Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/07/2007

Le vrai DOMINIQUE STRAUSS KAHN, candidat des lobbies

55fa7c8140b60025a4f4c39e6f8cd9b9.jpg

.

 

Mes fiches d’infos sur les lobbys américains prennent, contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas mal de temps à préparer. Aujourd’hui, je vais donc me contenter de faire une chose que je ne fais habituellement pas : vous recommander la lecture d’un article fort instructif sur le candidat qui, selon toute vraisemblance, sera présenté par l’Union Européenne au poste de président du FMI. Vous verrez que nous ne nous éloignons pas de notre sujet, il est juste un peu déplacé sous nos cieux. Mais globalement, nous restons dans la même logique prédatrice.

 

L’article est publié sur un site qui ne partage pas (toutes) nos idées, loin de là, ce qui ne l’empêche pas d’être excellent. Après sa lecture, vous saurez à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur un homme politique qui, malgré les étiquettes destinées aux gogos, est très proche de Sarkozy…et de bien d’autres que nous voyons surgir à l’heure actuelle comme des champignons après la pluie. Et vous verrez que le récit de son parcours et de ses relations va vous ouvrir bien des horizons…

http://www.alert2neg.com/article-6942698.html

18/07/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 2

2)  Le JINSA

4f4093b206a01803976b0cd106429cb3.jpgTournons-nous à présent vers un autre groupe de pression fort intéressant, agissant à la façon d’un think tank : le JINSA, ou Jewish Institute for National Security Affairs, basé lui aussi à Washington, tout près du Congrès et du Pentagone.

Près du Pentagone car, comme son nom l’indique, il s’occupe, lui, de questions relatives à la sécurité et à la défense nationales. S’occuper de questions militaires n’empêche pas d’avoir le sens de l’humour car son site, www.jinsa.org, indique qu’il s’agit d’une « organisation non partisane et non sectaire… souhaitant défendre les exigences de sécurité des Etats-Unis et d’Israël et renforcer les relations de coopération stratégique entre ces deux grandes démocraties ». 

Tout non partisan et non sectaire qu’il soit, le JINSA a néanmoins été fondé à la suite de la guerre du Kippour en 1973 et de réseau informel réunissant ultra-sionistes et néo conservateurs, il est devenu au fil des années un formidable groupe de pression dont les membres occupent des postes clés dans les administrations successives.

Réunissant environ 20 000 membres, il agit comme interface entre l’establishment militaire américain et le public, expliquant inlassablement le rôle qu’Israël peut et doit jouer dans la promotion des intérêts américains, ainsi que les liens existants entre la politique de défense américaine et la sécurité d’Israël. Le JINSA entend également renforcer la coopération avec les alliés « démocratiques » des USA, tels que Turquie, Jordanie, Taïwan, etc.

Tout comme l’AIPAC, le JINSA fonctionne beaucoup aux voyages en Israël : militaires actifs et retraités, de haut grade bien sûr, y sont régulièrement conviés. Comme il faut penser à l’avenir, la jeune génération n’est pas oubliée et les cadets des diverses académies militaires y font tout aussi régulièrement des voyages d’études. Aux Etats-Unis mêmes, le JINSA organise des rencontres entre officiels du Pentagone et responsables juifs et sponsorise conférences, tournées, etc.

c0149198d47c50c2a621d065feb91896.jpgNous sommes là dans un domaine réservé, où idéologie et argent sont intimement mêlés et où l’on peut rencontrer ceux qui décident réellement de la paix et de la guerre dans le monde, en l’occurrence généralement de la guerre. Car la ligne du JINSA, proche du Likoud, est très dure. A ses yeux, il n’existe aucune différence entre les intérêts américains et israéliens et leur prospérité à tous deux passe par une hégémonie sans faille sur le Moyen Orient. Pour y parvenir, il préconise la guerre totale, ce qu’exprime clairement l’un de ses membres fondateurs, toujours présent, Michael Ledeen lorsqu’il déclare : « Le changement de régime, par n’importe quels moyens, de l’Irak, de l’Iran, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et de l’Autorité palestinienne, est un impératif urgent ».

Tous les faucons néo-conservateurs de l’entourage Bush ont passé ou sont encore au JINSA : Richard Perle, Paul Wolfowitz, sans compter l’actuel vice-président Dick Cheney, et bien d’autres.

Le JINSA publie également un certain nombre de périodiques, dont The Observer, un trimestriel consacré à la coopération USA/Israël/Turquie, et des livres du style Profiles in Terror : A Guide to Middle East Terrorist Organizations.

Preuve de l’importance du JINSA : un Français a fait le voyage en juin dernier pour rencontrer ses responsables. Il s’agissait de Armand Laferrère, proche de Sarkozy et membre du conseil d’administration de l’association d’amitié franco-israélienne. Il y a tenu, en anglais, un discours des plus instructifs, qui a dû considérablement rassurer ses auditeurs quant à la future docilité attendue des tricolores. Laferrère s’y déclare convaincu que la nouvelle présidence va marquer un net changement à l’égard des Etats-Unis et d’Israël. Pourquoi ? Eh bien, « la première raison, c’est que les institutions françaises donnent un quasi pouvoir absolu au Président en matière de politique étrangère. La conséquence, c’est que les instincts et les inclinations personnels ont de ce fait un impact énorme sur la politique de la nation. Et les instincts et les inclinations de Sarkozy font de lui le meilleur ami que les USA et Israël ont eu en fait de dirigeant français depuis les années 50 ».

Intéressant, isn’t it ? Moi, je croirais quand même que les Français vont être moins faciles à manœuvrer dans ce domaine que ce que ces va-t-en-guerre s’imaginent…

En tout cas, je vous conseille fortement la lecture entière de ce discours sur http://www.eursoc.com/news/fullstory.php/aid/1676 

17/07/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 1

805e6442fda79384cb9d398e31d0d863.jpg

 

 1) L'AIPAC

 

Chercher des informations sur l’AIPACAmerican Israël Public Affairs Committee – c’est ouvrir une boîte de Pandore qui n’a pas de fond tant le sujet a fait couler d’encre. Ce qui suit n’est qu’une approche très condensée de la question. Les personnes soucieuses d’aller à la source consulteront avec profit www.aipac.org .

L’AIPAC est une coordination* de plus de 70 associations qui se définit lui-même comme le lobby américain pro-israélien. Rien de mystérieux à première vue, les Américains affectionnent les groupes de pression, qui sont officiellement enregistrés. Bien qu’agissant ouvertement pour le compte d’un pays étranger, Israël, l’AIPAC n’est cependant pas enregistré comme lobby étranger, mais national, ce qui lui accorde une bien plus grande liberté de manœuvre. Encore que ce statut commence à susciter quelques critiques…

Fondé en 1953, l’AIPAC s’est contenté d’une petite équipe de collaborateurs jusque dans les années 70. Puis le contexte politique a changé et l’organisation a pris du muscle et est montée en puissance. A l’heure actuelle, l’AIPAC revendique 100 000 membres, 165 employés à plein temps et un budget annuel de 34 millions de dollars. Son siège central est situé à Washington, juste à côté du Congrès. Normal, car c’est là sa cible principale : le Congrès des Etats-Unis, centre du pouvoir, où se décide en grande partie sa politique étrangère. L’objectif clairement avoué de l’AIPAC est de soutenir à fond les intérêts du gouvernement d’Israël, quel qu’il soit. Tous les moyens, ou presque, sont bons pour influencer les membres du Congrès – 100 sénateurs et 435 députés -, faire pression sur eux, éliminer les rares hostiles qu’il conviendra de faire battre, promouvoir et récompenser les dociles.

Ce programme est mené tambour battant et avec plein succès. Dans la pratique, les moyens suivants sont employés :

- chaque membre nouvellement élu du Congrès est invité en Israël, tous frais payés. Il y rencontrera tous ceux qui seront utiles à la tâche qui lui sera ensuite assignée : voter fidèlement et sans discussion tous les textes en faveur d’Israël

- ces votes sont d’ailleurs examinés à la loupe et des voting records établis : rapports détaillant le vote de chaque élu lors de tous les scrutins ayant trait au Moyen Orient. Une moyenne de vote de 95% en faveur d’Israël est considérée comme normale et un pourcentage en dessous de 90% signale une position « hostile ».

- l’AIPAC fournit aux membres du Congrès des stagiaires bénévoles et compétents pour les « aider » dans leur travail. Sans compter tous les argumentaires désirables qui leur sont obligeamment fournis.

- les responsables de l’AIPAC  - un Comité directeur de 50 membres, où se retrouvent des représentants des deux grands partis, des syndicats, des organisations patronales -  rencontrent en moyenne 2 000 fois par an les membres du Congrès pour des entretiens approfondis. Ce qui signifie que chaque parlementaire américain rencontre en moyenne 4 fois par an l’un ou l’autre délégué du lobby.

Tout ça, c’est pour les élus en poste. Mais il faut anticiper et deviner quels seront les prochains. Pour les aider, s’ils sont méritants. L’AIPAC organise donc sans cesse déjeuners ou dîners où sont conviés tous les espoirs du pays à des titres divers. Il s’agit de les jauger et d’apprécier la qualité de leur position à l’égard d’Israël. Ensuite, les groupes juifs locaux prendront le relais et inviteront ces personnes, tous frais payés également, en Israël. A leur retour, ils seront quasiment dans la poche du lobby. S’ils refusent, gare ! Ils risquent d’en payer le prix fort, électoralement parlant.

Car si les amis de l’AIPAC reçoivent beaucoup de soutiens financiers de la part d’une myriade de comités pro-israéliens, ceux qui ne sont pas leurs amis voient leurs concurrents soutenus à fond. Certes, l’AIPAC ne réussit pas strictement à tous les coups à faire battre un candidat indésirable, mais le plus souvent quand même. Les exemples sont nombreux et de nature à faire réfléchir les plus ambitieux.

Trois présidents des Etats-Unis, dans la période récente, ont manifesté une certaine réserve à l’égard d’Israël : Gérald Ford, Jimmy Carter et George Bush père. Aucun n’a été réélu.

Le magazine The Economist a pu écrire : « Pourquoi l’Amérique est-elle tellement plus pro-israélienne que l’Europe ? La réponse évidente réside dans le pouvoir de deux forces politiques particulièrement visibles : le lobby israélien (AIPAC) et la droite religieuse ».

Car, effectivement, ce qui rend l’AIPAC aussi puissante aujourd’hui, c’est son alliance présente avec les chrétiens évangélistes proches de Bush. Une conjonction d’intérêts – pour le moment – qui menace grandement la paix mondiale.

* Nous ferions bien d’en prendre de la graine, nous autres identitaires, nationaux, cathos, païens et tutti quanti… Examiner ces lobbys, c’est examiner l’efficacité à l’état pur. C’est vrai, ils ont de l’argent. Mais ils ont plus important encore : la foi qui déplace les montagnes et la volonté de fer qui va avec.

16/07/2007

2% TRES INFLUENTS DE LA POPULATION AMERICAINE...

603383b2d52a407311c019c3a363fd61.jpg

 

Avant de passer en revue les diverses faces du “LOBBY” aux Etats-Unis, il est intéressant, pour replacer ce phénomène dans son contexte,  de procéder à un petit tour d’horizon de la population américaine. Les Etats-Unis ont franchi le cap historique des 300 millions d’habitants en octobre 2006. Ils avaient précédemment passé le cap des 200 millions en 1967. Une forte progression due essentiellement à la poussée de l’immigration, surtout hispanique. Les Etats-Unis ont été formés par l’immigration, de toute façon, et le fameux melting pot est né sous la plume d’un romancier et dramaturge juif américain, Israël Zangwill, membre de l’Organisation sioniste mondiale. Un avant-goût de la société multiculturelle idéale, où toutes les différences initiales de culture, de religion, etc, sont balayées pour faire place à un ensemble homogène, préfiguration de la société idyllique de demain. Encore une petite pièce du grand puzzle mondialiste qui se place…

Sauf que, même aux Etats-Unis, on en est bien revenu, de cette utopie dont on attend toujours les effets miraculeux. Au petit jeu du melting pot, il y a eu beaucoup de perdants, et quelques gagnants, tout de même.

Pour en revenir à notre époque, des responsables juifs américains se sont inquiétés de cette progression de l’immigration hispanique, y voyant une menace pour ce qu’ils appellent eux-mêmes « le pouvoir juif ». C’est que les latinos représentent maintenant 14% de la population, avec une population d’environ 40 millions. Ils défendent des intérêts qui sont les leurs, ce qui est normal, et au nombre de leurs priorités n’entre pas la préservation de l’Etat d’Israël. D’où l’inquiétude.

Car  la population juive américaine, de son côté, aurait plutôt tendance à baisser. Elle est estimée à l’heure actuelle à environ 5,2 millions, soit même pas 2% du total. Moins encore que les asiatiques : 13 millions.

Nous arrivons donc au cœur du problème : comment 2% de la population peuvent-ils exercer un tel pouvoir sur l’ensemble ? Et entraîner les Etats-Unis à un soutien aussi massif à l’Etat d’Israël, entretenant un climat de guerre dans tout le Moyen Orient et au-delà ? Même pas 2% en fait, puisqu’on l’a vu, bon nombre de juifs américains ne se sentent pas concernés par le problème.

Alors, c’est vrai, on trouve des réponses du style : la population juive américaine est en petit nombre mais sa puissance politique est importante car elle est concentrée dans des Etats importants électoralement, elle participe massivement aux élections, elle verse de très importantes contributions financières aux campagnes des deux partis. On pourrait ajouter qu’outre les contributions financières, elle se fait élire. Le Congrès des Etats-Unis est composé de 535 personnes en tout : 100 sénateurs et 435 députés. Eh bien, le site www.jewishreference.com nous fournit la liste des membres juifs de ces deux chambres pour le précédent congrès (le nouveau a été mis en place au début de cette année) : 11 sénateurs (2 républicains, 9 démocrates) et 26 députés (1 républicain, 24 démocrates, 1 indépendant). La population juive américaine est donc particulièrement bien représentée dans les instances dirigeantes.

Cela dit, les raisons du soutien américain sont complexes et pour notre part, nous ne nous attacherons qu’aux pressions exercées par diverses organisations. Car, même si elles ne rendent pas compte de la totalité du problème, elles agissent comme de forts aiguillons.

A tout seigneur tout honneur, nous commencerons demain par l’AIPAC.

14/07/2007

LE POUVOIR D’ISRAEL AUX ETATS-UNIS (suite)

Nous évoquions hier le rapport Mearsheimer/Walt décrivant l’énorme influence du lobby pro-israélien sur la politique étrangère des Etats-Unis, qui avait paru en 2006. Cette même année, Jimmy Carter, l’ancien président des Etats-Unis, faisait lui aussi scandale avec son livre Palestine : la paix, pas l’apartheid (voir archives du blog – mai 2007).

 

f6cb48d358e58739c8e0f58de4ffffde.jpgIl faut croire que dans le monolithe a priori impénétrable que constitue le soutien massif et inconditionnel des USA à l’Etat d’Israël, quelques lignes sont peut-être en train de bouger, car durant la même période est paru un autre livre sur le même sujet : celui de James Petras, The power of Israël in the United States (Le pouvoir d’Israël aux Etats-Unis, non traduit en français).

James Petras, qui a été professeur de sociologie à l’université Binghamton de New-York, appartient à la gauche américaine. Il se définit lui-même comme un écrivain révolutionnaire et anti-impérialiste. Il a écrit un nombre appréciable de livres dont un seul a été traduit en français, La face cachée de la mondialisation – l’impérialisme au XXIe siècle (Parangon, Paris, 2002).

 

Lui aussi considère que la souveraineté des Etats-Unis est menacée par une coalition d’intérêts qui unit le complexe militaro-industriel et le lobby pro-israélien. Il s’est fait bien sûr  copieusement insulter et traiter d’antisioniste et d’antisémite. Du reste, ce fameux lobby est loin à son avis de représenter la masse des juifs américains, généralement plus circonspects à l’égard de l’Etat hébreu. Il estime qu’un petit tiers seulement d’entre eux sont des « enragés d’Israël », mais le problème, c'est que eux seuls se font entendre. Car ce petit tiers est hyperactif dans un pays marqué par une passivité politique de masse, d’ailleurs fortement encouragée par le pouvoir. Et ce petit tiers, qui occupe généralement des fonctions importantes, est largement présent dans les médias. La situation est assez analogue en France.

James Petras prône la constitution d’une alliance contre ce lobby, qui dépasserait les clivages traditionnels entre « droite » et « gauche ».

55387d3c4e0303d2f90f59e6c20ce3d8.jpgChers lecteurs, il ne vous aura pas échappé que le sujet des relations entre USA et Israël est de la plus haute importance, y compris pour nous Européens. Toute la géopolitique de notre époque tourne autour de cette question et de sombres nuages s’accumulent à l’horizon, délibérément gonflés par ceux qui y trouvent avantage.

Les infos débordent, mais en général dans le désordre. Je propose que dans les jours prochains, nous tâchions de mettre un peu d’ordre dans tout ça, sous forme de fiches d’informations sur les diverses facettes de ce fameux lobby. Je ne prétends certes pas à l’exhaustivité, mais à la clarté et à la véracité des infos. Ce sera déjà un bon début qui nous permettra d’en savoir un peu plus long sur le fonctionnement et les activités de ce qui est appelé là-bas en toute simplicité THE LOBBY.

13/07/2007

LE RAPPORT MEARSHEIMER/WALT: UN PAVE DANS LA MARE

Restons aux Etats-Unis dont les gouvernements successifs, comme chacun sait, défendent bec et ongles l’Etat d’Israël. Soutien indéfectible et gravé dans les esprits de façon aussi indélébile que le In God We Trust inscrit sur les dollars. Soutien massif qui ne fait jamais l’objet d’un quelconque débat.

019eebd21a348baaf04d4b132cbf83d4.jpgDeux universitaires ont pourtant mis les pieds dans le plat l’an dernier et publié un rapport détonnant sur L’influence des lobbys pro-israéliens et néo-conservateurs sur la politique américaine. Au centre de ce rapport, une question scabreuse : un tel soutien est-il conforme aux intérêts nationaux du peuple américain ou bien à ceux du complexe politico-militaro-industriel de plus en plus envahissant et agressif au sein des administrations successives?

Les auteurs du rapport, John Mearsheimer, de l’Université de Chicago et Stephen Walt, de l’Université de Harvard ont souhaité briser un tabou et ouvrir enfin le débat sur cette question épineuse.

Dans ses grandes lignes, leur thèse pourrait se résumer ainsi : 1) les Etats-Unis servent en priorité les intérêts d’Israël 2) Israël porte une responsabilité dans la « guerre contre le terrorisme » 3) le plus important lobby pro-israélien, l’AIPAC (Comité américain pour les affaires publiques d’Israël) exerce une influence déterminante sur le Congrès, réduisant au silence toute voix éventuellement discordante.

Comme on peut s’en douter, les réactions indignées ne se sont pas fait attendre, déployant  toute la panoplie des invectives classiques: propagande néo-nazie digne des Protocoles des Sages de Sion, conspiration anti-juive, antisémitisme, etc, etc.

Pourtant, les critiques se sont bien gardées d’argumenter sur le fond des accusations, ce qui aurait été plus intéressant et plus probant. Elles sont même restées à ce sujet d’un silence de carpe. Les auteurs du rapport ne remettent d’ailleurs pas en question l’existence même des lobbys : « Nous ne disons pas qu’il y a conspiration, ou cabale. Le lobby israélien a le droit de poursuivre son activité – tous les Américains aiment les lobbys. Ce que nous disons, c’est que ce lobby a une influence négative sur les intérêts nationaux des Etats-Unis et que nous devons en discuter. Il y a des questions qui tracassent à propos du Moyen Orient et nous devons être capables d’en parler ouvertement. Le gouvernement Hamas, par exemple : comment devons-nous traiter avec lui ? Il n’y a pas de solution parfaite, mais nous devons essayer et avoir une libre information ».

8bae7401f7330bcd029d5d1c00be76ba.jpgLe rapport souligne la convergence croissante des efforts israéliens et américains vers une domination globale du Moyen Orient, avec l’accord tacite des Américains généralement convaincus par l’idéologie dominante que les intérêts d'Israël et ceux des Etats-Unis sont identiques.

Une chose est certaine : la pensée unique semble faire autant de ravages en Amérique que chez nous. Il est bien loin, le temps de l’insolente liberté…et de la démocratie vraie. Là-bas aussi, la terrifiante accusation d’ « antisémitisme » provoque un effet paralysant certain et les auteurs en fournissent maints exemples, notamment dans la classe politique.

Ils citent également ce genre de faits : « En septembre 2002, Martin Kramer et Daniel Pipes, deux néo-conservateurs pro-israéliens acharnés, ont créé un site (www.campus-watch.org) qui publiait les dossiers montés sur les universitaires suspects et encourageait les étudiants à faire connaître les comportements considérés comme hostiles à Israël… le site invitait encore les étudiants à dénoncer les activités « anti-Israël ».

Quelques chiffres pour finir : Mearsheimer et Walt font état de statistiques de l'Agence Américaine pour le Développement International indiquant qu'entre 1976 et 2003, les Etats-Unis ont accordé à Israël un montant total de 140 milliards de dollars d’aides diverses.
Un économiste, Thomas Stauffer, a donné, lui, un chiffre bien plus élevé en 2002, estimant ce montant total à 240 milliards de dollars pour les 30 années précédentes, ajustés sur le cours du dollar actuel.

Le rapport de Mearsheimer et Walt peut être consulté sur le site http://www.ism-france.org/news/article.php?id=4470&type=analyse&lesujet=Sionisme

12/07/2007

L’ « ANTISEMITISME » SEMBLE INCONNU A HAUT NIVEAU

S’il est un domaine où, en tout cas, il est difficile aux juifs de se plaindre d’antisémitisme, c’est bien aux commandes des fonctions financières les plus prestigieuses du monde.

abd0d1de4233ad3399aec5aafa46691c.jpgLa Banque Mondiale est un organisme dépendant des Nations Unies qui regroupe 184 pays membres. Créée en 1945, elle devait à l’origine essentiellement venir en aide aux pays européens ravagés par la guerre. Aujourd’hui, elle est censée réduire le fossé entre riches et pauvres et aider les PVD et les PMA. Ne vous creusez pas la tête, il s’agit – nous sommes dans le domaine du mondialisme et de la bureaucratie réunis pour le meilleur des mondes – des Pays en Voie de Développement et des Pays les Moins Avancés. Reconnaissez qu’il faut évoluer dans ces sphères qui n’appartiennent plus tout à fait à notre monde pour inventer ça.

Toujours est-il que les trois derniers présidents de cette très puissante organisation financière basée à Washington, qui a la haute main sur les prêts accordés - ou non, ça dépend de bien des choses - aux pays mentionnés plus haut, sont des membres éminents de la communauté juive américaine : James Wolfensohn, président de la Banque Mondiale de 1995 à 2005, suivi de Paul Wolfowitz qui a finalement été contraint à la démission pour les motifs que chacun connaît et le dernier en date, qui vient d’être nommé par Bush : Robert Zoellick. Pas mal, non ?

f06c74cc8152bb940932a79a6a2451a5.jpgChacun a entendu parler de la Fed, autrement dit la Réserve fédérale des Etats-Unis. Il s’agit de la banque centrale américaine, qui décide de sa politique monétaire, supervise son système bancaire, etc. L’homme qui la dirige est l’un des plus puissants du pays, si ce n’est du monde. Eh bien, là aussi, nous restons dans le même cercle de pouvoir puisque ses deux derniers présidents, hasard sans doute, sont également issus de la même communauté: Alan Greenspan, gouverneur de la Fed de 1987 à 2006, et Ben Shalom Bernanke qui lui a succédé.

ef0f7817b17c4e163b15410c3908cd08.jpgLe troisième volet de ce déploiement de puissance financière mondialiste est constitué par le FMI, le Fonds monétaire international. Là, traditionnellement, le président est un européen. Nous n’en parlerons pas davantage aujourd’hui car les jeux ne sont pas encore (entièrement) faits. Mais l’Union européenne, sur la pression de Sarkozy, semble d’accord pour présenter…Dominique Strauss-Kahn. Il est des solidarités bien plus subtiles et bien plus fortes que les pseudo étiquettes politiques, tout juste bonnes à être jetées en pâture aux gogos. Et le mondialisme doit partout avancer à marche forcée.  Ce qu’il fait, au nez et à la barbe des peuples qui ne perçoivent que l’écume des choses et pas les mouvements de fond qui seuls importent. 

11/07/2007

SOUS LA SURFACE LISSE, BEAUCOUP DE TOURBILLONS…

9dd4b952d43e269abbfda12295705d37.gifContinuons à parler gros sous. Et croyez-moi, ce n’est pas une image. Nous avons vu hier que des survivants de la shoah vivaient dans la misère en Israël. Et ils seraient des milliers dans ce cas. Pourtant, l’organisme chargé de collecter les indemnisations pour les dommages subis par les juifs durant la guerre – et de les redistribuer, en principe aux survivants -, la Claims Conference, ne connaît pas, elle, ce type de problèmes. Elle serait l’organisation juive la plus riche du monde, avec des réserves financières d’environ 1,7 milliard de dollars. Mais elle se trouve en ce moment dans le collimateur de l’Etat d’Israël. En fait, les critiques sur son mode de fonctionnement pleuvent de tous les côtés. La Claims Conference était présidée jusqu’en juin 2007 par Israël Singer, celui-là même qui s’était fait éjecter du Congrès juif mondial, dont il était Secrétaire général, en mars dernier pour de sombres histoires d’argent. Il doit être passablement démonétisé car il vient de renoncer à briguer le renouvellement de son mandat. Le bureau exécutif, qui se réunit plutôt discrètement ce mois-ci à New York, va mettre en place les modalités pour sa succession.

L’Etat d’Israël entend mettre à profit ces turbulences pour imposer une révolution culturelle  à cette organisation dont la transparence n’a jamais constitué la priorité. Entre autres aberrations administratives et en vertu d’un règlement totalement dépassé, la Claims ne peut, ou ne veut, pas indemniser un certain nombre de survivants, essentiellement arrivés de l’ex-Union soviétique et des pays de l’est, qui restent donc à la charge de l’Etat d’Israël, qui n’est même pas représenté dans les instances dirigeantes. L’Etat hébreu revendique donc le droit de nommer dorénavant la moitié du bureau exécutif de la Claims. Une revendication  ressentie comme révolutionnaire. « Nous avons trahi les rescapés qui auront totalement disparu d’ici une quinzaine d’années. La Claims fonctionne selon ses propres règles, mais l’argent appartient aux survivants et il est inconcevable que des gens aux Etats-Unis puissent décider de la manière dont il sera distribué en Israël », a ainsi déclaré le ministre israélien de la Diaspora et des Affaires du troisième âge. Et le président de l’Agence juive, Zeev Bielsky, de renchérir : « Si l’argent continue d’être alloué de la même manière, il finira par rester sur des comptes en banque alors que le dernier survivant aura disparu ».

0974ed36d1fca5da196ba03fd636bb1d.jpgLa Claims Conference a été fondée en 1951 à l’initiative du jeune Etat d’Israël qui souhaitait qu’une organisation unique représente les juifs dans les négociations avec l’Allemagne et l’Autriche en vue des réparations. C’est Nahum Goldman, alors président du Congrès juif mondial, qui choisit les 24 organisations qui la composeraient, à raison de deux personnes chacune. Pour la France, en font partie le CRIF et l’Alliance israélite universelle. Rien n’a changé depuis cette époque. Si ce n’est les revendications elles-mêmes, bien sûr, qui n’ont guère faibli, c’est le moins que l’on puisse dire, et qui se sont même étendues. La Claims s’est trouvée brusquement enrichie dans les années 90 lorsqu’elle a été désignée par l’Allemagne réunifiée héritière de tous les biens juifs d’Allemagne de l’est qui n’avaient pas été réclamés. Il y en avait apparemment beaucoup puisqu’elle a récupéré environ deux milliards de dollars des ventes.

Il y a peu de temps encore, au temps de sa splendeur, Israël Singer avait vertement tancé la Suisse en ces termes : « La neutralité suisse face au mal était un crime ».  Et en Pologne, récemment, il énonçait doctement : « Le respect de la propriété est un principe fondamental dans toute société démocratique. Nous appelons la Pologne à voter une loi permettant la restitution ou la compensation pour tous les biens privés saisis, etc, etc ».

C’est pourtant vrai, que le respect de la propriété est un droit fondamental. Qui a été quelque peu bousculé durant la révolution bolchevique. Toutes ces histoires de restitution, de compensation, d’indemnisation, ça ne pourrait pas donner quelques idées, là-bas, à tous ceux qui ont été spoliés, torturés, emprisonnés ? Et aux descendants de tous ceux qui ont été purement et simplement massacrés ? Mais à qui pourraient-ils bien adresser leurs demandes ???