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23/02/2011

« Peut-on élire un Président juif en France? »

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Sous ce titre racoleur (voir lien ci-dessous), on nous ressasse l’éternelle rengaine de l’antisémitisme viscéral des Français, décidément incorrigibles. En filigrane, le chantage classique : désormais, refuser de voter DSK sera se désigner soi-même comme un antisémite de la pire espèce. Conclusion : votons tous pour lui comme un seul homme afin d’obtenir son brevet de brave con, pardon, de brave citoyen. On nous a déjà fait le coup, on a déjà donné.

Au risque de faire de la peine à l’auteur de l’article, qui s’est donné beaucoup de mal pour flétrir les mauvais penchants de ses compatriotes, je lui ferais observer que ce n’est pas à proprement parler d’un président juif que les Français devraient se méfier. Mais peut-être d’un président hyper sioniste. Mais ça, on n’en parle pas trop. On préfère insister lourdement sur les réalités françaises nauséabondes. Un terme décidément fétiche qu’on risque de beaucoup rencontrer ces prochains temps. En fait, et en un mot comme en cent, on préfère comme d’habitude déplacer le débat – ou le non débat – du domaine politique à celui de l’éternel racisme/antiracisme, où l’on se retrouve vite englué comme une mouche dans une toile d’araignée.

Or moi, ce que je trouve carrément nauséabond, c’est un homme politique « français » qui dans une campagne électorale à Sarcelles en 1993 trouve normal de clamer : "Je mets mon engagement de Juif avant toute autre préoccupation politique ». Ou qui raconte au magazine Tribune Juive « Se lever chaque matin en se demandant comment il pourra être utile à Israël. » Sans parler des autres déclarations abondamment reprises ces jours-ci.

Alors, oui, ces propos posent un énorme problème. Et un problème politique, qui a parfaitement sa place dans un débat politique pour la présidentielle. N’en déplaise à ceux qui agitent le drapeau passablement défraîchi de l’ « antisémitisme » pour enfumer les Français. Qui ne sont pas antisémites et ne se rendent pas compte – ou pas encore – de l’énorme emprise des institutions sionistes sur le pays. La lecture de mon bouquin sur le CRIF les instruirait, mais … C’est cela, et cela seul, qui pose problème. Si le fait d’être juif, comme d’être catholique ou protestant*, se cantonnait strictement à la sphère privée, il n’y aurait rien à redire. Et c’est cela que ces braves pommes de Français s’imaginent. Dans leur ensemble, ils n’ont pas encore compris que le soutien à Israël est constant et pèse d’un poids très lourd sur la vie politique française. Il pèse au niveau international et au niveau national, y compris justice, éducation, etc. Car le CRIF veille au grain.

Christian Jacob, avec ses propos sur le terroir qui n’ont strictement rien d’antisémite – ou alors, c’est que le sens du mot s’est transformé, ce qui est en effet le cas – aurait pu rétorquer aux indignés nauséabonds qu’il n’était pas le premier à utiliser le terme :

Fondateur en 1985 de Globe, journal bobo pro-mitterrandien, tendance antiracisme branché, on garde de Geoges-Marc Benamou cette exquise déclaration cosignée avec BHL et Pierre Bergé dans l’édito du premier numéro de ce magazine :

 

« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ».

 

Voilà qui était clair, non ? Eh bien, nous, nous préférons être franchouillards et cocardiers, si ça nous plaît. Pourquoi 1% de la population devrait-il forcément imposer sa loi aux autres ?

 

 

* Vous aurez finement noté que je n’ai pas parlé du cas « musulman ». Car tant que l’islam ne sera pas capable d’établir une coupure nette entre le politique et le religieux, je le vois mal entrer en concurrence avec les autres.

 

 

http://www.slate.fr/story/34331/elire-president-juif-dsk