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21/09/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS AUX ETATS-UNIS…ET AILLEURS - 14

c9bb1f443769da438f134c100faa98cb.jpg14) Le Transatlantic Institute (TI)

Au n°6 de cette série, nous parlions de l’American Jewish Committee (AJC) pour indiquer que, non content de faire du lobbying intensif aux Etats-Unis, il avait décidé d’élargir son rayon d’action, notamment à une région que nous connaissons bien : l’Europe.

Afin de « renforcer les liens entre l’Union Européenne, les USA et Israël », l’AJC a donc créé en 2004 à Bruxelles, le Transtlantic Institute, officine qui ne fait pas les gros titres de la presse, ce qui ne l’empêche pas d’agir fort efficacement.

Pas vraiment dans le sens d’une Europe-puissance, où les peuples auraient leur mot à dire, naturellement. Plutôt dans le sens d’une Europe bien respectueuse des puissances actuelles et strictement alignée sur les mots d’ordre obligatoires. Au premier rang desquels la lutte contre l’antisémitisme qui est, comme chacun sait, le principal fléau du monde actuel. D’ailleurs, le directeur exécutif du TI, l’Italien Emanuele Ottolenghi, vient justement de publier un livre sur ce sujet brûlant, intitulé Autodafe : L’Europa, gli ebrei e l’antisemitismo. Histoire d’en rajouter une louche sur la culpabilité ad vitam eternam et d'éviter que, d'aventure, les Européens ne s'écartent du droit chemin..

L’objectif avoué de ce nouveau groupe de pression est de redorer l’image d’Israël et d’influencer politique et opinion publique européennes en faveur de l’Etat hébreu. Je ne détaillerai pas les méthodes employées pour cela à Bruxelles car elles sont tout à fait analogues à celles utilisées aux Etats-Unis. Comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, ce ne sont que colloques luxueux, déjeuners, dîners… et voyages en Israël, bien sûr.

Comme celui d’avril 2005, qui a vu une vingtaine d’élus et de parlementaires français de gauche invités en Israël dans le cadre d’un programme intitulé « Chances et menaces pour la paix ». Bon, la paix n’est toujours pas à l’ordre du jour, et elle ne le sera pas de sitôt, mais en attendant, qu’est-ce que la guerre aura permis à ces messieurs-dames du système de voyager aux frais du contribuable ! Et de pontifier au retour. Un certain Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse, - et actuel ministre, ou secrétaire d’Etat, je ne m’en souviens plus, de la francophonie – y participait justement. Eh bien, il a été très favorablement impressionné par Ariel Sharon, il l’a déclaré avec enthousiasme.

Ce type d’invitations, c’est vraiment de l’argent bien placé.

D’ailleurs, le Congrès juif mondial a bien envie d’imiter l’AJC et de créer son groupe de pression à Bruxelles, afin d’occuper le terrain, lui aussi.Son président de l’époque – il a été poussé vers la sortie depuis – Isaac Singer, avait fait à Bruxelles en février 2004 un discours de combat qui n’était pas passé inaperçu, dans le registre :  «  Le nouveau juif est là et il va falloir compter avec nous . Romano Prodi a dit qu’il allait surveiller l’antisémitisme, eh bien nous, nous allons surveiller Romano Prodi. Nous allons combattre tous ceux qui ne nous aiment pas. Avec la force des États-Unis et d’Israël, nous allons changer le monde avec nos propres méthodes, pas les vôtres. »

A bon entendeur....

19/09/2007

LES LENDEMAINS QUI CHANTENT… (suite)

cf85ed4df909af9cfb2a7b9a6c4a1099.jpgComme promis, voici la suite du texte de Jean Giono intitulé « Le Chapeau », vous allez comprendre pourquoi. Sommes-nous loin de la politique ? Pas tant que ça, finalement, et quelle leçon !

 

« Dans ma jeunesse, à l’époque où je faisais le faraud, j’avais réussi à mettre de côté quatre-vingt francs avec lesquels je fis l’achat d’une somptueuse veste de tweed. Ah ! quel plaisir d’avoir cette veste sur le dos ! La laine en était simple et savonneuse à souhait. « Ce sera, j’espère, me dit ma mère, ta veste du dimanche. » Ce fut donc ma veste du dimanche. Et comment se passait le dimanche du temps que je faisais le faraud ? Eh bien, on allait à la gare voir passer le train de quatre heures de l’après-midi. Toute la société descendait à la gare ; il y avait à peu près sept à huit cents mètres ; on se baladait sur le quai en se reluquant avant que le train arrive. Il arrivait, il repartait ; c’était fini. Tout le monde remontait en ville. En ville, si c’était l’été, on continuait à se reluquer sur les boulevards. Si c’était l’hiver, il faisait froid, il faisait nuit, on rentrait chez soi. Et chez moi ma mère me disait : « Enlève ta jolie veste pour rester ici. » J’enlevais ma jolie veste et on l’enfermait avec des boules de camphre.

En 1920, au cours d’un déménagement, j’ai retrouvé cette veste intacte, comme neuve, toujours aussi belle, aussi savonneuse mais elle ne m’allait plus. Je n’en ai jamais profité comme il faut.

Par contre, en 1919, quand j’ai été démobilisé, j’ai touché mon pécule et l’argent du complet Abrami. C’était un costume civil qu’on donnait aux soldats démobilisés. Ceux qui ne le voulaient pas touchaient je ne sais combien : cinquante ou soixante francs. Le fait est que je me trouvais civil, libre, et à la tête de cent quatre-vingt francs environ. Mon premier travail fut de me payer un extraordinaire gueuleton (je m’en lèche encore les babines) avec tout ce que j’aimais, mélangé et en grosse quantité (j’ai dû être malade d’ailleurs, mais je ne pense jamais à cette maladie qu’avec émotion) : langouste, tripes à la mode de Caen, bœuf en daube, tout… puis, déambulant, béat, devant les vitrines de la ville, j’avisai un admirable chapeau en taupé de velours. Il valait ce qui me restait en poche. Je l’ai acheté sans hésitation ni murmure. Je me le suis collé sur la tête et, dimanche ou pas, il y est resté tant qu’il a tenu. Il m’a donné le plus grand plaisir. Cette fois-là, je n’ai pas été volé. Mais cette fois-là seulement ».

18/09/2007

LES LENDEMAINS QUI CHANTENT….

cd607a532bb0ae5b623c0624ed81cafc.jpgOn va sortir un peu de la politique et se faire le cadeau d’une page de Jean Giono, tirée de chroniques écrites vers la fin de sa vie, entre 1966 et 1970, dans lesquelles il livre sa philosophie du bonheur. Ce court extrait provient d’un texte intitulé « Le Chapeau ». Comme vous le verrez, la politique n'en est d'ailleurs pas absente et rien n'a changé sous le soleil.

« J’ai, comme tout le monde, acheté des petits Chinois. C’était aussi aux alentours de 1900. Ma mère me donnait deux sous pour mon goûter et il fallait que je lui en rende un. C’était pour sauver les petits Chinois que de méchants parents jetaient au fumier. La cérémonie quotidienne ne manquait pas de noblesse et embellissait mes après-midi vers quatre heures du soir. « Tu comprends bien, Jean, me disait ma mère, tu pourrais garder ce sou, c’est pour ton goûter ; je te l’ai donné et tu me le rends avec plaisir pour sauver ton petit Chinois. Il va grandir en même temps que toi et, dans quinze à vingt ans, ce sera un homme que tu auras plaisir à rencontrer à l’occasion. » L’occasion ne se présenta pas. Quinze ans après, couvert de poux et à plat ventre, j’attaquais en direction du fort de Vaux.

Ce fameux fort de Vaux, d’ailleurs, qu’on attaqua ainsi pendant six jours et dont il restait si peu que nous l’attaquions sans nous douter que nous étions sur son emplacement même, ce fameux fort de Vaux fut aussi un élément du futur. « Les enfants, nous avait-on dit, évidemment ce n’est pas gai, vous allez sacrifier votre jeunesse et peut-être y laisser la peau, mais c’est pour faire chanter les lendemains, donner la paix aux générations futures. Vous faites la guerre pour qu’il n’y ait plus de guerre. Vous vieillirez (ceux qui vieilliront) entourés du respect et de l’estime de ceux pour qui aujourd’hui vous souffrez ».

(…) Les lendemains chantaient aussi bien à l’église, au collège qu’autour de la table familiale. Comment pouvais-je douter quand le prêtre, le professeur, le paterfamilias (pauvre et cher paterfamilias si entiché de sirènes quarante-huitardes en vers et en prose) me promettaient à l’envi de magnifiques harmonies futures ?

On se moquait de « demain on rasera gratis », mais on croyait à la venue de la paix, de la justice, du bonheur et on élevait sur des pavois ceux qui nous les promettaient. Il était pourtant facile de voir quel plaisir immédiat ils prenaient, eux, à cette élévation sur nos épaules. Si on les avait flanqués par terre en leur disant « Alors, tu nous les donnes, tes trucs ? » Mais nous ne l’avons pas fait et nous ne le faisons pas plus aujourd’hui. Les choses continuent exactement de la même façon ; nos œillères sont orientées toujours du même côté

« Vous verrez, vous verrez », nous dit-on. Et que voit-on ?

Je ne vais pas me donner le ridicule de parler de la succession des guerres que la guerre de 14 a engendrées (au lieu de les supprimer), ni du Chinois que j’ai acheté, celui que ma mère appelait « ton Chinois », chaque jour à quatre heures de l’après-midi, et pour l’achat duquel j’ai dû manger la moitié de mon pain sec. Je vais rester terre à terre, je vais parler argent ».

La suite est très savoureuse et elle justifie le titre « Le Chapeau », mais elle est pour demain.

14/09/2007

JUSQU’OU VA SE NICHER LA SERVILITE A L’EGARD DU SYSTEME?

Dans notre beau pays antiraciste, quelque chose peut-il encore nous surprendre ? Dans la série « prosternons-nous, battons-nous la coulpe, le système nous en saura gré », voici un épisode plutôt corsé survenu en Alsace.

Une enseignante en « droit pénal spécial », maître de conférences à l’université Robert Schuman de Strasbourg, s’est tout simplement crue autorisée à surnoter carrément de 10 points, lors de l’examen final, ceux de ses étudiants qui s’étaient portés volontaires pour participer à un travail sur… le "négationnisme" qu’elle avait initié depuis 2004. Une prime à la soumission la plus plate à la pensée unique, en quelque sorte.

Le travail en question consistait, pour ces étudiants-militants, à aller, avec la bénédiction de la Région – pilotée par Adrien Zeller, ancien membre de l’UDF, détail qui a son importance, on le verra – dans les lycées alsaciens afin d’y prêcher la bonne parole antiraciste, pour ne pas dire afin de bourrer le crâne aux lycéens. Déjà à ce stade, je trouve cette démarche plutôt étonnante. On pourrait imaginer trouver plus qualifiés que des étudiants en droit pénal, même « spécial » pour traiter du sujet, mais surtout, n’existe-t-il vraiment pas d’autres lacunes, infiniment plus préoccupantes et plus urgentes, à combler dans les lycées ? Plus de 1000 élèves auraient ainsi été « touchés », les veinards.

En décembre 2004, l’enseignante en question, Chantal Cutajar, s’était rendue en grande tenue – toge universitaire – au camp alsacien du Struthof pour y faire un cours devant des centaines de lycéens et d’étudiants et en présence d’une rescapée de Ravensbrück. Elle crée ensuite un module de formation d’une durée de 48 heures à l’intention de ses étudiants de maîtrise volontaires pour cette action, afin qu’ils puissent « transmettre au mieux leurs connaissances ».

Estimant que toute peine mérite salaire, surtout s’agissant de supplétifs aussi zélés, elle ajoutait donc systématiquement 10 points à la note de l’examen de droit pénal spécial des seuls volontaires es-"négationnisme" (34 cette année). Pour faciliter les choses, l’anonymat des copies n’était  pas requis lors de cet examen.

Apparemment, ce manège n’a pas fait de vagues jusqu’à cette année, où le nouveau doyen de la faculté de droit s’est quand même étonné de cette pratique discriminatoire et de cette « prime » ainsi accordée au seul volontariat et non à la qualité du travail. Il réclame une sanction et la saisine du conseil de discipline.

Deux « détails » pour finir :

-         aucun étudiant, parmi ceux lésés par cette pratique pour le moins curieuse, n’a cru bon de déposer une réclamation, ce dont le nouveau doyen s’étonne également. Un peuple de lobotomisés, on vous dit !

-         Mme Cutajar, qui s’intéresse vivement à la politique, brigue une tête de liste aux prochaines municipales de Strasbourg. Celle de l’UDF-Modem, justement.

Source: Dernières Nouvelles d'Alsace

DERNIERE MINUTE - VENDREDI 14 SEPTEMBRE 12h

Soyez rassurés: il n'y aura pas sanction à l'égard de Chantal Cutajar, car les DNA de ce jour nous informent que Florence Benoît-Rohmer, présidente de l'université Robert-Schuman, a estimé du haut de sa grande sagesse que: « L'université doit encourager l'innovation pédagogique, il n'y a donc pas lieu de laisser ouvert ce dossier ».

C'était de l'innovation pédagogique, et on n'avait rien compris! Qu'on est bêtes, quand même!

12/09/2007

DE PLUS EN PLUS FORT: UN ANCIEN DIRECTEUR DE YAD VASHEM SOUPCONNE DE CRIMES DE GUERRE

Le parquet lituanien veut interroger Yitzhak Arad, 81 ans, ancien directeur du mémorial Yad Vashem à Jérusalem, qu'il soupçonne d'avoir participé à des crimes contre la population civile et des prisonniers pendant la seconde guerre mondiale. "Nous avons adressé au parquet israélien une demande d'aide judiciaire", a indiqué à l'AFP un procureur au parquet général lituanien, Rimvydas Valentukevicius. "Nous (y) demandons de transmettre à M. Arad une notification sur nos soupçons et de l'interroger dans le cadre d'une enquête préliminaire sur sa participation possible à des crimes contre l'humanité en Lituanie, pendant la seconde guerre mondiale".

8f08b584a3bd2137f58caf7223e29a48.jpgSelon le procureur, l'enquête est liée à l'assassinat de plusieurs dizaines de civils et de prisonniers de guerre par des membres de la résistance soviétique dont Arad avait fait partie pendant l'occupation nazie. Selon les informations recueillies depuis le lancement de l'enquête en mai 2006, M. Arad aurait pu participer à des exécutions de résistants lituaniens à la fin de la seconde guerre mondiale, alors qu'il était membre de la Sécurité soviétique, le NKVD.

Les soupçons sont basés sur ses propres mémoires et sur les documents retrouvés par le Centre lituanien de recherches sur le génocide et la résistance. Interrogé mardi par le quotidien polonais Rzeczpospolita, M. Arad a clamé son innocence: "Je n'ai jamais tué un civil. Cela aurait pu arriver pendant des combats mais à froid je n'ai jamais assassiné un civil ou un prisonnier de guerre ... Une seule fois j'ai pris des prisonniers lituaniens. Nous les avons tous libérés par la suite, sauf un qui s'est avéré policier encore d'avant la guerre. Je me souviens que nous l'avons exécuté sur ordre de nos commandants mais ce n'est pas moi qui ai appuyé sur la gachette", a-t-il déclaré.

Selon lui, il s'agit d'une "tentative de vengeance" de la part des "héritiers des collaborateurs lituaniens, des nationalistes et des radicaux de toutes les couleurs", car "J'ai décrit en détail de nombreux crimes terribles qu'ils avaient commis", a-t-il encore expliqué.

Avant la seconde guerre mondiale, il y avait environ 220.000 juifs en Lituanie, en particulier à Vilnius alors surnommée la "Jérusalem du nord", dont la plupart ont péri durant la guerre. Durant les hostilités, Yitzhak Arad, né lui-même près de Vilnius, avait rejoint, comme de nombreux juifs, les partisans pro-soviétiques qui combattaient contre les troupes allemandes. A la fin de la guerre, il s'est rendu en Palestine où il a rejoint la clandestinité juive. Il a ensuite servi dans l'Armée israélienne de défense et a pris sa retraite en 1972 avec le grade de général de brigade. Il est également l'un des historiens les plus connus de l'holocauste et a dirigé l'institut Yad Vashem de 1972 à 1993.

8f827ce7e65aad0f862d721ff6dffb85.jpgYitzhak Arad a participé, en tant que témoin et expert, aux procès intentés aux Etats-Unis contre Alexandras Lilejkis et à Algimantas Dajlide qui avaient occupé des postes importants dans la police lituanienne. Les deux émigrés ont été déchus de la citoyenneté américaine et expulsés du pays. En Lituanie, Yitzhak Arad a également participé à la réunion de la Commission pour l'évaluation des crimes des régimes d'occupation nazie et soviétique, au cours de laquelle il avait soulevé la question de la participation des Lituaniens à l'extermination de la communauté juive de la république.

Sources: AFP, RIA Novosti

10/09/2007

DES NEO-NAZIS EN ISRAEL: DECIDEMENT, ON AURA TOUT VU

Scandale en Israël depuis samedi dernier, avec l'arrestation de huit jeunes de 17 à 19 ans accusés d'activités néo-nazies. Parfaitement, néo-nazies. Ces jeunes, qui sont originaires de l'ex URSS, se seraient rendus coupables de taggages de synagogues et d'attaques contre certaines catégories de la population, telles que juifs pieux, travailleurs étrangers, homosexuels ou drogués.

Ce qui est étonnant, c'est que certains faits remontent à l'année dernière: ils avaient alors vandalisé la synagogue de leur ville, Petah Tikva, mais avaient été relâchés une semaine plus tard car "aucune loi précise ne condamne ce genre d'agissements en Israël".

Une carence qui risque d'être rapidement comblée car devant  l'émotion suscitée par cette affaire, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre: ainsi, le député national religieux Zevoulon Orlev a annoncé qu’il proposerait, à la rentrée parlementaire, une loi visant à retirer la nationalité israélienne à toute personne soupçonnée d’actions antisémites.
Effie Eitam, député membre du même parti, a quant à lui, demandé une révision de la Loi du retour afin d’interdire le droit d’alya aux non juifs.

Justement, ces jeunes qui se revendiquent néo-nazis, sont-ils juifs ou non? Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont bel et bien bénéficié de cette loi du retour car pour chacun d'eux, l'un de ses grands-parents au moins était juif. Ils ont donc obtenu le droit d'émigrer en Israël et d'en obtenir la nationalité. Un seul grand-parent juif fait donc de vous un juif au regard de la loi israélienne? On perçoit à travers ce fait-divers tous les problèmes posés par des critères assez élastiques. Et d'ailleurs, dans les commentaires parus sur les sites juifs qui relatent l'affaire, on se plaint assez fréquemment de cet état de choses: à savoir que pour minorer le nombre d'arabes israéliens, les autorités ont accueilli très (trop?) largement les occidentaux. Essentiellement des Russes comme dans ce cas précis.

Ce n'est du reste pas la première fois que ce type d'agissements survient en Israël: en 2005, un militaire avait été condamné pour avoir créé un site néo-nazi surnommé L’union des Israéliens blancs dans lequel figurait un lien vers "Mein Kampf". Et en août et septembre 2006, un jeune Israélien, venant de l’ex-URSS, avait également été victime de harcèlement antisémite lors de son service militaire sur une base de Tsahal.
Zalman Gilichenski, responsable du centre Dmir, qui offre une assistance aux victimes des néo-nazis, estime ainsi à 500 le nombre d’actes antisémites perpétrés chaque année en Israël.

Ce qui a sans doute fait dire au ministre Eli Yishaï qu'il ne fait aucune doute que ''la mouvance néo-nazie est un cancer qui ronge la société israélienne''.

Source: http://www.guysen.com/articles.php?sid=6131

08/09/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 13

5ae48f178fffec58dd855707d5104d78.jpg13) Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO)

Nous voilà déjà arrivés au n° 13 de notre petite série et nous sommes pourtant loin d'avoir épuisé la question. Il est d'ailleurs quasiment impossible d'épuiser le sujet car de nouvelles structures surgissent sans cesse comme champignons après la pluie. L'idée directrice étant de diversifier au maximum l'action pour la rendre plus efficace. A ce niveau-là, le lobbying, c'est de l'art.

La CPMAJO est une organisation importante qui regroupe 50 organisations juives, tant politiques que religieuses. Comme toujours, et cela devient fastidieux de le répéter, le but est de mobiliser partout et en tout lieu en faveur d'Israël et de servir de lien entre la communauté juive américaine et le gouvernement. Je vous donne la liste des organisations qui composent la CPMAJO - où vous retrouverez quelques connaissances - et ainsi vous pourrez faire votre marché en fonction de vos intérêts.

De ce petit tour d'horizon au pays des organisations juives américaines, il ressort en tout cas qu'au-delà des inévitables rivalités et querelles de personnes, ces gens sont capables de s'unir pour défendre ce qui est à leurs yeux essentiel. C'est cela qui les rend forts, et ce qu'apparemment, les Gaulois n'ont jamais été capables de comprendre. Tant pis pour eux.

Ameinu  / American Friends of Likud  / American Gathering/Federation of Jewish Holocaust Survivors  / America-Israel Friendship League  / American Israel Public Affairs Committee /  American Jewish Committee  / American Jewish Congress  / American Jewish Joint Distribution Committee  / American Sephardi Federation  / American Zionist Movement /  Americans for Peace Now  / AMIT  / Anti-Defamation League  / Association of Reform Zionists of America  / B’nai B’rith International  / Bnai Zion  / Central Conference of American Rabbis  / Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America /  Development Corporation for Israel / State of Israel Bonds  / Emunah of America  / Friends of Israel Defense Forces  / Hadassah, Women’s Zionist Organization of America  / Hebrew Immigrant Aid Society  / Jewish Community Centers Association  / Jewish Council for Public Affairs  / Jewish Institute for National Security Affairs  / Jewish Labor Committee  / Jewish National Fund  / Jewish Reconstructionist Federation  / Jewish War Veterans of the USA /  Jewish Women International  / MERCAZ USA, Zionist Organization of the Conservative Movement  / NA’AMAT USA  / NCSJ: Advocates on behalf of Jews in Russia, Ukraine, the Baltic States & Eurasia  / National Council of Jewish Women  / National Council of Young Israel  / ORT America  / Rabbinical Assembly  / Rabbinical Council of America  / Religious Zionists of America  / Union of American Hebrew Congregations  / Union of Orthodox Jewish Congregations of America  / United Jewish Communities  / United Synagogue of Conservative Judaism  / WIZO  / Women’s League for Conservative Judaism  / Women of Reform Judaism  / Workmen’s Circle  / World Zionist Executive, US  / Zionist Organization of America

06/09/2007

L’influence du lobby juif sur la politique étrangère américaine - perception et réalité

L'exemple de l'adoption de l'amendement Jackson-Vanik (1972-1974)

Je comptais reprendre aujourd'hui la série sur les organisations juives américaines et ce faisant, je suis tombée sur l'article suivant, paru sur le site de l'Institut Pierre Renouvin - Institut de recherches en histoire des relations internationales. Il constitue une bonne illustration de notre propos, et des méthodes employées, et c'est pourquoi je me permets de le reprendre ici. Il est de Pauline Peretz, qui a soutenu en décembre 2004 sa thèse intitulée « L’émigration des juifs soviétiques : le rôle des Etats-Unis, de 1953 à la fin des années 1980 ».

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"Au lendemain de la guerre du Vietnam, les groupes ethniques américains se mirent à exercer une influence croissante sur la politique étrangère des États-Unis. L’amendement Jackson-Vanik au Trade Reform Act, adopté en décembre 1974 après une bataille législative de deux ans, est un des meilleurs exemples de ce phénomène. Cet amendement liait l’octroi à une économie centralisée du statut de la clause de la nation la plus favorisée [1] et de crédits, à la libéralisation de sa politique migratoire à l’égard de ses minorités.

En dépit de sa grande popularité au Congrès, il rencontra l’opposition des défenseurs de la détente et des partisans du libre-échange, milieux d’affaires en tête. La Maison Blanche fut son plus grand adversaire, puisque Nixon et Kissinger considéraient le linkage [2] entre droits de l’homme et commerce comme une menace pour le rapprochement soviéto-américain et plus précisément pour l’accord commercial signé entre les deux pays le 18 octobre 1972 [3]. La coalition en faveur de l’amendement réunissait davantage d’acteurs : des anticommunistes, des défenseurs des droits de l’homme, des progressistes, des leaders syndicaux et des dirigeants des organisations juives, puisque l’amendement avait été conçu pour venir en aide aux Juifs soviétiques.

La communauté juive américaine doit une large partie de son poids politique à son art confirmé du lobbying. L’influence de ce lobby, démesurée par rapport à sa dimension réelle, tient beaucoup à un environnement idéologico-culturel favorable aux causes qu’il défend [4]. Mais cette influence, il la doit aussi à l’efficacité incomparable de ses organisations, principalement l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), créé en 1954, qui œuvre au Congrès pour la défense des intérêts d’Israël, et la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO) qui défend, elle, plus largement les intérêts de la communauté au niveau de l’Exécutif. Par leurs contacts et leurs réseaux, les autres organisations communautaires peuvent aussi peser sur les hommes du Congrès. Il n’existe jusqu’à présent aucun consensus sur le rôle joué par ces organisations dans l’adoption de l’amendement Jackson-Vanik. La question est pourtant simple : le lobby juif est-il responsable, oui ou non, de cette adoption ? Pour le journaliste J.J. Goldberg, cette mobilisation juive américaine constitue un moment décisif de l’affirmation du pouvoir de la communauté juive sur la scène politique [5]. Paula Stern, à l’inverse, montre dans son étude détaillée de la bataille législative que le rôle du lobby juif a été grandement exagéré [6]. Des documents trouvés dans les archives communautaires juives et dans le fonds Jackson prouvent que ces deux analyses sont insatisfaisantes, parce qu’elles surestiment et sous-estiment respectivement le rôle des organisations juives. Ces deux analyses révèlent la mauvaise perception de l’influence juive par les acteurs politiques - assistants parlementaires, hommes du Congrès, mais aussi administration. Dans Perception and Misperception in International Politics, Robert Jervis montre que, dans le domaine de la politique étrangère, les perceptions des décideurs politiques sont souvent erronées en raison de leur surestimation de l’unité des acteurs, et d’attentes quant au niveau de mobilisation formées à partir d’expériences passées [7]. Depuis la fin des années 1950, le lobby juif s’était toujours montré très uni et très décidé lorsqu’il s’agissait de défendre Israël, comme l’avait montré par exemple la très forte mobilisation communautaire contre le plan Rogers en 1970 [8]. Or la bataille pour l’adoption de Jackson-Vanik était profondément différente : elle avait pour ambition de venir en aide aux Juifs de la diaspora, et non à Israël, et n’impliquait pas la participation directe d’AIPAC ou de la CPMAJO, mais celle d’organisations juives nouvelles sur le Capitole.

Un rôle décisif dans la mise sur agenda

En 1964, une campagne d’aide aux Juifs soviétiques avait été lancée par les organisations juives américaines, en partie sous l’influence d’un bureau secret israélien appelé Nativ, qui s’était fixé pour objectif de sensibiliser l’opinion publique internationale à leur sort et à la nécessité de leur émigration [9]. Il parvint à convaincre l’establishment [10] juif américain de créer une organisation pour coordonner cette campagne aux États-Unis, l’American Jewish Conference on Soviet Jewry, rebaptisé en 1971 la National Conference on Soviet Jewry (NCSJ). Son but était d’obtenir du Kremlin le respect des droits culturels et religieux des Juifs soviétiques, puis, à partir de la guerre des Six Jours, de leur droit à émigrer. Cette campagne qui à bien des égards fut un véritable mouvement social avait pour cibles non seulement la communauté juive américaine dans son ensemble, mais aussi des intellectuels progressistes de renom, et des élus qui avaient été préalablement démarchés par Nativ. Depuis le début de la campagne, des hommes du Congrès - juifs, élus de circonscriptions majoritairement juives, ou amis d’Israël - s’étaient révélés de véritables alliés. Certains avaient participé aux manifestations organisées par l’AJCSJ/NCSJ, d’autres avaient même introduit des résolutions visant à faire pression sur Moscou. Le pouvoir de la NCSJ et sa proximité avec le Bureau israélien étaient contestés par des organisations grass-roots [11] totalement indépendantes de la communauté organisée, créées dès 1963 pour venir en aide aux Juifs soviétiques dans un style plus musclé et moins porté aux compromissions. En 1971, ces organisations se fédérèrent au sein de l’Union of Councils for Soviet Jews (UCSJ), très active au niveau local, démarchant les élus, organisant des boycotts contre les entreprises faisant commerce avec l’Union soviétique, et lançant de nombreuses manifestations [12]. La NCSJ et l’UCSJ jouèrent donc un rôle décisif dans la mise sur l’agenda de politique étrangère américaine de la question juive soviétique. Lorsqu’en août 1972, les Soviétiques imposèrent une taxe sur l’éducation [13], l’opinion publique américaine était suffisamment mûre pour se mobiliser.

La bibliographie n’emploie habituellement que les termes de « pouvoir juif » ou d’« organisations juives ». Nous avons pourtant déjà rencontré deux types d’acteurs : l’establishment juif et les organisations grass-roots. En comparaison avec les organisations juives existant de longue date, la NCSJ et l’UCSJ semblent bien modestes. En 1972, le budget de la NCSJ s’élevait à 250 000 dollars, tandis que celui du très respectable American Jewish Committee atteignait 7,3 millions de dollars. Les capacités de lobbying de la NCSJ étaient elles aussi réduites : ce n’est qu’en 1972 qu’elle ouvrit un bureau à Washington employant un représentant et un consultant pour les questions légales. La NCSJ pouvait pourtant compter sur les membres et les ressources des organisations qui l’avaient créée, et réutiliser leurs contacts sur le Capitole. L’UCSJ était moins chanceuse. Elle avait ouvert peu avant la NCSJ un bureau à Washington auquel elle avait affecté un budget de 10 000 dollars annuels - soit la moitié de son budget - et avait recruté une lobbyiste très talentueuse. La force de l’UCSJ résidait dans une base très réactive à travers tous les États-Unis. Il peut paraître étonnant qu’AIPAC n’ait pas encore été mentionné. Ne faisant officiellement du lobbying que pour Israël, il ne fut pas impliqué au même titre que les organisations juives qui avaient été spécifiquement créées pour cette campagne. Les principaux acteurs de cette bataille législative furent donc les dirigeants de la NCSJ et de l’UCSJ, côté juif, et les attachés parlementaires des élus les plus actifs - les sénateurs démocrates Jackson de l’État de Washington et Ribicoff du Connecticut, ainsi que le représentant démocrate Vanik de l’Ohio -, côté législatif.

Selon ces attachés parlementaires, l’idée du linkage entre avantages économiques et émigration serait née au Congrès, et les organisations juives se seraient contentées de prendre le train en marche. Les archives des organisations grass-roots montrent pourtant que cette idée est apparue dès 1965 sous la plume de leaders communautaires locaux [14]. Six ans plus tard, dans un contexte de véritable rapprochement économique entre les États-Unis et l’URSS, une autre organisation grass-roots, le Cleveland Council on Soviet Anti-Semitism, membre de l’UCSJ, ressuscita l’idée d’un linkage. Louis Rosenblum, son président, fut mis en contact avec un juriste et un politologue qui lui proposèrent un texte législatif liant commerce et émigration. Cette proposition séduisit d’abord le représentant démocrate de Los Angeles, Thomas Rees, la Californie étant un des hauts lieux de l’activisme en faveur des Juifs soviétiques. Après un échec législatif douloureux en juin 1972 et l’adoption de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques, le projet fut repris par Richard Perle, alors assistant du sénateur Henry Jackson [15]. Ce linkage présentait de nombreux avantages pour ce candidat à l’investiture démocrate en vue des présidentielles de novembre 1972 : l’amendement serait un nouveau coup à la détente de Nixon - un sérieux atout pour le « Cold War liberal » qui avait déjà introduit un amendement restrictif à la loi de ratification de l’accord SALT -, il pouvait lui apporter le soutien de la minorité juive et lui permettrait de se rallier les défenseurs des droits de l’homme [16]. Il ne faudrait pourtant pas croire que le choix de Jackson ne fut que pur opportunisme. En 1972, il avait déjà beaucoup fait pour les Juifs soviétiques : depuis 1964, il avait soutenu toutes les résolutions qui avaient pour but d’améliorer leur sort, en 1971, il avait été co-sponsor d’une résolution qui appelait Nixon à soulever la question des Juifs soviétiques avec ses homologues soviétiques et, en février 1972, en avait introduit une autre pour débloquer une aide financière à tous les Juifs soviétiques qui parviendraient à quitter l’Union soviétique. En septembre, le linkage était donc devenu la chose de Jackson, mais l’idée en était assurément venue des grass-roots.

Le rôle de ces derniers a tendance à être occulté au vu des événements ultérieurs. Le 25 septembre 1972, Jackson s’invita à une conférence organisée par la NCSJ pour répondre à l’imposition de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques. Il saisit cette occasion pour présenter l’amendement à l’East-West Trade Reform Act reprenant le linkage entre émigration des minorités soviétiques et avantages économiques, et demander leur soutien aux organisations juives, un soutien qu’il reçut sans la moindre difficulté [17]. Pour Stern, « c’était clairement un renversement de l’image commune du lobby juif tordant le bras d’un sénateur » [18]. Une telle affirmation sous-estime le rôle des grass-roots durant cette première phase. En effet, une partie de la communauté juive, même si elle n’était certainement pas la plus puissante ni la plus visible, s’était déjà engagée dans la bataille politique depuis quelques mois et était prête à suivre Jackson, sans même qu’on lui ait demandé. L’affirmation de Stern est aussi symptomatique d’une tendance collective à ignorer que l’establishment n’était pas le seul acteur juif impliqué dans cette bataille.

La NCSJ et l’UCSJ, piliers de la coalition

Dès que Jackson introduisit son amendement au East-West Trade Reform Act le 4 octobre 1972, la NCSJ et l’UCSJ, contrairement à la Conférence des présidents et aux autres organisations juives de l’establishment,

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