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04/03/2011

GREGOIRE DE TOURS VERSUS SARKOZY

Ce pauvre Sarkozy a fait au Puy-en-Velay dans un registre qui n’est pas vraiment le sien : l’envolée lyrique sur l’âme millénaire et l’héritage chrétien d’un pays désormais saccagé. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y était encore moins crédible que d’habitude, ce qui n’est pas à la portée du premier venu, il faut le reconnaître. Si au moins, il maîtrisait le français, ce serait déjà un bon début !

 

Je voudrais que l’on m’explique ce qu’il entend au juste par la première phrase des extraits qui suivent : « La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture : les présidents d'une République laïque ». Est-ce à dire que les présidents d’une république laïque constitueraient le magnifique héritage de la chrétienté ? C’est une Kolossale finesse ou de l’inconscience pure et simple?

 

Et puis, le pedzouille de service qui lui a pondu son discours a cru malin d’y faire figurer Grégoire de Tours pour illustrer les "racines juives de la France". Ca fait classieux et cultivé. Et ce n’est pas tous les jours qu’on arrive à le placer, celui-là …

Certes, mais s’il s’était donné la peine minimum d’aller un peu aux nouvelles avant, je me demande s’il aurait persévéré. Parce qu’il y a deux colonnes sur Grégoire de Tours dans le bouquin de Blanrue, Le Monde Contre Soi. Et que ce brave historien du haut Moyen-Age n’est pas spécialement tendre à l’égard des juifs, justement.

 

Je ne vais pas tout reprendre, juste ce paragraphe tiré de l’Histoire des Francs :

 

uu.jpg«  … Le roi Gontran, dans la 24e année de son règne [NdA : en 585] partit de Châlons et vint dans la ville de Nevers. Il était invité à se rendre à Paris pour tenir, sur les fonts sacrés du baptême, le fils de Chilpéric, nommé Clotaire. En partant de Nevers, il vint à la ville d’Orléans, où il se mit en grand crédit auprès des citoyens, car il allait dans leurs maisons lorsqu’ils l’invitaient, et acceptait les repas qu’ils lui offraient. Il en reçut beaucoup de présents, et sa bienveillante libéralité les leur rendit avec abondance.

 

Lorsqu’il arriva à la ville d’Orléans, c’était le jour de la fête de St Martin, c’est-à-dire le 4e jour du 5e mois ; une immense foule de peuple alla à sa rencontre avec des enseignes et des drapeaux en chantant ses louanges. Elles retentissaient de diverses manières, en langue syriaque, en langue latine et même en langue juive. Tous disaient : Vive le roi ! Que durant des années innombrables sa domination s’étende sur les peuples divers ! Les Juifs aussi, qu’on voyait prendre part à ces acclamations générales, disaient : Que toutes les nations t’adorent, fléchissent le genou devant toi, et que toutes te soient soumises !

 

D’où il arriva qu’après avoir entendu la messe, le roi étant à table dit : Malheur à cette nation juive, méchante et perfide, toujours fourbe par caractère ! Ils me faisaient entendre aujourd’hui des louanges pleines de flatterie, proclamant qu’il fallait que toutes les nations m’adorassent comme leur seigneur, et cela afin que j’ordonnasse que leurs synagogues, dernièrement renversées par les chrétiens, fussent relevées aux frais du public ; ce que je ne ferai jamais car le Seigneur le défend.

 

Ô roi en qui éclatait une admirable prudence ! Il avait bien compris l’artifice de ces hérétiques, qu’ils ne purent rien lui arracher de ce qu’ils comptaient lui demander. »

 

Amusant, non ? Certes, ce n’est pas du Galliano dans le texte, mais enfin …

 

 

« Nicolas Sarkozy rappelle qu’il a salué les racines juives de la France

 

Extraits du discours du président de la République, jeudi 3 mars 2011, au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

 

« La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture : les présidents d'une République laïque. Je peux dire cela, parce que c'est la vérité. Je ne fais pas de prosélytisme, je regarde simplement l'Histoire de notre pays. Une fois dit cela, je veux dire que la France a puisé à d'autres sources : il y a quelques semaines, j'ai reconnu et salué les racines juives de la France. Grégoire de Tours, le plus ancien de nos historiens, qui dans les mêmes pages de son Histoire des Francs, parle pour la première fois non seulement du sanctuaire du Puy-en-Velay mais de la synagogue de Clermont ! C'était en Auvergne déjà et Grégoire de Tours écrivait il y a près de 15 siècles ! C'est la France. La France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines…

 

J'étais venu ici devant vous pour dire que la France a un patrimoine qu'elle entend préserver. J'étais venu vous dire que la France a un héritage qu'elle doit partager. J'étais venu vous dire que la France a une identité dont elle doit être fière, mais ici, au Puy-en-Velay, peut-être un peu plus qu'ailleurs, il est évident que la France a aussi une âme. »

 

Source: http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

28/02/2011

DECES D’UNE ANCIENNE DU PALMACH

 

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Sous le titre Disparition d'une grande combattante, nous apprenons que « La femme de lettres Netiva Ben Yehouda, connue notamment pour l'émission de radio qu'elle a animée pendant des années sur Kol Israël, vient de s'éteindre à l'âge de 82 ans. Dans ses ouvrages, elle a évoqué sa vie en tant que combattante du Palmach, unité militaire de la Haganah jusqu'à la naissance de l'Etat d'Israël. [...] »

Cette grande combattante, née en 1928 à Tel Aviv, était entrée au Palmach à l’âge de 19 ans, soit en 1947. Elle a donc participé, durant quelque deux années, à certaines des luttes entourant la création de l’Etat d’Israël, en 1948. Son rôle dans cette unité d’élite? « Ben Yehuda was a demolitions and bomb disposal expert in Palmah », nous dit sobrement et sans détails superflus le Jerusalem Post.

Le Palmach (“unité de choc”) avait vu le jour en 1941 et faisait partie de la Haganah, l’armée clandestine juive. On peut lire dans 1917-1977, Histoire secrète d’Israël, paru en 1978 : « Le Palmakh a été conçu, créé, dirigé par des membres de la fraction « Unité du kibboutz » qui a quitté son* parti (le Mapaï) en 1944 pour fonder un parti ouvrier d’extrême gauche, le Mapam, dont les sympathies prosoviétiques l’inquiètent. »

* « Son » se réfère à David Ben Gourion qui n’aura de cesse de régler son compte à cette unité spécialisée dans le combat militaire et le sabotage, par ailleurs indisciplinée et habituée à n’en faire qu’à sa tête. Et qu’il soupçonne en outre, de par ses accointances avec les soviétiques, de vouloir politiser l’armée.

« Toujours en pleine guerre, le 28 octobre 1948, à la veille de la conquête du Néguev, Ben Gourion se retourne contre le Palmakh et, en dépit des ultimes protestations de Yadin, signe l’ordonnance qui met fin à l’existence de ses structures indépendantes et à son état-major particulier. Cette dissolution crée un tel malaise que, à la fin de la guerre, la plupart des commandants du Palmakh, qui formaient la moitié du cadre des officiers supérieurs de Tsahal, quitteront l’uniforme. Sauf le petit groupe d’Ythzak Rabin, l’un des fusilleurs de l’Altalena. Ce petit groupe prendra sa revanche après la chute du « Vieux », en 1963 ; à partir du 1er janvier 1964, Rabin, Bar Lev, Elazar, Gur, Eytan se succéderont à la tête de l’état-major général : tous des anciens du Palmakh ! ».

 

http://www.juif.org/societe-israel/146437,disparition-d-u...

 

21/02/2011

ENCORE UN D’ATTRAPE

Vite, vite, s’agit de se dépêcher de faire « justice ». Vengeance serait peut-être plus approprié … 68 ans après les faits. Après le criminel nazi ci-dessous, vous lirez deux cas de tortionnaires pour lesquels, très bizarrement, la justice ne s’est pas vraiment émue. Je les ai exhumés des archives du blog, mais je les trouve bien à leur place ici, une nouvelle fois. Deux poids deux mesures, comme toujours. Mais il n’est pas mauvais de bien le souligner et même de  ressasser. Certains s’en sont fait une spécialité et ça a l’air de bien marcher. Alors, pourquoi pas nous ?

 

1)  « Un criminel nazi inculpé en Hongrie »

 

sandorkkepirogg.jpg« La justice hongroise a inculpé lundi 14 février 2011 Sandor Kepiro, qui figure en tête de la liste des criminels nazis les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal, pour des crimes de guerre perpétrés en Serbie en 1942.

 

Selon le chef d'inculpation, Sandor Kepiro a contribué lors d'une razzia entre les 21 et 23 janvier 1942 à l'exécution de civils en tant que commandant d'une patrouille, a annoncé la porte-parole de l'Office du Procureur, Gabriella Skoda, dans un communiqué. Elle fait référence au massacre de Novi Sad, au nord de la Serbie, dans la province de la Voïvodine, perpétré pendant l'occupation nazie de l'ex-Yougoslavie. Des gendarmes et des soldats hongrois, auxiliaires de la Wehrmacht nazie et affectés en Voïvodine en raison de la présence d'une forte minorité hongroise (environ 300000 personnes aujourd'hui), avaient tué quelque 1.200 civils, juifs et serbes, selon le Centre Simon Wiesenthal, et "au moins 2000", selon la justice serbe ».

 

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

2)  LA POLOGNE RECLAME L’EXTRADITION DE HELENA WOLINSKA (blog 21/11/07)

La série “bolchevique” semble plonger dans le passé. Pourtant, ces faits ne sont pas si anciens que ça et il peut arriver que ce passé vous rattrape sans crier gare. Même aujourd’hui. La Pologne vient ainsi de présenter officiellement une demande d’extradition européenne pour l’ancienne juge Helena Wolinska, accusée de procès truqués dans les années 50.

Fajga Mindla Danielak, dite Helena Wolinska, est née dans une famille juive polonaise en 1919. Elle réchappe du ghetto de Varsovie et rejoint la Milice communiste à la fin de la guerre. Elle grimpe très vite dans la hiérarchie du nouveau régime qui s’installe en Pologne puisqu’elle devient juge et procureur.

Elle est accusée  par la Commission d’enquête sur les crimes contre la nation polonaise d’avoir alors procédé à des arrestations illégales, fabriqué des preuves, truqué des procès afin de pouvoir condamner à mort un certain nombre d’ « ennemis du peuple ». En particulier le général-héros polonais  de la seconde guerre mondiale, Emil August Fieldorf. Le général, qui refusa de collaborer avec les communistes après la guerre, fut arrêté illégalement et exécuté en février 1953.

Helena Wolinska quittera le théâtre de ses exploits en 1968 pour s’installer avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg,  en Grande-Bretagne, à Oxford pour être précis. Où son mari, aujourd’hui à la retraite, était professeur. Devenue citoyenne britannique, elle a  88 ans à présent et se plaint de voir resurgir ces spectres du passé : Pourquoi ressortir tout ça, c’est vieux et puis, c’était politique, etc, etc.

Cette fois sera peut-être cependant la bonne. Deux fois déjà, les autorités britanniques ont rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? Reconnaissez qu’ils n’ont guère été retenus dans d’autres circonstances.

Mais c’était avant 2004, date à laquelle la Pologne a rejoint l’Union Européenne. Maintenant, la décision n’appartiendra plus aux autorités britanniques, mais à un juge. Si Helena Wolinska est extradée et jugée, elle encourt 10 ans de prison pour ses crimes.

A la même époque, certains autres de ses collègues ont eu des carrières intéressantes, qui ressurgissent aujourd’hui, de ci, de là. Un en particulier, que la Pologne aurait bien voulu pouvoir juger, et dont nous parlerons demain.

 

3)  SOLOMON MOREL A RENDU COMPTE DE SES CRIMES AILLEURS (blog 22/11/07)

Avant Helena Wolinska, dont nous parlions hier, les autorités polonaises avaient réclamé une autre extradition, à Israël cette fois et s’étaient heurtées à une fin de non recevoir. Le personnage dont il était question était pourtant accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agissait de Solomon Morel qui a fini par mourir de sa belle mort, bien tranquillement, à Tel Aviv en février de cette année, à l’âge de 87 ans.

Lui aussi était né en 1919, comme Helena Wolinska, également en Pologne, et comme elle dans une famille juive. Et lui aussi apparemment s’estimait parfaitement autorisé à se livrer aux pires crimes.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, lui et son frère Izaak se cachent dans les environs de leur village natal, dans la ferme d’un paysan qui sera dûment décoré de la médaille des Justes en 1983.  Le caractère actif et entreprenant de ces jeunes gens les pousse en 1942 à former une bande qui pille les villages voisins. Izaak est pris par la résistance communiste et exécuté. Solomon, lui, intègre le groupe des communistes et leur sert de guide dans les forêts. A partir de là, les faits sont assez brumeux. Il prétendra plus tard avoir été déporté à Auschwitz, mais l’enquête de la Commission polonaise chargée de l’affaire a révélé que c’était un mensonge. Un de plus.

Toujours est-il, et cela c’est sûr, qu’on le retrouve en 1944 dans les services de sécurité intérieure et qu’à l’été de cette année-là, il participe à l’organisation de la Milice Citoyenne de Lublin, qui est alors la capitale du gouvernement communiste d’occupation. Milice Citoyenne, vous aurez noté la saveur de la chose au passage …. Nos gauchistes n’ont vraiment rien inventé.

A partir de là, il va monter en grade. Bien qu’il n’ait que 25-26 ans, les Russes le nomment commandant de la prison de Lublin, puis commandant du camp de concentration de Zgoda où il va pouvoir démontrer l’étendue de ses talents. Zgoda dépendait originellement du camp d’Auschwitz. Ouvert en 1943, c’était un camp de travail forcé. Le NKVD va le rouvrir en février 1945 pour y enfermer des Allemands et des Silésiens. Il s’agissait essentiellement de civils, dont des femmes et des enfants, ainsi que de prisonniers politiques.

Le nombre des détenus assassinés dans ce camp, où la torture était couramment pratiquée, est sobrement évalué de 1 600 à 2 500 pour les seuls mois – de février à novembre – où Morel en fut le commandant. Il ne rechignait pas à faire le travail lui-même puisque de nombreux témoignages attestent qu’il tuait personnellement. Ces excès finirent par le faire mettre à pied – trois jours – et écarté de la direction du camp, par le NKVD qui n’était pourtant pas composé de tendres.

Sa carrière ne s’arrêtera pourtant pas là puisqu’il est nommé ensuite commandant d’un camp spécial pour les prisonniers politiques mineurs à Jaworzno. Il dirigera ensuite les prisons d’Opole, de Raciborz et de Katowice et partira comme si de rien n’était à la retraite en 1968, avec le grade de colonel.

Les autorités polonaises commencent à enquêter officiellement sur son passé en 1992. Il ne sera entendu par la justice qu’une seule fois car, considérant que les choses se gâtent, Solomon Morel se dépêche de fuir la Pologne. Il se réfugie … en Israël.

L’enquête se poursuit cependant. En 1996, il est inculpé de neuf chefs d’accusation. En 1998, Israël refuse l’extradition au motif que les délais pour poursuivre les crimes de guerre seraient dépassés. Authentique !  En 2003, un mandat d’arrêt est lancé contre lui, mais Israël refuse à nouveau de l’extrader. D’autres demandes seront formulées par les Polonais, la réponse sera toujours identique.

Morel avait clamé pour sa défense qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Et que d’ailleurs, trente membres de sa famille avaient été tués par les nazis. Alors, hein …

Certains ont quand même dû échapper à la barbarie germanique car c’est la famille de Solomon Morel qui a fait part de sa mort à Tel Aviv, où il est enterré, en février de cette année.

Et un de ses cousins, Micky Goldfarb, avait écrit en juin 2003 une lettre pour l’excuser et justifier ses actes. Je vous traduis cette lettre ci-dessous. Vous verrez qu’elle n’appelle aucun commentaire. Tantôt trop vieux, tantôt trop jeune, toujours victime. Tout y est.

« Solomon Morel est mon cousin. C’est un très vieil homme. Il a perdu toute sa proche famille dans l’Holocauste et a été nommé commandant de ce camp alors qu’il n’avait que 26 ans. Je ne crois pas qu’il soit un tueur.

S’il a traité durement les détenus, j’estime que c’est compréhensible en raison de ce qu’il a subi et vu de ses propres yeux – les crimes perpétrés par les Allemands et les Polonais pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense qu’il faut le laisser tranquille et s’occuper plutôt des vrais « meurtriers en série » qui ont été relâchés avant la fin  de leur peine ou qui n’ont jamais été inquiétés. Il y a assez de nazis et de sympathisants de nazis qui vivent toujours en liberté de par le monde et qui attendent qu’on s’occupe d’eux.  Micky Goldfarb »

 

11/02/2011

KAGANOVITCH = EICHMANN

eich.jpgIl y a 50 ans se tenait le procès d’Adolf Eichmann, l’un des rouages zélés du système nazi. Bien évidemment, on va avoir droit aux commémorations de rigueur, histoire de bien repasser le plat, pour le cas où quelqu’un risquerait d’oublier. Cela va commencer par une exposition au mémorial de la shoah, comme on le verra ci-après.

 

Certes, Eichmann était un assassin. Du genre bien propre sur lui, qui n’a jamais tué personnellement et n’a fait qu’obéir aux ordres. Ce qui ne minore pas sa responsabilité, je m’empresse de le préciser.

 

Là où je ne suis plus du tout d’accord, c’est quand je constate la stupéfiante amnésie qui frappe la mémoire d’autres rouages très zélés d’un système au moins aussi pervers que le nazi. La mémoire d’autres assassins. Prenons-en un au hasard, car il se trouve que pile cette année, on pourrait également commémorer le 20e anniversaire de son décès Pas par exécution, comme il l’aurait cent fois mérité, lui aussi, mais bien tranquillement dans son plumard. Je veux parler de Lazare Kaganovitch, l’assassin aux ordres de Staline, qui joua un rôle de premier plan lors de l’Holodomor, le génocide par la faim des années 1932-33 en Ukraine et dans le Caucase du nord. Génocide qui fit au bas mot six millions de victimes, dont deux millions d’enfants morts de faim. Voilà un crime contre l’humanité dont on nous parle nettement moins. Curieux, non ?

 

kag.jpgVous allez lire deux textes. Le premier est tout récent. Il concerne Eichmann, le bourreau nazi. Celui qui suivra est l’article larmoyant et assez incroyable dans son genre – quoique sans surprise – que pondra le distingué journal « de référence » Le Monde lors du décès du bourreau bolchevique, Kaganovitch. Cet article, paru sous la signature de Bernard Féron, est daté du 28 juillet 1991. Voilà du grand et du beau journalisme. Pas un mot évidemment sur l’Holodomor. Juste une petite allusion discrète à son « efficacité » répressive et à sa « poigne de fer ». Mais c’était pour « vaincre les résistances» et « venir à bout de l’inertie ». Alors, hein, dans ce cas … Mais vous verrez par vous-mêmes, vous apprécierez.

 

Qu’attend donc l’Ukraine pour demander des réparations à ses tortionnaires et à leurs descendants ? Il n’y a pas de raison.

 

 

 «Le procès Eichmann», une exposition au Mémorial de la Shoah

 

Exposition temporaire, 8 avril – 30 septembre 2011

 

Le 11 avril 1961 débutait à Jérusalem, l’un des procès les plus spectaculaires de l’histoire contemporaine : celui d’Adolf Eichmann. Alors que la plupart des pays européens cherchaient tant bien que mal à refouler les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, l’annonce inopinée de la capture puis du jugement d’un homme présenté, non sans exagération, comme l’un des principaux architectes de la « Solution finale », rouvrait un dossier resté en suspens depuis Nuremberg. Événement total, entièrement filmé, le procès d’Adolf Eichmann, l’un des coordinateurs de la politique nazie d’extermination des Juifs, a connu un retentissement considérable.

 

Il constitue le premier grand procès individuel des crimes commis dans le cadre de la Shoah par une juridiction nationale. Il soulève la question de savoir comment juger, malgré le temps écoulé, des crimes d’une nature et d’une ampleur sans précédent tout en évitant les écueils d’une justice d’exception, contraire aux principes démocratiques. Il n’est pas le premier procès à donner la parole aux survivants de la Shoah, mais il constitue une tribune exceptionnelle pour les témoins, en Israël, pays qui n’existait pas au moment des faits. Le procès Eichmann déclenchera ainsi un débat jamais réellement clos sur l’identité israélienne. Enfin, héritier de Nuremberg et précurseur des procès plus récents, le procès Eichmann propose la première interprétation officielle, discutée de manière contradictoire en présence d’un de ses acteurs de premier plan, du processus qui a conduit à l’extermination de cinq à six millions de personnes en quelques années à peine. Rarement un procès a montré avec une telle intensité les relations à la fois étroites et conflictuelles entre la justice, la mémoire et l’histoire, un trinôme devenu l’une des composantes essentielles de la manière dont les sociétés contemporaines abordent le passé.

 

A l’occasion du cinquantième anniversaire de cet événement, le Mémorial de la Shoah présente une exposition exceptionnelle comprenant des originaux issus des archives du Mémorial (Centre de documentation juive contemporaine – CDJC) et qui furent fournies à l’accusation pour le procès, mais surtout de nombreux documents et films originaux rendus disponibles dans le cadre d’un partenariat avec les Archives de l’État d’Israël qui conservent l’intégralité de ces sources : extraits de l’interrogatoire préliminaire et des journaux tenus par Adolf Eichmann en prison, enregistrements sonores, photographies ou réactions au procès. Ces archives sont complétées par d’autres dont des extraits de la correspondance de Hannah Arendt ou de David Ben Gourion, alors Premier Ministre, et des documents prêtés par le gouvernement argentin.

 

Enfin dans le cadre de ce partenariat, l’intégralité des images du procès, filmées par Leo Hurwitz (environ 250 heures) seront consultables dès l’ouverture de l’exposition au Mémorial de la Shoah, seul dépositaire de la totalité de ces films en Europe. »

 

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

Article paru dans Le Monde le 28 juillet 1991 :

 

« LA MORT DU DERNIER COMPAGNON DE STALINE

 

Lazare Kaganovitch, la fidélité jusqu’à l’absurde

 

L’ancien lieutenant de Staline, Lazare Kaganovitch, qui fut étroitement associé aux grandes purges du régime, est mort à son domicile moscovite, jeudi 25 juillet. Connu pour son « efficacité » répressive, Lazare Kaganovitch, qui était entré au Parti six ans avant la révolution de 1917, n’avait jamais renié son attachement à Staline. Il était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans.

 

Au début des années 60, quelques Occidentaux l’avaient croisé dans le bâtiment du Soviet suprême et dans des bibliothèques de Moscou. Il consultait des documents pour rédiger des Mémoires qui, vraisemblablement, ne seront jamais édités. Quelques années plus tôt, après avoir constitué en compagnie de Malenkov et de Molotov un groupe dit « antiparti » contre Khrouchtchev, il avait été évincé du comité central, du bureau politique, du gouvernement, et prié de prendre, en attendant la retraite, la direction d’une cimenterie dans l’Oural.

 

Lazare Kaganovitch, né en 1893 dans un village ukrainien situé non loin de Kiev, était d’un an l’aîné de Khrouchtchev. Après avoir appris le métier de cordonnier, il avait adhéré à dix-huit ans au parti clandestin des bolcheviks, ce qui lui valut de commencer jeune une carrière gouvernementale. A vingt-sept ans, le voilà commissaire du peuple (ministre) dans la nouvelle République du Turkestan, secrétaire du Parti communiste et président du soviet de Tachkent. Dès ce moment, il avait choisi de suivre Staline.

 

En 1925, il revient dans la partie européenne du pays : il est nommé secrétaire du comité central d’Ukraine. L’année suivante, il est promu membre suppléant du bureau politique ; en 1928, secrétaire du comité central à Moscou et en 1930, membre titulaire du bureau politique et secrétaire de la fédération de Moscou. C’est alors qu’il acquiert une notoriété certaine. C’est en effet sous sa direction qu’est construit le métro de la capitale. Le réseau portera d’ailleurs le nom de Kaganovitch jusqu’à sa disgrâce en 1957.

 

« Poigne de fer »

 

Dès ce moment, on insiste sur « poigne de fer ». N’est-il pas systématiquement envoyé en poste là où il faut briser une résistance et venir à bout de l’inertie ? Tour à tour, il sera ministre des voies et communications (1935), de l’industrie lourde (1937), membre du cabinet de guerre (1942), ministre des industries des matériaux de construction (après la guerre), et premier secrétaire du Parti communiste ukrainien (1946) pour remettre de l’ordre dans cette république. Avant et après lui, c’est Khrouchtchev qui s’occupera de l’Ukraine. Sa mission accomplie, Kaganovitch revient à Moscou en qualité de vice-président du conseil des ministres.

 

Il conserva ce poste jusqu’en 1957. Quel rôle joua-t-il dans le groupe « antiparti » ? Il avait toujours été stalinien. Il ne pouvait admettre la dénonciation, par Khrouchtchev, du « culte de la personnalité ». « L’affaire du culte de la personnalité  est bien compliquée », dira-t-il lui-même au congrès. Stalinien parce que sa sœur Rosa aurait vécu avec Staline ? Simple rumeur incontrôlable qui circula longtemps à Moscou. Kaganovitch était plutôt, comme beaucoup, une sorte de maso-stalinien. Plus que d’autres, alors qu’il était le seul membre juif du bureau politique, il aurait eu quelques raisons d’exécrer un tyran antisémite et qui ne l’avait pas épargné. Il lui suffisait de se souvenir de ses deux frères tombés en disgrâce : Jules, qui fut vice-ministre du commerce extérieur, et Michel, le chef de l’industrie centrale aéronautique, qui se suicidera après avoir été accusé de complot hitlérien.

 

Dans ses Mémoires, Khrouchtchev l’a décrit comme un opportuniste. Et il lui a consacré ces quelques lignes meurtrières : « Nous avons vu combien Lazare était en réalité résolu et implacable. C’est le genre d’homme qui n’a pas voulu dire un seul mot en faveur de son frère Michel Kaganovitch, accusé d’être un espion allemand mis en place pour former un gouvernement de marionnettes après la prise de Moscou par les Allemands. Que peut-on imaginer de plus absurde ? … Michel Kaganovitch n’eut d’autre choix que le suicide. Et pendant tout ce temps, Lazare Kaganovitch n’a cessé de ramper devant Staline ».

 

 44.jpgScènes de l'Holodomor

 

88.jpgimages.jpg

24/01/2011

APRES CELINE, C’EST AU TOUR DE LA SNCF. NON MAIS !!!

Pas évident pour cette malheureuse communauté de se faire entendre, dans ce pays peuplé d’antisémites (voir article suivant). Mais enfin, avec de la persévérance, elle  arrive quand même à grappiller par-ci par-là, quelques menues satisfactions. Du genre de celle qui est relatée ci-après, par exemple.

Vous noterez que le président de la SNCF s’est bien gardé de nous préciser combien d’argent (public) serait encore englouti dans la transformation de l’ancienne gare de Bobigny en « lieu de mémoire ». Un oubli sans doute. Ou alors, ça ne nous regarde pas. On peut s’attendre au pire, lorsqu’on songe au coût de la simple « restauration » d’une baraque d’Auschwitz.

Si la SNCF a de l’argent en trop, qu’elle améliore donc son service et baisse ses tarifs. Au lieu de se vautrer dans la servilité la plus éhontée.

 

« La SNCF s'explique mardi à Bobigny sur son rôle dans la Shoah

PARIS (AFP)---En lançant mardi la transformation en lieu de mémoire de l'ancienne gare de Bobigny, d'où plus de 22.000 juifs internés au camp de Drancy sont partis vers les camps de la mort, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, doit s'expliquer sur le rôle de la compagnie dans la Shoah.

Les heures sombres de l'histoire de la SNCF, qui a transporté quelque  75.000 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, ont déjà fait l'objet de  plusieurs procès - jamais perdus par la compagnie. 

Elles ont été remises en lumière ces derniers mois, des élus américains  ayant exigé que les compagnies qui sont candidates à des contrats aux  Etats-Unis et qui avaient transporté des déportés présentent explications et  excuses, et éventuellement indemnisent les descendants.

Or, la SNCF est très intéressée par les projets de trains à grande vitesse aux Etats-Unis, notamment en Californie et en Floride.

Finalement, la loi californienne qui la menaçait directement a été  censurée, avant son départ, par le gouverneur Arnold Schwarzenegger, cependant que le représentant démocrate de Floride, qui avait déposé un projet de loi similaire au niveau fédéral, a été battu aux élections en novembre.

La compagnie française a néanmoins pris la chose assez au sérieux pour  dépêcher des dirigeants outre-Atlantique, pour rencontrer élus et associations  juives.

En Floride en novembre, Guillaume Pepy a fait le point sur sa position, exprimant "sa profonde peine et son regret" pour les conséquences de ces transports, "réalisés sous la contrainte "de la réquisition".

M. Pepy s'est référé au discours prononcé par le président français Jacques Chirac en juillet 1995, lors des commémorations de la Rafle du Vel' d'Hiv' : 

"Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français".

"En tant que bras de l'Etat français, la SNCF reprend à son compte ces mots et la peine qu'ils reflètent pour les victimes, les survivants et leurs familles qui ont souffert à cause de notre rôle pendant la guerre", écrit alors le patron de la SNCF.

La compagnie a même créé un site internet, qui présente en anglais son rôle pendant la Shoah: http://www.sncfhighspeedrail.com/heritage.

Des descendants de victimes se sont émus en France de ce que la SNCF ait une repentance à géométrie variable, dictée, ont-ils dit, par des intérêts commerciaux.

A cela, Guillaume Pepy a rappelé à plusieurs reprises que son entreprise travaillait alors sous la menace armée des nazis. 2.000 cheminots sont morts pendant le conflit.

Tandis qu'un rapport qualifié de "sérieux" par les historiens interrogés par l'AFP a établi ses responsabilités en 1996, la SNCF a ouvert ses archives, installées au Mans, en 2000.

Elle a aussi signé en décembre un partenariat avec le Mémorial de la Shoah à Paris pour le développement des activités pédagogiques destinées aux scolaires sur la période de la Seconde Guerre mondiale.

M. Pepy a annoncé à plusieurs reprises qu'il s'expliquerait plus en détail à l'occasion du lancement du lieu de mémoire de Bobigny.

En présence de Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il cèdera alors à Bobigny le terrain de la gare de marchandises de cette ville, d'où sont partis vers le camp d'extermination d'Auschwitz, en 1943 et 1944, 21 convois transportant 22.407 personnes internées dans le camp voisin de Drancy.

Longtemps occupée par un ferrailleur, cette gare désaffectée de la ligne de grande ceinture a failli être démolie dans les années 1980. Elle a été classée en 2005 ».

   

 Source : http://fr.ejpress.org/article/39503

23/01/2011

LES PARISIENS AUSSI ONT LES MOYENS

C’est vrai, ça, il n’y a pas qu’à Orléans qu’on connaît ses priorités. Paris aussi : les Parisiens auront la joie de débourser cette année la modique somme de 310 000 € pour restaurer l’un des 22 baraquements d’Auschwitz.

Attendez, là, il y a bien quelque chose que j’ai un peu de mal à comprendre : 310 000 € uniquement pour « restaurer » un baraquement de bois qui n’avait rien à l’époque d’une résidence de luxe, du moins c’est ce qui se dit, je trouve ça quand même bizarre, non ?

Et encore, ce n’est pas grand-chose à côté de ce que l’Etat va casquer par ailleurs. Enfin, quand je dis l’Etat, c’est le brave couillon de contribuable qui mettra la main au portefeuille sans qu’on lui demande son avis. Les Parisiens, eux, grâce à leur maire, sont vraiment des citoyens modèles : ils auront du coup la chance de payer deux fois pour Auschwitz. J’espère qu’au moins, ils sont contents.

 

55.jpg« BERTRAND DELANOË : Paris participera à la préservation d'Auschwitz-Birkenau

"S’étalant sur 191 hectares, le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau tombe peu à peu en ruine. 1,1 millions de personnes dont 1 million de Juifs, furent exterminées dans ce qui demeure comme le plus terrible symbole de la barbarie nazie.

A l’heure du 65ème anniversaire de l’ouverture de ce camp, le cri d’alarme lancé par le premier ministre polonais, Donald Tusk, doit être entendu, lui qui depuis un an, appelle la communauté internationale à mobiliser 120 millions d’euros afin d’assurer la préservation et l’entretien de ce site « comme un rappel à la mémoire et une preuve du crime accompli ».

L’ampleur des travaux est effectivement considérable, intégrant à la fois les 22 baraques en bois de Birkenau, des bâtiments en briques, les miradors ainsi que les vestiges des funestes chambres à gaz et fours crématoires. Seule l’Allemagne s’est à ce jour engagée à hauteur de 60 millions d’euros. Face à cet enjeu, il est pourtant essentiel de servir la vérité en préservant la trace de l’indicible comme témoignage à destination des jeunes générations.

C’est pourquoi, au nom de notre capitale, je proposerai aux élus du Conseil de Paris – et ce dès notre séance de février – que notre collectivité contribue à ce chantier majeur, à hauteur de 310 000 euros, soit l’équivalent symbolique du coût de restauration d’un de ces 22 bâtiments, où des centaines de milliers d’êtres humains furent parqués dans des conditions parfaitement atroces, confrontés quotidiennement au froid, aux épidémies, à la faim et à la brutalité bestiale de leurs bourreaux. Je souhaite qu’à son tour, la France joue pleinement son rôle, à la mesure de ce que l’Histoire peut légitimement attendre de notre pays."

 

Source : http://www.israel-infos.net/BERTRAND-DELANOE-Paris-partic...

 

19/01/2011

ENCORE UN URGENT « DEVOIR MORAL » EN PERSPECTIVE

« Des députés israéliens demandent l'extradition d'un criminel nazi

 

Plusieurs députés israéliens ont demandé mardi au procureur de l'Etat de lancer une procédure d'extradition contre un ancien officier nazi qui vit en Allemagne, pour le juger en Israël. 

 

La commission parlementaire chargée des relations avec la Diaspora juive a entendu, lors d'une session spéciale, le témoignage de Mark Gould, un juif américain qui, en se faisant passer pour un néo-nazi, a enregistré plus de 90 heures de témoignages de l'ex-officier nazi Bernhardt Frank, établi en Allemagne. Le président de la commission, le député Dany Danon (Likoud), a affirmé que "c'est un devoir moral de faire justice et d'amener ce criminel devant des juges". »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

Comme vous brûlez sans doute d’envie d’en savoir un peu plus sur ce redoutable criminel, à qui on a cru devoir foutre la paix jusqu’à aujourd’hui, voyez un peu ci-dessous  ce qu’en dit Wikipedia. Il a à présent … 97 ans, s’agirait de se grouiller:

 

« Obersturmbannführer (Lieutenant Colonel) Bernhard Frank was an SS Commander of the Obersalzberg complex who arrested Hermann Göring on April 25, 1945 by order of Adolf Hitler, who had been manipulated by Reichsleiter Bormann into believing Göring was attempting to usurp the Führer's authority. Frank placed Göring under house arrest but ignored later orders to execute the Reichsmarschall.

Frank was reportedly one of the few Schutzstaffel officers inducted into the rites at Wewelsburg Castle, and after the war claimed that he had arranged the eventual surrender of Berchtesgaden (where Hitler's mountain residence, the Berghof, was located), to prevent needless damage to the Berghof. He later wrote a 144-page book entitled Hitler, Göring and the Obersalzberg.

In December 2010, Mark Gould announced that he had spent several years befriending Frank and coaxing his story out of him, and that Frank had confessed to him a role in the Holocaust far more extensive than had previously been known. Gould recorded their conversations, and says that in one of them Frank told him that on July 28, 1941, he signed an order that led to the SS massacre of Jews in Korets, including relatives of Gould's adoptive father. Gould released an edited extract of his recordings on the internet

According to Gould, this order was "the first order of the Reich instructing the mass murder of hundreds of thousands of Jews, later turning into the Nazi systematic extermination machine. Historian Guy Walters described this characterisation as "pure junk"; in an article downplaying Gould's findings, he denounced as "ludicrous" the idea that Frank "somehow started the Holocaust".””

 

12/01/2011

C’EST TRES MAL, LE BOYCOTT

Enfin, surtout quand Israël est visé. Parce qu’en d’autres circonstances, c'est tout à fait vertueux …

 

Vous trouverez ci-après un texte d’un avocat membre du comité directeur du CRIF, qui vous prouvera que devant les pressions exercées, on s’est démené dans les ministères ad hoc pour donner pleine et entière satisfaction aux indignés. C’est l’acte 1.

 

L’acte 2, que vous trouverez à la suite, ce sont des extraits d’un article publié sur le blog en date du 1er février 2009, qui rappelait le boycott exercé par les juifs contre l’Allemagne en mars 1933. Intéressant parallèle.

 

 

Acte 1 : « Boycott : ce que dit la loi 

7 janvier 2011 : une fois de plus, le boycott ne passera pas en France, par Pascal Markowicz (avocat au Barreau de Paris et membre du Comité Directeur du CRIF)

 

En France, les actions de boycott d’Israël par de pseudo « citoyens qui cherchent à promouvoir la paix entre Israéliens et Palestiniens » mais qui, en réalité, veulent délégitimer totalement Israël pour mettre ce pays au ban des nations, se développent (voir la nouvelle rubrique du site internet du CRIF : « La délégitimation d’Israël à travers le boycott »).

 

Elles sont menées contre l’économie israélienne à travers ses produits (agrumes CARMEL, machines SODASTREAM…), la culture (boycott de festivals ou de films), le sport (match de football ou de volleyball opposant des équipes israéliennes à des équipes françaises), ou encore les relations académiques (colloques universitaires, jumelages d’écoles…).

 

Mais, à juste titre, le boycott et l’appel au boycott sont considérés comme des actes discriminatoires selon la loi en France. Ce sont ainsi des délits et ceux qui promeuvent ces discriminations, en appelant au boycott de tout ce qui provient d’Israël, doivent être sévèrement punis par nos juridictions.

 

A plusieurs reprises, nous avons pu constater que ces actions de boycott entraînaient des réactions antisémites par leurs sympathisants, que l’on croyait à jamais oubliées.

 

Des actions judiciaires sont donc intentées pour que les auteurs de ces pratiques illégales soient jugées et condamnées.

 

A ce titre, le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, par un jugement du 10 février 2010 confirmé par un arrêt rendu le 22 octobre 2010 de la Cour d’Appel siégeant dans cette même ville, a déjà condamné une boycotteuse pour avoir participé à une action de boycott économique dans un supermarché (voir le détail dans la nouvelle rubrique du site internet du CRIF : « Boycott : ce que dit la loi »).

Le 7 janvier 2011, le Tribunal de Grande Instance de Créteil vient de condamner un boycotteur qui avait mis en ligne sur internet, une vidéo d’une action de boycott se déroulant dans un supermarché de la banlieue parisienne.

 

La diffusion d’une vidéo sur internet (en l’espèce sur Dailymotion) filmant une action de boycott de produits israéliens se déroulant dans une grande surface, s’analyse donc comme une provocation à la discrimination aussi dangereuse qu’un tract, une affichette ou l’action de boycott elle-même. Pire, elle peut être visualisée par un nombre considérable de personnes.

 

Ce boycotteur comparaitra d’ailleurs devant une autre juridiction dans quelques mois pour des faits similaires.

 

Les tribunaux appliquent donc correctement les lois et, si un appel est à ce jour possible de cette décision judiciaire, il s’agit toutefois d’une nouvelle bataille qui a été gagnée dans cette guerre contre la

tentative de délégitimation d’Israël, et nous pouvons nous en réjouir. »

 

 

Acte 2 : La Judée déclare la guerre à l'Allemagne

 

 

Ce titre fait la une du quotidien britannique Daily Express le 24 mars 1933. Hitler n’est Chancelier que depuis quelques semaines. En URSS, les horreurs de l’Holodomor, la famine orchestrée par le pouvoir bolchevique en Ukraine, battent leur plein. Elles feront des millions de victimes, dans l’indifférence absolument générale. Les juifs oublieront de se mobiliser pour dénoncer  les dérives inhumaines d’un régime largement porté par eux au pouvoir.

 

Voici la traduction de l’article du Daily Express « JUDEA DECLARES WAR ON GERMANY », sous titré « JEWS OF ALL THE WORLD UNITE » (Les juifs du monde entier unis dans l’action) publié le 24 mars 1933, donc bien avant la shoah (extraits relatifs au boycott seulement) :

 

«  (…)

Les plans de l’action concertée juive prennent forme en Europe et en Amérique pour rendre coup pour coup, en représailles contre l’Allemagne hitlérienne.

A Londres, New York, Paris et Varsovie, les commerçants juifs s’unissent dans une croisade commerciale contre l’Allemagne.

Les résolutions d’interrompre les relations commerciales avec l’Allemagne ont été prises partout dans le monde juif des affaires.

Un grand nombre d’hommes d’affaires à Londres ont résolu de ne plus acheter de marchandises allemandes, même au prix de grandes pertes financières.

 

Une action similaire est entreprise partout aux Etats-Unis. Des réunions massives à New York et dans d’autres villes américaines, auxquelles plusieurs milliers de juifs indignés assistaient, ont appelé au boycottage total des marchandises allemandes. L’embargo commercial dirigé contre l’Allemagne est déjà entré en vigueur en Pologne. En France, un interdit d’importation des marchandises d’Allemagne est actuellement proposé par des cercles juifs.

 

Un boycottage concerté au niveau mondial par des acheteurs juifs va sans doute entraîner de lourdes pertes dans le commerce d’exportation allemand. Les commerçants juifs, partout dans le monde, sont d’importants acheteurs des produits de fabrication allemande, en premier lieu des produits en coton, en soie, des jouets, de l’appareillage électrique et des meubles.

La réunion des entrepreneurs juifs du textile a été convoquée pour lundi afin d’examiner la situation et déterminer les mesures à prendre vis-à-vis de l’Allemagne.

 

MENACE SUR LE COMMERCE MARITIME

 

L’Allemagne est un grand emprunteur sur les marchés monétaires étrangers, où l’influence juive est considérable. L’antisémitisme continu en Allemagne va vraisemblablement se retourner contre elle. Un tournant est en passe d’être franchi par les financiers juifs pour exercer des pressions afin de stopper l’action antijuive.

 

Le trafic maritime transatlantique allemand est menacé de la même manière. Les paquebots renommés Bremen et Europa peuvent beaucoup souffrir du boycottage juif anti-allemand. Les voyageurs juifs transocéaniques représentent une partie importante de la clientèle de ces paquebots, en raison de leur rôle considérable dans le commerce international. La perte de leur clientèle serait un coup grave pour le commerce atlantique allemand. (…) »

 

Il est intéressant de constater, en cette année 1933, le (déjà) gros pouvoir financier et commercial de ces quatorze millions de personnes, qui s’estiment capables de faire plier l’Allemagne. On est assez loin de l’image traditionnelle de la victime sans défense en butte à l’incompréhensible animosité du reste de l’humanité.

 

Ceci dit, Hitler décidera en retour à ce boycott décrété par les juifs, de boycotter à son tour les commerces juifs en Allemagne. Mais il se bornera prudemment à une mesure plus symbolique que réelle : le boycott aura bien lieu, mais se limitera à un seul jour : le 1er avril 1933, qui était du reste un samedi, jour de Sabbat où les commerces juifs n'exerçaient aucune activité.

Une mesure d’ailleurs plutôt impopulaire dans la population allemande et sévèrement critiquée à l’étranger.

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...