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20/03/2011

L’INCROYABLE CULOT D’ATTALI

tt.jpgVoilà un type né en 1943 en Algérie, rapatrié en métropole avec sa famille en 1956, qui vient nous donner des leçons d’identité nationale ! Naturellement, il en connaît des tonnes plus que nous sur la question. Comme sur tout le reste, d’ailleurs. Curieusement, sans même s’en rendre compte, à travers toutes ses énumérations, il nous dit justement ce que sont les racines d’un pays, qui sont bien réelles, ne lui en déplaise : tout ce qui, au fil des siècles, a contribué à son histoire et à sa culture. Et, n’ayons pas peur des mots, à sa civilisation.

 

Evidemment, ce qui est fâcheux aux yeux de M. Attali, c’est que les juifs et les musulmans ne figuraient pas à l’époque au tableau d’honneur. C’est bien embêtant, mais la solution est simple : on efface le tableau d’honneur, les racines et le reste, puisque ces chances pour la France n’y figuraient pas encore. Et on ne s’occupe plus que de l’avenir, dans lequel on compte bien s’installer à demeure. Et continuer à dicter ses quatre volontés à ces culs-terreux tellement attachés à leurs racines.

 

Vous ne trouvez pas qu’on commence à en avoir sérieusement marre de ces éternels  donneurs de leçons ?

 

 

« Parlons de l'avenir de notre pays plutôt que de ses racines (Jacques Attali)

 

A quoi sert-il de parler des «racines» d'un pays, comme le font le président de la République et toute la droite, sinon à donner, implicitement ou explicitement, à ceux qui s'y rattachent un droit de propriété sur le pays, ou au moins une priorité sur les autres citoyens? En particulier, parler de racines chrétiennes voudrait-il dire qu'il convient de donner aux chrétiens la propriété de la France, ou au moins une priorité sur les autres citoyens? Mais quelle priorité? Et si un chrétien devenait athée ou musulman ou bouddhiste, perdrait-il ces privilèges? Absurde.

D'abord, jusqu'où s'enfoncent les racines de la France? Jusqu'au paléolithique, quand on identifie les premières populations sur le territoire de ce qui devint ensuite notre pays? Jusqu'à l'an 481, quand un roi franc, Clovis, la conquiert? Ou seulement jusqu'en 1190, quand la France prend ce nom?

Ensuite, de quels peuples les Français d'aujourd'hui sont-ils issus? Toute cette page ne suffirait pas à nommer les Vandales, Burgondes, Alains, Suèves, Bituriges, Arvernes, Eduens, Ambarres, Carnutes, Aulerques et autres qui y ont fait souche! Sans compter, plus tard, des Normands, des Anglais, et tant d'autres.

Enfin, quelles religions se sont succédé sur son territoire? Là encore, il faudrait des pages pour nommer les innombrables variantes de religions celtes, gauloises, grecques, romaines ou juives qui se sont suivies ou ont cohabité sur notre territoire avant l'arrivée des multiples versions du christianisme. Et dans une partie de la France d'aujourd'hui, connue alors sous le nom de Septimanie, des musulmans ont fait souche au VIIIe siècle, avant que la chrétienté n'y soit vraiment dominante. Et si les premiers rois de ce qui deviendra bien plus tard la France ont choisi, au Ve siècle, de devenir chrétiens, l'héritage d'un pays laïque ne se réduit pas à la religion d'un monarque, Clovis, qui a d'ailleurs décidé de devenir chrétien après quinze ans de règne, et surtout pour des raisons politiques, soucieux de l'alliance avec la puissante famille de sa deuxième épouse, Clotilde.

Cela n'est pas propre à la France: si on cherchait les racines d'autres pays, on aurait les mêmes surprises. L'Angleterre porte le nom d'un peuple allemand; l'Allemagne, celui de trois peuples différents, suivant la langue dans laquelle on la nomme; la Russie celui d'un peuple qu'ailleurs on nomme les Vikings.

Il ne faut donc pas jouer avec les mots: la droite ne nous parle des racines que pour nous dire qu'elle refuse les fruits. Mettre en avant l'héritage chrétien du pays, c'est exclure ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette foi, et même ceux qui, chrétiens, ne veulent pas confondre leur foi et leur citoyenneté. C'est d'abord une petite manoeuvre pour exclure les musulmans, ainsi que pour minimiser le formidable héritage des Lumières, qui commencent d'ailleurs en France au XIIe siècle avec l'arrivée, par des traducteurs juifs, de textes musulmans porteurs de la pensée grecque...

C'est de tout cela qu'il faut être fier. C'est cela qui fait la grandeur de ce pays.

Une culture, une religion ou une nation ne peut survivre si elle se préoccupe d'exclure plutôt que de séduire, si sa légitimité se limite à revendiquer une place dans l'Histoire: elle doit revendiquer une place dans l'avenir. C'est pourquoi, au lieu de parler de l'héritage légué par chaque religion, on devrait plutôt évoquer la façon dont la civilisation de notre pays, nourrie notamment du fait religieux, peut répondre aux grandes questions du futur et attirer ceux qui le construiront. »

 

 

Au chapitre inépuisable de ses phrases impérissables, Jacques Attali avait édicté  ce qui suit dans son bouquin « L’avenir de la vie » paru au bon vieux temps de Mitterrand, en 1981 :  

« Dès qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. »

Evidemment, à l’époque, il avait 38 ans. Maintenant qu’il en a 67, il ferait bien de songer à s’appliquer à lui-même ce noble programme. Ca lui éviterait de dire bien des conneries.

 

18/03/2011

ENCORE UNE DOULOUREUSE AFFAIRE D’ANTISEMITISME ?

p90_zvi_ammar1.jpg« Le leader de la communauté juive de Marseille est accusé de blanchiment d'argent. Son avocat a déclaré que cette accusation était ''complètement basée sur des accusations non fondées'' et a décrit la manœuvre comme ''un acte de harcèlement''.

 

Le Président du consistoire de Marseille, qui dirige les congrégations juives d'une province donnée, a été arrêté et inculpé la semaine dernière pour détournements de fonds et blanchiment d'argent.  

 

Les accusations portées contre Zvi Ammar remontent à 2007 lorsque son nom a été relié à une enquête policière concernant le meurtre d'Olivier Plançon, le directeur commercial de la compagnie Mercure International de Monaco. Z. Ammar, qui dirige une autre compagnie, l'International Sports Fashion (ISF), avait fait affaire avec Adnan Houdrouge, le propriétaire libanais de Mercure International. Le meurtre de Plançon avait eu lieu dans un parking détenu par ISF.

 

(…)  La police a longtemps suspecté que le meurtre était lié aux transactions financières ayant lieu entre ISF et Mercure. Houdrouge et Ammar ont ainsi tous les deux été arrêtés à l'époque soupçonnés de blanchiment d'argent et d'implication dans une enquête criminelle. Pour l'heure, les accusés ont toujours formellement démenti les actes d'accusation.

 

Ils ont par la suite été libérés, faute de preuves, avant d'être remis en garde à vue la semaine dernière, en raison de nouveaux éléments permettant de prouver leur culpabilité.

 

Cette semaine, Zvi Ammar a continué à clamer son innocence. Son avocat Gérard Bismuth a déclaré qu'il était surpris par la décision du tribunal et choqué par la façon dont son client était traité. L'avocat a ainsi avancé que son client avait, apparemment, été privé d'eau et de nourriture pendant plusieurs heures en prison.

 

"La montagne a accouché d'une souris. Je suis surpris par cette mise en examen. Elle n'est fondée sur aucune charge précise, sinon quelques allégations non vérifiées", a-t-il ainsi déclaré à la presse locale après l'audience, ajoutant qu'il s'agissait de harcèlement. »

 

« En France, Ammar est considéré comme un porte-parole de la communauté juive et de l’Etat d’Israël. Sioniste ardent, il a augmenté ces dernières années ses investissements en Israël. Il entretient des relations privilégiées avec la classe politique israélienne et est considéré comme un ami proche d’Eli Yishaï. Au fil des années il s’est également lié en amitié avec le Premier ministre Binyamin Netanyahu et les ministres Ehud Barak et Silvan Shalom. Ammar est l’un des généreux donateurs du rabbin Ovadia Yossef et de ses projets religieux, et lui rend souvent visite à Jérusalem. Ces dernières années Eli Yishaï et son épouse passent leurs vacances annuelles ensemble dans la grande villa de la famille Ammar à Marseille et parfois dans sa maison à Jérusalem. »

 

 

Sources : http://www.guysen.com/article_Zvi-Ammar-accuse-de-blanchi...

 

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_arti...

 

15/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 3

Hier, en évoquant Anatol Fejgin, nous avons été amenés à parler de son supérieur hiérarchique, Jakub Berman. Ce dernier figure dans mon livre Révolutionnaires juifs. Pour compléter votre information, je vais reproduire ci-dessous ce que j’en disais alors, quoique le but de l’actuelle série soit essentiellement de présenter des inédits, non évoqués jusqu’à présent:

 

JAKUB BERMAN - 3

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeCe futur ferme soutien de Staline en Pologne naît en 1901 dans une famille juive de Varsovie. Il fait des études de droit et obtient son diplôme en 1925. Il sera ensuite l’assistant du professeur marxiste Ludwik Krzywicki, mais ne finira jamais sa thèse car les impératifs de la révolution commandent.

Il rejoint d’abord les jeunesses communistes, puis le parti communiste polonais en 1928.

 

Sa biographie reste assez floue pendant la dizaine d’années qui suit. Toujours est-il qu’en septembre 1939, les armées allemande et soviétique envahissent de concert la Pologne. Berman se réfugie à l’est du pays, dans la partie occupée par l’URSS. Là, il travaille comme rédacteur d’une revue communiste.

 

En 1941, changement de décor : il se rend à Moscou et devient instructeur du Komintern dans la ville d’Ufa, dans l’Oural. Et c’est la rencontre de sa vie : en décembre 1943, il a l’occasion de s’entretenir avec Staline au Kremlin. Il gagne sa confiance et devient dès cet instant un membre important du nouveau parti communiste polonais, qui va se créer sous l’appellation de parti des travailleurs polonais.

 

Il faut dire que l’ancien parti communiste polonais, accusé de trotkisme, péché capital, avait essuyé l’ire de Staline qui avait fait assassiner en 1937 la plupart de ses dirigeants lors des grandes purges. En 1938, le parti avait finalement été dissout par le Komintern. Il fallait donc reconstruire avec des hommes sûrs. D’où les promotions ultrarapides. Et d’où sans doute le voyage à Moscou et la rencontre avec Staline.

 

Berman va donc retourner en Pologne en 1944 en tant que membre du Politburo du nouveau parti des travailleurs polonais. Les staliniens sont désormais au pouvoir dans ce pays et il formera un triumvirat avec deux acolytes, Boleslaw Bierut et Hilary Minc.

 

Il est chargé de la sécurité intérieure, de la propagande et de l’idéologie. C’est là qu’il va donner toute sa mesure.

 

Considéré comme la « main droite » de Staline de 1944 à 1953, il aura désormais la haute main sur toutes les basses œuvres du régime en Pologne : répression sauvage de tous les opposants réels ou imaginaires, purges au sein du clergé, de l’armée, de la fonction publique, etc. Des dizaines de milliers de Polonais seront victimes de la chape de plomb stalinienne.

 

Hélas, la date de 1953, qui marque la mort du dictateur, marque également celle de la déstalinisation, qui ne débutera réellement en Pologne qu’à la mort de Bierut, en 1956. Berman est dorénavant dans le collimateur. Il sera éjecté du Politburo et peu à peu, de toutes ses fonctions.

Mais c’est tout. Il continuera à travailler tranquillement dans une maison d’édition jusqu’à l’heure de sa retraite, en 1969.

 

Et il mourra toujours tranquillement en 1984.

 

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeJakub Berman avait un petit frère, Adolf Berman, né en 1906, qui ne manque pas d’intérêt lui non plus. Pendant que son grand frère séduisait Staline et travaillait au sein du Komintern, lui, Adolf, s’occupait activement de l’organisation clandestine  Zegota, dont l’objectif était de tirer les Juifs des griffes des Allemands qui occupèrent la Pologne de 1942 à 1945. Membre de Poale Zion, mouvement marxiste sioniste né en Russie, il poursuivra ses efforts après la guerre pour faire pénétrer le plus possible de Juifs polonais en Palestine. Lui-même, face à la répression stalinienne orchestrée dans le pays par son frère, émigrera en Palestine en 1950.

Il aura encore l’occasion de témoigner au procès Eichmann en 1961 et le temps de devenir député communiste à la Knesset. Et d’écrire deux bouquins sur sa vie tumultueuse avant de mourir à Tel-Aviv en 1978.

 

10/03/2011

FAUDRA EN RAJOUTER UNE BONNE LOUCHE

Elle est encore loin du compte. C’est vrai, ça. Elle croyait que c’était arrivé. Mais non, ce qu’elle a dit, c’est juste un bon début. Il faudra en faire plus, bien plus, encore bien des génuflexions et des protestations, et des repentances pour le passé, le présent et l’avenir, avant de pouvoir espérer faire partie du cercle magique des élus. De ceux qui sont admis aux fromages de la république.

 

Donc, Marine Le Pen a finalement vu son émission de dimanche prochain sur Radio J annulée. J’ai lu que cette décision avait été prise « sous la pression de la rue juive ». Elle a bon dos, la rue juive. En réalité, ce sont les officines habituelles, CRIF en tête, Union des patrons juifs de France, Union des étudiants juifs de France, etc. qui ont hurlé à la mort et imposé l’annulation.

 

Ils ont dû trouver que tout ça allait d’un coup trop vite et risquait de brouiller par trop le message. Certes, on peut et on doit faire bouger les lignes, l’intérêt bien compris de tous le commande, mais il convient de faire les choses subtilement. Finalement, ce premier pas raté est une bonne chose. On amorce le poisson et on attend la suite des événements.

 

Si elle est intelligente (enfin, si elle possède la sorte d’intelligence requise par le système, ce qui ne fait aucun doute), elle aura compris qu’il lui faut persévérer dans cette voie de bon sens : ce qu’elle a dit sur la shoah, c’était un bon début. Mais un début seulement.

 

En attendant l’escalade, qui ne saurait manquer, n’oublions pas que si les journaux, magazines, radios, télés « républicains » lui sont ouverts en grand, c’est bien parce que ça ne dérange pas trop la communauté officielle. On le saurait depuis belle lurette, sinon.

05/03/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – EUGEN FRIED ET MICHEL FEINTUCH (8)

Aujourd’hui, pour le week-end, je n’ai pas vraiment envie de me fatiguer, alors je vous offre deux portraits qui trouvent parfaitement leur place dans cette série, et qui sont issus de mon livre Révolutionnaires juifs. Cette fois, nous restons en France :

 

1) EUGEN FRIED, dit CLEMENT, l’agent du Komintern qui fut le vrai chef du PCF

 

tt.jpgCelui qui est systématiquement qualifié d’ « homme de l’ombre » du parti communiste français naît en 1900 dans une famille juive de Slovaquie, alors partie de l’empire austro-hongrois. Il passe son baccalauréat en 1917, année fatidique. Dès lors il ne pensera plus qu’à se joindre aux mouvements révolutionnaires qui embrasent l’Europe centrale.

 

Il participe à la création du parti communiste tchécoslovaque en 1921 et en devient rapidement l’un des responsables. Il intègre par ailleurs le Komintern. 1921 est également l’année où s’organise en France la SFIC – Section française de l’Internationale communiste –vocable très révélateur pour désigner ce qui deviendra quelques années plus tard le PCF.

 

Fried, agent du Komintern, est envoyé en France en 1931 pour « encadrer » le parti dont il deviendra l’un des hommes-clés pendant une bonne dizaine d’années, sous le pseudonyme de Clément.

Sa tâche sera essentiellement de veiller à ce que les ordres de Moscou soient scrupuleusement exécutés. En fait, il contrôle tout l’appareil en sous-main. Si Maurice Thorez, l’ancien ouvrier méritant qui a grimpé tous les échelons du parti, prend la direction de son secrétariat général en mai 1931, ce n’est qu’avec l’assentiment du Komintern et de Fried.

 

Le PCF suivra dès lors fidèlement les injonctions et les fluctuations de Moscou: d’abord politique internationaliste, puis constitution du Front populaire en 1936, puis approbation du pacte germano-soviétique fin 1939, puis virage à 180° en 1941 et résistance aux Allemands.

Fried est toujours au centre de l’action, relayant fidèlement les ordres de Staline. En 1939, il quitte la France, où le parti a été interdit,  pour Bruxelles où il est chargé par le Komintern  de diriger une antenne pour toute l’Europe de l’ouest. Il y vivra avec la première femme de Maurice Thorez, Aurore.

 

Sa carrière d’influent agent de l’ombre va se terminer brutalement par son assassinat en 1943, à Bruxelles. Par qui ? Annie Kriegel avait débuté une biographie de Fried qui sera interrompue par son décès en 1996. Stéphane Courtois la terminera et la publiera en 1997 sous le titre Eugen Fried – Le Grand Secret du PCF. Les deux auteurs semblent attribuer le décès brutal de l’agent aux services spéciaux soviétiques. Ils ont en tout cas déclenché la controverse car la version habituellement admise – et tellement plus politiquement correcte – est d’attribuer la mort de Fried à la police allemande. Qui aurait tendu une souricière, dans cette maison bruxelloise qui servait de relais, sans savoir exactement qui viendrait s’y fourrer.

 

 

2) MICHEL FEINTUCH, dit JEAN-JEROME, agent du Komintern et grand argentier du PCF

 

C’est lui qui succéda après la seconde guerre mondiale et jusque dans les années 1970 à Eugen Fried en tant qu’œil de Moscou rivé sur le parti communiste français.

Le futur Jean-Jérôme naît en 1906 dans une famille juive de Galicie, alors région de l’empire austro-hongrois. Il reçoit une éducation religieuse poussée dans une yeshiva où il apprend le yiddish et l’hébreu.

A la fin de la première guerre, la Galicie redevient polonaise. L’onde de choc de la révolution bolchevique se propage à toutes ces régions où s’organisent des partis communistes. La Pologne ne fait pas exception. Son parti révolutionnaire se crée dès 1918 par la fusion du SDKPiL - fondé par Rosa Luxemburg et Leo Jogiches - et de l’aile gauche du parti socialiste. Feintuch ne tardera pas à le rejoindre.

Il se fait arrêter à diverses reprises en raison de ses activités politiques et syndicales.  Comme de toute façon, il veut échapper au service militaire, il quitte la Pologne en 1927.

Il va vivre dans un premier temps en Belgique, travaillant comme ouvrier, mais il se fait expulser l’année suivante en raison de son activisme. Il passe alors clandestinement en France et va vite se trouver des points de chute grâce au Comité central du PCF. On le retrouve à la Confédération Générale du Travail (CGT) et à la mission polonaise de la Main d’œuvre étrangère (MOE)

Il se fait expulser une nouvelle fois, de France cette fois, en 1931. Mais il ne tardera pas à revenir. C’est qu’entre-temps il est devenu un efficace agent de liaison du Komintern et du Profintern, l’internationale rouge des syndicats, qui avait été créée en 1921 sur proposition de Zinoviev.

Il va travailler de concert avec l’agent du Komintern, Eugen Fried, qui débarque justement en France cette année-là. Tous deux sont au cœur de l’activité du PCF durant ces années d’avant guerre. En 1936 éclate la guerre civile en Espagne. Staline crée les Brigades internationales pour renforcer les républicains et aide ces derniers de multiples façons. Feintuch sera chargé de la logistique de cette aide depuis la France : armes et fournitures en tous genres traverseront la frontière. Mais la République d’Espagne s’effondre en 1939. Feintuch se reconvertit alors dans le passage en sens inverse : il fera traverser clandestinement vers la France des dizaines de milliers d’anciens combattants et de réfugiés.

En juin 1940, le numéro deux officiel du parti, Jacques Duclos, - le numéro un officiel, Thorez, ayant déserté à Moscou - rentre de Bruxelles où il s’était replié avec d’autres dirigeants du PCF, autour de Fried qui, lui, va rester en Belgique, et fait immédiatement appel à Feintuch. C’est à partir de ce moment-là que ce dernier se fera appeler Jean-Jérôme. Il sera d’une très grande utilité au parti alors clandestin : c’est lui qui fournit imprimeries clandestines, argent et organise les caches, notamment dans la banlieue parisienne.  C’est lui aussi qui sera chargé des contacts avec la résistance et les gaullistes.

Il est arrêté par les Allemands en avril 1943, mais assez curieusement, il ne sera pas déporté. Il est libéré en août 1944, en même temps que Paris.

A l’issue de la guerre, Jean-Jérôme aura droit à toute la batterie: Médaille de la Résistance, Croix de Guerre, Légion d’Honneur.

Il continuera après-guerre, et jusqu’au milieu des années 1970, à rendre d’éminents services au PCF, quoique occultes puisqu’il n’avait pas de titre officiel. Brassant de juteuses affaires d’import-export entre la Pologne, la Tchécoslovaquie et l’URSS, il passe pour avoir été l’un des grands argentiers du parti.

Il mourra en 1990, après avoir écrit deux livres de mémoires : La Part des Hommes et Les Clandestins (1940-44).

04/03/2011

GREGOIRE DE TOURS VERSUS SARKOZY

Ce pauvre Sarkozy a fait au Puy-en-Velay dans un registre qui n’est pas vraiment le sien : l’envolée lyrique sur l’âme millénaire et l’héritage chrétien d’un pays désormais saccagé. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y était encore moins crédible que d’habitude, ce qui n’est pas à la portée du premier venu, il faut le reconnaître. Si au moins, il maîtrisait le français, ce serait déjà un bon début !

 

Je voudrais que l’on m’explique ce qu’il entend au juste par la première phrase des extraits qui suivent : « La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture : les présidents d'une République laïque ». Est-ce à dire que les présidents d’une république laïque constitueraient le magnifique héritage de la chrétienté ? C’est une Kolossale finesse ou de l’inconscience pure et simple?

 

Et puis, le pedzouille de service qui lui a pondu son discours a cru malin d’y faire figurer Grégoire de Tours pour illustrer les "racines juives de la France". Ca fait classieux et cultivé. Et ce n’est pas tous les jours qu’on arrive à le placer, celui-là …

Certes, mais s’il s’était donné la peine minimum d’aller un peu aux nouvelles avant, je me demande s’il aurait persévéré. Parce qu’il y a deux colonnes sur Grégoire de Tours dans le bouquin de Blanrue, Le Monde Contre Soi. Et que ce brave historien du haut Moyen-Age n’est pas spécialement tendre à l’égard des juifs, justement.

 

Je ne vais pas tout reprendre, juste ce paragraphe tiré de l’Histoire des Francs :

 

uu.jpg«  … Le roi Gontran, dans la 24e année de son règne [NdA : en 585] partit de Châlons et vint dans la ville de Nevers. Il était invité à se rendre à Paris pour tenir, sur les fonts sacrés du baptême, le fils de Chilpéric, nommé Clotaire. En partant de Nevers, il vint à la ville d’Orléans, où il se mit en grand crédit auprès des citoyens, car il allait dans leurs maisons lorsqu’ils l’invitaient, et acceptait les repas qu’ils lui offraient. Il en reçut beaucoup de présents, et sa bienveillante libéralité les leur rendit avec abondance.

 

Lorsqu’il arriva à la ville d’Orléans, c’était le jour de la fête de St Martin, c’est-à-dire le 4e jour du 5e mois ; une immense foule de peuple alla à sa rencontre avec des enseignes et des drapeaux en chantant ses louanges. Elles retentissaient de diverses manières, en langue syriaque, en langue latine et même en langue juive. Tous disaient : Vive le roi ! Que durant des années innombrables sa domination s’étende sur les peuples divers ! Les Juifs aussi, qu’on voyait prendre part à ces acclamations générales, disaient : Que toutes les nations t’adorent, fléchissent le genou devant toi, et que toutes te soient soumises !

 

D’où il arriva qu’après avoir entendu la messe, le roi étant à table dit : Malheur à cette nation juive, méchante et perfide, toujours fourbe par caractère ! Ils me faisaient entendre aujourd’hui des louanges pleines de flatterie, proclamant qu’il fallait que toutes les nations m’adorassent comme leur seigneur, et cela afin que j’ordonnasse que leurs synagogues, dernièrement renversées par les chrétiens, fussent relevées aux frais du public ; ce que je ne ferai jamais car le Seigneur le défend.

 

Ô roi en qui éclatait une admirable prudence ! Il avait bien compris l’artifice de ces hérétiques, qu’ils ne purent rien lui arracher de ce qu’ils comptaient lui demander. »

 

Amusant, non ? Certes, ce n’est pas du Galliano dans le texte, mais enfin …

 

 

« Nicolas Sarkozy rappelle qu’il a salué les racines juives de la France

 

Extraits du discours du président de la République, jeudi 3 mars 2011, au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

 

« La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture : les présidents d'une République laïque. Je peux dire cela, parce que c'est la vérité. Je ne fais pas de prosélytisme, je regarde simplement l'Histoire de notre pays. Une fois dit cela, je veux dire que la France a puisé à d'autres sources : il y a quelques semaines, j'ai reconnu et salué les racines juives de la France. Grégoire de Tours, le plus ancien de nos historiens, qui dans les mêmes pages de son Histoire des Francs, parle pour la première fois non seulement du sanctuaire du Puy-en-Velay mais de la synagogue de Clermont ! C'était en Auvergne déjà et Grégoire de Tours écrivait il y a près de 15 siècles ! C'est la France. La France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines…

 

J'étais venu ici devant vous pour dire que la France a un patrimoine qu'elle entend préserver. J'étais venu vous dire que la France a un héritage qu'elle doit partager. J'étais venu vous dire que la France a une identité dont elle doit être fière, mais ici, au Puy-en-Velay, peut-être un peu plus qu'ailleurs, il est évident que la France a aussi une âme. »

 

Source: http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

24/02/2011

« Anne Sinclair tacle Sarkozy sur son blog »

 

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Mignons tout plein, non? La "gauche" dans toute sa spendeur. ils en ont de la chance, les militants du PS!

 

 

Bon, l’info date d’il y a quelques jours mais je l’avais gardée sous le coude parce qu’enfin, faut quand même pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages…. Et ce serait juste un peu ce que la moitié du président du FMI – tous deux somptueuses icônes de la gauche caviar dorée sur tranche, s’il en est – se permet de faire. Et de donner des leçons du haut de sa grandeur en oubliant quelques menus points de détail issus d’un passé proche que je me ferai un devoir de rappeler ensuite. D’abord l’info :

« Il est soumis au devoir de réserve sur la politique nationale, contrairement à sa femme... Quelques heures avant l'intervention de Dominique Strauss-Kahn sur France 2 dimanche soir, son épouse, Anne Sinclair s'est lâchée sur son blog. Sans le citer nommément, elle accuse Nicolas Sarkozy de «jouer avec le feu» en ouvrant un débat sur l'islam. «Voici qu'après les malheureuses tentatives pour affoler les esprits sur l'identité nationale, après la loi sur la burqa, les dérapages sur les Roms, on nous annonce de toute urgence un débat national sur l'islam», déplore-t-elle. «Et après tout le fracas qui a déjà eu lieu, quel résultat? Marine Le Pen à 20% dans les sondages. Belle réussite. Certains à droite comme Alain Juppé s'émeuvent à juste titre devant la perspective de remuer encore une fois cette trouble marmite », poursuit-elle, sans langue de bois ». (http://fr.news.yahoo.com/82/20110222/tfr-anne-sinclair-tacle-sarkozy-sur-son-4abdc0f.html )

Trouble marmite ? Quel culot ! A qui la faute ? Mme Strauss-Kahn a sans doute oublié qu’il fut un temps pas si lointain où elle s’appelait Mme Ivan Levaï, du nom d’un journaliste particulièrement percutant dans ses analyses. Dans La France LICRAtisée, au chapitre Vive l’immigration massive !, je rappelais ce qui suit à propos de ce bobo très pontifiant (nous sommes en 1984) :

« Commence également à se poser avec de plus en plus d’acuité le problème de la délinquance liée à l’immigration, même s’il s’agit là d’un sujet particulièrement tabou. Le journaliste Ivan Levaï, membre du comité directeur de la LICRA, se plaint en novembre 1984, lors d’un dîner-débat sur le droit à la différence, de ce qu’à cause de Le Pen, le « terreau de l’insécurité »’  soit devenu un problème politique. Et il cite à titre d’exemple le nombre d’interpellations sur la sécurité à l’Assemblée nationale, qui est passé de 7 en 1976 à 83 en 1982 ! Ivan Levaï y voit d’office l’effet Le Pen, qui n’avait pourtant, en 1982, pas encore opéré sa grande percée. N’aurait-il pas été plus pertinent d’y voir plutôt une montée bien réelle de l’insécurité ? Une insécurité qui ne fera que croître par la suite, alors qu’il était possible de l’endiguer dès ses débuts par une politique de fermeté à l’égard des délinquants.

Un tel refus de voir la réalité en face est assez sidérant. Et l’on mesure à quel point Jean-Marie Le Pen a joué un rôle essentiel pour la gauche. En rejetant tous les problèmes de l’immigration sur lui – problèmes dédaigneusement qualifiés de « fonds de commerce du FN » - elle a surtout évité d’avoir à les affronter, et plus encore, à les résoudre. C’est simple, si Le Pen n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer. 

 

(…)

Avec près de vingt années de recul, il est extraordinaire de constater dans le texte l’arrogance de certains journalistes donneurs de leçons à partir de leur microcosme parisien. Ainsi, sous le titre Banalisation dangereuse du racisme, on peut lire dans Le Droit de Vivre [journal de la LICRA] ces propos d’Ivan Levaï, encore lui :

« Le journaliste que je suis est un témoin. Je constate que l’immigration est l’un des thèmes forts des élections de mars 1986. Certains, dans leur logique discriminatoire, voudraient exclure les étrangers. Je viens de déjeuner avec Yves Montand. Faudra-t-il expulser les Italiens de cette génération ? Demandera-t-on à Isabelle Adjani, Marie-José Nat et bien d’autres, de quitter le pays ? »

Incroyable à la fois de suffisance et de mépris pour les "moisis", non ? C’est grâce à des gens comme ça et au boulot des officines spécialisées - sans oublier la classe politique qui pour avoir la paix a totalement abdiqué - que nous sommes dans la mélasse – ou la « trouble marmite » - aujourd’hui. Cela fait plus de 25 ans que les mêmes, très largement issus d’une minorité extrêmement minoritaire quantitativement dans le pays, nous imposent leurs dogmes, leurs diktats, leurs quatre volontés. Et ça continue, bien tranquillement. Pourquoi se gêner ? « Ils » sont tellement cons …

 

04/02/2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME - CHARLES RUTHENBERG – MAX SHACHTMAN (5)

Les mouvements anarchistes et socialistes qui ont préparé la voie au communisme proprement dit n’ont jamais eu beaucoup d’audience aux Etats-Unis. Il n’empêche qu’ils ont tenté leur chance avec conviction et ont même bénéficié de bien des sympathies dans la « communauté ». N’oublions pas de citer les très célèbres Alexander Berkman et Emma Goldman, une pétroleuse de la plus belle eau, qui dirigèrent de concert le mouvement anarchiste américain jusque dans les années 1930-40.

Et n’oublions pas davantage que les financiers de Wall Street et d’ailleurs - comme Jacob Schiff ou Olaf Aschberg - financèrent largement la révolution bolchevique. Trotski vint à New York au début de l’année 1917 faire la tournée de ses généreux mécènes et ne repartit pas les mains vides.

Mais finalement, si les financiers voulaient bien profiter d’un nouveau et immense marché, une fois le tsar déboulonné et les petits copains installés à sa place, ils ne tenaient pas tant que ça à voir le paradis rouge s’installer à domicile. Ils préféraient de loin voir leurs amis exercer leurs talents dans le vieux monde.

Le parti communiste américain (Communist Party of the United States of America, CPUSA).fut créé en septembre 1919  à Chicago par des militants du parti socialiste. La Troisième internationale venait de se créer et Lénine battait le rappel des partis frères.

 

Nous allons laisser de côté les nombreuses péripéties qui émaillèrent cette naissance pour nous intéresser au premier chef à celui qui est considéré comme le créateur du CPUSA et qui fut son premier secrétaire général: Charles Ruthenberg, qui naît en 1882 dans une famille juive d’origine allemande. Il entre au parti socialiste américain en 1909 où il ne tarde pas à prendre des responsabilités et où il se signale par sa radicalité.

usa,communisme,juifs,activisme,ruthenberg,shachtman,anne kling,france licratiséeLa rupture avec les socialistes et la décision de sauter le pas vont intervenir en septembre 1919 à la suite de nombreux conflits et échauffourées diverses dans le milieu ouvrier. Le parti communiste est créé dans la foulée.

Dès le départ, il sera secrètement financé par l’URSS. Wikipédia nous dit que « La documentation des anciens États soviétiques, ouverte depuis 1991, confirme le rôle de l'argent soviétique dans les activités internes et externes du CPUSA. Les fonds servirent au traitement d'organisateurs salariés, à la publication de journaux imprimés et d'autres activités de propagande, et servit à influer sur des syndicats, des fraternités étudiantes et des associations éducatives. Parfois, ces fonds étaient donnés avec un blanc-seing, mais souvent, le Kominterm imposait qu'ils fussent employés à l'un ou l'autre usage. Bien que le CPUSA ait décliné en influence et en activité dès les années 1950, les documents récemment déclassifiés révèlent la présence de transferts soviétiques jusqu'en 1987. »

Ruthenberg dirigea les premières années du parti et mourut prématurément en 1927 à Chicago d’un problème d’appendicite. Ses cendres furent placées dans le mur du Kremlin, un honneur réservé aux meilleurs.

usa,communisme,juifs,activisme,ruthenberg,shachtman,anne kling,france licratiséeMax Shachtman incarne quant à lui la génération suivante. Il naît en 1904 en Pologne dans une famille juive qui émigre aux Etats-Unis dès 1905. Il s’intéresse très tôt au marxisme et adhère à l’une des branches du communisme dès 1921. Dans un premier temps il s’occupe des jeunesses communistes. Il devient également journaliste.

En 1928, quoique membre du comité central, il est expulsé du parti communiste, avec d’autres, en raison de leurs sympathies affichées pour Trotski, la bête noire de Staline. Il crée alors la Ligue communiste d’Amérique (Communist League of America - CLA).

 

Les contacts vont dès lors se multiplier avec les trotskistes d’autres pays. Et les disputes également. Des fractions se créent, des tensions se creusent, des egos s’affrontent.

Les Etats-Unis vont être, comme bien d’autres pays, le théâtre des luttes plus ou moins souterraines entre staliniens et trotskistes, qu’il serait parfaitement fastidieux de détailler ici. Shachtman sera le principal représentant des trotskistes américains jusqu’à une brouille avec le grand homme (grand assassin, plutôt) en 1938, deux ans avant son exécution à Mexico par le truchement d’un funeste coup de piolet.

 

Shachtman a encore une longue carrière d’activiste de gauche devant lui, quoique virant vers la fin du côté de la social-démocratie. Il meurt en 1972.