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13/02/2012

L’ « ENTERTAINMENT » EN POLITIQUE …

… et ses limites …

 

 

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Le 28 janvier 2010, je rappelais, à propos d’un article sur Obama, un papier plus ancien encore, paru dans Le Monde. En cette période électorale, je vous le laisse redécouvrir, ça vous fera rire (jaune, hélas).

 

Eh oui, les temps ont passablement changé depuis cette heureuse époque pourtant pas si lointaine où les politiques faisaient leur cinoche devant les foules éblouies : un bon acteur, une bonne histoire, un bon récit … On a vu ce que ça a donné. Pour les histoires, ils sont encore assez fortiches. Mais hélas, trois fois hélas, même les meilleurs spécialistes d’Internet, recrutés à grand frais avec l’argent sorti de la poche des contribuables, finissent un jour ou l’autre par se casser le nez et les dents sur les réalités non virtuelles.

Revoilà donc des extraits de cet article qui a maintenant deux ans :

 

(…) Bon, toutes ces petites péripéties d’un système en pleine déliquescence ne me font pas trop de peine et si je les énumère, c’est pour mettre en relief un article du Monde que j’ai retrouvé en rangeant mes petits papiers et qui m’a bien fait marrer : sous le titre « La campagne de M. Obama inspire les conseillers de M. Sarkozy », en date du 4 novembre 2008, on pouvait lire des perles du genre :

 

« Et s'il y avait une recette à importer ? Le phénomène Obama fascine la classe politique française, à droite comme à gauche, et surtout... à l'Elysée. Pierre Giacometti, ancien directeur d'Ipsos devenu conseiller politique de Nicolas Sarkozy, revient d'une semaine d'immersion dans l'équipe de campagne de Barack Obama : "embedded" pour le compte du président français, qui réfléchit à la refonte stratégique de l'UMP et... à sa future campagne présidentielle. (…)

 

Mais les Français sont encore très loin de l'ultra-professionnalisation des politiques américains. "Obama, c'est l'"entertainment" en politique, analyse Christophe Lambert, communicant, membre de la cellule stratégique de l'UMP. Il applique les lois du cinéma à la politique. Un bon acteur, une bonne histoire, un bon récit. Obama, c'est la cohérence entre le héros et un scénario. C'est une superproduction politique, l'histoire d'un héros qui incarne la promesse d'une Amérique nouvelle. Il a compris, comme Nicolas Sarkozy, qu'il fallait faire de la politique un spectacle."

Pour les communicants français, les succès de M. Obama tiennent dans le recrutement, dans la société civile, des meilleurs spécialistes d'Internet, de la communication, de la publicité, des sondages, des finances, de l'économie ou encore de la diplomatie.

Xavier Bertrand, le ministre du travail, qui rêve d'un grand destin avait, lui, envoyé son chef de cabinet, Michel Bettan. "C'est le seul événement politique planétaire, analyse M. Bettan. Quatre jours de spectacle regardés par le monde entier ; 75 000 personnes qui déferlent sur la ville. L'équipe d'Obama ne laisse rien au hasard. Même lorsque le spectateur croit à la spontanéité, même lorsque ce sont de simples citoyens qui interviennent, tout a été préparé en amont par les équipes d'Obama."

Rigolo, non ? Le big problem, c’est que la politique-spectacle n’a qu’un temps, de plus en plus court d’ailleurs. Même aux States, ils s’en sont rendu compte. Quand derrière le show, il n’y a RIEN, ou pas grand-chose, les cochons de payeurs finissent par se mettre en colère. 

Et les grands communicants se prennent une gamelle.

 

08/02/2012

LES ALTERNATIFS (1)

C’est une nouvelle rubrique que je vous propose à partir d’aujourd’hui. Contrairement à ce que la lecture de la presse-Pravda pourrait laisser supposer, les juifs sont loin d’être tous sur la même longueur d’onde. Et un nombre appréciable d’entre eux font entendre des voix discordantes souvent emplies de bon sens, s’agissant d’Israël, de la shoah, des ingérences insupportables au nom d’un « devoir de mémoire » éternellement remis sur le tapis, etc, etc.

 

Comme nous, ils ont peu voix au chapitre et on ne les entend guère sur les autoroutes de l’information. Plutôt sur les chemins de traverse. Mais ils existent, c’est l’essentiel. Je les ai donc appelés les alternatifs. Nous les passerons en revue, au fil des jours.

 

Ces voix discordantes par rapport à l’ultra-sionisme échevelé et forcené type CRIF ou LICRA existent également en Israël. Sans surprise, elles s’opposent à la politique des fous furieux du gouvernement. On les trouve plutôt à gauche et en particulier au journal Ha’aretz, bête noire de Netanyahu. Ce dernier aurait carrément déclaré à la mi-janvier, lors d’une soirée  au congrès de la Wizo à Tel Aviv, que « les journaux Haaretz et New York Times sont les plus grands ennemis d’Israël », ajoutant que « Les journalistes du monde entier les lisent chaque matin et s’appuient sur eux pour leurs informations et leurs campagnes anti-israéliennes. »

 

Je n’ai pas l’intention de me livrer à une enquête approfondie sur tous les personnages qui seront évoqués, mais plutôt d’apporter un éclairage sur certains éléments intéressants et révélateurs qui permettent de nuancer la perception des choses.

 

Aujourd’hui, intéressons-nous à une journaliste israélienne qui a publié il y a quelques jours, justement dans Ha’aretz, un article qui passerait pour antisémite s’il sortait de ma plume. Mais il a fait des remous sous la sienne aussi. Contrairement à ce que je disais plus haut, elle est également journaliste à la télévision et a donc une large surface médiatique. Je l’ai cependant retenue pour la teneur de ses propos:

 

Merav Michaeli:Israel's never-ending Holocaust”

 

Elle y commente un récent sondage selon lequel les juifs israéliens estiment quasi unanimement – à 98% ! - que le principe qui doit guider le pays - et même le judaïsme - est la mémoire de l’holocauste. (“The issue that should have sparked panic in the survey is the total consensus among Israeli Jews - regardless of religious, ethnic or political differences - that the "guiding principle" for the country and for Judaism itself is "to remember the Holocaust." Ninety-eight percent of the respondents consider it either fairly important or very important to remember the Holocaust, attributing to it even more weight than to living in Israel, the Sabbath, the Passover seder and the feeling of belonging to the Jewish people.”)

 

La journaliste s’interroge sur le devenir d’un peuple qui ne se définit qu’à travers un traumatisme. Certes, ce traumatisme a constitué le facteur déclenchant de la création de l’Etat, mais depuis lors, jamais ce peuple n’a cessé de s’estimer persécuté et menacé, encouragé en cela par ses dirigeants qui y ont trouvé avantage à tous points de vue.

L’holocauste constitue l’unique prisme au travers duquel est examinée chaque situation. Un prisme qui déforme la réalité et conduit à des conclusions erronées, du style « toutes nos vies ne sont qu’une longue shoah ». Affirmation que d’aucuns – et notamment certaines autorités religieuses – ne craignent pas d’asséner à tout propos. Un dolorisme fort peu en rapport avec la réalité.

Et pourtant, les survivants ont été fort mal traités dans le pays, Merav Michaeli ne se fait pas faute de le rappeler. Et ce, en dépit des sommes faramineuses destinées aux « réparations » déboursées par les contribuables des pays européens considérés comme coupables. Non seulement les survivants ont été mal traités dans le passé, mais ils continuent à l’être*, alors que dans le même temps le gouvernement se sert de leur  traumatisme pour justifier son bellicisme actuel. Et continuer à percevoir de juteuses royalties.

Pour cette énorme proportion de juifs israéliens, Israël n’a pas de rivaux, d’adversaires ou même d’ennemis. Il a bien pire. Enfermés dans leur paranoïa, ils ne perçoivent le monde autour d’eux que comme autant d’« Hitlers » toujours menaçants. Une psychose collective soigneusement entretenue dès l’école et la visite obligée des camps, qui conduit fatalement les jeunes Israéliens à assez peu se préoccuper des souffrances des autres nations.

Elle estime en conclusion que « Nos dirigeants ont réduit le judaïsme au rang de syndrome post-traumatique et nous engagent sur le chemin de l’autodestruction ».

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/israel-s-never-ending-holocaust-1.409942

* Archives du blog : 12/9/09 ; 6/4/10 ; 11/4/10. 

03/02/2012

TENUE TRAGIQUE AU B’NAI B’RITH : 0 GOY

Là je m’amuse à plagier le titre de Libération qui exhalait hier toute son horreur devant les frasques viennoises de la fille de son père sous le titre propre à rappeler les zeures les plus sombres etc, etc, de :

« Bal tragique à Vienne: 0 juif »

Oui, fifille a commis l’impardonnable forfait – histoire sans doute de rééquilibrer un peu les plateaux de la balance qui penchaient trop visiblement d’un côté – d’aller valser à Vienne le 27 janvier dernier. Elle aurait pourtant dû savoir qu’il est strictement interdit de danser un 27 janvier. Car ce jour-là, en 1945, il y a 67 ans, l’Armée rouge a libéré Auschwitz.

Ecoutons Libé se tordre les mains: « … elle virevoltait à Vienne dans un bal organisé par les nostalgiques du IIIème Reich, et plus précisément par Olympia, une corporation d'extrême droite qui a la sympathique particularité d'être fermée aux Juifs et aux femmes. Face à la dénonciation par SOS Racisme de cette ignominie, Marine Le Pen, comme à son habitude, a tonné, dénoncé, menacé. »

Je retiens qu’il est ignominieux d’être fermé aux juifs et aux femmes. Certes, ce n’est pas très gentil pour les femmes. Mais s’agissant des juifs, je rappelle quand même au journaliste de Libé qui peut-être l’ignore, que le B’nai B’rith, lui, est parfaitement fermé aux non-juifs. Alors, de deux choses l’une : ou c’est tout aussi ignominieux que dans le cas d’Olympia. Ou ça ne l’est ni dans un cas, ni dans l’autre.

Après tout, on peut imaginer d’avoir envie de se retrouver entre soi, pas vrai ? Si les francs-maçons du B’nai B’rith préfèrent se retrouver entre juifs et refuser tous les autres, pourquoi pas ? C’est leur droit et ça ne me choque pas. A condition que les autres aient le droit d’en faire autant, sans provoquer les hurlements des gazettes qui pratiquent un peu trop visiblement les indignations à géométrie variable. Non, ce n’est pas vrai ? J’ai dit une bêtise ?

Ce qui nous ramène au titre : dans les tenues maçonniques du B’nai B’rith il y a toujours 0 goy. C'est aussi une tragédie. Mais  personne n'en parle jamais.

23/01/2012

DERIVE PRO-SIONISTE D’UNE CERTAINE « EXTRÊME DROITE »

Etant donné la teneur de plusieurs commentaires récents, je crois utile, afin de rafraîchir certaines mémoires, de republier un texte bien éclairant de Pierre Vial, qui date du 5 juillet 2010 mais qui est toujours d’actualité.

Ce texte figure ci-après. Vous le compléterez fort utilement en allant sur le lien suivant:

http://www.terreetpeuple.com/reflexion/collabos-et-renegats/cette-extreme-droite-pro-israelienne.html

 

« Grandes manoeuvres juives de séduction à l'égard de l'extrême droite européenne (Terre & Peuple Magazine n°44- Eté 2010)

Au sein de la communauté juive, beaucoup s’inquiètent des sombres perspectives qui s’offrent à elle. En Israël, où l’évolution démographique, compte-tenu des différences de taux de natalité chez les Juifs et chez les Arabes, va donner arithmétiquement à ces derniers, à plus ou moins long terme (en fait, dans quelques années), une position majoritaire.

Qu’adviendra-t-il le jour où cette masse se révoltera violemment ? La situation est tout aussi inquiétante en ce qui concerne la diaspora : en France et dans bien d’autres pays où l’immigration arabo-musulmane progresse sans cesse, les Juifs ressentent un sentiment d’insécurité. A juste titre car ils peuvent s’attendre à courir de graves dangers si l’impact du conflit du Proche-Orient met le feu aux  poudres à l’échelle de la planète, la communauté juive devenant alors la cible de règlements de compte sanglants.

Face à ces menaces, qui ne relèvent en rien de la science-fiction, certains milieux juifs ont le souci, pour renforcer leur potentiel “militaire” d’autodéfense, de faire flèche de tout bois, y compris en essayant de trouver des alliés – ou plutôt des troupes  supplétives, de style “harkis” – au sein de l’extrême droite européenne. En utilisant un argument simple mais efficace auprès des naïfs : tous ceux qui ont à faire face à la menace arabo-musulmane doivent s’unir à travers le monde, en oubliant d’éventuels griefs qui sont désormais d’importance secondaire.

La stratégie est ancienne. Ceux qui ont vécu l’époque de la guerre d’Algérie peuvent se souvenir de certains faits révélateurs : le soutien apporté par Jean-Marie Le Pen à l’expédition de Suez à laquelle il participa et qui fut montée pour aider Israël contre l’Egypte ; le rôle, dans le camp “Algérie française”, de Jacques Soustelle, par ailleurs président de l’Alliance France-Israël ; la participation active (et efficace) à l’OAS de Juifs pieds-noirs. Aujourd’hui, avec la présence massive d’immigrés d’Afrique du Nord et d’Afrique noire, l’argument de “l’union sacrée” entre Juifs et Européens a pris un poids nouveau (d’autant plus nécessaire qu’après la “grosse bavure” contre les navires cherchant à gagner Gaza, Israël bat le rappel de ses fidèles). Cet argument est mis en avant par des gens dont certains sont déjà bien connus au sein de l’extrême droite européenne et dont d’autres méritent de l’être. Car leurs éventuelles dupes doivent être mises en garde.

Passons rapidement sur les plumitifs. Après les ouvrages (par ailleurs bien documentés) d’Alexandre del Valle (pseudonyme), qui lui permirent d’être bien accueilli dans divers cercles d’extrême droite (jusqu’au jour où l’on apprit qu’il était invité à prendre la parole aux réunions du B’naï B’rith…), après La nouvelle question juive de Guillaume Faye (2007), qui sema la consternation chez ses plus vieux amis, après le soutien constant apporté à Israël par une presse dite “de droite” – dont le fleuron est sans doute Valeurs actuelles, sous la houlette d’un François d’Orcival qui cherche depuis si longtemps à faire oublier ses engagements de jeunesse – une offensive d’une tout autre ampleur est désormais engagée. Il s’agit de l’opération Zemmour.

Ce journaliste, qui a participé le 13 février 2002, avec Michel Gurfinkiel (de Valeurs actuelles), à une réunion de la loge “France” du B’naï B’rith, est une plume vedette du Figaro et un chroniqueur quotidien très écouté de RTL. Il a le grand mérite d’énoncer sans complexe quelques vérités simples concernant l’immigration-invasion. Par exemple, dans Petit frère (un roman axé sur l’assassinat d’un jeune juif par un jeune arabe, ami d’enfance), il décrit ainsi la France : “Un pays d’Arabes et de Noirs. Des millions et des millions. Ils tirent la France vers le bas. Avec eux, on devient un pays du tiers-monde. Les Français ont peur d’eux. Ils n’osent plus rien leur dire”. Ce qu’il résume par une formule-choc : “Nous vivons la fin de l’empire romain” (Actualité juive, 9 novembre 2006). Tout cela est évidemment bien vu et il est utile de le dire. Mais…
La bonne question est : pour qui, pour quoi roule Zemmour ?

Il rappelle volontiers ses origines : “Mes ancêtres étaient des Juifs berbères” (RMC, 7 janvier 2008). Sa famille séfarade installée en France lors de la guerre d’Algérie, il a vécu son enfance et sa jeunesse à Drancy au coeur de la communauté juive locale, en faisant toutes ses études dans des établissements confessionnels donnant une éducation juive traditionnelle.

Il a appliqué le principe d’endogamie, vital pour toute communauté, en épousant une séfarade, Mylène Chichportich. Il ne cache pas ses liens sentimentaux forts avec sa communauté d’origine (ce qui est bien normal). Lorsqu’a couru le bruit que ses déclarations fracassantes allaient provoquer sa déchéance professionnelle, on a vu se mobiliser beaucoup de gens, en particulier sur le net, pour signer des pétitions de soutien en sa faveur. Est-ce pour cette raison que Zemmour n’a subi finalement aucun ennui ? Nous n’aurons pas la naïveté de le croire. Nous pensons qu’il y a une « opération Zemmour » destinée à susciter au sein de la droite de la droite une sympathie pour le message qu’incarne Zemmour : face à l’immigration-invasion, union sacrée des Européens, des Américains et des Juifs (Israël étant “le bastion de l’Occident” face à l’islam, qu’il faut donc soutenir inconditionnellement).

Ficelle assez grosse, qu’a raison de pointer du doigt Henry de Lesquen : “Zemmour est la sucrette qui fait passer le poison de l’idéologie dominante. (…) Il est devenu une « icône » pour la droite de la droite, pour une foule de braves gens qui s’imaginent sans doute que le salut vient encore aujourd’hui des juifs, comme il y a 2 000 ans”. Qui en profite ? “Le système dans son ensemble, qui a missionné le berger Zemmour pour conduire les brebis de la droite dans les filets du politiquement correct” (La voix des Français, mai 2010).

Sur le plan purement politique, l’opération de séduction fonctionne bien. Assurée par des relais au sein de mouvements d’extrême droite. Ainsi Fernand Cortès, tête de liste dans l’Aude d’une Ligue cache sexe du Bloc Identitaire aux dernières élections régionales a signé la pétition “Raison
garder” lancée par des sionistes “de droite”. Il explique ainsi la position du Bloc Identitaire : “Ses relations avec la communauté juive sont bonnes (je suis bien placé pour en parler car je suis à l’origine de leur développement) et elles deviennent excellentes car de très nombreux Juifs deviennent sympathisants du BI et le soutiennent résolument”. Interrogée par des militants au sujet de cette déclaration, la direction du Bloc est restée muette. Qui ne dit mot consent…

Au Front National, Marine Le Pen, elle, a annoncé la couleur : elle est membre du groupe Europe-Israël au Parlement européen, a souhaité (en vain jusqu’à présent) faire pèlerinage en Israël et, si l’on en croit Marc George, ex-secrétaire général d’Egalité et Réconciliation, le mouvement d’Alain Soral, celui-ci a mis en contact Marine avec Gilles-William Goldnadel, ultra-sioniste et “agent israélien notoire” (Rivarol, 14 mai 2010). Quant à Bernard Antony – brouillé avec le FN en raison de certaines prises de position de Marine – il n’a jamais caché qu’en tant que chrétien il était fondamentalement attaché aux sources juives du christianisme – ce qui est parfaitement logique.

Le plus important n’est sans doute pas là. Il est dans le travail d’influence mené par certains agents d’Israël dont le prototype est un certain Patrick Brinkmann. Celui-ci, officiellement citoyen germano-suédois, dispose de fonds très importants censés provenir de sa (grosse) fortune personnelle…

Il a commencé par bien cacher son jeu. Après avoir assisté à la Table Ronde de Terre & Peuple en 2006 et s’être déclaré très favorablement impressionné par cette réunion, Brinkmann avait manifesté la volonté de créer une structure de liaison et de coordination entre le plus grand nombre possible de mouvements identitaires européens, baptisée Kontinent Europa Stiftung (“Fondation Continent Europe”), qui devait prendre l’initiative d’activités internationales axées sur l’identité européenne (voir Terre & Peuple Magazine, n° 32, été 2007). Cette initiative parut tout à fait sympathique et fut donc approuvée par Terre et Peuple, en France, le Thule-Seminar en Allemagne, Tierray Pueblo en Espagne. Mais lorsque les dirigeants de ces mouvements proposèrent d’organiser une première rencontre européenne destinée à faire connaître la KES, Brinkmann tergiversa longuement. Tout en manifestant progressivement, en contradiction avec ses premières déclarations, des prises de position tellement ambiguës qu’on pouvait se poser des questions sur ses véritables motivations.

Si bien que Pierre Vial (Terre et Peuple) et Pierre Krebs (Thule-Seminar) décidèrent de rompre leurs relations avec lui. Tout s’éclaira récemment lorsque Brinkmann annonça son intention de financer largement, en Allemagne, certaines campagnes électorales de mouvements “de droite” très hostiles à l’islam, à condition que les organisations profitant de ses largesses affichent leur soutien à Israël. Il a explicité son point de vue en déclarant à une agence de presse : “Notre culture européenne est judéo-chrétienne (…) C’est une chance que le destin des juifs et des chrétiens soit entrelacé (…) J’ai visité Israël, je suis allé à Yad Vashem non comme un touriste mais pour pleurer. (…) Le judaïsme va de pair avec la culture européenne”. Dans la foulée, il a annoncé qu’il organisait pour 2011 un “pèlerinage européen” à Jérusalem, car il faut “une entente entre l’Europe et Israël pour leur survie”. Brinkmann a noué des rapports suivis avec les animateurs de mouvements d’extrême droite dans divers pays (entre autres, en Autriche et en Espagne, comme cela vient d’être révélé dans ce pays par une revue à grand tirage qui est l’équivalent de Playboy…), en annonçant vouloir financer leurs campagnes électorales (il a la réputation d’être riche, mais on peut se demander quelle est la véritable origine de ces fonds…). Quel sera, pour ces mouvements, le prix politique à payer ?

Car certains mouvements dits “populistes”, dont les succès électoraux révèlent – et c’est une très bonne chose en soi – une volonté populaire de résister à l’invasion immigrée, se révèlent par ailleurs très perméables à l’influence sioniste. Aux Pays-Bas, le Parti pour la Liberté est en constante progression aux élections. Son chef, Geert Wilders, est allé prêcher aux États-Unis en faveur d’une “alliance des patriotes face à la montée du péril islamiste”. Il a déclaré à New-York en novembre 2009 : “Je viens en Amérique avec une mission. (…) Je soutiens Israël (…) parce que c’est notre première ligne de défense (…) J’ai vécu dans ce pays et je l’ai visité des douzaines de fois (…) Israël est un phare, une lumière dans l’obscurité de l’Orient, la seule démocratie. La guerre contre Israël est une guerre contre l’Occident”.

Bien entendu ce message a été abondamment relayé en France, sur internet, par les sites sionistes, qui font le forcing pour convaincre les identitaires européens de faire “l’union sacrée”. Parfois en des termes inouïs, qui devraient normalement tomber sous le coup de la loi (mais…). Ainsi, un fou furieux utilisant le pseudo (transparent pour un séfarade) de Charles Dalger appelle au massacre de ceux qu’il appelle les “nazislamistes” (un terme, repris par d’autres agitateurs, dont le caractère obsessionnel est révélateur).

Par ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur les relations de chefs de mouvements d’extrême droite, en Autriche, en Italie, au Danemark avec des agents d’influence sioniste. Soyons bien clairs: est évidente, indiscutable, impérative la nécessité de lutter par tous les moyens
contre l’invasion-immigration et nous mettons toute notre énergie dans ce combat pour l’identité et la survie des peuples européens. Mais en étant lucides. Et donc en refusant de nous laisser piéger et manipuler pour servir de troupes d’appoint pour la défense des intérêts juifs, c’est-à-dire une cause qui, légitimement, est celle des Juifs mais qui n’est donc pas la nôtre.


PIERRE VIAL "

 

11/10/2011

ILS VEULENT BAILLONNER TERRE ET PEUPLE !

mardi, 11 octobre 2011

 

« Lobbies et groupes de pression en France » : tel était le thème que nous avions prévu, cette année, pour notre XVIe Table Ronde (avec, pour illustrer l’invitation, Sarkozy parlant au congrès du Conseil Représentatif des Institutions juives de France… pour y faire allégeance, bien sûr). Sujet tabou. Des « inconnus » ont donc fait en sorte de nous priver du lieu qui devait nous accueillir, comme les années précédentes. Il va donc nous falloir trouver un autre lieu d’accueil, ce qui nous oblige à reporter notre Table Ronde au début de 2012 (nous tiendrons bien sûr nos amis informés du nouveau lieu et de la nouvelle date).

 

Hasard ? J’ai reçu avis, deux jours plus tôt, d’avoir à payer 922 euros d’amende pour des autocollants, utilisés par nos militants, jugés non politiquement corrects (car appelant les Européens à la Résistance identitaire). Chacun sait que nos mouvements, dans le camp nationaliste et identitaire, ne bénéficient pas de l’appui de riches mécènes, de l’industrie cosmétique ou d’ailleurs. Il s’agit donc de nous faire taire en nous ruinant. La méthode a été souvent efficace. Mais nous ils ne nous feront pas taire.

 

Pierre VIAL

 

 

J’ajoute que le propriétaire du domaine de Grand’Maisons à Villepreux, qui vient si courageusement d’obtempérer avec célérité aux injonctions venues d’en haut et de céder aux pressions, s’appelle le comte Luc de Saint Seine. Merci et bravo.

 

A part ça, il n’existe ni lobbies, ni groupes de pression en France … Un pur délire né dans les cervelles embrumées de quelques obsédés, n'est ce pas?

 

02/10/2011

6) Allez, rigolons un peu

Comme promis, voici ci-après un extrait du livre Histoire secrète du Front national de Renaud Dély, paru en avril 1999. Le chapitre est plus long, mais tout retranscrire prendrait trop de temps. Là s’arrêtera la saga Blot.

 

 

« Le suicide d’Yvan Blot

 

(…) Yvan Blot fait beaucoup plus fort encore. Le 2 février 1999, dans la foulée de Le Pen et de Gollnisch, l’ami de (presque) trente ans de Mégret entre dans la salle où ceux-ci doivent accorder une conférence de presse et, sous les yeux ébahis des journalistes, s’installe en bout de tribune, baisse les yeux et se mure dans le silence. A « félon », « félon » et demi …

 

« Je suis ravi de recevoir au bercail un fils prodigue qui n’est pas resté longtemps dans l’erreur, se délecte Le Pen, je lui donnerai la parole tout à l’heure ». Une demi-heure plus tard, Yvan Blot passe à confesse. Comme dans les plus belles autocritiques staliniennes, il bat sa coulpe d’avoir été « attiré par les paroles flatteuses de Bruno Mégret qui se réclamait d’une très vieille amitié ». « Mais je n’ai pas voulu persévérer car j’ai l’intime conviction que Bruno Mégret a un projet personnel qui passe par le reniement du mouvement national, poursuit-il. Il trompe ceux qui sont autour de lui ». Et de promettre, pour une conférence de presse qu’il tiendra deux jours plus tard, « les preuves de collusions financières, politiques et idéologiques » avec la droite RPR-UDF à l’origine de « ce second Carpentras » (…). »

 

Deux jours plus tard, après avoir été « travaillé » une dizaine d’heures par Samuel Maréchal, Yvan Blot récite maladroitement la leçon apprise. En fait de « révélations », il déverse un galimatias où il est pêle-mêle question d’un « grand industriel proche de Jacques Chirac » qui aurait financé Mégret, d’ « accords locaux négociés secrètement avec le RPR pour les municipales », d’ « une stratégie d’ensemble menée pour rallier la droite classique » et d’un comportement de « reptile (…), noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste, cultivant le secret, manquant de franchise et trompant même ses meilleurs amis ».

 

Frappé du sceau de « la fidélité aux idées du mouvement national », son retournement de veste est d’autant plus stupéfiant qu’Yvan Blot est le cofondateur du club de l’Horloge, partisan de longue date de l’union des droites et que, le 26 janvier, il confiait encore : « Les accusations de complot proférées par Le Pen contre Mégret sont délirantes », ajoutant : « En fait, c’est moi qu’il vise car j’ai toujours un très vieux copain à l’Elysée que j’utilisais à son profit ».

 

 

 

J’arrête là, mais la suite est intéressante aussi. Elle relate le pourquoi du comment de tous ces aller-retour : la crainte panique de perdre son mandat européen et les avantages sonnants et trébuchants qui l’accompagnaient. Le Pen s’était fait un malin plaisir de lui donner quelques espérances à cet égard s’il revenait et, comme l’écrit Renaud Dély : « (…) Le lendemain matin, mardi 2 février, il appelle Le Pen qui le reçoit aussitôt à bras ouverts pendant deux heures et lui fait miroiter une bonne place sur sa liste aux élections européennes. Blot cède à ses avances, franchit le Rubicon en sens inverse … et s’y noie ».

01/10/2011

5) Allez, rigolons un peu

Acte IV : Voici la réponse que François Brigneau adressa à Yvan Blot en réponse à son courrier reproduit hier :

 

« 6 mars 1999

 

Monsieur le député,

 

Je n’ai pas lu votre lettre sans malaise. Plus j’avançais, plus je trouvais qu’il s’agissait d’un plaidoyer pro domo déguisé en réquisitoire. Un réquisitoire peu convainquant    où sont les preuves sérieuses de ce que vous avancez ? A Marignane le climat ni les discours ne furent ce que vous dites. Celui de Peltier en témoigne  -  et parfois même assez misérable, indigne d’un esprit orné comme le vôtre. Finalement, j’en ai moins appris sur Mégret que sur vous.

 

Comment avez-vous pu être, pendant vingt ans, l’ami d’un homme que vous avez redécouvert (sic ! c’est vous qui l’écrivez : « je viens de redécouvrir », douzième ligne) être un arriviste sans scrupule, un voleur (d’exposé, de mouvement politique, de victoire électorale ; qui vole un œuf vole un bœuf !), un individu capable de casser le parti dont il est le numéro 2 ?

 

Vingt ans ! Comment avez-vous pu, pendant vingt ans, vous lier d’amitié, conseiller, guider, protéger ce gestionnaire-aventuriste, cet organisateur à l’intelligence mécanique, cet être froid, dissimulé et méprisant les hommes, ce calculateur échouant dans toutes ses entreprises : les CAR, Le Français ? Le mystère demeure entier. Pour le percer, il faudrait appeler Sherlock Holmes, sans oublier le Dr Watson.

 

Je ne me prétends pas d’une perspicacité particulière mais je n’ai pas eu besoin de passer des vacances avec Mégret pour savoir que sa maman était MRP, proche (je crois) de Pierre-Henri Teitgen. Qu’y pouvait-il ?

 

Vous lui reprochez d’avoir méconnu, à ses débuts, les problèmes de l’immigration. Mais, moi qui vous écris, à vingt ans je ne connaissais rien au problème juif. Depuis, j’ai fait quelques progrès.

 

Je n’ai pas eu besoin de lire le livre d’un anar fils de flic et délateur professionnel, recommandé par Alain de Lacoste-Lareymondie, pour savoir que Mégret ne porte pas le Maréchal Pétain dans son cœur. Ce qui m’étonne, d’ailleurs. Ce doit être par conformisme ou ignorance. Quand je le lis ou l’écoute, je ne le trouve pas si loin de la Révolution nationale. Je me demande parfois ce qu’il aurait fait s’il avait eu vingt ans en 1940 ? Il y avait beaucoup de MRP à Vichy et encore plus à Uriage. L’idéologie du Front serait-elle bafouée s’il portait sur sa flamme les trois mots maudits : Travail, Famille, Patrie ?

 

Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais cru que l’on changerait la politique de notre pays avec le seul concours des maréchalistes, dont les plus jeunes doivent être, comme moi, atteints par la limite d’âge et bons pour la casse. Aux BBR, ce n’est pas Mégret qui fait la traque aux livres de vérité historique. C’est Holeindre et Gollnisch. Quand j’ai entendu le Chant des partisans que le Président fit chanter, kolossale finesse, je n’ai pas été assombri. C’est de ne pas entendre Maréchal nous voilà qui m’a navré. La réconciliation française exige les deux. Le Front national aurait-il cessé de la prôner ? En rapportant les ragots d’Angeli, si vous avez cru atteindre l’estime que j’ai pour Mégret, vous vous êtes trompé.

 

Lors de la parution de Bonsoir tristesse !, vous avez eu tort de ne pas manifester, publiquement et à haute voix, l’admiration que vous dites lui avoir portée. Avec votre appui, les journalistes de la presse nationale (Camille Galic, Claude Giraud, Jean Madiran, Georges-Paul Wagner, Martin Peltier, Serge de Beketch, André Figueras) qui partageaient mon sentiment auraient peut-être pu empêcher l’irréparable.

 

Maintenant c’est trop tard et vous n’avez fait qu’aggraver les choses en revenant sitôt parti et en écrivant des lettres de cette encre afin d’essayer de faire oublier les deux notes à Mégret sur la santé psychique du Président absolu et son comportement politique. En janvier, le clan des lepénistes vous détestait. Aujourd’hui les deux clans vous détestent et vous méprisent à la fois, sans que vous soyez assuré pour autant de retrouver votre siège au parlement européen de Strasbourg. Seriez-vous aussi mauvais stratège que Bruno Mégret ?

 

Je n’appartenais pas au Front national. Je n’en étais qu’un compagnon de route, après en avoir eu l’initiative, il y a vingt-sept ans. Il n’en reste pas moins que cette scission m’a foudroyé. Je regrette que Mégret s’y soit laissé glisser et, si c’était par calcul, comme vous le prétendez, ce fut un mauvais calcul. Il n’en demeure pas moins que, pour moi, le responsable n°1 demeure le chef. Il me semble que la mise à mort de Mégret était programmée depuis Strasbourg, et même avant. Aucune provocation n’a été négligée pour y parvenir. C’est mon intime conviction. Si je me trompe, je reste persuadé que le Président absolu devait tout faire pour empêcher la rupture. A tout le moins pour la retarder. Or il l’a précipitée. S’il y a eu piège, il est tombé dedans. C’est une erreur politique grave. Nous allons tous la payer très cher.

 

Pour ne pas cautionner cette démarche et feindre d’approuver un récital de gesticulations et d’imprécations que j’ai trouvé particulièrement pénible, j’ai quitté National Hebdo. J’aurais pu écrire ailleurs. Je m’y suis refusé et m’en félicite aujourd’hui. Me voyez-vous glosant sur les circonvolutions baroques d’Yvan Blot ? Je déplore votre attitude. Dans mon privé, je la condamne. Mais je ne me sens pas le droit de la juger en public, sous l’œil rigolard et satisfait de l’ennemi.

 

J’attends la suite des événements avec curiosité mais tristesse.

 

François Brigneau »

30/09/2011

4) Allez, rigolons un peu

Acte III – Entre le 20 janvier et le 2 février 1999, Yvan Blot gamberge des masses. Il est député européen, un bon fromage qu’il voudrait bien conserver. Et finalement, avec Mégret, ce n’est pas du tout cuit. Que faire, mon Dieu, que faire ? Pour clore, d’ici quelques jours, cette intéressante plongée dans les circonvolutions mentales de ce personnage, vous aurez droit à un petit chapitre de l’Histoire secrète du Front national, de Renaud Dély, (avril 1999), intitulé « Le suicide d’Yvan Blot ». Car le 2 février, à la stupéfaction générale, voilà qu’il tourne casaque et revient piteusement chez Le Pen. Lequel fera mine de passer l’éponge.

 

Mais aujourd’hui, voici la lettre que, dans un grand désir d’autojustification, Yvan Blot adressa en date du 23 février 1999 à François Brigneau. Ce dernier était l’un des cofondateurs du FN et dirigeait alors National Hebdo. Il était très proche de Le Pen qu’il quitta cependant à cette époque-là. Cette lettre et la réponse qu’il y apporta (que nous découvrirons demain), ont été publiées par Brigneau.

 

« 23 février 1999

 

Cher Monsieur,

 

C’est parce que j’ai tant admiré votre article « Bonsoir tristesse ! » que je vous écris aujourd’hui. J’ai cru, après beaucoup d’hésitations, vers le 10 décembre, devoir rejoindre Bruno Mégret.

 

C’était un ami de 20 ans et j’avais guidé ses premiers pas en politique, tout d’abord en l’introduisant au Club de l’Horloge, ensuite en parrainant son adhésion au RPR. Il n’avait aucunement, vers 25 ans, nos idées. Il était, comme sa mère, MRP. Je me souviens qu’en vacances au Maroc avec lui, Jean-Claude Bardet et moi-même avions beaucoup de mal à lui faire admettre que l’immigration sans limites pouvait être un mal pour la France.

 

Au cours de toutes ces longues années, j’ai en fait peu travaillé avec lui. Mégret était plutôt un compagnon de vacances, chaque été ou presque. Les rares fois où nous avons travaillé ensemble auraient dû m’éclairer sur sa nature d’arriviste sans scrupule. C’est elle que je viens de redécouvrir, il y a quelques semaines et qui m’a écoeuré au point de me faire claquer la porte !

 

Lorsqu’il est entré au RPR, je l’ai aidé à se faire élire au comité central, grâce à l’appui de Charles Pasqua. Puis, il a obtenu une bonne circonscription dans les Yvelines, aux législatives. Il fit 45% des voix face à Michel Rocard ! Quelque temps après, il me dit : « Je ne supporte plus cette hiérarchie du RPR ! Je n’y ai aucune influence ». Je lui fais remarquer qu’il n’est là que depuis peu. « Non ! - dit-il – Je préfère être le chef d’un petit parti plutôt qu’un cadre anonyme dans une grande formation ». Il quitta le RPR pour se consacrer aux Comités d’Action Républicaine dont il était devenu le chef dans des circonstances troubles.

 

Un an plus tard, Mégret revenait dans mon bureau et me disait : « J’ai fait une bêtise ! Mon suppléant m’a remplacé dans mon ancienne circonscription. Il est devenu député maire de Poissy, à ma place ! ». Ce qui me frappe dans cette attitude, ce n’est pas son choix, c’est le fait qu’il ne m’ait jamais dit : « Je quitte le RPR parce que je n’aime pas ses idées, parce qu’il ne sert pas la France ». Il m’a dit : « Je quitte le RPR parce que je n’y trouve pas de débouchés rapides ! ».

 

De même, lorsqu’il dirigea les C.A.R., il se rallia à Le Pen sans en parler à la plupart de ses associés, de braves bourgeois libéraux, qui furent horrifiés de se retrouver dans un mouvement beaucoup trop « extrême » pour eux !

 

Tout ceci aurait dû m’alerter sur la moralité de Mégret. Egalement ce petit incident : je tombe un jour malade et demande à Bruno de me remplacer et de lire mon exposé au Club de l’Horloge. En réalité, il présenta l’exposé comme si c’était le sien. Quand on a une âme de voleur, on ne se refait pas. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait voulu voler le Front national à son fondateur Jean-Marie Le Pen !

 

Je le sais bien : vous allez me dire sans doute que les torts sont toujours des deux côtés dans un divorce ! Mais il ne s’agit pas de cela ! Aristote a dit qu’en toutes choses il faut voir la finalité. La finalité patriotique de l’action de Jean-Marie Le Pen n’a jamais été mise en cause. Après ce que j’ai découvert, j’ai le devoir de contester la finalité patriotique de l’engagement de Bruno Mégret !

 

Qu’ai-je découvert ? Au congrès le « l’unité » de Marignane, j’étais mal à l’aise car tout le congrès a consisté à faire de l’anti Le Pen. Seuls deux discours firent exception, celui de Le Gallou sur l’Europe, et le mien, sur l’adversaire socialo-mondialiste.

 

Par la suite, Bruno Mégret me demanda de lui trouver des financements. Il savait que j’avais quelques relations dans ce secteur-là. Je vais voir un de ces financiers qui me dit : « J’ai déjà donné ! Pas moi mais par le biais d’un industriel connu (au nom double), proche de Chirac ». Je revois Mégret et lui dit que s’il veut que je l’aide, il doit me dire la vérité sinon je perds mon crédit auprès des industriels. Il nie tout. Je retourne voir cet industriel qui me donne des précisions quant à la date du versement. J’en parle à Mégret qui pâlit et me dit : « Je n’avais pas compris que tu parlais de cela ! Oui, bien sûr ! J’ai eu de l’argent, mais pas de l’ami de Chirac, il y a eu un intermédiaire ! »

 

C’est le début, pour moi, d’une série de révélations me conduisant à l’intime conviction que Mégret a délibérément voulu casser le Front national. Son seul but était de devenir le chef à tout prix, puis de se rapprocher du RPR et de l’UDF, pour se fondre dans la droite molle, en échange d’une promotion personnelle. C’est le schéma, en gros, de ce qu’a fait Gian-Franco Fini en Italie. Là aussi, je n’ai pas été assez attentif dans le passé. Lors du précédent mandat européen où Fini siégeait encore, Mégret ne cessait de le voir. Il lui témoignait une admiration très forte, réciproque d’ailleurs. On disait alors que Fini serait bientôt le premier ministre italien !

 

D’autres éléments de preuve se sont ajoutés depuis. Et je ne compte pas les rumeurs disant qu’il s’est fait initier à la Grande Loge Opéra. Je ne peux pas le vérifier. Par contre, je lui ai demandé, le jour de la manifestation anti PACS s’il voulait dîner avec le chef RPR de Strasbourg. « Bien sûr ! me dit-il. Mais en secret. Les militants ne comprendraient pas. » Le secret ! Toujours le secret ! Même avec ses amis les plus proches !

 

Jean-Claude Bardet et Pierre Vial, après Marignane, avaient si peu confiance dans la rectitude des intentions et des idées de Mégret, qu’ils m’ont proposé de faire à trois une sorte de comité pour le surveiller et le tancer à l’occasion. Mon retour chez Jean-Marie Le Pen a détruit ce projet. Entre temps, Mégret ayant peur d’autres abandons, a donné un titre à Vial (président du Forum culturel) pour le rassurer. Mais il ne fait pas confiance aux hommes d’idées, pas plus qu’aux hommes de lettres, qu’en bon ingénieur il méprise profondément. La poésie et le sentiment ne l’intéressent pas, sauf si c’est exploitable pour sa propre ascension.

 

Il ne fait aujourd’hui confiance qu’à ses gestionnaires : Olivier, gestionnaire de l’image, Martinez, gestionnaire des finances, Timmermans, gestionnaire de l’appareil. En fait, Mégret me rappelle étrangement quelqu’un que j’ai côtoyé et qui lui ressemble beaucoup : Alain Juppé ! Même intelligence mécanique, même mépris des hommes, même froideur, même tempérament dissimulateur, même indifférence profonde aux idées et aux idéaux sauf si ce sont des armes pour progresser dans la carrière !

 

Je suis convaincu que Mégret a reçu de l’argent, non par vénalité car il est absolument désintéressé sur ce point, mais pour casser le Front national. Chirac avait peur de voir le mouvement atteindre 20% aux élections européennes et de ce fait, le FN aurait été incontournable. Mes contacts avec le patronat ont confirmé que telle était bien l’inquiétude du président de la République. Lorsque je demandais à Mégret en décembre pourquoi le « clash » avait lieu maintenant, il me répondait qu’il ne pouvait plus attendre, sans autre explication. Maintenant, je connais l’explication. Il fallait casser le Front national avant Noël, comme le souhaitaient les financiers proches de l’Elysée.

 

Mégret va échouer, comme il a échoué avec les C.A.R., avec son journal « Le Français ». Sous ses apparences de sérieux, c’est un aventuriste : il ne prépare jamais de trésor de guerre et ignore si le terrain est prêt pour la conquête. Ce n’est pas un stratège mais un bon chef de chantier, un organisateur. Coincé entre Le Pen d’un côté, Millon, Villiers, Pasqua de l’autre, il n’a pas de marge à conquérir et fera sans doute un mauvais score. Mais il aura cassé le Front national et lui aura volé la victoire qu’il aurait dû avoir aux européennes !

 

Sachant cela, et constatant que Jean-Marie Le Pen a toujours été honnête et franc avec moi, j’avais une dette envers lui. C’est pourquoi j’ai estimé que mon honneur consistait à réparer ma faute et à le rejoindre ! Cela réclame du courage pour faire une telle démarche et reconnaître publiquement que l’on s’est trompé ! Mais je préfère cette situation, quitte à supporter un déluge de calomnies (ce qui ne manque pas !) plutôt que d’être malhonnête et de suivre Mégret qui tel le joueur de flûte de Hamelin emmène les enfants du mouvement national à la noyade.

 

J’ai pensé qu’à vous, je me devais d’écrire personnellement, pour vous dire la vérité, ma vérité (un homme n’est pas un dieu et n’a qu’une approche partielle, personnelle de celle-ci). En vous témoignant tout mon respect et en espérant vous avoir informé utilement, veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments nationaux les plus sincères.

 

 

Yvan Blot

 

PS : Je vous signale le livre « Fort Chirac » de Claude Angeli. Il m’a été recommandé par M. Alain de Lacoste Lareymondie. On y trouve vers la page 175 une intéressante conférence de presse faite par Bruno Mégret à la presse américaine où il explique que le FN doit se débarrasser de ses « guenilles pétainistes » (sic) et de ses nostalgies fachos. Sympathique, n’est-ce pas ? »