22.12.2009
PETITE BOMBE D’AVANT NOEL : L’ANNONCE DE L’ « HEROICITE DES VERTUS » DE PIE XII
Le pape qui avait d’abord avancé d’un pas sur la question, puis reculé sous la pression, vient de refaire son pas en avant. Cette fois, c’est décidé : la béatification de Pie XII est en marche, à la grande fureur d’Israël – qui exige l’ouverture des archives du Vatican - et de la diaspora. On se déchaîne particulièrement au Crif :
http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...
http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...
Raison de plus, sans vouloir entrer dans ce dossier complexe, pour rappeler quelques faits historiques soigneusement occultés par les obsessionnels d’Auschwitz :
« Reconnaissance des Juifs envers Pie XII
Quelques faits historiques rappelant la gratitude des Juifs à l'égard de Pie XII.
• 13 février 1945, Israële Zolli (1881-1956), Grand Rabbin de Rome, se convertit au catholicisme et prend pour nom de baptême Eugène, en hommage à Eugène Pacelli, alias Pie XII.
• 7 septembre 1945. Giuseppe Nathan, commissaire de l’Union des communautés israélites, rend grâce « au souverain Pontife, aux religieux et aux religieuses qui n’ont vu dans les persécutés que des frères, selon les indications du Saint-Père" (L’ Osservatore Romano, 8-9-1945) ».
• 21 septembre 1945. Le docteur Leo Kubowitski, secrétaire du Congrès Juif Mondial, est reçu par Pie XII afin de lui présenter ses remerciements pour l’oeuvre effectuée par l’Eglise Catholique dans toute l’Europe en défense du peuple juif. (L’ Osservatore Romano, 23-9-1945).
• 11 octobre 1945. Le Congrès juif mondial offre 20 000 dollars au Vatican en reconnaissance des efforts de la Sainte Eglise catholique romaine dans le sauvetage des Juifs persécutés par le nazisme et le fascisme (New-York Times, 11 octobre 1945).
• 29 novembre 1945. Le pape reçoit 80 délégués des réfugiés juifs, provenant de camps de concentration allemands, « très honorés de pouvoir remercier personnellement le Saint-Père, pour la générosité qu’il leur a démontrée pendant la terrible période nazie ».
• 26 mai 1955. 94 musiciens juifs, de l'orchestre philharmonique d'Israël, sous la direction de Paul Kletzki, ont joué sous les fenêtres du Vatican « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par le Pape pour sauver un grand nombre de juifs pendant la seconde guerre mondiale ».
• 9 Octobre 1958. A la mort de Pie XII, le Premier Ministre Israélien Golda Meir déclare : « Pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs… Nous pleurons un grand serviteur de la paix ».
• 10 Octobre 1958. Le Dr. Elio Toaff, Grand Rabbin de Rome, déclare : « Les juifs se souviendront toujours de ce que l’Eglise catholique a fait pour eux sur l’ordre du Pape au moment des persécutions raciales ». Il ajouta : « de nombreux prêtres ont été emprisonnés et ont sacrifié leur vie pour aider les juifs ». (Le Monde 10.10.1958).
• 1963. M. Pinchas Lapide, consul d’Israël à Milan du vivant de Pie XII, déclare au journal Le Monde : « Je peux affirmer que le pape, le Saint-Siège, les nonces et toute l’Eglise catholique ont sauvé de 150.000 à 400.00 juifs d’une mort certaine… L’église catholique sauva davantage de vies juives pendant la guerre que toutes les autres églises, institutions religieuses et organisations de sauvetage réunis ». (Le Monde le 13.12.1963).
• 1975. Le Dr Safran, Grand Rabbin de Roumanie, a estimé à 400.000, les juifs de Roumanie sauvés de la déportation par l’œuvre de St Raphaël organisée par Pie XII. « La médiation du Pape sauva les juifs du désastre, à l’heure où la déportation des Roumains était décidée » (Pie XII face aux nazis, Charles Klein - S.O.S. 1975).
• 16 Février 2001. Le grand rabbin de New York, David Dalin, déclare que Pie XII était injustement attaqué alors qu’il peut être considéré comme “un juste”, aux yeux des Juifs. « Il fut un grand ami des Juifs et mérite d’être proclamé “Juste parmi les Nations” parce qu’il a sauvé beaucoup de mes coreligionnaires, bien plus même que Schindler… Selon certaines statistiques, au moins 800.000". Il rend hommage à l’écrivain Antonio GASPARI pour son ouvrage "Les juifs sauvés par Pie XII" et rappelle qu’"au cours des mois où Rome a été occupée par les nazis, Pie XII a donné pour instruction au clergé de sauver des juifs par tous les moyens". Lorsqu’on a remis au cardinal Palazzini la médaille des "justes" pour avoir sauvé des juifs, il affirmait : "le mérite en revient entièrement à Pie XII" ». Le Grand Rabbin Dalin conclut : « Jamais un pape n’a été autant félicité par les Juifs. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale et durant les années qui ont suivi, des centaines de manifestations d’estime envers Pie XII ont été apportées à son égard de la part des plus hautes autorités d’Israël depuis Mme Golda Meir et le Grand Rabbin de Jérusalem, jusqu’au Grand Rabbin de Rome, Elio Toaff » (Interview au Weekly Standard).
• 13 Octobre 2008 : Plusieurs Juifs italiens témoignent devant les caméras avoir été sauvés par des membres de l'Eglise, avec le soutien de Pie XII, lors des persécutions nazies. Parmi eux, Emanuele Pacifici, le fils de Riccardo Pacifici, rabbin de Gênes durant la guerre. »
Source : http://www.pie12.com/index.php?post/2008/12/03/104-reconn...
Le problème, c’est que reconnaître ces faits empêche de pouvoir accabler et culpabiliser tout à son aise l’ensemble du monde occidental. L’enjeu est énorme : le pape DOIT être un salaud, comme les autres. Comme TOUS les autres. Parce que sinon, un certain nombre de choses s’écroulent … Et ça pourrait être le début de la fin.
09:28 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : pie xii, béatification, anne kling
18.12.2009
PUISQU’ON PARLE DE CHURCHILL …
Je lis ça et là des extraits d’un texte, Winston Churchill, le guerrier visionnaire, où l'on donne à penser que Churchill aurait « si bien perçu la centralité terrifiante de l'antisémitisme dans l'idéologie nazie que Hitler renonça finalement à venir parler avec lui en 1932. « La supériorité de Churchill ne tient pas, comme on a souvent tendance à le croire, à sa seule énergie, mais à son intelligence du phénomène hitlérien. Dès 1925, il avait lu Mein Kampf et avait été convaincu de tenir entre ses mains le nouveau « coran du fanatisme de la Guerre », porteur d'un message redoutable, quoique confus et verbeux.
D'emblée, la vraie raison de la haine de Hitler à l'égard des Juifs lui devint évidente : le Führer avait le culte de la force brutale, régénératrice à ses yeux. Pour lui, l'être humain n'était rien d'autre qu'un animal supérieur condamné à lutter à mort pour survivre. Les Juifs, incarnation par excellence des valeurs universelles, représentaient à ses yeux des agents de désintégration à éliminer d'urgence. Churchill avait si bien perçu la centralité terrifiante de l'antisémitisme dans l'idéologie nazie que Hitler renonça finalement à venir parler avec lui en 1932. Cet été-là, l'homme d'État britannique se trouvait en Allemagne afin de visiter les lieux où jadis s'était illustré son ancêtre, le duc de Marlborough, dont il préparait la biographie. Dès son arrivée, un envoyé officieux du Führer s'était manifesté avant de se volatiliser rapidement. « C'est ainsi qu'Hitler perdit son unique chance de me rencontrer », conclut superbement le mémorialiste. »
Source: Le Figaro Littéraire - extraits d'un texte ("Winston Churchill, le guerrier visionnaire") d'Éric Roussel sur les « Mémoires de guerre, tome I (1919-1941)» de Winston Churchill, traduit, présenté et annoté par François Kersaudy. Editions Tallandier.
Churchill avait peut-être lu Mein Kampf en 1925, mais en 1920, il tenait - lui-même - des propos sans ambiguïté sur la révolution bolchevique et ses principaux acteurs. Rappelons-les aussi, ça fera une moyenne :
Sous le titre Sionisme contre Bolchevisme : un combat pour l'âme du peuple juif, il écrivait le 8 février 1920 dans le Sunday Herald :
"Les Juifs internationaux
En violente opposition à toute cette sphère de l'effort juif, se dressent les complots des Juifs internationaux. Les adhérents de cette sinistre confédération sont pour la plupart des hommes qui ont été élevés parmi les malheureuses populations des pays où les Juifs sont persécutés à cause de leur race. La plupart, sinon tous, ont abandonné la foi de leurs ancêtres, et rejeté hors de leurs esprits tous les espoirs spirituels de l'Autre Monde. Ce mouvement parmi les Juifs n'est pas nouveau. Depuis les jours de Spartacus-Weishaupt à ceux de Karl Marx, en passant par Trotsky (Russie), Bela Kùn (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis), cette conspiration à l'échelle mondiale pour le renversement de la civilisation et pour la reconstitution de la société sur la base de l'arrêt du développement, de la malveillance envieuse, et de l'impossible égalité, a été en croissance constante. Elle a joué, comme l'a si habilement montré un écrivain moderne, Mme Webster, un rôle clairement reconnaissable dans la tragédie de la Révolution Française. Elle a été la source principale de chaque mouvement subversif pendant le 19ème siècle ; et maintenant pour finir, cette bande de personnages extraordinaires venus des bas-fonds des grandes villes d'Europe et d'Amérique ont attrapé le peuple russe par les cheveux et sont devenus les maîtres pratiquement incontestés de cet énorme empire.
Les Juifs terroristes
Il n'y a pas de raison d'exagérer la part jouée dans la création du Bolchevisme et l'apport réel à la Révolution Russe par ces Juifs internationaux et pour la plupart, athées. Elle est certainement très grande ; elle dépasse probablement en importance toutes les autres. A l'exception notable de Lénine, la majorité des personnages dirigeants sont des Juifs. Plus encore, l'inspiration principale et le pouvoir dirigeant viennent des dirigeants juifs. Ainsi Tchitchérin, un pur Russe, est éclipsé par son subordonné nominal Litvinov, et l'influence de Russes comme Boukharine ou Lunacharsky ne peut pas être comparée avec le pouvoir de Trotsky, ou de Zinoviev, le dictateur de la Citadelle Rouge (Petrograd), ou de Krassine ou de Radek -- tous des Juifs. Dans les institutions des Soviets la prédominance des Juifs est encore plus stupéfiante. Et la part la plus marquante, sinon la principale, dans le système de terrorisme appliqué par les Commissions Extraordinaires pour Combattre la Contre-Révolution [Tchéka] a été prise par les Juifs, et en quelques cas notables par des Juives.
La même importance néfaste a été obtenue par les Juifs pendant la brève période de terreur durant laquelle Bela Kùn domina en Hongrie. Le même phénomène s'est présenté en Allemagne (spécialement en Bavière), dans la mesure où cette folie a pu se déchaîner du fait de la prostration temporaire du peuple allemand. Bien que dans tous ces pays il y avait beaucoup de non-juifs en tous points aussi mauvais que les pires des révolutionnaires juifs, la part représentée par les derniers en proportion de leur nombre dans la population est stupéfiante ».
http://library.flawlesslogic.com/ish_fr.htm
Si vous souhaitez vérifier l’exactitude de la traduction, voici le texte original :
http://209.85.229.132/search?q=cache:czHwWJBexgYJ:www.sov...
Du reste, ce "guerrier visionnaire", dont le bilan est assez controversé, est censé s'être mordu les doigts plus tard d'avoir choisi Staline et avoir regretté d'avoir "tué le mauvais cochon":
"In Churchill's single-minded decades-long obsession with preventing a single hegemonic power from arising on the European continent that would pose a threat to the British Empire, he failed to see that his alliance with Stalin produced exactly that. "As the blinkers of war were removed," John Charmley writes, "Churchill began to perceive the magnitude of the mistake which had been made." Churchill is alleged to have blurted out after finally realizing the scale of his blunder: "We have slaughtered the wrong pig!"
But it was too late. For decades Churchill worked for the destruction of Germany. Yet only after Stalin had devoured half of Europe did this "great statesman" realize that destroying the ability of Germany to act as a counterbalance to Russia left Europe ripe for invasion and conquest by a resurgent Russia.
By 1946 Churchill was complaining in a voice of outrage about the Iron Curtain of tyranny that descended on Eastern Europe. But Churchill helped to weave the fabric."
http://209.85.229.132/search?q=cache:rdeMq_remPIJ:mises.o...
09:29 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : winston churchill, juifs, antisémitisme, hitler, anne kling
17.12.2009
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LES “HOLOCAUST DENIERS” SANS OSER LE DEMANDER
Le site du CFCA - Forum de Coordination pour la lutte contre l’antisémitisme – est une mine d’infos qui renvoie à d’autres sites. A un en particulier que je vous conseille. Il s’appelle The Nizcor Project, qualifié de extraordinary site devoted to combatting Holocaust deniers. Il est en anglais.
Sans complexe aucun, The Nizcor Project annonce sur sa page d’accueil :
Dedicated to 12 million Holocaust victims who suffered and died at the hands of Adolf Hitler and his Nazi regime
Et voilà le travail. 12 millions à present. Qu’est-ce qu’elle en dit, Claude ?
http://www.antisemitism.org.il/eng/Answers%20to%20the%206... http://www.nizkor.org/
13:42 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : révisionnistes, cfca, nizcor, anne kling
14.12.2009
ON SE DEMANDE VRAIMENT POURQUOI….
« Elie Wiesel, lors d’une conférence au Parlement hongrois dans le cadre du « Jewish Hungarian Solidarity Symposium », a fustigé l’extrémisme antisémite en Hongrie, rapporte le site d’actualité hongroise en français hu-lala.org, vendredi 11 décembre 2009. Extrait :
« Où que j’aille dans le monde et que la Hongrie est mentionnée, le mot qui suit est antisémitisme… Je vous presse de faire plus que de dénoncer les éléments antisémites et les expressions racistes dans la vie politique et dans certaines publications hongroises. Je pense qu’ils font honte à votre nation et engendrent la peur de la communauté juive et des autres minorités, comme les Roms… Je vous demande, pourquoi ne suivez-vous pas l’exemple de la France et de l’Allemagne en déclarant que le négationnisme n’est pas seulement indécent, mais aussi illégal ? Dans ces deux pays, les négationnistes vont en prison… »
Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...
C’est vrai ça, la Hongrie serait bien inspirée de suivre l’exemple de ces bons petits élèves de la classe des droits de l’homme que sont la France et l’Allemagne. Parfaitement dociles, eux.
J’ai envie d’éclairer un peu la lanterne de ce pauvre Elie Wiesel qui s’interroge si douloureusement. Pourquoi, oui, pourquoi la Hongrie ?
Serait-ce que le souvenir de quelques grands « Hongrois » d’un passé pas si lointain est encore bien vivace ? Quelques grands Hongrois, du genre :
- Bela Kohn, dit Bela Kun, l’organisateur de la terreur rouge en Hongrie. Qui exerça également ses talents aussi divers que variés en Crimée, où il sera chargé dans les années 1920 de « rebolchéviser la région »
- Tibor Szamuely, le compagnon fidèle de Bela Kun, qui déclarait – et ne se contentait pas de déclarer : « la terreur est la principale arme de notre régime »
- Josef Schwartz, dit Jozsef Pogany , l’activiste bolchevique qui contribuera à développer le parti communiste américain
- Matyas Rosenfeld, dit Matyas Rakosi, le secrétaire général du PC hongrois de 1945 à 1953, date à laquelle ce stanolinâtre devint décidément trop encombrant et trop voyant. Il finit discrètement ses jours en 1971 … au Kirghiz.
- Benjamin Auschpitz, dit Gabor Peter, le chef de la police secrète de Rakosi. Qui mourut tranquillement … en 1993, à l’âge de 86 ans, sans jamais avoir été inquiété pour ses crimes. Qui étaient fort nombreux
- Ernö Singer, dit Ernö Gerö, autre stalinien pur sucre qui succéda à Rakosi et demanda l’intervention des Soviétiques lors de l’insurrection de 1956. Mort lui aussi tranquillement en 1980.
Vous ne croyez pas, cher Elie Wiesel, que les exploits de tous ces gens-là, dans un passé qui est encore très présent aux esprits, suffit à expliquer une légère – oh, très légère – rancœur ?
Les Hongrois, eux aussi, ont de la mémoire.
09:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : elie wiesel, hongrie, anisémitisme, bolchevisme, terreur rouge, anne kling
10.12.2009
DEMJANJUK/ARAD : PAS DU TOUT LE MEME COMBAT
Toute la planète est au courant du procès qui s’est ouvert à Munich contre le « criminel de guerre nazi » Demjanjuk, qui aurait exercé ses talents au camp de Sobibor. Je lis ça et là – et j’y discerne beaucoup de chagrin – que ce sera le dernier des grands procès de « criminels nazis » mis en scène pour l’édification du reste de l’humanité. Hélas, tout a une fin …
« Pour Ephraïm Zuroff, directeur de l’Institut Wiesenthal de Jérusalem, qui a lutté durant des années pour faire comparaître Demjanjuk devant une cour de justice en Europe, « ce procès constitue un tournant dans la politique judiciaire allemande, car jusqu’à présent, les tribunaux allemands ne jugeaient que les anciens officiers nazis, mais pas les collaborateurs des nazis. Il y a dix ans, un tel procès n’aurait jamais pu avoir lieu en Allemagne ». Félicitations.
Tout le monde a donc entendu parler de Demjanjuk, né en Ukraine en 1920. Mais demandez donc autour de vous si quelqu’un a entendu parler de son contemporain, né en Lituanie en 1926, Yitzhak Arad ? Cela m’étonnerait beaucoup. Et pourtant, ils présentent un certain nombre de points communs …
L’article suivant, paru sur le site Geopolis, éclairera votre lanterne sur ce personnage aussi sinistre que méconnu. Il date du 5 avril 2008 (les surlignages sont de moi).
« Lituanie / Israël : la vérité selon Béria
Il y a un an, la justice lituanienne ouvrait une enquête contre Itzhak Rudnicki, un juif né en Lituanie soupçonné de crimes de guerre et génocide dans les années 1940. Connu aujourd'hui sous le nom de Yitzhak Arad, Rudnicki n'est pas n'importe qui puisqu'il a dirigé et développé pendant plus de vingt ans (1972-1993) l'Institut de Yad Vashem en Israël et a publié de nombreux livres sur le sujet de l'Holocauste juif. La procédure intentée contre lui se fonde pourtant sur une de ses propres publications ou plus précisément sur le commentaire extensif qu'il a fait des mémoires d'un journaliste polonais de la Seconde Guerre mondiale pour l'édition anglaise (Kazimierz Sakowicz, Ponary Diary, 1941-1943 : A Bystander's Account of a Mass Murder, Yale University Press, 2005). Arad y relate complaisamment les exécutions de résistants, de prisonniers de guerre et de simples civils lituaniens qu'il a perpétrées alors pour le compte du NKVD, dont il fut membre à partir de février 1943. Ses déclarations sont d'ailleurs corroborées par les archives rassemblées par le Centre de recherches sur la résistance et le génocide de la population de Lituanie à Vilnius, comme a tenu à le préciser le procureur général lituanien Valentukevicius : "Nous avons de nombreux documents qui nous permettent de soupçonner Arad d'actes criminels".
Le Bureau du procureur n'a pour l'instant formulé qu'une simple requête auprès du ministère israélien de la Justice pour pouvoir interroger Yitzhak Arad sur ses responsabilités dans le meurtre de civils lituaniens en 1943 et 1944. Cependant, Israël vient d'y opposer une fin de non recevoir, l'actuel directeur de l'Institut Yad Vashem, Avner Shalev, allant jusqu'à exiger que la Lituanie présente officiellement des excuses au Dr Arad! Bien entendu, celui-ci évoque ses anciennes activités sous un tout autre jour puisqu'il n'aurait fait qu'exécuter des "collaborateurs" de l'occupant nazi. Et de même, Avner Shalev, qui nomme résistants les membres des escadrons de la mort du NKVD, ne voit aucun reproche à leur faire : "Toute tentative d’assimiler ces actes de résistances [les exécutions de prisonniers] à des actions illégales, et ses acteurs [en l'occurence Itzhak Rudnicki-Arad à des criminels, est une dangereuse perversion des événements qui se sont déroulés en Lituanie durant la guerre (sic)".
Avoir été membre du NKVD sous le sinistre Béria n'a pourtant rien d'anodin. Le NKVD ou Commissariat du peuple aux affaires intérieures, la police politique de Staline, était spécialement chargé d'éliminer les "traîtres à la patrie" et autres "ennemis du peuple", titres généreusement accordés dans l'URSS de l'époque et les territoires sous sa domination à tout ce qui pouvait ressembler à un religieux, un intellectuel, un bourgeois, un paysan... (la liste est loin d'être exhaustive). Dans les Etats baltes annexés à l'URSS en 1940 (Estonie, Lettonie et Lituanie), c'est aussi au NKVD qu'incomba la responsabilité de la lutte contre les résistances nationales et la déportation massive de populations. La méthode fut expéditive. Ainsi rien qu'en une nuit (11-12 juillet 1940), plus de 2.000 Lituaniens, pour la plupart hommes politiques, hommes de lettres, éditeurs ou journalistes, furent massacrés à Panevezys, ce qui revenait à décapiter le pays.
De même, l'arrêté secret n° 1299-526 du comité central du Parti communiste de l'URSS sur "la déportation des éléments socialement étrangers des Républiques baltes, de l'Ukraine occidentale, de la Biélorussie occidentale et de la Moldavie", pris le 14 mai 1941 sous l'impulsion de Béria, ordonnait de déporter dans des camps de Sibérie des centaines de milliers de personnes de tous âges et de toutes classes sociales :
1) les membres des organisations contre-révolutionnaires et leurs familles,
2) les anciens gendarmes, les gradés de la police et des gardiens de prisons, ainsi que les simples policiers ou gardiens de prison en cas de documents compromettants [c'est-à-dire révélant des actions anti-soviétiques],
3) les anciens grands propriétaires et commerçants, les anciens industriels et les principaux fonctionnaires des gouvernements bourgeois,
4) les anciens officiers dont les dossiers sont compromettants (y compris ceux qui avaient servi dans les troupes territoriales de l'armée rouge),
5) les membres de famille des condamnés à mort ou des membres d'organisations contre-révolutionnaires qui ont pris le maquis,
6) les personnes qui ont été rapatriées depuis ou vers l'Allemagne et dont les dossiers sont compromettants,
7) les réfugiés polonais s'ils ont refusé d'adopter la citoyenneté soviétique,
8) les éléments criminels qui poursuivent leurs activités,
9) les prostituées enregistrées auprès de la police si elles continuent leurs activités.
Un régime de terreur fut alors imposé aux Baltes (80.000 exécutions en Lituanie entre juin 1940 et juin 1941). Dans ses conditions dramatiques, on peut comprendre qu'ils ne firent pas trop mauvais accueil à l'armée allemande en juin 1941. Mais si les Israéliens insistent beaucoup aujourd'hui sur l'antisémitisme violent dont firent alors preuve les Lituaniens avant même l'arrivée des troupes du Reich, ils omettent un détail gênant : les Juifs constituaient plus de 16% des dirigeants du NKVD opérant dans le pays, ce qui montre une surreprésentation notable par rapport à la composition de la population, et ils représentaient entre le tiers et la moitié des membres du parti communiste clandestin de Lituanie, partisan et complice de l'invasion soviétique qui recommença à partir de 1944-1945. Béria lui-même en était. Les Lituaniens firent surtout montre d'une résistance farouche, puisqu'on estime que de 1944 à 1952 près de 10% de la population avait rejoint les Frères de la forêt.
Si l'on se souvient que la plupart des exécutions de civils lituaniens par le NKVD le furent sous les prétextes les plus futiles ("ennemi de la révolution", "possède de la littérature non autorisée", "possède un drapeau lituanien", ou encore Boy Scout), que la qualification de "collaboration" était généralisée et s'appliquait tout aussi bien à des enfants de 8 ans, et qu'enfin le mode d'exécution ordinaire fut la torture à mort, le passé de Yitzhak Arad prend un relief singulier. On peut le rapprocher d'un de ses collègues de la police politique, Petras Raslanas, condamné par contumace le 5 avril 2001 à la prison à vie pour génocide pour le massacre de la forêt de Rainiai. Dans la nuit du 24 au 25 juin 1941, plus de 70 Lituaniens, parmi lesquels de jeunes étudiants, furent atrocement torturés. Lorsqu'on découvrit les corps trois jours plus tard, seuls 27 purent être identifiés tant ils avaient été mutilés... Bien entendu Raslanas affirma dans son rapport au Secrétaire du Comité central du parti communiste de Lituanie que pas une seule des victimes n’était innocente... Mais doit-on tenir pour paroles d'évangile les accusations de Béria et de sa police justifiant l'exécution de simples civils sans procès et les tortures sans nom qui leur furent infligées ? Selon Israël, il semblerait que ce soit oui !
Toujours est-il que Yitzhak Arad en tant que militant et homme de main du NKVD, a assurément pris une part active dans l'exécution de ces crimes de masse qui furent l'essentiel de l'action de cette police politique. Il gagna ensuite clandestinement la Palestine en 1945 et semble alors s'être distingué dans le terrorisme contre les Anglais avant d'être fait général de Tsahal... Etrange carrière pour un pourfendeur de nazis et une "autorité morale". Quand un historien du génocide juif se révèle lui-même auteur de génocide en Lituanie, est-ce de la morale ou un ricanement du diable ? »
J'avais également évoqué ce personnage sur le blog en date du 12 septembre 2007.
Source : http://geopolis.over-blog.net/article-18479653.html
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09.12.2009
DECIDEMENT, CE SONT TOUJOURS LES MEMES QUE L'ON VOIT ET QUE L'ON ENTEND ...
Je lisais hier soir dans mon programme télé, sur la chaîne Histoire, l’annonce de l’émission suivante à 20h35:
« Bons baisers de Berlin
Markus Wolf, ancien responsable des services de renseignements de l’ex-RDA, a invité à Berlin trois autres généraux pour évoquer les principaux événements de la guerre froide ».
Comme cette présentation est soft, vous ne trouvez pas, et si parfaitement clean. On a apparemment totalement oublié les méfaits de la STASI et la terreur qu’elle a fait régner pendant des décennies en Allemagne communiste. Mais j’oubliais que c’était pour le bon motif … C’est ce qui fait toute la différence. Markus Wolf, qui se pavane aujourd’hui sur les chaînes de télévision dans des émissions destinées à reformater les cervelles, à qui de toute façon on n’apprend plus l’histoire, trop dangereux et tellement inutile pour ce qu’on leur demandera de faire, a été l’un des grands manitous de la STASI. Et communiste jamais repenti. Mais ça se porte très bien, de nos jours.
J’évoquais brièvement sa carrière le 11 octobre 2008, à propos d’une autre émission de télé, sur Arte, et ça nous donnait ceci :
« ARTE A OUBLIE GUILLAUME … ET MARKUS WOLF
Nouveau petit cours de désinformation ordinaire : mercredi 8 octobre, à 21h, sur Arte : Les mercredis de l’histoire. En première partie, Trahison à la Stasi : La vie de Werner Teske, officier de la Stasi, le dernier condamné à mort de la RDA, dont le seul crime fut de vouloir partir à l’Ouest.
Après cet échauffement, venait le plat de résistance : en deuxième partie, Le nazi qui conseillait Adenauer. Autrement plus sexy. Du troisième Reich aux premières décennies de la RFA, le parcours de Hans Maria Globke, ancien membre du gouvernement nazi devenu le bras droit d’Adenauer. Ces nazis, décidément inoxydables ! Que ferait la télé sans eux !
Bon, moi je veux bien qu’on parle de Globke, encore que le qualifier de « bras droit d’Adenauer » soit quelque peu exagéré. Mais dans ce cas, il aurait été plus judicieux - et plus honnête - de parler en première partie d’un autre personnage de la Stasi qui lui, avait conseillé un autre chancelier allemand, Willy Brandt. Ce personnage s’appelait Günter Guillaume. Il était communiste et espion et le scandale – en arrière plan duquel se profile un autre personnage fort intéressant, sur lequel Arte n’avait peut-être pas envie d’attirer l’attention : Markus Wolf – fit tomber Brandt.
Nous allons modestement remédier aux trous de mémoire d’Arte.
(….)
En arrière-plan de l’affaire Guillaume, se profile un personnage autrement plus intéressant : le patron de Guillaume, celui qui tirait les ficelles. Markus Wolf. Ce dernier naît en 1923 dans une famille juive communiste d’Allemagne qui émigre en 1933 en Union soviétique. Apparemment, cette famille ne craignait pas les purges. Il fait ses classes dans les écoles du parti communiste et intègre le Komintern. Officiellement « journaliste », Wolf va retourner en Allemagne, désormais divisée. Il sera présent tout au long du procès de Nuremberg. En 1952 – il a 29 ans – il est nommé chef des services de renseignements extérieurs de la RDA. En tant qu’adjoint du patron de la Stasi, Erich Mielke, il dirigera les activités d’espionnage du régime communiste allemand durant plus de trois décennies, jusqu’à sa retraite, en 1986, avec le grade de général. Durant sa carrière, il réussira à tisser un réseau de plusieurs milliers d’agents opérant à l’étranger. Guillaume était l’un d’eux.
Lors de la réunification de l’Allemagne, il connaît quelques démêlés avec la justice, qui vont cependant bien vite se calmer.
Il aura largement le temps d’écrire ses mémoires avant sa mort, en 2006. Des mémoires où il revendique hautement ses actes et ses convictions communistes inchangées. Il reconnaît cependant quelques erreurs, dont l’affaire Guillaume, justement, car il n’était pas prévu au programme qu’elle coûte son poste à Willy Brandt. « C’était comme marquer un but dans son propre camp », écrira-t-il.
En fait, il était également le patron de Werner Teske, le personnage qu’évoquait Arte en première partie. Qui a été exécuté pour avoir voulu passer à l’Ouest. »
Voilà le type de personnages que l’on nous présente comme des « héros » de la guerre froide. Et voilà pourquoi nous ne devons pas laisser passer ce genre d’infos sans réagir.
08:08 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : markus wolf, stasi, télévision, espion, anne kling
24.11.2009
LA FAMILLE SERVAN SCHREIBER VUE PAR LE CRIF
Le CRIF nous annonce avec beaucoup de fierté dans les termes suivants la diffusion prochaine à la télévision d’une saga consacrée à la famille Servan Schreiber :
« Le film raconte la réussite de cette grande famille bourgeoise juive partie de rien, en se focalisant sur sa fondatrice, Clara Schreiber, incarné par Hanna Schygulla. En 1879, cette jeune juive allemande a quitté Berlin pour rejoindre son mari Joseph à Paris avec le rêve de devenir française, coûte que coûte, malgré le climat antisémite. Cette ambition chevillée au corps, elle l'a transmise à ses enfants Emile, Robert et Georges, puis à ses onze petits-enfants.
L’histoire retrace en deux épisodes le parcours de deux branches de la famille, celles de Robert et d'Emile, fondateurs des Echos de l'exportation, premier bulletin des achats par correspondance - l'ancêtre du premier quotidien économique français.
« Clara, une passion française », sur France 2 le 25 novembre et le 2 décembre 2009, à 20h35. »
Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...
Hum… une grande famille partie de rien …. Le rêve de devenir française malgré le climat antisémite …. Si le climat était si furieusement antisémite, on se demande vraiment pourquoi ils tenaient tant que ça à venir *…
Enfin, le CRIF a réussi à placer l’antisémitisme. Une seule fois en onze lignes, ce n’est pas énorme, mais c’est déjà ça.
Pour en savoir un peu plus et vérifier ces affirmations criffiennes, ouvrons donc l’excellent ouvrage de Jean Bothorel, paru en 2005, Celui qui voulait tout changer – Les années JJSS.
Au sujet des origines de la famille, on apprend que « …Le grand-père de Jean-Jacques est né à Gleiwitz, aux confins de la Silésie, entre Moravie, Hongrie et Pologne. Il a probablement fait la « guerre de 70 » dans les rangs prussiens. Quand Bismarck inaugure la Constitution impériale d’Allemagne et le IIe Reich, Julius-Joseph ouvre une poste privée municipale à Berlin et essaye de l’étendre à Vienne. L’entreprise n’est pas rentable et il met la clé sous la porte. C’est ainsi qu’il décide de tenter sa chance ailleurs et qu’il arrive à Paris, investi de la confiance de quelques industriels berlinois et viennois. Notre capitale lui semble la meilleure place pour partir à la conquête des marchés coloniaux et américains. Il a trente-deux ans. Comme beaucoup d’immigrés allemands d’origine juive, il s’installe dans le Xe arrondissement. Ce quartier regroupait les « commissionnaires », c’est-à-dire les importateurs-exportateurs.
(…) Libre penseur agressif, franc-maçon, il avait pris en aversion toutes formes de religion et flirtait avec les idées libérales. Aujourd’hui on le classerait à l’extrême-gauche.
Paris va lui sourire. La société JJ Schreiber qu’il crée dès son arrivée démarre bien. …. Son avenir assuré, il reviendra à Berlin en 1879 pour épouser sa fiancée, Clara Feilchenfeld. Les Feilchenfeld, après s’être enrichis dans le domaine du blé à Dantzig, vivaient en rentiers à Berlin. …
Une belle réussite familiale et commerciale que rien ne semble devoir assombrir. »
Trois fils vont naître. Allemands. Car la naturalisation française tant souhaitée – malgré le climat antisémite - n’interviendra qu’en 1894 pour toute la famille. L’année même où démarrera l’affaire Dreyfus.
Cette famille juive partie de rien pourra cependant offrir études, vacances à la mer et à la montagne, escrime, équitation, etc, etc, à ses rejetons et, nous dit Jean Bothorel, «… quand le ministre des Finances, Paul Doumergue, publie le premier tableau de revenus des Français, il [Julius-Joseph] découvre avec fierté qu’il est dans le peloton des 175 000 privilégiés qui gagnent entre dix mille et cinquante mille francs par an ».
Et tout ça en dépit de l’horrible climat antisémite, qui sévissait déjà et n’a fait depuis que croître et embellir. Hélas.
Mais au fait, cette famille exemplaire était-elle juive ? Angoissante question à laquelle en bonne logique, on devrait répondre par la négative. Voyez plutôt.
Nous sommes en 1940. Et là, c’est vrai, un certain climat antisémite s’est installé dans la France en guerre. Face à cette nouvelle donne, Clara lâche sa petite bombe :
« Clara va sur ses quatre-vingt-cinq ans. Prise parfois d’une profonde lassitude, elle sent venir la fin et se décide à révéler à ses trois fils un secret qui n’a rien de bien grave, mais qui peut les aider. Elle va d’abord les sidérer : « J’ai été baptisée en Pologne, comme l’ont été mes parents, leur annonce Clara. Votre arrière-grand-père Feilchenfeld avait épousé sa maîtresse qui était chrétienne et il fut émancipé par Napoléon en même temps que les autres juifs de Pologne. En signe de reconnaissance, il baptisa son fils qui, lui-même, épousa une chrétienne d’origine juive, Sara Perels, ma mère. »
Les voilà fort étonnés. Ils se croyaient juifs, ils se retrouvent chrétiens. Juste au bon moment. Heureusement, cette famille partie de rien avait des relations. Le Vatican va immédiatement s’entremettre pour retrouver – dans la Pologne occupée – les précieux certificats de baptême.
Qui seront bel et bien retrouvés. La famille pourra donc déposer un dossier d’aryanité à Vichy, auprès des services de Darquier de Pellepoix. Le certificat d’aryanité de la famille Schreiber sera signé en décembre 1942.
* L’affaire Dreyfus a démarré en 1894. Je rappelle dans La France LICRAtisée, cette anecdote : Chalom Aleikhem, écrivain yiddish du début du XXe siècle, met en scène dans un de ses livres un personnage qui veut se rendre en France et qui est mis en garde par ses amis : « Attention, vous risquez gros. Là-bas, on a arrêté un capitaine juif et la moitié de la France est contre lui ». La réponse de l’écrivain par le biais de son personnage est la suivante : « Je veux sans plus attendre aller dans ce pays où un juif peut être capitaine et où il n’a que la moitié des gens contre lui ! ».
10:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : servan schreiber, crif, anne kling
21.11.2009
BARBARIES
Quelle différence entre ces deux scènes de rue?
Celle du bas se déroulait en 1942 dans le ghetto de Varsovie et celle du haut dans une rue de Kharkiv en 1933.
Celle du bas était due à Hitler et on en entend parler matin, midi et soir, celle du haut à un certain Lazar Kaganovitch qui eut pendant l’Holodomor la haute main sur l’Ukraine. L’Holodomor et ses six millions de victimes, dont deux millions d’enfants.
Mais de cela on n’entend JAMAIS parler. Serait-ce parce que Kaganovitch était juif ? Et que cette fois les victimes étaient surtout de l’autre côté ?
J’y pensais en relisant - suite à la note d’hier sur Jan Karski - l’article que lui consacra le New York Times à son décès, en juillet 2000. On apprend dans cet article que Karski avait réussi à "infiltrated both the Warsaw Ghetto and a German concentration camp".
Ce qui me paraît étonnant. Infiltrer le ghetto de Varsovie, passe encore, mais un camp de concentration allemand … On y entrait et on en sortait donc comme ça ? Bizarre.
Bref, contacté en 1942 par deux chefs de la résistance juive qui avaient eux aussi réussi à quitter le ghetto, il y entre à son tour avec eux afin de pouvoir témoigner. Pourquoi ces deux chefs, qui étaient à l’extérieur, n’ont-ils pas eux-mêmes fait le nécessaire pour alerter au moins des responsables de leur communauté à l’étranger ? On l’ignore.
Toujours est-il qu’ils le font pénétrer en août 1942 dans le ghetto où il pourra assister à des scènes comme celles indiquées plus haut.
“Decades later, when asked to describe what he had seen, Mr Karski, a fastidious man who hated violence even in films or on television, would usually simply say “I saw terrible things”. (Des décennies plus tard, lorsqu'on lui demandait de décrire ce qu'il avait vu, M. Karski, un homme délicat qui détestait la violence, même dans des films ou à la télévision, se contentait de dire généralement : «J'ai vu des choses terribles ».
“But on some occasions, such as in his appearance in « Shoah », Claude Lanzmann’s documentary film about the Holocaust, he would tell of seeing many naked dead bodies lying in the streets and describe emaciated and starving people, listless infants and older childre with expressionless eyes ». (Mais à certaines occasions, comme lors de son apparition dans "Shoah", le film documentaire de Claude Lanzmann sur l'Holocauste, il disait avoir vu les corps nus de nombreux morts gisant dans les rues et il décrivait les gens émaciés et affamés, les nourrissons et les enfants apathiques, aux yeux inexpressifs. )"
Horrible, bien sûr, mais très exactement ce que l’on voyait aussi durant l’Holodomor, neuf ans auparavant. Sans beaucoup de réaction non plus, reconnaissons-le.
J’ajoute même que les millions d’affamés d’aujourd’hui crèvent de faim dans la plus profonde indifférence de nos « dirigeants ». Du moment qu’eux n’ont jamais faim, peuvent-ils seulement imaginer ce que signifie avoir le ventre vide, et le cortège de malheurs qui vont avec ?
Tout ça pour dire que cette façon de se gratter toujours et éternellement au même endroit, sans rien voir autour, et surtout pas ce qui se passe aujourd’hui, m’insupporte. Disons-le et redisons-le, c’est notre devoir.
Pour en revenir à cet étonnant M. Karski, sorti du ghetto de Varsovie, il réussira à pénétrer avec ses mentors dans un camp de concentration allemand. Où il verra d’autres horreurs. Mais où on lui donnera une clé contenant des microfilms.
Heureusement pour lui, il parviendra à sortir du camp comme il y était entré et partira pour Londres, puis New York avec sa clé. Il rencontrera plein de monde afin de tenir sa promesse, qui était de témoigner de ce qu’il avait vu. Il verra des responsables juifs et non juifs - y compris un juge juif de la Cour Suprême des Etats-Unis, Félix Frankfurter – qui ne le croiront pas. Et même le premier ministre britannique et le président Roosevelt. The question is : pourquoi personne ne l’a-t-il cru ?
Source: http://www.nytimes.com/2000/07/15/world/jan-karski-dies-a...
08:27 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jan karski, ghetto varsovie, shoah, anne kling
14.08.2009
UN HOMMAGE TARDIF POUR KNUT HAMSUN
La Fondation Internationale Raoul Wallenberg a fait très clairement connaître son vif mécontentement devant l’hommage rendu actuellement en Norvège à Knut Hamsun. Un hommage plus que tardif, pourtant, comme on le verra.
« Nous ne comprenons pas que les Norvégiens puissent honorer quelqu’un qui était un criminel et qui incitait aux crimes. (…) Hamsun était un grand écrivain, et alors ? Qu’est-ce qui est le plus important : l’art ou l’intégrité ? » a déclaré Baruch Tenembaum, son fondateur.
Ce dernier, décidément très remonté, a adressé de surcroît une missive courroucée au ministre norvégien des affaires étrangères pour se plaindre du soutien ainsi indirectement apporté à « l’un des plus sinistres régimes de l’Histoire ».
On peut s’étonner de ce que les juifs norvégiens ne soient pas eux-mêmes à l’origine de ces protestations et de ce que celles-ci aient dû venir de l’extérieur. Il faut dire qu’ils sont tellement peu nombreux en Norvège – quelque chose comme 1 500, essentiellement à Oslo et à Trondheim – sur une population de quelque cinq millions d’habitants …
Apparemment pas de LICRA ou de CRIF chez eux pour faire monter la mayonnaise, quelle pitié !
Voilà pour les protestations. Pour l’hommage, il est en effet plus que tardif car Knut Hamsun a été traité en paria dans son propre pays dès la fin de la 2e guerre mondiale. On pourrait même dire qu’il a été traité honteusement.
Né en 1859, il est l’un des grands écrivains norvégiens et son influence dans le domaine de la littérature s’est étendue bien au-delà de ses fjords natals. L’ensemble de son œuvre d’alors sera d’ailleurs couronnée en 1920 par le Prix Nobel de littérature.
Tout va se gâter à la seconde guerre mondiale. En avril 1940, l’Allemagne envahit la Norvège pour s’emparer de ses bases navales. Roi et gouvernement fuient à Londres. Vidkun Quisling, qui avait fondé en 1933 une organisation politique s’inspirant du NSDAP, s’autoproclame premier ministre. Knut Hamsun, qui a toujours été germanophile et qui de plus déteste la culture anglo-saxonne, commet alors le péché mortel entre tous: il soutiendra Quisling durant tout le conflit.
Ce dernier est condamné pour trahison et exécuté en octobre 1945. Hamsun a alors 86 ans. Que faire de ce personnage désormais encombrant mais qui reste quand même le grand écrivain du pays ? Il n’y en a pas tellement… Comme il n’a pas l’obligeance de se faire hara-kiri, ce qui aurait résolu le problème, on va élégamment régler son cas en le déclarant … gâteux. Il se trouvera des psychiatres pour le qualifier de « personnalité aux facultés mentales affaiblies de façon permanente ». L’Etat norvégien le condamnera en sus à verser une énorme somme afin de lui faire chèrement payer « le soutien moral apporté à l’occupant ».
Furieux du diagnostic des psychiatres – on peut comprendre ça – Hamsun va leur opposer le démenti le plus cinglant qui soit : en 1949, à l’âge de 90 ans, il publie Sur les sentiers où l’herbe repousse, où il règle magistralement quelques comptes. Sans gâtisme aucun.
Il mourra dans l’opprobre et la misère en 1952.
Voilà, très succinctement, le personnage auquel la Norvège se décide aujourd’hui, pour le 150e anniversaire de sa naissance, à faire l’hommage d’un timbre à son effigie, d’un musée en son honneur à Hamaroey et d’une pièce commémorative.
Pour la circonstance, son petit-fils, Leif Hamsun, a laissé tomber ce jugement très retenu : « C’était après tout un des meilleurs auteurs dont la Norvège ait accouché. Politiquement, il était inapte et toute la famille prend ses distances à cet égard ».
Voilà qui devrait mettre un peu de baume au cœur de Baruch Tenembaum.

17:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : knut hamsun, norvège, antisémitisme, nazis
13.08.2009
LA VENGEANCE EST UN PLAT QUI SE MANGE FROID. ET MEME CONGELE.
Guysen News nous informe que:
« Josef Scheungraber, 90 ans et ancien soldat nazi, a été condamné mardi matin à la prison à perpétuité pour crime de guerre par le tribunal de Munich en Bavière.
Après la justice italienne qui l’avait condamné par contumace (une condamnation prononcée à l'issue d'un procès pendant lequel le condamné n'était pas présent) à la prison à perpétuité en 2006, le tribunal de Munich l’a lui aussi condamné à la prison à vie.
Bien que l’ancien officier ni toujours les faits en bloc, il est accusé d’un massacre qui avait fait 14 morts, des civils italiens en 1944 en Toscane dans le village de Falzano di Cortona.
Un témoin du massacre, Gino Massetti, alors âgé de quinze ans à l’époque raconte ce qui s’était passé le 26 juin 1944. «Le bataillon de chasseurs alpins commandé par M. Scheungraber a enfermé les futures victimes dans une maison villageoise avant de la faire exploser ».
Le Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem a tenu à rappeler toute l'importance de ce dernier procès : « Le jugement d'aujourd'hui confirme que le temps qui nous sépare des faits n'atténue en aucune manière la culpabilité des criminels et que le grand âge ne doit pas permettre aux meurtriers de se soustraire à la loi ».
C’est bien vrai, ça. On se demande vraiment dans ces conditions pourquoi et comment Solomon Morel est mort tranquillement dans son lit, à Tel Aviv, en février 2007, à l’âge respectable de 87 ans. La Pologne avait pourtant demandé à plusieurs reprises son extradition à Israël pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais évidemment, Israël a toujours fait la sourde oreille (voir archives du blog en date du 22/11/07). Pour sa défense, Morel avait clamé qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Dans ces conditions, évidemment, ça changeait tout …
Et Helena Wolinska ? Encore une grande humaniste devant l’Eternel qui n’a pas répondu de ses crimes. Son extradition avait également été réclamée par la Pologne. Mais à la Grande-Bretagne, cette fois, où cette ancienne juge de la belle époque bolchevique, s’était installée avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg. Elle s’était plainte, en 2007 à l’âge de 88 ans, lors de la 3e demande d’extradition, de voir resurgir ces spectres du passé. Deux fois auparavant, les autorités britanniques avaient rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? (voir archives du blog en date du 21/11/07).
On vous rassure tout de suite, Wolinska était restée tranquillement à Oxford où elle est morte de sa belle mort en novembre 2008. Le juge anglais n’avait pas eu le cœur de la faire traduire devant les tribunaux. Pensez, à son âge …
Source : Guysen News
18:39 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : scheungraber, solomon morel, helena wolinska, crimes contre l'humanité






