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29/06/2011

AMALGAMONS, AMALGAMONS, IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE …

L’affaire Dreyfus et l’affaire Frank mises sur le même pied : celui de l’Antisémitisme avec un grand A. Je n’ai pas vraiment le temps d’épiloguer, mais vous arriverez bien à le faire tous seuls…

 

Lisez d’abord la nouvelle qui suit, diffusée par le CRIF. Vous lirez ensuite un éclairage concernant l’affaire Frank paru sur le blog en août 2007 :

 

 

1)   « L’affaire Dreyfus en France, l’affaire Frank aux Etats-Unis : la machine infernale

 
 

 

Etudier et mettre en parallèle l’affaire Dreyfus et l’affaire Frank, « Dreyfus en Amérique » pour certains, nous incite à observer le fonctionnement de nos démocraties contemporaines pour défendre une certaine idée de l’Etat de droit et porter un regard sur le sens des « indignations » et de l’engagement dreyfusard aujourd’hui. L’Université américaine de droit TOURO LAW CENTER a choisi de mettre en parallèle ces deux affaires pour son prestigieux événement quadriennal cette année, les 5, 6 et 7 juillet 2011 à Paris:

 

« PERSECUTION THROUGH PROSECUTION : ALFRED DREYFUS, LEO FRANK AND THE INFERNAL MACHINE »

 

gg.jpgL’affaire Dreyfus en France, l’affaire Frank aux Etats-Unis : la machine infernale TOURO LAW Center bénéficie du soutien, en France, de deux partenaires particulièrement actifs et engagés, l’American Jewish Committee (AJC) et le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) ainsi que d’un partenariat avec l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP Paris). L’événement a, en outre, obtenu le haut patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Française. TOURO LAW a inscrit les huits sessions du Colloque autour du jeu des engrenages, ceux de la « machine infernale » dans laquelle la politique, la justice, les médias, et l’opinion publique sont étroitement imbriqués.

 

Pendant trois jours, dans des lieux parisiens emblématiques liés à l’affaire Dreyfus, les plus renommés spécialistes livreront en séance leur expertise et leur éclairage pour étudier comment ces deux affaires se sont muées en « machines infernales ». Ils s’efforceront d’alimenter la réflexion sur le sens qu’a pris, depuis l’Affaire Dreyfus et jusqu’à aujourd’hui, la notion d’engagement dreyfusard. En effet, au-delà de la place fondatrice qu’occupe l’Affaire dans notre modernité républicaine, les débats qu’elle continue de soulever, en France et aux Etats-Unis, renvoient à des enjeux contemporains. Les affaires Alfred Dreyfus et Léo Frank, en raison de leur dimension et de leurs caractères, ont dépassé les parcours individuels de cet officier juif français en 1895 injustement condamé pour haute trahison à la détention à perpétuité et déporté, et de cet industriel juif américain en 1915 accusé, déshonoré, condamné puis lynché pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

 

Cette nouvelle mise en perspective vise à révéler la modernité de ces deux affaires jusqu’aux interrogations les plus actuelles sur l’articulation de la défense des particuliers et des droits universels et la manière de définir les priorités et les argumentaires face aux différentes formes de racismes et d’antisémitismes aujourd’hui.

 

C’est en s’appuyant sur les interventions interdiscliplinaires de tous les experts présents et dans le prolongement de son engagement civique que le TOURO LAW Center a décidé de poursuivre le débat et le combat pour la justice. Chaque session se tiendra devant plus d’une centaine de participants invités. L’événement est ouvert au public sur invitation. »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=25367&artyd=2

 

 

2)   L’AFFAIRE LEO FRANK ET L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE

imagesCAM0RIY1.jpgNous avons déjà parlé de la rubrique intitulée Souviens-toi ! publiée chaque jour sur Guysen International News. Aujourd’hui, elle évoque, entre autres, la mort de Leo Max Frank survenue le 17 août 1915 à Atlanta dans des circonstances très particulières qui rejoignent par bien des aspects notre propos habituel.

Dans l'affaire Leo Frank, le crime commis n'a jamais été réellement élucidé et bien que les faits remontent à présent à plus de 90 ans, ils continuent à déchaîner les passions car il y est question … d’antisémitisme. Autant dire que voilà un crime qui ne risque pas de sombrer dans l’oubli.           

S’agissant des faits, survenus en 1913, Guysen nous apprend ceci : Un juif d’origine allemande nommé Leo Max Frank, ingénieur habitant Atlanta (Georgie, Etats-Unis), est accusé du meurtre d’une jeune fille âgée de treize ans, Mary Phagans. Il est arrêté en dépit du manque de preuves. Avec l’ouverture de son procès, l’attitude antisémite de la population et du jury devient manifeste. La presse se livre à une campagne antisémite, et, dans ce contexte, les jurés déclarent Leo Max Frank coupable et le condamnent à mort. Mais le gouverneur de Georgie, Slanton, commue sa peine en prison à vie. Une foule rendue enragée arrache Leo Max Frank à sa prison et le lynche en psalmodiant des slogans antisémites. D’autres juifs sont agressés et beaucoup s’enfuiront de Georgie. En mars 1986, Leo Max Frank est réhabilité à titre posthume.

En se penchant d’un peu plus près sur la question, on se rend vite compte que les faits ne sont pas si lisses que cela et qu’en réalité, les juges avaient deux beaux présumés coupables à leur disposition : un juif, certes, mais aussi… un noir, nommé Jim Conley. Nous sommes à Atlanta, ne l’oublions pas. Et voilà que c’est sur le juif que le couperet tombe ! quel incroyable racisme ! Il faut noter pourtant que le jury comprenait quatre juifs et aucun noir, les deux pressentis ayant été récusés par la défense de Frank, à savoir huit avocats.

Loin de moi l’idée de prendre la moindre position dans cette sombre affaire. Elle est décrite avec beaucoup de détails dans Wikipedia version anglaise. Elle m’inspire simplement quelques réflexions.

Ainsi, l’Anti-Defamation League, elle-même émanation du B’nai B’rith, est née en 1913 à la suite de ce fait divers. Dès que l’un des leurs est accusé, les responsables juifs font bloc. L’ADL présentera systématiquement par la suite Leo Frank comme une victime de l’antisémitisme.

Et les années ont beau passer, rien n’est oublié. Comment réhabiliter cette victime de l’antisémitisme le plus odieux ? Miracle ! voilà que tout à coup, après 69 ans de silence, LE témoin se manifeste. Il y aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas ? Donc, un dénommé Alonzo Mann révèle en 1982, à l’âge de 84 ans, qu’il a bel et bien vu jadis le noir transporter le corps de la victime. C'était donc lui le coupable! S’il n’a rien dit jusqu’alors, c’est qu’il avait peur !

L’ADL va donc présenter une première demande de réhabilitation de Frank en 1983, que l’Etat de Géorgie refuse. Qu’à cela ne tienne. L’ADL représentera une seconde demande en 1986. Cette fois-ci, l’Etat de Géorgie « accordera son pardon » et reconnaîtra son incapacité à avoir protégé efficacement l’accusé durant son incarcération. Ce qui ne veut pas dire, contrairement à ce qu’affirme Guysen, qu’il a été absous d’un crime resté irrésolu.

(blog La France LICRAtisée – 17/08/2007)