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20/08/2007

JUIFS CHRETIENS, MESSIANIQUES, DE QUOI Y PERDRE SON LATIN ...

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Le récent décès du cardinal Jean-Marie Lustiger, a donné lieu au concert habituel de flagorneries et trémolos en tous genres. Les officiels juifs n'étant pas en reste pour rendre un vibrant hommage au parcours exceptionnel de l'homme d'église né juif et devenu chrétien. Et archevêque de Paris par-dessus le marché. Sans compter que grâce à lui, toute la France sait à présent ce qu'est un kaddish.

Il faut signaler pourtant au moins un élément discordant dans ce beau concert, fourni sur le site Guysen International News par un article de Schlomoh Brodowicz intitulé Requiem pour un kaddish ou "Comment faisait-il?". A sa lecture, et peut-être plus encore à celle d'un certain nombre de commentaires qui suivent, on sent quand même une assez forte antipathie à l'égard du christianisme, coupable, d'après l'auteur, d'avoir par des siècles d'enseignement du mépris, directement conduit à la shoah. Sans oublier Pie XII tout aussi coupable pour avoir "lamentablement" fermé les yeux sur le massacre qui se serait déroulé sous ses yeux. On y sent également un reproche non dissimulé à l'égard de celui qui a déserté. Car l'auteur se demande essentiellement comment faisait Lustiger pour assumer sa position et "au prix de quel compromis moral et spitrituel" il y parvenait.

Ce qui est intéressant, c'est qu'au passage, on apprend un certain nombre de choses sur l'identité juive, car c'est bien de cela dont il s'agit in fine. On apprend notamment qu'étant un droit de naissance, elle est inaltérable. La conversion n'y change rien, tout en constituant un péché gravissime. Celui qui est né juif le reste, qu'il le veuille ou non. Et l'auteur d'asséner: "Peut-on se convaincre que cet homme qui, sur le plan de la stricte loi juive était toujours juif, n'a jamais connu des moments de doute?"

Il va même jusqu'à affirmer que Jean-Marie Lustiger représente le cas unique d'un juif qui tout en ayant abjuré sa foi, continue malgré tout à se déclarer juif.

Là, les commentaires se sont empressés de lui rappeler que sur ce point-là au moins, il avait tort: et les juifs messianiques? Je dois reconnaître que je ne les connaissais pas. Je suis donc allée aux renseignements. Il existe bel et bien une (petite) branche du judaïsme, certes particulièrement marginale, composée de juifs qui, tout en conservant certaines pratiques du judaïsme, et restant attachés à leur foi d'origine, croient cependant que le messie est arrivé en la personne de Jésus. Ils sont bien sûr considérés comme des apostats par les autres. L' Alliance Francophone des Juifs Messianiques (AFJM) a été fondée en 1980 à Paris. Elle est en contact avec l’ Alliance Internationale des Juifs Messianiques (International Messianic Jewish Alliance www.imja.com) fondée à Londres en 1925, et présente actuellement en de nombreux pays dont Israël. Il existerait à l'heure actuelle environ 6000 juifs messianiques en Israël, où les incidents ne sont pas rares avec les orthodoxes.

d59f9910add09642891c39fb9bbec1f6.gifSon site précise: "L'AFJM est indépendante de toutes dénominations, mais veut réunir dans une alliance fraternelle le nombre croissant de juifs francophones qui croient en Yéchoua’ notre Messie, que ce soit en Israël ou dans la diaspora. Elle inclut aussi tous les non-juifs, frères dans la foi, qui aiment le peuple d’Israël, par qui Dieu a donné le Messie, le Sauveur du monde, Qui offre gratuitement le salut éternel à tous ceux qui le Lui demandent, juifs et non-juifs, et qui marchent dans Ses voies." Je n'ai pas bien compris si ces juifs messianiques étaient baptisés ou non.

Pour finir, j'ouvre une parenthèse pour rapporter un propos trouvé dans l'un des commentaires qui accompagnent l'article. J'aime bien les commentaires car ils expriment sans artifices de langage ni langue de bois superflue le ressenti de ceux qui les envoient. Au détour d'une phrase, j'ai ainsi trouvé une intéressante explication de l'"antisémitisme". Eternelles victimes, les juifs, comme voudrait le faire croire un certain discours "officiel"? Pas pour notre correspondant, qui écrit, à propos de ceux qui seraient tentés par l'assimilation pour tenter d'échapper à cette terrifiante menace: "...Ils oublient que les gens en veulent surtout à ceux qui sont plus riches et plus forts qu'eux, pas aux faibles, ce qui signifie que c'est parce que la Torah nous enrichit que le monde nous envie ou nous déteste comme Esaü était jaloux de Jacob au point de vouloir le tuer". Reconnaissez que ce n'est pas l'explication la plus communément proposée...

Source: http://www.guysen.com/articles.php?sid=6059