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28/05/2007

Le général Luo, alias Jacob Rosenfeld : un héros de la Chine communiste

b9cc91079cd4ecafb69eeb66ad5003a9.jpgDécidément, les programmes de télé sont une source remarquable de (dés)information. Avant-hier soir, la chaîne cryptée Histoire proposait L’étonnant destin du général Luo : L’incroyable parcours du chirurgien juif autrichien Jacob Rosenfeld, qui devint un héros de la Chine communiste, retracé grâce à son journal de bord.

Alléchant, n’est-ce pas ? Je n’ai pas tardé à trouver un autre résumé plus explicite et encore plus flatteur : Ce documentaire retrace le parcours hors du commun de l'Autrichien Jacob Rosenfeld, alias " général Luo ", héros de la Chine communiste, mort à Jérusalem en 1952. En 1939, ce chirurgien juif fuit l'Autriche et les persécutions nazies pour s'installer à Shanghai. C'est là qu'il s'engage, en 1941, aux côtés des révolutionnaires du Parti communiste chinois. Ses talents de chirurgien et d'organisateur le rendent bientôt indispensable à l'armée populaire et à Mao Tsé-Toung, dont il deviendra l'un des plus proches. En 1945, il est nommé général, responsable de la santé des armées et de toutes les zones libérées. Parmi les Occidentaux ayant combattu dans les armées de Mao, il est le seul à être monté aussi haut dans la nouvelle hiérarchie politique et militaire. Plus tard, il sera ainsi ministre de la Santé du premier gouvernement communiste.

A grand renfort d'images d'archives et de témoignages, ce destin extraordinaire est relaté en compagnie du professeur Kaminski, qui retrouva, en 2001, le journal de bord - vainement recherché jusqu'alors - du général Luo. Ce dernier y a scrupuleusement décrit les étapes de la Longue Marche, au terme de laquelle il pénétrait, en 1949, dans Pékin, entrant en même temps dans la légende...

Bon, on ne va pas pinailler pour quelques détails. Il ne s’est pas enfui en 1939 de Dachau, au moment de l’Anschluss, il a tout bêtement été libéré à condition de quitter le pays dans les deux semaines. Il s’embarque derechef pour Shangai qui ne réclamait pas de visas aux juifs (pour quelle raison ? on ne nous le dit pas), où il retrouve 25 000 coreligionnaires dont on peut supposer a priori qu’ils n’étaient pas hostiles au communisme.

Contacté par le Komintern, il ne tarde pas à faire la brillante carrière décrite plus haut. Je constate en tout cas que s’il est définitivement interdit d’être un « héros » de l’Allemagne nazie, on a toujours parfaitement le droit d’être un « héros » de la Chine communiste. Tant pis pour les dizaines de millions de morts laissés sur le bord de la longue marche par le Grand Timonnier. On n’y peut rien, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

6ba9dcb5d645c5cc12c7e272d6b426d8.jpgRaison de plus pour rappeler quelques faits laissés dans l’ombre sans doute par distraction: ces années de guerre civile et de guerre contre les Japonais, qui se termineront par l’avènement de la République populaire de Chine en 1949, sont marquées, déjà,  par des massacres et des horreurs sans nom.  Une période de terreur particulière va s’abattre notamment sur le pays en 1943 – purges, tueries, abjectes autocritiques, victimes enterrées vivantes par milliers, cannibalisme – sous la férule d’une bête féroce nommée Kang Sheng, formée par le NKVD soviétique.

Mao fut l’un des pires criminels de l’histoire, l’idéologue d’un communisme utopique et totalement déshumanisé. Si l’on ne peut pas être un héros de l’Allemagne nazie, alors, à plus forte raison ne peut-on pas être un « héros » de ce régime qui ne fut qu’une gigantesque machine à broyer des dizaines de millions d’êtres humains. Et je réclame pour tous la même opprobre ou le même acquittement.

D’ailleurs, voyez la différence de traitement encore et toujours recommencée. Je me demande même si les journalistes s’en rendent encore compte, tellement c’est caricatural. Je suis en train de lire 7 ans d’aventures au Tibet, d’Heinrich Harrer. Cherchant à en savoir plus sur l’auteur, sur quoi suis-je tombée ? Sur un petit article du Monde publié lors de son décès, l’an dernier en Autriche, à l’âge de 93 ans. Le voici : Ancien nazi, vainqueur de la face nord de l'Eiger, il était devenu le précepteur du dalaï-lama au Tibet. L'alpiniste autrichien Heinrich Harrer est mort samedi 7 janvier à l'âge de 93 ans à l'hôpital de Friesach, dans sa région natale de Carinthie. Il était le dernier survivant des quatre pionniers de la face nord de l'Eiger, dont l'ascension, en juillet 1938, reste une date marquante de l'histoire de l'alpinisme. En 1997, l'adaptation hollywoodienne de son best-seller, Sept ans d'aventures au Tibet, avait fait remonter à la surface un passé bien caché : l'engagement nazi de ses années de jeunesse. Heinrich Harrer est né le 6 juillet 1912 à Knappenberg en Carinthie.

Eclairant, non ? Et pourtant, c’était un sacré bonhomme. Qui devait valoir Jacob Rosenfeld.

27/05/2007

SCANDALE DANS LA FAMILLE : QUAND UN ANCIEN PRESIDENT DES USA MET LES PIEDS DANS LE PLAT

b710c8e05b0d854c461d03956151a20b.jpgPuisque nous évoquons un certain nombre d’ouvrages politiquement incorrects d’origine américaine, il serait dommage de passer sous silence celui de Jimmy Carter dont le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas passé inaperçu, en décembre dernier. Il a même déclenché fureur et polémique aux USA et en Israël. Sous le titre Palestine : Peace not apartheid (Palestine : la paix, pas l’apartheid) l’ancien président démocrate des Etats-Unis de 1977 à 1981, prix Nobel de la Paix 2002, n’a en effet pas mâché ses mots :

Le livre décrit l'abominable oppression et les persécutions dans les territoires palestiniens occupés, le rigide système de laissez-passer et la ségrégation stricte entre citoyens palestiniens et colons juifs en Cisjordanie (...) De bien des manières, c'est plus oppressant que quand les Noirs vivaient en Afrique du Sud au temps de l'apartheid, a-t-il déclaré.

Presque pour lui donner raison, au moment même où il défendait son livre, Israël interdisait à une mission officielle de l'ONU - menée par Desmond Tutu, évêque sud-africain récompensé en 1984 par le Prix Nobel de la Paix précisément pour sa lutte contre l'apartheid - d'enquêter sur le massacre commis par l'armée israélienne à Beit Hanoun (Palestine), où 19 civils palestiniens ont été tués en novembre 2006.


43253f5b589174cbdc7bfeb5b0971ac7.jpgPrincipal artisan des accords de Camp David qui scellèrent la paix entre Israël et l'Egypte en 1978, Jimmy Carter n’a jamais cessé depuis sa présidence de suivre l'évolution du processus de paix israélo-palestinien. Il en retrace toutes les étapes dans ce livre qui est également le fruit de ses trois missions d'observation des élections tenues en 1996, 2005 et 2006 dans les Territoires palestiniens.

 

Imputant l'impasse actuelle à l'ensemble des parties, il se montre cependant le plus critique à l'égard d'Israël, qu'il estime principal responsable de la durée de ce conflit né en 1948 avec l'installation de l'Etat juif sur les terres palestiniennes et qui a déjà coûté des dizaines de milliers de morts (en matière de décompte macabre, on estime à 20 le nombre de palestiniens morts pour 1 israélien). Pour Jimmy Carter, Israël, par son occupation coloniale et militaire des territoires palestiniens, sa confiscation avec l'accord tacite de l'administration Bush des régions les plus intéressantes stratégiquement et économiquement, son mur de béton construit le long de la frontière avec la Cisjordanie, ses restrictions mises à la liberté de circulation des Palestiniens, ses destructions massives de maisons, son blocus économique, ses assassinats ciblés relevant du terrorisme d'Etat, sans parler de l'arrogance de ses dirigeants coupables de crimes contre l'humanité restés impunis, se révèle au final le principal acteur responsable de la violence et du désastre géopolitique.


Comme on peut s’en douter, la publication de Palestine : la paix pas l'apartheid a suscité une levée de boucliers immédiate des très influentes organisations juives aux Etats-Unis. Et les grands médias néo-conservateurs du pays, farouchement pro-israéliens pour la plupart, n'ont pas manqué de dresser le procès en sorcellerie de l'ancien locataire de la Maison-Blanche qui se retrouve accusé d'indécence, de gâtisme et d'antisémitisme (façon Raymond Barre. Détail amusant : ils sont nés tous les deux en 1924, une bonne année). Une pétition a même été lancée par le Centre Simon Wiesenthal, l'un des principaux groupes mondiaux de défense des intérêts juifs, contre ce nouveau porte-parole virtuel de la cause palestinienne à qui il entend rappeler que la vraie raison pour laquelle il n'y a pas la paix au Proche-Orient est le terrorisme et le fanatisme perpétuel des Palestiniens. Ben, tiens !

En dépit de ces violentes attaques, Jimmy Carter estime que son objectif initial est atteint. Pour lui il était primordial de casser le tabou et de créer enfin un débat sur la politique d'Israël car, jusqu'à présent, une véritable chape de plomb étouffe la question aux Etats-Unis : Il y a dans ce pays une formidable intimidation qui réduit nos concitoyens au silence, a-t-il déclaré, ajoutant que ce silence était le fait non seulement d'individus ou de personnes candidates à des fonctions électives mais aussi des médias. Devant la puissance médiatique du lobby pro-israélien il estime qu'il est actuellement suicidaire pour les parlementaires américains de défendre une position équilibrée entre Israël et la Palestine, de suggérer qu'Israël doit se conformer aux résolutions internationales et de parler de justice et de droits de l'homme pour les Palestiniens.

J’ai été traité de menteur. J’ai été traité d’antisémite, j’ai été traité de bigot, j’ai été traité de plagiat, j’ai été traité de lâche. Si elles peuvent parfois m’affecter personnellement, ces accusations n’affectent en rien le caractère factuel et nécessaire de mon livre.

Un Américain décidément bien sympathique.

Source : www.republique-des-lettres.fr

26/05/2007

QUAND L'AMERIQUE ABANDONNAIT LES JUIFS...

d8f276cbee9f0beb8bbf1fd837083165.jpgJ’évoquais hier l’ouvrage de l’historien américain David S. Wyman L’abandon des juifs – les Américains et la solution finale. J’y reviens aujourd’hui, avec plus de détails, car il s’agit d’un ouvrage essentiel, dont la traduction française est parue il y a tout juste 20 ans.

Ce livre constitue quasiment un réquisitoire contre Roosevelt et la communauté juive américaine de l’époque, que l’on serait bien inspiré de lire ou de relire afin d’avoir là aussi une vision un peu moins manichéenne des événements de la seconde guerre mondiale. Les organisations juives américaines d’aujourd’hui, si promptes à stigmatiser, à dénoncer tous les « antisémites » réels ou imaginaires de la planète, en un mot à instrumentaliser pour le compte d’Israël une tragédie qui se déroula loin de leur sol, pourraient commencer par se pencher sur leur propre passé et leur responsabilité avérée dans le non sauvetage des juifs d’Europe. Car ce livre démontre clairement que, bien que riches et influentes, elles ne se mobilisèrent guère pour venir en aide à leurs frères, généralement modestes, persécutés de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans sa préface à cet ouvrage, Elie Wiesel ne peut que le constater également: "Les juifs furent bel et bien abandonnés. Livrés aux bourreaux, ils ne purent compter sur personne. Pas même sur leurs frères qui vivaient librement en Amérique. Constatation triste et révoltante: les grandes organisations juives, les grandes figures de la communauté juive n'avaient pas voulu ou n'avaient pas pu forger un front unique de sauvetage." Un peu plus loin, il s’interroge : "Comment expliquer la quasi indifférence d'un Franklin D. Roosevelt à l'agonie du judaïsme européen ? Comment justifier la politique anti-juive de certains hauts fonctionnaires du Département d'Etat ? Comment comprendre la passivité et le manque de perspicacité de la plupart des dirigeants juifs en Amérique?"

En réalité, bien que les nouvelles concernant les persécutions aient évidemment été connues à haut niveau en Amérique, un grand nombre de considérations interféraient et notamment, la perspective d’instaurer un Etat juif dès après la guerre, qui occupait prioritairement les organisations juives, massivement sionistes.

"La réaction de l'Amérique en face de l'Holocauste fut le résultat de l'action et de l'inaction d'un grand nombre de personnes. Au premier rang se trouvait Franklin D. Roosevelt, qui ne prit, pour aider les juifs d'Europe, que des mesures extrêmement limitées. S'il l'avait voulu, il aurait pu, en s'exprimant clairement sur ce sujet, faire naître dans le public un grand mouvement d'opinion favorable à un vital effort de sauvetage. A défaut d'autre chose, quelques déclarations présidentielles énergiques auraient fait sortir de l'obscurité les nouvelles de l'extermination et les auraient mises au premier plan de l'actualité. Mais il ne parlait que très peu de ce problème et ne fit pas du tout du sauvetage l'une de ses priorités."

Cinq millions de juifs, souvent fort riches et influents, vivaient aux Etats-Unis à l’époque. "Felix Frankfurter, juge à la Cour suprême, eut régulièrement accès à Roosevelt durant toute la guerre et exerça une influence discrète mais efficace dans plusieurs secteurs de l'activité gouvernementale. Il usa de ces contacts pour appuyer un grand nombre d'orientations et de projets politiques, mais le sauvetage ne fut pas l'un d'entre eux."

"Des sept juifs siégeant au Congrès, seul Emmanuel Celler exhorta constamment le gouvernement à entreprendre des actions de sauvetage. De temps en temps, Samuel Dickstein participa au combat. Quatre d'entre eux ne soulevèrent que très rarement la question. Quant à Sol Bloom, il se rangea toujours aux côtés du Département d'Etat (…) Dans l'ensemble, les intellectuels juifs se montrèrent aussi insensibles que les non juifs. Pour prendre un exemple parmi beaucoup d'autres, Walter Lippmann, un éditorialiste extrêmement influent qui traita de pratiquement toutes les grandes questions de l'heure, n'écrivit jamais rien à propos de l'Holocauste."

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25/05/2007

UNE (PETITE) BRECHE DANS LE MANICHEISME AMBIANT

Mon attention a été attirée hier soir par le programme proposé par la chaîne cryptée Planète. Etonnant ! A la place du sempiternel couplet sur les inusables Hitler, nazis, collabos, vichystes, habituellement uniques incarnations du mal absolu proposées à la détestation des foules, j’ai pu lire La face cachée des libérateurs, assorti du commentaire: L’image du GI délivrant l’Europe du nazisme est égratignée par l’ouverture des archives et la révélation de crimes. Analyse du criminologue Robert J. Lilly.

eb33fb9f3c8a317028d7489cbfa9f4b3.jpgRobert Lilly est professeur de sociologie et de criminologie à la Northern Kentucky University. Utilisant des archives officielles fort peu exploitées jusqu’à présent, il a écrit un livre intitulé La face cachée des GI’s, sous-titré Les viols commis par les militaires américains au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Il a ainsi démontré que les braves libérateurs s’étaient déchaîné tout particulièrement en Allemagne, pays vaincu, où ils étaient à peu près sûrs de l’impunité, et où certains se sont quasiment déshumanisés.

La traduction française de cet ouvrage est parue chez nous en 2003 et n’a guère eu droit aux honneurs de la presse. Mais elle a au moins le mérite d’exister, tandis que dans le pays de son auteur, les Etats-Unis, l’édition originale n’a toujours pas vu le jour! « Le 11 septembre 2001 puis l’engagement militaire américain rendent difficile (…) une telle publication aux Etats-Unis », voilà le type de commentaire embarrassé que l’on peut entendre à propos de ce livre politiquement incorrect. Ah, s’il avait écrit sur d’autres types d’exactions … En tout cas, pour un pays habituellement présenté comme un champion de la liberté d’expression, une telle censure – car c’est bien de cela qu’il s’agit - est plutôt inquiétante.

En seconde partie de soirée – décidément les Américains n’étaient pas à la noce – les téléspectateurs avaient droit à Pacte avec le diable : Les services secrets américains auraient entretenu des rapports avec les nazis : les Américains ont-ils laissé faire l’inimaginable sans réagir ?

Soit dit en passant, bien d’autres « inimaginables » se sont produits, du côté communiste notamment, se produisent en ce moment même et se produiront encore, hélas. Cessons une bonne fois pour toutes de considérer qu’il existe des inimaginables plus inimaginables que d’autres. Et ne perdons pas une occasion de le rappeler.

943c3ce88688ca8e275561eea11c1785.jpgCette fois, il était question du livre du journaliste d’investigation Fabrizio Calvi paru en 2005 sous le titre Pacte avec le diableLes Etats-Unis, la shoah et les nazis.

Il ressort de cet ouvrage que les Américains, et les Anglais aussi d’ailleurs, connaissaient bien des choses à propos de la situation des juifs en Europe, mais s’étaient soigneusement abstenus d’intervenir, pour des raisons diverses. Après le conflit, ils n’avaient pas craint de recycler un certain nombre de responsables nazis qui pouvaient leur être de quelque utilité. Ce que faisaient de leur côté les soviétiques, nullement en reste en matière de cynisme.

Les travaux de Calvi se basent sur des archives inédites déclassifiées en 1998. Tout n’a cependant pas été rendu public à cette occasion. La commission chargée de faire le tri, composée de hauts-fonctionnaires des services secrets américains, a soigneusement délimité le périmètre accessible. On peut imaginer d’autres découvertes pour les historiens futurs.

Ce livre n’était d’ailleurs pas le premier du genre. En 1987, l’historien américain David S. Wyman avait publié L’abandon des juifs – les Américains et la solution finale. Là aussi, de nouvelles archives venaient d’être ouvertes. Le Droit de Vivre, journal de la LICRA, avait alors commenté en ces termes les travaux de David Wyman : « Par antisémitisme, les Américains ont longtemps refusé de laisser entrer librement les juifs ; par esprit bureaucratique, ils ont sciemment saboté des plans de sauvetage sous prétexte qu’Hitler aurait pu les gêner en leur livrant non pas quelques-uns, mais tous les juifs. Une des grandes questions, sinon la principale, qui apparaît en effet est celle-ci : « Si Hitler nous les donne, qu’en fait-on ? N’importe où, mais pas chez nous ». Ni les Américains, ni les Anglais ne veulent des juifs chez eux et la seule solution envisageable, la Palestine, est exclue ».

De livre en livre et d’archives en archives – mais le chemin à parcourir est encore long – peut-être finira-t-on par arriver à une vision moins outrageusement manichéenne d’un conflit qui a coûté très cher à l’Europe. Et dont nous continuons à payer la facture, particulièrement salée.

24/05/2007

TOUT CELA N’EST PAS GAI

Je vous recommande un site satirique fort bien informé, qui n’est pas de mon bord, mais qu’importe : www.bakchich.info

J’y ai trouvé les deux commentaires suivants concernant la formation du nouveau gouvernement. Ils sont excellents et méritent d’être diffusés. Les voici :

64454f655b9fd3463db867b2ef92f419.jpg"Pour ces soi disants hommes politiques, qu’importe le goût de la soupe, pourvu qu’il y en ait. Alors Juppé "meilleur d’entre les meilleurs" (bien entendu à l’échelle des valeurs inversées) n’a pas plus de dignité que Kouchner, judas de son camp. En période de guerre, celui qui déserte son camp est passible d’être passé par les armes. En période de paix, il risque une lourde de peine de prison. Allez,  je plaisante, on va quand même pas se passer de ces deux soupards, derniers arrivés premiers servis à l’aune de la perfidie. Français, votre avenir est entre ces mains-là, tremblez et ne vous en prenez qu’à vous-mêmes, quand sonnera le glas des fausses espérances et des désillusions teintées d’amertume. Il sera trop tard pour pleurer sur le lait répandu. Vous aurez fait le lit d’opportunistes notoires et de politicards véreux. ALEA JACTA." 

"c’est parfait. rien à ajouter

si quand même. j’ai lu très récemment un article d’un journaliste allemand qui écrivait qu’Angela Merkel serait contrainte à la démission si elle acceptait ne serait-ce qu’une invitation pour un déjeuner à 40 euros de la part d’un chef d’entreprise !

j’aimerais tant que l’on m’explique pourquoi des millions de Français aux moyens très modestes acceptent que les élus bafouent les lois, dilapident l’argent de l’Etat,c’est-à-dire celui du citoyen, mentent, échappent à toutes les poursuites judiciaires, peuvent être réélus alors qu’ils ont un casier judiciaire, cumulent les mandats et les indemnités, cumulent les retraites.....

dans le même temps un manifestant, avec un casier vierge, est condamné à 6 mois ferme pour avoir été pris avec un projectile à la main et le travailleur pauvre doit vivre avec 760 euros par mois ! "

Eh oui, tout cela n’est pas gai et incite à se poser bien des questions. Le combat politique que nous menons est un désert d’une aridité sans fin, rendu plus difficile encore par les réactions de nos compatriotes. Peut-on leur en vouloir ? Même pas. Face à ce système corrompu, mais puissant, le seul parti hors système, le Front national, a malheureusement échoué à présenter une alternative crédible. C’est sa grande faute. Il avait des éléments de valeur qui pouvaient remplir ce rôle, tous ont fui. De ce point de vue là, par son comportement irrationnel et négatif, le FN, bien que n’ayant jamais été aux affaires, a lui aussi une part de responsabilité dans l’état de notre pays.

Pour finir sur une note plus amusante, vous allez voir que ça n’aura pas traîné… :

Chirac lâché… par le meilleur d’entre eux

Alain Juppé qui n’a sans doute jamais digéré son exil canadien, a pris ses « distances » vis-à-vis de l’ancien président de la République. Interrogé, le 20 mai, sur RTL, Monsieur environnement a déclaré froidement : « Il a un statut quand il est président de la République, quand il n’est plus président de la République il est un citoyen comme les autres. Je pense que c’est l’application des textes, de la loi. » Le ministre pavoise et oublie que quelques jours avant, c’était lui qui était inquiété.

Source : www.bakchich.info

Photo: www.novopress.info

23/05/2007

UNE EVOLUTION DECIDEMENT BIEN INQUIETANTE

J’aimerais revenir sur un aspect de l’élection de Nicolas Sarkozy sur lequel on ne s’est guère appesanti mais que je trouve pourtant très révélateur d’une évolution qui, une fois de plus, nous échappe et se passe largement au-dessus de nos têtes.

Il fut un temps pas si lointain où « être élu avec les voix du Front national » constituait l’horreur suprême. Les monstrueuses « voix du Front national » devaient être rejetées dans les ténèbres extérieures. La gauche était aux premières loges, assistée de toutes les assoces antiracistes, pour courir sus à la bête et dénoncer haut et fort ceux qui auraient accepté ces voix maudites.

Cette fois-ci, rien de tel. Silence radio. Il me semble pourtant que Sarkozy a bel et bien été élu « avec les voix du Front national ». D’où vient que l’on n’entende pas cette fois le chœur des pleureuses – même à gauche – et que l’on s’extasie au contraire sur la forte légitimité républicaine du nouvel élu ? Pourquoi ce traitement exceptionnel, ou cette amnésie? Que s’est-il passé entretemps ?

Eh bien, il s’est tout simplement passé que les responsables d’une certaine communauté très en pointe dans notre pays, ont viré leur cuti, déserté la gauche et sont passés avec armes et bagages dans le camp de la « droite ». Je vous rassure tout de suite, il s’agit de  la droite du système. Ils n’ont donc pas eu à aller bien loin. Ils l’ont fait car leur intérêt leur dictait de le faire. Après avoir fait entrer à tour de bras les immigrés dans notre pays, voilà que ces ingrats se retournaient contre leurs bienfaiteurs et allaient même jusqu’à se livrer à des actes antisémites qui n’étaient pas prévus au programme. Il fallait sévir, et pour ça, la « droite » avait l’air plus crédible. Pas n’importe quelle droite, naturellement. Une « droite » très contrôlée et très favorable, ayant à sa tête un homme proche. Tout fut donc mis en œuvre pour concourir à la réussite de l’OPA de Sarkozy sur la « droite », avec le succès que l’on sait,  et le Front national, qui n’y vit que du feu, eut droit à l’embrassade qui tue.

7f5b149f8027dfc60265374a649d3f8c.jpgLe livre La France LICRAtisée démontre très clairement que la LICRA, puissante association antiraciste, a eu une influence majeure sur la vie politique française de ces dernières décennies. Elle est restée à gauche – ses dirigeants ont toujours été communistes ou socialistes – jusqu’à l’arrivée à sa présidence de Patrick Gaubert, en 1999. A ce moment-là, l’évolution de la situation commandait de changer son fusil d’épaule. Ce qui fut fait. Patrick Gaubert est donc député européen UMP.

De son côté, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), n’est pas resté inactif. Son soutien à Sarkozy a été marqué et il a été parmi les tous premiers à le féliciter. Comme la LICRA, le CRIF, qui ne représente pas tous les juifs de France, mais un certain nombre d’associations et organisations – 64 pour être précis – ne cache pas son soutien sans faille à l’Etat d’Israël. Ce qui est son droit. Je me demande simplement s’il est normal qu’une organisation partisane bénéficie d’une tribune publique et officielle, comme celle qui lui fut offerte le 23 janvier 2007 par une chaîne censée remplir une mission de service public, à savoir Public Sénat ?

690371ab2671565da048cf4e2af2257c.jpgPour la première fois en effet cette année, le dîner annuel du CRIF, auquel se pressaient 800 personnalités du monde politique – oui, j’ai bien dit 800 – fut tranquillement retransmis en direct et en intégralité sur cette chaîne financée par le contribuable. Le PDG de la chaîne, un certain Jean-Pierre Elkabbach, annonça d’ailleurs benoîtement : « En cette année présidentielle, la retransmission inédite de la première soirée du CRIF 2007 sur la chaîne d’information politique Public Sénat marque une nouvelle étape dans l’expression de la démocratie directe ». Plus c’est gros, mieux ça passe.

De toute façon, ce n’est là qu’un début. L’expression de la démocratie directe, le CRIF a bien l’intention de la pratiquer intensivement. Le Canard enchaîné de cette semaine révèle qu’il est intervenu directement auprès de Sarkozy pour exiger que Hubert Védrine, dont le nom avait été avancé, ne soit pas nommé ministre des affaires étrangères. Vous avez pu constater que le message est passé 5 sur 5. Voici l’article du Canard :

“L’ennemi d’Israël”: “Dès que les dirigeants du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont appris ce projet du nouveau chef de l’Etat, Roger Cukierman, président sortant du Crif, a appelé au téléphone Claude Guéant pour une violente mise en garde. “On a eu une réunion au Crif, aujourd’hui, et la rumeur d’une nomination de Védrine aux affaires étrangères a circulé. Cela a provoqué la panique parce que, pour nous, Védrine est pire que les anti-israéliens habituels du Quai d’Orsay.” Un peu plus tard, Cukierman a joint directement Sarkozy et lui a dit que la communauté juive prendrait la nomination de Védrine comme un “casus belli”. ll faut le comprendre : Cukierman et ses amis avaient fait campagne pour Sarko en expliquant que la victoire de Ségolène provoquerait le retour deVédrine au Quai !”

22/05/2007

COMMENT FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX : VIEILLE RECETTE FRANCAISE

On a vu hier, de manière quasi caricaturale, à quel point le système entend se perpétuer en modifiant le moins de choses possible. Il ne se donne même pas la peine de changer de têtes, à quoi bon ? Bon nombre de reconduits, qui figuraient dans les gouvernements précédents, n’y ont laissé strictement aucun souvenir. Il est donc facile de les faire passer pour neufs.

J’en discutais hier avec mon mari, qui me rétorquait que oui, bon, d’accord, mais enfin, ces gens n’étaient quand même pas n’importe qui. Pour devenir ministre, il fallait, c’est évident, des compétences qui n’étaient pas à la portée de tout un chacun.

Il ne faisait là que reprendre à son compte ce qui est profondément inscrit dans le crâne de la plupart de nos compatriotes, et qui permet au système de perdurer. Ils voient pourtant que le pays va de plus en plus mal, ils constatent que ce sont les mêmes qui sont aux commandes et se repassent les plats depuis trente ans, sous leur nez. Eh bien, malgré tout, ils continuent à éprouver une espèce de révérence devant cette caste d'intouchables apparemment destinée à régner de toute éternité. Sans même avoir une obligation de résultat.

0a7184d267cd033bc072e0d0a8fa538e.jpgBref, cela m’a donné l’idée d’aller voir d’un peu plus près si les diplômes et professions exercées dans le civil par ces messieurs-dames (lorsque professions il y a) justifiaient pareille prétention d’un côté et pareille révérence de l’autre. Je vous livre le résultat de mes recherches. Loin de moi l’idée de croire que les  diplômes sont forcément liés à l’intelligence et à la compétence. Nous savons tous que c’est loin d’être le cas. De toute manière, pour réussir en politique à l'heure actuelle, il faut satisfaire à d'autres critères et faire preuve d'autres aptitudes qui ne sont pas, c'est vrai, données à tout le monde.

 

Ce qui suit est juste un petit exercice qui nous permettra de mieux situer les personnages à qui nous aurons affaire dans les années (ou mois) qui viennent. Certains se sont montrés très lapidaires dans leur CV, où il n'est question que d'"études" et non de diplômes. Leur modestie est tout à leur honneur.

-         François Fillon : DEA en droit public et DEA en sciences politiques

-         Alain Juppé : agrégation de lettres classiques  - ENA

-         Michèle Alliot-Marie : docteur en droit et en sciences politiques – CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat)  –  maîtrise d’ethnologie

-         Bernard Kouchner, médecin

-         Xavier Darcos, professeur agrégé de lettres classiques

-         Dominique Bussereau, conseil en entreprises

-         Christine Lagarde :  DESS de droit social  –  maîtrise d’anglais

-         Roselyne Bachelot-Narquin, pharmacienne

-         Xavier Bertrand : diplômé en droit, agent d’assurances

-         Brice Hortefeux : maîtrise en droit public

-         Jean-Louis Borloo : licences en droit, philosophie, histoire et sciences économiques

-         Eric Woerth : ancien élève de HEC Paris et de l’Institut d’études politiques de Paris

-         Hervé Morin : administrateur à l’Assemblée nationale

-         Eric Besson : études à l’Ecole supérieure de commerce de Montpellier puis Institut d’études politiques de Paris

-         Christine Boutin, journaliste

-         Jean-Pierre Jouyet : diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris  –  ENA

-         Roger Karoutchi, inspecteur général de l’éducation nationale

-         Martin Hirsch : DEA de neurobiologie  –  ENA

-         Valérie Pécresse : diplômée HEC  –  ENA

-         Christine Albanel : professeur agrégée de lettres

-         Rachida Dati : maîtrises en sciences économiques et en droit public. A déclaré à son arrivée place Vendôme : Je suis le symbole de la France. Elle a raison, son parcours, particulièrement atypique et fort instructif, en témoigne.

J'allais oublier le premier d'entre eux. Nicolas Sarkozy: diplôme de droit public et de sciences politiques  - maîtrise de droit privé  -  CAPA

21/05/2007

DROLE DE BIG-BANG GOUVERNEMENTAL!

7cfd0d40f353a6e0423bbdaedf0e0f28.jpgSans rire, c’est ainsi que j’ai entendu qualifier le nouveau gouvernement ! Il va falloir que je vérifie dans le dictionnaire, car la définition du big-bang a dû changer depuis peu. Ou alors,  j’ai raté un épisode du feuilleton.

Ceci dit, les excellences qui nous gouvernent auraient tort de se gêner car les Français, qui ont décidément la mémoire encore plus courte que les idées, n’y voient que du feu et trouvent ça très bien. Il est vrai que lorsqu’un peuple ne vit plus que dans la satisfaction immédiate de besoins strictement consuméristes, tout ce qui s’est passé avant 2005 est déjà de l’histoire ancienne.

Donc, en route pour le changement et la « rupture » promis. Attachez vos ceintures, vous allez être servis :

-     François Fillon, ex ministre du travail, ex ministre de l’éducation nationale

-         Alain Juppé, longue carrière qu’il est inutile de rappeler, ex condamné, mais pas pendant longtemps

-         Michèle Alliot-Marie, ex ministre de la défense (entre autres)

-         Bernard Kouchner, on s’est déjà intéressés à lui, on n’y reviendra pas pour le moment

-         Xavier Darcos, ex ministre délégué à l’éducation nationale

-         Dominique Bussereau, ex secrétaire d’état au budget

-         Roselyne Bachelot-Narquin, ex ministre de l’environnement (entre autres)

-         Christine Lagarde, ex ministre déléguée au commerce extérieur (très sensible aux intérêts des multinationales, on n’a pas fini de bouffer des OGM)

-         Xavier Bertrand, ex ministre de la santé

-         Brice Hortefeux, ex ministre de Villepin

-         Jean-Louis Borloo, idem

-         Eric Woerth, ex secrétaire d’état sous Raffarin (autant dire dans une autre vie)

Edifiant, non ? Bonjour la rupture. Mais ce n’est pas fini, car les autres sortent exactement du même moule si je puis dire :

-         Hervé Morin, député UDF depuis 1998

-         Eric Besson, député socialiste depuis 1997

-         Christine Boutin, députée depuis des lustres (c’est elle qui brandissait sa bible dans l’hémicycle pendant les débats sur le PACS)

-         Jean-Pierre Jouyet, a fait toute sa carrière dans les cabinets de gauche

-         Roger Karoutchi, ancien député européen, sénateur

-         Martin Hirsch, ancien directeur de cabinet de Bernard Kouchner

-         Valérie Pécresse, députée et fille de Dominique Roux, président de Bolloré Télécom (le monde est petit, on n’y peut rien)

-         Christine Albanel, proche de Chirac et belle-sœur de Villepin (même réflexion que ci-dessus)

Reste Rachida Dati, qui a eu la chance extraordinaire – un vrai conte de fées – de bénéficier pendant toute sa courte mais brillante carrière, de la protection d’un ange tutélaire : Simone Veil soi-même. Allons, ne me dites pas que cela vous étonne, je ne vous croirais pas…

Alors bon, quand je considère cette liste, je me dis vraiment que ces gens-là prennent les Français pour des cons. Et le pire, c’est qu’ils ont raison. Puisque ça marche. Pour l’instant encore. La question à mille francs à présent, c’est de savoir comment tout cela va finir.