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05/06/2007

LA NOUVELLE EDITION DE LA FRANCE LICRATISEE VIENT DE PARAITRE

Un livre indispensable pour comprendre la France d’aujourd'hui

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Anne Kling

La France LICRAtisée

2007 2e édition, 264 pages

18 euros + 2,90 euros de frais de port

 

Commandes à Anne Kling

Editions Mithra

BP 60291 – 67008 STRASBOURG CEDEX

04/06/2007

UNE RADIOSCOPIE DU MONDE JUIF ACTUEL TRES ECLAIRANTE

d97dda76146ec12717f7b17323f81be7.jpgL’Institut de Planification d’une Politique pour le Peuple Juif (JPPPI) vient de publier, sous le titre Le peuple juif en 2005/2006 – Entre renaissance et déclin, un rapport extrêmement intéressant qui se veut une radioscopie du monde juif actuel. Je vous en recommande vivement une lecture attentive. Je me bornerai ici à n’en évoquer que quelques aspects.

Présidé par l’ancien ambassadeur américain Dennis Ross, le JPPPI est un think-tank créé en 2003 dont la mission est de contribuer à la continuité et à la prospérité du peuple juif et de sa culture. Au travers de ses recherches, il souhaite élaborer des politiques pragmatiques qui permettront « aux organisations juives et au leadership communautaire de prévenir les tournants liés à l’évolution de nos sociétés et de déterminer les priorités présentes et futures. »

Partant de la notion fondatrice de l’identité juive – qualifiée de notion puissamment mobilisatrice car façonnant l’existence juive et ses rapports au monde - le rapport recense de façon détaillée la situation des communautés juives dans tous les pays du monde et indique quelques chiffres intéressants :

Alors que la population mondiale a connu, de 1970 à 2006, un accroissement d’environ 76 % (soit une augmentation de près de 2.8 milliards d’individus), la population juive, elle, n’a augmenté que de 3 % (400 000 individus), ce qui confine à une stabilité en termes d’évolution démographique. En 2006, s’en tenant à une « définition de base » de la judéité, des chercheurs sont parvenus à un total de 13 millions de juifs disséminés entre Israël et la diaspora. La composante spécifiquement juive de la population mondiale est donc singulièrement mineure : sur mille personnes, deux seulement sont juives. Aux Etats-Unis, les juifs ne constituent que 2 %de la population, au Canada ou en France, leur nombre plafonne à 1 %.

Si, de 1970 à 2006, la population juive a diminué d’environ 71 % en Russie, 89 % en Ukraine, 95 % dans la zone asiatique de l’ex-URSS comme à travers toute l’Afrique du Nord, elle a par contre augmenté en Australie (près de 57 %), en Allemagne (plus de 280 %) et, naturellement, en Israël (plus de 103 %).

Une chose est sûre en tout cas : en ce début de XXIe siècle, 92 %de la population juive mondiale réside dans les 20 % d’Etats les plus prospères du globe, tandis que la présence juive dans les pays les moins développés devient de plus en plus insignifiante. Ce qui est nouveau puisque jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, la majeure partie de la population juive vivait au contraire dans des régions pauvres ou sous-développées.

S’agissant plus spécifiquement de l’Europe, plus de 80 % des juifs de l’Union européenne se répartissent en trois communautés : la France (environ 500 000 personnes),  le Royaume-Uni (environ 300 000) et  l’Allemagne (environ 120 000).

Enfin, souligne le rapport, « on ne pourra s’empêcher de noter que l’année 2006 s’inscrit dans l’histoire juive comme un événement porteur d’une valeur symbolique singulière : pour la première fois depuis la destruction du second Temple de Jérusalem au premier siècle de l’ère commune, Israël s’est affirmée cette année comme la plus importante communauté juive du monde, reléguant le judaïsme des Etats-Unis au second rang et le judaïsme français au troisième rang.

5bfd6ffb8d88d7f01f4b8c5889d1c8c7.jpgDans le chapitre consacré aux perspectives d’avenir, un certain nombre de priorités sont listées. Il en est une fort instructive, puisqu’elle nous touche de près, que je me borne à retranscrire :  "Encourager les politiques multiculturalistes 

Il est évident que les sociétés les plus ouvertes au multiculturalisme sont les mieux à même de permettre à une vie juive de s’organiser en leur sein. Il s’agit donc d’oeuvrer au renforcement de ces sociétés. (…)  En Europe, où les nouvelles communautés musulmanes, nourries souvent de ressentiment envers les communautés juives plus anciennes et mieux intégrées, revendiquent des droits similaires à ceux accordés aux juifs, il importe de prendre en compte l’effet que peut avoir chaque avancée du multiculturalisme à l’aune de ses effets sur la dynamique inter-communautaire.

Trois directions se profilent :

1. Envisager sérieusement le soutien aux politiques multiculturelles qui, le plus souvent, favorisent l’essor des communautés juives

2. Mettre à la disposition du plus grand nombre des services éducatifs et culturels juifs de qualité. Permettre à chaque juif qui le souhaite d’approfondir son identité par l’étude des sources comme de la langue hébraïque. Ces initiatives exigent bien sûr un financement digne de ce nom, dont la source sera tant communautaire que publique

3. Différencier la laïcité, cadre dans lequel les communautés peuvent se déployer, du laïcisme (séparation de la religion et de l’Etat, opposition aux activités religieuses, etc.) qui dans sa version militante et dogmatique contredit le déploiement des structures communautaires particularistes".

Ce dernier point me paraît plutôt obscur. Mais l’ensemble est clair : vive le métissage (pour les autres) et les sociétés multiculturelles, car ce sont celles où les juifs tirent le mieux leur épingle du jeu. Et les ficelles, accessoirement.

Les  juifs ont une mission à remplir, et le rapport n’omet pas de le souligner : « Fidèle à la parole prophétique qui l’enjoint à devenir une Lumière pour les Nations, le peuple juif ne peut se détourner des grands débats éthiques qui traversent notre époque. Comme l’a écrit Elie Wiesel, « il ne s’agit pas de judaïser le monde, mais de contribuer à l’humaniser »

A ce stade, et considérant ce qui se passe au proche orient depuis quarante ans, je vous laisse le soin de commenter vous-mêmes…

Source :http://www.jpppi.org.il/JPPPI/Templates/ShowPage.asp ?DBID=1&LNGID=4&TMID=111&FID=337&PID=517&IID=644

03/06/2007

CANDIDATURES COMMUNAUTAIRES CONTROVERSEES AU MODEM

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La LICRA est outrée par la candidature de Djamel Bourras aux législatives en Seine-Saint-Denis et l’a vertement fait savoir à François Bayrou qui a l’outrecuidance de le présenter sous l’étiquette MoDem. Quel drôle de nom, entre parenthèse. Si on voulait  faire la preuve que la politique est devenue un gadget et que seules comptent dorénavant la « com » et l’apparence, on ne s’y serait pas pris autrement.

 

Donc François Bayrou, dont la femme apprend l’arabe – il nous l’avait confié durant la campagne – veut faire un coup et parachute un « people » issu de l’immigration maghrébine contre le député communiste sortant Patrick Braouezec, dans la 2e circonscription de ce département « sensible ».

 

Elle devrait donc être contente, la LICRA, non ? Elle nous a assez prêché que c’était la voie à suivre? Eh bien non, justement, elle n’est pas contente du tout et elle regrette bien cette initiative de François Bayrou qui est, c’est un comble, membre de son comité d’honneur. Car François, qui est un petit malin, pensait piocher à tous les râteliers. Et à tous les communautarismes.

Sauf que dans ce cas, il vaut mieux choisir ses candidats. Celui-là ne fait pas du tout l’affaire. Il est un peu trop virulent et n’a absolument rien pour plaire à la LICRA. Récapitulons :

Il a soutenu, pêle-mêle, la liste Euro-Palestine en 2004, la radio du Hezbollah Al-Manar, Dieudonné. Il a participé en 2006 à la manif contre la loi sur le port du voile organisée par les radicaux du Parti des musulmans de France. Il a également préconisé une loi contre l’islamophobie  qui rétablirait le délit de blasphème (où a-t-il trouvé une idée pareille, on se le demande). J’allais oublier que ce sportif français a dédié sa médaille olympique de judo, en 1996, « aux musulmans du monde entier ».

Tout cela commence à faire beaucoup et on comprend que la LICRA s’énerve.

Lorsqu’avec ses associés habituels - instances communautaires, gauche politique, associations antiracistes, toutes forces dites de progrès - elle faisait entrer à tour de bras les musulmans sur notre sol, la LICRA les prévoyait dociles et reconnaissants. Alliés, en un mot comme en cent.

Et voilà que les choses se passent de moins en moins selon le scénario prévu. Comble de malheur, il est difficile de venir se plaindre d’une situation que l’on a soi-même provoquée. Difficile d’attaquer sur le terrain du communautarisme lorsqu’on a une légère tendance à le pratiquer soi-même.

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Corinne Lepage a elle aussi vivement réagi en déclarant : « Je regrette profondément cette candidature surprenante décidée à la dernière minute mais personne n’a sollicité mon avis. Les positions de Djamel Bourras ne sont pas celles que j’ai envie d’avoir, notamment sur la laïcité ».

Pourquoi Corinne Lepage ? C’est qu’après avoir renoncé à présenter sa candidature à la présidentielle – comme en 2002 où elle avait fait 1,8% des voix – elle a rejoint François Bayrou, car, avait-elle expliqué, François Bayrou et moi « partageons de nombreuses idées, tant sur la moralisation de la vie publique que sur la nécessité de fonder une VIe République. (…) J'aurai bien plus de poids pour défendre l'écologie politique en faisant équipe avec lui".

Puisque nous parlons de « moralisation » de la vie publique, grand souci de François, rappelons-lui en passant que son candidat fétiche a été suspendu pendant deux ans, pour dopage, en 1998. Et a été condamné en février 2007 par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir insulté un chauffeur de la RATP. Mais dispensé de peine. On est en France, quand même.

Corinne Lepage n’a jamais caché sa très grande proximité avec Israël. Elle avait ainsi déclaré lors des dernières européennes où elle se présentait aussi : « J’ai l’honneur de briguer le 13 juin les suffrages de nos concitoyens et j’ai renouvelé, dans le cadre de ma campagne, mes engagements antérieurs dans la lutte sans merci contre l’antisémitisme comme dans la défense de l’existence et des droits de l’Etat d’Israël. (…) J’étais déjà à la manifestation de février 2002, [et] au premier colloque organisé sur la renaissance de l’antisémitisme, au Sénat, fin 2001, organisé par le Bnai Brith quand les politiques brillaient par leur absence, et mon engagement ne s’est jamais démenti. »

Cruel dilemme pour François. Il va falloir choisir. Que deviennent les Gaulois, dans tout ça ?

02/06/2007

GAULOIS NOUS SOMMES ! GAULOIS NOUS ENTENDONS RESTER ! PAR TOUTATIS !

41394009b462ffd504037d01c50a9381.jpgAlors ça, c’est le pompon ! Voilà qu’Astérix lui-même se met à sentir le soufre. Eh oui, pour certains, il serait trop…gaulois, vous voyez ce que je veux dire. Normal, un personnage qui se met en tête de résister partout et toujours à l’envahisseur, franchement, ce n’est pas un très bon exemple à donner aux enfants, non ?

Où Dominique Versini, nommée officiellement Défenseure des enfants en 2006 (quel horrible titre !), avait-elle la tête en choisissant ce personnage hautement suspect pour promouvoir la convention des Nations Unies sur les droits des mineurs?

Ce n’est certes pas un choix que Jean-Pierre Rosenczveig aurait fait, lui. Oh, non. Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, président par ailleurs d’une kyrielle d’associations diverses et variées, dont le Bureau international des droits de l’enfant (BIDE), créé par un certain Bernard Kouchner (le monde est petit) et Défense des enfants International (DEI)  a déclaré sans ambages  qu’il y avait là une vision « gauloise » qui ignorait la réalité interculturelle de la société française et le caractère universel de ces droits. Non mais ! « Astérix ne représente pas suffisamment la société française telle qu'elle est aujourd'hui » (…) « Bras séculier... Résistant aux envahisseurs », bref c’est un exemple particulièrement mal choisi pour défendre une France « aspirant à une coexistence pacifique des diversités qui la composent ».

Soit dit en passant, le fait que M. Rosenczveig ait convoité le poste présentement occupé par Mme Versini n’est peut-être pas étranger à son ire.

Mais sans même s’attarder sur cette explication collatérale (que voulez-vous, je suis d’un naturel mesquin, je vois le mal partout), Jean-Pierre Rosenczveig est parfaitement cohérent avec lui-même en réagissant ainsi. La vision « gauloise » que véhicule Astérix ne peut que lui faire horreur. Lui, il est à fond pour une société multiculturelle, celle qui a été imposée au pays sans lui demander son avis depuis pas mal de temps. Par qui ?

Dieu sait qu’il est pourtant aux premières loges pour se rendre compte des désastres qu’a engendrés, justement, cette fameuse société multiculturelle aux Gaulois imposée: familles éclatées, incapables de s’intégrer, mineurs déboussolés, violents, j’en passe et des meilleures. A qui la faute, encore une fois ? Cette situation désastreuse n’existait pas il y a trente ans.

Il est plus facile de tirer aujourd’hui sur Astérix. Qui sera bientôt poursuivi pour incitation à la haine raciale et interdit à la vente, si ça continue.

Rappelons à M. Rosenczveig qu’il existe des pays qui ne craignent pas, eux, de défendre farouchement leur identité et je parie même que M. Rosenczveig trouve ça très bien. Je vais en citer un au hasard : Israël.

Je lisais il y a deux jours sur Ynet.news.com, la réaffirmation, une fois de plus, qu’Israël était d’abord et avant tout un Etat juif. Il s’agissait de contester certaines demandes émanant de citoyens arabes du pays, concernant des symboles liés à l’Etat juif. Bien sûr, il leur a été opposé une fin de non-recevoir parfaitement claire. Le haut magistrat qui faisait une conférence sur le sujet avait déclaré : « Les arabes partagent une mentalité de majoritaires, car ils se voient comme faisant partie des millions d’arabes du moyen orient. Nous (les juifs) nous partageons une mentalité de minoritaires et nous considérons ce type de demandes comme une menace pour la perception que nous avons de nous-mêmes ».

Fort bien. En ce qui nous concerne, nous ferions bien, nous aussi les Gaulois, de nous réapproprier une mentalité de majoritaires et agir en conséquence. Tant que nous pouvons encore le faire.

01/06/2007

5) CE QUE COUTE LE PERSONNEL POLITIQUE : NOUS SOMMES LOIN D’EN AVOIR POUR NOTRE ARGENT !

eb3de023c0f13f6c2e84eb7e9b65e33a.jpgEn ces temps d’élections et de promesses électorales (destinées à faire faire des économies par les autres), poursuivons notre petite série sur la vie ouatée que mènent, grâce à nous, nos chers élus. Certes, ils ne sont pas tous logés à la même enseigne, les élus municipaux se trouvant tout au bas de l’échelle de soie qui conduit au septième ciel où planent, comme on l’a vu, députés nationaux et européens ainsi que sénateurs.

Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, au nom du respect de la séparation des pouvoirs, chaque assemblée parlementaire jouit de l’autonomie financière. Par conséquent, le ministre des Finances n’a aucun droit de regard sur les crédits que se votent les parlementaires. Chaque année, une commission réunissant les questeurs du Sénat et de l’Assemblée nationale élabore un projet de dotation qui détermine les crédits nécessaires, sous le contrôle théorique et complaisant de deux magistrats de la Cour des comptes (dont le pouvoir se limite à une voix consultative). Ces choix financiers sont ensuite inscrits au projet de loi de finances, au titre II pouvoirs publics du budget des charges des communes, toujours sans la moindre intervention du ministère des Finances.

La commission des questeurs adjoint au projet de loi de finances un rapport relatif aux budgets des assemblées parlementaires, document sur lequel le ministère du Budget et les parlementaires eux-mêmes cultivent la plus grande discrétion.

Question scabreuse : la France a-t-elle besoin de tant d’élus ?

La démocratie se mesure-t-elle à l’aune du nombre d’élus ? D’autres nations, dotées d’institutions solides, en entretiennent beaucoup moins que la nôtre. La France compte 577 députés, 331 sénateurs, 78 députés au Parlement européen, 36 785 maires, 2 040 conseillers régionaux (en comptant les 51 membres de l’assemblée territoriale corse*), auxquels s’ajoutent les 131 représentants des assemblées de la Nouvelle-Calédonie, de Polynésie et de Wallis et Futuna, 4 054 conseillers généraux, plus 163 conseillers de Paris. En outre, rien qu’en France métropolitaine, on recense 514 519 conseillers municipaux.

Avec un élu pour 108 habitants (quelque 558 000 élus pour 60,3 millions d’habitants), la France métropolitaine possède un taux de représentation quatre fois et demi supérieur à celui des Etats-Unis. Plus d’un électeur français sur cent est conseiller municipal !  Au seul échelon parlementaire (Assemblée nationale et Sénat), le ratio français est d’1 élu pour 67 595 habitants. La France entretient ainsi – comparativement – près de deux fois plus de parlementaires que l’Allemagne et environ sept fois plus que les Etats-Unis. C’est énorme ! Trop nombreuse, la classe politique coûte aussi trop cher. Les privilèges abusifs des élus peuvent et doivent être supprimés.

Examinez avec attention les chiffres suivants. Ils expriment 1) le nombre de millions d’habitants  2) le nombre total de parlementaires  3) le ratio (1 parlementaire pour tant d’habitants):

Allemagne :  83,2  / 781 (603 députés au Bundestag + 178 au Bundesrat) /106 530

Etats-Unis : 284,8 / 535 (435 députés à la Chambre des représentants + 100 sénateurs) / 532 336

France : 62,7 / 908 (577 députés + 331 sénateurs) / 69 053

La chaîne télévisée parlementaire : une augmentation de crédits de 48,5 % en trois ans!

Le 30 décembre 1999 a été créé l’un des gadgets audiovisuels les plus chers de France, si l’on rapporte son coût à son audience : la chaîne parlementaire. Malgré les demandes visant à sa suppression, cette chaîne dépensière existe toujours et les pouvoirs publics lui accordent encore une dotation de 21 741 000 euros, contre 14 635 206 euros en 2003, soit une augmentation de 48,5 % en trois ans !

a102feb7f7c95025d93596d402361156.jpgElle comporte deux branches. LCP (Assemblée nationale), tout d'abord, dont le PDG était Ivan Levaï, de 1999 jusqu’à son départ en 2003, sa gestion ayant été mise en cause.

La branche Public Sénat, quant à elle, est présidée par Jean-Pierre Elkabbach, qui avait cru bon, comme on l’a vu dans l’article Une évolution décidément bien inquiétante, de retransmettre en intégralité la soirée du CRIF sur « sa » chaîne. Mais n’a pas souhaité, par contre, que le débat Royal-Bayrou entre les deux tours se fasse sur Public Sénat.

Au total, en prenant en compte la chaîne télévisée parlementaire, mais aussi les sommes affectées au jardin et au musée du Luxembourg (13 013 900 euros), la dotation globale des deux assemblées se monte, en 2006, à 832 838 100 euros, soit une augmentation de plus de 16,4 millions d’euros par rapport à 2005. Ce chiffre représente près de 2,3 millions d’euros par jour ! En fait d’économie, les parlementaires ont augmenté leurs moyens de 9,3 % depuis le début de la législature, soit plus de 76 millions d’euros sur cinq ans, et l’ascension se poursuit.

* Il est bon de rappeler que pour satisfaire à la particulière configuration politique corse, la règle du jeu lors des dernières élections régionales de 2004 a subi une importante modification en leur faveur : pour être élu, partout en France, il fallait passer la barre des 10%, au lieu de 5% précédemment. Sauf en Corse, où la barre des 5% a été maintenue. Vous avez dit égalité ?

Source : www.contribuables.org

31/05/2007

IL FAUT DEGOMMER PAUL GOMA

32027951b29a8b717038f14d9b00699f.jpgLe  Monde a publié le 29 mai, sous la plume de Mihaï Dinu Gheorghiu, un article intitulé L’honneur perdu d’un dissident roumain s’indignant de ce que l’écrivain roumain Paul Goma ait été nommé « citoyen d’honneur » de la ville de Timisoara, et en appelant à l’Etat français et à l’Europe. Pourquoi une telle indignation ? C’est que Paul Goma a commis un crime épouvantable. Le pire qui se puisse commettre sous la voûte des cieux. J’ose à peine l’évoquer, mais enfin, à demi-mot, je vous le glisse. Tâchez de ne pas l’ébruiter. Il serait antisémite. Incroyable ! Encore un !

Tâchons de débrouiller cette histoire roumaine compliquée. L’accusateur, d’abord : Mihaï Dinu Gheorghiu est sociologue, professeur à l'université de Iasi et membre de l'Institut Elie-Wiesel de Bucarest.  Il a la double nationalité française et roumaine et vit en France.

L’accusé est Paul Goma, né en 1935, écrivain roumain et dissident anti-communiste. Lui aussi vit en France où il est réfugié politique depuis 1977. Et apatride, puisque la Roumanie lui a retiré sa nationalité et qu’il n’a pas souhaité devenir français.

Dans son désir d’honorer ce citoyen courageux, qui a connu les geôles et la torture de la Securitate, la mairie de Timisoara, circonstance aggravante, n’a pas péché par ignorance. Elle connaissait parfaitement les écrits « antisémites et négationnistes » de Paul Goma. D’ailleurs, la lettre détaillant les raisons qui l’ont amenée à lui offrir cet honneur comporte le paragraphe suivant :

"En 2002, Paul Goma écrit l'essai La Semaine rouge 28 juin-3 juillet, ou la Bessarabie et les juifs. Dans cet ouvrage, l'auteur présente les atrocités commises par la population non roumaine (dont aussi des juifs) pendant la retraite des troupes et de l'administration roumaine de Bessarabie et de Bucovine, après les ultimatums soviétiques de juin 1940 (le pacte germano-soviétique attribuait une partie de l'est de la Roumanie à l'URSS - partie qui fut occupée jusqu'au déclenchement de l'offensive de l'Axe contre l'Union soviétique). L'explication de l'auteur pour la fermeté avec laquelle le régime Antonescu avait puni les juifs, après le 22 juin 1941 (date de l'entrée des troupes allemandes et roumaines en URSS, les populations juives étaient accusées d'avoir sympathisé avec les Soviétiques), est fondée sur la vengeance pour les faits condamnables de l'année précédente. Paul Goma milite en même temps pour que les juifs assument la responsabilité de leurs crimes commis contre les Roumains et il se prononce contre la falsification (distorsion) de l'histoire avec l'intention de faire un mythe exclusif d'un génocide contre les seuls juifs avec des objectifs politiques (de domination), économiques (extorquer des fonds) et de culpabilisation de toutes les autres nations, non juives, sans une analyse de leurs propres actions criminelles anti-roumaines, soutenues et approuvées par la quasi-totalité des cercles juifs. Entre 2002 et 2005, cet essai a connu plusieurs versions. (...)"

Reconnaissez qu’il y va fort, Paul Goma. Et qu’il faut le dégommer en vitesse, avant qu’il ne donne des idées à d’autres. D’ailleurs, la communauté juive roumaine et l’ambassade d’Israël à Bucarest ont officiellement protesté, elles aussi.

ba492ec21458c2fca07b4973a6b3b8e3.jpgEn fait,  l’histoire est encore plus compliquée qu’il n’y paraît et a, comme toujours, des racines plus lointaines. L’an dernier, en avril 2006, le gouvernement avait créé une commission, dite commission Tismaneanu, chargée de procéder à des investigations au sujet des exactions commises par les communistes en Roumanie. Bonne idée, non ? Sauf que le président de cette commission, Vladimir Tismaneanu, n’était pas n’importe qui. Ses parents étaient tous deux juifs, communistes et vétérans de la guerre civile espagnole. Son père occupait la chaire de marxisme-léninisme à l’université de Bucarest. Dans ces conditions, Vladimir Tismaneanu était-il la personne la plus qualifiée pour enquêter sur les crimes du communisme en Roumanie ? C’est une bonne question qu’on a fini par se poser même là-bas et les conclusions de la commission, rendues en décembre 2006 – ça a été du travail rapide, pas comme le procès dont nous parlions hier – sont légèrement controversées.

D’ailleurs, Paul Goma y avait fait un tour, à cette commission. Pas longtemps. 9 jours. Il s’était rapidement fait éjecter. Une polémique l’avait opposé à Tismaneanu qu’il estimait incapable d’être impartial en cette affaire, ayant été élevé dans la nomenklatura. Et il avait rappelé que son père, Leonte Tismaneanu, avait été “l’un des principaux agents du communisme en Roumanie, et l’un des plus féroces ».

30/05/2007

AUSCHWITZ, LE PROCES DE FRANCFORT

4ba50a0ea8be1a37e6db0a7ff7890cf1.jpgJe ne veux pas me transformer en chroniqueuse télé, mais je dois reconnaître qu’en ce moment la moisson est riche. Hier soir – après le couplet admiratif sur le général Luo, héros de la Chine communiste – la chaîne câblée Histoire proposait à l’exécration des foules Auschwitz, le procès de Francfort : à Francfort, en décembre 1963, 350 témoins de 19 pays témoignent pendant vingt mois contre les tortures subies dans le camp d’extermination nazi d’Auschwitz.

Que les choses soient claires. Je n’ai aucune sympathie pour les sadiques nazis qui ont opéré à Auschwitz. Je n’en ai pas davantage pour les brutes bolcheviques qui ont opéré ailleurs. Je suis simplement fatiguée de voir éternellement les mêmes montrés du doigt et les mêmes escamotés, c’est tout. Et je considère qu’il y aurait, hélas, matière à bien d’autres procès intéressants et instructifs de l’autre côté de l’échiquier politique.

Pour en revenir au procès de Francfort, il permit, paraît-il, de faire découvrir au monde absourdi jusqu’où pouvait aller la haine d’autrui. Mouais… Dans ce cas, c’est qu’il n’avait guère été curieux jusque là, le monde… Et il continue d’ailleurs, comme si de rien n’était.

Ce fut en tout cas, juste après celui d’Eichmann (jugé à partir d’avril 1961, pendu en 1962), un procès à grand spectacle devant 150 journalistes venus du monde entier. Parmi les 211 survivants d’Auschwitz qui vinrent témoigner, figuraient 3 survivants des Sonderkommandos (SK), équipes de détenus juifs chargés de brûler les corps des victimes.

Il s’agissait de Milton Buki, affecté aux SK de décembre 1942 à l’évacuation du camp. Il vivait à Los Angeles au moment du procès et mourut en 1988. De Filip Müller, affecté aux SK également de 1942 à l’évacuation. Et de Dov Paisikovic affecté, lui, de mai 1944 à l’évacuation. Il vivait en Israël et mourut lui aussi en 1988.

Dans leur malheur, il faut reconnaître que ces témoins eurent quand même de la chance car il est généralement admis que les SK étaient systématiquement liquidés au bout de quelques semaines. Il faut donc admettre qu’il y eut des exceptions. Comme celle, d’ailleurs, de Shlomo Venezia, que j’évoquais en avril dernier au moment de la parution de son livre.

Si la tenue du procès de Nuremberg en 1945-46 dut beaucoup à l’opiniâtreté du Congrès Juif Mondial, le procès de Francfort dut énormément à celle du procureur général de Hesse, Fritz Bauer. Plus jeune juge d’instance d’Allemagne sous la République de Weimar, il sera démis de son poste en 1933, cumulant la double « tare » d’être membre du parti social-démocrate et juif. Il émigrera au Danemark en 1936 et rentrera en Allemagne en 1949 où il reprendra sa carrière juridique.

« Mais c'est également dans la lutte contre l'extrême-droite que Fritz Bauer intervint régulièrement. Un exemple a été son intervention lors d'une session organisée par les organisations de jeunesse de Rhénanie-Palatinat en octobre  1960. Son texte, intitulé  Les racines de l'action fasciste et national-socialiste  avait été imprimé pour être distribué dans la jeunesse. Le ministre des Cultes du Land interdit cette distribution dans tous les établissements d'enseignement classique et professionnel de son ressort. Bauer, dans la même logique, prit également position contre les phénomènes de xénophobie et l'antisémitisme latent en Allemagne. Inutile de dire qu'il dut subir de façon presque continue insultes et menaces. Il restera, sans aucun doute, une des grandes figures de la démocratie allemande en création. Le fait qu'il ait été initiateur du Procès Auschwitz de Francfort restera parmi ses mérites, et certainement non le moindre. » (source : www.fndirp.asso.fr )

C’est la plainte, en 1958, d’un ancien détenu d’Auschwitz qui lancera l’affaire. Dans un premier temps, elle ne rencontrera guère d’écho auprès du procureur général de Stuttgart. C’est le procureur Bauer qui prendra une relève énergique. Il choisira les juristes chargés de débrouiller ces dossiers compliqués. Il s’agira ensuite de réunir les preuves. Le Conseil central des juifs en Allemagne lancera un appel à témoignages et proposera un questionnaire. Finalement, plusieurs années vont s’écouler avant que le procès ne s’ouvre enfin, en 1963. Des plusieurs centaines de « coupables » originellement pressentis, 24 restèrent, dont 20 furent effectivement jugés.

Leur fonction au camp était des plus variées, d’adjoint au commandant en chef au kapo de base. Les peines le furent également : 6 seront condamnés à perpétuité pour meurtres, 11 auront des peines de prison allant jusqu’à 14 ans, 3 seront acquittés.

29/05/2007

ATTENTION : UN SIMON LEVY PEUT EN CACHER UN AUTRE (ET VICE-VERSA)

L’article qui suit n’a aucune prétention informative, ou historique, ou autre d’ailleurs. Je suis tombée dessus par hasard et l’ai trouvé si amusant dans son genre que je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter.

Il émane d’un site marocain, s’appelle Quand la haine aveugle, et est daté du 22 mai 2007 :

« Attajdid le quotidien des frères musulmans au Maroc s'est fait un plaisir de reprendre à son compte une information publiée par le journal Achark al Awsat concernant la condamnation, pour émission de chèques sans provision, de Simon Levy. La photo qui accompagne l'article ne fait pas de doute sur l'identité de l'intéressé, à savoir Simon Levy, le dirigeant historique du Parti du Progrès et du Socialisme que chacun a dû reconnaître.

Attajdid, apparemment ravi de l'aubaine, entre dans les détails de l'affaire et nous rapporte, «de source bien informée» que le montant de la forfaiture atteint 5,10 millions de dirhams.
Annoncée en première page, cette information apparemment vérifiée par la rédaction du journal, semble avoir été du pain béni pour la confrérie des frères musulmans d'Attajdid pour régler son compte à un militant de la gauche marocaine, très connu pour ses positions constantes et courageuses contre les tenants de l'obscurantisme et de l'antisémitisme qui n'avaient pas hésité, par le passé, à lui asséner menaces et attaques, dans le but vain de l'intimider. Car ces gens-là n'acceptent pas qu'un Marocain juif puisse s'exprimer, d'une manière résolue, sur les dangers pour le Maroc de l'instrumentalisation de la religion à des fins politiques.

L'occasion était donc belle pour démolir, une bonne fois pour toutes, ce Simon Lévy, devenu par la force des choses, la bête noire des intégristes de tous bords.

Sauf que la réalité est tout autre. Et les frères musulmans d'Attajdid auraient pu s'en rendre compte très facilement, s'il n'y avait pas chez eux la véritable intention de nuire. Parce que le Simon Levy en question réside lui à Agadir, et non à Casablanca. Qu'il a été un personnage politique, mais appartenant à l'Union Constitutionnelle qu'il a même représentée au Parlement dans les années 90, alors que le Simon Lévy du PPS a été victime d'une véritable campagne de dénigrement lorsqu'il était candidat à Casablanca pour les législatives de 1993 par ces mêmes intégristes qui s'adressaient aux électeurs pour leur signifier que voter pour un juif était un sacrilège.

Les gars d'Attajdid auraient pu donc éviter de tomber dans le ridicule s'ils avaient fait un petit effort pour distinguer entre les 2 Simon Lévy. Mais apparemment, tel n'était pas leur objectif. »

Ah les salauds ! Confondre comme ça deux Simon Levy, un vertueux et l’autre juste un peu moins…  Toujours aussi malveillants !

Comme je suis incorrigible, j’ai voulu en savoir un peu plus sur Simon Levy (le vertueux) et j’ai trouvé qu’il est généralement qualifié de « militant communiste de la première heure et dirigeant dynamique de la communauté juive de Casablanca ». Sachez que si 300 000 juifs environ vivaient au Maroc dans les années 1950, ils ne sont plus aujourd’hui au maximum que 5 000, dont 90% résident à Casablanca justement. Les autres ont émigré en Israël, au Canada, aux  USA. Sont-ils partis chassés par l’antisémitisme ? Oh non, répond Simon Levy, pas du tout. « Le vrai racisme et le vrai antisémitisme, c’est avec les Français que je les ai vécus dans ma chair », ai-je lu. Il n’y a décidément rien de nouveau sous le soleil.

Source : www.albayane.ma