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10/07/2007

LES SURVIVANTS ATTENDRONT ENCORE UN PEU

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On aurait pu penser que la shoah s’étant déroulée il y a maintenant plus de 62 ans, tous les survivants de cette hécatombe auraient été dûment indemnisés, d’une manière ou d’une autre. Eh bien, non. Pas plus tard qu’hier, on a appris que le ministre israélien des finances refusait  le transfert de fonds immédiat aux survivants de l’holocauste que réclamait son collègue, le ministre des affaires sociales. Ce transfert constituait la première phase d’une proposition visant à accorder quelques milliers de shekels à tout survivant dans le besoin. Le ministre des finances a estimé que cette proposition n’était pas raisonnable et impossible à mettre en œuvre. Donc, les survivants attendront. Ce refus nous permet d’apprendre avec stupéfaction qu’il existerait aujourd’hui encore des milliers de survivants de cette période, forcément très âgés – la plupart ayant dépassé les 80 ans – qui survivraient chichement en Israël, en dessous du seuil de pauvreté, dans l’attente d’une problématique indemnisation. Plus de 60 ans après !

Pourtant on croit savoir que les gouvernements fautifs – Allemagne, Autriche, Suisse et d’autres encore sûrement – sont largement passés à la caisse depuis la fin de la guerre. Pas plus tard qu’en novembre 2005, l’Autriche a versé une indemnité de 200 millions de dollars destinés aux survivants de la shoah. Alors ? Sans parler des grandes associations juives internationales qui ont réussi, par des méthodes bien à elles, à faire rentrer de très gros paquets de dollars dans leurs caisses. En principe pour les survivants. En tout cas, si beaucoup de ces derniers n’ont jamais rien vu venir, on ne peut en dire autant d’un certain nombre d’avocats…

 

Cette question des indemnités aux survivants est très complexe et fort instructive. Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’Allemagne n’a pas versé d’argent pour les survivants à proprement parler. Aux termes d’un accord passé en 1957 avec Israël, elle s’est engagée à verser 833 millions de dollars sur 12 ans, sous forme de biens. Elle a donc puissamment contribué aux infrastructures du tout jeune pays. Des détails sur cet accord figurent dans un document très intéressant daté de 2001, sur www.harissa.com/D_forum/Israel/unaffront.htm .

08/07/2007

SOUVIENS TOI ! SOUVIENS TOI ! SOUVIENS TOI !!!!

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Il existe sur le site www.guysen.com , l’agence de presse francophone d’Israël et du Moyen Orient, une rubrique quotidienne fascinante tenue par Claude Bensoussan, qui s’intitule Souviens toi… sous-titrée Mémoire…, suivie de la date du jour.

Et jour après jour, ce ne sont qu’égorgements, massacres, pogroms, catastrophes en tous genres, assassinats divers et variés, dont certains remontent aux croisades, et bien avant. C’est proprement stupéfiant. Loin de moi  la pensée que les juifs n’ont pas souffert au long de leur histoire. Quel peuple ne conserve pas le souvenir d’horreurs passées ? Mais quel autre peuple a un tel souci de ressasser interminablement, et jour après jour, les événements malheureux ?

Pourtant, il a bien dû y avoir aussi des événements agréables dans le lot. Je ne sais pas, moi, par exemple le premier million de Rothschild. Ou les premiers contrats fructueux de Basil Zaharoff, le fameux marchand de canons de la première guerre mondiale. Ou même, tiens, celui-ci, que j’ai découvert sur le site www.labanlieuesexprime.org Le message est daté de septembre 2006 et indique fort judicieusement: « Aujourd’hui 27 septembre, date anniversaire de l’accueil généreux des juifs au sein de la République Française, suivant ce fameux décret du 27 septembre 1791 de la Constituante. Pourtant la communauté juive toujours très prompte à pratiquer commémorations sur commémorations ignore totalement cette date fondamentale et généreuse qui a attribué aux juifs le même statut et droits que les autres citoyens ! Silence du CRIF ; silence de la LICRA, silence de l’UEJF....un silence communautaire de 215 ans ! Un petit merci de temps en temps, une petite minute de silence pour honorer notre République, ça ne coûterait pourtant pas trop cher ! Et cela pourrait peut-être contribuer à inspirer les Israéliens pour attribuer aux arabes israéliens les mêmes statuts, les mêmes droits que ceux qui régissent la communauté juive en Israël. Ce dernier point, devrait être, pour le CRIF, dans le cadre de leur relation permanente avec Israël, une demande insistante et récurrente. »

Ce fameux décret de septembre 1791 provoquera d’ailleurs un afflux considérable de juifs allemands en Alsace.

Curieusement, ce message figurait dans un débat relatif à mon livre qui venait de paraître. Et j’ai eu la grande surprise sur ce site de me voir qualifier ainsi par un autre correspondant : Je viens de faire quelques recherches sommaires sur l’auteur de ce bouquin. Anne Kling semble très proche des milieux de l’extrême-droite ISLAMOPHOBE ET PRO-SIONISTE ! Elle est la favorite de la mouvance "identitaire" (pro-sioniste). Je ne vois pas de ce fait ce qu’elle peut reprocher à la LICRA... Peut-être, que selon elle, la LICRA n’est pas assez sioniste, ni anti-immigrés. Pourtant ce n’est pas l’impression que donne cette officine dirigée par le député UMP, Patrick Gaubert ! Laissons-les à leurs querelles de famille, pour nous occuper de "La France confisquée" par les amis d’Anne Kling et de la Licra !

Amie de la LICRA et PRO-SIONISTE en majuscules ! Elles étaient effectivement bien sommaires, ces recherches…

07/07/2007

A PROPOS DE KURT WALDHEIM

17ed0f4f5c8ee7d734ac815c73c3066c.jpgKurt Waldheim est décédé le mois dernier à l’âge de 88 ans. Après deux mandats à la tête de l’ONU, durant lesquels avaient été votées des résolutions qui avaient fortement déplu à Israël, il avait été élu président de la République d’Autriche en 1986. Malgré la campagne virulente que le Congrès juif mondial avait menée contre lui, l’accusant de crimes de guerre. Plus tard, une commission d’historiens créée par le gouvernement autrichien le disculpera. Je reprends ci-dessous les pages consacrées à Kurt Waldheim dans La France LICRAtisée.

« L’affaire Kurt Waldheim

Au milieu des années 80 se situe une affaire emblématique de la puissance du Congrès Juif Mondial (CMJ) et de sa capacité à peser sur la politique, même européenne. Cette affaire trouve, elle aussi, sa place dans la stratégie visant à maintenir la shoah au coeur des préoccupations des Européens et à contrecarrer le révisionnisme. C’est d’ailleurs le président du CJM depuis 1981, le milliardaire américain Edgar Bronfman, qui l’affirmera sans complexe dans son autobiographie The making of a Jew, qui paraîtra en 1996. Et qui se félicitera de la formidable publicité faite ainsi au CMJ.

Kurt Waldheim est ministre des affaires étrangères d’Autriche de 1968 à 1970, puis secrétaire général des Nations Unies de 1972 à 1981. C’est donc un homme politique d’envergure qui se présente à la présidence de son pays, l’Autriche, en 1986. C’est à ce moment-là qu’éclate l’affaire qui va dorénavant le poursuivre sans relâche. Elle démarre en Autriche où les socialistes, qui occupaient la présidence autrichienne presque sans discontinuer depuis la fin de la guerre, s’inquiètent. Kurt Waldheim est un concurrent redoutable. Une campagne à base de rumeurs sur son supposé passé nazi démarre.

a25014ade622408e26afdb1086ad8801.jpgMais elle ne rencontre aucun écho en Autriche. Il faut faire plus et mieux, et orchestrer la campagne depuis l’étranger. Le CJM va prendre les choses en mains. Cette fois-ci, c’est une incroyable campagne de haine et de contrevérités qui déferle, sur la base d’une photo représentant Kurt Waldheim en uniforme de la Wehrmacht sur l’aérodrome de Podgorica au Monténégro, en compagnie d’un général SS et d’un commandant italien. Le New York Times prend la tête des opérations médiatiques. Tout sera tenté pour effrayer les Autrichiens et les inciter à renoncer à voter pour Waldheim.

Mais Beate Klarsfeld aura beau mener campagne contre lui en Autriche, c’est l’effet inverse qui se produit. Loin de se laisser intimider, les Autrichiens élisent Waldheim avec un score excellent. La « militante exemplaire » de la LICRA ira, le jour de l’investiture du nouveau président, déployer une banderole portant ces mots : « Non au président criminel de guerre ». Sous le titre « L’honneur perdu de l’Autriche », le DDV* consacre une page entière à l’élection de Kurt Waldheim et donne la parole à « un juif de Vienne, M. Léon Zelman, rescapé d’Auschwitz, jusque-là chargé des relations extérieures de la communauté juive, qui résume le drame : « Nous n’en avons pas encore fini avec Hitler. Il nous extermine pour la deuxième fois. Il a tenté de nous éliminer physiquement, et il veut désormais nous faire disparaître moralement ».

Cette victoire ne marque cependant pas la fin des ennuis de Waldheim, mais bien plutôt leur commencement. Prétendant détenir des preuves, qui ne seront jamais divulguées, le CJM obtient dès l’année suivante des autorités américaines que le président autrichien soit inscrit sur la liste des personnes indésirables aux États-Unis, ce qui équivaut à un verdict de culpabilité. Du coup, pour ne pas indisposer les Américains – ou le CJM – il est mis en quarantaine à peu près partout. Parmi les rares responsables qui auront le courage de le recevoir officiellement, malgré les pressions et les critiques virulentes, figurent le pape Jean-Paul II et le chancelier allemand Helmut Kohl. Kurt Waldheim terminera son mandat en 1992 dans l’isolement et presque le déshonneur. Le 27 avril 2001, les dossiers de la CIA sur les présumés criminels de guerre nazis seront rendus publics. Le dossier constitué sur Kurt Waldheim en 1972 lorsqu’il devint Secrétaire Général des Nations Unies ne contenait aucun élément défavorable.

En fait, au-delà du cas Waldheim, c’était l’Autriche entière qui était coupable, et qu’il fallait mettre en quarantaine, car elle avait le grand tort de n’avoir jamais fait repentance, elle. Contrairement à l’Allemagne. Les élections d’avril 2000 seront l’occasion de faire resurgir une nouvelle fois cette culpabilité. Cette année-là, coup de tonnerre ! Les électeurs autrichiens font entrer « l’extrême droite » de Jörg Haider au gouvernement. C’est aussitôt le délire dans les rangs fournis des bien-pensants de tous bords, et comme entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2002, un nombre incalculable de sottises et de contrevérités seront proférées. Sans compter les insultes qui accableront les Autrichiens. Sous la plume de Philippe Benassaya, on pourra lire dans le DDV ces propos condescendants : « Ce petit pays, reliquat d’un empire englouti dans lequel cohabitaient des dizaines de nationalités, ne se fait pas à l’idée de ne plus compter dans le concert des nations, comme on disait autrefois. Il est certain que de passer de Sissi à Haider… le choc est rude. En outre, et c’est là le plus grave, l’Autriche est passée entre les gouttes du devoir et du travail de mémoire. Comment oublier l’affaire Waldheim ? Incontestablement, ce petit pays n’a pas procédé à un véritable examen de son passé, de son histoire, de sa mémoire. Il devrait prendre exemple sur son grand voisin allemand… »  Le président de la LICRA, Patrick Gaubert, adressera au Parlement européen ainsi qu’aux présidents des pays membres de l’Union européenne un courrier les incitant à la plus grande fermeté à l’égard d’un pays aussi coupable : «Le devoir de l’Europe entière doit être de mettre l’Autriche en dehors de l’Europe».

Mais revenons aux débuts de l’affaire Waldheim. Il est clair qu’elle constitue également un avertissement de nature à faire réfléchir les autres dirigeants des pays européens. Qui ne brilleront, comme à l’accoutumée, ni par leur solidarité ni par leur courage… C’est qu’ils ne tiennent pas à se retrouver, eux aussi, d’une manière ou d’une autre, sur la sellette, comme leur collègue autrichien. Mieux vaut donc relayer le message correct. »

* Le Droit de Vivre, journal de la LICRA

 

On pourra lire avec profit sur la question L'Affaire Waldheim ou le déshonneur de la démocratie, de Harold Tittmann, Editions Akribeia, 2004

06/07/2007

QUAND LE JEUNE ETAT JUIF EMPLOYAIT DES NAZIS…

ddb2eaf9ebea14b886c9f20cc5388229.jpgDeux journalistes israéliens du quotidien Haaretz ont fait paraître dans ce journal en avril dernier une enquête intitulée Au service de l’Etat juif. Utilisant des dossiers de la CIA, Shraga Elam et Dennis Whitehead ont pu établir que les autorités israéliennes avaient, au sortir de la guerre, employé et protégé un criminel de guerre nazi dénommé Walter  Rauff.  Et il ne s’agissait pas d’un second couteau, style Bousquet, Touvier, Papon ou même Barbie, mais d’un authentique colonel SS directement responsable de la mort d’au moins 100 000 juifs en Pologne et ailleurs.

Né en 1906, Rauff avait été l’ « assistant technique » de Reinhard Heydrich, lui-même second de Himmler, chef de la SS. Heydrich sera assassiné en Tchécoslovaquie en 1942 et Rauff deviendra responsable du projet d’extermination par les gaz au moyen de camions. Il commandera ensuite l’ Einsatzkommando en Afrique du nord, spécialement en Tunisie, avant d’aller exercer ses talents en Corse et à Milan. Il sera arrêté par les alliés le 30 avril 1945, emprisonné en Italie, mais réussira à s’évader en 1947. C’est à partir de là qu’il sera recruté par le Mossad, services secrets israéliens, sous le nom de Dr John Homsi. Sa « carrière » était pourtant bien connue puisque son nom sera cité 31 fois dans les procès-verbaux du tribunal de Nuremberg en 1946.

L’objectif de ce type de recrutement était la pénétration des pays arabes. Rauff sera donc dans un premier temps envoyé en Syrie où il se retrouve conseiller militaire du président Hosni Zaïm. Lors du coup d’Etat qui déposera ce dernier, il quitte le pays et poursuit diverses activités plus que louches en Inde et au Liban. L’essentiel de ses activités pour le Mossad consistera néanmoins à fournir des informations sur le dispositif miliaire syrien.

Il sera dûment payé pour les services rendus et conformément à l’accord passé, les autorités israéliennes l’aideront à passer avec sa famille en Amérique du sud. Il s’installera ensuite tranquillement au Chili qui refusera à plusieurs reprises son extradition demandée une première fois par l’Allemagne, puis, en 1984, par l’Amérique de Reagan et l’Angleterre de Thatcher. Il mourra opportunément la même année, d’un cancer du poumon.

Le cas Rauff n’aurait pas été exceptionnel. Ces faits étaient d’ailleurs relativement connus avant l’enquête des deux journalistes qui s’étonnent cependant qu’en raison de leur caractère choquant, ils n’aient pas au moins donné lieu à un débat public. Ils s’étonnent également de ce que le chasseur de nazis américain bien connu Richard Breitmann ait choisi dans ses recherches d’ignorer les informations selon lesquelles les services secrets israéliens employaient systématiquement des nazis dans les pays arabes.

Source: www.haaretz.com/hasen/spages/843805.html

05/07/2007

DECIDEMENT, LES IDIOTS UTILES SE BOUSCULENT TOUJOURS AU PORTILLON

d9e3be364b4e2122ccd7a33c429fd829.jpgJe crois qu’à l’avenir, la politique tournera de plus en plus autour des thèmes de l’identité. Savoir ce que l’on est et ce que l’on n’est pas est essentiel pour comprendre aussi ce que l’on veut et ce qu’on ne veut pas pour soi et son pays. Je me sens donc a priori proche de ceux qui défendent notre identité – qu’on la décline sous l’angle de la région, de la nation ou de l’Europe - et qui se définissent par ce terme.

Tout en sachant que ni le mot ni l’idée ne leur appartiennent en propre, car s’ils occupent ce créneau avec talent et imagination, bien d’autres ont œuvré dans le même sens et continuent à le faire.

De toute façon, vous le savez, j’estime que l’union fait la force et que ce n’est pas en éparpillant nos efforts qu’on luttera contre le système. Encore faut-il en avoir la volonté et posséder le courage de ne pas occulter délibérément certaines responsabilités pour ne pas s’attirer d’ennuis.

Je m’explique : j’ai appris que certains qui se prétendent identitaires avaient craint de me recevoir pour présenter mon livre La France LICRAtisée. Bon. Ils auraient estimé que le bouquin n’était pas bon et n’attirerait personne, j’aurais admis. Après tout, c’était leur droit. Mais la raison est tout autre, et pour tout dire, elle m’inquiète beaucoup. En gros, c’est : « on a de bons rapports avec la communauté juive, on ne veut pas d’histoires, etc, etc ». Vous avez compris, pas la peine de vous faire un dessin.

Ne pas faire 3% aux élections et déjà s’engager dans une démarche de pseudo respectabilité, je trouve ça navrant. Et surtout inquiétant pour l’avenir. C’est quand même trop facile de confondre causes et conséquences. De taper sans arrêt sur les immigrés et de faire volontairement le black out sur ceux qui leur ont ouvert les portes. Parce qu’ils sont forts, puissants et qu’on préfère ne pas leur chercher noise. Parce qu’ils font peur, en un mot comme en cent.

04/07/2007

PETITE GUERRE ENTRE AMIS….

Entre les deux tours des législatives, Sylvie Noachovitch, candidate UMP à Sarcelles contre Dominique Strauss-Kahn, avait assuré que son mari pouvait « dormir tranquille », car « dans ma circonscription, il n’y a que des noirs et des arabes. L’idée de coucher avec l’un d’entre eux me répugne ».

Sympa, non ? Imaginons un quart de seconde cette même phrase prononcée par … n’importe qui d’autre. Le branle-bas de combat dans toutes les rédactions !  Sans compter la LICRA sur le dos. Mais là, bizarrement, la LICRA n’a pas bronché. Serait-ce parce  Mme Noachovitch en est membre d’honneur ? Ou peut-être parce que la LICRA, en ce moment, a d’autres priorités ?

En tout cas, ces propos avaient mis en émoi Sarcelles où, outre la communauté juive à laquelle appartiennent les deux candidats, vivent d’importantes communautés antillaise et beur.

Seul SOS Racisme s’est fendu du communiqué suivant : "Ses propos sont d’autant plus surprenants de la part d’une avocate qui fait de la défense des ‘opprimés’ un fonds de commerce télévisuel. A ce titre, Madame Noachovitch semble montrer qu’elle a une connaissance bien sommaire des lois qui répriment dans ce pays des propos d’une telle nature et affiche par ailleurs un écart fort cynique entre ses prises de position médiatiques et des propos privés qui montrent une nature bien moins humaniste". L'association a demandé à l'UMP, qui elle non plus n’a pas réagi jusqu’à présent, de condamner ces propos.

De toute façon, Sylvie Noachovitch, outre une belle occasion de se taire, a perdu les élections.  C’est Strauss-Kahn qui a été élu. Pour constater de vos propres yeux à quoi les électeurs de Sarcelles ont échappé, je vous invite très fortement à visionner une vidéo présentée notamment sur

http://politique.fluctuat.net/blog/17756-sylvie-noachovitch-en-standup.html . On a beau savoir que le niveau politique s’est fortement dégradé, ça donne quand même un choc. Et pendant que vous y êtes, allez aussi sur les commentaires, ils valent le détour.

03/07/2007

CARICATURES ANTI-JUIVES ISRAELIENNES

Acte 1 : un journal danois publie 12 caricatures de Mahomet qui mettent le feu aux poudres

Acte 2 : les Iraniens ripostent en organisant un concours de caricatures sur la shoah, bien sûr condamné par la communauté internationale

C’est l’Acte 3 qui est le moins connu : les Israéliens s’y mettent à leur tour et pour prouver au monde leur capacité d’auto-dérision, décident eux aussi de se livrer à un concours de caricatures anti-juives. L’idée en revient, l’an dernier, à deux dessinateurs israéliens, Eyal Zusman et Amitai Sandarovich, dont l’un déclarait à l’époque : "Je crois que les juifs sont les mieux placés pour rire d'eux-mêmes. Aucun Iranien ne pourra nous battre sur notre propre terrain". Annoncé en fanfare par la presse israélienne et au-delà, ce concours n’a pas tardé à  sombrer dans un silence pesant. Non pas faute de participants : au contraire, des juifs du monde entier ont envoyé leurs caricatures. Mais au vu des dessins, une grande distanciation s’est faite de la part de ceux qui au départ soutenaient le projet. Raisons officielles : caricatures décevantes ou de mauvaise qualité ou trop réalistes ou n’ayant rien de drôle, etc. Bref, tout le monde est tombé d’accord pour estimer qu’il valait mieux ignorer certains thèmes qui revenaient de façon trop récurrente. En finale, à ce petit jeu de l’auto-dérision, il n’y a pas eu de gagnants. Du moins en Israël.

Voici trois de ces caricatures dont l’intégralité figure sur le site www.boomka.org .

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02/07/2007

LES JUIFS ET LA REVOLUTION, VUS PAR BERNARD LAZARE

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Bernard Lazare (1865-1903) est un journaliste et écrivain anarchiste. Il sera le premier à prendre la défense d’Alfred Dreyfus en 1895. C’est lui également qui traduira de l’allemand vers le français Der JudenstaatL’Etat juif – de son contemporain Theodor Herzl, le fondateur du sionisme,  qu’il rencontrera pour la première fois en 1896. Bernard Lazare publie son livre principal L’antisémitisme, son histoire et ses causes en 1894.

Deux chapitres de cet ouvrage sont consacrés aux relations entre les juifs et les révolutions. Sa conception est assez originale et témoigne en tout cas d’une grande connaissance de l’histoire, des traditions et des écrits du peuple juif. Les pages qui suivent sont très succintes par rapport à l’analyse fort complète qu’il a faite. Il s’agit d’un éclairage donné par un homme qui écrit en 1894, il faut s’en souvenir. La révolution proche est la révolution française de 1789. C’est celle à laquelle il se réfère, bien sûr. La pire, celle de 1917, qui était censée parachever l’œuvre commencée, est encore dans les limbes de l’histoire. Mais beaucoup de pièces du puzzle sont déjà en place.

« Pendant la période révolutionnaire, les Juifs ne restèrent pas inactifs. Étant donné leur petit nombre à Paris, on les voit occuper une place considérable, comme électeurs de section, officiers de légion ou assesseurs, etc. Ils ne sont pas moins de dix-huit à Paris, et il faudrait dépouiller les archives de province pour déterminer leur rôle général. (…) Nous avons vu comment, groupés autour du Saint-Simonisme, ils achevèrent la révolution économique dont 1789 avait été une étape  et quelle fut l'importance dans l'école d'Olinde Rodrigues, de d'Eichtal et d'Isaac Péreire. Pendant la seconde période révolutionnaire, celle qui part de 1830, ils montrèrent plus d'ardeur encore que pendant la première. Ils y étaient d'ailleurs directement intéressés, car, dans la plupart des États de l'Europe, ils ne jouissaient pas encore de la plénitude de leurs droits.

Ceux-là mêmes d'entre eux qui n'étaient pas révolutionnaires par raisonnement et tempérament le furent par intérêt ; en travaillant pour le triomphe du libéralisme, ils travaillaient pour eux. Il est hors de doute que par leur or, par leur énergie, par leur talent, ils soutinrent et secondèrent la révolution européenne. Durant ces années, leurs banquiers, leurs industriels, leurs poètes, leurs écrivains, leurs tribuns, mus par des idées bien différentes d'ailleurs, concoururent au même but. "On les vit, dit Crétineau-Joly, barbe inculte et le dos voûté, l'oeil ardent, parcourir en tous sens ces malheureuses contrées. Ce n'était pas la soif du luxe qui, contrairement à leurs habitudes, leur prêtait une pareille activité. Ils s'imaginaient que le christianisme ne résisterait pas aux innombrables attaques auxquelles la société se trouvait en butte et ils accouraient demander à la croix du Calvaire une réparation de 1840 années de souffrance méritées."

Ce n'était pourtant pas ce sentiment qui poussait Moses Hess, Gabriel Riesser, Heine et Boerne en Allemagne, Manin en Italie, Jellinek en Autriche, Lubliner en Pologne, bien d'autres encore, qui combattirent pour la liberté, et voir dans cette universelle agitation, qui secoua l'Europe jusqu'après 1848, l'oeuvre de quelques Juifs désireux de se venger du Galiléen est une conception étrange ; mais quelle que soit la fin poursuivie, fin intéressée ou fin idéale, les Juifs furent à cette époque parmi les plus actifs, les plus infatigables propagandistes. On les trouve mêlés au mouvement de la Jeune Allemagne ; ils furent en nombre dans les sociétés secrètes qui formèrent l'armée combattante révolutionnaire, dans les loges maçonniques, dans les groupes de la Charbonnerie, dans la Haute Vente romaine, partout, en France, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Italie.

Quant à leur action et à leur influence dans le socialisme contemporain, elle fut et elle est, on le sait, fort grande, on peut dire que les Juifs sont aux deux pôles de la société contemporaine. Ils ont été parmi les fondateurs du capitalisme industriel et financier et ils ont protesté avec la véhémence la plus extrême contre ce capital. A Rothschild correspondent Marx et Lassale ; au combat pour l'argent, le combat contre l'argent, et le cosmopolitisme de l'agioteur devient l'internationalisme prolétarien et révolutionnaire. C'est Marx qui donna l'impulsion à l'Internationale par le manifeste de 1847, rédigé par lui et Engels, non qu'on puisse dire qu'il "fonda" l'Internationale, ainsi que l'ont affirmé ceux qui considèrent toujours l'Internationale comme une société secrète dont les Juifs furent les chefs, car bien des causes amenèrent la constitution de l'Internationale, mais Marx fut l'inspirateur du meeting ouvrier tenu à Londres en 1864, et d'où sortit l'association. Les Juifs y furent nombreux, et dans le conseil général seulement on trouve Karl Marx, secrétaire pour l'Allemagne et pour la Russie, et James Cohen, secrétaire pour le Danemark. Beaucoup de Juifs affiliés à l'Internationale jouèrent plus tard un rôle pendant la Commune où ils retrouvèrent d'autres coreligionnaires.

Quant à l'organisation du parti socialiste, les Juifs y contribuèrent puissamment. Marx et Lassalle en Allemagne, Aaron Libermann et Adler en Autriche, Dobrojanu Ghérea en Roumanie, Gompers, Kahn et de Lion aux États-Unis d'Amérique, en furent ou en sont encore les directeurs ou les initiateurs. Les Juifs russes doivent occuper une place à part dans ce bref résumé. Les jeunes étudiants, à peine évadés du ghetto, participèrent à l'agitation nihiliste ; quelques-uns  parmi lesquels des femmes  sacrifièrent leur vie à la cause émancipatrice, et à côté de ces médecins et de ces avocats israélites, il faut placer la masse considérable des réfugiés artisans qui ont fondé à Londres et à New York d'importantes agglomérations ouvrières, centres de propagande socialiste et même communiste anarchiste. ».