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26/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – 10

Poursuivons notre voyage en Chine, avec un contemporain d’Israël Epstein :

SIDNEY SHAPIRO - 10

Il est en effet né la même année que lui, en 1915, mais à New York, et pareillement dans une famille juive. Il aura bien d’autres points communs avec lui et surtout, celui d’avoir également consacré sa vie au soutien du régime communiste chinois et à sa propagande à l’étranger.

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Ses premiers contacts avec la Chine datent de la seconde guerre mondiale, à laquelle il participe dans les rangs de l’armée américaine. Il débute alors son apprentissage du chinois dans l’éventualité d’un atterrissage dans la Chine alors occupée par les Japonais. Cet atterrissage ne se produira jamais, mais il continuera d’apprendre la langue, tout en poursuivant des études de droit. Après la guerre, en 1947, on le retrouve à Shanghaï, ville où vit une importante colonie juive. C’est là qu’il rencontre sa future femme, une actrice chinoise aux sympathies communistes prononcées, nommée Fengzi. Ce qui ne l’empêcha pas plus tard (Fengzi) d’écoper de 10 années de « rééducation » durant la révolution culturelle, car l’épouse de Mao avait quelques comptes à régler. En attendant ces années noires, le duo va essayer de rejoindre l’armée rebelle de Mao, n’y parviendra pas et assistera finalement à son arrivée triomphale à Pékin.

Officiellement, Shapiro travailla durant cinquante années au Foreign Languages Press (FLP), organisme dépendant de l’Etat. Il y était traducteur d’ouvrages chinois. Mais il était surtout – comment aurait-il pu travailler dans un organisme d’Etat, sinon ? – un ardent propagandiste du régime à l’étranger. Ceci apparaît nettement dans son autobiographie intitulée An American in China, parue en 1979, où il relate, à côté de son histoire personnelle, la longue marche vers le pouvoir du régime communiste chinois, en suivant scrupuleusement la vulgate du parti. Il a écrit plusieurs autres ouvrages, dont Jews in Old China et  I Chose China.

ddshp.jpgIl fut l’un des rares étrangers, comme Epstein, à recevoir la citoyenneté chinoise, en 1963, avant la révolution culturelle. Et l’un des rares également, toujours comme Epstein, à devenir membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois.

Sa longévité est étonnante. Agé de quasi 96 ans, il est toujours de ce monde, vivant à Pékin. Il serait même le plus âgé des juifs vivant en Chine à l’heure actuelle.

Et il a reçu les mêmes honneurs qu’Epstein pour ses 90 ans, qu’ils ont d’ailleurs fêté ensemble. Le communisme, ça conserve. A certaines conditions.

 

25/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – 9

Revenons à notre série sur les promoteurs du communisme. Changeons de continent et rendons-nous dans la vaste Chine. Les personnages que nous allons évoquer ne sont pas à proprement parler des promoteurs, mais plutôt des propagandistes zélés du régime communiste chinois. En réalité, ils en firent quand même la promotion dans les milieux occidentaux, c’était même leur tâche principale. Ils sont abondamment dépeints un peu partout comme des « idéalistes », ce qui permet de passer rapidement sur les horreurs sans nom perpétrées par les maoïstes. Horreurs excusables puisque commises en vue d’un intérêt supérieur inaccessible à l’entendement des incultes. Jamais ces personnages ne firent repentance pour leur allégeance aveugle à un régime sanglant et totalitaire. Et d’ailleurs, nul n’eut jamais l’idée saugrenue de la leur demander.

En fait, il y eut bien au moins deux promoteurs juifs du communisme en Chine, qui exercèrent leurs talents avant ceux qui seront présentés ici. J’en parle dans Révolutionnaires juifs et je ne vais pas détailler à nouveau leurs actions. Il s’agit de Mikhail Borodine, qui « travailla » en Chine dès 1923. Les bolcheviks, alors assez isolés diplomatiquement, lorgnaient sur l’énorme potentiel que représentait une Chine en pleine déliquescence. Borodine réorganisa le parti Kuomintang (KMT) dont un certain Mao Tsé Toung dirigeait le secteur propagande. L’autre promoteur s’appelle Manfred Stern. Il arriva en Chine en 1932, comme conseiller militaire du Komintern auprès de Mao qui venait d’établir sa république soviétique chinoise du Jiangxi. Il s’agissait d’éliminer les opposants, accusés d’ « opportunisme » (!!!) ou de « koulakisme ». 20% de la population de la république, soit 700 000 personnes, furent supprimées durant les trois années de la république, qui correspondent au séjour de Stern, qui repartit ensuite exercer ses nombreux talents … en Espagne, en 1935.

Revenons à nos propagandistes, dont voici le premier :

ISRAËL EPSTEIN - 9

Il naît en 1915 en Pologne dans une famille juive d’activistes socialistes. Il dira du reste bien plus tard, en 2003 : « The earliest influence on me came from my socialist parents ». Son père avait connu la prison tsariste pour avoir mené des grèves et sa mère avait été exilée en Sibérie. Au début de la première guerre mondiale, son père est envoyé au Japon pour y travailler. Sa famille l’y rejoint, mais ils n’y resteront finalement pas. Tous gagnent la Chine en 1917 et s’installent à Tientsin, grande ville du nord, en 1920.

A l’âge de 15 ans, il débute dans le journalisme politique pour un journal chinois de langue anglaise, couvrant notamment l’invasion japonaise de la Chine. Il sera correspondant de divers médias occidentaux avant de partir s’installer temporairement aux USA en 1945. Dès avant cette date, il avait pris des contacts avec les milieux communistes qui avaient toute sa sympathie. Il avait notamment rencontré Mao, Chou En Lai et autres révolutionnaires, en 1944. Il dira plus tard que ces conversations avec Mao avaient « changé sa vie ». Il sera dès lors un admirateur inconditionnel du dictateur rouge dont il conservait un portrait dans sa chambre à coucher.

 

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En 1951, à la demande des officiels communistes, il rentre en Chine pour participer à la création et pour diriger un magazine à la gloire du régime, China Reconstructs, rebaptisé par la suite China Today. L’objectif est d’assurer la promotion du régime et de présenter au reste du monde une vitrine acceptable.

Il occupera cette fonction jusqu’à l’âge de sa retraite, en 1985. C’est durant cette période qu’il devient citoyen chinois en 1957 et officiellement membre du parti communiste du pays en 1964. Un honneur rarement accordé à un étranger d’origine.

C’est également durant cette période qu’il va effectuer ses fameux voyages au Tibet, en 1955, 1965 et 1976. A la suite desquels il publiera en 1983 un livre fortement controversé, Tibet Transformed.

Entretemps, de 1968 à 1973, un épisode très fâcheux était intervenu. En pleine révolution dite culturelle, il avait été accusé de complot contre Chou En Lai et emprisonné. Mais les choses s’étaient tassées, il avait été relâché – cinq ans après, quand même - avec les excuses de Chou et ses privilèges lui avaient été restitués. Nul doute que son utilité pour le régime, en raison de ses contacts avec l’occident, n’aient donné à réfléchir en haut lieu.

Revenons au Tibet. Il s’y rend donc à nouveau en 1976, après son élargissement. Le Tibet se trouvait depuis les années 1950 sous la poigne de fer de Pékin et il fallait adoucir l’image pour l’étranger. D’où le bouquin d’Epstein. Pour être « transformé », il l’était, le Tibet. De fond en comble, même. L’objectif du livre était de montrer que si Pékin avait envoyé ses troupes, c’était pour le bien du peuple tibétain, un bien que les dirigeants communistes connaissaient bien mieux que ces semi-sauvages inexplicablement attachés à leurs lamas. Le livre fut dénoncé par les opposants aux communistes comme un grossier tissu de mensonges.

Le livre parut en 1983, et il reçut sa récompense la même année : il fut admis comme membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois, un corps consultatif.

Peu rancunier, malgré son emprisonnement de cinq années, il demeura indéfectiblement attaché aux « idéaux » communistes jusqu’à sa mort, survenue en 2005 à Pékin. Ce qui nous fait quand même 90 ans de soutien indéfectible.

Il avait reçu de nombreux honneurs durant sa longue vie, de la part des dirigeants successifs, le président Hu Jintao se déplaçant même pour l’aider à souffler ses 90 bougies (photo). Il en reçut encore dans la mort puisque ses funérailles eurent lieu au cimetière Babaoshan des Révolutionnaires à Pékin, le 3 juin 2005, en présence du président chinois, du premier ministre et de tout le gratin chinois reconnaissant.

Juste avant son décès, il avait publié, en 2005, My China Eye: Memoirs of a Jew and a Journalist. 

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05/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – EUGEN FRIED ET MICHEL FEINTUCH (8)

Aujourd’hui, pour le week-end, je n’ai pas vraiment envie de me fatiguer, alors je vous offre deux portraits qui trouvent parfaitement leur place dans cette série, et qui sont issus de mon livre Révolutionnaires juifs. Cette fois, nous restons en France :

 

1) EUGEN FRIED, dit CLEMENT, l’agent du Komintern qui fut le vrai chef du PCF

 

tt.jpgCelui qui est systématiquement qualifié d’ « homme de l’ombre » du parti communiste français naît en 1900 dans une famille juive de Slovaquie, alors partie de l’empire austro-hongrois. Il passe son baccalauréat en 1917, année fatidique. Dès lors il ne pensera plus qu’à se joindre aux mouvements révolutionnaires qui embrasent l’Europe centrale.

 

Il participe à la création du parti communiste tchécoslovaque en 1921 et en devient rapidement l’un des responsables. Il intègre par ailleurs le Komintern. 1921 est également l’année où s’organise en France la SFIC – Section française de l’Internationale communiste –vocable très révélateur pour désigner ce qui deviendra quelques années plus tard le PCF.

 

Fried, agent du Komintern, est envoyé en France en 1931 pour « encadrer » le parti dont il deviendra l’un des hommes-clés pendant une bonne dizaine d’années, sous le pseudonyme de Clément.

Sa tâche sera essentiellement de veiller à ce que les ordres de Moscou soient scrupuleusement exécutés. En fait, il contrôle tout l’appareil en sous-main. Si Maurice Thorez, l’ancien ouvrier méritant qui a grimpé tous les échelons du parti, prend la direction de son secrétariat général en mai 1931, ce n’est qu’avec l’assentiment du Komintern et de Fried.

 

Le PCF suivra dès lors fidèlement les injonctions et les fluctuations de Moscou: d’abord politique internationaliste, puis constitution du Front populaire en 1936, puis approbation du pacte germano-soviétique fin 1939, puis virage à 180° en 1941 et résistance aux Allemands.

Fried est toujours au centre de l’action, relayant fidèlement les ordres de Staline. En 1939, il quitte la France, où le parti a été interdit,  pour Bruxelles où il est chargé par le Komintern  de diriger une antenne pour toute l’Europe de l’ouest. Il y vivra avec la première femme de Maurice Thorez, Aurore.

 

Sa carrière d’influent agent de l’ombre va se terminer brutalement par son assassinat en 1943, à Bruxelles. Par qui ? Annie Kriegel avait débuté une biographie de Fried qui sera interrompue par son décès en 1996. Stéphane Courtois la terminera et la publiera en 1997 sous le titre Eugen Fried – Le Grand Secret du PCF. Les deux auteurs semblent attribuer le décès brutal de l’agent aux services spéciaux soviétiques. Ils ont en tout cas déclenché la controverse car la version habituellement admise – et tellement plus politiquement correcte – est d’attribuer la mort de Fried à la police allemande. Qui aurait tendu une souricière, dans cette maison bruxelloise qui servait de relais, sans savoir exactement qui viendrait s’y fourrer.

 

 

2) MICHEL FEINTUCH, dit JEAN-JEROME, agent du Komintern et grand argentier du PCF

 

C’est lui qui succéda après la seconde guerre mondiale et jusque dans les années 1970 à Eugen Fried en tant qu’œil de Moscou rivé sur le parti communiste français.

Le futur Jean-Jérôme naît en 1906 dans une famille juive de Galicie, alors région de l’empire austro-hongrois. Il reçoit une éducation religieuse poussée dans une yeshiva où il apprend le yiddish et l’hébreu.

A la fin de la première guerre, la Galicie redevient polonaise. L’onde de choc de la révolution bolchevique se propage à toutes ces régions où s’organisent des partis communistes. La Pologne ne fait pas exception. Son parti révolutionnaire se crée dès 1918 par la fusion du SDKPiL - fondé par Rosa Luxemburg et Leo Jogiches - et de l’aile gauche du parti socialiste. Feintuch ne tardera pas à le rejoindre.

Il se fait arrêter à diverses reprises en raison de ses activités politiques et syndicales.  Comme de toute façon, il veut échapper au service militaire, il quitte la Pologne en 1927.

Il va vivre dans un premier temps en Belgique, travaillant comme ouvrier, mais il se fait expulser l’année suivante en raison de son activisme. Il passe alors clandestinement en France et va vite se trouver des points de chute grâce au Comité central du PCF. On le retrouve à la Confédération Générale du Travail (CGT) et à la mission polonaise de la Main d’œuvre étrangère (MOE)

Il se fait expulser une nouvelle fois, de France cette fois, en 1931. Mais il ne tardera pas à revenir. C’est qu’entre-temps il est devenu un efficace agent de liaison du Komintern et du Profintern, l’internationale rouge des syndicats, qui avait été créée en 1921 sur proposition de Zinoviev.

Il va travailler de concert avec l’agent du Komintern, Eugen Fried, qui débarque justement en France cette année-là. Tous deux sont au cœur de l’activité du PCF durant ces années d’avant guerre. En 1936 éclate la guerre civile en Espagne. Staline crée les Brigades internationales pour renforcer les républicains et aide ces derniers de multiples façons. Feintuch sera chargé de la logistique de cette aide depuis la France : armes et fournitures en tous genres traverseront la frontière. Mais la République d’Espagne s’effondre en 1939. Feintuch se reconvertit alors dans le passage en sens inverse : il fera traverser clandestinement vers la France des dizaines de milliers d’anciens combattants et de réfugiés.

En juin 1940, le numéro deux officiel du parti, Jacques Duclos, - le numéro un officiel, Thorez, ayant déserté à Moscou - rentre de Bruxelles où il s’était replié avec d’autres dirigeants du PCF, autour de Fried qui, lui, va rester en Belgique, et fait immédiatement appel à Feintuch. C’est à partir de ce moment-là que ce dernier se fera appeler Jean-Jérôme. Il sera d’une très grande utilité au parti alors clandestin : c’est lui qui fournit imprimeries clandestines, argent et organise les caches, notamment dans la banlieue parisienne.  C’est lui aussi qui sera chargé des contacts avec la résistance et les gaullistes.

Il est arrêté par les Allemands en avril 1943, mais assez curieusement, il ne sera pas déporté. Il est libéré en août 1944, en même temps que Paris.

A l’issue de la guerre, Jean-Jérôme aura droit à toute la batterie: Médaille de la Résistance, Croix de Guerre, Légion d’Honneur.

Il continuera après-guerre, et jusqu’au milieu des années 1970, à rendre d’éminents services au PCF, quoique occultes puisqu’il n’avait pas de titre officiel. Brassant de juteuses affaires d’import-export entre la Pologne, la Tchécoslovaquie et l’URSS, il passe pour avoir été l’un des grands argentiers du parti.

Il mourra en 1990, après avoir écrit deux livres de mémoires : La Part des Hommes et Les Clandestins (1940-44).

22/02/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – VOLODIA TEITELBOIM (7)

tei.jpgAprès Cuba, poursuivons notre périple au Chili. Volodia Teitelboim naît en 1916 à Chillàn dans une famille d’immigrants ukrainiens juifs. A 16 ans, il s’inscrit aux jeunesses communistes chiliennes. Nous sommes donc en 1932 (année de l’Holodomor en Ukraine). Il  poursuit ses études de droit en même temps que son militantisme. Wikipédia nous dit que « Pendant les années 40, Teitelboim est frappé comme tous les militants du Parti communiste chilien de persécution et contraint à l’exil ». Présenté de cette façon, on a vraiment l’impression que c’est dégueulasse de frapper de persécution des gens qui ne songent pourtant qu’au bonheur de l’humanité, vous ne trouvez pas ? Surtout que dans les années 40, ça faisait déjà vingt cinq ans qu’ils s’efforçaient de les rendre vachement heureux.

Mais après la pluie, le beau temps, et de retour d’exil les choses vont s’arranger pour lui puisqu’il est élu sénateur de Santiago en 1965. Fonction qu’il gardera jusqu’au coup d’Etat de septembre 1973 qui voit l’abominable Pinochet arriver au pouvoir. Car là, on nous précise bien que c’est un affreux dictateur, ce qui est normal puisqu’il n’était pas communiste. Certes, il y a eu des exactions durant le règne de Pinochet, mais pourtant elles n’arrivaient pas à la cheville de celles qui s’étaient passées bien plus à l’est, sur le vieux continent. Et sur lesquelles on observe une retenue de rosière.

Pendant ces sombres années d’obscurantisme, Teitelboim justement, s’installe à Moscou, où les droits de l’homme étaient tellement mieux respectés, nous le savons tous, et il en profite pour préparer son programme. Il a bien raison car, de retour au Chili, il est élu en 1989 président du parti communiste chilien. Il le restera jusqu'en 1994.

Il écrivait, également, et a reçu le prix national de littérature du Chili en 2002. Teitelboim mourra le 31 janvier 2008 – il avait 92 ans – et aura droit à un vibrant hommage en France, de la part du PCF. Qui en ces temps de morosité, n’a plus tellement d’occasions de commémorer grand-chose.

                                           *

                                      *       *

Rien à voir avec ce qui précède, mais une correspondante très avisée me rappelle à propos de l’article d’hier Encore un d’attrapé, ceci :

Salomon Morel et autres :
 
Il vaut la peine de rappeler à ce sujet votre propre article publié en 2007 sur John Sacks et son livre "Oeil pour Oeil" :
 
http://france-licratisee.hautetfort.com/tag/eye
 
livre le plus complet écrit par un juif sur ces criminels juifs nommés par Staline à tous les postes importants de l'administration de la Pologne et surtout dans ses "Services de Sécurité"(police stalinienne UB )et à la tête des camps de concentration post deuxième guerre mondiale .

08/02/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – FABIO GROBART (6)

cuba,communisme,castrisme,fabio grobart,anne kling,france licratiséeFabio Grobart, de son véritable nom Abraham Simjovitch, naît à Bialystock, Pologne, en 1905 dans une famille juive. Dès 1922, il rejoint les jeunesses communistes polonaises. Son activisme lui vaudra de sérieux ennuis qui le conduiront à souhaiter changer d’air. Direction … Cuba*.Il n’y perdra pas son temps puisque dès 1925 – il a 20 ans – il fonde avec trois autres juifs ashkenazes : Goldberg, Vasserman et Garbich, sur ordre du Komintern, le parti communiste cubain.

Le spécialiste de l’histoire juive Moisés Asis nous le dit en ces termes : « By 1925, there were 8,000 Jews in Cuba (some 2,700 sephardic, 5,200 ashkenazic, and 100 Americans). Four ashkenazic Jews were in the small group that founded the first Communist Party of Cuba in 1925: Grimberg, Vasserman, Simjovich aka Grobart, and Gurbich. They opposed the religious and community life of the other Jews.”

A partir de ce moment-là, il sera l’ incontestable « idéologue » du parti et le mentor de Fidel Castro qu’il est censé avoir lui-même recruté en 1948. On lui attribue généreusement – car on ne prête qu’aux riches – un rôle majeur, quoique plutôt occulte, dans la révolution cubaine de 1959 et les événements qui la précédèrent. Les quelques décennies entre 1925 et 1959 furent officiellement occupées par lui à des activités syndicales et à des voyages en Europe de l’est, sous diverses identités et à des fins tout aussi diverses.

Bref, il fut l’éminence grise du pouvoir communiste cubain jusqu’à sa mort à Cuba, en 1994. A l’âge respectable de 89 ans, soit notablement plus que celui auquel parvinrent généralement les innombrables victimes de la terreur castriste. Le New York Times rapportera en ces termes des plus softs son décès, le 24 octobre 1994:

« Fabio Grobart, a founder of Cuba's Communist Party, has died, state news organizations reported. He was 89 years old. The report from the state news agency A.I.N. did not say when he died or the cause of death, but it said he was buried on Saturday. Mr.Grobart, who emigrated from Poland to Cuba when he was 19, was a founding member of the Cuban Communist Party in 1925. At one time he owned a tailor shop in Havana. In the years after the 1959 revolution that brought Fidel Castro to power, Mr. Grobart served on the party's Central Committee and as a member of Parliament.”

Pour compléter ce portrait sommaire, voyons cette présentation, parue dans Libération, du livre de Serge Raffy, Castro, l'infidèle, paru en 2003 (Fayard) :

« Le scanner est sans pitié. Ainsi en est-il de celui que Serge Raffy fait subir à Fidel Castro. Le résultat de l'examen est accablant. Il surprendra même ceux qui n'ont jamais participé au culte du caudillo des Caraïbes et qui se sont toujours méfiés des images d'Epinal «made in La Havane». Il en est une, en particulier, que pulvérise l'enquête du journaliste Raffy : celle du révolutionnaire romantique, poussé presque malgré lui vers le communisme, après sa prise du pouvoir en 1959, par l'intransigeance absolue des Etats-Unis. Une vraie imposture. Non seulement parce que Castro a très vite accordé fort peu d'importance à la vie des autres mais surtout parce que, depuis 1952, sinon 1948, l'agitateur étudiant Castro, peu regardant sur ses alliances conjoncturelles mais qui ne manque jamais une occasion de proclamer son anticommunisme, émarge au réseau «Caraïbes» mis en place par les services secrets soviétiques.

Il a été recruté par la «tête» du réseau, Abraham Semjovitch, un juif polonais connu à Cuba sous le nom de Fabio Grobart. Sa mission : brûler les étapes classiques de la prise du pouvoir en suscitant des mouvements révolutionnaires en marge des partis communistes traditionnels (trop surveillés et pas assez audacieux), capables de s'imposer par la force et par la ruse. Ce sera le rôle du M26, le Mouvement du 26 juillet, ainsi nommé en souvenir de la calamiteuse attaque de la Moncada, en 1953, devenue par la grâce de la propagande castriste un haut fait militaire.

La chronologie de l'année 1959, qui débute par la fuite de Batista et l'entrée des «barbudos» de la Sierra Maestra dans La Havane, ne dément pas, loin de là, ce qui précède : après avoir nommé un gouvernement «démocratique» où sont représentées toutes les sensibilités de l'opposition à Batista, Fidel Castro dissout dès le mois de février l'Assemblée nationale, se proclame Premier ministre ; et trois mois plus tard, il impose la collectivisation des terres sous le contrôle de l'armée. De quoi satisfaire Fabio Grobart et un certain Nikolaï Leonov, un autre agent du KGB, très lié au frère omniprésent de Fidel, Raoul, dépêché à Prague dès 1953 aux fins de formation à la clandestinité. Cette accélération de la révolution en direction d'un soviétisme tropical, le rôle accru des communistes cubains dans des instances paragouvernementales quasi clandestines et l'autoritarisme croissant dont fait preuve Castro lui-même, ne sont pas du goût de certains de ses compagnons de la première heure.

Le plus prestigieux d'entre eux, affirme Serge Raffy, détails et témoignages à la clé, sera éliminé sur ordre de Fidel et de Raoul, ce dernier définitivement spécialisé dans les basses besognes. Il s'agit de Camilo Cienfuegos, chef de l'Armée rebelle ; cette figure légendaire de la révolution, presque aussi populaire que Castro mais tellement plus «cubain» donc spontané, va périr le 28 octobre 1959 dans le mitraillage de son avion par un pilote qui croyait «descendre» un appareil ennemi. Un autre héros emblématique de la «longue marche» castriste, Huber Matos, sera, lui, condamné à vingt ans de prison en décembre 1959 à la suite d'un procès dont Staline n'aurait pas désavoué la mise en scène. La même scène se rejouera trente ans plus tard lorsqu'il s'agira de faire fusiller un autre «héros de la révolution» qui s'était ensuite illustré dans les combats d'Angola, où Castro avait engagé son peuple en tant que supplétif de l'Union soviétique, le général Ochoa. »

 

* Les premiers juifs y arrivèrent à l’époque de Christophe Colomb, fuyant l’inquisition. D’autres arrivèrent au 19e siècle en provenance d’Europe de l’est. Puis d’autres encore à partir de 1910, de Turquie cette fois. A la seconde guerre mondiale arrivèrent d’autres juifs, qui furent bien accueillis, dont des diamantaires d’Anvers (c’est vrai qu’ils sont toujours bien accueillis, ceux-là). Hélas, ils repartiront en 1946.

En 1945, il y avait 15 000 juifs à La Havane, essentiellement des commerçants. Au début des années 60, soit à la révolution – ils voulaient bien la faire mais pas la subir – 90% d’entre eux repartiront aux USA et en Israël. Sans rancune …

 

 

http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&q=...

 

04/02/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME - CHARLES RUTHENBERG – MAX SHACHTMAN (5)

Les mouvements anarchistes et socialistes qui ont préparé la voie au communisme proprement dit n’ont jamais eu beaucoup d’audience aux Etats-Unis. Il n’empêche qu’ils ont tenté leur chance avec conviction et ont même bénéficié de bien des sympathies dans la « communauté ». N’oublions pas de citer les très célèbres Alexander Berkman et Emma Goldman, une pétroleuse de la plus belle eau, qui dirigèrent de concert le mouvement anarchiste américain jusque dans les années 1930-40.

Et n’oublions pas davantage que les financiers de Wall Street et d’ailleurs - comme Jacob Schiff ou Olaf Aschberg - financèrent largement la révolution bolchevique. Trotski vint à New York au début de l’année 1917 faire la tournée de ses généreux mécènes et ne repartit pas les mains vides.

Mais finalement, si les financiers voulaient bien profiter d’un nouveau et immense marché, une fois le tsar déboulonné et les petits copains installés à sa place, ils ne tenaient pas tant que ça à voir le paradis rouge s’installer à domicile. Ils préféraient de loin voir leurs amis exercer leurs talents dans le vieux monde.

Le parti communiste américain (Communist Party of the United States of America, CPUSA).fut créé en septembre 1919  à Chicago par des militants du parti socialiste. La Troisième internationale venait de se créer et Lénine battait le rappel des partis frères.

 

Nous allons laisser de côté les nombreuses péripéties qui émaillèrent cette naissance pour nous intéresser au premier chef à celui qui est considéré comme le créateur du CPUSA et qui fut son premier secrétaire général: Charles Ruthenberg, qui naît en 1882 dans une famille juive d’origine allemande. Il entre au parti socialiste américain en 1909 où il ne tarde pas à prendre des responsabilités et où il se signale par sa radicalité.

usa,communisme,juifs,activisme,ruthenberg,shachtman,anne kling,france licratiséeLa rupture avec les socialistes et la décision de sauter le pas vont intervenir en septembre 1919 à la suite de nombreux conflits et échauffourées diverses dans le milieu ouvrier. Le parti communiste est créé dans la foulée.

Dès le départ, il sera secrètement financé par l’URSS. Wikipédia nous dit que « La documentation des anciens États soviétiques, ouverte depuis 1991, confirme le rôle de l'argent soviétique dans les activités internes et externes du CPUSA. Les fonds servirent au traitement d'organisateurs salariés, à la publication de journaux imprimés et d'autres activités de propagande, et servit à influer sur des syndicats, des fraternités étudiantes et des associations éducatives. Parfois, ces fonds étaient donnés avec un blanc-seing, mais souvent, le Kominterm imposait qu'ils fussent employés à l'un ou l'autre usage. Bien que le CPUSA ait décliné en influence et en activité dès les années 1950, les documents récemment déclassifiés révèlent la présence de transferts soviétiques jusqu'en 1987. »

Ruthenberg dirigea les premières années du parti et mourut prématurément en 1927 à Chicago d’un problème d’appendicite. Ses cendres furent placées dans le mur du Kremlin, un honneur réservé aux meilleurs.

usa,communisme,juifs,activisme,ruthenberg,shachtman,anne kling,france licratiséeMax Shachtman incarne quant à lui la génération suivante. Il naît en 1904 en Pologne dans une famille juive qui émigre aux Etats-Unis dès 1905. Il s’intéresse très tôt au marxisme et adhère à l’une des branches du communisme dès 1921. Dans un premier temps il s’occupe des jeunesses communistes. Il devient également journaliste.

En 1928, quoique membre du comité central, il est expulsé du parti communiste, avec d’autres, en raison de leurs sympathies affichées pour Trotski, la bête noire de Staline. Il crée alors la Ligue communiste d’Amérique (Communist League of America - CLA).

 

Les contacts vont dès lors se multiplier avec les trotskistes d’autres pays. Et les disputes également. Des fractions se créent, des tensions se creusent, des egos s’affrontent.

Les Etats-Unis vont être, comme bien d’autres pays, le théâtre des luttes plus ou moins souterraines entre staliniens et trotskistes, qu’il serait parfaitement fastidieux de détailler ici. Shachtman sera le principal représentant des trotskistes américains jusqu’à une brouille avec le grand homme (grand assassin, plutôt) en 1938, deux ans avant son exécution à Mexico par le truchement d’un funeste coup de piolet.

 

Shachtman a encore une longue carrière d’activiste de gauche devant lui, quoique virant vers la fin du côté de la social-démocratie. Il meurt en 1972.

30/01/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – SAM KAHN – JOE SLOVO (4)

Le parti communiste d’Afrique du Sud (South African Communist Party ou SACP) a été créé en 1921. Il est issu de l'union entre la ligue internationale socialiste, la fédération sociale-démocrate du Cap, le parti communiste du Cap, la société juive et socialiste du Cap, la société juive et socialiste de Johannesburg, le club marxiste de Durban et quelques entités locales. Le premier secrétaire général en sera le syndicaliste William Andrews. Les débuts du SACP sont laborieux puisqu’en 1935, il ne comptait plus que 150 membres.

A cette époque, il y avait environ trois millions de blancs dans le pays, dont à peu près 110 000 juifs. Il n’en demeure pas moins que, quoique numériquement très minoritaire, cette communauté sera particulièrement représentée dans les instances dirigeantes et parmi les militants du parti. Divers ouvrages le démontrent clairement, généralement écrits par des auteurs juifs. Ils sont répertoriés dans le lien suivant (en anglais) qui fournit toutes les indications voulues :

http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&q=...

A partir de 1938, l’homme fort du SACP est Sam Kahn, qui parvient à se faire élire au conseil municipal du Cap et au parlement sud-africain. Né en 1911, Kahn quittera définitivement l’Afrique du Sud en 1960 pour s’installer au Royaume-Uni. Entre-temps, le parti avait été interdit en 1950 et s’était aussitôt engagé dans la clandestinité aux côtés du congrès national africain (ANC) qu'il avait réussi à infiltrer. Alors que l'ANC était exclusivement noir à l'origine, il va s'ouvrir désormais largement aux communistes quelle que soit leur origine raciale.

slo.jpgEt ces nouveaux venus seront nombreux, figurant tant au comité exécutif de l'ANC que du SACP. Une figure dominante va bientôt s’imposer : Joe Slovo. De son vrai nom Yossel Mashel Slovo, ce dernier naît en 1926 dans une famille juive de Lituanie qui émigre en Afrique du Sud en 1934. Il rejoint le SACP en 1942, dès l’âge de 16 ans et poursuit ensuite (parallèlement) des études de droit durant lesquelles il se retrouve condisciple de Nelson Mandela et Harry Schwarz* Il épouse en 1949 une activiste communiste, juive également, Ruth First, qui se trouve être la fille du trésorier du parti, Julius First. Les parents First, originaires de Lettonie, avaient émigré en 1906 et activement contribué à la création du SACP.

« En exil, les liens entre l'ANC et le SACP se renforcèrent d'autant plus que les pays du bloc de l'Est étaient les principaux fournisseurs d'armes de l'ANC et finançaient l'entraînement des recrues pour la guérilla. Joe Slovo et son épouse Ruth First se chargeaient pendant ce temps de la propagande notamment basée sur l'idéologie du combat révolutionnaire dans lequel l'ANC s'était engagé », nous dit Wikipédia.

Je vous passe le détail des années tumultueuses depuis la fin de la guerre jusqu’à l’arrivée (enfin) au pouvoir : activisme, arrestations, séjours à l’étranger, etc. Slovo se retrouve secrétaire général du parti en 1984, fonction qu’il assumera jusqu’en 1991. Il participera ensuite aux négociations entre le gouvernement et l’ANC, allié aux communistes. La triple alliance forgée dans le combat contre l'apartheid entre l'ANC, le parti communiste et la centrale syndicale COSATU se maintiendra après la victoire électorale de l'ANC aux élections du 27 avril 1994. Joe Slovo entrera dans le premier gouvernement formé par Mandela bien que la rupture avec le capitalisme et l'économie de marché, prônés par le SACP, ait été abandonnée par l'ANC. Il mourra l’année suivante, en 1995.

Ce marxiste pur sucre était aussi parfaitement antisioniste et il écrira les lignes suivantes dans son autobiographie restée inachevée, à propos d’une visite d’un kibboutz qu’il avait faite en Palestine après la guerre :

"Within a few years the wars of consolidation and expansion began. Ironically enough, the horrors of the Holocaust became the rationalization for the preparation by Zionists of acts of genocide against the indigenous people of Palestine. Those of us who, in the years that were to follow, raised our voices publicly against the violent apartheid of the Israeli state were vilified by the Zionist press. It is ironic, too, that the Jew-haters in South Africa – those who worked and prayed for a Hitler victory – have been linked in close embrace with the rulers of Israel in a new axis based on racism."

 

ha.jpg* Autre figure importante de la gauche sud-africaine : Harry Heinz Schwarz naît en 1924 dans une famille juive socialiste de Cologne qui émigre en Afrique du sud en 1934. Malgré la pauvreté de sa famille, il devient juriste. Et mènera ensuite une très longue carrière tant professionnelle que politique qui le verra, des décennies durant, s’opposer au gouvernement d’Afrique du Sud. Il sera l’un des principaux leaders anti-apartheid. Il terminera sa carrière par un poste d’ambassadeur aux Etats-Unis, de 1991 à 1994. Il est mort en 2010.

25/01/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – LEON SULTAN, EDMOND AMRAN EL MALEH ET ABRAHAM SARFATI (3)

Poursuivons notre petit voyage aux origines du communisme dans divers pays et puisque nous étions sur le continent africain (Egypte, Tunisie), restons-y. Cette fois, ce sera au tour du Maroc. Le parti communiste y est officiellement créé en 1943 par un juif, Léon Sultan, qui, trouvant la mort en 1945, n’aura pas le temps de laisser son empreinte. On peut juste trouver, le concernant :

 

« Léon Sultan (?-1945). D’origine algérienne, installé au Maroc. Avocat, dirigeant communautaire, et militant sioniste et communiste, il collabora au journal du Parti. Défenseur des nationalistes marocains, il participa à la résistance contre le régime de Vichy. Premier secrétaire général du Parti communiste marocain, il aligna ses positions sur celles du Parti communiste français. Engagé volontaire en Europe, il fut gravement blessé et mourut à Casablanca. Après sa disparition, le Parti communiste, sous la direction de Ali Yata, prendra la tête de la lutte pour l’Indépendance. »

 

Outre Ali Yata, deux autres personnages vont marquer le communisme marocain, Edmond Amran El Maleh et Abraham Sarfati. Je vais me borner à reproduire l’article qui parut à leur décès car, chose curieuse, tous deux meurent à la fin de 2010, chacun à un âge bien avancé. Ces gens, pour ne parler que d’eux, n’ont jamais renié leur adhésion à une idéologie sanglante qui mit des peuples entiers à genoux et fit des dizaines de millions de victimes. On ne leur en a pourtant jamais fait grief et jamais on ne leur a demandé de repentance. Pourquoi?

 

22.jpg« Hommage à Edmond Amran El Maleh, et Abraham Sarfati, l’honneur du judaïsme marocain

 

Deux personnalités éminentes du combat propalestinien, qui représentaient l’honneur du judaïsme marocain, l’écrivain Edmond Amran El Maleh, et l’ingénieur Abraham Sarfati viennent de décéder en mois d’une semaine, à trois jours d’intervalle, endeuillant le Maroc, le judaïsme marocain et le combat palestinien.

Edmond Amran El Maleh, militant de la première heure de la cause de l’Indépendance du Maroc, est décédé lundi 15 novembre à l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat à l’âge de 93 ans. Né en 1917 à Safi (Maroc), au sein d’une famille juive originaire d’Essaouira, Edmond Amran El Maleh a longtemps été le responsable du Parti Communiste Marocain, du temps de la clandestinité, à l’époque du combat pour l’indépendance du Royaume du protectorat français.

A l’indépendance du Maroc, il cessera toute activité politique, quittant le Maroc en 1965 pour s’exiler, volontairement, en France, l’année où s’impose la dictature d’Hassan II. A Paris où il demeurera pendant près de trente ans, Edmond Amran El Maleh, enseignera la philosophie, parallèlement à des activités journalistiques.

À partir de 1980, à 63 ans, il se met à écrire une série de romans et un recueil de nouvelles. Ses écrits sont tous imprégnés d’une mémoire juive et arabe qui célèbre la symbiose culturelle d’un Maroc arabe, berbère et juif.

Il a reçu, en 1996, le Grand Prix du Maroc pour l’ensemble de son œuvre. «Écrivant en français, je savais que je n’écrivais pas en français. Il y avait cette singulière greffe d’une langue sur l’autre, ma langue maternelle l’arabe, ce feu intérieur», soutiendra Edmond Amran El Maleh dans la revue « Le Magazine littéraire » en mars 1999.

Juif marocain, défenseur résolu de la cause palestinienne, à l’instar du mathématicien Sion Assidon et de l’ingénieur Abraham Sarfati, qui connaîtront la prison, Edmond Amran El Maleh appartient à cette catégorie de personnes qui font honneur au judaïsme marocain en ce qu’ils n’ont jamais renié leurs convictions, en dépit des contraintes et des tentatives de séduction.

Sa notoriété intellectuelle, grande, ne lui vaudra toutefois pas les feux de la rampe, en raison précisément de ses positions pro palestiniennes. Un hommage sera rendu mardi à ce grand intellectuel et homme de gauche au cimetière juif de Rabat, avant d’être inhumé le même jour, selon ses voeux, à Essaouira (sud-ouest).

sarafti.jpgAbraham Sarfati, le plus célèbre des opposants marocains au régime du roi Hassan II, est décédé, lui, le 18 novembre 2010, dans une clinique de Marrakech.

Né à Casablanca, au Maroc, en 1926, dans une famille juive de la petite bourgeoisie de Tanger, il sort diplômé de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris, en 1949.

Son parcours militant commence très tôt. Il adhère en février 1944 aux Jeunesses communistes marocaines, puis rejoint à son arrivée en France en 1945 le Parti communiste français. À son retour au Maroc en 1949, il adhère au Parti communiste marocain. Son combat anticolonialiste lui vaut d’être arrêté et emprisonné par les autorités françaises en 1950, puis assigné à résidence en France jusqu’en 1956.

Il exerce des responsabilités importantes au lendemain de l’indépendance du Maroc. En tant que chargé de mission auprès du ministre de l’Économie (1957-1960), il est l’un des promoteurs de la nouvelle politique minière de Maroc indépendant. De 1960 à 1968, il est directeur de la Recherche-développement à l’Office chérifien des phosphates. Abraham Sarfaty est révoqué de son poste pour s’être montré solidaire d’une grève de mineurs. De 1968 à 1972, il enseigne à l’École d’ingénieurs de Mohammedia. Parallèlement, il anime la revue Souffles dirigée par Abdelatif Laâbi.

Il payera un lourd tribu à son combat pour la démocratie au Maroc: 15 mois de clandestinité, 17 ans de prison et 8 ans de bannissement.

Juif anti-sioniste, Abraham Sarfati reconnaît l’État d’Israël, mais exige l’abolition de la loi dite «du retour» et milite pour la création d’un État palestinien. En 1967, il ne se reconnaît plus dans le nationalisme israélien et s’indigne du sort fait aux Palestiniens.

En 1970, il rompt avec un Parti communiste trop doctrinaire à ses yeux et s’engage plus à gauche en participant à la fondation de l’organisation d’extrême gauche Ila Al Amam (En avant), en 1970. En janvier 1972, il est arrêté une première fois et sauvagement torturé. Des manifestations étudiantes en sa faveur pousse les autorités à le relâcher. À nouveau menacé, il entre en clandestinité en mars 1972. Une enseignante française, Christine Daure, l’aide à se cacher.

En 1974, il est arrêté après plusieurs mois de clandestinité. En octobre 1977, lors du grand procès de Casablanca, il est l’un des cinq condamnés à perpétuité. Il est accusé officiellement de « complot contre la sûreté de l’État », mais la lourdeur de la peine provient de son parti pris contre l’annexion du Sahara occidental, même si ce reproche ne figure pas dans l’acte d’accusation. Il passe 17 ans à la prison de Kenitra où il obtient, grâce à l’intervention de Danièle Mitterrand, d’épouser Christine Daure qui l’a toujours soutenu.

La pression internationale est telle, en sa faveur, qu’il est libéré en septembre 1991, mais aussitôt banni du Maroc. Il trouvera refuge en France avec son épouse, Christine Daure-Serfaty. De 1992 à 1995, il enseigne à l’Université de Paris-VIII (département de Sciences Politiques) sur le thème «Identités et démocratie dans le monde arabe».

Il est autorisé à renter au Maroc, en septembre 2000, et son passeport marocain lui est restitué. Il s’installe à Mohammedia avec son épouse, dans une villa mise à sa disposition et perçoit une retraite. En septembre 2000, il est nommé conseiller auprès de l’Office national marocain de recherche et d’exploitation pétrolière (Onarep). Abraham Sarfaty n’en transige pas moins sur les principes, face aux atteintes à la liberté de la presse, il demande en décembre 2000, la démission du Premier ministre Abderrahmane Youssouffi."

 

Source : http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&q=...