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27/04/2011

LE REGROUPEMENT FAMILIAL, MESURE EMBLEMATIQUE DE LA "SOCIETE LIBERALE AVANCEE" DE VGE

Pour en finir avec le 35e anniversaire du regroupement familial, je vous propose ci-après l’article que j’ai écrit sur le sujet pour la revue Synthèse nationale. Certes, les énarques dont il a été question ces jours derniers à propos du Gisti ont poussé à la roue et employé toute leur influence dans le sens voulu. Influence dont nous pouvons mesurer aujourd’hui tout le caractère pernicieux. Il n’en demeure pas moins que les élus n’ont pas résisté comme c’était leur rôle et en ont même rajouté. Ce sont eux les premiers responsables et coupables : Giscard d’Estaing et Chirac. Tous deux également énarques, d’ailleurs. Ca ne sortait pas de la famille.

Je m’absente jusqu’à la mi-mai. A bientôt …

Le 29 avril 1976 – il y a trente-cinq ans – le duo Giscard/Chirac transformait radicalement la nature de l’immigration. Ce qui était jusqu’alors une immigration de travail devint, d’un trait de plume, une immigration de peuplement. Il n’y eut même pas, pour ce qui devait changer le visage de la société française, de débats à l’Assemblée nationale, ni de loi votée par les députés. Non, un simple décret, le funeste n°76-383, y suffit. Les princes qui nous gouvernaient, du haut de leur grandeur et de leur omniscience, décidèrent de ce qui était bon pour le pays – et accessoirement pour le  mondialisme qui se profilait à l’horizon - sans en référer aux représentants du peuple, valetaille tout juste bonne à enregistrer les décisions venues d’en haut.

Valéry Giscard d’Estaing était président de la République depuis 1974, Jacques Chirac était son premier ministre. Tout entiers occupés à promouvoir la fameuse société libérale avancée  chère à VGE, qui se rêvait en JFK, et à jeter bas les fondements d’une vieille France qu’il convenait de faire accéder aux délices de la modernité et du métissage réunis, ils imposèrent durant ces années des mesures lourdes de menaces potentielles pour l’avenir.

Tout avait commencé dès 1974 avec l’abaissement de l’âge de la majorité de 21 à 18 ans. Puis, en 1975, Simone Veil, alors ministre de la santé, avait réussi à faire passer sa loi sur l’avortement. Avec le décret sur le regroupement familial qui suivit, tout le dispositif était fin prêt pour une progressive substitution de population et pour l’installation à terme d’une nouvelle catégorie de « Français » supposés plus malléables. Oui, la France archaïque de papa allait faire place à un avenir radieux, peuplé d’innombrables marmots étrangers - essentiellement musulmans, mais on n’en parlait pas trop - qui une fois majeurs, à 18 ans, et par la magie de nouvelles règles relatives à la nationalité, formeraient un jour les bataillons des futurs électeurs. Les bataillons des futurs travailleurs non qualifiés, également, et surtout, des futurs chômeurs. Mais en 1976, se préoccupait-on de ces peccadilles ?

Voilà dans quel contexte se place cette décision particulièrement calamiteuse pour le pays, dont Giscard d’Estaing et Chirac sont au premier chef, de par leurs fonctions à l’époque, responsables et coupables. Il ne sert à rien d’avancer que les responsabilités furent « collectives », que le patronat le souhaitait - puisqu’il aurait désormais sur place une main d’œuvre taillable et corvéable à merci -, que les organisations dites antiracistes poussaient à la roue. Ce sont eux, chef d’Etat et premier ministre, qui prirent les décisions – encore une fois sans en référer aux représentants du peuple - et qui doivent donc en rendre compte au peuple français.

Du reste, tous deux sont encore là et bien là pour en répondre, jouissant tranquillement des incroyables privilèges dus aux anciens chefs d’Etat et ministres*, eussent-ils été désastreux.

Certes, avant eux, l’immigration existait déjà : depuis les années 1950, Algériens, Marocains, Tunisiens essentiellement venaient en France pour y travailler et rentraient au pays pour les vacances. La population étrangère avait ainsi doublé, passant de 1,8 million de personnes en 1954 à près de 3,5 millions vingt ans plus tard. Quoique prétendant suspendre l’immigration, en raison de la crise économique, le duo accorda néanmoins aux immigrés, pour des raisons pseudo humanitaires, mais aux arrière-pensées moins nobles, le droit au regroupement familial, funeste boîte de Pandore, grenade dégoupillée qui nous pète aujourd’hui à la figure.

A partir de cette date fatidique, les familles étrangères purent donc venir faire souche dans notre pays, avec la bénédiction de l’Etat. Encore une fois sans que jamais les Français n’aient été consultés sur une question qui engageait pourtant leur avenir.

Le décret prévoyait ce qui suit :

« Sous réserve des engagements internationaux de la France, le conjoint et les enfants de moins de dix huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent de rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :

1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;

2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ;

3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées ;

4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public ;

5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ;

C’était mettre face à la déferlante quelques barrières en forme de fétus de paille qui furent vite emportées. Les organisations dites antiracistes, comme la LICRA ou le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés), qui réclamaient ce regroupement familial, et le trouvaient trop timide, menèrent la charge, défendant bec et ongles les nouveaux arrivés et prônant le fameux « droit à la différence » qui fit tant de dégâts. La LICRA avait déjà bien préparé le terrain en imposant dès 1972 une première loi antiraciste qui permettrait dorénavant de criminaliser les opposants à l’invasion qui s’amorçait. Une loi qu’elle utilisa à tour de bras dans les années qui suivirent.

Pour donner une idée du degré d’aberration à laquelle les institutions étaient arrivées, s’agissant des conséquences de ce fâcheux regroupement il faut rappeler l’arrêt Montcho adopté en 1980 par le Conseil d’Etat : au nom des « droits de l’homme », cet Africain prétendait faire venir sa 2e épouse en France, voire plus si affinités, pour la faire bénéficier, avec les nombreux enfants de cet homme prolifique, de la manne généreusement octroyée par le contribuable. Aussi incroyable que cela paraisse, le Conseil d’Etat lui donna raison, légalisant ainsi la polygamie en France. Inutile de préciser que cet arrêt engendra des quantités de sieurs Montcho sur tout le territoire.

Toutes les tentatives pour tenter d’endiguer le flot à présent ininterrompu, y compris certaines mesures du gouvernement Barre, furent vouées à l’échec. Le mal fondamental était fait, la brèche une fois ouverte se transforma vite en torrent impétueux, puis en fracture béante dont nous pouvons mesurer les dégâts aujourd’hui, trente-cinq ans après: une France appauvrie, tiers-mondisée, cherchant éperdument son identité et tentant de naviguer à vue à travers des communautarismes de plus en plus arrogants et revendicatifs.

Pour mesurer le degré d’angélisme – ou de bêtise crasse – des politiques qui mirent en oeuvre ce projet irresponsable, voyons ce que disait à l’époque Paul Dijoud secrétaire d'État aux travailleurs immigrés :

«  …. Et puis, il faut bien le dire, changer la société française, la rendre plus juste, plus généreuse, bâtir pour l'an 2000 une société d'égalité et une société de justice, c'est impossible si l'on exclut complètement les étrangers. Ce serait détruire l'âme de notre société, l'âme de la civilisation nouvelle que nous voulons bâtir, si nous laissons de côté ces très nombreux étrangers qui constitueraient des îlots de misère au milieu de notre prospérité. »

On aimerait bien demander à Paul Dijoud, toujours en activité politique puisqu’actuellement maire d’une commune des Hautes-Alpes, s’il trouve vraiment la société française de l’an 2000 « plus juste, plus généreuse »  et s’il règne réellement plus « d’ égalité et de justice » dans cette « civilisation nouvelle » ? Je croirais assez que ses accents lyriques d’il y a trente-cinq ans seraient nettement revus à la baisse. Mais qui pensera à lui poser cette question interdite ? N’attendons pas des journalistes aux ordres du système qu’ils le fassent. Ils sont tous dans le même bain, ayant soutenu autant qu’ils le pouvaient cette politique désastreuse en tapant allègrement sur les rares personnes demeurées lucides qui s’y opposaient.

Ce qui caractérise la classe politique française de ces dernières décennies, outre la veulerie et la soumission aux lobbys, est l’irresponsabilité pleine et entière dont elle continue à bénéficier malgré ses trahisons. Et que chaque clan à l’intérieur du système, qu’il soit clan « de droite » ou clan « de gauche » se garde bien de remettre en question. Car tous sans exception en profitent autant qu’ils le peuvent. Voilà en tout état de cause une boîte de Pandore qui ne risque pas de s’ouvrir, du moins de leur fait. Celle-là est bien cadenassée.

Il est temps de mettre en question cette irresponsabilité quasi totale dont jouissent les "responsables" politiques. Quels que soient leurs errements, leurs fautes lourdes, les sommes folles gaspillées, personne jamais ne leur demande le moindre compte. Il faut réfléchir aux moyens de mettre en œuvre de véritables contre-pouvoirs et faire des propositions dans ce sens. Nul doute que pareille initiative serait bien accueillie par nos concitoyens.

En attendant ces jours meilleurs, n’oublions jamais, s’agissant du regroupement familial, que Giscard et Chirac sont au premier chef responsables et coupables de cette décision prise par eux seuls sans en référer aux représentants du peuple, décision aux conséquences calamiteuses pour le pays. Nous ne le rappellerons jamais assez.

 

*  France Soir a estimé à 1 million d'euros le coût annuel du traitement réservé à Jacques Chirac pour les contribuables français. Retraite, château, pension annuelle, personnel (19 fonctionnaires sont affectés à son service), Jacques Chirac conserve encore de nombreux  privilèges depuis qu'il a quitté l'Élysée. Il cumule en effet les avantages réservés à ses anciens mandats (président de la République, maire de Paris, conseiller à la Cour des comptes et député de Corrèze) et sa pension actuelle en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel.

Nul doute que son compère VGE ne coûte autant au contribuable. Normal, vu les services éminents qu’ils ont rendus au pays. Rien ne saurait être trop beau pour eux.

 

20/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (4)

oo.jpgA ce stade, un certain nombre d’indices concordants nous permet de nous intéresser de très près au couple Moreau.

Certes, Gérard Moreau a été nommé en clair. Il est pourtant énarque et de la même promotion que sa femme [Thomas More, janvier 1969-mai 1971]. Pourquoi lui et pas les autres ? Vous n’avez pas été sans noter qu’il parlait dans son entretien avec Anna Marek, de « cinq ou six énarques », là où les autres sources parlent obstinément de quatre seulement. Est-il le 5e et s’est-il dévoué pour protéger l’anonymat des autres ? Et surtout celui de sa femme ?

Cette dernière, Yannick Moreau, a, elle, clairement fait partie de la bande des 4. Jugez plutôt :

Yannick-Moreau.jpgYannick Moreau

« Née Yannick Polo le 30 décembre 1945 à Nantes, est un haut-fonctionnaire français, et épouse de Gérard Moreau, conseiller-maître à la Cour des comptes et ancien camarade de promotion à l’ENA.

Diplômée de HEC et docteur en droit, ancienne élève de l'ENA, elle est auditeur puis maître des requêtes au Conseil d'État quand François Mitterrand la nomme en 1981 conseillère technique au secrétariat général de l'Élysée, chargée des affaires sociales.

En juillet 1984, elle devient directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement nommé ministre de l'Éducation nationale.

À partir de 1986, elle est commissaire du gouvernement près de la Cour supérieure d'arbitrage, puis en 1988 auprès des formations du contentieux. De 1989 à 1991 elle est secrétaire générale au l'administration du ministère de la Défense [alors dirigé par Chevènement].

Elle est promue Conseiller d'Etat en 1990.

Directrice générale adjointe, chargée des relations sociales et des ressources humaines, à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) en 1992, elle devient en 1995 présidente de sous-section au Conseil d’État et directrice du programme d’études avancées Gestion des transformations sociales à Institut d'études politiques de Paris.

Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, la nomme présidente de l’Institut de veille sanitaire et présidente du Conseil supérieur de la prud’homie en 1999.

Présidente du Conseil d'orientation des retraites en juin 2004, elle est nommée présidente de la section sociale du Conseil d'État en avril 2006.

Elle a été nommée par décret du Premier ministre au Haut conseil du dialogue social en décembre 2008, elle en assure la présidence des sessions.

Elle est membre du club du Siècle. »

Voilà, toutes ces précisions nous sont aimablement fournies par Wikipédia. Le Who’s Who et diverses encyclopédies politiques, dont celle d’Emmanuel Ratier, complètent le personnage :

« ENA promotion Thomas More (1971). Fille d’Henri Polo, industriel, et de Mme, née Suzanne Cosse. Mariée le 17 décembre 1970 à Gérard Moreau, ingénieur. »

« Elle a milité dans sa jeunesse à l’extrême gauche, signant notamment la pétition contre la loi anticasseurs et dans diverses associations de soutien aux travailleurs immigrés. Entrée au Conseil d’Etat en 1971, elle a été détachée au Plan de 1975 à 1978. Militante CFDT, cette socialiste chevènementiste est devenue en 1981 conseiller technique au secrétariat général de la présidence de la République. »

Je trouve encore l’une ou l’autre précision dans le Dictionnaire de la politique française, d’Henry Coston (éd.1982) : « Yannick Moreau, maître des requêtes au Conseil d’Etat, auteur (avec Nicole Questiaux) du rapport sur « le vieillissement de la population », membre actif du PS et secrétaire de la commission « retraite et socialisme », créée par Jean Laurain ».

Je pense qu’après ce panégyrique, aucune hésitation n’est plus possible. Mme Moreau, qui poursuit imperturbablement ses activités, est bien l’une de nos cibles. Voilà typiquement le genre de personnages totalement ignorés de la France « d’en bas », jamais élus, et qui pourtant ont eu une influence décisive sur le pays. Il est grand temps de les apprécier à leur juste valeur.

 

GERARD MOREAU

« Ingénieur, responsable ministériel. Né le 14 juillet 1943. Fils de Pierre Moreau, directeur de la Mutualité sociale agricole, et de Mme, née Ruth Lewin. Ingénieur civil des mines, licencié ès sciences économiques, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. ENA promotion Thomas More (1971).

Administrateur civil au ministère de l’Equipement (1971-72), (…), conseiller technique au cabinet de Mme Questiaux, ministre de la solidarité nationale (1981-83), puis au cabinet de Pierre Bérégovoy, ministre des affaires sociales et de la solidarité nationale (depuis 1983), membre du Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti) ».

La citation précédente est extraite du Who’s Who in France de 1984-85.Très curieux. Il y est fait mention en toutes lettres de son appartenance au Gisti alors que rien n’est indiqué à cet égard pour sa femme, qui a pourtant droit à son propre paragraphe bien fourni dans la même édition. Cela renforce l’idée que le choix de se dévoiler dès ces années-là a été fait pour protéger l’anonymat des autres. Il est membre du PS depuis les années 1970.

Poursuivons sa carrière : il a été, de 1985 à 1997, directeur de la Population et des Migrations au ministère des Affaires sociales et secrétaire général du Haut Conseil de la population et de la famille, placé auprès du président de la République. De 1989 à 1992, il a également présidé le comité directeur de la Population du Conseil de l’Europe.

Conseiller maître à la Cour des Comptes, il a par ailleurs présidé jusqu’en janvier 2006 le CNASEA (Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles).Le CNASEA, établissement public spécialisé dans le paiement des aides publiques, intervient dans un domaine qui va de l’agriculture (aides à l’installation des agriculteurs, contrats d’agriculture durable...) à l’emploi (paiement des contrats aidés du plan de cohésion sociale) en passant par la formation professionnelle, le développement local ou l’environnement.

Quelques-unes de ses publications ou participations à des revues : 

La Crise du statut des réfugiés, 1989.

L’Intégration, 1996.

Vingt ans de politique d’immigration, 1997.

Quelques éléments de comparaison entre les politiques d’intégration de l’Allemagne, du Canada, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie et des Pays-Bas, 2000.

Un article de Libération, 2002 :

http://webcache.googleusercontent.com/search?um=1&hl=fr&tab=iw&q=cache:1J_SWfM5krEJ:http://www.liberation.fr/evenement/0101409590-l-interview-gerard-moreau-ancien-directeur-de-la-dpm-l-integration-est-un-processus-continu+g%C3%A9rard+moreau&ct=clnk

Nous continuerons demain.

19/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (3)

oo.jpgAujourd’hui, nous allons aborder les indices qui ont permis de remonter avec une très forte probabilité jusqu’à nos trop modestes énarques fondateurs du Gisti. Ces indices  sont tirés pour l’essentiel des articles de Liora Israël et Anna Marek dont nous avons parlé hier. Bien évidemment, à partir de ces indices, j’ai procédé ensuite à d’autres recoupements. Mais chaque chose en son temps.

 

Les citations sont tronquées car le texte serait interminable, sinon. Je vous ai donné les liens hier pour tout replacer dans le contexte. Et je précise que c’est moi qui ai souligné en gras l’essentiel. Et ajouté l’un ou l’autre commentaire entre parenthèses.

 

1) Liora Israël :

 

« C'est de la période de cette fondation et des premières années du GISTI (1971-1978) que nous entendons traiter ici, afin de montrer à travers une approche socio-historique comment l'association qui apparaît aujourd'hui comme l'exemple quasi paradigmatique d'une mouvance associative de gauche de plus en plus coutumière de l'usage des outils juridiques s'est constituée grâce à l'alliance improbable de militants issus de traditions opposées (des énarques proches de la gauche réformatrice, des travailleurs sociaux souvent trotskistes ou maoïstes, des jeunes magistrats membres du Syndicat de la Magistrature naissant, des juristes du Mouvement d'Action Judiciaire) … »

 

"La naissance du GISTI: quatre jeunes énarques dans le vent de la contestation"

 

« À l'origine du GISTI, telle qu'elle fut présentée lors de la journée « Histoire et Mémoire » [8 décembre 2000], il y a quatre jeunes énarques qui, pris entre leur formation professionnelle de futurs hauts fonctionnaires et l'esprit plus subversif des mobilisations politiques de leur génération, vont être conduits à imaginer une forme d'engagement conciliable avec cette vocation pour la haute administration » [« vocation pour la haute administration » ? disons plutôt appétit de pouvoir, on sera davantage dans la réalité …]

 

« L'évènement déclencheur de la réflexion collective conduisant au GISTI est la signature par plusieurs jeunes énarques, en 1969, d'un texte protestant contre la loi « anti-casseurs ». Suite à cette protestation, le gouvernement de l'époque réagit en demandant à ces jeunes gens de démissionner de l'ENA ou de retirer leur signature [Bien évidemment, nos déjà courageux jeunes gens ont préféré retirer leur signature]. Cette pression subite du pouvoir induit chez une quarantaine de membres de cette promotion [?] tout d'abord la peur de devenir des « purs rouages » de l'administration, et d'autre part la volonté de créer des groupes de travail sur des questions précises et de produire une expertise et une réflexion politiques. Ces groupes, dits groupes « Paoletti » du nom de celui qui en prit l'initiative, [donc, il s’agissait bien de la promotion Thomas More, janvier 1969-mai 1971] vont se spécialiser sur des terrains différents. Ainsi, celui qui nous intéresse, constitué au départ de quatre énarques, se spécialise sur les questions d'immigration : « Nous avions décidé qu'il y avait un thème qui était intéressant, un thème à forte charge et à faible visibilité qui était le vide juridique du côté des immigrés, cette espèce de zone de non-droit ».

 

« Nous [les énarques] sommes allés voir les confédérations syndicales en leur disant : "Voilà, nous sommes plusieurs, nous ne sommes pas plus bêtes que d'autres et assez bien formés sur le plan du droit, nous vous apportons notre force de travail le soir". Nous sommes donc allés voir le secteur migrant de la CGT et de la CFDT. L'accueil a été distant. »

 

« Ce premier échec impose un contournement de l'obstacle…. C'est donc plutôt par l'intermédiaire de réseaux militants et amicaux que va peu à peu se constituer, autour du noyau initial des énarques, un groupe informel de réflexion sur ces questions qui va agréger des avocats membres de la Ligue des Droits de l'Homme, comme Jean-Jacques de Felice, des membres du syndicat de la magistrature créé en 1968, mais aussi des travailleurs sociaux et des membres du milieu associatif, et particulièrement du secteur migrants de la CIMADE. » [tous ceux-là n’ont pas eu peur de se nommer, eux, car ils n’avaient pas de « vocation pour la haute administration »].

« La première des réunions du groupe dont nous disposons du compte-rendu date du 18 décembre 1971. Le groupe n'a pas encore de nom bien déterminé, mais ses sujets sont déjà très représentatifs de la spécificité de ce qui s'appellera le GISTI : « Éléments discutés le 18 décembre 1971 : outre un échange d'information sur la situation des foyers africains et la création du comité de liaison des travailleurs immigrés, les points suivants ont été discutés : 1° Orientation des membres du groupe non juristes 2° Travail des juristes  ».

« L'activité des non-juristes est plus généraliste, elle consiste, toujours selon ce premier compte-rendu, à créer des contacts avec la CFDT pour envisager la participation à la formation des militants et responsables syndicaux ; l'autre point étant d'envisager la publication à terme d'une petit livre de vulgarisation. Le souci précoce de publiciser et de diffuser le travail réalisé par le groupe apparaît également à travers mention du fait qu'ils disposent de contacts permettant à la fois d’obtenir de faire passer des informations dans le journal Le Monde, et, sur un plan plus directement politique, de transmettre des questions à l'Assemblée par l'intermédiaire de François Mitterrand et Michel Rocard. [Voilà, voilà, les choses se précisent. Mais ils n’auront pas affaire à des ingrats. En 1981, ils seront récompensés de leurs peines].

 

« Ces hésitations et ces premières intuitions sont évaluées par les membres du groupe dès la réunion du 19 mars 1972, qui avait pour objet de « fixer plus précisément les objectifs que se donne le groupe et les méthodes de travail ». Est ainsi d'abord élaboré un « bilan rapide » du groupe, portant notamment sur sa composition puisqu'il réunit « 23 membres de professions et donc d'expériences variées : travailleuses sociales, membres de la CIMADE, avocats, étudiants, fonctionnaires (magistrats, Conseil d'État, CNRS, Ministères de l'Industrie, des finances, de l'Éducation Nationale, de l'Équipement) ». [Ca fait déjà plus de 4 énarques, tout ça].

« D'ores et déjà, à l'issue de cette réunion et avant que ne soit tiré un bilan de cette consultation, sont posées trois types de conclusions provisoires, qui constituent une sorte d'auto-identification temporaire : - Le groupe peut rassembler une documentation et étudier une question posée par un membre - il ne s'est pas manifesté à l'extérieur (en tant que tel), ni par une action directe avec les travailleurs immigrés, ni par une information du public [déjà ce très grand souci de faire les coups en douce et en coulisse. Sans compter que le contact direct avec ces gens, ...]. Néanmoins ses membres expriment le souhait « que le groupe ne se marquera pas par la présence de quelques célébrités. Pour expliquer ce qu'il est on dira qu'il comprend notamment des avocats, des fonctionnaires, des travailleurs sociaux » [Faisons lisse pour ne pas éveiller les soupçons trop tôt…].

« La dimension contentieuse était en même temps la plus à même de faire apparaître la compétence spécifique de l'association, au niveau du contentieux correctionnel, mais aussi et surtout du contentieux administratif. Ce dernier volet présentait en effet une spécificité juridique et sociale particulière, tenant notamment à l'interlocuteur crucial que fut le Conseil d'État. Rappelons que deux des quatre énarques fondateurs étaient membres de cette institution, qui n'était pas non plus un interlocuteur neutre politiquement et socialement : la confrontation à cette plus haute autorité administrative engageait un processus de généralisation et de révélation juridique du traitement public de l'immigration. Bien plus, en accordant une puis des victoires au GISTI, le Conseil d'État contribuait au processus de légitimation de l'association, sans commune mesure avec la taille de ses effectifs. »

 

« Cette remarque permet d'insister sur la discrétion dans les luttes d'une association qui tenait à la fois une place importante d'un point de vue logistique et politique, tout en présentant une faible visibilité publique, hormis pour les professionnels qui bénéficiaient de ses ressources et les militants directement confrontés à sa présence»

« Le caractère crucial de cette décision [recours contre les circulaires Marcellin-Fontanet] tient à la place spécifique du Conseil d'État dans le dispositif institutionnel français, du point de vue de sa légitimité juridique comme de sa distance supposée par rapport aux mouvements sociaux, en particulier aussi marginaux que le GISTI (alors qu'à l'époque la participation au GISTI est quasi clandestine : les premiers statuts n'ont pas été déposés aux noms de ses véritables initiateurs [courageux, mais pas téméraires, hein ?], particulièrement pour protéger l'anonymat des jeunes hauts fonctionnaires fondateurs) [comme on ne sait jamais d’où va venir le vent politique, mieux vaut se couvrir].

« Cette ambiguïté annonçait d'ailleurs les divergences qui apparurent au sein du GISTI après le victoire de la gauche en 1981 : un certain nombre de ses membres, hauts fonctionnaires ou magistrats, entrèrent à cette occasion dans les cabinets ministériels ou les cercles proches de l'Élysée pour développer une expertise technique de gauche, en particulier sur les questions sociales, se démarquant du reste de l'association qui choisit de conserver une position critique à l'égard du nouveau gouvernement ».

« Cette socio-histoire des premières années du GISTI permet de mettre en évidence le positionnement paradoxal d'une association caractérisée par un ancrage politique radical mais dotée d'outils réformateurs ; fondée sur un noyau de militants limité mais dont l'extrême compétence et les réseaux sociaux, des travailleurs sociaux aux plus hautes sphères de l'État, étaient remarquables, au point parfois d'induire des situations où les membres du GISTI se trouvaient juges et parties (particulièrement au sein du Conseil d'État ou de la magistrature. »

« Cette évolution d'une confrontation à une forme de « collaboration objective » avec les pouvoirs publics fut d'ailleurs remarquée, que ce soit pour le critiquer comme Jean-Jacques de Felice qui souligne le "risque de devenir de plus en plus technicien d'un droit qu'il [le GISTI] avait dénoncé en lui-même", ou pour le constater comme cette membre fondatrice aujourd'hui Conseillère d'État qui souligne que peu à peu le GISTI est devenu « un espèce de requérant d'habitude du Conseil d'État, qui a quasiment un espèce de rôle de service public … ».

Notes :

 

« Les quatre membres fondateurs sont désignés dans l'article comme F1, F2, F3 et F4. L'une de ces personnes est aujourd'hui décédée. Les trois autres ont participé à la journée Histoire et Mémoire du GISTI, et l'une d'entre elles a demandé à ce que son anonymat soit respecté : par contiguïté nous avons ainsi choisi de ne pas nommer les trois autres, puis d'anonymiser l'ensemble des témoignages issus de la journée Histoire et Mémoire. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons présenté peu d'éléments tenant à la carrière ultérieure des quatre énarques, même si d'un point de vue sociologique c'est en partie regrettable. »

 

« L'une des fondatrices participait au groupe des « experts en politique sociale » sur lesquels vont s'appuyer les socialistes lors de leur arrivée au pouvoir, comprenant de « jeunes énarques qui avaient créé une section CFDT à l'ENA » et plus largement des membres qui avaient déjà une bonne expérience de la haute administration, particulièrement dans le domaine des politiques sociales. »

 

2) Anna Marek :

« Gérard Moreau —[énarque, promotion Thomas More, janv.69-mai 71] : «  Moi, j’ai l’impression que le petit groupe d’énarques n’aura été que le facteur coagulant de militants, d’acteurs beaucoup plus anciens ayant des racines sociales, juridiques et militantes bien plus profondes et bien plus anciennes que ce petit groupe.

Les énarques, en l’occurrence, sont des gens qui ont fini leurs études à l’époque de 68. [Tous ont fait des études universitaires avant d’intégrer l’ENA]. Ce sont vraiment des soixante-huitards mais un peu frustrés parce qu’ils s’occupaient plus de leurs concours que des manifestations !... Plusieurs d’entre eux, dans ce petit groupe, ont eu une petite aventure à l’école elle-même et ont failli se faire révoquer, parce qu’ils ont voulu affirmer les principes qu’ils avaient appris à l’école et qui consistaient à dire que le droit est respectable, qu’il y a des droits de l’homme et des règles qu’il faut respecter. On leur a dit que s’ils continuaient à parler trop fort et indépendamment du respect de la hiérarchie, ils n’avaient qu’à choisir une autre direction, en tout cas pas l’ENA. »

« C’est ce conglomérat d’expériences qui a conduit ces énarques à chercher des voies d’engagement ensemble, dans ce petit groupe d’une douzaine de personnes au début mais qui s’est réduit rapidement à cinq ou six, et à chercher un sujet d’engagement à côté de leur métier. »

 

Gérard —« Je crois que … si l’on ôte un peu l’appareil idéologique marxiste-révolutionnaire et le verbalisme de ce genre de débats et d’analyse, il y avait une sensibilité que nous partagions tout de même sur le fond. A savoir l’idée que les immigrés étaient au cœur de l’internationalisme, du tiers-monde, des rapports de classe tels qu’on les avait analysés. Nous n’étions pas formellement engagés dans des partis de gauche, mais intellectuellement, chacun selon son histoire individuelle, nous avions découvert et adhéré progressivement à ce style d’analyse. »

«  Le Gisti est issu de la rencontre entre des milieux très différents. Pourriez-vous revenir sur la façon dont le groupe s’est constitué, à partir des cinq ou six « énarques » ? Qu’est-ce qui fait que cela a fonctionné ? Quelle était la base commune ? »

« Gérard — C’est une démarche qui a été au début assez légitimiste dans la mesure où ce groupe a cherché à s’intégrer à des partis ou à des syndicats. …. Donc, en gros, aussi bien les partis que les syndicats ont répondu : adhérez, faites vos classes, et on verra plus tard. … Les uns et les autres ont adhéré à des syndicats, ou au parti socialiste, ou à d’autres partis, plus ou moins individuellement mais ce n’est pas cela qui réunissait notre groupe. »

« Gérard — La démarche du Gisti était différente, il y avait un effort de pédagogie. Il ne s’agissait pas de dire « toutes ces règles sont stupides et absurdes », mais de dire « connaissez bien la règle et cherchez à en tirer le meilleur parti pour vous défendre ». C’est là qu’on n’était pas aussi théoriciens ou idéologues ... Le noyau d’énarques n’était pas d’extrême-gauche. »

18/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (2)

oo.jpgAu commencement fut la « révolution culturelle » de mai 68. C’est le début du grand chambardement destiné à faire arriver la gauche au pouvoir. Ce qui sera chose faite treize ans plus tard. Un temps mis à profit par les diverses organisations gauchistes qui vont se mettre à pulluler, pour saper les fondements d’une France traditionnelle destinée à faire place aux lendemains radieux promis par les révolutionnaires.

 

Cette volonté de faire table rase va se trouver déclinée sous diverses formes. Nous allons nous pencher sur l’une d’entre elles, parmi les plus discrètes, mais non les moins virulentes : le Gisti et ses mystérieux fondateurs.

 

Sous ce sigle extrêmement peu connu se cache le Groupe d'Information et de Soutien aux Travailleurs Immigrés, qui, dès sa création en 1971, a œuvré dans l’ombre et au plus haut niveau de l’Etat pour promouvoir l’immigration musulmane massive à présent installée en France. Pourquoi ses fondateurs énarques continuent-ils à faire preuve d’une telle modestie, en refusant obstinément de se nommer ? Ils ont pourtant magistralement réussi leur coup et sont parfaitement en droit de le revendiquer. Malgré leur retenue de rosière, nous disposons d’un certain nombre d’éléments permettant de les identifier, comme nous le verrons plus tard.

A partir de maintenant, nous allons nous appuyer sur les travaux d’une sociologue et d’une doctorante en science politique (quel beau titre, j’adore !) qui se sont penchées sur les débuts du Gisti. Le premier article s’intitule : « Faire émerger le droit des étrangers en le contestant, ou l’histoire paradoxale des premières années du Gisti », par Liora Israël, sociologue (article paru dans la revue Politix (volume 16, n° 62/2003) [ed. Lavoisier].

Le second est d’Anna Marek, Doctorante en science politique, Institut d’études politiques de Paris, sous le titre « Immigration : trente ans de combat par le droit - Des « anciens » témoignent » (Article paru dans Plein Droit n° 53-54, mars 2002).

Ce dernier article commence ainsi : « Respectivement élève à l’Ecole nationale d’administration (ENA), travailleur social, membre de l’équipe Cimade de Nanterre, et responsable du secteur migrants de la Cimade, Gérard Moreau, Bruno Ehrmann et André Legouy ont bien voulu échanger leurs souvenirs sur les raisons qui les ont amenés, il y a trente ans, à créer une structure comme le Gisti et sur les circonstances de leur rencontre ».

Ce qui m’amène à préciser tout de suite une chose importante: très vite se sont agrégés au noyau central et initiateur du Gisti divers types de travailleurs sociaux et des avocats, tous venus de la gauche ou de l’extrême-gauche. Leurs noms à eux sont complaisamment étalés pour faire oublier ceux du saint des saints qui avaient une carrière à protéger et qui restent secrets. Tous, sauf celui effectivement de l’énarque Gérard Moreau, dont nous reparlerons plus tard.

Voici un florilège de citations provenant de ces articles, qui vous situeront la philosophie du projet Gisti:

« Il s'agit d'une association née dans les années 1970, se situant très nettement à gauche, dont les membres sont des professionnels du droit ou des personnes ayant acquises [sic] des compétences précises dans ce domaine. Enfin, l'objet même de l'association a bien été, dès sa fondation, de s'inscrire sur le terrain du droit. »

« Au sein de la nébuleuse contestataire qui s’est créée, dans les années 70, autour de la défense de l’immigration, l’approche juridique du Gisti est singulière. Les événements de mai 1968 se sont, comme chacun sait, déployés au gré de manifestations multiples, d’affrontements de rue et autres formes expressives et peu institutionnalisées de protestation. Il s’agit alors de défier le pouvoir en ayant recours à l’outil juridique et en plaçant ainsi l’Etat devant ses propres contradictions. Dans ce contexte, l’utilisation du droit tranche non seulement avec les usages protestataires « routinisés » de l’époque, mais surtout, avec l’approche qu’en ont la plupart des organisations politiques militant aux côtés des travailleurs immigrés.

Le droit est en effet perçu, dans la lignée des thèses marxistes, comme un instrument formalisé et monopolisé par le pouvoir dominant en vue d’asseoir son autorité. Il est l’outil du pouvoir par excellence contre lequel il faut lutter par des coups d’éclats protestataires. A cet égard, les fondateurs du Gisti opèrent un véritable renversement de perspective en justifiant leur approche par l’efficacité attendue d’une démarche appréhendée sur le même terrain que celui des autorités. Si le droit symbolise l’instrument du pouvoir, la meilleure manière de le contester est de lutter sur le même terrain.

La spécificité de cette approche et le poids de cette atmosphère sont attestés par le discours rétrospectif des fondateurs. L’un d’entre eux, issu de la branche « énarque » évoque en ces termes ce contexte : « On est dans cette floraison de clubs de pensée et de mouvements gauchistes avec l’idée qu’il y a une classe dominante qui ne changera que par des luttes multiformes, en se manifestant, en criant, en pétitionnant, en allant sur le terrain... C’est par les luttes que l’on renversera le rapport des forces dominantes, dont le droit n’est que l’expression : c’est l’outil du pouvoir, par conséquent il faut lutter contre le droit parce qu’il appartient au pouvoir. Le point de départ du Gisti consistait à dire le droit est notre outil de travail, on le fabrique d’une certaine manière. C’est un outil de gauche, il faut que nous l’instrumentalisions en faveur de nos thèses. On va donc le mettre dans la bagarre, à notre service. »

Demain, nous poursuivrons notre petit périple au pays mystérieux du Gisti.

Sources : http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&q=...

http://www.gisti.org/doc/presse/2003/politix/index.html

17/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (1)

oo.jpg Le 27 mars dernier, j’annonçais un colloque à Paris sur le 35e anniversaire du regroupement familial, funeste décision entre toutes, prise par décret par le duo Giscard/Chirac. Un de mes subtils lecteurs m’adressait alors un défi. Vous relirez ci-dessous les trois messages qu’il m’envoyait sur le sujet. Encore que je trouve qu’il exagère peut-être un peu sur les chiffres. 15 millions d’étrangers, ça me paraît quand même beaucoup. J’avais déjà rencontré le Gisti, mais je n’avais jamais vraiment étudié la question. Ces quatre énarques planqués m’ont beaucoup fait réfléchir et ma foi, après beaucoup de travail, de recherches et de recoupements, je pense avoir réussi à dénicher ces quatre oiseaux. Qui ont généralement fait leur nid bien douillet au sommet de la pyramide alors qu’ils enjoignaient avec rudesse à ceux du bas de se pousser pour faire entrer tous ceux qui le souhaitaient.

 

Je vous demande néanmoins un peu de patience. Car il faut bien au préalable se remémorer les choses et leur contexte. Aujourd’hui, je vous redonne le point de départ : le défi. Typiquement le genre de chose que j’apprécie. Demain, nous parlerons un peu du Gisti et des éléments qui ont servi de base à l’enquête. Et après-demain, nous attaquerons les courageux personnages qui ont jusqu’ici préféré l’anonymat. A tort, ils devraient pavoiser au contraire car ils ont magistralement réussi leur coup. Dame, des énarques, forcément …

 

 

 

« Ce ne sont pas les lois et règlements pris par Giscard et Lionel Stoléru qui ont enclenché le processus d'immigration de peuplement massive.

C'est le GISTI qui par ses actions a paralysé l'application des dispositions qui prévoyaient la fin de l'immigration de travail et le rapatriement de tous les immigrés sans travail et sans ressources propres depuis longtemps.

Le GISTI avait été créé par 4 jeunes énarques dont les noms étaient, selon Liora Israël lorsqu'elle a organisé un colloque sur les trente ans de sa fondation, toujours secrets car certains sont toujours en activité.

Ce sont ces 4 personnes qui sont les premiers coupables de l'installation de 12 millions d'Africains en France depuis 30 ans.

Vous ne pouvez pas tenir sérieusement un colloque sur ce sujet sans les avoir identifiés. »

 

 

« Le texte de ce décret, c'est ça :

"Le conjoint et les enfants de moins de dix-huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent le rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :

1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;
2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille

3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées

4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public

5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ; "

Autrement dit, c'est un énoncé des motifs permettant de refuser un titre de séjour.

Il complétait plusieurs dispositions prévoyant l'arrêt complet de l'immigration et le retour dans leur pays des immigrés au chômage et sans ressources.

Or, c'est le GISTI, d'abord officine clandestine créée par 4 énarques qui étaient proches du Conseil d'État, dont le but était de fabriquer du contentieux et de générer une jurisprudence rendant la plus restrictive possible l'application de ces textes.

Par ailleurs, il y a la modification du Code de la nationalité, et toute la doctrine administrative infiniment extensive issue du contentieux fabriqué aussi par le GISTI (p. e. le prétendu droit au maintien sur le sol des parents d'enfants dits Français, mais en réalité potentiellement français s’ils restent en France jusqu'à leur majorité).
Ce ne sont donc pas les textes, mais la façon dont ils ont été dévoyés, qui a permis l'immigration massive.

 

Ensuite en 1981 le GISTI a été rendu officiel, et il est devenu le créateur de la doctrine de la politique d'immigration.

Cherchez ces 4 noms, vous aurez la clef.... »

 

 

« La suite du décret :

" La demande d'autorisation d'accès et de séjour au titre du regroupement familial est adressée par l'étranger concerné au commissaire de la République du département de sa résidence. Elle justifie qu'elle ne se heurte à aucun des motifs de refus énoncés aux 1°, 2° et 3° de l'alinéa ci-dessus.

Après vérification de ces justifications '''et s'il apparaît que le motif mentionné au 4° du premier alinéa ci-dessus ne s'oppose pas à leur présence sur le territoire français''', le ou les membres de la famille sont invités à se soumettre au contrôle médical prévu au 5° du même alinéa. Lorsque ce contrôle se révèle satisfaisant, le ou les membres de la famille reçoivent l'autorisation d'entrer en France au titre du regroupement familial et, si un tel titre est requis, un visa de séjour d'une durée supérieure à trois mois .

Un titre de séjour de même nature que celui détenu par la personne qu'ils rejoignent et emportant le cas échéant autorisation de travail est délivré à leur arrivée en France. "

Le 4°) permettait de refuser le séjour pour la simple raison qu'il y a du chômage en France.

La quasi-totalité des immigrés à cette époque avaient des titres de séjour de travail temporaires renouvelables chaque année. C'est tout ce que pouvait obtenir un membre de la famille.

Il n'était absolument pas question de donner quoi que ce soit à des clandestins.

C'est le GISTI, et lui seul, qui a transformé ces décrets en instrument d'une politique d'immigration de peuplement sans limites.

Je persiste à dire que ce n'est pas ce décret qui a ouvert les vannes, mais la façon dont il a été appliqué de façon complètement dévoyée, à cause du GISTI.


Dans la mesure où il prévoyait un chassé croisé: tous les immigrés sans travail devaient rentrer chez eux, tandis que les immigrés ayant un travail, un logement assez grand et confortable, pouvaient faire venir leur famille sans qu'elle ait plus de droits qu'eux aussi bien pour la durée du permis de séjour que pour les droits sociaux. Cette autorisation temporaire était en outre conditionnée par le fait de ne pas porter atteinte à l'ordre public, ce qui permettait de limiter autant qu'on voulait le nombre.

Ce décret aurait aussi bien pu être le début d'un reflux de l'immigration en France, et s’il ne l'a pas été, c'est à cause de la jurisprudence du Conseil d'État, provoquée par le GISTI, qui lui a donné une interprétation complètement abusive en bloquant tous les cas de retour, et en étendant indéfiniment les cas de regroupement familial. On ne peut pas imputer aux auteurs du décret la volonté d'augmenter la population immigrée, j'aurais tendance à penser le contraire, car les textes de Stoléru qu'on accuse d'avoir fait une politique immigrationniste, ne l'étaient pas, ce qui lui valait d'une certaine gauche l'accusation de xénophobie et d'antisémitisme.


J'avais bien repéré celui des fondateurs qui était breton, mais impossible d'identifier les trois autres. Il est possible que ce soient trois autres Bretons.

Ou des calvinistes du type unionistes, puisqu'on trouve ces comploteurs (leur action se faisaient au début dans le secret) installés jusqu'en 1981 dans les bureaux de la CIMADE. Ensuite, M. Badinter qui les connaissait bien, leur a donné une position institutionnelle officielle.

Nos compatriotes ont le droit de savoir qui, parmi les hommes politiques vivants, a voulu et planifié l'installation de 15 millions d'étrangers inassimilables, et cela d'autant plus qu'ils n'assument pas la responsabilité de leurs actes.

Allez, chère Anne, taïaut, F2, F3, F4, trois sales bêtes à pister et à lever, peut-être à ajouter à votre galerie des Affreux, un tableau de chasse pour le 9 Avril 2011, bon chien chasse de race. »