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30/01/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – SAM KAHN – JOE SLOVO (4)

Le parti communiste d’Afrique du Sud (South African Communist Party ou SACP) a été créé en 1921. Il est issu de l'union entre la ligue internationale socialiste, la fédération sociale-démocrate du Cap, le parti communiste du Cap, la société juive et socialiste du Cap, la société juive et socialiste de Johannesburg, le club marxiste de Durban et quelques entités locales. Le premier secrétaire général en sera le syndicaliste William Andrews. Les débuts du SACP sont laborieux puisqu’en 1935, il ne comptait plus que 150 membres.

A cette époque, il y avait environ trois millions de blancs dans le pays, dont à peu près 110 000 juifs. Il n’en demeure pas moins que, quoique numériquement très minoritaire, cette communauté sera particulièrement représentée dans les instances dirigeantes et parmi les militants du parti. Divers ouvrages le démontrent clairement, généralement écrits par des auteurs juifs. Ils sont répertoriés dans le lien suivant (en anglais) qui fournit toutes les indications voulues :

http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&q=...

A partir de 1938, l’homme fort du SACP est Sam Kahn, qui parvient à se faire élire au conseil municipal du Cap et au parlement sud-africain. Né en 1911, Kahn quittera définitivement l’Afrique du Sud en 1960 pour s’installer au Royaume-Uni. Entre-temps, le parti avait été interdit en 1950 et s’était aussitôt engagé dans la clandestinité aux côtés du congrès national africain (ANC) qu'il avait réussi à infiltrer. Alors que l'ANC était exclusivement noir à l'origine, il va s'ouvrir désormais largement aux communistes quelle que soit leur origine raciale.

slo.jpgEt ces nouveaux venus seront nombreux, figurant tant au comité exécutif de l'ANC que du SACP. Une figure dominante va bientôt s’imposer : Joe Slovo. De son vrai nom Yossel Mashel Slovo, ce dernier naît en 1926 dans une famille juive de Lituanie qui émigre en Afrique du Sud en 1934. Il rejoint le SACP en 1942, dès l’âge de 16 ans et poursuit ensuite (parallèlement) des études de droit durant lesquelles il se retrouve condisciple de Nelson Mandela et Harry Schwarz* Il épouse en 1949 une activiste communiste, juive également, Ruth First, qui se trouve être la fille du trésorier du parti, Julius First. Les parents First, originaires de Lettonie, avaient émigré en 1906 et activement contribué à la création du SACP.

« En exil, les liens entre l'ANC et le SACP se renforcèrent d'autant plus que les pays du bloc de l'Est étaient les principaux fournisseurs d'armes de l'ANC et finançaient l'entraînement des recrues pour la guérilla. Joe Slovo et son épouse Ruth First se chargeaient pendant ce temps de la propagande notamment basée sur l'idéologie du combat révolutionnaire dans lequel l'ANC s'était engagé », nous dit Wikipédia.

Je vous passe le détail des années tumultueuses depuis la fin de la guerre jusqu’à l’arrivée (enfin) au pouvoir : activisme, arrestations, séjours à l’étranger, etc. Slovo se retrouve secrétaire général du parti en 1984, fonction qu’il assumera jusqu’en 1991. Il participera ensuite aux négociations entre le gouvernement et l’ANC, allié aux communistes. La triple alliance forgée dans le combat contre l'apartheid entre l'ANC, le parti communiste et la centrale syndicale COSATU se maintiendra après la victoire électorale de l'ANC aux élections du 27 avril 1994. Joe Slovo entrera dans le premier gouvernement formé par Mandela bien que la rupture avec le capitalisme et l'économie de marché, prônés par le SACP, ait été abandonnée par l'ANC. Il mourra l’année suivante, en 1995.

Ce marxiste pur sucre était aussi parfaitement antisioniste et il écrira les lignes suivantes dans son autobiographie restée inachevée, à propos d’une visite d’un kibboutz qu’il avait faite en Palestine après la guerre :

"Within a few years the wars of consolidation and expansion began. Ironically enough, the horrors of the Holocaust became the rationalization for the preparation by Zionists of acts of genocide against the indigenous people of Palestine. Those of us who, in the years that were to follow, raised our voices publicly against the violent apartheid of the Israeli state were vilified by the Zionist press. It is ironic, too, that the Jew-haters in South Africa – those who worked and prayed for a Hitler victory – have been linked in close embrace with the rulers of Israel in a new axis based on racism."

 

ha.jpg* Autre figure importante de la gauche sud-africaine : Harry Heinz Schwarz naît en 1924 dans une famille juive socialiste de Cologne qui émigre en Afrique du sud en 1934. Malgré la pauvreté de sa famille, il devient juriste. Et mènera ensuite une très longue carrière tant professionnelle que politique qui le verra, des décennies durant, s’opposer au gouvernement d’Afrique du Sud. Il sera l’un des principaux leaders anti-apartheid. Il terminera sa carrière par un poste d’ambassadeur aux Etats-Unis, de 1991 à 1994. Il est mort en 2010.

02/01/2009

HELEN SUZMAN, UNE HEROINE (JUIVE) ANTI- APARTHEID

2009010122322420.jpgJ’ai dans l’idée qu’on va beaucoup entendre parler ces prochains jours d’Helen Suzman et de son combat anti-apartheid en Afrique du Sud. Avouez que c’est quand même plus présentable que les exploits des Madoff et consorts ou les missiles qui pleuvent sur Gaza. Il faut reconnaître que son décès tombe à pic pour redorer quelque peu un blason qui s’écaille à la vitesse grand V.

 

Il est donc question de demander des funérailles officielles pour cette « héroïne » d’Afrique du Sud, née dans une famille juive originaire de Lituanie et morte hier à l’âge de 91 ans. Personne n’avait vraiment entendu parler d’elle jusqu’à présent, raison de plus pour commencer. Helen Suzman a été membre du Parlement de 1953 à 1989, chez les « progressistes », naturally. Parti qu’elle a contribué à créer, notamment avec Harry Schwartz, un coreligionnaire originaire d’Allemagne.

 

Ses démêlés avec les autorités  officielles du pays pendant toutes ces années d’apartheid furent nombreux, allant jusqu’à des accusations précises. Le 6 septembre 1966, le premier ministre, Hendrik Verwoerd est assassiné en plein parlement par un « fou », Dimitri Tsafendas, ce qui donnera au président Botha l’occasion d’interpeller ainsi publiquement Suzman : "It's you who did this. It's all you liberals. You incite people. Now we will get you. We will get the lot of you". Il fera néanmoins (du bout des lèvres) une ébauche d’excuses.  

 

C’était très mal, l’apartheid, qui fut finalement aboli en 1991. C’est vrai, mais l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ? La situation du pays aujourd’hui est peut-être plus « progressiste », politique de discrimination positive oblige, mais les résultats sont catastrophiques : fuite des talents et qualifications,  remplacés en règle générale par médiocrité et incompétence, appauvrissement général de la population, infrastructures dégradées, chômage galopant, etc, etc.

 

A vous dégoûter de vouloir à tout prix faire le bonheur de l’humanité…