25.02.2008
COMPTES, DECOMPTES ET MECOMPTES….
Je n’ai pas le temps d’approfondir le sujet, mais j’offre à votre sagacité un exercice assez intéressant. Un correspondant m’envoie ceci :
« Ce 24 février 2008, la base de données de Yad Vashem contient 91 références pour les 44 enfants d'Izieu. Ce document contient:
- la liste «officielle» des enfants déportés depuis Izieu
- une copie de l'écran « Yad Vashem » obtenu en réponse à une requête sur le nom de l'enfant pour permettre un contrôle incontestable.
Il apparaît que la base de données de Yad Vashem héberge des témoignages et des recopiages de listes de victimes. Ces témoignages et listes ne font visiblement l’objet d’aucun recoupement. On trouve ainsi la même personne enregistrée 4 fois ! par exemple : par son pays d’origine (Autriche ), par son pays de séjour durant la guerre (France), par une organisation de recherche (Karsfeld) et enfin par ses proches de toute nature et sans limite de nombre : père, mère, frères, sœurs mais aussi … voisins de palier !
Pour avoir déjà procédé à un tel comptage lors d’une manifestation juive qui donnait les noms de victimes, je conclus que le déboulonnage de la base affaisserait considérablement son nombre d’entrées – sans doute dans un rapport 1 à 2.
On notera aussi que la base de données fait une nuance d’importance entre « VICTIMES » et « DECEDES ».
| Nom | Rang alphab. | Nbre ref Yad Vashem | |
| Sami Adelsheimer, 5 ans | 1 | 2 | |
| Hans Ament, 10 ans | 2 | 4 | |
| Nina Aronowicz, 12 ans | 3 | 1 | |
| Max-Marcel Balsam, 12 ans | 4 | 1 | |
| Jean-Paul Balsam, 10 ans | 5 | 0 | |
| Esther Benassayag, 12 ans | 6 | 2 | |
| Elie Benassayag, 10 ans | 7 | 2 | |
| Jacob Benassayag, 8 ans | 8 | 2 | |
| Jacques Benguigui, 12 ans | 9 | 2 | |
| Richard Benguigui, 7 ans | 10 | 2 | |
| Jean-Claude Benguigui, 5 ans | 11 | 2 | |
| Barouk-Raoul Bentitou, 12 ans | 12 | 2 | |
| Majer Bulka, 13 ans | 13 | 3 | |
| Albert Bulka, 4 ans | 14 | 2 | |
| Lucienne Friedler, 5 ans | 15 | 2 | |
| Egon Gamiel, 9 ans | 16 | 2 | |
| Maurice Gerenstein, 13 ans | 17 | 3 | |
| Liliane Gerenstein, 11 ans | 18 | 3 | |
| Henri-Chaïm Goldberg, 13 ans | 19 | 1 | |
| Joseph Goldberg, 12 ans | 20 | 0 | |
| Mina Halaunbrenner, 8 ans | 21 | 2 | |
| Claudine Halaunbrenner, 5 ans | 22 | 3 | |
| Georges Halpern, 8 ans | 23 | 3 | |
| Arnold Hirsch, 17 ans | 24 | 3 | |
| Isidore Kargeman, 10 ans | 25 | 2 | |
| Renate Krochmal, 8 ans | 26 | 4 | |
| Liane Krochmal, 6 ans | 27 | 0 | |
| Max Leiner, 8 ans | 28 | 3 | |
| Claude Levan-Reifman, 10 ans | 29 | 1 | |
| Fritz Loebmann, 15 ans | 30 | 2 | |
| Alice-Jacqueline Luzgart, 10 ans | 31 | 2 | |
| Paula Mermelstein, 10 ans | 32 | 2 | |
| Marcel Mermelstein, 7 ans | 33 | 2 | |
| Theodor Reis, 16 ans | 34 | 1 | |
| Gilles Sadowski, 8 ans | 35 | 2 | |
| Martha Spiegel, 10 ans | 36 | 3 | |
| Senta Spiegel, 9 ans | 37 | 3 | |
| Sigmund Springer, 8 ans | 38 | 3 | |
| Sarah Szulklaper, 11 ans | 39 | 2 | |
| Max Tetelbaum, 12 ans | 40 | 1 | |
| Herman Tetelbaum, 10 ans | 41 | 1 | |
| Charles Weltner, 9 ans | 42 | 2 | |
| Otto Wertheimer, 12 ans | 43 | 3 | |
| Emile Zuckerberg, 5 ans | 44 | 3 | |
| 91 |
Mon correspondant reprend ensuite pour chaque enfant les entrées correspondantes sur la base de données de Yad Vashem. Si pour les 44 enfants d’Izieu, le nombre d’entrées est en réalité de 91, est-il permis de se demander quel est le chiffre retenu en fin de compte dans le macabre décompte total des victimes? 44 ou 91 ?
09:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yad, vashem, izieu, anne, kling
17.12.2007
GEORGE BEHAR, dit GEORGE BLAKE
Nous revoilà dans le monde sulfureux et opaque des espions occidentaux à la solde du KGB, du style George Koval que nous avons vu récemment.
George Behar naît en 1922 à Rotterdam d’une mère hollandaise et d’un père juif d’origine espagnole passé par la Turquie et naturalisé britannique. On voit que dès le départ, il est fortement marqué par l’internationalisme.
A la mort de son père, il a treize ans et on l’envoie vivre chez de riches parents en Egypte. Là, il sera très proche de son cousin, Henri Curiel, son aîné de huit ans. Cette rencontre va être déterminante pour son avenir. J’ouvre ici une parenthèse pour indiquer que Henri Curiel, né au Caire dans une famille de banquiers juifs d’origine italienne, sera l’un des fondateurs du parti communiste égyptien. Il mènera une existence plus que ténébreuse d’activiste pro-communiste et finira assassiné à Paris en 1978. Il est enterré au Père Lachaise. Ses assassins ne seront jamais identifiés, mais il est vrai que les pistes étaient si nombreuses…
Voilà donc qui sera le mentor du futur espion et on peut imaginer sans mal qu’il sera fortement endoctriné, si ce n’est carrément piloté. Toujours est-il que dès ses 18 ans, il se rend à Londres et rejoint le service d’opérations spéciales britannique, le SOE. C’est la guerre et au SOE, il y a du travail pour tout le monde. Il paraîtrait que ce serait à la suite d’un chagrin d’amour, et d’un rejet par les parents de sa belle au motif qu’il était juif, qu’il aurait pris en grippe ces snobs d’Anglais. Mouais….je suis plus que sceptique... C’est en tout cas à ce moment-là que Henri Curiel le recrute pour le KGB. J’aurais plutôt tendance à croire que cette filière était prévue dès le départ.
Juste après la guerre, il se fait recruter par les services secrets britanniques, le MI6 et envoyer d’abord à Hambourg puis à Séoul. Là, il est arrêté par l’armée communiste nord-coréenne et durant ses trois années de captivité, il aura le temps de lire Marx et de devenir marxiste. Encore une fois, je croirais qu’il l’était bien avant. Toujours est-il qu’en 1953, il est relâché et envoyé par les britanniques, qui ne se doutent de rien, à Berlin. Là, il aura tout loisir d’informer le KGB d’un certain nombre d’opérations et surtout, il donnera des listes entières de ses collègues travaillant au MI6 aux soviétiques, les condamnant à mort.
Il continuera à passer des informations aux soviétiques au gré de ses divers postes. Il est dénoncé à son tour en 1961 par un espion polonais du KGB passé à l’ouest, Michael Goleniewski. Rappelé de Beyrouth, où il est en poste, à Londres, il est arrêté à son arrivée. A l’issue d’un procès qui se déroulera à huis-clos, il est très lourdement condamné à 42 ans de prison. Mais il ne les fera pas car cinq ans plus tard, il parviendra à s’évader de sa prison avec l’aide de trois anarchistes. Ainsi que d’autres appuis en coulisse, qui ne seront jamais réellement révélés.
George Blake s’envole alors pour Moscou et commence une nouvelle vie. Il publiera son autobiographie en 1990 sous le titre No Other Choice (Pas d’autre choix). L’argent qu’il devait retirer de la vente de ce livre en Grande-Bretagne sera retenu par le gouvernement, à sa grande indignation. Il portera plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme pour violation …des droits de l’homme et recevra une somme modique en compensation.
Il vit toujours à Moscou, encore alerte et actif à 85 ans, percevant une pension de colonel du KGB, et toujours aussi marxiste-léniniste. Il a d’ailleurs précisé dans une interview qu’il ne se considérait nullement comme un traître et vous allez voir que son raisonnement est imparable : il n’a pas trahi car il ne s’est jamais senti Anglais. « Pour trahir, il faut d’abord appartenir. Or je n’ai jamais appartenu. »
Et voilà, le tour est joué. Et tant pis pour ceux qui appartenaient.
10:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, george, blake, henri, curiel
15.12.2007
ŒIL POUR ŒIL …
Nous avons parlé le 22 novembre dernier du criminel de guerre Solomon Morel dont l’extradition, demandée à plusieurs reprises par les autorités polonaises, avait toujours été obstinément refusée par l’Etat d’Israël où il s’était réfugié. Il est finalement mort cette année à Tel Aviv.
Je n’avais pas fait mention dans cet article du livre du journaliste américain qui avait permis de faire connaître au monde l’histoire de Solomon Morel et, de façon plus large, un épisode délibérément occulté de la fin de la seconde guerre mondiale, à savoir la vengeance que des juifs - rescapés ou non des camps de concentration – exercèrent sur le camp des vaincus.
Ce journaliste s’appelait John Sack et le livre An Eye for an Eye (Œil pour œil). Il fut publié en 1993 et déclencha un énorme scandale.
Comble de malheur, John Sack était loin d’être le premier journaliste venu, ce qui aurait permis le boycottage pur et simple du livre. Né en 1930 dans une famille juive de New-York – par-dessus le marché – il avait assuré la couverture de presse de tous les grands événements politiques auxquels les Etats-Unis avaient été associés depuis un demi-siècle. Il avait notamment été correspondant de guerre en Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan, Yougoslavie. Ses reportages étaient publiés dans des revues et journaux réputés comme Esquire, Harper’s ou The New Yorker.
Pour écrire An Eye for an Eye, il s’était livré à une enquête minutieuse de plusieurs années. Il ressortait de cette enquête qu’immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, les soviétiques qui occupaient la Pologne et une partie de l’Allemagne avaient délibérément confié l’administration de 1255 camps de concentration à des juifs. Ces derniers firent payer aux civils allemands ou polonais qui y étaient détenus, y compris des femmes et des enfants, les crimes commis par les nazis. John Sack détaillait en particulier le cas Solomon Morel, auquel les autorités polonaises s’intéressaient particulièrement depuis 1992 et qui sera finalement inculpé en 1996.
A la parution de ce livre qualifié de « scandaleux », les organisations juives américaines se déchaînèrent. Abe Foxman, président de l’Anti-Defamation League, proclama qu’il ne s’agissait que d’un tissu de mensonges, ajoutant curieusement que Morel « bien que né juif » aurait dû être décrit comme « un communiste d’origine juive ». Ce qui, vous en conviendrez, change tout, n’est-ce pas ?
John Sack est mort en 2004. Son site internet (www.johnsack.com ) est toujours ouvert et relate en détails toutes les péripéties qui accompagnèrent la sortie de cet ouvrage tendancieux.
Qui éclipse quelque peu les neuf autres qu’il a écrits, pourtant fort intéressants eux aussi, notamment sur la guerre du Vietnam.
10:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, eye, john, sack, morel
03.12.2007
LES ROSENBERG : FAUSSES VICTIMES DE L’ANTISEMITISME MAIS VRAIS COUPABLES
Nous avons parlé avant-hier de George Koval, espion américain au service des soviétiques, qui transmit à l’URSS durant la seconde guerre mondiale d’importants renseignements nucléaires. Il s’enfuit en 1948, au moment où les Américains commençaient à découvrir l’étendue des dégâts. C’est sur ces entrefaites que furent arrêtés les époux Rosenberg, bel et bien coupables eux aussi quoique les preuves matérielles de leur culpabilité n’eussent pas été produites au procès. Il était impossible de le faire sans dévoiler que les codes de transmission soviétiques avaient été percés. Mais l’affaire Koval, demeurée à cette époque, et pour longtemps encore, strictement secrète, et qui avait passablement échaudé les responsables américains, a sans doute pesé lourd dans la sévérité de la peine infligée aux Rosenberg.
Julius Rosenberg, né en 1918 à New York dans une famille juive d’origine polonaise, manifeste ses sympathies communistes dès ses études, dont il sort ingénieur électricien en 1939. Sa femme, Ethel Greenglass, de trois ans son aînée, née dans le même milieu, est tout aussi activiste.

C’est le frère d’Ethel, David Greenglass, qui fera éclater toute l’affaire. Communiste lui-même et sergent dans l’armée américaine, affecté aux usines atomiques de Los Alamos, il est arrêté pour espionnage en juillet 1950. Il reconnaîtra avoir touché de l’argent d’un espion nommé Harry Gold pour des renseignements qui étaient ensuite transmis aux Rosenberg. Le physicien-espion Klaus Fuchs – dont nous avions parlé dans l’article sur Zarubina – venait par ailleurs aussi de se faire prendre à Los Alamos. Pour atténuer sa propre responsabilité et celle de sa femme, Ruth, David Greenglass va charger sa sœur et son beau-frère. Ceux-ci sont à leur tour arrêtés en juillet 50. A partir de cet instant, ils ne cesseront de nier farouchement les faits qui leur sont reprochés. Ils nieront tout au long de leur procès qui aura lieu en mars 1951. Condamnés à mort, ils continueront à nier alors que des aveux, espérés par les autorités, leur auraient évité la chaise électrique.
Leur exécution sera cependant différée car une incroyable campagne va déferler dans le monde entier, orchestrée en sous-main par les soviétiques, trop heureux de pouvoir accuser l’Amérique de fascisme et d’antisémitisme, et détourner par la même occasion l’attention de leurs propres agissements. Car pendant ce temps-là, un antisémitisme bien réel, lui, sévissait dans l’URSS de Staline!
Tous les idiots utiles habituels – Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Picasso, Prévert, etc – vont se répandre à qui mieux mieux, parlant à tort et à travers dans les médias d’assassinat politique, de nouvelle affaire Dreyfus, de martyrs de la guerre froide, etc, réclamant la grâce des « innocents ».
Aujourd’hui encore, alors que les archives récemment ouvertes de la CIA et du KGB ne laissent plus planer le moindre doute quant à leur culpabilité, il en est encore qui demandent la révision du procès. Au motif essentiellement que les Rosenberg auraient agi pour la bonne cause : s’ils espionnaient, c’était pour aider les soviets dans leur juste lutte contre les nazis ! Décidément inoxydables, ces nazis ! Si on ne les avait pas, il faudrait les inventer.
Les archives ont révélé que les Rosenberg transmettaient des renseignements dès 1942 sous les noms de code de Liberal et Antenne. Qui plus est, ils étaient à la tête d’un véritable réseau d’espions.
Les autorités américaines savaient pertinemment qu’ils étaient coupables. Ils en avaient la preuve matérielle sans pouvoir en faire état, comme on l’a vu plus haut. Au procès, le juge Irving Kaufman, juif lui-même, fut seul mis dans la confidence.
La campagne d’intimidation internationale, qui se déroulera parallèlement à la période du maccarthysme – qui avait quelques fondements, il faut bien le reconnaître – et dans le contexte de la guerre de Corée, échoua à sauver ces deux victimes de l’antisémitisme aveugle des Etats-Unis. Ils s’assoiront sur la chaise électrique, à Sing Sing, le 19 juin 1953. Ayant refusé jusqu’au bout d'avouer, et laissant deux orphelins.
Quant au sympathique frangin, David Greenglass, après avoir purgé une peine de prison – il sera relâché en 1960 - il vit toujours, sous un faux nom, quelque part à New York.
Deux livres ont paru sur cette affaire ces dernières années, prenant en compte les informations les plus récentes :
La trahison des Rosenberg, de Florin Aftalion (Lattès, 2003)
Et aux Etats-Unis : Engineering Communism, de Steven Usdin (2005) qui traite de deux espions, Joel Barr et Alfred Sarant, ayant appartenu au réseau Rosenberg.
14:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, julius, ethel, rosenberg, greenglass
22.11.2007
SOLOMON MOREL A RENDU COMPTE DE SES CRIMES AILLEURS
Avant Helena Wolinska, dont nous parlions hier, les autorités polonaises avaient réclamé une autre extradition, à Israël cette fois et s’étaient heurtées à une fin de non recevoir. Le personnage dont il était question était pourtant accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agissait de Solomon Morel qui a fini par mourir de sa belle mort, bien tranquillement, à Tel Aviv en février de cette année, à l’âge de 87 ans.
Lui aussi était né en 1919, comme Helena Wolinska, également en Pologne, et comme elle dans une famille juive. Et lui aussi apparemment s’estimait parfaitement autorisé à se livrer aux pires crimes.
Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, lui et son frère Izaak se cachent dans les environs de leur village natal, dans la ferme d’un paysan qui sera dûment décoré de la médaille des Justes en 1983. Le caractère actif et entreprenant de ces jeunes gens les pousse en 1942 à former une bande qui pille les villages voisins. Izaak est pris par la résistance communiste et exécuté. Solomon, lui, intègre le groupe des communistes et leur sert de guide dans les forêts. A partir de là, les faits sont assez brumeux. Il prétendra plus tard avoir été déporté à Auschwitz, mais l’enquête de la Commission polonaise chargée de l’affaire a révélé que c’était un mensonge. Un de plus.
Toujours est-il, et cela c’est sûr, qu’on le retrouve en 1944 dans les services de sécurité intérieure et qu’à l’été de cette année-là, il participe à l’organisation de la Milice Citoyenne de Lublin, qui est alors la capitale du gouvernement communiste d’occupation. Milice Citoyenne, vous aurez noté la saveur de la chose au passage …. Nos gauchistes n’ont vraiment rien inventé.
A partir de là, il va monter en grade. Bien qu’il n’ait que 25-26 ans, les Russes le nomment commandant de la prison de Lublin, puis commandant du camp de concentration de Zgoda où il va pouvoir démontrer l’étendue de ses talents. Zgoda dépendait originellement du camp d’Auschwitz. Ouvert en 1943, c’était un camp de travail forcé. Le NKVD va le rouvrir en février 1945 pour y enfermer des Allemands et des Silésiens. Il s’agissait essentiellement de civils, dont des femmes et des enfants, ainsi que de prisonniers politiques.
Le nombre des détenus assassinés dans ce camp, où la torture était couramment pratiquée, est sobrement évalué de 1 600 à 2 500 pour les seuls mois – de février à novembre – où Morel en fut le commandant. Il ne rechignait pas à faire le travail lui-même puisque de nombreux témoignages attestent qu’il tuait personnellement. Ces excès finirent par le faire mettre à pied – trois jours – et écarté de la direction du camp, par le NKVD qui n’était pourtant pas composé de tendres.
Sa carrière ne s’arrêtera pourtant pas là puisqu’il est nommé ensuite commandant d’un camp spécial pour les prisonniers politiques mineurs à Jaworzno. Il dirigera ensuite les prisons d’Opole, de Raciborz et de Katowice et partira comme si de rien n’était à la retraite en 1968, avec le grade de colonel.
Les autorités polonaises commencent à enquêter officiellement sur son passé en 1992. Il ne sera entendu par la justice qu’une seule fois car, considérant que les choses se gâtent, Solomon Morel se dépêche de fuir la Pologne. Il se réfugie … en Israël.
L’enquête se poursuit cependant. En 1996, il est inculpé de neuf chefs d’accusation. En 1998, Israël refuse l’extradition au motif que les délais pour poursuivre les crimes de guerre seraient dépassés. Authentique ! En 2003, un mandat d’arrêt est lancé contre lui, mais Israël refuse à nouveau de l’extrader. D’autres demandes seront formulées par les Polonais, la réponse sera toujours identique.
Morel avait clamé pour sa défense qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Et que d’ailleurs, trente membres de sa famille avaient été tués par les nazis. Alors, hein …
Certains ont quand même dû échapper à la barbarie germanique car c’est la famille de Solomon Morel qui a fait part de sa mort à Tel Aviv, où il est enterré, en février de cette année.
Et un de ses cousins, Micky Goldfarb, avait écrit en juin 2003 une lettre pour l’excuser et justifier ses actes. Je vous traduis cette lettre ci-dessous. Vous verrez qu’elle n’appelle aucun commentaire. Tantôt trop vieux, tantôt trop jeune, toujours victime. Tout y est.
« Solomon Morel est mon cousin. C’est un très vieil homme. Il a perdu toute sa proche famille dans l’Holocauste et a été nommé commandant de ce camp alors qu’il n’avait que 26 ans. Je ne crois pas qu’il soit un tueur.
S’il a traité durement les détenus, j’estime que c’est compréhensible en raison de ce qu’il a subi et vu de ses propres yeux – les crimes perpétrés par les Allemands et les Polonais pendant la seconde guerre mondiale.
Je pense qu’il faut le laisser tranquille et s’occuper plutôt des vrais « meurtriers en série » qui ont été relâchés avant la fin de leur peine ou qui n’ont jamais été inquiétés. Il y a assez de nazis et de sympathisants de nazis qui vivent toujours en liberté de par le monde et qui attendent qu’on s’occupe d’eux. Micky Goldfarb »
12:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, solomon, morel, NKVD, zgoda
10.11.2007
PROPAGANDE .... ET REALITE D'UN REGIME ASSASSIN
VOILA CE QU'IL ETAIT DONNE A VOIR:

..... ET VOILA CE QU'IL EN ETAIT EN REALITE ....(HOLODOMOR - UKRAINE, 1932)


07:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, holodomor, staline, genocide
02.11.2007
LE PROFESSEUR HAYEM
La France de 1931 est-elle (déjà) antisémite ? On pourrait assez facilement le croire à la lecture des Droit de Vivre, journal de la LICRA, qui sera créé l’année suivante, en 1932. Journal qui existe toujours aujourd’hui. Pourtant, je suis tombée, en lisant un livre de souvenirs écrit par Sacha Guitry – lui qui sera honteusement traîné dans la boue à la Libération, avant de voir son « innocence » reconnue, bien à regret – sur un texte amusant qui apporte un éclairage bien différent à ce sinistre climat « antisémite » qui aurait régné sur notre pays dès cette époque lointaine. Sacha Guitry relate, sous le titre Le professeur Hayem une rencontre qu’il fit à Evian, où il faisait une cure, en août 1931.
« Un petit vieillard à barbe blanche, à cheveux longs, est arrivé ce matin à l’hôtel. Il a le type sémite nettement prononcé, il porte une jaquette noire et il est commandeur de la Légion d’honneur. Lorsqu’il est entré dans la salle du restaurant, tout le monde l’a remarqué et chacun s’est demandé :
- Qui est ce vieux savant ?
Notre voisine de table, que nous connaissons un peu, me l’a même demandé à moi. Je lui ai répondu que je n’en savais rien.
Alors, elle a appelé le maître d’hôtel et lui a posé la même question.
- Je vais vous le dire tout de suite, Madame.
Il a quitté la salle, est allé à la réception et en est revenu avec un petit bout de papier qu’il a remis à notre voisine. Elle s’est de nouveau penchée vers nous et elle m’a dit :
- C’est le professeur Hayin. Est-ce que ce nom vous dit quelque chose ?
- Rien du tout, Madame.
Une heure plus tard, j’ai su que c’était le professeur Hayem, le plus illustre médecin français. Alors je me suis souvenu de la curiosité instinctive et générale qu’il avait soulevée en entrant dans cette salle de restaurant. Nous sommes tous ici des malades, puisque, en principe, nous sommes venus à Evian pour nous soigner, et la présence parmi nous de cette sommité médicale, nous l’avons vraiment devinée, nous l’avons sentie. Une demi-heure plus tard, tout l’hôtel savait que c’était le professeur Hayem et nous en éprouvions un plaisir extrême. Quelle impression réconfortante, quelle tranquillité cela donne de savoir qu’on a, à portée de la main, un homme d’une telle infaillibilité ! Ce médecin, que ses confrères appellent en consultation depuis quarante années, dire que nous n’avons qu’un signe à faire pour qu’il nous guérisse !
Et puis nous apprenons une nouvelle qui vient augmenter encore l’intérêt que nous lui portons égoïstement : le professeur Hayem a quatre-vingt-onze ans ! Un médecin âgé de quatre-vingt-onze ans paraît être la preuve évidente de l’efficacité de ses méthodes thérapeutiques.
Dès le repas suivant, nous cherchons tous à savoir ce qu’il mange, ce qu’il boit et s’il prend du café. Chacun de nous, à tour de rôle, questionne le maître d’hôtel et l’on sent que dans quarante-huit heures nous allons tous nous conformer au régime que suit le professeur Hayem.
Nous sommes devenus, sans qu’il le sache, ses clients, puisqu’il est devenu notre médecin – malgré lui. Et je n’oublierai jamais nos têtes à tous lorsque nous le vîmes allumer un magnifique cigare à la fin de son repas. Les non-fumeurs étaient consternés, les fumeurs exultaient.
De tous les coins du restaurant, on entendait ces mots :
- Garçon, passez-moi donc les cigares !
Lorsque le professeur Hayem traverse à petits pas le grand salon, chacun le salue. C’est la santé qui passe.
Personne n’a encore osé lui parler. D’ailleurs, il n’a pas l’air aimable. Dame ! Il doit savoir ce qu’il lui en coûte dès qu’il a l’imprudence de répondre trop gracieusement à un salut. Et j’imagine qu’il a dû bannir à jamais de son langage certaines formules de politesse. Celle-ci entre autres, surtout celle-ci :
- Comment allez-vous ?
Que se passerait-il si ces mots lui échappaient&nb



