24/11/2010

REGLEMENT DE COMPTES A OK CORRAL

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J’avais brièvement présenté l’AIPAC, qui en réalité est une nébuleuse – tout comme le CRIF, le lobby américain regroupe environ 70 associations, qui à leur tour se déclinent, etc, etc, – sur le blog le 17/7/07.

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Je vous invite à vous rafraîchir la mémoire car ça tangue en ce moment à l’AIPAC. Et beaucoup, même. Steven Rosen, l’un des pontes de cette officine qui pratique allègrement espionnage au bénéfice d’Israël, pressions sur les responsables politiques, corruption à grande échelle et diffamation envers les éventuels récalcitrants, s’est fait virer. Il est furieux et menace de déballer bien des choses. Ce qui prouve une fois de plus qu’on n’est jamais trahi que par les siens.

Cette affaire, quoique américaine, nous intéresse fortement aussi, car l’affaiblissement éventuel des lobbys sionistes américains serait préjudiciable également par capillarité aux lobbys sionistes européen et français. Elle a fait l’objet des trois articles intéressants suivants. Ils sont récents :

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9685

http://www.planetenonviolence.org/AIPAC-Lave-Son-Linge-Sa...

http://www.dedefensa.org/article-l_organisation_aipac_typ...

 

27/03/2010

QUE SERAIS-JE SANS TOI ?

Qui vins à ma rencontre …. Vous vous souvenez sans doute de la chanson de Jean Ferrat. Eh bien, elle m’est venue à l’esprit en lisant le discours assez époustouflant dans son genre qu’a prononcé Alan Dershowitz, avocat démocrate, professeur de droit à Harvard, devant l’AIPAC.

 

L'American Israël Public Affairs Committee,  ce puissant groupe de pression pro-israélien, tenait son congrès à Washington en début de semaine. 7 500 personnes étaient présentes, dont une délégation du CRIF. Netanyahou avait fait le voyage depuis Israël, et l’on a pu entendre à la tribune Hillary Clinton et Tony Blair.

 

Le discours que vous allez lire est long mais très révélateur des lignes de force de la politique israélienne et de l’image que ce pays entend imposer au monde. Avec de plus en plus de difficulté, il est vrai. Ce qui ressort surtout, et fait froid dans le dos, c’est le degré aigu de paranoïa de sa classe dirigeante et de ses soutiens à l’étranger.

 

 

images.jpg« Discours du Professeur Alan Dershowitz à l'AIPAC

(Traduction et adaptation par Hanna pour sionisme.xooit.com)


« Merci. Merci. "Wow", quelle merveilleuse conférence. Quel grand spectacle de soutien pour Israël, à un moment aussi critique (Applaudissements).

Le monde devrait être fier et devrait apprécier les réalisations incroyables et ce que fait Israël. Aucun pays au monde n’a autant fait pour le monde en 61 ans, comme l’a fait Israël – (applaudissements) – Les exportations des technologies israéliennes ont sauvé plus de vies musulmanes et arabes que l’ensemble des pays arabes et musulmans réunis. (Applaudissements).

Les réalisations de haute technologie d’Israël dépassent celles de l’ensemble de l’Europe et de la plupart des pays d'Asie. Israël a accompli plus pour l’environnement que pratiquement n’importe quel pays dans le monde. Israël a enseigné au monde comment mener des guerres contre le terrorisme sur le plan éthique en ayant le souci d’éviter les pertes civiles (Applaudissements).
Israël : Aucun pays dans le monde, face à des menaces comparables, a un meilleur bilan concernant les droits de l’homme que celui d’Israël. Et si vous ne le croyez pas, écoutez Richard Kemp, quand il décrit et compare Israël aux autres armées du monde, face aux menaces des terroristes qui se cachent parmi les civils.

Lorsque le juge Brennan, probablement le plus libéral des juges, ayant siégé à la Cour suprême, est allé en Israël il a dit ceci
 : "Si jamais, le terrorisme s'importe aux Etats-Unis, il n’existera qu’un seul pays, susceptible d’apprendre aux Etats-Unis, comment lutter contre le terrorisme de manière équilibrée afin de respecter les droits de l’homme". Au sujet d'Israël, il devrait être exprimé de la fierté et de la reconnaissance. (Applaudissements).

Mais, au lieu de cela, Israël, est le seul pays au monde aujourd’hui, dont la légitimité continue d’être remise en question, sans cesse mise en doute, constamment remise en question.

C’est, d’autant plus paradoxal, absurde, qu'étant donné qu'aucun pays n’a jamais été établi, sur des bases juridiques plus solides. Israël a été établi, après que les déclarations de la Société des nations ont été acceptées, par les Nations Unies, selon la loi internationale, malgré cela, sa légitimité demeure contestée. Comparez-le à d’autres pays, qui ont commencé avec les révolutions ou ont pris tout simplement une terre appartenant à d’autres gens, Israël a payé pour chaque centimètre, de son territoire, payé avec de l’argent, payé par le sang de ses enfants. (Applaudissements)

Ce processus de délégitimation a véritablement débuté en 1975, lorsque les Nations Unies ont pris tellement de temps, et tant d’énergie dans des discussions afin de savoir si le Sionisme était du racisme. Et, savez-vous, ce qui se passait au même moment, en 1975, moment où les Nations Unies se perdaient dans des discussions ridicules et fanatiques
 ? Un million de personnes étaient assassinées dans un génocide au Cambodge, sans que les Nations Unies n'y prêtent  la moindre attention. Ils étaient bien trop occupés à délégitimer et condamner Israël. Après 1975, ce fut par la Conférence de Durban en 2001, que la stratégie de délégitimation s’y est établie, et y a pris racine. Ce qui a été fait, s’est retourné contre Israël. Ils ont accusé Israël de racisme, ils ont accusé Israël d’apartheid, ils ont accusé Israël de génocide, en accusant Israël de créer un holocauste.

Ce qui a été fait est contraire à l’entière conception des droits de l'homme. A la suite de Durban, les campagnes de boycott ont été lancées à l’encontre des institutions israéliennes, des institutions universitaires, des institutions qui essaient de guérir le cancer et les maladies du cœur, ainsi que la maladie de Parkinson. Et, cela continue à ce jour – Au moment même où nous parlons, la Norvège et l’Angleterre poursuivent les campagnes de boycott à l’encontre des institutions universitaires israéliennes. Vous savez ce qui est arrivé la dernière fois qu'ils ont essayé de boycotter Israël en Angleterre ? Quelques-uns d'entre nous ont édité une pétition, qui a pour titre : " Si vous boycottez l'Israël, ce sont vos universités qui en souffriront, nous ne viendrons plus parler dans vos universités." Nous avons fait circuler cette pétition, pensant que nous n’aurions que 400 ou 500 signatures, or, ce sont 11 000 universitaires américains, des prix Nobel, des Présidents d’Universités, qui ont signé cette pétition – (Applaudissements)


Le message était clair
 : "Si vous essayer de boycotter Israël, à votre tour, c'est vous qui serez boycottés, et ce sont vos universités qui en souffriront". Les universités en Israël sont parmi les plus grandes de ce monde, aujourd’hui, personne ne devrait tenter de boycotter ces grandes universités, ces lieux de science.

Ensuite, est arrivé le concept que nous appelons "la guerre partisane, par le droit international", instaurant des campagnes pour délégitimer Israël, en utilisant la tactique juridique, des moyens légaux, en utilisant le droit international, en utilisant le droit humanitaire, en utilisant tout cela afin de le retourner contre Israël, les campagnes de désinvestissement, de distorsions des droits de l’homme. Quand l’année dernière, vint Durban II, et la tentative de recommencer de nouveau, nous étions prêts et nous sommes allés à Genève, et nous nous sommes défendus. Et, nous avons gagné à Durban II. Ils ont invité Ahmadinejad. Nous avons invité Elie Wiesel.

Nous avons dit : "Qui est la personne qui parle des droits de l'homme aujourd'hui ?" (Applaudissements).

-Un des moments forts- l'un des moments forts de ma vie, fut quand j'ai été arrêté par la police suisse pour avoir osé essayer d'affronter Ahmadinejad, pour avoir juste voulu lui poser une question : "Niez-vous l'Holocauste ? Avez-vous été à Auschwitz ? Quels sont les livres que vous avez lus sur l'Holocauste ?" Difficile pour lui de débattre sur sa négation de l'Holocauste. Il nie l'Holocauste, en essayant d'apporter l'opprobre sur le peuple juif d'Israël, pour cela j'ai été arrêté, seulement pour avoir oser l'affronter de manière pacifique. Mais, à Durban, les étudiants se sont soulevés contre Ahmadinejad et il a été hué, et les gens sont sortis, nous avons gagné à la seconde rencontre, à Durban. (Applaudissements)


Le message important est, "Nous ripostons. Nous ne nous asseyons pas sur ces genres d'abus". Et quand Richard Goldstone - (Applaudissements)


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26/07/2007

2% de la population décidément très très influents…

40cfc7c369c7216e0e5b06352f0c06b9.jpgAujourd’hui, pour nous détendre un peu, et afin d’étayer nos propos (im)pertinents sur les lobbys très actifs outre Atlantique, et ailleurs, nous nous bornerons à contempler trois photos plus parlantes que bien des discours.

 

Voici donc trois candidats putatifs aux présidentielles américaines - Hillary Clinton, Barack Obama, Rudy Giuliani.  Vous constaterez avec quelle célérité tous trois se sont déjà précipités chez qui de droit pour faire leur examen de passage….

 

Les autres ne vont pas tarder à leur emboîter le pas et dire que la campagne n’a même pas encore vraiment commencé!

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En tout cas, vous l’aurez compris, il n’y a guère de « rupture » ailleurs que dans les mots à attendre là-bas non plus.

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17/07/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 1

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 1) L'AIPAC

 

Chercher des informations sur l’AIPACAmerican Israël Public Affairs Committee – c’est ouvrir une boîte de Pandore qui n’a pas de fond tant le sujet a fait couler d’encre. Ce qui suit n’est qu’une approche très condensée de la question. Les personnes soucieuses d’aller à la source consulteront avec profit www.aipac.org .

L’AIPAC est une coordination* de plus de 70 associations qui se définit lui-même comme le lobby américain pro-israélien. Rien de mystérieux à première vue, les Américains affectionnent les groupes de pression, qui sont officiellement enregistrés. Bien qu’agissant ouvertement pour le compte d’un pays étranger, Israël, l’AIPAC n’est cependant pas enregistré comme lobby étranger, mais national, ce qui lui accorde une bien plus grande liberté de manœuvre. Encore que ce statut commence à susciter quelques critiques…

Fondé en 1953, l’AIPAC s’est contenté d’une petite équipe de collaborateurs jusque dans les années 70. Puis le contexte politique a changé et l’organisation a pris du muscle et est montée en puissance. A l’heure actuelle, l’AIPAC revendique 100 000 membres, 165 employés à plein temps et un budget annuel de 34 millions de dollars. Son siège central est situé à Washington, juste à côté du Congrès. Normal, car c’est là sa cible principale : le Congrès des Etats-Unis, centre du pouvoir, où se décide en grande partie sa politique étrangère. L’objectif clairement avoué de l’AIPAC est de soutenir à fond les intérêts du gouvernement d’Israël, quel qu’il soit. Tous les moyens, ou presque, sont bons pour influencer les membres du Congrès – 100 sénateurs et 435 députés -, faire pression sur eux, éliminer les rares hostiles qu’il conviendra de faire battre, promouvoir et récompenser les dociles.

Ce programme est mené tambour battant et avec plein succès. Dans la pratique, les moyens suivants sont employés :

- chaque membre nouvellement élu du Congrès est invité en Israël, tous frais payés. Il y rencontrera tous ceux qui seront utiles à la tâche qui lui sera ensuite assignée : voter fidèlement et sans discussion tous les textes en faveur d’Israël

- ces votes sont d’ailleurs examinés à la loupe et des voting records établis : rapports détaillant le vote de chaque élu lors de tous les scrutins ayant trait au Moyen Orient. Une moyenne de vote de 95% en faveur d’Israël est considérée comme normale et un pourcentage en dessous de 90% signale une position « hostile ».

- l’AIPAC fournit aux membres du Congrès des stagiaires bénévoles et compétents pour les « aider » dans leur travail. Sans compter tous les argumentaires désirables qui leur sont obligeamment fournis.

- les responsables de l’AIPAC  - un Comité directeur de 50 membres, où se retrouvent des représentants des deux grands partis, des syndicats, des organisations patronales -  rencontrent en moyenne 2 000 fois par an les membres du Congrès pour des entretiens approfondis. Ce qui signifie que chaque parlementaire américain rencontre en moyenne 4 fois par an l’un ou l’autre délégué du lobby.

Tout ça, c’est pour les élus en poste. Mais il faut anticiper et deviner quels seront les prochains. Pour les aider, s’ils sont méritants. L’AIPAC organise donc sans cesse déjeuners ou dîners où sont conviés tous les espoirs du pays à des titres divers. Il s’agit de les jauger et d’apprécier la qualité de leur position à l’égard d’Israël. Ensuite, les groupes juifs locaux prendront le relais et inviteront ces personnes, tous frais payés également, en Israël. A leur retour, ils seront quasiment dans la poche du lobby. S’ils refusent, gare ! Ils risquent d’en payer le prix fort, électoralement parlant.

Car si les amis de l’AIPAC reçoivent beaucoup de soutiens financiers de la part d’une myriade de comités pro-israéliens, ceux qui ne sont pas leurs amis voient leurs concurrents soutenus à fond. Certes, l’AIPAC ne réussit pas strictement à tous les coups à faire battre un candidat indésirable, mais le plus souvent quand même. Les exemples sont nombreux et de nature à faire réfléchir les plus ambitieux.

Trois présidents des Etats-Unis, dans la période récente, ont manifesté une certaine réserve à l’égard d’Israël : Gérald Ford, Jimmy Carter et George Bush père. Aucun n’a été réélu.

Le magazine The Economist a pu écrire : « Pourquoi l’Amérique est-elle tellement plus pro-israélienne que l’Europe ? La réponse évidente réside dans le pouvoir de deux forces politiques particulièrement visibles : le lobby israélien (AIPAC) et la droite religieuse ».

Car, effectivement, ce qui rend l’AIPAC aussi puissante aujourd’hui, c’est son alliance présente avec les chrétiens évangélistes proches de Bush. Une conjonction d’intérêts – pour le moment – qui menace grandement la paix mondiale.

* Nous ferions bien d’en prendre de la graine, nous autres identitaires, nationaux, cathos, païens et tutti quanti… Examiner ces lobbys, c’est examiner l’efficacité à l’état pur. C’est vrai, ils ont de l’argent. Mais ils ont plus important encore : la foi qui déplace les montagnes et la volonté de fer qui va avec.

14/07/2007

LE POUVOIR D’ISRAEL AUX ETATS-UNIS (suite)

Nous évoquions hier le rapport Mearsheimer/Walt décrivant l’énorme influence du lobby pro-israélien sur la politique étrangère des Etats-Unis, qui avait paru en 2006. Cette même année, Jimmy Carter, l’ancien président des Etats-Unis, faisait lui aussi scandale avec son livre Palestine : la paix, pas l’apartheid (voir archives du blog – mai 2007).

 

f6cb48d358e58739c8e0f58de4ffffde.jpgIl faut croire que dans le monolithe a priori impénétrable que constitue le soutien massif et inconditionnel des USA à l’Etat d’Israël, quelques lignes sont peut-être en train de bouger, car durant la même période est paru un autre livre sur le même sujet : celui de James Petras, The power of Israël in the United States (Le pouvoir d’Israël aux Etats-Unis, non traduit en français).

James Petras, qui a été professeur de sociologie à l’université Binghamton de New-York, appartient à la gauche américaine. Il se définit lui-même comme un écrivain révolutionnaire et anti-impérialiste. Il a écrit un nombre appréciable de livres dont un seul a été traduit en français, La face cachée de la mondialisation – l’impérialisme au XXIe siècle (Parangon, Paris, 2002).

 

Lui aussi considère que la souveraineté des Etats-Unis est menacée par une coalition d’intérêts qui unit le complexe militaro-industriel et le lobby pro-israélien. Il s’est fait bien sûr  copieusement insulter et traiter d’antisioniste et d’antisémite. Du reste, ce fameux lobby est loin à son avis de représenter la masse des juifs américains, généralement plus circonspects à l’égard de l’Etat hébreu. Il estime qu’un petit tiers seulement d’entre eux sont des « enragés d’Israël », mais le problème, c'est que eux seuls se font entendre. Car ce petit tiers est hyperactif dans un pays marqué par une passivité politique de masse, d’ailleurs fortement encouragée par le pouvoir. Et ce petit tiers, qui occupe généralement des fonctions importantes, est largement présent dans les médias. La situation est assez analogue en France.

James Petras prône la constitution d’une alliance contre ce lobby, qui dépasserait les clivages traditionnels entre « droite » et « gauche ».

55387d3c4e0303d2f90f59e6c20ce3d8.jpgChers lecteurs, il ne vous aura pas échappé que le sujet des relations entre USA et Israël est de la plus haute importance, y compris pour nous Européens. Toute la géopolitique de notre époque tourne autour de cette question et de sombres nuages s’accumulent à l’horizon, délibérément gonflés par ceux qui y trouvent avantage.

Les infos débordent, mais en général dans le désordre. Je propose que dans les jours prochains, nous tâchions de mettre un peu d’ordre dans tout ça, sous forme de fiches d’informations sur les diverses facettes de ce fameux lobby. Je ne prétends certes pas à l’exhaustivité, mais à la clarté et à la véracité des infos. Ce sera déjà un bon début qui nous permettra d’en savoir un peu plus long sur le fonctionnement et les activités de ce qui est appelé là-bas en toute simplicité THE LOBBY.

13/07/2007

LE RAPPORT MEARSHEIMER/WALT: UN PAVE DANS LA MARE

Restons aux Etats-Unis dont les gouvernements successifs, comme chacun sait, défendent bec et ongles l’Etat d’Israël. Soutien indéfectible et gravé dans les esprits de façon aussi indélébile que le In God We Trust inscrit sur les dollars. Soutien massif qui ne fait jamais l’objet d’un quelconque débat.

019eebd21a348baaf04d4b132cbf83d4.jpgDeux universitaires ont pourtant mis les pieds dans le plat l’an dernier et publié un rapport détonnant sur L’influence des lobbys pro-israéliens et néo-conservateurs sur la politique américaine. Au centre de ce rapport, une question scabreuse : un tel soutien est-il conforme aux intérêts nationaux du peuple américain ou bien à ceux du complexe politico-militaro-industriel de plus en plus envahissant et agressif au sein des administrations successives?

Les auteurs du rapport, John Mearsheimer, de l’Université de Chicago et Stephen Walt, de l’Université de Harvard ont souhaité briser un tabou et ouvrir enfin le débat sur cette question épineuse.

Dans ses grandes lignes, leur thèse pourrait se résumer ainsi : 1) les Etats-Unis servent en priorité les intérêts d’Israël 2) Israël porte une responsabilité dans la « guerre contre le terrorisme » 3) le plus important lobby pro-israélien, l’AIPAC (Comité américain pour les affaires publiques d’Israël) exerce une influence déterminante sur le Congrès, réduisant au silence toute voix éventuellement discordante.

Comme on peut s’en douter, les réactions indignées ne se sont pas fait attendre, déployant  toute la panoplie des invectives classiques: propagande néo-nazie digne des Protocoles des Sages de Sion, conspiration anti-juive, antisémitisme, etc, etc.

Pourtant, les critiques se sont bien gardées d’argumenter sur le fond des accusations, ce qui aurait été plus intéressant et plus probant. Elles sont même restées à ce sujet d’un silence de carpe. Les auteurs du rapport ne remettent d’ailleurs pas en question l’existence même des lobbys : « Nous ne disons pas qu’il y a conspiration, ou cabale. Le lobby israélien a le droit de poursuivre son activité – tous les Américains aiment les lobbys. Ce que nous disons, c’est que ce lobby a une influence négative sur les intérêts nationaux des Etats-Unis et que nous devons en discuter. Il y a des questions qui tracassent à propos du Moyen Orient et nous devons être capables d’en parler ouvertement. Le gouvernement Hamas, par exemple : comment devons-nous traiter avec lui ? Il n’y a pas de solution parfaite, mais nous devons essayer et avoir une libre information ».

8bae7401f7330bcd029d5d1c00be76ba.jpgLe rapport souligne la convergence croissante des efforts israéliens et américains vers une domination globale du Moyen Orient, avec l’accord tacite des Américains généralement convaincus par l’idéologie dominante que les intérêts d'Israël et ceux des Etats-Unis sont identiques.

Une chose est certaine : la pensée unique semble faire autant de ravages en Amérique que chez nous. Il est bien loin, le temps de l’insolente liberté…et de la démocratie vraie. Là-bas aussi, la terrifiante accusation d’ « antisémitisme » provoque un effet paralysant certain et les auteurs en fournissent maints exemples, notamment dans la classe politique.

Ils citent également ce genre de faits : « En septembre 2002, Martin Kramer et Daniel Pipes, deux néo-conservateurs pro-israéliens acharnés, ont créé un site (www.campus-watch.org) qui publiait les dossiers montés sur les universitaires suspects et encourageait les étudiants à faire connaître les comportements considérés comme hostiles à Israël… le site invitait encore les étudiants à dénoncer les activités « anti-Israël ».

Quelques chiffres pour finir : Mearsheimer et Walt font état de statistiques de l'Agence Américaine pour le Développement International indiquant qu'entre 1976 et 2003, les Etats-Unis ont accordé à Israël un montant total de 140 milliards de dollars d’aides diverses.
Un économiste, Thomas Stauffer, a donné, lui, un chiffre bien plus élevé en 2002, estimant ce montant total à 240 milliards de dollars pour les 30 années précédentes, ajustés sur le cours du dollar actuel.

Le rapport de Mearsheimer et Walt peut être consulté sur le site http://www.ism-france.org/news/article.php?id=4470&type=analyse&lesujet=Sionisme