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12/09/2007

DE PLUS EN PLUS FORT: UN ANCIEN DIRECTEUR DE YAD VASHEM SOUPCONNE DE CRIMES DE GUERRE

Le parquet lituanien veut interroger Yitzhak Arad, 81 ans, ancien directeur du mémorial Yad Vashem à Jérusalem, qu'il soupçonne d'avoir participé à des crimes contre la population civile et des prisonniers pendant la seconde guerre mondiale. "Nous avons adressé au parquet israélien une demande d'aide judiciaire", a indiqué à l'AFP un procureur au parquet général lituanien, Rimvydas Valentukevicius. "Nous (y) demandons de transmettre à M. Arad une notification sur nos soupçons et de l'interroger dans le cadre d'une enquête préliminaire sur sa participation possible à des crimes contre l'humanité en Lituanie, pendant la seconde guerre mondiale".

8f08b584a3bd2137f58caf7223e29a48.jpgSelon le procureur, l'enquête est liée à l'assassinat de plusieurs dizaines de civils et de prisonniers de guerre par des membres de la résistance soviétique dont Arad avait fait partie pendant l'occupation nazie. Selon les informations recueillies depuis le lancement de l'enquête en mai 2006, M. Arad aurait pu participer à des exécutions de résistants lituaniens à la fin de la seconde guerre mondiale, alors qu'il était membre de la Sécurité soviétique, le NKVD.

Les soupçons sont basés sur ses propres mémoires et sur les documents retrouvés par le Centre lituanien de recherches sur le génocide et la résistance. Interrogé mardi par le quotidien polonais Rzeczpospolita, M. Arad a clamé son innocence: "Je n'ai jamais tué un civil. Cela aurait pu arriver pendant des combats mais à froid je n'ai jamais assassiné un civil ou un prisonnier de guerre ... Une seule fois j'ai pris des prisonniers lituaniens. Nous les avons tous libérés par la suite, sauf un qui s'est avéré policier encore d'avant la guerre. Je me souviens que nous l'avons exécuté sur ordre de nos commandants mais ce n'est pas moi qui ai appuyé sur la gachette", a-t-il déclaré.

Selon lui, il s'agit d'une "tentative de vengeance" de la part des "héritiers des collaborateurs lituaniens, des nationalistes et des radicaux de toutes les couleurs", car "J'ai décrit en détail de nombreux crimes terribles qu'ils avaient commis", a-t-il encore expliqué.

Avant la seconde guerre mondiale, il y avait environ 220.000 juifs en Lituanie, en particulier à Vilnius alors surnommée la "Jérusalem du nord", dont la plupart ont péri durant la guerre. Durant les hostilités, Yitzhak Arad, né lui-même près de Vilnius, avait rejoint, comme de nombreux juifs, les partisans pro-soviétiques qui combattaient contre les troupes allemandes. A la fin de la guerre, il s'est rendu en Palestine où il a rejoint la clandestinité juive. Il a ensuite servi dans l'Armée israélienne de défense et a pris sa retraite en 1972 avec le grade de général de brigade. Il est également l'un des historiens les plus connus de l'holocauste et a dirigé l'institut Yad Vashem de 1972 à 1993.

8f827ce7e65aad0f862d721ff6dffb85.jpgYitzhak Arad a participé, en tant que témoin et expert, aux procès intentés aux Etats-Unis contre Alexandras Lilejkis et à Algimantas Dajlide qui avaient occupé des postes importants dans la police lituanienne. Les deux émigrés ont été déchus de la citoyenneté américaine et expulsés du pays. En Lituanie, Yitzhak Arad a également participé à la réunion de la Commission pour l'évaluation des crimes des régimes d'occupation nazie et soviétique, au cours de laquelle il avait soulevé la question de la participation des Lituaniens à l'extermination de la communauté juive de la république.

Sources: AFP, RIA Novosti

10/09/2007

DES NEO-NAZIS EN ISRAEL: DECIDEMENT, ON AURA TOUT VU

Scandale en Israël depuis samedi dernier, avec l'arrestation de huit jeunes de 17 à 19 ans accusés d'activités néo-nazies. Parfaitement, néo-nazies. Ces jeunes, qui sont originaires de l'ex URSS, se seraient rendus coupables de taggages de synagogues et d'attaques contre certaines catégories de la population, telles que juifs pieux, travailleurs étrangers, homosexuels ou drogués.

Ce qui est étonnant, c'est que certains faits remontent à l'année dernière: ils avaient alors vandalisé la synagogue de leur ville, Petah Tikva, mais avaient été relâchés une semaine plus tard car "aucune loi précise ne condamne ce genre d'agissements en Israël".

Une carence qui risque d'être rapidement comblée car devant  l'émotion suscitée par cette affaire, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre: ainsi, le député national religieux Zevoulon Orlev a annoncé qu’il proposerait, à la rentrée parlementaire, une loi visant à retirer la nationalité israélienne à toute personne soupçonnée d’actions antisémites.
Effie Eitam, député membre du même parti, a quant à lui, demandé une révision de la Loi du retour afin d’interdire le droit d’alya aux non juifs.

Justement, ces jeunes qui se revendiquent néo-nazis, sont-ils juifs ou non? Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont bel et bien bénéficié de cette loi du retour car pour chacun d'eux, l'un de ses grands-parents au moins était juif. Ils ont donc obtenu le droit d'émigrer en Israël et d'en obtenir la nationalité. Un seul grand-parent juif fait donc de vous un juif au regard de la loi israélienne? On perçoit à travers ce fait-divers tous les problèmes posés par des critères assez élastiques. Et d'ailleurs, dans les commentaires parus sur les sites juifs qui relatent l'affaire, on se plaint assez fréquemment de cet état de choses: à savoir que pour minorer le nombre d'arabes israéliens, les autorités ont accueilli très (trop?) largement les occidentaux. Essentiellement des Russes comme dans ce cas précis.

Ce n'est du reste pas la première fois que ce type d'agissements survient en Israël: en 2005, un militaire avait été condamné pour avoir créé un site néo-nazi surnommé L’union des Israéliens blancs dans lequel figurait un lien vers "Mein Kampf". Et en août et septembre 2006, un jeune Israélien, venant de l’ex-URSS, avait également été victime de harcèlement antisémite lors de son service militaire sur une base de Tsahal.
Zalman Gilichenski, responsable du centre Dmir, qui offre une assistance aux victimes des néo-nazis, estime ainsi à 500 le nombre d’actes antisémites perpétrés chaque année en Israël.

Ce qui a sans doute fait dire au ministre Eli Yishaï qu'il ne fait aucune doute que ''la mouvance néo-nazie est un cancer qui ronge la société israélienne''.

Source: http://www.guysen.com/articles.php?sid=6131

08/09/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 13

5ae48f178fffec58dd855707d5104d78.jpg13) Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO)

Nous voilà déjà arrivés au n° 13 de notre petite série et nous sommes pourtant loin d'avoir épuisé la question. Il est d'ailleurs quasiment impossible d'épuiser le sujet car de nouvelles structures surgissent sans cesse comme champignons après la pluie. L'idée directrice étant de diversifier au maximum l'action pour la rendre plus efficace. A ce niveau-là, le lobbying, c'est de l'art.

La CPMAJO est une organisation importante qui regroupe 50 organisations juives, tant politiques que religieuses. Comme toujours, et cela devient fastidieux de le répéter, le but est de mobiliser partout et en tout lieu en faveur d'Israël et de servir de lien entre la communauté juive américaine et le gouvernement. Je vous donne la liste des organisations qui composent la CPMAJO - où vous retrouverez quelques connaissances - et ainsi vous pourrez faire votre marché en fonction de vos intérêts.

De ce petit tour d'horizon au pays des organisations juives américaines, il ressort en tout cas qu'au-delà des inévitables rivalités et querelles de personnes, ces gens sont capables de s'unir pour défendre ce qui est à leurs yeux essentiel. C'est cela qui les rend forts, et ce qu'apparemment, les Gaulois n'ont jamais été capables de comprendre. Tant pis pour eux.

Ameinu  / American Friends of Likud  / American Gathering/Federation of Jewish Holocaust Survivors  / America-Israel Friendship League  / American Israel Public Affairs Committee /  American Jewish Committee  / American Jewish Congress  / American Jewish Joint Distribution Committee  / American Sephardi Federation  / American Zionist Movement /  Americans for Peace Now  / AMIT  / Anti-Defamation League  / Association of Reform Zionists of America  / B’nai B’rith International  / Bnai Zion  / Central Conference of American Rabbis  / Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America /  Development Corporation for Israel / State of Israel Bonds  / Emunah of America  / Friends of Israel Defense Forces  / Hadassah, Women’s Zionist Organization of America  / Hebrew Immigrant Aid Society  / Jewish Community Centers Association  / Jewish Council for Public Affairs  / Jewish Institute for National Security Affairs  / Jewish Labor Committee  / Jewish National Fund  / Jewish Reconstructionist Federation  / Jewish War Veterans of the USA /  Jewish Women International  / MERCAZ USA, Zionist Organization of the Conservative Movement  / NA’AMAT USA  / NCSJ: Advocates on behalf of Jews in Russia, Ukraine, the Baltic States & Eurasia  / National Council of Jewish Women  / National Council of Young Israel  / ORT America  / Rabbinical Assembly  / Rabbinical Council of America  / Religious Zionists of America  / Union of American Hebrew Congregations  / Union of Orthodox Jewish Congregations of America  / United Jewish Communities  / United Synagogue of Conservative Judaism  / WIZO  / Women’s League for Conservative Judaism  / Women of Reform Judaism  / Workmen’s Circle  / World Zionist Executive, US  / Zionist Organization of America

06/09/2007

L’influence du lobby juif sur la politique étrangère américaine - perception et réalité

L'exemple de l'adoption de l'amendement Jackson-Vanik (1972-1974)

Je comptais reprendre aujourd'hui la série sur les organisations juives américaines et ce faisant, je suis tombée sur l'article suivant, paru sur le site de l'Institut Pierre Renouvin - Institut de recherches en histoire des relations internationales. Il constitue une bonne illustration de notre propos, et des méthodes employées, et c'est pourquoi je me permets de le reprendre ici. Il est de Pauline Peretz, qui a soutenu en décembre 2004 sa thèse intitulée « L’émigration des juifs soviétiques : le rôle des Etats-Unis, de 1953 à la fin des années 1980 ».

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"Au lendemain de la guerre du Vietnam, les groupes ethniques américains se mirent à exercer une influence croissante sur la politique étrangère des États-Unis. L’amendement Jackson-Vanik au Trade Reform Act, adopté en décembre 1974 après une bataille législative de deux ans, est un des meilleurs exemples de ce phénomène. Cet amendement liait l’octroi à une économie centralisée du statut de la clause de la nation la plus favorisée [1] et de crédits, à la libéralisation de sa politique migratoire à l’égard de ses minorités.

En dépit de sa grande popularité au Congrès, il rencontra l’opposition des défenseurs de la détente et des partisans du libre-échange, milieux d’affaires en tête. La Maison Blanche fut son plus grand adversaire, puisque Nixon et Kissinger considéraient le linkage [2] entre droits de l’homme et commerce comme une menace pour le rapprochement soviéto-américain et plus précisément pour l’accord commercial signé entre les deux pays le 18 octobre 1972 [3]. La coalition en faveur de l’amendement réunissait davantage d’acteurs : des anticommunistes, des défenseurs des droits de l’homme, des progressistes, des leaders syndicaux et des dirigeants des organisations juives, puisque l’amendement avait été conçu pour venir en aide aux Juifs soviétiques.

La communauté juive américaine doit une large partie de son poids politique à son art confirmé du lobbying. L’influence de ce lobby, démesurée par rapport à sa dimension réelle, tient beaucoup à un environnement idéologico-culturel favorable aux causes qu’il défend [4]. Mais cette influence, il la doit aussi à l’efficacité incomparable de ses organisations, principalement l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), créé en 1954, qui œuvre au Congrès pour la défense des intérêts d’Israël, et la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO) qui défend, elle, plus largement les intérêts de la communauté au niveau de l’Exécutif. Par leurs contacts et leurs réseaux, les autres organisations communautaires peuvent aussi peser sur les hommes du Congrès. Il n’existe jusqu’à présent aucun consensus sur le rôle joué par ces organisations dans l’adoption de l’amendement Jackson-Vanik. La question est pourtant simple : le lobby juif est-il responsable, oui ou non, de cette adoption ? Pour le journaliste J.J. Goldberg, cette mobilisation juive américaine constitue un moment décisif de l’affirmation du pouvoir de la communauté juive sur la scène politique [5]. Paula Stern, à l’inverse, montre dans son étude détaillée de la bataille législative que le rôle du lobby juif a été grandement exagéré [6]. Des documents trouvés dans les archives communautaires juives et dans le fonds Jackson prouvent que ces deux analyses sont insatisfaisantes, parce qu’elles surestiment et sous-estiment respectivement le rôle des organisations juives. Ces deux analyses révèlent la mauvaise perception de l’influence juive par les acteurs politiques - assistants parlementaires, hommes du Congrès, mais aussi administration. Dans Perception and Misperception in International Politics, Robert Jervis montre que, dans le domaine de la politique étrangère, les perceptions des décideurs politiques sont souvent erronées en raison de leur surestimation de l’unité des acteurs, et d’attentes quant au niveau de mobilisation formées à partir d’expériences passées [7]. Depuis la fin des années 1950, le lobby juif s’était toujours montré très uni et très décidé lorsqu’il s’agissait de défendre Israël, comme l’avait montré par exemple la très forte mobilisation communautaire contre le plan Rogers en 1970 [8]. Or la bataille pour l’adoption de Jackson-Vanik était profondément différente : elle avait pour ambition de venir en aide aux Juifs de la diaspora, et non à Israël, et n’impliquait pas la participation directe d’AIPAC ou de la CPMAJO, mais celle d’organisations juives nouvelles sur le Capitole.

Un rôle décisif dans la mise sur agenda

En 1964, une campagne d’aide aux Juifs soviétiques avait été lancée par les organisations juives américaines, en partie sous l’influence d’un bureau secret israélien appelé Nativ, qui s’était fixé pour objectif de sensibiliser l’opinion publique internationale à leur sort et à la nécessité de leur émigration [9]. Il parvint à convaincre l’establishment [10] juif américain de créer une organisation pour coordonner cette campagne aux États-Unis, l’American Jewish Conference on Soviet Jewry, rebaptisé en 1971 la National Conference on Soviet Jewry (NCSJ). Son but était d’obtenir du Kremlin le respect des droits culturels et religieux des Juifs soviétiques, puis, à partir de la guerre des Six Jours, de leur droit à émigrer. Cette campagne qui à bien des égards fut un véritable mouvement social avait pour cibles non seulement la communauté juive américaine dans son ensemble, mais aussi des intellectuels progressistes de renom, et des élus qui avaient été préalablement démarchés par Nativ. Depuis le début de la campagne, des hommes du Congrès - juifs, élus de circonscriptions majoritairement juives, ou amis d’Israël - s’étaient révélés de véritables alliés. Certains avaient participé aux manifestations organisées par l’AJCSJ/NCSJ, d’autres avaient même introduit des résolutions visant à faire pression sur Moscou. Le pouvoir de la NCSJ et sa proximité avec le Bureau israélien étaient contestés par des organisations grass-roots [11] totalement indépendantes de la communauté organisée, créées dès 1963 pour venir en aide aux Juifs soviétiques dans un style plus musclé et moins porté aux compromissions. En 1971, ces organisations se fédérèrent au sein de l’Union of Councils for Soviet Jews (UCSJ), très active au niveau local, démarchant les élus, organisant des boycotts contre les entreprises faisant commerce avec l’Union soviétique, et lançant de nombreuses manifestations [12]. La NCSJ et l’UCSJ jouèrent donc un rôle décisif dans la mise sur l’agenda de politique étrangère américaine de la question juive soviétique. Lorsqu’en août 1972, les Soviétiques imposèrent une taxe sur l’éducation [13], l’opinion publique américaine était suffisamment mûre pour se mobiliser.

La bibliographie n’emploie habituellement que les termes de « pouvoir juif » ou d’« organisations juives ». Nous avons pourtant déjà rencontré deux types d’acteurs : l’establishment juif et les organisations grass-roots. En comparaison avec les organisations juives existant de longue date, la NCSJ et l’UCSJ semblent bien modestes. En 1972, le budget de la NCSJ s’élevait à 250 000 dollars, tandis que celui du très respectable American Jewish Committee atteignait 7,3 millions de dollars. Les capacités de lobbying de la NCSJ étaient elles aussi réduites : ce n’est qu’en 1972 qu’elle ouvrit un bureau à Washington employant un représentant et un consultant pour les questions légales. La NCSJ pouvait pourtant compter sur les membres et les ressources des organisations qui l’avaient créée, et réutiliser leurs contacts sur le Capitole. L’UCSJ était moins chanceuse. Elle avait ouvert peu avant la NCSJ un bureau à Washington auquel elle avait affecté un budget de 10 000 dollars annuels - soit la moitié de son budget - et avait recruté une lobbyiste très talentueuse. La force de l’UCSJ résidait dans une base très réactive à travers tous les États-Unis. Il peut paraître étonnant qu’AIPAC n’ait pas encore été mentionné. Ne faisant officiellement du lobbying que pour Israël, il ne fut pas impliqué au même titre que les organisations juives qui avaient été spécifiquement créées pour cette campagne. Les principaux acteurs de cette bataille législative furent donc les dirigeants de la NCSJ et de l’UCSJ, côté juif, et les attachés parlementaires des élus les plus actifs - les sénateurs démocrates Jackson de l’État de Washington et Ribicoff du Connecticut, ainsi que le représentant démocrate Vanik de l’Ohio -, côté législatif.

Selon ces attachés parlementaires, l’idée du linkage entre avantages économiques et émigration serait née au Congrès, et les organisations juives se seraient contentées de prendre le train en marche. Les archives des organisations grass-roots montrent pourtant que cette idée est apparue dès 1965 sous la plume de leaders communautaires locaux [14]. Six ans plus tard, dans un contexte de véritable rapprochement économique entre les États-Unis et l’URSS, une autre organisation grass-roots, le Cleveland Council on Soviet Anti-Semitism, membre de l’UCSJ, ressuscita l’idée d’un linkage. Louis Rosenblum, son président, fut mis en contact avec un juriste et un politologue qui lui proposèrent un texte législatif liant commerce et émigration. Cette proposition séduisit d’abord le représentant démocrate de Los Angeles, Thomas Rees, la Californie étant un des hauts lieux de l’activisme en faveur des Juifs soviétiques. Après un échec législatif douloureux en juin 1972 et l’adoption de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques, le projet fut repris par Richard Perle, alors assistant du sénateur Henry Jackson [15]. Ce linkage présentait de nombreux avantages pour ce candidat à l’investiture démocrate en vue des présidentielles de novembre 1972 : l’amendement serait un nouveau coup à la détente de Nixon - un sérieux atout pour le « Cold War liberal » qui avait déjà introduit un amendement restrictif à la loi de ratification de l’accord SALT -, il pouvait lui apporter le soutien de la minorité juive et lui permettrait de se rallier les défenseurs des droits de l’homme [16]. Il ne faudrait pourtant pas croire que le choix de Jackson ne fut que pur opportunisme. En 1972, il avait déjà beaucoup fait pour les Juifs soviétiques : depuis 1964, il avait soutenu toutes les résolutions qui avaient pour but d’améliorer leur sort, en 1971, il avait été co-sponsor d’une résolution qui appelait Nixon à soulever la question des Juifs soviétiques avec ses homologues soviétiques et, en février 1972, en avait introduit une autre pour débloquer une aide financière à tous les Juifs soviétiques qui parviendraient à quitter l’Union soviétique. En septembre, le linkage était donc devenu la chose de Jackson, mais l’idée en était assurément venue des grass-roots.

Le rôle de ces derniers a tendance à être occulté au vu des événements ultérieurs. Le 25 septembre 1972, Jackson s’invita à une conférence organisée par la NCSJ pour répondre à l’imposition de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques. Il saisit cette occasion pour présenter l’amendement à l’East-West Trade Reform Act reprenant le linkage entre émigration des minorités soviétiques et avantages économiques, et demander leur soutien aux organisations juives, un soutien qu’il reçut sans la moindre difficulté [17]. Pour Stern, « c’était clairement un renversement de l’image commune du lobby juif tordant le bras d’un sénateur » [18]. Une telle affirmation sous-estime le rôle des grass-roots durant cette première phase. En effet, une partie de la communauté juive, même si elle n’était certainement pas la plus puissante ni la plus visible, s’était déjà engagée dans la bataille politique depuis quelques mois et était prête à suivre Jackson, sans même qu’on lui ait demandé. L’affirmation de Stern est aussi symptomatique d’une tendance collective à ignorer que l’establishment n’était pas le seul acteur juif impliqué dans cette bataille.

La NCSJ et l’UCSJ, piliers de la coalition

Dès que Jackson introduisit son amendement au East-West Trade Reform Act le 4 octobre 1972, la NCSJ et l’UCSJ, contrairement à la Conférence des présidents et aux autres organisations juives de l’establishment,

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04/09/2007

OUI, J’AI UNE AME !

C’est vrai, je l’ai dit moi-même, on évite les questions religieuses car elles sont du domaine intime de chacun. Ceci dit, pour clore la parenthèse du «grand barbu», mon correspondant m’adresse un texte sur l’origine du bobard de « l’âme de la femme » qui est de nature à intéresser plus largement. C’est pourquoi vous le trouverez ci-après.

94419e1155a22db17fc7d918c24a752f.jpg « De tous les bobards inventés par les impies contre l'Eglise catholique, le plus stupide, le plus grossier est sans aucun doute celui qui lui attribue la négation de l'existence d’une âme chez la femme.

Mais comment expliquer la permanence d'une ânerie pareille, car la réfutation est aisée, à qui réfléchit tant soit peu : "Voyez donc la dignité et la place exceptionnelles de la Sainte Vierge, le statut de la femme chrétienne dans le monde !… Puis vous imaginez l'Eglise administrer les sacrements de Notre Seigneur à un être privé d'âme !"

On doit donc nécessairement trouver ici quelque illustration de la recommandation de Voltaire à Thériot : "Il faut mentir comme un diable ! Non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours..." Qu'importe la grossièreté du mensonge, il faut le propager !

Force est de constater que le bobard se porte bien, véhiculé par des intellectuels de gauche, des énarques, des ministres, premiers et seconds, des journalistes, des hommes politiques de tous bords... Bref, une élite continue de se ridiculiser, en particulier au yeux des étrangers, ahuris devant tant d'inculture.

Ce bobard, fils de la Révolution et de groupuscules féministes, n'est vraiment pas à l'honneur de ses propagateurs. C'est à se demander si ces braves gens, même munis d'une âme par la grâce de Dieu, ont bien une cervelle.

Alain Decaux résume l'origine de cette désinformation dans le tome I d'Histoire des Françaises (Librairie Académique Perrin, Paris, 1972, pp.133-134) : « Lors de chaque combat livré par des femmes, on affirme qu'en 585, un concile s'est tenu à Mâcon pour trancher d'une épineuse question : la femme a-t-elle une âme ? On écrit là-dessus comme s'il s'agissait d'un fait historique démontré. D'autres interviennent alors - non moins opportunément - pour s'écrier qu'il s'agit d'une légende, tout juste bonne, comme toutes les légendes, à jeter aux orties. Il faut dire la vérité. Si l'on consulte la liste complète des conciles, on s'aperçoit qu'il n'y a jamais  eu de concile de Mâcon. En revanche, on trouve en 586 - et non en 585 - un synode provincial à Mâcon. Les "Actes" en ont subsisté. Leur consultation attentive démontre qu'à aucun moment, il ne fut débattu de l'insolite problème de l'âme de la femme. Le synode s'est borné à étudier - avec un grand sérieux - les devoirs respectifs des fidèles et du clergé.

Alors ? D'où vient cette légende si solidement implantée ? N'aurait-elle aucune base ? Si. Le coupable est Grégoire de Tours. Il rapporte qu'à ce synode de Mâcon, un évêque déclara que la femme ne pouvait continuer à être appelée "homme". Il proposa que l'on forgeât un terme qui désignerait la femme, la femme seule. Voilà le problème ramené à son exacte valeur : ce n'était point un problème de théologie, mais une question de grammaire. Cela gênait cet évêque que l'on dît les hommes pour désigner aussi bien les femmes que les hommes. L'évêque trouva à qui parler. On lui opposa la Genèse : "Dieu créa l'homme mâle et femelle, appelant du même nom, homo, la femme et l'homme." On lui rappela qu'en latin, « homo » signifie : créature humaine.

Personne ne parla plus du synode de Mâcon jusqu'à la Révolution française. En pleine Terreur, pour défendre les femmes dont on voulait fermer les clubs, le conventionnel Charlier, en une belle envolée oratoire, demanda si l'on  était encore au temps où on décrétait, "comme dans un ancien concile, que les femmes ne faisaient pas partie du genre humain". Le 22 mars 1848, une citoyenne Bourgeois devait franchir une nouvelle étape dans l'altération des textes. A la tête d'une délégation du Comité des "Droits de la femme", elle remettait aux membres du gouvernement provisoire une pétition tendant à obtenir le droit de vote pour les femmes et commençant par ces mots : "Messieurs, autrefois, un concile s'assembla pour décider cette grande question : savoir si la femme a une âme..." Bouclée, la boucle. Les quelques lignes de Grégoire de Tours, définitivement déformées, étaient entrées dans le patrimoine définitif de la crédulité publique."

Le lecteur intéressé pourra consulter Grégoire de Tours Historia Francorum, livre VIII, XX, dans la Patrologie latine (tome 71) ou encore le Dictionnaire apologétique de la foi catholique de d'Alès ou le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie au mot Femmes (âme des).

Il nous reste à écrire à tous les propagateurs du bobard pour leur faire gentiment honte de leur inculture. Même s'ils ne rectifient pas la calomnie, ils hésiteront peut-être à l'employer une nouvelle fois. "Errare humanum est..."   

02/09/2007

PAS STRAUSS-KAHN

118c668fdf918c05d7144d9e4a6fa9c4.jpgSi l'on veut avoir des informations et des commentaires qui sortent des sentiers battus et archibattus de la pensée unique et totalitaire, mieux vaut lire la presse étrangère. Le titre de cet article est celui d'un éditorial plutôt assassin à l'égard du candidat quasi imposé à l'Europe par le nouveau locataire de l'Elysée pour prendre prochainement la tête du Fonds Monétaire International (FMI), paru cette semaine dans le Financial Times. Cet éditorial est publié juste après une interview du directeur exécutif russe du FMI, Aleksei Mozhin, parue quelques jours auparavant dans le même journal.

Le mauvais candidat, choisi de la mauvaise façon. Voici en résumé ce qui ressort de l'article. Mauvais candidat car "le curriculum vitae de M. Strauss-Kahn ne montre pas qu'il ait les compétences techniques nécessaires pour le poste". Vous me répondrez qu'il a été ministre des finances en France. Certes, et alors? Le pays s'en est-il mieux porté? Pas plus d'ailleurs que lorsqu'un certain Nicolas Sarkozy était, il n'y a pas si longtemps, ministre du budget... Si les maroquins ministériels étaient attribués en fonction de la compétence, et non en fonction de bien d'autres critères autrement plus sérieux, ça se saurait. Et surtout, on en verrait les retombées. Conclusion: il n'est nullement nécessaire d'avoir fait la preuve d'une quelconque compétence pour postuler à de plus hautes fonctions. Mieux vaut appartenir à certains cercles.

Pour en revenir au FMI, il souffre apparemment d'une grave crise de légitimité et se voit de plus en plus contesté par les pays émergents. L'arrogance des Etats-Unis, maîtres de la Banque mondiale, et celle de l'Union Européenne, qui se réserve le FMI, comme on se répartirait des fiefs, est de plus en plus mal vécue par des pays qui veulent aussi dire leur mot. Et pour commencer, c'est toute la procédure de désignation du directeur du FMI qui est controversée.

Le FMI aurait bien besoin de devenir une autorité crédible, morale même. "Et personne ne peut soutenir que M. Strauss-Kahn soit le candidat au monde le plus qualifié par son expérience, son intelligence ou sa formation".

Au-delà du fait qu'il n'y a pas de raison pour que l'Europe s'attribue ainsi d'office ce poste et continue à régenter les pays émergents comme au temps des colonies, le journaliste souligne qu'il n'est pas dans l'intérêt bien compris de l'Europe elle-même d'imposer un homme qui ne serait ni qualifié ni légitime. Il termine son article, au cas où "le mauvais candidat choisi de la mauvaise façon" l'emporterait quand même, en considérant qu'il s'agirait d'une "victoire à la Pyrrhus".

Rappelons que la Russie a elle aussi, à la surprise générale, présenté un candidat: Josef Tosovsky, ancien premier ministre de la république tchèque. Les Etats-Unis et l'Europe représentent 49,85% des votants.

30/08/2007

J'EN DEMANDE PARDON AU GRAND BARBU

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Il y a quelques jours, je parlais de vérités obligatoires et parmi celles en cours il n'y a pas si longtemps, je donnais comme exemples que la terre était plate et qu'un grand barbu avait créé le monde en six jours. Je fais amende honorable car le "grand barbu" a fait tilt. Dieu sait pourtant que dans mon esprit, ce propos était plutôt affectueux. Je n'ai pas pour habitude de faire repentance face aux ennemis, mais je peux reconnaître mes torts face aux amis. Je retire donc ce grand barbu qui a suscité le juste commentaire suivant:

"Vos sources ne doivent pas être très fiables sur la question des vérités obligatoires et justement puisées dans l'arsenal de la propagande anti-catholique de toutes les époques. D'où les campagnes incessantes et hystériques de demande de "repentance" par des gens contemporains qui ont des milliers de crimes sur la conscience et qui devraient, eux, se repentir. La Licra en est, comme vous le dénoncez si bien. La terre plate est un bobard inventé du temps de Galilée: toute l'antiquité a toujours su que la terre était sphérique, les moines du Moyen Age plus que quiconque puisqu'ils étaient les seuls à prévoir les éclipses, avec le système de Ptolémée. Le barbu, je vous laisse le soin de vous débrouiller avec lui, le moment venu.

Vous seriez beaucoup mieux inspirée et choisissant des vérités "obligatoires" plus proches de notre époque, comme illustration. Par exemple, en matière scientifique, il est obligatoire pour la population mondiale de croire à l'évolution, au Big Bang, à la relativité, au réchauffement climatique (il y a 30 ans c'était l'arrivée d'un âge glaciaire!) alors que ce sont au mieux des hypothèses, au pire des élucubrations humaines destinées à manipuler l'opinion. En France, c'est une horreur de fausses "vérités" historiques, les historiens des pays anglo-saxons n'en reviennent pas de la malhonnêteté de certains de leurs collègues français. Je suis d'accord avec vous sur le silence catholique, mais tenez compte aussi de la censure sans faille des médias quand les propos ne leur conviennent pas. Mais il y a des catholiques insoumis, si, si, ça existe. L'avantage avec eux, c'est qu'ils essayent de se conformer à LA vérité (si, si, elle existe). Aux imperfections humaines près. Comme vous êtes honnête, aucun problème pour vous entendre avec eux. Si ça vous intéresse, je vous enverrai deux pages sur "l'âme de la femme".

20/08/2007

JUIFS CHRETIENS, MESSIANIQUES, DE QUOI Y PERDRE SON LATIN ...

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Le récent décès du cardinal Jean-Marie Lustiger, a donné lieu au concert habituel de flagorneries et trémolos en tous genres. Les officiels juifs n'étant pas en reste pour rendre un vibrant hommage au parcours exceptionnel de l'homme d'église né juif et devenu chrétien. Et archevêque de Paris par-dessus le marché. Sans compter que grâce à lui, toute la France sait à présent ce qu'est un kaddish.

Il faut signaler pourtant au moins un élément discordant dans ce beau concert, fourni sur le site Guysen International News par un article de Schlomoh Brodowicz intitulé Requiem pour un kaddish ou "Comment faisait-il?". A sa lecture, et peut-être plus encore à celle d'un certain nombre de commentaires qui suivent, on sent quand même une assez forte antipathie à l'égard du christianisme, coupable, d'après l'auteur, d'avoir par des siècles d'enseignement du mépris, directement conduit à la shoah. Sans oublier Pie XII tout aussi coupable pour avoir "lamentablement" fermé les yeux sur le massacre qui se serait déroulé sous ses yeux. On y sent également un reproche non dissimulé à l'égard de celui qui a déserté. Car l'auteur se demande essentiellement comment faisait Lustiger pour assumer sa position et "au prix de quel compromis moral et spitrituel" il y parvenait.

Ce qui est intéressant, c'est qu'au passage, on apprend un certain nombre de choses sur l'identité juive, car c'est bien de cela dont il s'agit in fine. On apprend notamment qu'étant un droit de naissance, elle est inaltérable. La conversion n'y change rien, tout en constituant un péché gravissime. Celui qui est né juif le reste, qu'il le veuille ou non. Et l'auteur d'asséner: "Peut-on se convaincre que cet homme qui, sur le plan de la stricte loi juive était toujours juif, n'a jamais connu des moments de doute?"

Il va même jusqu'à affirmer que Jean-Marie Lustiger représente le cas unique d'un juif qui tout en ayant abjuré sa foi, continue malgré tout à se déclarer juif.

Là, les commentaires se sont empressés de lui rappeler que sur ce point-là au moins, il avait tort: et les juifs messianiques? Je dois reconnaître que je ne les connaissais pas. Je suis donc allée aux renseignements. Il existe bel et bien une (petite) branche du judaïsme, certes particulièrement marginale, composée de juifs qui, tout en conservant certaines pratiques du judaïsme, et restant attachés à leur foi d'origine, croient cependant que le messie est arrivé en la personne de Jésus. Ils sont bien sûr considérés comme des apostats par les autres. L' Alliance Francophone des Juifs Messianiques (AFJM) a été fondée en 1980 à Paris. Elle est en contact avec l’ Alliance Internationale des Juifs Messianiques (International Messianic Jewish Alliance www.imja.com) fondée à Londres en 1925, et présente actuellement en de nombreux pays dont Israël. Il existerait à l'heure actuelle environ 6000 juifs messianiques en Israël, où les incidents ne sont pas rares avec les orthodoxes.

d59f9910add09642891c39fb9bbec1f6.gifSon site précise: "L'AFJM est indépendante de toutes dénominations, mais veut réunir dans une alliance fraternelle le nombre croissant de juifs francophones qui croient en Yéchoua’ notre Messie, que ce soit en Israël ou dans la diaspora. Elle inclut aussi tous les non-juifs, frères dans la foi, qui aiment le peuple d’Israël, par qui Dieu a donné le Messie, le Sauveur du monde, Qui offre gratuitement le salut éternel à tous ceux qui le Lui demandent, juifs et non-juifs, et qui marchent dans Ses voies." Je n'ai pas bien compris si ces juifs messianiques étaient baptisés ou non.

Pour finir, j'ouvre une parenthèse pour rapporter un propos trouvé dans l'un des commentaires qui accompagnent l'article. J'aime bien les commentaires car ils expriment sans artifices de langage ni langue de bois superflue le ressenti de ceux qui les envoient. Au détour d'une phrase, j'ai ainsi trouvé une intéressante explication de l'"antisémitisme". Eternelles victimes, les juifs, comme voudrait le faire croire un certain discours "officiel"? Pas pour notre correspondant, qui écrit, à propos de ceux qui seraient tentés par l'assimilation pour tenter d'échapper à cette terrifiante menace: "...Ils oublient que les gens en veulent surtout à ceux qui sont plus riches et plus forts qu'eux, pas aux faibles, ce qui signifie que c'est parce que la Torah nous enrichit que le monde nous envie ou nous déteste comme Esaü était jaloux de Jacob au point de vouloir le tuer". Reconnaissez que ce n'est pas l'explication la plus communément proposée...

Source: http://www.guysen.com/articles.php?sid=6059