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11/05/2007

AH, LA SUISSE….

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Sacha Guitry ne s’occupait pas de politique. Il avait des choses infiniment plus importantes à faire, comme donner du bonheur à ses contemporains. Au hasard de la lecture d’un livre de souvenirs écrit par lui, Le petit carnet rouge, je suis cependant tombée sur la description suivante qu’il fait de la Suisse, lors de vacances. Nous sommes à l’été 1930 :

“La Suisse, curieux pays, étonnant pays, dirigé par des hommes dont on ignore les noms. On me dit que c’est une République et qu’il y a un président, je veux bien le croire, mais y a-t-il un gouvernement en Suisse ? J’en doute, car enfin, s’il y avait un gouvernement, il en changerait. On dirait un pays qui se dirige tout seul. J’imagine que chaque citoyen a chez lui un petit livre d’une trentaine de pages intitulé Les lois de notre pays et j’imagine que tous le connaissent par cœur et le suivent à la lettre. Je ne vois pas un Suisse discutant les lois de son pays car il a, j’en suis sûr, la conviction de les avoir faites lui-même. S’il y a des ministères, ils doivent avoir des titres spéciaux. Il doit y avoir un ministère de la Salubrité publique, un ministère des Laitages.

Petit pays très singulier, que l’on respecte et qu’on envie parce que, regardez bien, c’est le seul pays du monde qui soit heureux. Il ignore les guerres et les révolutions, il ignore les grèves, les crimes, les assassinats, les scandales financiers, les faillites monstrueuses et même les scandales mondains et, s’il y a des pauvres, des mendiants, j’imagine que ce sont des hommes appointés par les cantons pour mettre un peu de pittoresque sur les routes. »

Elle en a de la chance, la Suisse: toujours fidèle à elle-même, elle n’a pas tellement changé depuis cette description. Au fait, savez-vous qui est le président de la Suisse ? Leur système est très ingénieux et évite les campagnes médiatico-débilitantes. Le pouvoir exécutif est aux mains d’un conseil fédéral de 7 membres élus en fonction de leur représentativité – réelle, je précise – et dont chacun devient président pour un an, à tour de rôle et en fonction de son ancienneté. Comme ça, pas de jaloux et pas le temps d’avoir les chevilles et la tête qui enflent trop.

En vertu de ce principe très sain, c’est une dame, la socialiste Micheline Calmy-Rey, qui est présidente cette année. Un an, c’est vite passé, et ça ne permet pas de faire trop de dégâts. Un système formidable, je vous dis. Ah, on pourrait en prendre de la graine !

C’est qu’ils sont beaucoup plus sérieux que nous, les Suisses ! la politique chez eux est sous haute surveillance et tenue strictement en lisière. La démocratie directe n’est pas un slogan de campagne, mais une réalité : référendum et initiative populaire sont là pour rectifier le tir si nécessaire.

Dernier détail : la Suisse n’a pas jugé utile d’être membre de l’Union Européenne. Avec d’autres dissidents : l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein, elle fait partie de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Ca n’a pas l’air de trop mal leur réussir.