonds social juif unifié, Béatrice Rosenberg, présidente de Yad Layeled France, Philippe Schmidt, vice-président de la Licra, Raphaël Haddad, président de l'Union des étudiants juifs de France, Théo Hoffenberg, membre du conseil d'administration du Mémorial de la Shoah, Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah et le cinéaste Claude Lanzmann.

L'Education nationale sera représentée par Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'Enseignement scolaire, François Perret, doyen de l'Inspection générale et Joëlle Dusseau, inspectrice générale prendront part aux travaux.

La mission pédagogique de Mme Waysbord-Loing est "chargée de concevoir, avec l'appui d'experts du ministère et en consultant très largement, les documents pédagogiques qui permettront de la mise en place à la rentrée 2008 de la proposition du président de la République". 

09:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : shoah, cm2, anne, kling, sarkozy

25/02/2008

COMPTES, DECOMPTES ET MECOMPTES….

Je n’ai pas le temps d’approfondir le sujet, mais j’offre à votre sagacité un exercice assez intéressant. Un correspondant m’envoie ceci :

 

 

« Ce 24 février 2008, la base de données de Yad Vashem contient 91 références pour les 44 enfants d'Izieu. Ce document contient:

-         la liste «officielle» des enfants déportés depuis Izieu

-         une copie de l'écran « Yad Vashem » obtenu en réponse à une requête sur le nom de l'enfant pour permettre un contrôle incontestable.

Il apparaît que la base de données de Yad Vashem héberge des témoignages et des recopiages de listes de victimes. Ces témoignages et listes ne font visiblement l’objet d’aucun recoupement. On trouve ainsi la même personne enregistrée 4 fois ! par exemple : par son pays d’origine (Autriche ), par son pays de séjour durant la guerre (France), par une organisation de recherche (Karsfeld) et enfin par ses proches de toute nature et sans limite de nombre : père, mère, frères, sœurs mais aussi … voisins de palier !

Pour avoir déjà procédé à un tel comptage lors d’une manifestation juive qui donnait les noms de victimes, je conclus que le déboulonnage de la base affaisserait considérablement son nombre d’entrées – sans doute dans un rapport 1 à 2.

On notera aussi que la base de données fait une nuance d’importance entre « VICTIMES » et « DECEDES ».

Nom

Rang

alphab.

Nbre ref

Yad Vashem

Sami Adelsheimer, 5 ans

1

2

Hans Ament, 10 ans

2

4

Nina Aronowicz, 12 ans

3

1

Max-Marcel Balsam, 12 ans

4

1

Jean-Paul Balsam, 10 ans

5

0

Esther Benassayag, 12 ans

6

2

Elie Benassayag, 10 ans

7

2

Jacob Benassayag, 8 ans

8

2

Jacques Benguigui, 12 ans

9

2

Richard Benguigui, 7 ans

10

2

Jean-Claude Benguigui, 5 ans

11

2

Barouk-Raoul Bentitou, 12 ans

12

2

Majer Bulka, 13 ans

13

3

Albert Bulka, 4 ans

14

2

Lucienne Friedler, 5 ans

15

2

Egon Gamiel, 9 ans

16

2

Maurice Gerenstein, 13 ans

17

3

Liliane Gerenstein, 11 ans

18

3

Henri-Chaïm Goldberg, 13 ans

19

1

Joseph Goldberg, 12 ans

20

0

Mina Halaunbrenner, 8 ans

21

2

Claudine Halaunbrenner, 5 ans

22

3

Georges Halpern, 8 ans

23

3

Arnold Hirsch, 17 ans

24

3

Isidore Kargeman, 10 ans

25

2

Renate Krochmal, 8 ans

26

4

Liane Krochmal, 6 ans

27

0

Max Leiner, 8 ans

28

3

Claude Levan-Reifman, 10 ans

29

1

Fritz Loebmann, 15 ans

30

2

Alice-Jacqueline Luzgart, 10 ans

31

2

Paula Mermelstein, 10 ans

32

2

Marcel Mermelstein, 7 ans

33

2

Theodor Reis, 16 ans

34

1

Gilles Sadowski, 8 ans

35

2

Martha Spiegel, 10 ans

36

3

Senta Spiegel, 9 ans

37

3

Sigmund Springer, 8 ans

38

3

Sarah Szulklaper, 11 ans

39

2

Max Tetelbaum, 12 ans

40

1

Herman Tetelbaum, 10 ans

41

1

Charles Weltner, 9 ans

42

2

Otto Wertheimer, 12 ans

43

3

Emile Zuckerberg, 5 ans

44

3

91

Mon correspondant reprend ensuite pour chaque enfant les entrées correspondantes sur la base de données de Yad Vashem. Si pour les 44 enfants d’Izieu, le nombre d’entrées est en réalité de 91, est-il permis de se demander quel est le chiffre retenu en fin de compte dans le macabre décompte total des victimes? 44 ou 91 ?

09:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yad, vashem, izieu, anne, kling

14/02/2008

UN PAS DE PLUS DANS LE CONDITIONNEMENT DE MASSE IMPOSE PAR LE POUVOIR A L’EDUCATION NATIONALE

Sarkozy était présent hier au dîner annuel du CRIFConseil représentatif des Institutions juives de France. C’est la première fois qu’un président de la République – en principe garant de la laïcité - y assistait, ce qui en dit long sur les rapports de force et de pouvoir à l’œuvre dans ce pays. Vous noterez que je ne dis plus jamais « mon » pays car il y a belle lurette que je ne le considère plus comme tel et que ce qu’il devient m’indiffère de plus en plus.

Je me contenterai de relater – sans trop de commentaires – la dernière trouvaille de ceux qui nous gouvernent : histoire de bien enfoncer dans les têtes enfantines le vade-mecum qui leur servira ensuite tout au long de leur vie - avec des piqûres de rappel naturellement - à partir de la rentrée 2008, chaque enfant de CM2 en France se verra attribuer la mémoire d’un enfant mort de la shoah. . "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la ShoahLes enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui » a notamment déclaré Sarkozy.

Formidable comme idée, non ? Bon, vous allez me dire : pourquoi ne pas leur attribuer la mémoire d’un enfant mort de faim pendant la famine d’Ukraine orchestrée par un certain Kaganovitch ? Ou d’un enfant arménien victime du génocide turc ? Ou d’un enfant cambodgien victime de la folie furieuse des communistes khmers rouges ? ou … ou… ou….

Oui, bon, mais il faut bien commencer par quelque chose, n’est-ce pas ?

Si j’avais des enfants d’âge scolaire, je ne me laisserais pas faire. Parce que là, franchement, on franchit un pas décisif et inédit dans le conditionnement de masse imposé par le pouvoir. Exactement le contraire de ce que devrait enseigner l’école. Et j’espère que les associations familiales et scolaires vont donner de la voix. Mais ce n’est pas sûr. L’abrutissement généralisé est tel dans ce pays depuis quelques décennies que tout le monde est sur le carreau et pratiquement incapable de réaction.

Tout le monde se trouve pris et empêtré dans cette formidable toile d’araignée : le moindre mot de travers et hop, accusation de racisme, déjà très embêtant, ou d’antisémitisme, alors là, l’horreur absolue. Qui s’y risque ? Le terrain ainsi magistralement libéré, le système qui nous gouverne peut donc l’occuper impunément et même s’y vautrer. Jusqu’à où ? Jusqu’à quand ?

17/01/2008

FRANCHEMENT, ILS NE SONT PAS TOUS ENFERMES …

399848aa051c40c32406a93336af52a1.jpgJuste deux mots pour vous apprendre la dernière lubie-provoc de Georges Frêche : il aurait l’intention de rapatrier des USA une statue de Lénine pour la mettre en bonne place à Montpellier. Pas à ses frais, naturellement, il n’est quand même pas fou à ce point-là. Mais à ceux des contribuables, qui, eux, l’ont été suffisamment pour lui confier les clés et les finances de la région Languedoc-Roussillon.

La statue – qui pèse la bagatelle de 7 tonnes - avait été dégotée en 1989 à Poprad, en Slovaquie, par un Américain dénommé Lewis Carpenter qui l’avait achetée pour 15 000 dollars et ramenée dans le coin de Seattle. Il est mort en 1994 et ses héritiers ont décidé de se défaire de cet héritage encombrant. En attendant qu’un pigeon se présente (mise à prix actuelle : 150 000 dollars), ils l’ont louée à la ville de Fremont où elle a quand même fait des vagues, notamment auprès de la population originaire de Russie. 

Il paraît que Frêche a eu le coup de foudre. C'est qu'il aime tellement ce bienfaiteur de l'humanité! Trop méconnu, hélas, de son point de vue. Je vous laisse imaginer combien coûterait le rapatriement de cet engin des Etats-Unis en France. Quand je vois combien coûtent les frais d’envoi de mon bouquin d’une ville à l’autre … Mais Frêche est bien sûr au-dessus de ces contingences sordides. Quand on aime, est-ce qu’on compte ?

Il faut donc conclure que la région Languedoc-Roussillon est positivement bourrée de fric pour se permettre des folies pareilles. Bravo. Dans ce cas, au nom de la solidarité dont on nous rebat les oreilles et que nous sommes sommés de mettre en pratique, qu’elle fasse donc profiter d’autres coins de France moins bien lotis de sa richesse phénoménale.

Cette amusette de Frêche pose en tout cas un problème politique de fond dont il faudra bien un jour finir par s’occuper avant que tous ces cinglés ne ruinent définitivement le pays : comment responsabiliser, d’une manière ou d’une autre, les politiques et les obliger à rendre enfin des comptes précis quant à l’utilisation des deniers publics qui leur sont confiés. Car pour le moment, l’irresponsabilité règne à tous les étages.

Ce serait un sacré progrès et on pourrait enfin tout doucement commencer à parler de démocratie. Dans les actes, et pas dans les mots.

02/01/2008

BENAZIR BHUTTO: UN SYMBOLE « DEMOCRATIQUE » QUI CONVENAIT TRES BIEN AUX OCCIDENTAUX …

91c82c4a183d63fa547152efa02b07b4.jpgL’assassinat de Benazir Bhutto éteint l’action en justice qui était encore en cours contre elle en Suisse pour corruption. En cela, elle méritait bien mal son prénom, qui signifie « l’unique ». Les faits qui lui étaient reprochés paraissent en effet d’une banalité affligeante dans le petit monde très fermé des dirigeants politiques, ce qui ne diminue en rien leur gravité.

Celle qui promettait la « démocratie » au Pakistan - pour l’avenir - avait pourtant été chef du gouvernement à deux reprises et n’avait pas fait d’étincelles à ce poste. Arrivée une première fois au pouvoir en 1988, elle était limogée deux ans plus tard par le président de la République pour corruption et abus de pouvoir. Revenue en 1993, elle était une nouvelle fois renvoyée, trois ans plus tard cette fois, pour les mêmes raisons. Son mari perdait par la même occasion son juteux portefeuille « des investissements ». 

Elle sera condamnée à plusieurs reprises pour ces faits, notamment en 1999 et 2003 et s’exilera à Dubaï et à Londres pour échapper à la justice.

En 2004, une Cour suisse concluait en ces termes : « Mme Benazir Bhutto, alors premier ministre, son mari, M. Asif Ali Zardari, sa mère, Nusrat Bhutto, sont soupçonnés d’avoir, au cours des années 90, perçu des commissions illégales sur des contrats gouvernementaux conclus avec des compagnies étrangères à propos d’armes, de matériel agricole et d’autres marchandises ».

Il est intéressant de noter qu’alors que Wikipédia français passe très rapidement sur ces accusations de corruption, Wikipédia anglais les détaille au contraire avec précision.

Un correspondant polonais m’envoie quelques détails parus à ce propos dans la presse de son pays. Lors de son second passage au pouvoir, Benazir Bhutto avait lancé l’Awami Tractor Scheme (ATS) destiné à venir en aide aux pauvres paysans pakistanais.

Intention éminemment louable, n’est-ce pas ? Dans ce but, 5 900 tracteurs russes et polonais de la marque URSUS avaient été achetés. Le bien-être d’un certain nombre de paysans pakistanais s’est peut-être amélioré à la suite de cette opération, mais sûrement moins vite que celui de la famille Bhutto fortement soupçonnée d’avoir perçu 7,15% de commissions sur ce marché énorme, sans parler de leurs deux intermédiaires – les avocats suisses Jens Schlegelmilch et Didier Plantin - qui ont  empoché au passage une très coquette commission se chiffrant en millions de dollars.

Mais ne nous inquiétons pas trop pour la famille Bhutto. Même si Benazir n’a plus désormais la possibilité de repartir pour un troisième tour de « démocratie » - ce mot magique qui passe tellement bien auprès des occidentaux, et tant pis si elle n’a jamais songé à appliquer la chose dans son propre parti, le PPP, dont elle était présidente à vie -  il leur reste quand même quelques petites économies par ci, par là, en Suisse, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Economies qui ont été récemment débloquées, le pouvoir pakistanais ayant prononcé une amnistie.

Vous aurez sans doute remarqué comme moi que la presse en général est fort discrète sur la menace nucléaire potentielle que représente un Pakistan au bord du chaos. Une menace autrement plus préoccupante que l’Iran, à ce jour. Mais le Pakistan – avec ses 160 millions d’habitants – est encore pour le moment un allié des USA. Alors, mieux vaut éviter de parler de sujets qui pourraient fâcher. Et exploser.

31/12/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (32)

ROSALIA ZALKIND, dite ROSALIA ZEMLIACHKA

 

2deba45a4cdb5d5d5bd35a62a3fbbddd.jpgSous ce doux prénom de Rosalia se cache une véritable harpie bolchevique qui n’avait strictement rien à envier à ses homologues masculins et qui saura démontrer l’étendue de ses talents durant la Grande Terreur.

Rosalia Zalkind naît en 1876 dans une famille de commerçants juifs de Kiev, en Ukraine. Elle y fréquente l’université et s’initie rapidement, au contact de ses frères, aux idées révolutionnaires. Elle est d’abord membre de la Narodnaya Volya (la Volonté du Peuple), mais se tourne vers le marxisme dès 1896. Elle n’a que vingt ans et déjà quelques séjours en prison derrière elle.

Parmi ses amis se trouve un certain Léon Trotski qui lui fait rencontrer Lénine en 1903 -  l’année où les bolcheviques se séparent des mencheviques - et l’introduit au comité du parti de Saint-Pétersbourg. Sous le nom de guerre désormais de Zemliachka, elle participe avec ardeur à la révolution de 1905, qui échoue. Elle fera le coup de feu sur les barricades et découvrira à cette occasion que la violence, ça lui plaît.

En février 1917, elle participe à nouveau à la révolution en sa qualité de secrétaire du  comité  des bolcheviques de Moscou. En 1918, elle est volontaire pour monter au front contre les « blancs ». La voilà donc enrôlée dans l’Armée Rouge, qui ne recrutait pas spécialement les  femmes, mais ne refusait pas celles qui se présentaient.

Elle est désormais à son affaire, nommée officier politique en chef de la 8ème armée en Ukraine. Que s’y passe-t-il ? Difficile de le savoir vraiment. Toujours est-il qu’elle est déplacée en avril 1919, après que le moral de la 8ème armée soit tombé bien bas. Elle est à présent affectée à la 13ème armée où elle fait un esclandre mémorable dès son arrivée.

Elle va être chargée de « nettoyer » la Crimée en 1920 après la défaite des blancs et pour ce faire, prendra la relève de Bela Kun qui avait lui-même opéré dans la même région l’année précédente. Zemliachka va procéder à des massacres de masse de tous les « ennemis du peuple » qui auront le malheur de tomber entre ses mains et sera récompensée des éminents services ainsi rendus à la révolution par l’Ordre du Drapeau Rouge, qui lui sera décerné en 1922.

Après la guerre civile, elle est en poste dans l’Oural, mais surveille de près l’ascension de Staline qu’elle seconde de son mieux dans des postes liés à la « sécurité »  et à la discipline du parti. Travaillant étroitement avec le NKVD, elle traversera toutes les purges sans y laisser la moindre plume, recevant même en 1936, pour son zèle militant, la plus haute distinction d’URSS, à savoir l’Ordre de Lénine. L’année suivante, en 1937, elle est admise au Soviet Suprême.

Et ce n’est pas fini. Cette bolchevique de la première heure, amie de Trotski et de Lénine, sera nommée commissaire du peuple à l’économie en 1939 ! Devenant ainsi la femme la plus haut placée d’Union soviétique. Durant la guerre, elle reviendra à ses premières amours -  militaires - aidant à organiser la défense de Moscou.

Elle mourra en 1947, toujours aussi stalinolâtre, et en sera bien récompensée. Ses cendres sont en effet enterrées dans la nécropole du Mur du Kremlin. Un honneur réservé aux meilleurs.