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12/12/2009

MONSIEUR LE PRESIDENT, JE VOUS FAIS UNE LETTRE …

200px-Francois_Leotard.jpgDécidément, tout est bon pour servir LA CAUSE. LA CAUSE SACREE : sus à l’Iran, le nouveau monstre planétaire, qui menace toute l’humanité ! Alors on racle même les fonds de tiroir et on ressort de la naphtaline tous les ex-grands hommes qui firent tant d’honneur à la République.

 

Avant que de sombres affaires - et même quelques peines de prison, avec sursis – ne les contraignent à ravaler quelques-unes de leurs folles ambitions. On les retrouve en général aujourd’hui dans des fonctions plus conformes à leurs capacités réelles. Ainsi en est-il du président de l’Association pour le rayonnement du Château de Vincennes, j’ai nommé le flamboyant François Léotard. Vous vous souvenez de lui, j’espère ? Si droit dans ses bottes lorsqu’il s’agissait de pourfendre l’autre monstre, le Front national – un peu démonétisé aujourd’hui, celui-là -  mais légèrement moins lors de certaines affaires malencontreuses qui le conduisirent à prendre un peu de recul. Depuis, il fait dans la critique acerbe aux présidents qui n’ont pas l’heur de lui plaire. Sarkozy a eu son tour, là il sort le grand jeu pour Ahmadinejad, qui en a sûrement été extrêmement affecté.

 

« Lettre ouverte au président Ahmadinejad

 

Monsieur le Président,

 

Franchement, en commençant cette lettre, je n'avais pas envie de vous appeler de cette manière. Ce titre implique en effet un minimum de respect. Je le fais néanmoins parce que c'est vous qui vous exprimez au nom des Iraniens. Sur les photos, je vous vois devant des foules, des visages, des mains levées. Sans doute peut-on y deviner une forme d'enthousiasme, en tout cas d'adhésion.

 

Nous avons, en Europe, connu ces foules. C'était un mauvais moment pour nous. Une période tragique dont nous continuons à porter la honte et l'angoisse. L'un des peuples les plus cultivés du monde, un peuple qui avait élevé à un haut degré la philosophie, la musique, la poésie, la science, un peuple qui avait étonné ses voisins par son rayonnement, avait sombré dans la haine, la folie raciale, l'ignominie. Des dizaines de millions d'individus ont subi, dans leur chair, leur culture, leur dignité, cette étrange barbarie qui se voulait un ordre nouveau. Ce furent d'abord les propres ressortissants de cet État, des Allemands, puis peu à peu les autres, tous les autres... On appela cette folie une guerre mondiale.

 

Mais ce fut surtout une guerre contre ce qu'il y avait d'humain en nous. Les livres furent brûlés, les enfants déportés et assassinés, les intelligences brisées. Tout ce qui faisait l'honneur de l'homme fut piétiné. Et puis...

 

Et puis, j'en viens à vous : une partie de l'espèce humaine, le peuple juif, fut destiné à l'enfer. Ce n'était ni les plus nombreux ni les plus riches, ni même les plus influents. C'étaient des hommes et des femmes qui avaient porté très longtemps et très loin leur foi, leurs questions sur le monde, sur Dieu, sur la nécessité de vivre ou de souffrir, sur le bonheur d'aimer. Généralement ils fréquentaient les livres. Ils réfléchissaient beaucoup. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi on ne les aimait pas, pourquoi on les appelait des « sous-hommes », des Untermensch, pourquoi on les considérait comme des insectes... Ils furent pourchassés dans toute l'Europe, pendus, fusillés, brûlés...

 

Vous savez parfaitement tout cela. Mais je l'évoque devant vous pour trois raisons au moins :

 

—                la première, c'est que nous (je dis « nous », c'est une façon de parler) n'accepterons pas que ça recommence. Je ne suis pas juif mais les Juifs sont, comme les Perses, mes frères en humanité.

—                 

—                La seconde, c'est qu'ils ont le droit, comme vous, comme moi, d'avoir une patrie. Que ce soit la France ou Israël ne change rien à l'affaire.

—                 

—                La troisième raison ne vous plaira pas. Mais tant pis : ce qu'ils apportent au monde (et probablement c'est cela que vous voulez « rayer de la carte »), c'est une conception de l'homme et de son destin, qui a enrichi plusieurs siècles de civilisation, et qui fait honneur au peuple juif comme à l'État d'Israël.

—                 

Monsieur le Président, vous avez le droit d'être nationaliste. Vous avez le droit d'être fier de l'histoire du peuple perse. Vous avez le droit d'être croyant et de prier le Dieu « clément et miséricordieux », comme il est dit au début de chaque sourate du Coran. Vous pensez avoir le droit de voiler les femmes, de torturer les opposants, d'emprisonner les journalistes qui vous contredisent, de condamner à mort des enfants mineurs, de persécuter vos minorités. Mais vous n'avez pas le droit de porter sur Israël le regard trouble, imbécile et haineux qui accompagne vos discours. Car il me semble que vous haïssez dans cet État la libre parole, la diversité des partis, le rôle de l'opposition, l'indépendance de la justice, la recherche universitaire et sans doute aussi... le courage. C'est-à-dire tout ce que nous sommes en droit d'admirer.

 

Les hommes qui ont organisé la réunion de Wannsee où fut décidé l'anéantissement des Juifs d'Europe sont tous morts aujourd'hui. Naturellement, comme chacun d'entre nous, vous suivrez ce destin.

 

Je souhaite seulement que pour vous-même, pour le peuple perse, pour les jeunes enfants d'Iran ou d'Israël qui vous survivront, il ne vienne à personne l'envie d'aller cracher sur votre tombe.

 

François Léotard (article publié dans Tribune Juive, décembre 2009 - écrit le 11 juillet 2006)

 

Dieu, que c’est beau ! Tout, absolument tout, y est. Comme les choses deviennent simples, avec les grands hommes : les méchants très méchants d’un côté, les gentils tout gentils de l’autre. Pour l’éternité. Jamais de doute, jamais de questionnement, jamais de nuance. C’est d’un reposant ! François, reviens-nous vite, tu nous manques trop !!!

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=17814&artyd=114

23/09/2007

UN LUNDI AGITE POUR LE PRESIDENT IRANIEN

59bbc02e09758b11f5a6d2c493bc5b29.jpgLe président iranien Mahmoud Ahmadinejad foulera le sol américain demain lundi et cet événement met en transes certaines organisations que nous connaissons bien à présent. Il s’adressera à l’Assemblée générale des Nations Unies et se rendra également à la prestigieuse Université de Columbia qui l’a invité pour un débat.

 

Université qui a refusé tout net de s’aplatir devant les menaces et pressions, au nom de la liberté d’expression. Comme Ahmadinejad est sans cesse assimilé à un Hitler moderne, le doyen de l’Université, John Coatsworth, n’a d’ailleurs pas craint d’affirmer que, la chose eût-elle été possible, Hitler aurait également été invité de la même façon : « Si Hitler était allé devant la Ligue des nations ou à quelque autre réunion à New York, si Hitler s’était rendu aux Etats-Unis et avait souhaité une tribune où s’exprimer…. s’il avait été désireux d’engager le débat et la discussion, accepté d’être contesté par les étudiants et professeurs de l’université, nous l’aurions certainement invité ».

 

Justement, fidèle à sa tradition de libre débat, l’université de Columbia a posé quelques conditions au président iranien : il ne se contentera pas de faire un discours mais devra répondre aux questions et le doyen a précisé qu’il s’agirait de questions sensibles, du genre : négation de l’holocauste, destruction de l’Etat d’Israël, soutien au terrorisme international, ambitions nucléaires, etc.

Les organisations juives, qui clament sur tous les tons leur « dégoût » de l’attitude de l’université de Columbia, ont prévu des manifs monstres autour du campus.

Ces mêmes organisations demandent d’ailleurs carrément qu’Ahmadinejad soit arrêté dès son arrivée sur le sol américain, au motif qu’il serait un criminel de guerre international. Toute une équipe de juristes a planché sur la question et s’apprête à interpeller le ministère de la Justice. Le rêve serait de le déférer sans plus attendre en justice pour incitation au génocide. Un peu délicat à mettre en œuvre, quand même. En attendant des jours meilleurs, les Etats-Unis, appuyés notamment par l’Allemagne, réclament au conseil de sécurité de l’ONU des sanctions encore plus sévères à l’égard d’un pays aussi coupable. La Russie a annoncé vendredi qu’elle s’y opposerait.

Le message des organisations juives a largement évolué sur la question. Craignant – on se demande pourquoi – que les juifs ne soient accusés de pousser les Etats-Unis à la guerre contre l’Iran, l’accent est mis aujourd’hui sur la terrible menace que représenterait ce pays… pour le monde entier. L’urgence est de dissocier Israël de l’Iran, afin de mieux faire passer la pilule. D’ailleurs, lundi, les organisations juives ont prévu d’enrôler dans leurs manifestations à New York des délégations de chrétiens, et même … de musulmans pour bien prouver que l’Iran est devenu LE problème number one de la planète. Tiens, il manque les bouddhistes…Ce que Malcolm Hoenlein, vice-président de la Conference of Presidents of Major Jews Organisations martèle en ces termes : « Ce n’est pas lié à la question d’Israël. Ce n’est pas le problème d’Israël. C’est le problème du monde ».

Ici et là, les commentaires à ce type de nouvelles sont édifiants, dans le registre : « Imaginez qu’Hitler ait été arrêté (et exécuté) dans les années 30. C’est 100 millions de vies innocentes qui auraient été sauvées ».

Moi, je veux bien. Mais poursuivons le raisonnement. Si on avait fait de même avec les promoteurs de la révolution bolchevique, qui le méritaient au moins autant, c’est combien de vies innocentes qui auraient été sauvées ?