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16/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (15)

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

ABRAM ARONOVICH SLUTSKY

febdba84d908dafab82a5a759e3cc95b.jpgCe (futur) chef des services secrets naît en 1898 dans une famille juive d’Ukraine. Il rejoint les bolcheviques dès 1917, à l’âge de dix-neuf ans. Durant la guerre civile, il combat dans l’Armée Rouge puis il intègre la Guépéou, où, nous dit Wikipédia, il grimpe rapidement les échelons en raison de son affable personality. Vu la suite des événements, je reste quand même sceptique quant à cette « aimable personnalité ».

En fait, il débute à la GPU dans l’espionnage industriel. Il sera notamment décoré pour avoir réussi à voler aux Suédois un procédé de fabrication de roulements à bille. Après ces amusettes, les choses sérieuses vont commencer. Dans un premier temps, à partir de 1929,  il deviendra  l’adjoint d’Artur Artuzov qui dirige à ce moment-là  l’INO (voir article d’hier).

Puis il le remplace à la tête des services secrets en mai 1935. Il va enfin pouvoir donner la pleine mesure de sa personnalité affable.

Sa tâche principale va être de traquer et d’éliminer – poliment – tous les opposants, ou présumés tels, de Staline. Essentiellement des émigrés russes blancs et les trotskystes. Parmi les principales opérations à son actif, on peut citer : - le kidnapping du général blanc Evgenii Miller, à Paris en 1937. Le général sera exécuté à Moscou en mai 1938. - l’assassinat d’Ignace Reiss en Suisse, également en 1937. Reiss était un ex-agent du NKVD décidé à rompre avec Moscou - la liquidation de bon nombre d’opposants en Espagne durant la guerre civile.

En 1936, il aura la charge d’extorquer les fausses confessions destinées à charger les accusés du 1er procès de Moscou (Zinoviev, Kamenev et cie). Loquace de nature, il racontera à ses subordonnés, Leiba Lazarevich Felbing, dit Alexander Orlov, et Samuel Ginsberg, dit Walter Krivitsky, qui le relatent dans leurs Mémoires – des veinards qui ont apparemment eu le temps de les écrire – ses méthodes pour briser ces vieux bolcheviques.

Son chef direct était le patron du NKVD, Iagoda. Or, comme on l’a vu, Iagoda tombe en 1937 et se voit remplacé par « le nain sanguinaire », Nikolai Yezhov. Ce dernier va immédiatement se livrer à une chasse aux sorcières à l’intérieur de ses services pour éliminer tous les proches de son prédécesseur. Dans un premier temps, Slutsky sera cependant épargné afin d’éviter la défection d’agents à l’étranger.

Mais ce répit est de courte durée. Il mourra le 17 février 1938. Comment ? Rien n’est simple avec les agents secrets. On a donc le choix entre deux versions :

-         Il est mort empoisonné à l’acide cyanhydrique dans le bureau de Mikhail Frinovsky – l’un des chefs du NKVD -  à la Loubianka après avoir dégusté du thé et des gâteaux (il n’était pourtant pas invité par Agatha Christie)

-         Il a été assassiné par injection de poison dans le bras toujours dans les mêmes locaux, toujours par Frinovsky ou ses sbires,  et toujours sur ordre de Yezhov.

Quelle que soit la version choisie, le résultat sera  de toute façon le même et aucun des témoins de ce regrettable incident ne survivra longtemps, ni n’aura le temps d’écrire ses Mémoires. Tous disparurent durant les grandes purges, y compris Frinovsky. Et Yezhov aussi, d’ailleurs.

15/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (14)

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

Nous entrons là dans un domaine où les informations se font plus rares : pratiquement rien en français, encore un peu en anglais, pas mal en russe ou en polonais. Mais là, je dois déclarer forfait. Nous ferons donc avec ce que nous avons.

Comme toute police secrète qui se respecte, la tchéka ne tarde pas à se doter de services d’espionnage et de contre-espionnage, activités tant internes qu’externes au pays, qui ne connaîtront pas de morte-saison avec les bolcheviques. Elle installe donc en son sein, dès décembre 1920, un département chargé de ces questions, nommé Inostrannyj Otdiel, ou INO.

Le premier chef de l’INO sera Yakov Davydov, né en 1888 dans la région de Nakhichevan, près de l’Iran. Il restera peu de temps à son poste, puisqu’il le quitte en 1921 pour se livrer à des activités de « diplomate ». Sa carrière s’achèvera en 1937, lors des grandes purge. Il sera fusillé en 1938.

1959b214df1ca272a19c9b172b56e97a.jpgLe second chef de l’INO s’appelle Solomon Mogilevsky. Il est né en 1885 en Ukraine, dans la ville de Pavlohrad où existait une importante communauté juive. Il rejoint le Parti dès 1903 et participe à diverses activités révolutionnaires qui le contraignent à quitter le pays. Il rejoint la Suisse où il rencontre Lénine. De retour en Russie, il participe à la révolution d’octobre, puis à la guerre civile durant laquelle il occupe diverses fonctions à la Guépéou.

Il dirigera l’INO de 1921 à mai 1922. Il est ensuite envoyé au Caucase comme chef de la Guépéou locale où il sera notamment responsable des services de renseignements vers la Turquie et l’Iran. Il s’illustrera particulièrement en Géorgie lors de l’insurrection d’août 1924. Les Géorgiens vont tenter de s’opposer au pouvoir des soviets, mais seront impitoyablement écrasés. En récompense des services qu’il rendra à cette occasion, Mogilevsky est décoré de l’Ordre du Drapeau rouge. Mais il meurt l’année suivante, en 1925, dans un accident d’avion resté très mystérieux. Le pilote, un jeune Géorgien, s’est-il délibérément sacrifié pour venger ses compatriotes ? C’est en tout cas l’hypothèse qui a été émise.

a95dca3c93b3548959ea084188e62ecf.jpgNous en arrivons au 3e chef de l’INO : Meïer Abramovitch Trilisser-Moskvin. Il est né en 1883 à Astrakan, dans le sud de la Russie, près de la mer Caspienne, et fera toute sa carrière d’abord à la tchéka, puis à la Guépéou, ensuite au NKVD. Diverses appellations pour désigner en fait le même type d’activités et de (très) basses œuvres.

Il devient membre du Parti dès 1901 et se voit chargé de l’organisation militaire clandestine. Il est ensuite secrétaire du soviet d’Irkoutsk. Après la révolution d’octobre, il fera la guerre civile en Sibérie.

Trilisser sera le chef des services d’espionnage bolcheviques de mai 1922 à octobre 1929. Entre-temps, en 1926, il devient vice-président de la Guépéou. Lui aussi sera décoré de l’ordre du Drapeau rouge pour services rendus. Il est en effet très actif, voyage beaucoup à Berlin et à Paris principalement et développera considérablement ses services. Il quitte l’INO fin 1929 pour intégrer le Komintern. Le livre noir du communisme nous apprend que : « En 1935, Meïr Trilisser, l’un des plus hauts responsables du NKVD, fut nommé secrétaire du Comité exécutif du Komintern chargé du contrôle des cadres. Sous le pseudonyme de Mikhaïl Moskvine, il recueillait les informations et les dénonciations, décidait aussi des disgrâces, première étape vers une liquidation prochaine. Ces services de cadres furent parallèlement chargés d’établir des « listes noires » des ennemis du communisme et de l’URSS ».

Mais son zèle ne le sauvera pas. Lui aussi sera rattrapé par la folle machine répressive qui s’est emballée et réclame son tribut: il est arrêté en novembre 1938 et meurt fusillé le 1er février 1940.

Il avait donc quitté la tête de l’INO fin 1929 où il avait été remplacé par Artur Artuzov, qui y restera jusqu’en 1936. A ce moment-là arrive Abram Aronovich Slutsky, qui remplira à son tour cette fonction jusqu’en 1938. Cette année-là, c’est la valse à la tête de l’INO. Son successeur, Zelman  Isaevich Passov ne restera que quelques mois à son poste. Puis ce sera au tour de Sergey Spigelglas.

Nous nous pencherons sur les intéressantes carrières de Slutsky et de Spiegelglas demain.

14/11/2007

NOUS SOMMES TRES FIERS: NICOLAS SARKOZY A RECU LE PRIX DE LA LUMIERE PARMI LES NATIONS !

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Reconnaissez quand même que c’est formidable et qu’il ne sera pas allé outre-Atlantique pour des prunes. Cette prestigieuse distinction lui a été conférée par l’American Jewish Committee (AJC), dont le président a déclaré : « Avant tout, nous honorons la conviction, la conscience et le courage du président Sarkozy, autant de qualités qui font cruellement défaut dans un monde désespérément en manque de ces trois vertus ». Et le vice-président a surenchéri en saluant « (sa) vigueur sans équivalent et (son) sens des principes hors du commun », tout en évoquant les défis et les dangers communs auxquelles sont confrontées ces « démocraties sœurs» que sont les Etats-Unis, la France et Israël.

La médaille de l’AJC, qui a la forme d’une flamme symbolisant la lumière inextinguible de la liberté,  s’orne de l’inscription suivante : « En admiration pour votre promotion infatigable des valeurs démocratiques, des droits de l’Homme et de la paix, et en appréciation pour votre amitié dévouée pour les Etats-Unis, pour Israël et pour le peuple juif. »

Sarkozy n’a pas manqué de répondre ce qui était attendu : « L’antisémitisme doit être combattu tête baissée. (…)  Dès l’instant où vous essayez d’expliquer l’antisémitisme, vous êtes en train de le justifier… » Il a ajouté que l’antisémitisme était une réalité qui devait être reconnue pour telle, et non pas déniée. « Nous ne saurions combattre efficacement quelque chose que nous dénierions ». Etc, etc,etc.

Il était bien entouré pendant sa petite virée aux States puisqu’il emmenait dans ses bagages le président du CRIF, Richard Prasquier et la représentante de l’AJC à Paris, Valérie Hoffenberg. Sans compter une pléthore d’excellences hexagonales, dont Bernard Kouchner.

En tout cas, Israël peut être tranquille : Sarkozy est animé des sentiments les plus chaleureux à son égard. Ce dont l’Etat hébreu ne doutait d’ailleurs pas, ayant déjà émis un timbre à son effigie durant la campagne des présidentielles. Sans compter l’attribution du Prix humanitaire du Centre Simon Wiesenthal, en 2003.

Pour ne pas faire de jaloux, et risquer de peiner le CRIF, Sarkozy a également accepté d’être l’invité d’honneur de son prochain dîner de gala, en février prochain. Une première dans les annales de la République.

En tout cas, moi, je comprends que Sarkozy aime aller aux Etats-Unis. Les gens y sont quand même nettement plus sympas, vous ne trouvez pas ? Pas comme ces Français toujours râleurs, qui ont même le toupet de juger « mauvaise » sa politique économique ! Comme s’il avait été élu pour ces minables problèmes d’intendance ! C’est vraiment n’importe quoi. Il paraît même, d’après un tout récent sondage, que « les seules catégories à soutenir désormais la politique du gouvernement sont les cadres supérieurs (58% contre 40%) et les Français les plus riches (59% contre 36%) ». Les gens n’ont vraiment aucun sens des priorités …

Moi, je sens qu’il risque d’aller souvent aux Etats-Unis ces prochains temps …

Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire à propos de l’American Jewish Committee – c’est notamment lui qui a ouvert le Transatlantic Institute à Bruxelles -  je vous suggère de relire l’article qui lui était consacré dans la série des lobbys pro-israéliens (n° 6, 25/07/07)

09:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : licra, crif, sarkozy, ajc, israel

13/11/2007

SANS NOM MAIS NON SANS DESSEIN

84223cb6f32025103b9826b10610eb44.jpgUn livre écrit par Philippe Claudel, maître de conférences à l’Université de Nancy, a obtenu hier le Prix Goncourt des Lycéens, créé par la FNAC en collaboration avec le Ministère de l’Education nationale.

Il s’appelle Le rapport de Brodeck. En voici les grandes lignes.

C’est un village sans nom. Dans ce village sans nom, il y avait un homme sans nom, lui aussi. Il est mort, victime d’un meurtre collectif. C’est horrible. Celui qui n’a pas participé à l’assassinat collectif est chargé d’établir un rapport sur cette terrible affaire. Un rapport destiné à dédouaner les coupables.

On se demande évidemment où cette scène horrifiante a bien pu se dérouler. Quelque part en Ukraine, dans les années 30 ? Ou en Pologne ? Ou en Biélorussie ? Ou au Caucase ? Vous n’y êtes pas. Mais alors, pas du tout. Réfléchissez avant de dire, ou de penser, n’importe quoi.

Cela ne PEUT s’être passé que dans un CERTAIN pays. Et d’ailleurs, nous allons peu à peu deviner lequel: un pays montagneux, où l’on parle un langage germanique. Genre Bavière, ou Autriche, ou Allemagne. Enfin, dans ces coins-là, forcément. On y voit déjà un peu plus clair, non ? Il est question aussi de camps de concentration dans les parages. Surtout ne me répondez pas que ... dans le paradis bolchevique aussi …. C’est totalement HORS SUJET et votre insistance à ce propos paraît décidément de plus en plus louche.  

Ce « rapporteur » si je puis dire, qui se nomme Brodeck, va en dire un peu plus sur lui au fil des pages. Il a dû fuir les pogroms d’un pays non nommé et a réchappé d’un camp d’extermination. L’horreur ne cesse de grandir, les atrocités « quasi-fantasmatiques » se succèdent. Ainsi, on verra même «la femme du dirigeant du camp assistant à la pendaison des détenus, son bébé dans les bras ».

[Là, puisque nous en sommes au chapitre des horreurs, j’ouvre une parenthèse pour vous suggérer d’aller voir ce que raconte Wikipédia sous cheka  - en anglais, j’insiste -  parce que sous tchéka  avec un t en français, vous ne trouverez rien. Cliquez ensuite sur cheka atrocities, et là vous constaterez que la scène de la pendaison était juste un petit jeu de patronage. Et là-bas, hélas, ce n’était pas du roman].

Voilà en tout cas ce qui est proposé aux lycéens : toujours la même version hémiplégique de l’histoire, toujours les mêmes méchants, toujours les mêmes gentils. Ils finiront par faire une overdose.

12/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (13)

Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

YENOCH GERSHONOVITCH IEGUDA, dit GENRIKH IAGODA

74593c6557b75f05861647be7bcc87ef.jpgVoilà un personnage particulièrement sympathique, qui mériterait que l’on se penche avec beaucoup d’attention et de précision sur ses activités. Mais force est de reconnaître qu’à l’heure actuelle, la littérature à son sujet est infiniment plus mince que celle qui fleurit sur ses homologues nationaux-socialistes. Et pourtant ….

Iagoda naît en 1891 dans une famille juive de Lodz, en Pologne, qui fait alors partie de l’empire tsariste. Il rejoint les bolcheviques en 1907 et après la révolution d’octobre, intègre la tchéka.

Cette police secrète chargée des basses œuvres du régime – et il y aura amplement de quoi s’occuper – est créée le 20 décembre 1917 par un décret signé de Lénine. A partir de cette date,  elle va agir en dehors de toute légalité, ne répondant de ses actes que devant le gouvernement. Elle sera dirigée dans un premier temps par Félix Dzerzhinsky, qui mourra en 1926 d’une attaque cardiaque.

Iagoda grimpe vite les échelons à l’intérieur de la tchéka et il seconde avec zèle Dzerzhinsky dès septembre 1923. Il a alors 32 ans. A la mort de celui-ci, en 1926, il secondera avec autant d’efficacité le nouveau patron, Vyacheslav Menzhinsky.

Ce dernier ne tarde pas à tomber gravement malade, circonstance qui permet à Iagoda de contrôler en fait la police secrète dès la fin des années 20. La  tchéka sera « remplacée » en 1922 par la GPUGuépéou – qui sera à son tout remplacée par le NKVD en 1934. Mais si les appellations changent, les méthodes ne s’adoucissent pas pour autant. Elles vont même se sophistiquer et atteindre des raffinements dans la torture assez hallucinants. Les activités de ces polices secrètes, encore un sujet d’étude à creuser. A condition d’avoir le coeur bien accroché.

Il y avait même au sein de la tchéka bon nombre de volontaires chinois venus pour apprendre certaines « méthodes révolutionnaires » et qui, en retour, enseigneront à leurs distingués collègues quelques subtilités inconnues jusque là sous leurs cieux.

Chef de la police secrète, Iagoda participera à toutes les campagnes de terreur menées par le pouvoir et en particulier à la collectivisation forcée des campagnes et à la « dékoulakisation », déportation en masse de tous les paysans prétendument aisés, les koulaks. En février 1930, il remarque ainsi au bas d’un rapport : « Les régions nord-est et Léningrad n’ont pas compris nos consignes ou bien ne veulent pas les comprendre ; il faut les obliger à comprendre. Nous ne sommes pas en train de nettoyer les territoires de popes, commerçants et autres. S’ils disent « autres », cela veut dire qu’ils ne savent pas qui ils arrêtent. On aura tout notre temps pour se débarrasser des popes et des commerçants, il faut aujourd’hui frapper précisément la cible : les koulaks et les koulaks contre-révolutionnaires ».

A partir de 1930, il aura également la responsabilité  de l’organisme chargé de gérer les « camps de travail forcé » d’URSS, le fameux Goulag. Et il sévira également durant l’horrible famine organisée par le pouvoir en 1932-33.

Iagoda est un proche de Staline qui le nomme en 1934 – c’est le sommet de sa carrière – commissaire du peuple aux affaires intérieures (NKVD),  où il dirige police secrète et police officielle. Staline compte sur lui pour mettre en scène les grandes purges et les procès qui se préparent. Cela fonctionnera bien jusqu’en 1936 car Iagoda donne tout d’abord satisfaction à son maître lors du 1er procès de Moscou, qui verra l’exécution de Zinoviev et Kamenev.

Mais les choses ne tardent pas à se gâter pour lui. En septembre 1936, Staline adresse un télégramme comminatoire au Bureau politique, ainsi rédigé: « Il est absolument nécessaire et urgent que le camarade Iejov soit désigné au poste de commissaire du peuple à l’Intérieur. Iagoda ne s’est manifestement pas montré à la hauteur de sa tâche pour démasquer le bloc trotskiste-zinoviéviste. La Guépéou a quatre ans de retard dans cette affaire ».

Le voilà donc remplacé par son ex-adjoint, Nikolai Yezhov, autre sinistre personnage, qui supervisera à sa place les grandes purges de 1937-38. En mars 1937, Iagoda est arrêté sous l’accusation de trahison et de complot contre l’Etat. Il sera exécuté le 15 mars 1938 à Moscou.

Je vous suggère de relire l’article du journaliste israélien Sever Plocker, Les juifs de Staline, dont j’avais donné la traduction sur ce blog le 3 mars. A propos de Iagoda, il écrivait ceci :

« (…) Un étudiant israélien termine le lycée sans avoir jamais entendu prononcer le nom de Genrikh Yagoda, le plus grand meurtrier juif du XXe siècle, chef adjoint de la GPU et fondateur-dirigeant du NKVD. Yagoda a consciencieusement exécuté les ordres de Staline pendant la collectivisation, et est responsable de la mort d’environ 10 millions de personnes. Ses employés juifs ont mis en place et géré le système des goulags. Après être tombé en disgrâce auprès de Staline, Yagoda fut dégradé et exécuté, puis remplacé en tant que chef des bourreaux, en 1936, par Yezhov, le « nain sanguinaire ».

11/11/2007

UN ISRAELIEN A LA TETE DU COMITE SCIENTIFIQUE DU MUSEE DE L’EUROPE A BRUXELLES

L’Europe de Bruxelles peine à offrir un visage attrayant et humain aux Européens qui ont tendance à s’en détourner de plus en plus. Comment se sentiraient-ils proches d’une machinerie qui, n’ayant que le mot de « démocratie » à la bouche, se garde soigneusement de mettre la chose en application ? Et poursuit, aveugle et sourde, sa marche forcée vers une entité où la volonté des peuples, toujours invoquée, est systématiquement contournée.

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Donc, pour s’offrir une vitrine plus reluisante, Bruxelles a décidé de se doter d’un Musée de l’Europe, destiné à faire « découvrir aux Européens les racines de leur civilisation commune ». C’est beau comme de l’antique, sauf que les « racines », justement, sont plutôt escamotées, comme nous le verrons. Autre question à propos de ce Musée : pourquoi est-ce un Israélien qui en dirige le Comité scientifique ? Je m’empresse de préciser que Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002, qui enseigne actuellement l’histoire de l’occident moderne à l’Université de Tel Aviv, est certainement un homme de grande culture et de haute compétence. Là n’est pas la question.

Mais cela ne constitue pas une réponse. Manque-t-on à ce point d’historiens européens pour assumer cette tâche au moins aussi bien que lui? Ce choix est quand même curieux, et j’insiste lourdement, car j’aime comprendre : pourquoi lui ?

En tout cas, c’est lui qui préside cette année à ce titre une grande exposition destinée à marquer le cinquantenaire du traité de Rome, intitulée C’est notre histoire !

Notre histoire ? Laquelle, justement ? Eh bien, celle qui commence en 1945. Car pour les initiateurs de cette exposition, l’histoire de l’Europe semble démarrer véritablement à cette date. Avant ? Connais pas vraiment….

5931b3169084e78058bd2b5fd29a69aa.jpgElie Barnavi a ainsi déclaré : « (…) Songez ce qu’était l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et vous mesurerez mieux le chemin parcouru. Certes, Hubert Védrine a raison de rappeler que ce n’est pas l’Europe qui a fait la paix, c’est la paix, la menace soviétique et la volonté américaine qui ont fait l’Europe. Eh oui, on l’oublie trop souvent, parmi les pères de l’Europe figurent en bonne place Truman et Staline. Mais ces puissants personnages en auraient été pour leurs frais si les Européens eux-mêmes n’avaient trouvé dans les gènes de leur civilisation commune les raisons de leur aventure partagée. »

Dans un autre langage, s’adressant à de jeunes lecteurs, en marge de l’expo, il insiste encore sur cette formidable histoire récente : “L’Europe n’a toujours pas de frontières et elle ne sait toujours pas ce qu’elle veut être au juste. Une fédération? Une confédération? Un simple marché commun élargi aux limites du continent?

C’est sans doute à ta génération qu’il appartiendra d’apporter une réponse à ces questions. Ce ne sera pas une mince affaire. Car ce que les Européens sont en train de faire est sans exemple dans l’histoire des hommes. On a connu de grands empires, bâtis par des conquérants assoiffés de pouvoir. Mais on n’a jamais bâti une union libre de peuples gouvernés par des régimes démocratiques. Oui, ce que tes parents ont accompli est formidable. Mais ce que tu seras appelé à accomplir le sera tout autant“.

Union libre, régimes démocratiques….C’est une histoire belge que cet historien israélien - qui déclarait également il y a quelques années  «Jamais, depuis la guerre, les juifs français ne se sont sentis dans leur patrie aussi marginaux, aussi mal compris et aussi mal aimés» - est en train de nous raconter ?

10/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX (12)

MOISEI MARKOVICH GOLDSTEIN, dit VOLODARSKY

Voilà encore un météore dans le ciel bolchevique, qui, comme nous le verrons,  n’eut pas le temps d’exprimer tout ce qui était en lui.

cbbb5aa56c81ddc114c93b53b20965cb.jpgIl naît en 1891 dans une famille juive ukrainienne et participe à la révolution de 1905 (il était précoce) dans les rangs du Bund, le parti ouvrier juif, avant de rejoindre les mencheviks. Arrêté, exilé puis amnistié, il émigre aux Etats-Unis en 1913.

Dans les années 1916-17, on le retrouve collaborant au mensuel Novy Mir (Nouveau Monde), basé à New York. Il y rencontrera forcément Trotsky qui se trouvait également à New York à la même époque et qui collaborait lui aussi à ce journal révolutionnaire.

D’ailleurs, coïncidence curieuse, Volodarsky rentre en Russie en mai 1917, exactement comme Trotsky.  Peut-être sur le même bateau, le Kristianiafjord ?

En tout cas, le voilà à présent bolchevik pur sucre. Il est élu dans le courant de l’année à la Douma de Petrograd (Saint-Petersbourg, qui est alors la capitale du pays) et se fait connaître comme orateur et agitateur particulièrement actif et apprécié.

Lors de la révolution d’octobre, il est élu au Soviet Suprême (l’assemblée des « parlementaires ») et assume d’importantes responsabilités dans le secteur de la presse.

Hélas – pour lui – sa carrière, qui pourtant promettait, va prendre fin tragiquement en juin 1918 sous les balles d’un ouvrier révolutionnaire, Grigory Semyonov, lors d’échauffourées dans une usine de Petrograd.

En guise d’épitaphe, voici un extrait des lignes que lui consacrera Anatol Lunacharsky,  dans son recueil d’articles sur ses petits camarades, intitulé Revolutionary Silhouettes :

« …Il était impitoyable. Il n’était pas uniquement pénétré de la réalité de la révolution d’octobre, mais déjà d’un avant-goût des fureurs de la Terreur rouge qui devait survenir après sa mort. Pourquoi cacher que Volodarsky était un terroriste ? Il était profondément convaincu que si nous échouions à terrasser l’hydre contre-révolutionnaire, celle-ci nous dévorerait et avec nous, tous les espoirs qu’Octobre avait soulevés dans le monde entier.

C’était un combattant à l’état pur, prêt à aller partout où c’était nécessaire. Il y avait quelque chose de Marat dans son caractère impitoyable. Mais, contrairement à Marat, il recherchait la lumière du jour : jouer un rôle de conseiller de l’ombre, d’une éminence grise, voilà qui ne l’intéressait pas. Il lui fallait, au contraire, être toujours en pleine vue, avec son nez en bec d’aigle et son regard pénétrant, toujours en pleine voix avec ce grincement de la gorge, toujours au premier rang, cible pour ses ennemis, chef sur le terrain.

C’est pourquoi ils l’ont tué ».

Vous n’avez pas l’impression que finalement, Lunacharsky n’était pas si triste que ça de la perte prématurée de ce Marat impitoyablement bolchevique?

PROPAGANDE .... ET REALITE D'UN REGIME ASSASSIN

VOILA CE QU'IL ETAIT DONNE A VOIR:

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..... ET VOILA CE QU'IL EN ETAIT EN REALITE ....(HOLODOMOR - UKRAINE, 1932)

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