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18/08/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 12

12) CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America)

bc16b2e4e5988edfc259212106812bd1.jpgUn nom un peu compliqué qui signifie: Comité pour l'exactitude de l'information concernant le Moyen Orient en Amérique. Il s'agit d'une organisation créée en 1982 pour surveiller les médias, afin de promouvoir une "couverture équilibrée et précise" du conflit israélo-arabe. Son site, www.camera.org , précise bien qu'il ne s'agit pas d'une organisation partisane.

CAMERA se flatte de surveiller systématiquement tout ce qui s'écrit, s'entend ou se regarde sur le conflit: depuis les radios ou journaux locaux jusqu'aux grandes chaînes et quotidiens nationaux, sans oublier internet. Elle scrute également les agences de presse et les grands médias étrangers, notamment européens. Vous voyez d'ici la difficulté: la désinformation et la malveillance iraient même à présent se nicher jusque dans les magazines de mode, les encyclopédies, les livres de géographie, les guides de voyages, sans parler des dictionnaires. Une fois erreurs et désinformation débusqués, il s'agit ensuite d'écrire au média fautif pour demander, bien sûr, un rectificatif. Et plus de vigilance à l'avenir. Que vont alors faire les coupables? Le site de CAMERA classe très précisément leurs réactions en trois catégories: il y a ceux qui obtempèrent derechef, ceux qui ignorent la requête (si, si, il y en a apparemment) et ceux qui se décident à rectifier mollement.

L'organisation, basée à Boston, revendique aujourd'hui 55 000 membres répartis dans les grandes villes américaines, qui, eux aussi, surveillent comme des sioux tout ce qui paraît dans les médias. Mais il y a un autre volet à l'activité de CAMERA. Comme on l'a vu par ailleurs, le public des campus est particulièrement ciblé, car il représente l'avenir et il paraîtrait qu'il s'agit d'un environnement potentiellement hostile. Une publication, CAMERA on Campus, est là pour aider les étudiants à ne pas se laisser impressionner par la propagande adverse.

Une autre organisation de surveillance de la presse s'est créée plus récemment, en 2000. Elle s'appelle Honest Reporting (www.honestreporting.com ) et poursuit très exactement les mêmes buts, avec les mêmes méthodes.

Vous avez sans doute lu la fameuse lettre de Martin Luther King, Lettre à un ami antisioniste. Pour vous rafraîchir la mémoire, vous la trouverez dans Lire la suite. Eh bien, c'était un faux et CAMERA l'a reconnu en janvier 2002 tout en accordant beaucoup de circonstances atténuantes à ceux qui l'ont diffusée (http://www.camera.org/index.asp?x_context=7&x_issue=3...  ).

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17/08/2007

L’AFFAIRE LEO FRANK ET L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE

Nous avons déjà parlé de la rubrique intitulée Souviens-toi ! publiée chaque jour sur Guysen International News. Aujourd’hui, elle évoque, entre autres, la mort de Leo Max Frank survenue le 17 août 1915 à Atlanta dans des circonstances très particulières qui rejoignent par bien des aspects notre propos habituel.

Dans l'affaire Leo Frank, le crime commis n'a jamais été réellement élucidé et bien que les faits remontent à présent à plus de 90 ans, ils continuent à déchaîner les passions car il y est question … d’antisémitisme. Autant dire que voilà un crime qui ne risque pas de sombrer dans l’oubli.           

1ac93496070535955b54c2307072f94b.jpgS’agissant des faits, survenus en 1913, Guysen nous apprend ceci : Un juif d’origine allemande nommé Leo Max Frank, ingénieur habitant Atlanta (Georgie, Etats-Unis), est accusé du meurtre d’une jeune fille âgée de treize ans, Mary Phagans. Il est arrêté en dépit du manque de preuves. Avec l’ouverture de son procès, l’attitude antisémite de la population et du jury devient manifeste. La presse se livre à une campagne antisémite, et, dans ce contexte, les jurés déclarent Leo Max Frank coupable et le condamnent à mort. Mais le gouverneur de Georgie, Slanton, commue sa peine en prison à vie. Une foule rendue enragée arrache Leo Max Frank à sa prison et le lynche en psalmodiant des slogans antisémites. D’autres juifs sont agressés et beaucoup s’enfuiront de Georgie. En mars 1986, Leo Max Frank est réhabilité à titre posthume.

En se penchant d’un peu plus près sur la question, on se rend vite compte que les faits ne sont pas si lisses que cela et qu’en réalité, les juges avaient deux beaux présumés coupables à leur disposition : un juif, certes, mais aussi… un noir, nommé Jim Conley. Nous sommes à Atlanta, ne l’oublions pas. Et voilà que c’est sur le juif que le couperet tombe ! quel incroyable racisme ! Il faut noter pourtant que le jury comprenait quatre juifs et aucun noir, les deux pressentis ayant été récusés par la défense de Frank, à savoir huit avocats.

Loin de moi l’idée de prendre la moindre position dans cette sombre affaire. Elle est décrite avec beaucoup de détails dans Wikipedia version anglaise. Elle m’inspire simplement quelques réflexions.

Ainsi, l’Anti-Defamation League, elle-même émanation du B’nai B’rith, est née en 1913 à la suite de ce fait divers. Dès que l’un des leurs est accusé, les responsables juifs font bloc. L’ADL présentera systématiquement par la suite Leo Frank comme une victime de l’antisémitisme.

Et les années ont beau passer, rien n’est oublié. Comment réhabiliter cette victime de l’antisémitisme le plus odieux ? Miracle ! voilà que tout à coup, après 69 ans de silence, LE témoin se manifeste. Il y aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas ? Donc, un dénommé Alonzo Mann révèle en 1982, à l’âge de 84 ans, qu’il a bel et bien vu jadis le noir transporter le corps de la victime. C'était donc lui le coupable! S’il n’a rien dit jusqu’alors, c’est qu’il avait peur !

L’ADL va donc présenter une première demande de réhabilitation de Frank en 1983, que l’Etat de Géorgie refuse. Qu’à cela ne tienne. L’ADL représentera une seconde demande en 1986. Cette fois-ci, l’Etat de Géorgie « accordera son pardon » et reconnaîtra son incapacité à avoir protégé efficacement l’accusé durant son incarcération. Ce qui ne veut pas dire, contrairement à ce qu’affirme Guysen, qu’il a été absous d’un crime resté irrésolu.

15/08/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS – 11

11) L’America-Israel Friendship League (AIFL)

b7477c42ced483043074fdc9e3f78caa.jpgLe site de l’organisation, www.aifl.org , nous prévient tout de suite: l’AIFL est non sectaire et non politique. Voilà pour les mauvais esprits qui pourraient imaginer Dieu sait quoi…

La Ligue a été créée en 1971 pour préserver les intérêts des Américains et des Israéliens au Moyen Orient et pour renforcer les liens naturels entre les populations de ces deux grands pays, sur fond des valeurs communes habituelles qui ont nom : humanisme et démocratie. Parfaitement.

Parmi les fondateurs de 1971 : Nelson Aldrich Rockefeller, qui deviendra vice-président républicain des Etats-Unis de 1974 à 1977 sous la présidence de Gérald Ford. Détail insolite : tous deux auront accédé à ces hautes fonctions sans y avoir été élus, du fait de la démission de Richard Nixon en 1974.

L’organisation revendique à l’heure actuelle 20 000 membres, concentrés essentiellement à New York, San Francisco, Tucson et Salt Lake City. Sans compter des bureaux à Tel Aviv.

L’essentiel de son activité consiste à organiser des échanges tous azimuts et des voyages en Israël pour tout ceux qui comptent ou risquent de compter, dans quelque domaine que ce soit, aux States. Il semble difficile d’y échapper, et là encore, pas de problèmes d’intendance. L’argent a l’air de couler à flot.

L’AIFL tient à souligner qu’il est fâcheux que le conflit israélo-arabe, domaine délicat qui a tendance à assombrir quelque peu le tableau, domine à ce point les débats. Il y a pourtant bien d’autres choses à mettre en valeur : ainsi, que sait-on de la démocratie en Israël, de sa vibrante culture, de son importante contribution au monde en matière de science, de technologie, de médecine, d’environnement, d’art ? Sans parler de son exceptionnelle hospitalité, de son histoire captivante et de la splendeur de ses paysages ?

Bref, que de travail pour faire découvrir toutes ces merveilles aux Américains et leur faire comprendre ce qui sinon risquerait de leur échapper : à savoir que des similar natures and vital commitments make Americans and Israelis natural friends. Autrement dit, que des tempéraments semblables et des engagements essentiels font des Américains et des Israéliens des amis naturels.

Pour renforcer cette amitié « naturelle »,  la Ligue a donc développé tout un programme d’échanges culturels et éducatifs. Et politiques bien sûr, bien que ce mot vulgaire ne soit jamais employé. Car ce n’est certainement pas uniquement la culture et la beauté des paysages qui motive chaque année le voyage d’un groupe d’attorneys general, qui sont autant de ministres de la justice de chaque état. La prochaine fournée est d’ailleurs prévue pour octobre prochain et comprendra un nombre respectable de sénateurs, de gouverneurs, sans oublier le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Gale Norton. L’AIFL se flatte d’avoir envoyé depuis 1988 plus de 50 attorney general de 30 états américains en Israël.

Ils ne sont pas les seuls à faire le voyage. Dans le cadre des leadership missions to Israel, sont envoyés avec une régularité de métronomes : dirigeants en tous genres, professeurs, juristes, professions libérales, enseignants. ET journalistes, bien sûr, particulièrement chouchoutés. TOUS les journalistes : pas seulement les généraux, mais les spécialisés. Le mois prochain, une délégation de journalistes « technologiques » s’envolera pour Israël. Rien n’est laissé au hasard : tous les terreaux sont irrigués, toutes les activités sont concernées.

bd22d56aae622a32f36ec83a19938333.gifComme on l’a déjà vu, assurer le présent, c’est bien, prévoir l’avenir c’est mieux. Voilà pourquoi est développé depuis 1977 un programme appelé YASE (Youth Ambassador Student Exchange). Depuis cette date, des milliers d’étudiants ont bénéficié de ces voyages-vacances en Israël, au cours desquels on prend soin, à côté des loisirs, de s’intéresser à leurs futurs plans de carrière. Afin sans doute de leur donner un petit coup de pouce, histoire de voir l’ascenseur revenir. Un programme équivalent existe pour les jeunes sportifs.

Voilà comment ça se passe…. Franchement impressionnant.

Ah, j’ai failli oublier le dîner annuel de l’AIFL. Je vous laisse l’info en anglais car elle est vraiment too much:  Our annual Partners for Democracy Award Dinner recognizes and celebrates the many wonderful contributions made by Americans and Israelis towards the advancement of peace and understanding.

Ce qui veut dire en clair : Notre dîner d’attribution du Prix Partenaires pour la Démocratie reconnaît et célèbre les nombreuses et merveilleuses contributions faites par les Américains et les Israéliens en faveur de la promotion de la paix et de la compréhension.

13/08/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS – 10

10)  Neturei Karta Jews united against zionism

589fa30cdffdcca0cc21c597b5f720f9.gifNous sommes toujours dans les organisations juives, mais plus du tout dans les lobbys pro-israéliens. Ce serait même tout le contraire. Aujourd’hui, nous allons nous offrir une pause et nous intéresser à ceux que leurs ennemis – et ils sont nombreux – désignent sous le terme méprisant de « groupuscules extrémistes ». De quoi nous les rendre sympathiques, non ?

Bien que le nom de Neturei Karta ait un petit air japonais, ça n’a rien à voir avec le pays du soleil levant. Il s’agit d’un terme araméen qui signifie « gardiens de la cité ». Les Neturei Karta ont été fondés en Palestine en 1938 pour s’opposer aux efforts du sionisme car ils considéraient que le concept même d’état juif était contraire à la loi juive. Ils n’ont pas réussi à empêcher sa création et entourent depuis ce qu’ils nomment le so-called « state of Israël » d’une haine vigilante.

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Pour quelle raison s’opposent-ils à ce point à ce régime qu’ils considèrent illégitime et hérétique? La réponse est donnée dans un discours tout récent tenu à Montréal : " Le sionisme nie les croyances de base du judaïsme en tentant de mettre fin à l’exil juif prématurément, par intervention humaine. Il préconise que les juifs devraient trahir les nations dans lesquelles ils vivent. De plus, les sionistes ont, afin d’établir cette souveraineté illégitime sur la Terre Sainte qui ne leur appartenait pas, persécuté la population indigène, les Palestiniens Arabes et les Juifs, qui auparavant y vivaient en paix pendant des centaines d’années. Ils ont volé la terre et les foyers des Arabes et les ont traités comme s’ils n’existaient pas. Ces actions ont contribué à créer une haine qui brûle jusqu’à ce jour. "

Refusant de vivre sous ce régime honni, la plupart sont partis vers les Etats-Unis, le Canada, l’Angleterre. Voire Anvers ou Vienne. Ils sont en réalité principalement installés à New York où ils ont leurs propres synagogues, écoles, lieux de réunions, etc. Ils se comptent par quelques milliers, mais considèrent que les juifs orthodoxes qui refusent l’idéologie sioniste sont, eux, plusieurs centaines de milliers.

Inutile de dire qu’ils suscitent les commentaires les plus meurtriers de la part des lobbys dont nous avons parlé jusqu’ici. D’autant qu’ils ont participé à la fameuse conférence de Téhéran en décembre 2006 où l’un de leurs dirigeants, le rabbin David Weiss, a considérablement aggravé son cas en affirmant à propos de l’holocauste : « …Vous devez savoir que le peuple juif mourut et n’essayez pas de dire que ce n’est pas arrivé. Ils sont morts…. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas nier, mais, ceci étant dit, cela ne signifie pas que l’holocauste  donne le droit d’opprimer les autres ».

Dans le même registre, de retour en Angleterre après la même conférence, un autre participant, Aharon Cohen, a déclaré à la presse britannique:  « Il est hors de doute qu’il y a eu un holocauste et des chambres à gaz. Il y a trop de témoins. Cependant, nous estimons que si celui qui est responsable de la souffrance d’autrui est évidemment coupable au premier chef, il n’arrivera pas à ses fins si la victime ne le mérite pas d’une façon ou d’une autre. Nous devons donc veiller à nous améliorer nous-mêmes de façon à perdre ces caractéristiques ou ces actions qui peuvent avoir été la cause de l’holocauste. »

Après des propos pareils, il n’y a pas lieu de s’étonner de l’hostilité qu’ils déchaînent. Si, malgré tout, vous voulez en savoir un peu plus sur ces petits hommes verts, allez sur leur site www.nkusa.org .

05/08/2007

9) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 9e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

9) Patrick Gaubert, le conseiller antiraciste de Charles Pasqua

00621afebe3da24d0f6d142b473ee75c.jpg« C’est encore une mort tragique qui fut à l’origine du procès que je plaidai le 31 octobre 1995 contre Patrick Gaubert, ancien conseiller chargé de la lutte antiraciste auprès du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. Dans cette fonction, dont on ne savait pas très bien si elle était officielle ou officieuse (le débat tourna longtemps autour de cette question), Patrick Gaubert s’était distingué en annonçant une nouvelle réforme de la loi sur la presse et un combat renouvelé contre les journaux dits d’extrême-droite. Il avait été à l’origine de la création de cellules contre le racisme dans chaque département, avec interventions dans ces cellules de toutes les ligues de vertu dites antiracistes (à l’exclusion de l’AGRIF). Le procureur de la République était invité, au sein de ces cellules, à agir et à multiplier les procédures à l’encontre des « coupables ». Définissant, dans un n° de septembre 1993 du mensuel L’Information Juive le combat qu’il menait, il écrivait : « Quant aux librairies, journaux et aux moyens de communication qui prônent légalement des discours xénophobes, si certains se croient protégés par leurs tirages, ils se trompent. Nous les ferons disparaître. »

345bdb520971d0458c077527f92cb5ad.jpg« Faire disparaître » ses adversaires, tel était le sens du combat essentiel de Gaubert. Alain Sanders en avait déduit et forgé le mot « gaubertisé » pour dire « disparu ». Ecrivant un article sur Sébastien Dezieu, jeune militant nationaliste tombé du 5e étage d’un immeuble le 7 mai 1994 en tentant d’échapper à la police qui le poursuivait pour sa participation à une manifestation interdite, Alain Sanders avait écrit de ce malheureux adolescent qu’il avait été « gaubertisé ». Un an plus tard, commémorant cette disparition tragique, il comparait la poursuite implacable de la police à l’encontre de ce jeune garçon qui n’avait rien fait, avec la complaisance et l’inertie de la même police à l’égard d’autres « jeunes » qui cassent les vitrines et pillent les magasins en marge des manifestations. Et se souvenant de la volonté de Gaubert de « faire disparaître » ce qu’il appelait l’extrême-droite, sa presse et ses militants, il employait à nouveau le terme de « gaubertisé » pour décrire le sort du jeune Sébastien Dezieu. Gaubert prétendit que l’utilisation de son nom dans ces conditions  tenait de la diffamation et il cita devant le tribunal Alain Sanders, en vertu de l’article 32 de la loi du 29 juillet 1881.

L’atmosphère de l’audience et de ses alentours fut particulièrement chaude. Les amis de Présent et de Sanders étaient nombreux dans la salle et en dehors de la salle. Je me souviens qu’en arrivant devant la 17e, j’assistai à un pugilat violent entre un petit groupe d’extrémistes juifs et un autre groupe de militants du Front national. Les gendarmes du palais durent s’interposer entre les combattants. Enfin Gaubert fit son apparition sous une protection policière importante.

Pour défendre Alain Sanders, j’utilisai une phrase de Paul Valéry que m’avait apprise Stephen Hecquet : « Il reste d’un homme ce que donne à penser son nom ». Patrick Gaubert avait voulu être l’homme qui fait disparaître toute une gamme d’opinions et une catégorie de population de la face politique de la terre française. Il avait voulu, comme on dit, attacher son nom à cette tâche. Il devait supporter les conséquences de sa volonté persévérante, mise au service du ministère de l’Intérieur et de Charles Pasqua. En lever de rideau, je soulevai au surplus un moyen, qui paraissait évident. Gaubert se prétendait

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01/08/2007

POT DE TERRE CONTRE POT DE FER

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A plusieurs reprises, ces dernières années, la Turquie a réussi à empêcher le vote au Congrès américain d’une loi reconnaissant officiellement le génocide arménien de 1915. Le danger est cependant en train  de se profiler à nouveau et la Sublime Porte ne ménage pas ses efforts  - ni ses menaces à peine voilées – pour faire capoter ce projet à présent en bonne voie.

A ce jour, en effet, pas moins de 220 membres du Congrès ont signé la fameuse résolution 106 et cette liste a tendance à s’étoffer chaque jour davantage. Le seuil de 218 votes étant franchi, le Congrès devrait en principe disposer de la majorité des voix pour valider la résolution. Même si la motion proposée n’est pas contraignante, échappant ainsi à un veto présidentiel, elle provoque une très grande effervescence dans le camp turc qui multiplie depuis le début de l’année les visites à Washington, afin de faire pression de toutes les façons possibles.

Selon la presse turque, un conseiller spécial du Premier ministre Erdogan s’est rendu aux Etats-Unis afin d’y rencontrer secrètement la présidente démocrate de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi. A l’occasion de cette rencontre, l’émissaire aurait fait part des « soucis » du gouvernement d’Ankara devant un possible vote de la résolution,  indiquant qu’une telle adoption porterait sérieusement atteinte aux liens bilatéraux avec la Turquie.

Une délégation de l’Association des Industriels et Hommes d’Affaires de Turquie (Tüsiad), principale organisation patronale turque, s’est ensuite rendue aux Etats-Unis où elle a rencontré de hauts responsables de l’administration américaine, des représentants du monde économique et des dirigeants de différents lobbies influents au Congrès.

De son côté, le ministre turc des affaires étrangères, Abdullah Gül, n’a pas négligé de demander l’aide des organisations juives américaines dans cette affaire. Venu lui aussi à Washington, il y a rencontré les dirigeants des groupes de pression suivants: United Jewish Communities Federation, American Jewish Committee, Anti-Defamation League, Jewish Institute for National Security Affairs, American Jewish Congress, Chabad-Lubavitch, B'nai B'rith International et Orthodox Union. Il leur a demandé de faire obstacle à la loi présentée par le démocrate Adam Schiff, juif lui-même, et représentant, en Californie, d’une circonscription électorale particulièrement peuplée d’Américano-Arméniens.

Cerise sur le gâteau : c’est carrément une délégation de la communauté juive de Turquie qui a également fait le voyage pour abonder dans le même sens. Menée par Silvio Ovadia, figure emblématique de la communauté juive turque, la délégation a exprimé sa vive inquiétude à l’égard du « très agressif lobbying anti-turc des groupes de pression arméniens à Washington », et a mis en garde contre les effets désastreux qu’aurait sur les relations turco-américaines le vote de cette motion. Rappelant les liens stratégiques unissant Israël, les Etats-Unis et la Turquie, la délégation a souligné la nécessité de faire barrage aux « manoeuvres révisionnistes et d’intoxication des lobbyistes arméniens ».

Décidément très turcolâtre, la délégation n’a pas oublié l’argument qui tue : à savoir que durant la seconde guerre mondiale, les autorités turques avaient permis le sauvetage de dizaines de milliers de juifs fuyant les nazis. Et que cet épisode méconnu de l’histoire de l’Holocauste avait fait l’objet d’un documentaire, Desperate Hours, réalisé et financé par des organismes juifs aux Etats-Unis pour rendre hommage aux Justes turcs.

On ne pourra pas dire que les Turcs n’auront pas fait le maximum…

Comment va réagir la Maison Blanche ? Jusqu’à présent, elle a toujours réussi, par des moyens divers et variés, à empêcher le vote d’une telle loi. Bush en fin de mandat, et plutôt déstabilisé par l’enlisement des conflits, pourra-t-il cette fois encore s’y opposer, même en arguant de la « sécurité nationale » ? C’est que les Etats-Unis ont intérêt à conserver des liens d’amitié avec la Turquie, alliée de longue date au sein de l’OTAN, seul pays ami d’Israël dans la région et voisin de l’Iran, de la Syrie et de l’Irak.

Le parlement israélien, de son côté, a officiellement rejeté la thèse du « génocide » arménien. Pas question d’amalgame entre la shoah et la tragédie arménienne. "Nous rejetons les tentatives de créer une similarité entre l’Holocauste juif et les allégations arméniennes. Rien de comparable à l’Holocauste n’a eu lieu. Ce qu’ont enduré les Arméniens est une tragédie mais pas un génocide" avait déclaré en 2001 le Prix Nobel de la Paix et ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres.

La résolution viendra probablement à l’ordre du jour de la Chambre des Représentants début septembre, quand le Congrès reprendra sa session d’automne. Il sera intéressant d’observer la suite des événements…

Sources : www.collectifvan.org / www.tetedeturc.com / www.armenews.com  

31/07/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 8

8) Le Zionist Organization of America (ZOA)

bfc85965a49a73e4ce923d18fd46a90f.jpgJe suppose que vous ignoriez tout de cet énième et cependant puissant groupe de pression juif américain. Moi aussi, je le reconnais. Ce qui est proprement fascinant, c’est d’en découvrir encore et encore, ayant toujours et systématiquement les mêmes objectifs, mais sachant se diversifier sur le terrain, pénétrer le maximum de milieux, de lieux géographiques, de zones d’influence, de réseaux. Du beau travail. Voilà des gens qui ont réussi à compenser leur faiblesse numérique, avérée, par une multiplicité d’organisations qui, donnant un sentiment de puissance et de nombre, en impose au monde extérieur.

Le ZOA, créé en 1897, se considère comme la plus ancienne organisation sioniste des Etats-Unis. Lutter en faveur du peuple juif en général et de l’Etat d’Israël en particulier, voilà son objectif qu’il poursuit opiniâtrement et sur une ligne plutôt dure. Basé à New York, il revendique 30 000 membres sur tout le territoire américain.

Son président, Morton A. Klein, est plutôt controversé à l’intérieur de l’establishment juif. Ce qui ne l’empêche nullement d’être également membre du comité directeur de l’AIPAC, que nous avons déjà vu. Et c’est là encore un trait constant de ces groupes de pression et de leurs dirigeants : tous sont chez les uns et les autres, moyen très efficace pour répercuter et démultiplier la moindre démarche.

Outre le lobbying intense qu’il mène à Washington, le ZOA a développé ce qu’il appelle le Campus Activism Network : il s’agit de répandre la bonne parole sur les campus et de combattre « la propagande arabe ». Ce qu’il fait consciencieusement avec la bénédiction des autorités américaines. Le ZOA convie régulièrement les sujets particulièrement méritants en Israël. Il faut penser à l’avenir, et comme il le dit fièrement lui-même : We are preparing the Jewish activist leadership of the future”.

Pour donner une idée de la manière d’opérer du ZOA, rien de mieux que de piocher les exemples suivants dans la bio du président Klein, figurant sur leur site www.zoa.org. Vous constaterez qu’il vaut mieux être de leurs amis… «  ZOA s’est battu contre la nomination du  Prof. John Roth à la direction des études au musée US de l’Holocauste (il avait comparé les Israéliens aux nazis). Roth a démissionné peu après. ZOA s’est également battu contre Joe Zogby, analyste au Département d’Etat, qui avait écrit des articles hostiles à Israël. En deux semaines, Zogby a quitté le Département d’Etat. ZOA a publiquement révélé les écrits de Salam Al-Marayati (Directeur du Conseil musulman des Affaires publiques) en faveur du Hamas et hostiles à Israël et s’est opposé à sa nomination à la Commission US sur le terrorisme. Cette nomination a été révoquée. ZOA a également fait état des écrits hostiles à Israël de Strobe Talbott, candidat de Clinton au poste de sous-secrétaire d’Etat. Il n’a pas obtenu le poste. »

Toujours dans la même bio, cet homme infatigable se félicite d’avoir écrit à l’ambassadeur de Jordanie aux Etats-Unis, Markwan Muasher, pour se plaindre de ce que deux terroristes avaient trouvé refuge en Jordanie et s’étonner de ce que ce pays avait permis au Hamas de s’installer à Amman. Eh bien, le croiriez-vous, quelques jours plus tard, les bureaux du Hamas étaient fermés.

On se demande vraiment pourquoi les Américains s’obstinent encore à organiser des élections, qui coûtent de l’argent et font perdre du temps… A quoi bon des élus en effet ?

30/07/2007

PLUS CA CHANGE, PLUS C’EST PAREIL… HELAS !

c82392c3bde19da6850608816b82777d.jpgJe délaisse provisoirement aujourd’hui la série sur les organisations américaines pour m’intéresser à une association bien française qui semble avoir de la virulence et des moyens à revendre et qui vient encore de le prouver la semaine dernière grâce à une action d’éclat : l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF).

L’action d’éclat, c’est l’ « achat » le 26 juillet, sous contrôle d’huissier, d’un gros paquet de livres et revues soupçonnées du crime n°1 dans ce pays : révisionnisme. Cet achat-saisie a été opéré dans deux librairies parisiennes, La Licorne Bleue et La Librairie du Savoir à la demande expresse de l’UEJF. Dans les deux cas, le Procureur de la République, avec une célérité exemplaire, a mandaté illico commissaire de police, huissier et historien dans les locaux maudits afin de rechercher le maximum d’objets du délit.

«Une expertise doit ensuite être effectuée pour déterminer si ces ouvrages contreviennent ou pas à la loi Gayssot du 13 juillet 1990 visant à "réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe". Si c'est le cas, des poursuites pourront être engagées. »  Le tout nouveau président de l'UEJF, Raphaël Haddad, 24 ans, conseil en stratégie d’entreprise, a également déclaré: « Avoir débusqué la nouvelle adresse de la Librairie du Savoir vient rappeler la nécessité actuelle de lutter contre le négationnisme. Aujourd’hui, Paris détient le triste trophée de capitale européenne des librairies négationnistes. Faisons en sorte qu’elle le perde.»

Alors moi, je ne me demande pas si les bouquins sont révisionnistes ou pas, ni même s’ils sont interdits à la vente ou pas. Ce que je constate, c’est qu’une association communautaire représentant 15 000 étudiants juifs se substitue carrément aux pouvoirs publics qui apparemment, jusque là, n’avaient pas cru utile d’intervenir…

En d’autres termes, est-il normal de voir une association ouvertement confessionnelle revendiquer ainsi un statut politique et des rapports privilégiés avec le pouvoir ? C’est cela qui me choque extrêmement. Nous sommes bel et bien devenus un pays communautariste où de plus en plus ouvertement, certaines communautés s’arrogent le droit exorbitant de décider pour tous les autres et cela, sans le plus petit début de légitimité.

Et d’ailleurs, pourquoi une telle hargne à l’égard de ces malheureux ouvrages ? Puisqu’on nous répète que c’est rien que mensonges et compagnie, ne serait-il pas plus intelligent - plutôt que de se livrer à cette chasse aux sorcières éperdue - de les ignorer avec panache et superbe? En tout cas, c'est bizarre, alors que justement personne ne s’en préoccupe le moins du monde, de remettre ça sur le tapis, en plein mois de juillet…

Puisque nous en sommes à l’UEJF, continuons à faire les présentations. Je parlais au début de l’article de moyens à revendre. Et là, je vais me permettre de reprendre tout bêtement un texte que j’avais publié en janvier dernier, sous le titre L’UEJF et l’argent du contribuable :

« J’ai fait récemment état d’une subvention attribuée à  l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) par le secrétaire général du gouvernement, qui était alors Jean-Marc Sauvé, nommé depuis vice-président du Conseil d’Etat : 200 000 euros pour la seule année 2006 !  200 000 euros, c’est déjà une belle somme. Qui en dit long sur le montant total de subventions que doit palper cette association éminemment citoyenne de la part des ministères, municipalités, collectivités locales et régionales, etc, etc. J’en passe et des meilleures et des plus juteuses. Normal, l’argent du contribuable n’est-il pas fait pour aider les associations méritantes à lutter contre le racisme et l’antisémitisme ?

Petit retour en arrière : l’UEJF a été créée en 1944 dans un but social. Dans les années 60, elle sera très marquée à gauche, puis vers 1980, se range sous la bannière du parti socialiste et en cette qualité, crée en 1984 SOS Racisme. C’est en tout cas ce qu’elle affirme clairement sur son site à plusieurs reprises. Il faut reconnaître qu'on se dispute la paternité de cette officine.

Au fil des années, l’UEJF s'affirmera de plus en plus communautaire et sioniste, bien qu’officiellement apolitique (elle aussi). Elle périclite dans les années 90, mais, en 1999, doit sa résurrection à la nouvelle intifada et aux troubles antisémites qui s’ensuivent en France. Elle publie en 2002 un livre blanc, Les antifeujs, qui dénonce tous les actes antisémites connus depuis deux ans et se voit reçue à cette occasion par Jacques Chirac.

Son grand cheval de bataille reste bien sûr la dénonciation hystérique de l’extrême-droite. Elle se considère comme le rempart de la bête immonde au sein de l’Université. Sa section Assas est particulièrement active, tout comme celle de Lyon, très impliquée dans la vie politique locale et qui s’est spécialement illustrée lors de l’ « affaire » Gollnisch.

Sa position sioniste est sans équivoque. D’ailleurs, en 2002, pour soutenir Israël, l’UEJF tiendra sa convention « nationale » à Jérusalem. Son grand souci est de promouvoir la paix au Proche Orient. C’est pourquoi, en octobre 2006, elle demandait des sanctions contre l’Iran, en précisant bien que l’option militaire devait être envisagée.

Résumons : 10 sections locales à Paris, 15 dans les grandes villes de France, 34 membres élus aux conseils d’administration des universités, ces performances justifient-elles vraiment une telle manne de la part des pouvoirs publics ? »

Je rappelle que l’UEJF revendique 15 000 étudiants adhérents, sur un total de 2 275 000 étudiants pour la France. Encore une fois, cette représentativité justifie-t-elle pareille arrogance ?