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22/10/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (3)

Un correspondant m’a fait observer qu’en m’embarquant dans cette série, je n’étais pas sortie de l’auberge ! C’est profondément vrai. Je profite donc de l’occasion pour rappeler que je me propose juste de faire un tour d’horizon succinct de divers acteurs de la révolution bolchevique, ayant tous un point commun. Succinct, car je ne suis pas historienne et je ne prétends évidemment pas à l’exhaustivité. Sans compter le temps que cela prend, comme vous pouvez vous en douter. Ce sera un petit jeu entre nous, si vous trouvez des infos intéressantes – et dûment vérifiées – faites-en profiter les autres. Ca complétera le tableau.

Je rappelle aussi que tous les hommes, ou femmes, dont il sera ici question, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Tous les malheurs qui ont pu leur arriver par la suite furent occasionnés, non par une dénonciation de ses crimes, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

LEV BORISSOVITCH ROSENFELD, dit KAMENEV

9cf061729723724fc2a49631d88b2a5c.jpgEncore un révolutionnaire de la première heure - ayant participé à celle de 1905 – qui naît à Moscou en 1883. Proche de Lénine qu’il suivra dans ses pérégrinations d’exilé, il est également le beau-frère de Trotsky, dont il épouse la sœur en premières noces : Olga Bronstein, révolutionnaire elle-même, plus tard membre actif, et influent, du parti. Nous restons donc strictement en famille.

Les années fastes de Kamenev se situent de 1917 à 1925. Les choses vont très nettement se gâter pour lui par la suite.

Dès la réussite de la révolution d’octobre, il est membre du Comité exécutif central du parti, dont il sera élu président en 1918. Il participe à la fondation du Bureau politique, ou Politburo, organe important s’il en est, qu’il présidera en 1923-24, durant la maladie de Lénine.

Il joue d’abord Staline contre Trotsky puisque de 1922 à 1925, il participe à la troïka Zinoviev/Staline/Kamenev, qui s’oppose à Trotsky et parviendra à le marginaliser. En 1925, ce dernier sera contraint sous la pression de ses adversaires de démissionner de sa fonction de commissaire à la guerre, où il avait pourtant fait preuve d’un zèle remarquable.

Un peu plus tard, revirement : avec Trotsky et Zinoviev, il s’oppose cette fois à Staline dont tous critiquaient notamment… la tendance à la bureaucratie. C’est le vrai début de ses malheurs car il est exclu, comme Trotsky et d’autres, du parti en 1927. Mais il fait amende honorable sous forme d’autocritique et il est réintégré en 1928. En 1932, il est exclu à nouveau, puis encore une fois réintégré après une nouvelle autoflagellation publique. Staline, qui devait s’ennuyer, aimait bien jouer comme ça au chat et à la souris.

En 1935, le jeu n’était plus tellement drôle, Kamenev est arrêté et condamné à 10 ans de prison pour conspiration contre le dictateur. Lors des procès de Moscou, l’année suivante, en 1936, il sera rejugé pour trahison envers l’Etat. Cette fois sera la bonne : il est exécuté à Moscou en août 1936. Pour faire bonne mesure, Staline fera également tuer ses deux fils et leur mère, sa première épouse, la sœur de Trotsky.

Pour finir en chanson cette sombre histoire, voici quelques paroles extraites de la chanson de Gainsbourg , Juif et Dieu :

Grigori Ievseîetch Apfelbaum dit Zinoviev
Lev Borissovitch Rosenfeld dit Kamenev
Lev Davidovitch Bronstein dit Trotsky
Dieu est Juif
Juif et Dieu

20/10/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (2)

LEV BRONSTEIN, dit TROTSKY

b2ac7527315110cca7907ef71a9907b0.jpgIl n’y a guère qu’en France - faut-il s'en étonner? - que Trotsky continue encore à jouir d’un prestige et d’un notoriété intacts. Son fan club, qui s’est enrichi dans les années 60-70 de nombreux juifs et intellectuels, a même réussi le tour de force – avec l’aide complaisante des médias – à imposer une vision positive du personnage, occultant soigneusement quelques légères « ombres » de sa biographie. Celles-là même que nous allons relever, dans un souci d’exactitude.

Lev Davidovitch Bronstein naît en 1879 en Ukraine dans une famille de commerçants juifs. Il entre en révolution comme d’autres entrent dans les ordres, très tôt. Il participe à la révolution de 1905 et dès cette époque invente avec un coreligionnaire, Alexander Helphand, dit Parvus, le concept de « révolution permanente ».

Après bien des péripéties au cours desquelles il adopte son nom « de guerre », Trotsky, on le retrouve à New York en 1916, où il nouera de très fructueux contacts. Autre bacille de la peste, il rentre en Russie en 1917 et participe activement avec Lénine au coup de force des bolcheviques qui les portera au pouvoir.

Dès lors, il aura l’occasion de déployer tous ses talents en tant que commissaire de la guerre de 1918 à 1925, lui qui déclarait en décembre 1917 : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis ».

Il ne se vantait pas car les bolcheviques ne vont lésiner sur aucun moyen criminel pour faire triompher la société « plus juste et plus humaine » qu’ils envisageaient pour la planète entière. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, n’est-ce pas ? Comme le disait justement Trotsky, au temps de la terreur rouge dont il fut un acteur efficace :  « On peut et on doit faire comprendre qu’en temps de guerre civile nous exterminerons les gardes blancs afin qu’ils n’exterminent pas les travailleurs. Dès lors, notre but n’est pas de supprimer des vies humaines, mais bien de les préserver. (…) L’ennemi doit être mis dans l’impossibilité de nuire, ce qui, en temps de guerre, ne peut se traduire que par sa suppression ».

De proche en proche, et d’ennemis en contre-révolutionnaires, ce sont des pans entiers de la société qui vont y passer. Toujours pour la bonne cause, évidemment.

C’est dans ce louable but d’assainissement que Trotsky présidera, avec Lénine, à l’ouverture des camps de concentration, un peu partout dans le pays, dès août 1918. Tous les « éléments douteux » y seront internés à tour de bras, sans le moindre jugement, est-il besoin de le préciser.

Il créera l’Armée rouge, dont il sera le chef incontesté durant toutes ces années. Cet instrument essentiel de la dictature bolchevique fera régner la terreur, surtout parmi les masses paysannes qui seront matées par le « balai de fer » employé par Trotsky notamment pour le  nettoyage de l’Ukraine.

C’est lui également qui noiera la révolte de Cronstadt, en 1921, dans le sang. Les marins de cette base navale, autrefois qualifiés par le même personnage de «valeur et gloire de la Russie révolutionnaire » furent à l’origine d’une révolte de la population due à l’insupportable misère qui régnait. Tous demandaient que le carcan de fer qui enserrait le pays se desserre quelque peu. La seule réponse de Trotsky, et des bolcheviques, fut une répression sanglante qui fit des morts par milliers.

Voilà déjà quelques années – de 1918 à 1925 – bien employées. Celui qui avait écrit, en 1920, Terrorisme et communisme, s’opposera ensuite à Staline et sera exclu du parti en 1927, puis expulsé d’URSS en 1929. Commencera alors une longue errance qui s’achèvera en 1940, au Mexique, sous un coup de piolet administré  par un agent de Staline.

Et la légende dorée pourra commencer.

19/10/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX …(1)

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Puisque nous ne pouvons pas compter sur le système pour commémorer avec la gravité qui s’imposerait une période qui changea, hélas, la face du monde, nous allons nous-mêmes rappeler certains faits afin de semer quelques petites graines qui finiront sans doute par germer un jour.

Je n’ai certes pas la prétention de décrire la genèse de la révolution de 1917. C’est une histoire longue et complexe que chacun peut trouver très facilement. Rappelons simplement que la révolution d’octobre proprement dite démarre à Pétrograd, alors capitale de la Russie, par une insurrection armée dirigée par Trotsky, dans la nuit du 24 au 25 octobre (de l’ancien calendrier julien, qui correspond en fait à la nuit du 6 au 7 novembre).  A partir de ce moment-là, les bases de la révolution bolchevique vont être rapidement lancées.

Dans les mois qui suivent, une vague de révolutions éclateront un peu partout en Europe : Allemagne, Hongrie, Finlande, Italie. Révolutions qui seront écrasées, laissant les bolcheviques – qui espéraient mettre le feu au monde entier – plutôt isolés et en proie à la guerre civile.

Ce que je me propose simplement de faire, dans une petite série, c’est de donner quelques coups de projecteurs sur un certain nombre d’acteurs de la première heure de cette révolution particulièrement sanglante et inhumaine. Histoire de les rappeler aux bons souvenirs de certains qui auraient peut-être tendance à les oublier, les ingrats.

Pour planter le décor, dans La France LICRAtisée, je rappelle ce qu’écrivait à Washington, en janvier 1918,  l’ambassadeur des Etats-Unis en Russie, David R. Francis: « Les dirigeants bolcheviques ici, dont la plupart sont des juifs et dont 90% sont des exilés de retour, font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l’échelle mondiale ».

Et le Times du 29 mars 1919 renchérissait : « Une des caractéristiques les plus intéressantes du mouvement bolchevique est le haut pourcentage d’éléments non russes de l’équipe dirigeante. Sur environ trente commissaires ou dirigeants qui forment l’appareil central bolchevique, 75% pour le moins sont des juifs ».

D’ailleurs, dès le lendemain de la révolution bolchevique, le Dr Angelo Solomon Rappoport, juif lui-même, consacrait un livre, Pioneers of the russian revolution, paru à Londres en 1918, à ses coreligionnaires qui avaient participé au combat révolutionnaire. Il y écrivait notamment : « Il n’y avait pas une seule organisation politique de ce vaste empire qui ne fût influencée par des juifs ou dirigée par eux. Le parti social-démocratique, le parti socialiste révolutionnaire, le parti socialiste polonais comptaient tous des juifs parmi leurs chefs. (…) Le nombre des Bundistes arrêtés, emprisonnés et déportés, s’éleva à 1 000 entre les années 1897 et 1900 et à 2 180 entre 1901 et 1903. En tout, de mars 1903 à novembre 1904, 384 prisonniers politiques passèrent par la prison d’Alexandrovskane.

Voici le pourcentage de ces prisonniers suivant leur nationalité : 53,9% de juifs, 26,4% de Russes, 10,4% de Polonais, 5,9% de Géorgiens, 1,5% d’Estoniens, Lettons et Lituaniens. Quant aux femmes, 64,3% étaient juives. Plehve maintenait que 80% des révolutionnaires en Russie étaient juifs. Plus que les Polonais, les Lettons, les Finlandais ou même que n’importe quel groupe ethnique du vaste empire des Romanoff, ils [les juifs] ont été les artisans de la révolution de 1917 ».

Le cadre général étant fixé, nous nous livrerons ces prochains jours à un petit tour d’horizon (succinct) des responsabilités qui furent celles de ces « artisans de la révolution de 1917 ». A tout seigneur, tout honneur, nous commencerons par Leiba Bronstein, dit Léon Trotsky.

Pas mal l’affiche, non ? Ah, ils ne manquent pas de culot, les communistes ! Notez qu’ils auraient tort de se priver. Maintenant qu’on donne même l’un des leurs, Guy Môquet, en exemple dans les lycées…

18/10/2007

ET ENCORE UN ETAGE, UN !

2f7b6d677417780fa183103d5c1137f6.jpgLa 34e session de la Conférence générale de l’UNESCO vient de s’ouvrir à Paris dans une indifférence épaisse. Ce fait est d’autant plus regrettable qu’elle a à son ordre du jour un point dont l’importance n’échappera à personne : mettre la shoah au cœur de la conscience collective.

Eh oui, les survivants – plus de 60 ans après les faits – ont tendance à disparaître. Comment faire pour que le monde entier se souvienne éternellement de la dette qu’il a contractée à l’égard des juifs ? Et bien sûr, agisse en conséquence, notamment à l’égard d’Israël ?

Certes, les machins internationaux qui nous gouvernent ont déjà pris des mesures :

En 2005, l’ONU a institué la journée internationale du souvenir de l’holocauste, le 27 janvier, date de la libération du camp d’Auschwitz

En 2006, l’ONU, décidément très actif dans certains domaines, a voté une résolution condamnant le « négationnisme » sous toutes ses formes.

Mais apparemment, l’édifice reste fragile et il faut sans cesse le consolider. D’où cette nouvelle offensive qui consisterait en ceci : un véritable programme, parrainé par l’UNESCO, (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture), enseignerait aux étudiants DU MONDE ENTIER ce qu’est l’holocauste et ses terribles conséquences.  Ce projet,  baptisé Mémoire de l’holocauste est présenté par Israël, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et … la Russie. Et serait soutenu par 54 Etats (l’UNESCO  compte 193 Etats membres). Nous verrons d’ici le 3 novembre, date de clôture de la Conférence, si le texte est adopté.

Je constate que l’on s’engage de plus en plus ouvertement dans une vision franchement monomaniaque de l’histoire. Les promoteurs de ce genre d’initiatives se rendent-ils compte que devant une telle partialité, elles finissent au mieux par se heurter à une indifférence profonde – car sans cesse remâcher les mêmes choses aboutit à leur complète banalisation – et au pire, à une exaspération de plus en plus affichée?

Car encore, si la balance était équilibrée et si l’on daignait, dans ces hautes instances, se souvenir des crimes d’une autre idéologie, le communisme – et justement en ce mois d’octobre anniversaire de 1917, il y aurait de quoi se souvenir et se lamenter – j’admettrais.

Mais là, franchement, ils nous gonflent.

Songez que l’an dernier, le directeur du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, s’était fendu d’une lettre au directeur général de l’UNESCO, Koichiro Matsuura, pour protester contre « une minute de silence et cinq minutes de prière pour la paix au Liban » organisée par le personnel de l’organisation ! Et l’avait sommé d’y mettre fin, sous peine de voir l’UNESCO « associé aux forces de la haine qui ont provoqué cette tragédie » !     

Vous l’aurez compris, il y a victimes et victimes.

10:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : licra, anne, kling, unesco, shoah

17/10/2007

HAUTE TRAHISON

Je relaie sur ce blog également – car le sujet est vital pour notre pays - l’article suivant de Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, auteur de Droit constitutionnel (Economica, 2007), qui a paru récemment dans Marianne.

« Le projet de « traité modificatif » (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de « mini-traité » ou de « traité simplifié » puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire.

Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l'Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée, car elle aurait manifesté de façon trop criante que l'on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais.

Les rédacteurs ont donc préféré concocter une formule compliquée qui modifie d'une part le traité sur l'Union européenne (traité UE) et d'autre part le traité instituant la communauté européenne (traité CE), lequel s'intitulera désormais « traité sur le fonctionnement de l'Union ». La supercherie apparaît clairement avec la Charte des droits fondamentaux, qui n'est plus incluse dans les traités, mais apparaît dans l'article 6 du texte de la façon suivante : « L'Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux du 7 décembre 2000, laquelle a la même valeur juridique que les traités »   Un traité affirme donc qu'une charte qui lui reste extérieure a cependant la même valeur juridique que les traités qu'il modifie ! On n'a jamais vu de procédé juridique plus tordu, même dans les récentes révisions de la Constitution française qui ont pourtant révélé au plus haut niveau normatif l'invasion de notre pays par le « maldroit ». Le protocole n
̊  7 prévoyant cependant que la Charte ne permet ni à la Cour de justice européenne ni aux juridictions britanniques et polonaises d'écarter l'application d'actes nationaux de ces deux pays jugés incompatibles avec ladite charte, provoque un pincement de coeur. Tout se passe comme si le « non » des Français avait servi à d'autres, mais pas à eux, quelle humiliation !

Le « traité modificatif » modifie bien le traité constitutionnel rejeté en 2005, puisqu'il en enlève un certain nombre de dispositions explicites et dispense la Pologne et le Royaume-Uni du respect de certains engagements. C'est donc une modification par simple soustraction, en ce sens que l'on s'apprête à faire ratifier par le parlement français un traité partiel aux lieu et place du traité complet initial.

Une question fondamentale se pose dès lors : comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l'intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu'il contenait, au motif que celles-ci « n'auraient pas fait l'objet de contestations » ? Chacun a pu constater, durant la campagne référendaire, que toutes les dispositions étaient critiquées : les uns se focalisaient davantage sur la charte des droits fondamentaux et les politiques communautaires, les autres sur les transferts de compétence, le passage de l'unanimité à la majorité et le déficit démocratique, d'autres encore s'offusquaient des principes et symboles fédéraux. On pouvait peut-être apercevoir que le « non » de gauche déplorait davantage la menace sur l'Etat-providence et le « non » de droite la perte de l'Etat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions qu'il aurait rejetées et d'autres qu'il aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. Lorsque l'on sait que la Constitution californienne prévoit qu'une norme adoptée par référendum ne peut être par la suite abrogée ou modifiée que par une autre décision populaire et que la Cour constitutionnelle italienne adopte le même principe, on ne peut qu'être bouleversé par le coup d'Etat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait l'objet d'une approbation implicite des Français, encore faut-il qu'il s'en assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite.

Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d'Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n'y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres ». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française, il convient de s'y conformer et de se tourner plutôt vers l'article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l'actuelle Constitution, range aussi la résistance à l'oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l'homme.

Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l'Etat et garantir l'indépendance nationale. Le terme qui vient à l'esprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de l'Etat, intervenue en février 2007, a substitué à l'antique et belle formule de haute trahison, l'expression affadie et banale de « manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat ». Cela manque singulièrement d'allure et de force, mais l'on s'en contentera cependant, en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification d'un traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable.

Sans insurrection ni destitution, nous n'aurons alors plus qu'à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots. »

Les (très nombreux) commentaires qui ont suivi cet article de Marianne sont souvent intéressants et pertinents. Vous les trouverez sur           http://www.marianne2.fr/index.php?action=article&id_a...

16/10/2007

LE CONGRES JUIF EUROPEEN EN VISITE CHEZ POUTINE

e6420c598c3c72dbfffb8550bb68e92a.jpgUne délégation du Congrès juif européen (CJE), présidé par le russe Moshé Kantor, a été reçue le 10 octobre par Vladimir Poutine au Kremlin. Le président du CRIF et vice-président du CJE, Richard Prasquier, était également présent.

Le site du CRIF nous apprend que Richard Prasquier s’est adressé au numéro un russe « en tant que membre d’une famille exterminée par les nazis ». Il a fait part de son « angoisse » face à la menace nucléaire iranienne et a souligné « le rôle immense » de Vladimir Poutine pour œuvrer à une solution pacifique. Il lui a notamment déclaré : « Je m'adresse à vous en tant que membre d'une famille qui a été exterminée par les nazis pendant la guerre; je ne serais pas né si l'Armée Rouge n'avait pas libéré en 1944 la ville polonaise où mes parents se cachaient. (…) Aujourd'hui, je vis dans l'angoisse car d'autres dirigeants poursuivent des rêves et se donnent les moyens militaires pour que ces rêves soient de nouveau un cauchemar pour nous tous. Je parle, bien sûr, des dirigeants iraniens.(…) J’ai peur, Monsieur le Président, j’ai peur, non pas parce que je suis juif, non pas parce que je suis proche d’Israël, mais parce que mon histoire m’oblige à être lucide, elle m’oblige à refuser avant qu’il ne soit trop tard un monde où des fanatiques religieux puissent imposer leur volonté de mort.

Les leçons de l’Europe d’il y a soixante-dix ans doivent être présentes à nos yeux. Votre rôle, Monsieur le Président, est immense. Nous avons confiance en vous".

Face à ce discours chargé d’émotion, Poutine s’est montré plutôt froid et s’est borné à lire son texte préparé. « Fait très dérangeant pour la délégation, il n’a pas manqué de mentionner la résurgence du néonazisme en Israël…"C’est un joueur d’échec et quand il voit une ouverture, il n’hésite pas à l’exploiter" concède Richard Prasquier qui avoue avoir été embarrassé par cette évocation et cette "utilisation cynique du sujet".

2b4e8e6c13b5ec8b580e7adc43863e81.jpgRichard Prasquier, qui a succédé cette année à Roger Cukierman à la tête du CRIF, s’appelle en fait Richard Praszkier. C’est un article du Monde, daté de 2006, qui nous l’apprend, nous indiquant également qu’il fut l’un des premiers enfants juifs nés après la guerre en Pologne, à Gdansk, le 7 juillet 1945, de parents miraculeusement rescapés du génocide.

Car Dieu merci, sa famille n’a pas été entièrement exterminée par les nazis. Ce même article nous apprend les circonstances de la mort de son père, Joël Prasquier : il « est mort le 3 mai 1986, le soir de la bar-mitsva d’Alain, son premier petit-fils.  Celui qu’on appelait Jurek avait esquissé un pas de danse avec Debora, son épouse, avant d’être terrassé par une crise cardiaque. Terrassé par l’émotion, corrige Richard Prasquier, grand cardiologue parisien : "Car mes parents ont vécu dans l’obsession qu’il n’y aurait jamais plus de juifs en Pologne et qu’ils n’auraient jamais de descendance."

Par l’émotion, sans aucun doute, mais aussi, peut-être, un tout petit peu par l’âge ?

Ce qui est clair en tout cas, c’est que ces émigrés juifs de Pologne, désireux de quitter leur pays en 1946, après la guerre, ont choisi de venir s’établir en France. Une France qui venait pourtant de connaître le régime de Vichy et son cortège d’horreurs...

Source: www.crif.org

15/10/2007

LA PUISSANCE JUIVE DOMINE, A VANITY FAIR

Voilà un titre étonnant, n’est-ce pas ? Je vous rassure tout de suite, il n’est pas de moi – je ne me serais pas permis -, mais du Jerusalem Post qui, lui, a le droit.

La suite, sous la plume de Nathan Burstein, n’est pas mal non plus : "C'est une liste des 100 personnes les plus puissantes du monde, des banquiers, des grands patrons de presse, éditeurs et faiseurs d'image qui façonnent les vies de milliards de personnes.
Un club exclusif, fermé, dont l'influence s'étend sur le monde entier, mais qui est concentré stratégiquement dans les plus hautes allées du pouvoir.

Plus de la moitié sont juifs..."

Oui, oui, vous avez bien lu  : plus de la moitié sont juifs. Pour une population dont nous avons vu en mai dernier qu’elle représentait environ 14 millions de personnes sur un total de 6 milliards 615 millions, soit 1/500e de la population mondiale, avouez que ce n’est pas mal !

56abc69548030d2d7e257b67fc1075a4.jpgCette liste a été publiée par le magazine Vanity Fair qui offre chaque année en octobre à ses lecteurs un classement des 100 personnes les plus « importantes » de la planète. Dont, comme vous devez vous en douter, une large majorité d’Américains.

L’article du Jerusalem Post souligne que cette liste, qui prouve de façon indiscutable une influence énorme des juifs dans la finance et les médias, et qui « semble conforter tous les stéréotypes traditionnels sur la sur-représentation des juifs » n’a pas fait scandale, mais au contraire a suscité fierté et satisfaction. C’est qu’aux Etats-Unis en tout cas, les juifs ne redoutent plus d’être visibles et influents.

Joseph Aaron, l’éditorialiste du Chicago Jewish News, considère dans un article lyrique que cette liste prouve à quel point les juifs sont devenus « vitaux » pour l’Amérique. « Le classement de Vanity Fair, écrit-il, nous en dit très long sur la place des juifs dans ce pays, sur le peuple extraordinaire que sont les juifs ».

D’ailleurs, ce n’est pas vraiment leur faute si les juifs sont si doués pour ce type d'activités liées au pouvoir. C’est à cause des non-juifs. C’est en tout cas ce que souligne Ruth Wisse, professeur de yiddish et de littérature comparée à l’Université de Harvard, et auteur du livre Jews and Power. C’est par nécessité, parce que d’autres carrières leur étaient fermées, que les juifs ont dû se contenter des affaires, des médias, de la finance. Et de la politique, aussi.

Source :  http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1191257286817&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull Comme toujours dans ce genre d’articles, les commentaires sont encore plus révélateurs (près de 150, c’est un sujet qui intéresse…)

Je vous informe que cette liste instructive est consultable sur le site du magazine Vanity Fair http://www.vanityfair.com/politics/features/2007/10/newestablishment200710

14/10/2007

PAS DE DOUTE : LA CAMPAGNE ELECTORALE EST OUVERTE !

fa5710d4cc2f39a63f05de94a423490e.jpgLe CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) est toujours reçu avec empressement par tous les représentants du système, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite ». Françoise de Panafieu, députée de Paris, maire du 17ème arrondissement et présidente de l’UMP de Paris, qui guigne la mairie de Paris l’an prochain, n’a pas manqué ce passage obligé pour se faire élire. Comme vous le constaterez, tout y est.

Recevant en début de semaine le président du CRIF, Richard Prasquier, elle a rappelé son attachement viscéral et indéfectible à Israël. « Elle s’y est rendue deux fois l’année dernière et s’est déclarée très préoccupée par la menace iranienne, pour laquelle « aucune mesure prise n’a été efficace». L’ancienne ministre reste très vigilante face à la montée des actes d’antisémitisme, d’autant plus qu’elle est maire d’un arrondissement où la population juive est importante et celle issue de l’immigration également. Elle a indiqué à Richard Prasquier et Bernard Gahnassia, qu’elle reçoit régulièrement les responsables des cultes pour faire régner l’harmonie et facilite les voyages à Auschwitz car, estime-t-elle, le devoir de mémoire est indispensable.

Françoise de Panafieu a souhaité développer un dialogue régulier et permanent avec les instances du CRIF et a demandé à être prévenue si une dérive raciste et antisémite se produisait à Paris. Elle sera intransigeante et très réactive dans ce combat prioritaire, a-t-elle promis. »

Pour changer d’Auschwitz, je lui suggère de faciliter quelques voyages vers d’autres destinations, les anciens goulags de l’est, par exemple. Eux aussi pourraient faire réfléchir les lycéens et étudiants. Pourquoi toujours les mêmes ?

Source: www.crif.org

12:06 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : licra, anne, kling, panafieu, crif