21.09.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS AUX ETATS-UNIS…ET AILLEURS - 14

c9bb1f443769da438f134c100faa98cb.jpg14) Le Transatlantic Institute (TI)

Au n°6 de cette série, nous parlions de l’American Jewish Committee (AJC) pour indiquer que, non content de faire du lobbying intensif aux Etats-Unis, il avait décidé d’élargir son rayon d’action, notamment à une région que nous connaissons bien : l’Europe.

Afin de « renforcer les liens entre l’Union Européenne, les USA et Israël », l’AJC a donc créé en 2004 à Bruxelles, le Transtlantic Institute, officine qui ne fait pas les gros titres de la presse, ce qui ne l’empêche pas d’agir fort efficacement.

Pas vraiment dans le sens d’une Europe-puissance, où les peuples auraient leur mot à dire, naturellement. Plutôt dans le sens d’une Europe bien respectueuse des puissances actuelles et strictement alignée sur les mots d’ordre obligatoires. Au premier rang desquels la lutte contre l’antisémitisme qui est, comme chacun sait, le principal fléau du monde actuel. D’ailleurs, le directeur exécutif du TI, l’Italien Emanuele Ottolenghi, vient justement de publier un livre sur ce sujet brûlant, intitulé Autodafe : L’Europa, gli ebrei e l’antisemitismo. Histoire d’en rajouter une louche sur la culpabilité ad vitam eternam et d'éviter que, d'aventure, les Européens ne s'écartent du droit chemin..

L’objectif avoué de ce nouveau groupe de pression est de redorer l’image d’Israël et d’influencer politique et opinion publique européennes en faveur de l’Etat hébreu. Je ne détaillerai pas les méthodes employées pour cela à Bruxelles car elles sont tout à fait analogues à celles utilisées aux Etats-Unis. Comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, ce ne sont que colloques luxueux, déjeuners, dîners… et voyages en Israël, bien sûr.

Comme celui d’avril 2005, qui a vu une vingtaine d’élus et de parlementaires français de gauche invités en Israël dans le cadre d’un programme intitulé « Chances et menaces pour la paix ». Bon, la paix n’est toujours pas à l’ordre du jour, et elle ne le sera pas de sitôt, mais en attendant, qu’est-ce que la guerre aura permis à ces messieurs-dames du système de voyager aux frais du contribuable ! Et de pontifier au retour. Un certain Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse, - et actuel ministre, ou secrétaire d’Etat, je ne m’en souviens plus, de la francophonie – y participait justement. Eh bien, il a été très favorablement impressionné par Ariel Sharon, il l’a déclaré avec enthousiasme.

Ce type d’invitations, c’est vraiment de l’argent bien placé.

D’ailleurs, le Congrès juif mondial a bien envie d’imiter l’AJC et de créer son groupe de pression à Bruxelles, afin d’occuper le terrain, lui aussi.Son président de l’époque – il a été poussé vers la sortie depuis – Isaac Singer, avait fait à Bruxelles en février 2004 un discours de combat qui n’était pas passé inaperçu, dans le registre :  «  Le nouveau juif est là et il va falloir compter avec nous . Romano Prodi a dit qu’il allait surveiller l’antisémitisme, eh bien nous, nous allons surveiller Romano Prodi. Nous allons combattre tous ceux qui ne nous aiment pas. Avec la force des États-Unis et d’Israël, nous allons changer le monde avec nos propres méthodes, pas les vôtres. »

A bon entendeur....

08.09.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 13

5ae48f178fffec58dd855707d5104d78.jpg13) Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO)

Nous voilà déjà arrivés au n° 13 de notre petite série et nous sommes pourtant loin d'avoir épuisé la question. Il est d'ailleurs quasiment impossible d'épuiser le sujet car de nouvelles structures surgissent sans cesse comme champignons après la pluie. L'idée directrice étant de diversifier au maximum l'action pour la rendre plus efficace. A ce niveau-là, le lobbying, c'est de l'art.

La CPMAJO est une organisation importante qui regroupe 50 organisations juives, tant politiques que religieuses. Comme toujours, et cela devient fastidieux de le répéter, le but est de mobiliser partout et en tout lieu en faveur d'Israël et de servir de lien entre la communauté juive américaine et le gouvernement. Je vous donne la liste des organisations qui composent la CPMAJO - où vous retrouverez quelques connaissances - et ainsi vous pourrez faire votre marché en fonction de vos intérêts.

De ce petit tour d'horizon au pays des organisations juives américaines, il ressort en tout cas qu'au-delà des inévitables rivalités et querelles de personnes, ces gens sont capables de s'unir pour défendre ce qui est à leurs yeux essentiel. C'est cela qui les rend forts, et ce qu'apparemment, les Gaulois n'ont jamais été capables de comprendre. Tant pis pour eux.

Ameinu  / American Friends of Likud  / American Gathering/Federation of Jewish Holocaust Survivors  / America-Israel Friendship League  / American Israel Public Affairs Committee /  American Jewish Committee  / American Jewish Congress  / American Jewish Joint Distribution Committee  / American Sephardi Federation  / American Zionist Movement /  Americans for Peace Now  / AMIT  / Anti-Defamation League  / Association of Reform Zionists of America  / B’nai B’rith International  / Bnai Zion  / Central Conference of American Rabbis  / Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America /  Development Corporation for Israel / State of Israel Bonds  / Emunah of America  / Friends of Israel Defense Forces  / Hadassah, Women’s Zionist Organization of America  / Hebrew Immigrant Aid Society  / Jewish Community Centers Association  / Jewish Council for Public Affairs  / Jewish Institute for National Security Affairs  / Jewish Labor Committee  / Jewish National Fund  / Jewish Reconstructionist Federation  / Jewish War Veterans of the USA /  Jewish Women International  / MERCAZ USA, Zionist Organization of the Conservative Movement  / NA’AMAT USA  / NCSJ: Advocates on behalf of Jews in Russia, Ukraine, the Baltic States & Eurasia  / National Council of Jewish Women  / National Council of Young Israel  / ORT America  / Rabbinical Assembly  / Rabbinical Council of America  / Religious Zionists of America  / Union of American Hebrew Congregations  / Union of Orthodox Jewish Congregations of America  / United Jewish Communities  / United Synagogue of Conservative Judaism  / WIZO  / Women’s League for Conservative Judaism  / Women of Reform Judaism  / Workmen’s Circle  / World Zionist Executive, US  / Zionist Organization of America

18.08.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 12

12) CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America)

bc16b2e4e5988edfc259212106812bd1.jpgUn nom un peu compliqué qui signifie: Comité pour l'exactitude de l'information concernant le Moyen Orient en Amérique. Il s'agit d'une organisation créée en 1982 pour surveiller les médias, afin de promouvoir une "couverture équilibrée et précise" du conflit israélo-arabe. Son site, www.camera.org , précise bien qu'il ne s'agit pas d'une organisation partisane.

CAMERA se flatte de surveiller systématiquement tout ce qui s'écrit, s'entend ou se regarde sur le conflit: depuis les radios ou journaux locaux jusqu'aux grandes chaînes et quotidiens nationaux, sans oublier internet. Elle scrute également les agences de presse et les grands médias étrangers, notamment européens. Vous voyez d'ici la difficulté: la désinformation et la malveillance iraient même à présent se nicher jusque dans les magazines de mode, les encyclopédies, les livres de géographie, les guides de voyages, sans parler des dictionnaires. Une fois erreurs et désinformation débusqués, il s'agit ensuite d'écrire au média fautif pour demander, bien sûr, un rectificatif. Et plus de vigilance à l'avenir. Que vont alors faire les coupables? Le site de CAMERA classe très précisément leurs réactions en trois catégories: il y a ceux qui obtempèrent derechef, ceux qui ignorent la requête (si, si, il y en a apparemment) et ceux qui se décident à rectifier mollement.

L'organisation, basée à Boston, revendique aujourd'hui 55 000 membres répartis dans les grandes villes américaines, qui, eux aussi, surveillent comme des sioux tout ce qui paraît dans les médias. Mais il y a un autre volet à l'activité de CAMERA. Comme on l'a vu par ailleurs, le public des campus est particulièrement ciblé, car il représente l'avenir et il paraîtrait qu'il s'agit d'un environnement potentiellement hostile. Une publication, CAMERA on Campus, est là pour aider les étudiants à ne pas se laisser impressionner par la propagande adverse.

Une autre organisation de surveillance de la presse s'est créée plus récemment, en 2000. Elle s'appelle Honest Reporting (www.honestreporting.com ) et poursuit très exactement les mêmes buts, avec les mêmes méthodes.

Vous avez sans doute lu la fameuse lettre de Martin Luther King, Lettre à un ami antisioniste. Pour vous rafraîchir la mémoire, vous la trouverez dans Lire la suite. Eh bien, c'était un faux et CAMERA l'a reconnu en janvier 2002 tout en accordant beaucoup de circonstances atténuantes à ceux qui l'ont diffusée (http://www.camera.org/index.asp?x_context=7&x_issue=3...  ).

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15.08.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS – 11

11) L’America-Israel Friendship League (AIFL)

b7477c42ced483043074fdc9e3f78caa.jpgLe site de l’organisation, www.aifl.org , nous prévient tout de suite: l’AIFL est non sectaire et non politique. Voilà pour les mauvais esprits qui pourraient imaginer Dieu sait quoi…

La Ligue a été créée en 1971 pour préserver les intérêts des Américains et des Israéliens au Moyen Orient et pour renforcer les liens naturels entre les populations de ces deux grands pays, sur fond des valeurs communes habituelles qui ont nom : humanisme et démocratie. Parfaitement.

Parmi les fondateurs de 1971 : Nelson Aldrich Rockefeller, qui deviendra vice-président républicain des Etats-Unis de 1974 à 1977 sous la présidence de Gérald Ford. Détail insolite : tous deux auront accédé à ces hautes fonctions sans y avoir été élus, du fait de la démission de Richard Nixon en 1974.

L’organisation revendique à l’heure actuelle 20 000 membres, concentrés essentiellement à New York, San Francisco, Tucson et Salt Lake City. Sans compter des bureaux à Tel Aviv.

L’essentiel de son activité consiste à organiser des échanges tous azimuts et des voyages en Israël pour tout ceux qui comptent ou risquent de compter, dans quelque domaine que ce soit, aux States. Il semble difficile d’y échapper, et là encore, pas de problèmes d’intendance. L’argent a l’air de couler à flot.

L’AIFL tient à souligner qu’il est fâcheux que le conflit israélo-arabe, domaine délicat qui a tendance à assombrir quelque peu le tableau, domine à ce point les débats. Il y a pourtant bien d’autres choses à mettre en valeur : ainsi, que sait-on de la démocratie en Israël, de sa vibrante culture, de son importante contribution au monde en matière de science, de technologie, de médecine, d’environnement, d’art ? Sans parler de son exceptionnelle hospitalité, de son histoire captivante et de la splendeur de ses paysages ?

Bref, que de travail pour faire découvrir toutes ces merveilles aux Américains et leur faire comprendre ce qui sinon risquerait de leur échapper : à savoir que des similar natures and vital commitments make Americans and Israelis natural friends. Autrement dit, que des tempéraments semblables et des engagements essentiels font des Américains et des Israéliens des amis naturels.

Pour renforcer cette amitié « naturelle »,  la Ligue a donc développé tout un programme d’échanges culturels et éducatifs. Et politiques bien sûr, bien que ce mot vulgaire ne soit jamais employé. Car ce n’est certainement pas uniquement la culture et la beauté des paysages qui motive chaque année le voyage d’un groupe d’attorneys general, qui sont autant de ministres de la justice de chaque état. La prochaine fournée est d’ailleurs prévue pour octobre prochain et comprendra un nombre respectable de sénateurs, de gouverneurs, sans oublier le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Gale Norton. L’AIFL se flatte d’avoir envoyé depuis 1988 plus de 50 attorney general de 30 états américains en Israël.

Ils ne sont pas les seuls à faire le voyage. Dans le cadre des leadership missions to Israel, sont envoyés avec une régularité de métronomes : dirigeants en tous genres, professeurs, juristes, professions libérales, enseignants. ET journalistes, bien sûr, particulièrement chouchoutés. TOUS les journalistes : pas seulement les généraux, mais les spécialisés. Le mois prochain, une délégation de journalistes « technologiques » s’envolera pour Israël. Rien n’est laissé au hasard : tous les terreaux sont irrigués, toutes les activités sont concernées.

bd22d56aae622a32f36ec83a19938333.gifComme on l’a déjà vu, assurer le présent, c’est bien, prévoir l’avenir c’est mieux. Voilà pourquoi est développé depuis 1977 un programme appelé YASE (Youth Ambassador Student Exchange). Depuis cette date, des milliers d’étudiants ont bénéficié de ces voyages-vacances en Israël, au cours desquels on prend soin, à côté des loisirs, de s’intéresser à leurs futurs plans de carrière. Afin sans doute de leur donner un petit coup de pouce, histoire de voir l’ascenseur revenir. Un programme équivalent existe pour les jeunes sportifs.

Voilà comment ça se passe…. Franchement impressionnant.

Ah, j’ai failli oublier le dîner annuel de l’AIFL. Je vous laisse l’info en anglais car elle est vraiment too much:  Our annual Partners for Democracy Award Dinner recognizes and celebrates the many wonderful contributions made by Americans and Israelis towards the advancement of peace and understanding.

Ce qui veut dire en clair : Notre dîner d’attribution du Prix Partenaires pour la Démocratie reconnaît et célèbre les nombreuses et merveilleuses contributions faites par les Américains et les Israéliens en faveur de la promotion de la paix et de la compréhension.

13.08.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS – 10

10)  Neturei Karta Jews united against zionism

589fa30cdffdcca0cc21c597b5f720f9.gifNous sommes toujours dans les organisations juives, mais plus du tout dans les lobbys pro-israéliens. Ce serait même tout le contraire. Aujourd’hui, nous allons nous offrir une pause et nous intéresser à ceux que leurs ennemis – et ils sont nombreux – désignent sous le terme méprisant de « groupuscules extrémistes ». De quoi nous les rendre sympathiques, non ?

Bien que le nom de Neturei Karta ait un petit air japonais, ça n’a rien à voir avec le pays du soleil levant. Il s’agit d’un terme araméen qui signifie « gardiens de la cité ». Les Neturei Karta ont été fondés en Palestine en 1938 pour s’opposer aux efforts du sionisme car ils considéraient que le concept même d’état juif était contraire à la loi juive. Ils n’ont pas réussi à empêcher sa création et entourent depuis ce qu’ils nomment le so-called « state of Israël » d’une haine vigilante.

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Pour quelle raison s’opposent-ils à ce point à ce régime qu’ils considèrent illégitime et hérétique? La réponse est donnée dans un discours tout récent tenu à Montréal : " Le sionisme nie les croyances de base du judaïsme en tentant de mettre fin à l’exil juif prématurément, par intervention humaine. Il préconise que les juifs devraient trahir les nations dans lesquelles ils vivent. De plus, les sionistes ont, afin d’établir cette souveraineté illégitime sur la Terre Sainte qui ne leur appartenait pas, persécuté la population indigène, les Palestiniens Arabes et les Juifs, qui auparavant y vivaient en paix pendant des centaines d’années. Ils ont volé la terre et les foyers des Arabes et les ont traités comme s’ils n’existaient pas. Ces actions ont contribué à créer une haine qui brûle jusqu’à ce jour. "

Refusant de vivre sous ce régime honni, la plupart sont partis vers les Etats-Unis, le Canada, l’Angleterre. Voire Anvers ou Vienne. Ils sont en réalité principalement installés à New York où ils ont leurs propres synagogues, écoles, lieux de réunions, etc. Ils se comptent par quelques milliers, mais considèrent que les juifs orthodoxes qui refusent l’idéologie sioniste sont, eux, plusieurs centaines de milliers.

Inutile de dire qu’ils suscitent les commentaires les plus meurtriers de la part des lobbys dont nous avons parlé jusqu’ici. D’autant qu’ils ont participé à la fameuse conférence de Téhéran en décembre 2006 où l’un de leurs dirigeants, le rabbin David Weiss, a considérablement aggravé son cas en affirmant à propos de l’holocauste : « …Vous devez savoir que le peuple juif mourut et n’essayez pas de dire que ce n’est pas arrivé. Ils sont morts…. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas nier, mais, ceci étant dit, cela ne signifie pas que l’holocauste  donne le droit d’opprimer les autres ».

Dans le même registre, de retour en Angleterre après la même conférence, un autre participant, Aharon Cohen, a déclaré à la presse britannique:  « Il est hors de doute qu’il y a eu un holocauste et des chambres à gaz. Il y a trop de témoins. Cependant, nous estimons que si celui qui est responsable de la souffrance d’autrui est évidemment coupable au premier chef, il n’arrivera pas à ses fins si la victime ne le mérite pas d’une façon ou d’une autre. Nous devons donc veiller à nous améliorer nous-mêmes de façon à perdre ces caractéristiques ou ces actions qui peuvent avoir été la cause de l’holocauste. »

Après des propos pareils, il n’y a pas lieu de s’étonner de l’hostilité qu’ils déchaînent. Si, malgré tout, vous voulez en savoir un peu plus sur ces petits hommes verts, allez sur leur site www.nkusa.org .

11.08.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS – 9

9) Americans For a Safe Israel (AFSI)Organisation des Américains pour un Israël sûr

ea30745ab96289286f3aa45b785f1f45.gifNous ne sommes pas chez les colombes, ici. On y souhaite la sécurité pour Israël, ce qui dans leur esprit est totalement incompatible avec l’éventualité d’un Etat palestinien. Cette organisation particulièrement radicale milite en faveur du « grand Israël ». Elle verrait d’un bon œil le départ de tous les arabes d’Israël et pour régler le conflit, propose que les palestiniens deviennent citoyens jordaniens.

L’AFSI a été créée en 1971 par des juifs américains convaincus « qu’un règlement pacifique du conflit israélo-arabe ne pourra intervenir que lorsque les arabes auront réalisé une fois pour toutes qu’Israël ne peut pas être vaincu militairement, ni par un autre moyen ». C’est ce qui est indiqué sur leur site, www.afsi.org . En attendant que les arabes comprennent, pas question du moindre compromis sur les territoires conquis en 1967, à savoir la Judée, la Samarie, Gaza et le Golan. Pour répondre aux critiques, l’AFSI estime d’ailleurs qu’un Israël fort est essentiel à la sécurité des Etats-Unis.

17d6e528dbb712f20c7406f0fe0afe22.jpgL’organisation est présidée par Herbert Zweibon qui passe chaque année deux mois en Israël pour faire la tournée des membres de la Knesset et du gouvernement. Sa bête noire, ce sont les islamistes et, adepte du choc des civilisations, il a tenu des propos bien intéressants sur l’islam dans une interview accordée aux USA : « …La menace islamique est réelle, envahissante. Elle s’étend à travers le monde entier et nous voyons par exemple en Europe que l’islam s’apprête à prendre le contrôle de la sphère politique*. Une communauté qui refuse de s’intégrer dans la société, qui insiste pour avoir sa propre loi, la charia, cela crée une situation très dangereuse. ». Dans cet entretien, il parle clairement de « l’invasion de l’Europe qui ne peut manquer d’avoir un impact sur le monde libre » et indique que les Etats-Unis ne doivent pas imiter l’Europe dans sa manière de traiter l’islam radical. Ce qui signifie sans doute que les Etats-Unis, eux, ont le droit et le devoir de se défendre contre « l’invasion » ? Et même de prendre les devants ?

83fe3411705dd6971c270d3fa2dd8b60.jpgL’AFSI a largement bénéficié des largesses d’un milliardaire « philanthrope », Irving Moskowitz, un personnage bien intéressant. Ayant amassé une fortune énorme dans les jeux et autres casinos, il a pu se livrer à son dada favori : financer les installations de colons dans les territoires occupés, sans compter bien d’autres actions, y compris à Jérusalem. Des interventions qui se sont souvent soldées par des massacres et qui sont donc largement controversées, y compris en Israël. Lorsqu’il n’est pas là-bas pour surveiller ses implantations, il vit en Floride.

Pour défendre ses thèses, l’AFSI utilise les méthodes de lobbying habituelles : contacts réguliers à Washington avec les membres du Congrès, voyages en Israël, de préférence dans les territoires occupés, publications de revues. Sans oublier les appels directs en masse de ses adhérents et sympathisants carrément à la Maison Blanche pour faire pression au maximum.

D'ailleurs, si vous avez vous aussi quelque chose à communiquer à la Maison Blanche, c'est le moment. Toutes les coordonnées sont clairement indiquées: "Please call on everyone you know to call the White House at 202-456-1111 (best); fax 202-456-2461, or email president@whitehouse.gov ". 

 

 * J'aurais bien envie de lui demander: grâce à qui? Dommage que personne ne pose jamais ce genre de questions...

Légende de la carte: Israël sans Hebron, Bethlehem, Bethany, Bethel, Shilo, Shechem, Ariel, Elon Moreh, Efrat, Jericho          

31.07.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 8

8) Le Zionist Organization of America (ZOA)

bfc85965a49a73e4ce923d18fd46a90f.jpgJe suppose que vous ignoriez tout de cet énième et cependant puissant groupe de pression juif américain. Moi aussi, je le reconnais. Ce qui est proprement fascinant, c’est d’en découvrir encore et encore, ayant toujours et systématiquement les mêmes objectifs, mais sachant se diversifier sur le terrain, pénétrer le maximum de milieux, de lieux géographiques, de zones d’influence, de réseaux. Du beau travail. Voilà des gens qui ont réussi à compenser leur faiblesse numérique, avérée, par une multiplicité d’organisations qui, donnant un sentiment de puissance et de nombre, en impose au monde extérieur.

Le ZOA, créé en 1897, se considère comme la plus ancienne organisation sioniste des Etats-Unis. Lutter en faveur du peuple juif en général et de l’Etat d’Israël en particulier, voilà son objectif qu’il poursuit opiniâtrement et sur une ligne plutôt dure. Basé à New York, il revendique 30 000 membres sur tout le territoire américain.

Son président, Morton A. Klein, est plutôt controversé à l’intérieur de l’establishment juif. Ce qui ne l’empêche nullement d’être également membre du comité directeur de l’AIPAC, que nous avons déjà vu. Et c’est là encore un trait constant de ces groupes de pression et de leurs dirigeants : tous sont chez les uns et les autres, moyen très efficace pour répercuter et démultiplier la moindre démarche.

Outre le lobbying intense qu’il mène à Washington, le ZOA a développé ce qu’il appelle le Campus Activism Network : il s’agit de répandre la bonne parole sur les campus et de combattre « la propagande arabe ». Ce qu’il fait consciencieusement avec la bénédiction des autorités américaines. Le ZOA convie régulièrement les sujets particulièrement méritants en Israël. Il faut penser à l’avenir, et comme il le dit fièrement lui-même : We are preparing the Jewish activist leadership of the future”.

Pour donner une idée de la manière d’opérer du ZOA, rien de mieux que de piocher les exemples suivants dans la bio du président Klein, figurant sur leur site www.zoa.org. Vous constaterez qu’il vaut mieux être de leurs amis… «  ZOA s’est battu contre la nomination du  Prof. John Roth à la direction des études au musée US de l’Holocauste (il avait comparé les Israéliens aux nazis). Roth a démissionné peu après. ZOA s’est également battu contre Joe Zogby, analyste au Département d’Etat, qui avait écrit des articles hostiles à Israël. En deux semaines, Zogby a quitté le Département d’Etat. ZOA a publiquement révélé les écrits de Salam Al-Marayati (Directeur du Conseil musulman des Affaires publiques) en faveur du Hamas et hostiles à Israël et s’est opposé à sa nomination à la Commission US sur le terrorisme. Cette nomination a été révoquée. ZOA a également fait état des écrits hostiles à Israël de Strobe Talbott, candidat de Clinton au poste de sous-secrétaire d’Etat. Il n’a pas obtenu le poste. »

Toujours dans la même bio, cet homme infatigable se félicite d’avoir écrit à l’ambassadeur de Jordanie aux Etats-Unis, Markwan Muasher, pour se plaindre de ce que deux terroristes avaient trouvé refuge en Jordanie et s’étonner de ce que ce pays avait permis au Hamas de s’installer à Amman. Eh bien, le croiriez-vous, quelques jours plus tard, les bureaux du Hamas étaient fermés.

On se demande vraiment pourquoi les Américains s’obstinent encore à organiser des élections, qui coûtent de l’argent et font perdre du temps… A quoi bon des élus en effet ?

27.07.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 7

7)  L' American Jewish Congress (Le Congrès juif américain)

cabe6f7a8b1bb43dafc514d2156ade3f.jpgA ne pas confondre avec son presque homonyme vu avant-hier. Il s’agit là encore d’une très puissante organisation créée en 1918 par des responsables religieux et communautaires juifs, tous sionistes, afin de présenter une position unifiée des juifs américains lors de la Conférence de Paix tenue à Versailles en 1919.

Auparavant, en 1918, s’était tenu leur 1er congrès qui verra parmi ses délégués une certaine Golda Meier Meyerson, du Milwaukee, plus connue par la suite sous le nom de Golda Meir. L’AJCongress ne tardera pas à se transformer lui aussi en groupe de pression ayant pour but de défendre les intérêts juifs partout dans le monde. Sioniste de la première heure, le Congrès considère être parmi les premiers à avoir défendu l’idée d’un Etat juif. En 1933, il prendra la tête du boycott général des produits allemands. Il a, soit dit en passant, le boycott assez facile. En 2002, il avait appelé au boycott du Festival de Cannes en raison de l’affreuse vague d’antisémitisme qui, chacun s’en souvient, s’était soudainement abattue sur le pays. En 1936, il contribuera largement à la création du Congrès juif mondial (World Jewish Congress).

Ses objectifs prioritaires sont les mêmes que ceux que nous avons déjà rencontrés : soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël et lutte contre le « nouvel antisémitisme ». Viennent ensuite, sans doute afin de diversifier les terrains d’action et les réseaux: la préservation de la liberté religieuse aux Etats-Unis (!!!), la promotion de l’indépendance énergétique du pays et l’aide aux pays musulmans « modérés » - suivez mon regard.

Car l’Europe intéresse vivement, à plus d’un titre, l’AJCongress.  Ses dirigeants ont fait, comme il se doit, leur tournée d’inspection sous nos cieux. Ils ont mené une action de lobbying intense à Bruxelles, au bénéfice des Etats-Unis. Et chez nous, ils ont même prêché la bonne parole…à des convertis, ce qui était facile. Voyez plutôt : lors de leur visite en 2004 a été scellé un accord de coopération entre l’AJCongress et l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF), association communautaire comme son nom l’indique, créée en 1997. Cet accord, qui prouve clairement la pénétration de plus en plus agressive de ces lobbys en France, n’a pas fait que des heureux, même dans lesdits milieux communautaires, puisqu’il a été dénoncé par Actualité Juive en septembre 2004. D’autant qu’il aurait été accompagné de fortes sommes d’argent, destinées à quoi ? Mystère…

7ef5f8bcc239aeba7a4c252de439b864.jpgLa réponse de l’UPJF à Actualité Juive ne manque pas d’intérêt : « Tout d’abord, nous revendiquons pleinement l’existence d’un accord avec nos frères américains, qui nous apportent leur savoir-faire, leur expérience et leur professionnalisme afin de devenir une véritable force de proposition en France. Cette volonté d’organiser notre communauté en tant que force politique dans le but d’améliorer l’image d’Israël et de lutter efficacement contre la résurgence de l’antisémitisme, constitue une première dans l’histoire de la communauté juive française. Cette initiative est aujourd’hui indispensable et complémentaire de l’action du CRIF, dont la neutralité est nécessaire afin de mener à bien sa mission.

Sur le soutien financier apporté à l UPJF, force est de constater que le fantasme de voir le « lobby juif américain » tirer les ficelles de la politique mondiale et s’attaquant maintenant à la politique française n’épargne pas certains représentants de notre communauté, ni votre journaliste ! (…) L’UPJF reçoit effectivement un soutien financier de son partenaire américain, exclusivement destiné à financer des opérations de communications et de lutte contre la désinformation ainsi que des formation destinées à lutter contre l’antisémitisme et l’antisionisme qui sévissent dans notre pays et non à financer la vie politique française comme le laisse entendre votre article. »

Bref, vous l’aurez compris, l’UPJF voit grand et se rêve en groupe de pression « à l’américaine ». Il est vrai que l’époque lui est favorable pour le moment et qu’il bénéficie pour ce faire, des gros moyens et de l’expérience de véritables orfèvres en la matière…

L’UPJF poursuivait d’ailleurs, dans la même réponse : « Il en va exactement de même du soutien que nous pouvons apporter à tel ou tel candidat, et ce, contrairement à ce que voudraient faire croire nos détracteurs, quelle que soit leur couleur politique. Nous soutenons ces hommes et ces femmes en fonction de leurs prises de positions sans équivoques sur l’antisémitisme, les Juifs et leur soutien à l’Etat d’Israël. »

C’est sans doute pour soutenir « tel ou tel candidat » qu’ils ont décerné à Sarkozy leur prix de l’Homme politique de l’année en 2006.

25.07.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 6

6) LAmerican Jewish Committee (AJC)

edaaea62f7d2e43d4878fd0b19da6ac2.jpgPoursuivons notre petite série obsessionnelle. Je vous invite tout de suite à ne pas confondre l’AJC ci-dessus mentionné avec un autre AJC, qui est l’American Jewish Congress, que nous examinerons plus tard. Etonnant, non ? On a l’impression d’ouvrir des poupées gigognes russes, chacune donnant accès à une autre puis à une autre et ainsi de suite…

En tout cas, vous pouvez constater que le quadrillage est bien fait et que les moyens financiers n’ont pas l’air de manquer. L’AJC qui nous occupe aujourd’hui a été créé en 1906 par des juifs américains pour défendre leurs coreligionnaires victimes de pogroms en Russie. Lui aussi a fait du chemin depuis ses débuts car outre son siège à New York, il dispose à présent de 33 bureaux sur tous les Etats-Unis et de 8 représentations à l’étranger, dans les pays suivants : Allemagne, Belgique, France, Inde, Israël, Italie, Pologne, Suisse.

6335b446eeb24d52e05dff4451b69bcb.jpgL’AJC, qui a un statut d’ONG,  s’est en effet spécialisé dans une activité « diplomatique » très internationale et à haut niveau. Lorsque ses dirigeants se déplacent, ce n’est pas pour rencontrer le lampiste, je vous prie de le croire. Il a même ouvert il y a une paire d’années à Bruxelles le Transatlantic Institute pour renforcer les liens entre l’Union Européenne, les USA et Israël - encore une officine qu’il sera fort instructif d’examiner de près lorsque son tour viendra. Pour vous donner une idée de l’importance de l’AJC aux Etats-Unis mêmes : son gala annuel, l’an dernier en mai 2006, s’est tenu en présence de George Bush, Angela Merkel et Kofi Annan, entre autres. De quoi faire pâlir même le CRIF.

Quels sont ses objectifs ? Serez-vous étonnés si je vous dis qu’il s’agit de combattre l’antisémitisme, de soutenir à fond Israël « dans sa recherche de paix et de sécurité » et d’assurer le bien-être des juifs aux USA, en Israël et partout dans le monde ? Comment y arriver ? Pas très compliqué : il suffit de « promouvoir des sociétés pluralistes et démocratiques où toutes les minorités seraient protégées », moyen le plus sûr de combattre l’antisémitisme. C’est en tout cas la recette qui a été appliquée chez nous, avec des résultats mitigés, cependant. Preuve que même les meilleurs plans peuvent gripper…

L’AJC avait reçu Sarkozy lors de son déplacement aux States en 2004. Le courant a très bien passé, comme vous pouvez vous en douter et pour resserrer encore des liens décidément étroits, devinez la requête adressée à l’AJC par ….le même, alors ministre de l’Intérieur ? Tenez-vous bien, car dans notre beau pays, on fait à présent de plus en plus fort, et comme disait un humoriste, lorsque les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites…  Donc, l’AJC est venue… entraîner la police française à Paris, en décembre 2006, à combattre les "crimes de haine". Parfaitement. On a pu lire sur son site (http://www.ajc.org/site/apps/nl/content2.asp?c=ijITI2PHKo...) que l’organisation se félicitait « de la proposition française d’accueillir un symposium international pour former les policiers français et européens à combattre les "crimes de haine", sous la direction de Paul Goldenberg, expert pour le compte du American Law Enforcement et de l’American Jewish Committee. Un programme mis en route il y a deux ans, était-il précisé de même source. Dans un premier temps, Sarkozy avait en effet accueilli en France en décembre 2005, après les révoltes dans les banlieues, les deux chefs de la police israélienne, Gideon Ezra et Moshe Karadi, venus dispenser leurs conseils à la police française ….

De son côté, le directeur exécutif de l’AJC, David Harris, avait fait une tournée en Europe en 2005 et déclaré en toute simplicité, en France, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, et le premier ministre, qui s’était naturellement déplacé pour l’occasion : « En ma compagnie se trouve une délégation de l'American Jewish Committee qui vient de visiter plusieurs capitales européennes dans le but d'approfondir et d'étendre le dialogue transatlantique. Notre organisation a été créée voici près d'un siècle en réponse aux pogroms qui sévissaient alors contre les Juifs d'Europe de l'Est. Dès le début, l'AJC a poursuivi deux buts complémentaires. Le premier était d'assurer la sécurité des communautés juives, tant dans le monde qu'aux Etats-Unis, et de leur porter assistance. Le second, directement inspiré de la tradition prophétique du judaïsme, était d'apporter notre contribution au bon fonctionnement politique et social des sociétés où nous vivons.

En conséquence, durant tout le 20e siècle et jusqu'à aujourd'hui, notre institution s'est impliquée profondément dans le combat pour défendre et étendre les droits de l'homme, les libertés individuelles et la dignité de la personne humaine. Ce faisant, nous avons puisé aux sources des valeurs les plus pérennes de la Révolution française. ».

Je trouve ce petit préambule assez éclairant à plus d’un titre. L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) a d’ailleurs pu titrer fort judicieusement: « L’intervention croissante des organisations juives américaines en France donne un souffle inattendu au militantisme juif de l’Hexagone ».

23.07.2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 5

5) Le B’nai B’rith

4aed553f7324dc8a366c4faa1e0f9559.jpgNous avons vu que l’ Anti-Defamation League était en quelque sorte le bras armé du B’nai B’rith (BB), ce qui nous amène tout naturellement à nous intéresser aujourd’hui à cette très puissante (mais n’est-ce pas un pléonasme ?) organisation juive, dont le siège central se trouve à Washington. Et tout d’abord, est-ce une franc-maçonnerie ?

L’organisation s’en défend farouchement et on peut comprendre pourquoi. Une franc-maçonnerie – théoriquement parangon de la tolérance et de l’universalisme fraternel - qui ne serait ouverte strictement qu’aux seuls juifs, comme c’est le cas du BB, ce serait peut-être un peu difficile à faire passer, n’est-ce pas ? Imaginons une seconde une franc-maçonnerie interdite aux juifs, vous voyez le tableau d’ici ? Donc, ce n’est pas une franc-maçonnerie et si on y parle de Loges, de tenues ouvertes et fermées selon que les réunions sont publiques ou strictement privées, ou encore de rituel qui règle lesdites réunions afin « de permettre l’expression de chacun dans un climat d’écoute », eh bien, ça n’a quand même rien à voir. Et si Sigmund Freud, distingué membre du BB de Vienne a commencé son discours en Loge, lors de son 70e anniversaire en 1926, par ces mots : « Vénérable Grand Président, distingués Présidents, chers Frères… », une fois encore, qu’est-ce que ça prouve ?

Cela étant posé, ce qui est par contre indiscutable, c’est que nous avons affaire à la plus grande organisation juive du monde et l’une des plus anciennes, puisque fondée aux Etats-Unis en 1843 par 12 émigrés juifs allemands – afin de symboliser les 12 tribus d’Israël -, émigrés dont 4 au moins  étaient bel et bien francs-maçons. Le B’nai B’rith, nom qui signifie Fils de l’Alliance,  a bien essaimé depuis puisqu’il est aujourd’hui présent dans 58 pays, dont 29 pays européens.

Cette organisation « philanthropique » ne fait pas mystère de sa mission qui figure sur son site, www.bnaibrith.org : « Le B’nai B’rith a pris en charge la mission d’unir les juifs dans la réalisation de leurs plus hauts intérêts et ceux de l’humanité (…) Grâce à ses membres dans 58 pays de par le monde, le statut d’ONG aux Nations Unies à New York et à Genève, la représentation à l’UNESCO, et le bureau à Bruxelles à l’U.E., nous sommes idéalement placés pour réunir, disséminer et agir sur l’information là où les intérêts juifs sont en jeu. » Au moins, c’est clair.

Ce statut officiel lui permet d’entretenir des liens particulièrement étroits avec l’Union Européenne qui fait l’objet  de ses soins attentifs. Le BB a d’ailleurs ouvert récemment un bureau pour « intensifier notre engagement dans les activités de l’Union Européenne ». Ce ne sont pas des phrases en l’air : depuis près de deux ans, l’ambassadeur aux Etats-Unis du pays qui va prendre pour six mois la présidence de l’UE est « invité » par le BB, à Washington, à venir faire son rapport sur ce que sa présidence compte entreprendre durant les six mois à venir. Ce que l’ambassadeur du Portugal vient très docilement de faire, ces jours derniers, en n’omettant pas d’assurer son honorable auditoire de toute l’amitié que voue le Portugal à Israël. Fort édifiant.

Car, vous l’aurez deviné, derrière la philanthropie, la culture, etc, etc, c’est bien le soutien indéfectible à Israël qui est au cœur de ses préoccupations, la défense des droits de l’homme – à géométrie variable, s’entend – venant en second lieu afin de resserrer les boulons.

La branche française du BB est ancienne puisqu’elle existe depuis 1932, et comme dans le cas de l’Anti-Defamation League avec le BB International, ses liens avec la LICRA sont évidents puisque Jean Pierre-Bloch a présidé conjointement les deux organisations à plusieurs reprises et notamment de 1974 à 1981. Cette branche française, qui compte quelque 2 500 membres, est présidée aujourd’hui par Marc Lumbroso. Sur son site, www.bnaibrith-france.org , au chapitre « associations amies », nous retrouvons de vieilles connaissances comme SOS Racisme ou Ni Putes Ni Soumises.

Afin de récompenser amis et méritants, le BB attribue, en Europe, ses Menora d’Or. Ont notamment été distingués en 2005, lors d’une soirée fastueuse à Monte-Carlo, le prince Albert de Monaco et Christian Estrosi. Ce dernier, par ailleurs membre du groupe d’amitié France/Israël à l’Assemblée nationale, a été récompensé pour la promotion de la mémoire de la shoah et pour avoir organisé avec le CRIF (et l’argent du contribuable) les voyages de la mémoire à Auschwitz pour les élèves des collèges. Au cours de l’année scolaire 2002/03, le Conseil général a ainsi offert à 2 700 collégiens et 300 accompagnateurs, « l’opportunité d’approcher avec lucidité et courage les conditions dans lesquelles l’irréparable, l’indicible a pu être commis ».  A quand les voyages sur les lieux de l’horreur bolchevique ?

Au niveau mondial, le BB est présidé depuis peu et pour la première fois, par un non Américain : par un Canadien pour être précis, Moishe Smith. Ce dernier a clôturé son allocution de bienvenue par ces mots : «  G-d Bless Israel. G-d bless Canada . G-d bless the United States of America . And may G-d bless all the people of the world.”  Ce qui nous permet de constater dans le texte un certain ordre de priorité qui tendrait à donner raison aux infâmes antisémites qui ont répondu au sondage récent de l’ADL (voir avant-hier).

c5160b370e27ab94eb10eb8e5dbf8884.jpgSi vous voulez tout savoir sur le BB – ses liens avec le communisme, avec l’Allemagne, et much more, comme diraient les Américains - je ne saurais trop vous conseiller de lire le livre passionnant d’Emmanuel Ratier, Mystères et Secrets du B’nai B’rith, (Editions Facta, 1993).

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