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20/09/2010

JE T’AIME MOI NON PLUS

 

Israël observe anxieusement les sondages effectués aux States et en tire des conclusions généralement optimistes quant à l’affection qu’il suppose indéfectible des Américains à son égard.

Ainsi, en juillet 2010, on claironnait sur les sites sionistes que « la plupart des américains soutiendraient une attaque israélienne contre l’Iran» :

« Plus de la moitié des américains soutiendraient Israël si l’état juif attaquerait l’Iran, selon un sondage publié mercredi.

Le sondage, réalisé par TIPP, l’unité de sondage de TechnoMetrica Market Intelligence, une société de recherche américaine spécialisée dans les solutions d’étude de marché.

Selon le sondage, 43% des démocrates américains approuvent une action militaire israélienne contre l’Iran pour l’empêcher de fabriquer des armes nucléaires, tandis que 40% s’y opposent. Toutefois, lorsque la même question a été posée aux républicains, on trouve 74% d’approbation, contre 17% seulement qui désapprouvent. Parmi les indépendants, 56% approuvent une action militaire, tandis que 30% désapprouvent.

Dans l’ensemble, 56% des américains approuvent une attaque militaire, tandis que 30% sont contre, selon les résultats globaux du sondage. »

 

Ensuite, au début de ce mois, je lisais abondamment les résultats d’un autre sondage concernant cette fois les seuls juifs américains. Il était également très favorable :

« Sondage : 75% des juifs américains “concernés” par Israël

Selon un sondage organisé par le Centre d’Etudes juives de l’université Brandéis aux Etats-Unis, 63% des sondés se sentent liés à Israël et 75 % des participants se sentent concernés par ce qui s’y passe car cela fait partie de leur identité juive. Les Juifs constituent, en effet, un peu moins de 2 % de la population des États-Unis. »

 

Le 14 septembre, nouveau sondage concernant les intentions de vote des Américains aux élections du 2 novembre prochain et les perspectives que cela pourrait ouvrir pour Israël. Sous le titre « Un sondage qu’Obama et Netanyahou feraient bien de méditer », on pouvait lire : « Réalisé par le très sérieux Institut « Gallup », ce sondage traduit aujourd’hui en chiffres la déception croissante de la population américaine envers « la star » qu’elle a portée au pouvoir il y a bientôt deux ans. (…) La parution de ce sondage pourrait aussi avoir des répercussions sur les pourparlers israélo-palestiniens, lors des prochaines rencontres bimensuelles, au fur et à mesure que l’on se rapprochera de la date des élections. L’Administration américaine, qui ne cesse d’exercer de très lourdes pressions sur Israël, pourrait être tentée de « lever un peu le pied » afin de ne pas irriter les grandes organisations juives et perdre encore davantage d’électeurs juifs. »  

Tout ceci m’amène à un article de John Mearsheimer paru ce jour, en anglais hélas, dans lequel il commente une large étude sur la perception qu’ont les Américains de leur politique étrangère. Mearsheimer est cet universitaire qui a coécrit en 2006 avec son collègue Stephen Walt, le livre Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (La Découverte, 2007).

Vous trouverez en lien cet article qui est fort intéressant. Je ne me sens pas l’envie de le traduire en entier, juste quelques phrases :

« L’opinion publique américaine et les relations particulières avec Israël

Le Chicago Council on Global Affairs vient de publier une étude majeure sur ce que pense le public américain de la politique étrangère. Elle est basée sur les réponses de 2 500 personnes à un vaste panel de questions, notamment sur Israël. Les réponses montrent clairement que la majeure partie des Américains ne se sent pas réellement concernée par Israël. Il n’y a pas d’histoire d’amour entre le peuple américain et Israël.

Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient hostiles à Israël, ce qui n’est nullement le cas. (…) Mais il est clair que si le peuple américain pouvait en décider, les Etats-Unis traiteraient Israël comme un pays normal, comme il traite les démocraties telles que le Royaume-Uni, l’Inde et le Japon.

(…) Contrairement aux positions officielles, moins de la moitié des Américains sont prêts à défendre Israël même en cas d’attaque non provoquée d’un voisin.

Ils sont très prudents à l’idée d’être entraînés dans un conflit initié par Israël contre l’Iran. 56% d’entre eux estiment que si Israël décide de bombarder les installations nucléaires iraniennes, l’Iran se livrera à des représailles et ils souhaitent que les Etats-Unis ne s’engagent pas dans le conflit.

(…) Seuls 33% estiment qu’Israël est “très important” pour les Etats-Unis tandis que 41% l’estiment “assez important”. Sur la liste des pays ‘très importants” pour les USA, Israël n’apparaît qu’en 5e position, après la Chine, le Royaume-Uni, le Canada et le Japon. »

Sources : http://www.juif.org/defense-israel/133376,sondage-la-plupart-des-americains-soutiendraient-une-attaque.php  

http://www.juif.org/le-mag/341,sondage-75-des-juifs-americains-concernes-par-israel.php  

http://www.israel7.com/2010/09/un-sondage-qu%E2%80%99obam...

http://mondoweiss.net/2010/09/american-public-opinion-and-the-special-relationship-with-israel.html  

 

18/09/2010

VASTES CALEMBREDAINES

Mon attention a été attirée par cette info provenant du CRIF :

« Visite en France d’un groupe de jeunes Israéliens et Palestiniens

 

À l’occasion de la Journée internationale de la Paix, un groupe de 22 jeunes Israéliens et Palestiniens de 15 à 18 ans viendront présenter en France leurs "propositions pour la Paix", du 19 au 23 septembre 2010 prochains.

 

Ce projet rassemblant, sous le haut patronage de Bernard Kouchner et Luc Chatel, ces jeunes Israéliens et Palestiniens est le premier de ce type à avoir obtenu le soutien des ministres de l’Éducation palestinien et israélien, ainsi que le parrainage des présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas qui ont apporté leur soutien à l’initiative de ces "jeunes Ambassadeurs de la Paix". Le voyage en France de ces jeunes est organisé à l’initiative de Valérie Hoffenberg, représentante spéciale du président de la République pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient.  Lors de ce voyage, les jeunes Palestiniens et Israéliens iront à la rencontre de lycéens français en Seine-Saint-Denis et à Paris. Ils seront reçus au quai d’Orsay et présenteront, à l’Assemblée nationale, leurs propositions pour le rapprochement des deux peuples et la construction de leur avenir commun, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la Paix. »

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

Il y aurait beaucoup à dire sur cette façon minable d’instrumentaliser les jeunes, de les inviter à l’Assemblée dite nationale pour présenter leurs « propositions de paix » alors que les politiques patentés en sont parfaitement incapables depuis 60 ans. Beaucoup à dire aussi sur cette étonnante fonction de « représentante spéciale du président de la République pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient », brillamment occupée par une dénommée Valérie Hoffenberg, qui dirigeait auparavant le bureau français de l’American Jewish Committee. De l’argent public encore bien utilisé.

Espérons au moins que ces jeunes – combien respectivement d’Israéliens et de Palestiniens dans le lot ? – apprécieront le voyage.

 

Mais laissons les récriminations de côté et marrons-nous un coup à cette occasion. Car en voulant chercher à me renseigner sur cette fameuse Journée internationale de la Paix, je suis tombée sur Wikipédia sur une liste à mourir de rire : celle de toutes les « journées internationales » de l’année. A peu près une par jour, ou pas loin, avec un peu de relâche en juillet-août. Vous allez rire car il y en a de pas tristes. Ca recadre bien cette « Journée » en tout cas.

 

Vous la trouverez ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale

05/08/2007

9) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 9e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

9) Patrick Gaubert, le conseiller antiraciste de Charles Pasqua

00621afebe3da24d0f6d142b473ee75c.jpg« C’est encore une mort tragique qui fut à l’origine du procès que je plaidai le 31 octobre 1995 contre Patrick Gaubert, ancien conseiller chargé de la lutte antiraciste auprès du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. Dans cette fonction, dont on ne savait pas très bien si elle était officielle ou officieuse (le débat tourna longtemps autour de cette question), Patrick Gaubert s’était distingué en annonçant une nouvelle réforme de la loi sur la presse et un combat renouvelé contre les journaux dits d’extrême-droite. Il avait été à l’origine de la création de cellules contre le racisme dans chaque département, avec interventions dans ces cellules de toutes les ligues de vertu dites antiracistes (à l’exclusion de l’AGRIF). Le procureur de la République était invité, au sein de ces cellules, à agir et à multiplier les procédures à l’encontre des « coupables ». Définissant, dans un n° de septembre 1993 du mensuel L’Information Juive le combat qu’il menait, il écrivait : « Quant aux librairies, journaux et aux moyens de communication qui prônent légalement des discours xénophobes, si certains se croient protégés par leurs tirages, ils se trompent. Nous les ferons disparaître. »

345bdb520971d0458c077527f92cb5ad.jpg« Faire disparaître » ses adversaires, tel était le sens du combat essentiel de Gaubert. Alain Sanders en avait déduit et forgé le mot « gaubertisé » pour dire « disparu ». Ecrivant un article sur Sébastien Dezieu, jeune militant nationaliste tombé du 5e étage d’un immeuble le 7 mai 1994 en tentant d’échapper à la police qui le poursuivait pour sa participation à une manifestation interdite, Alain Sanders avait écrit de ce malheureux adolescent qu’il avait été « gaubertisé ». Un an plus tard, commémorant cette disparition tragique, il comparait la poursuite implacable de la police à l’encontre de ce jeune garçon qui n’avait rien fait, avec la complaisance et l’inertie de la même police à l’égard d’autres « jeunes » qui cassent les vitrines et pillent les magasins en marge des manifestations. Et se souvenant de la volonté de Gaubert de « faire disparaître » ce qu’il appelait l’extrême-droite, sa presse et ses militants, il employait à nouveau le terme de « gaubertisé » pour décrire le sort du jeune Sébastien Dezieu. Gaubert prétendit que l’utilisation de son nom dans ces conditions  tenait de la diffamation et il cita devant le tribunal Alain Sanders, en vertu de l’article 32 de la loi du 29 juillet 1881.

L’atmosphère de l’audience et de ses alentours fut particulièrement chaude. Les amis de Présent et de Sanders étaient nombreux dans la salle et en dehors de la salle. Je me souviens qu’en arrivant devant la 17e, j’assistai à un pugilat violent entre un petit groupe d’extrémistes juifs et un autre groupe de militants du Front national. Les gendarmes du palais durent s’interposer entre les combattants. Enfin Gaubert fit son apparition sous une protection policière importante.

Pour défendre Alain Sanders, j’utilisai une phrase de Paul Valéry que m’avait apprise Stephen Hecquet : « Il reste d’un homme ce que donne à penser son nom ». Patrick Gaubert avait voulu être l’homme qui fait disparaître toute une gamme d’opinions et une catégorie de population de la face politique de la terre française. Il avait voulu, comme on dit, attacher son nom à cette tâche. Il devait supporter les conséquences de sa volonté persévérante, mise au service du ministère de l’Intérieur et de Charles Pasqua. En lever de rideau, je soulevai au surplus un moyen, qui paraissait évident. Gaubert se prétendait

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20/04/2007

8) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

medium_images.29.jpgDans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 8e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

8) L’affaire de l’internationale juive (2ème partie)

« Je montrai aussi qu’il n’y avait diffamation ni dans l’imputation faite à un groupe d’être une internationale, ni dans l’imputation faite au même groupe de vouloir diffuser un esprit antinational et une idéologie mondialiste, réductrice, égalitaire.

S’agissant de l’internationale, je citai à l’appui de mon raisonnement, un mot de Maurras décrivant l’Eglise catholique comme la seule internationale qui tienne. Venant de lui, la phrase n’était pas une critique, mais un éloge, un témoignage d’admiration.

Et puis, internationale ou non, ainsi que l’avait observé le rapport de la commission du Parlement européen : « On peut (…) se demander en quoi l’opinion exprimée serait de nature, dans l’absolu, à porter atteinte à l’honneur et à la considération des groupements mentionnés, alors que la question de savoir s’il vaut mieux faire preuve d’un esprit nationaliste ou internationaliste est évidemment controversée ».

medium_images.28.jpg(…) Enfin, je montrai qu’il existe bien, en effet, des internationales juives. J’avais dans mon dossier un guide du judaïsme édité par Tribune juive où on pouvait lire : « Le judaïsme ne connaît pas de frontière et depuis le XIXe siècle, de nombreuses institutions juives fonctionnent à l’échelle internationale dans des domaines aussi variés que ceux de la philanthropie, la diplomatie, l’éducation, la culture ou la collecte des fonds ».

Quelques semaines plus tard, le 31 mai 1991, le tribunal prononçait une relaxe en faveur de Jean-Marie Le Pen et de Pierre Durand en constant que « le postulat exprimé par M. Le Pen est le reflet d’une conviction personnelle d’ordre politique, dont il n’appartient pas au tribunal d’apprécier la justesse ». Il ne s’agissait donc que d’un débat d’idées qui n’aurait pas fait tout ce bruit et tout ce vent si ce n’était pas Le Pen qui avait parlé.

Les parties civiles, en dépit de leurs efforts, de leurs déclamations, étaient déboutées de leur demande. Elles ne s’en tinrent pas là et firent appel.

Mais le 8 avril 1992, la XIe chambre de la Cour confirmait la relaxe de Pierre Durand et de Jean-Marie Le Pen et le débouté des parties civiles. Sur un pourvoi de la LICRA (la seule LICRA infatigable !), la Cour de cassation cassa l’arrêt de la Cour de Paris du 12 mai 1992 par un arrêt du 28 novembre 1994, renvoyant l’affaire devant la Cour de Rouen, mais seulement sur des intérêts civils puisque le Parquet n’avait pas formé de pourvoi.

Un arrêt de la Cour de Rouen du 17 mai 1995 condamna Jean-Marie Le Pen à 10 000 francs de dommages et intérêts à la LICRA et 2 500 francs en vertu de l’article 475-1 du code de procédure pénale. Entre-temps, Pierre Durand était décédé et l’affaire ne le concernait plus. La presse, lassée de ce procès interminable, ne fit presque aucun bruit autour de ce dernier arrêt.

L’internationale juive n’en est pas moins, avec Durafour crématoire et le détail, l’un des éléments inusables de la litanie anti-Le Pen.

Pour moi, ces plaidoiries me valurent d’être qualifié par Siné, dans Charlie-Hebdo, de « fâcheux homonyme du compositeur préféré d’Hitler. » 

19/04/2007

7) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 7e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

medium_CAQVAVEH.jpg7) L’affaire de l’internationale juive (1ère partie)

" La troisième colonne de l’accusation d’antisémitisme contre Jean-Marie Le Pen fut sa déclaration dite de l’internationale juive.

Elle avait été faite le 10 août 1989 et avait paru dans le journal Présent. Le président du Front national répondait aux questions que lui posait Jean Madiran et notamment à l’une d’elles sur l’influence du lobby mondialiste. La réponse était la suivante : « Ce n’est pas à des gens ayant votre formation politique que je veux apprendre quelles sont les forces qui visent à établir une idéologie mondialiste, réductrice, égalisatrice. Je pense à l’utilisation qui est faite des droits de l’homme, de façon tout à fait erronée et abusive, mensongère. Il y a la maçonnerie. Je crois que la Trilatérale joue un rôle. Les grandes internationales comme l’internationale juive jouent un rôle non négligeable dans la création de cet esprit antinational ».

Dès la parution du journal, une dépêche AFP donnait une version falsifiée de cette réponse. Le Pen avait parlé de cet esprit antinational qui caractérisait l’idéologie antimondialiste. La phrase transformée critiquait l’esprit antinational en général de ceux dont Le Pen critiquait le rôle. C’est sur la base de cette phrase transformée que la procédure fut engagée par le ministre de la justice, Pierre Arpaillange. (…)

S’agissant de Le Pen, parlementaire européen, il fallait obtenir du Parlement la levée de son immunité. Elle ne fut pas votée sans difficulté. En effet, la commission ad hoc exprima un avis défavorable à la demande formée par le garde des sceaux et c’est l’assemblée générale qui se prononça en sens contraire. L’affaire put alors venir devant le juge d’instruction Chantal Perdrix, puis devant la XVIIe chambre du tribunal présidée par Claude Grellier, à l’audience du 18 avril 1991.

Le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme se constituèrent évidemment parties civiles, prenant l’affaire non seulement au sérieux mais même au tragique. Harlem Désir, alors président de SOS-Racisme, vint à l’audience aux abords de laquelle il fut accueilli par des huées et des sifflets. Pierre-Bloch, malgré son âge, qui lui aurait permis une retraite bien méritée, crut utile d’assister également aux débats. (…)

Pierre Durand [directeur de publication de Présent, ndla] et Jean-Marie Le Pen, assis sur le même banc, prirent successivement la parole, revendiquant le droit à la liberté d’expression et s’indignant de cette nouvelle persécution. Le président Grellier, d’un ton bénin, voulut savoir pourquoi Le Pen avait parlé de l’internationale juive au singulier et non au pluriel. Dans les plaidoiries des parties civiles se succédèrent laborieusement les arguments habituels et, comme l’observait Marie-Claire Roy dans National Hebdo, « des poncifs sans cesse rabâchés. Tout y passe, l’affaire Dreyfus, les nazis… ». L’essentiel était d’aboutir, par approximations et assimilations successives, au terme de nazi, qui représente le mal absolu.

Le substitut Marc Domingo, coutumier d’interventions strictement juridiques et généralement objectives, se rallia, sans nuance, aux thèses des parties civiles.Une fois de plus, on observait qu’à partir du moment où le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme s’étaient constituées parties civiles, le Parquet n’avait plus qu’à suivre et à approuver, et à mettre sur leurs réclamations le tampon officiel . 

En décortiquant la phrase poursuivie et en la situant dans son contexte, je montrai qu’il n’y avait pas eu de diffamation raciale car une diffamation de cette sorte suppose une imputation faite à un groupe de personnes visées en raison de leur origine. Or, Le Pen avait dit, dans la suite de sa réponse, qu’il ne visait pas toutes les organisations juives, ni tous les juifs. Il ne visait que certains groupes, où il n’y avait pas que des juifs et où il n’y avait pas tous les juifs. C’était ces groupes-là qui manifestaient cet esprit antinational.»"

(suite et fin de cet haletant suspense demain)

11/04/2007

6) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 6e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

 

6) Jean-Yves Le Gallou s’invite au tribunal de Nanterre

medium_images.23.jpg« Le 7 mars 1991, alors que j’écoutais la lecture du jugement de la XVe chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, qui condamnait Le Pen pour « Durafour crématoire », j’avais à défendre devant la même chambre Jean-Yves Le Gallou poursuivi par la Ligue des droits de l’homme et par la LICRA pour provocation à la discrimination et à la haine raciale à cause de deux articles parus dans son journal municipal de Colombes à l’occasion des élections municipales partielles de mars 1990.

Jean-Yves Le Gallou s’était interrogé sur les logements sociaux, s’était demandé s’ils n’étaient pas par priorité attribués aux immigrés. Et à cette question faisait une réponse positive. Il reprochait au maire communiste de Colombes, Frelaut, de faire de sa ville une « république musulmane soviétique ».

On lui reprochait également d’avoir inséré dans son journal une photo de musulmans en prière à Paris, place de la République, le front sur le macadam. Il se demandait, en conséquence, si la future république islamique française n’était pas en marche.

 

La manière de Jean-Yves Le Gallou n’est pas de baisser les yeux ni les bras, ni de mettre son drapeau dans sa poche. Convoqué à l’audience, il décida d’en faire une tribune et de saisir l’occasion de sa comparution devant un tribunal correctionnel pour la transformer en journée d’études et de conférences sur le thème de l’immigration. Comme il aime aussi bien faire les choses, il avait invité le public à y assister par un carton courtois où se trouvaient mentionnés le nom du président, du procureur, des avocats et des témoins-conférenciers.

L’avocat de la Ligue des droits de l’homme, Me Waquet, goûta peu ce genre d’invitation et, selon le récit de Jeanne Smits, journaliste à Présent, s’empara sans autorisation de cette invitation, qui se trouvait dans les papiers de la journaliste, pour la remettre au président du tribunal. Devant la protestation de Jeanne Smits sur ce larcin furtif, Me Waquet lui conseilla de déposer plainte, refusant de restituer ce qu’il avait pris.

L’irritation de Me Waquet, comme de Me Quentin qui plaidait pour la LICRA, était compréhensible. Rarement une audience avait été plus clairement, plus complètement, plus judicieusement utilisée pour l’information du public. (…)

 

En effet, successivement, le polytechnicien et démographe Philippe Bourcier de Carbon, le polytechnicien Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge, Pierre Milloz, auteur d’un rapport sur le coût de l’immigration, Jean Mottin, conseiller d’Etat honoraire, le général du Verdier, vinrent apporter des renseignements précis, des chiffres indiscutables, une argumentation incontournable et la preuve de la vérité des phrases reprochées à Jean-Yves Le Gallou.

Me Waquet parla de témoignages « pseudo-scientifiques ». C’était méconnaître la qualité des chiffres et des précisions apportées et ne pas se donner la peine de même les examiner, puisqu’ils contredisaient la thèse idéologique des avocats de la partie civile.

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15/03/2007

5) Quelques procès de la LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 5e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

5) Mgr Lefebvre contre la LICRA (2e partie)

medium_images.6.jpg"Charrière-Bournazel, tout chaud, tout bouillant, se lança dans une exégèse théologique essoufflante et essoufflée : il aime l’amplification et met du vent autour de ses phrases. En la circonstance, il éprouvait visiblement à l’égard du prélat, de ce qu’il représentait, de ceux qui l’entouraient et le suivaient, de ses avocats aussi, une sorte de hargne. A certains moments, on put se demander s’il plaidait pour la LICRA ou pour le Pape et pour l’Archevêque de Paris tant il tenait à souligner la différence et même le fossé qu’il y avait entre les catholiques conciliaires et les catholiques « hérétiques et schismatiques » qui étaient dans la salle au soutien de Mgr Lefebvre. Celui-ci n’était plus que M. Lefebvre, Christian Charrière-Bournazel dénonçait avec une telle pieuse indignation le schisme et l’hérésie, au nom de l’Eglise une et catholique (mais non toutefois apostolique) qu’on avait envie de l’appeler « monseigneur ».

 

Nous étions deux pour défendre « le prévenu ».(…) Je tâchai, en ce qui me concerne, devant la visible impatience du président Grellier, de m’en tenir au droit et à la stricte interprétation de la loi Pleven en montrant qu’on nous faisait un procès méchant et un méchant procès. Procès méchant, car toutes les pièces et tous les raisonnements de la LICRA établissaient que l’association de Pierre-Bloch n’avait, dans cette procédure, aucun souci du sort des Maghrébins en France ou hors de France. Il s’agissait d’un procès d’inquisition contre l’intégrisme ou le traditionalisme catholique et d’un aspect de l’éternelle querelle de la Synagogue contre l’Eglise. Méchant procès, car il avait été bâti à la diable (c’était le cas de le dire !), voyant des incitations à la discrimination où il n’y en avait aucune, et une diffamation où il y avait une simple affirmation d’évidence d’un prêtre et d’un Français lucide et attentif.

 

Le tribunal me donna raison sur un point en constatant, comme je l’avais soutenu, que les propos poursuivis ne comportaient « aucun appel clair, explicite et direct à une discrimination ; ils sont l’expression d’une opinion que Mgr Lefebvre considère comme une nécessité d’ordre politique, à l’évidence inspirée par les sources théologiques du droit ; il convient en conséquence de relaxer le prévenu de ce chef ».

Mais le jugement retint la diffamation, critiquant particulièrement l’emploi par Mgr Lefebvre du mot « kidnappé » qui, selon lui, allait au-delà d’un débat d’idées parfaitement légitime et constituait une imputation diffamatoire envers la communauté religieuse musulmane dans son ensemble.

 

Nous étions en juillet 1990. Mgr Lefebvre, qui avait à l’époque quatre-vingt-quatre ans, s’interrogea et m’interrogea sur l’opportunité de faire appel et de poursuivre ce débat devant la justice des hommes. Malgré la belle régularité de son écriture dans ses dernières correspondances, il me parut lassé. Il s’en rapporta à ma décision et nous allâmes, sur mon avis, devant la Cour où il me demanda aussi de le représenter. En janvier 1991, la maladie l’aurait empêché de toute manière de venir à l’audience.

 

L’atmosphère du débat y fut différente. La fièvre était tombée. Charrière-Bournazel ne prêchait plus. Il plaida. Malgré un réquisitoire modéré de l’avocat général Pomier, la XIe chambre de la Cour fut plus sévère pour Mgr Lefebvre que ne l’avait été le tribunal, puisqu’elle infirma la partie de la décision qui l’avait relaxé du chef d’incitation à la haine raciale et retint la diffamation ; il fut condamné à une peine d’amende de huit mille francs ainsi qu’à payer à la partie civile la somme de quatre mille francs. L’arrêt fut prononcé le 21 mars 1991. Nous avions un délai de trois jours pour former un pourvoi en cassation et ce pourvoi fut effectivement formé le 24, mais le lendemain, 25 mars, Mgr Lefebvre quittait ce monde après cet éprouvant contact avec la justice des hommes.

 

Le pourvoi en cassation suspend toute condamnation en matière pénale. Par l’effet du décès de Mgr Lefebvre, l’action publique se trouvait d’autre part éteinte. Il est donc permis de dire que celui-ci, malgré les efforts de la LICRA, n’a pas été condamné pour incitation à la haine raciale ni pour diffamation raciale. L’affaire a été transférée, à un autre niveau, à une autre justice."

13/03/2007

4) Quelques procès de la LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 4e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

4) Mgr Lefebvre contre la LICRA (1ère partie)

medium_CA4TMJOT.jpg« Je n’avais eu jusque-là avec Mgr Marcel Lefebvre, que quelques contacts épisodiques. Je me souviens notamment d’un dîner à Suresnes, où j’avais été prié et où il présidait la table et servit lui-même le potage à ses hôtes avec une paternelle et souriante autorité. Puis, un jour de février 1990, il vint à mon cabinet avec l’abbé Aulagnier. Il avait reçu quelques jours plus tôt une citation qui, le qualifiant d’ecclésiastique, l’invitait à comparaître le 26 avril suivant devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris sous la double prévention d’incitation à la haine raciale et de diffamation raciale.

 

La date du 26 avril, suivant l’usage de cette chambre, ne devait pas être celle des plaidoiries mais seulement celle de la fixation d’une audience. J’expliquai à Mgr Lefebvre le mécanisme de ces procédures compliquées, la date probable des plaidoiries et ce que devait être notre système de défense. Il m’écouta  avec le sourire et l’apparence d’une grande impassibilité mais, je le vis et le compris plus tard, cette procédure l’avait touché et blessé, en ce qu’elle l’accusait de racisme alors qu’il avait passé trente ans de sa vie en Afrique pour y soigner les corps et les âmes. Dès qu’il apprit la procédure de la LICRA, Mgr Thiandoum, cardinal-archevêque de Dakar, écrivit à Jean Madiran son « écoeurement » devant cette accusation. Il faut dire en outre que ce premier contact avec la justice, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, troublait et inquiétait Mgr Lefebvre. Il manifestait là une réaction qui est celle de presque tous les plaideurs « débutants » en présence du papier bleu et de ce qu’il représente.

 

(…) En dernière heure, quand la date des plaidoiries eut été fixée au 21 juin, je pris la responsabilité de dire à Mgr Lefebvre que je ne souhaitais pas qu’il vînt à l’audience. Venir, c’était déjà entrer dans le jeu d’une persécution qui le visait non pas pour ce qu’il avait pu dire, mais pour ce qu’il représentait.

Malgré son absence, il y eut le 21 juin une mobilisation importante de fidèles et d’amis de l’archevêque poursuivi autour de la XVIIe chambre. (…) Cette affluence autour de la salle et ce soutien apporté par un public si divers à Mgr Lefebvre avait vivement mécontenté Me Charrière-Bournazel déboulant par une porte dérobée « J’ai dû passer par là, ils bouchent l’entrée avec leur secte ! ».

Quel était le motif ou plutôt le prétexte de la poursuite ? Quelques propos tenus à l’hôtel Crillon à Paris le 14 novembre 1989, quelques jours avant la célébration au Bourget par Mgr Lefebvre du soixantième anniversaire de son sacerdoce. Celui-ci m’avait demandé d’insister sur le fait que ces propos n’avaient pas été prononcés au cours d’une conférence de presse. Il s’était seulement soumis aux questions des journalistes et borné à leur répondre, à l’occasion de la cérémonie qui devait avoir lieu quelques jours plus tard.

Comme les accusateurs avaient bien fait les choses, en spécialistes gourmands de la loi Pleven, ils avaient qualifié certains propos du prélat du délit d’incitation à la discrimination raciale retenant que, selon une dépêche AFP, il avait dit que le mieux pour les musulmans serait qu’ils rentrent chez eux ; qu’en France, ils allaient peu à peu imposer leur loi ; que le droit chrétien n’était pas compatible avec le droit islamique et que les musulmans ne pouvaient pas être vraiment français ; qu’il ne fallait pas dès lors leur permettre de s’organiser en France.

D’autres propos du prélat étaient considérés par les accusateurs comme diffamatoires, par exemple le fait d’avoir dit que la construction en France de mosquées serait une catastrophe : « Ce sont vos femmes, vos filles, vos enfants qui seront kidnappés et emmenés dans des quartiers réservés comme il en existe à Casablanca ».

Tels étaient les éléments du délit que Me Zaoui et Me Charrière-Bournazel avaient la charge d’établir et de transformer en accusation pathétique. Me Zaoui le fit avec une certaine mesure car il a l’habitude de plaider près du dossier et du sujet en évitant les digressions mais il parut toutefois considérer comme une incitation à la discrimination la seule volonté chez un prêtre de convertir quelqu’un ou quelques-uns au catholicisme. C’était la preuve, selon lui, qu’il ne supportait pas qu’un autre soit autre, et le racisme, ce serait cela."