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28/07/2009

UNE AFFAIRE QUI S’EMBOURBE DE PLUS EN PLUS …

Je vous conseille très fortement la lecture de l’article du Nouvel Obs indiqué en lien. Vous le trouverez très éclairant, et même plutôt rigolo par endroits (notamment une phrase qui vaut son pesant de cacahouètes : « Il me fallait une personnalité de gauche estimable pour que cela n’apparaisse pas comme une opération partisane, j’ai pensé à Jack Lang »).

 

min3_316792f409fcd8e4b6d145a230e0de10.jpgMais ce n’est pas cette phrase-là qui va attirer (peut-être) quelques menus ennuis à l’avocat de la famille Halimi, Me Francis Szpiner. Non, emporté par son élan, il a aimablement traité son confrère, l’avocat général au procès, Philippe Bilger, de « traître génétique » et tant qu’il y était, ses confrères de la défense, de "connards d'avocats bobos de gauche". Remarquez, si c’est lui qui le dit …

 

« Traître génétique », diable, il n’y est pas allé de main morte. On a beau savoir que dans ce beau pays de la liberté d’expression, certains sont nettement plus libres que d’autres, ça a quand même jeté un froid. Voilà donc le procureur général obligé de demander au bâtonnier de Paris d’ouvrir une enquête sur ces propos malsonnants.

 

C’est là que l’affaire se complique. Ah là, là, les dilemmes cornéliens n’étaient rien en comparaison. Ledit bâtonnier de Paris n’est autre que …Me Charrière-Bournazel. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais sachez qu’en sus de ses activités professionnelles, il est également vice-président de … la LICRA. Après avoir été son avocat pendant des années et avoir plaidé pour elle dans des procès aussi fameux que ceux de Barbie ou Papon.

 

Vous voyez le tableau ? J’imagine d’ici son embarras… Pour le moment, il n’a prudemment encore rien décidé quant à d’éventuelles poursuites disciplinaires. Il sera intéressant de voir la suite.

A propos d’insultes, il est néanmoins assez piquant de rappeler que Me Charrière-Bournazel avait défendu en 2001 un humoriste poursuivi par Jacques Blanc qu’il avait traité de crétin. Il avait bien fait, (l’humoriste), car son avocat s’est fait fort de démontrer que ce n’était pas du tout injurieux de traiter l’élu de crétin. A la limite, c’était peut-être diffamatoire, encore que …, mais chacun ne sait-il pas que « la prudence, la rigueur, la mesure, l’objectivité qui caractérisent la bonne foi demeurent étrangères à la démarche de l’humoriste ou de l’artiste satirique » ?  Hum, pas toujours, peut-être … Je connais quelques cas …

 

Pour en revenir au père du « traître génétique », il a effectivement été jugé comme collaborateur à la Libération. Il y a plus de soixante ans de cela, mais qu’est-ce que soixante années dans une si longue mémoire ? En tout cas, Philippe Bilger ne s’en était nullement  caché, l’ayant raconté dans son livre Etats d’âme et de droit.

 

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2333/articles/a405894-.html

14/07/2009

UNE REMARQUABLE EFFICACITE

Je suis admirative devant le pouvoir absolument étonnant des organisations juives de ce pays qui, lorsqu’elles ne sont pas satisfaites d’un jugement rendu, obtiennent immédiatement, sans coup férir, et dans les plus brefs délais… un nouveau procès. Formidable ! Quelle efficacité ! Vous me direz que c’est normal, un crime visant un juif ne pouvant en aucune circonstance être assimilé à un crime comme les autres.

 

Certes, l’assassin a bien été condamné à la peine maximale prévue par le droit français et le verdict a été, comme il se doit, rendu par un jury souverain au nom du peuple. Mais aux yeux du CRIF et consorts, il a manqué à ce procès l’élément principal, à savoir l’exemplarité. Et la publicité des débats. D’ailleurs, reçu à la Chancellerie dès hier soir, le président du CRIF a insisté sur « l’utilité d’un procès ouvert, à vertu pédagogique ».  

 

Nul doute qu’il ne sera prestement entendu. Le Parlement devrait du reste voter dans les prochains mois une proposition de loi présentée par François Baroin et Jack Lang qui « donnera à la Cour d’appel le pouvoir de décider souverainement de l’opportunité de la publicité des débats ou non ». Souverainement, oui, oui, c’est écrit.

 

D’ailleurs, à l’issue d’un procès public, « les peines prononcées seront davantage en adéquation avec les crimes commis » a estimé l’avocat de la famille de la victime. Nous n’en doutons pas un seul instant.

 

Cette réaction n’a rien d’étonnant. Elle est coutumière, au contraire, comme vous le verrez à la lecture de l’extrait ci-dessous. Dans le chapitre de La France LICRAtisée consacré aux procès initiés par la LICRA, je relate l’affaire Touvier. Vous constaterez que là aussi, très mécontentes du premier verdict rendu, les organisations juives exigèrent – et obtinrent, évidemment –  un second procès. Qui les satisfit pleinement, cette fois.

 

"L’affaire Paul Touvier

 

En novembre 1971, Georges Pompidou accorde sa grâce à Paul Touvier, responsable de la milice de Lyon, qualifié par le Droit De Vivre de « répugnante bête de proie qui, ayant abattu ses innocentes victimes, s’est enrichie de leurs dépouilles ».

Il est vrai que le président Pompidou, que la fin de la guerre « avait trouvé préparant une version critique de Britannicus », selon le mot perfide de Jean Pierre-Bloch, n’aurait de surcroît pas eu « de sensibilité particulière au dossier des collaborateurs et des miliciens ». Une manière délicate d’indiquer qu’il a refusé de faire preuve à leur égard de la haine voulue.

 

La LICA se scandalise de cette grâce et menace : « C’est donc ce silence que M. Pompidou doit rompre sous peine de voir le scandale s’établir, déborder, se répandre jusqu’à l’éclabousser en même temps que gronderait la colère de tous ceux qui furent à la pointe du combat anti-nazi et qui, déjà, de Paris comme des hameaux les plus reculés du pays, élèvent la voix et réclament bonne et prompte justice. Pour eux. Pour leurs morts ».

 

Mais nous sommes en 1971. Georges Pompidou ne cédera pas et maintiendra sa grâce.

La LICA ne s’avoue pas vaincue et, de campagne de pétitions en manifestations et témoignages divers, parvient à assembler les éléments d’une accusation de « crimes contre l’humanité » à l’encontre de Paul Touvier, qui fait finalement l’objet d’un mandat d’arrêt en 1981. L’année de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

Il ne sera cependant arrêté et inculpé qu’en 1989. Il est alors âgé de soixante-quatorze ans.

Son procès se déroule à Lyon et, coup de théâtre !… débouche sur un non-lieu en 1992 ! Sous le titre « Les nouveaux révisionnistes », le Droit De Vivre s’étouffe d’indignation et accuse les juges/historiens de réécrire l’histoire de Vichy.

 

N’ont-ils pas osé dire qu’« on n’arrivera jamais, dans la France de Vichy, à la proclamation officielle que le juif est l’ennemi de l’État, comme ce fut le cas en Allemagne », ou que « aucun des discours du maréchal Pétain ne contient de propos antisémites » ?

 

Le magistrat ayant ordonné le non-lieu, Jean-Pierre Henne, publie en 1995 un livre intitulé Un étrange combat, dans lequel il indique : « Exemple peut-être sans précédent d’acharnement judiciaire, cette affaire prend place à l’évidence dans une stratégie destinée à rendre la France collectivement responsable du terrible destin des juifs pendant la seconde guerre mondiale ».

 

Mais l’affaire n’est évidemment pas terminée. La LICRA dépose immédiatement un recours devant la Cour de cassation afin d’obtenir l’annulation du non-lieu qui, selon ses dires, « constitue une insulte à la mémoire des nombreuses victimes du milicien Paul Touvier ».

L’arrêt sera partiellement cassé. Dix des onze chefs d’accusation tombent pour de bon, mais reste le onzième, l’affaire de Rillieux-la-Pape : Touvier avait effectivement fait fusiller sept personnes au lieu des cent, puis des trente exigées par les Allemands en représailles à l’assassinat, par un groupe de résistants, de Philippe Henriot, secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande du gouvernement de Vichy.

Paul Touvier est renvoyé en Cour d’assises pour crime contre l’humanité. Il est à ce moment-là – nous sommes en 1994 – le premier Français passible d’une telle accusation. C’est donc par excellence un procès « aux vertus pédagogiques». (…)

 

Patrick Quentin, secrétaire général de la LICRA, et Philippe Bataille, tous deux avocats de la LICRA au procès Touvier, rédigeront une plaquette sur cette affaire, qui sera largement diffusée dans les établissements scolaires par l’intermédiaire des inspecteurs d’académie et des enseignants.

 

Blanchi une première fois en 1992 pour onze chefs d’accusation, Paul Touvier est cette fois condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour un seul de ces chefs.

 

Satisfaite du verdict, – « Touvier est le premier Français à être condamné pour crime contre l’humanité. C’est la reconnaissance de la complicité de Vichy avec les nazis », – la LICRA demande immédiatement que Maurice Papon soit lui aussi enfin déféré devant ses juges : « Au nom de l’impérieux besoin de justice des victimes et au nom de la mémoire et de l’honneur de la France, la LICRA l’exige ».

 

La LICRA l'exige.