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07/05/2007

IL Y A SOIXANTE ANS, SACHA GUITRY…

medium_sacha1.2.jpgLe 7 mai 1947, il y a de cela soixante ans, le juge Raoult se décidait enfin à classer l’affaire Sacha Guitry. L’ordonnance de non-lieu sera prise le 8 août. A quelques jours près, Sacha l’aura attendue trois ans.

Sacha Guitry est en effet arrêté le 23 août 1944. Sur l’ordre de qui ? Personne ne le saura précisément, sans doute à l’initiative d’un petit chef de commando qui souhaitait se signaler par une action d’éclat. Les chars de Leclerc entrent dans Paris le lendemain. « La libération de Paris, ironisera Sacha plus tard, j’en ai été le premier prévenu ».

Que lui reproche-t-on ? Jacques Lartigue écrira dans L'oeil de la mémoire : « Est-ce parce que, depuis quatre ans, il avait réussi à empêcher le personnel de tous les théâtres de Paris d’être remplacé par des Allemands ?... Ou bien plutôt parce que, maintenant, certains journalistes pourront enfin à leur aise faire leurs mots d’esprit sans crainte d’une réponse ?

Depuis vingt ans, c’était unanime. Il était le roi du théâtre. Quel royaume depuis l’arrivée des Allemands est resté aussi intact que le sien ? Pas la moindre ouvreuse renvoyée, pas un pompier remplacé par un soldat allemand. Si tous les rois de chaque royaume en avaient fait autant, je crois qu’on aurait pu être occupés sans être préoccupés ».

Sacha Guitry, qui est stupéfait de son arrestation et ne se reconnaîtra à aucun moment coupable de quoi que ce soit, garde, au milieu de ses épreuves, toute sa fierté, tout son esprit. A un magistrat qui invoque l’éventualité d’une « inculpation pour intelligence avec l’ennemi », il répond : « Je crois, en effet, n’en avoir pas manqué ».

Les jours suivant son arrestation, cependant, l’une après l’autre, toutes les personnalités arrêtées dans la folie qui a suivi la libération de la capitale, et à qui on n’avait rien de grave à reprocher, sont remises en liberté. Pas lui. Un jour, au cours d’un interrogatoire, il réussit à lire à l’envers sur le bureau du magistrat ce qui est porté sur sa fiche : « Motif de l’arrestation : Ignoré ».

Le cercle vicieux est bouclé. On l’a arrêté. On ne sait pas très bien sur l’ordre de qui. On ne sait pas non plus très bien pourquoi. Alors pour justifier cette action qui a fait grand bruit, on a inventé un Sacha Guitry symbole de la trahison et de la collaboration. Quand on est allé si loin, comment revenir en arrière ? Le remettre en liberté serait braver une opinion publique saisie par la frénésie de l’épuration. La Haute Cour siège en permanence, les procès pour trahison, les condamnations à mort, les exécutions se suivent. Tous les jours la presse leur consacre ses premières pages.

Face à cette situation, les magistrats en charge du dossier Guitry qui ne sont pas des modèles de courage (et qui souhaitent faire oublier qu’ils ont eux-mêmes un jour prêté serment à Pétain) ne voient qu’une solution : faire durer le provisoire. Le 18 octobre paraîtra même dans la presse cette annonce : « M. le juge Angeras attend que des dénonciations lui soient adressées concernant M. Sacha Guitry ». Il ne résulte de cet appel public à la délation que quelques ragots qui ne résisteront pas au premier examen.

Pourtant, ce n’est pas cette incarcération abusive qui sera l’épreuve la plus cruelle de Sacha : ce sera de constater que de tous ses amis ou ceux qui se prétendaient tels, de tous ceux qu’ils a aidés, bien peu auront le courage de braver le terrorisme ambiant pour témoigner en sa faveur. Sacha pourra à loisir se remémorer avec amertume la définition donnée par le célèbre écrivain Ambrose Bierce : « Dos : Partie du corps de vos amis que vous avez le privilège de contempler dans l’adversité ».

Il sera finalement libéré, en désespoir de cause, le 23 octobre 1944. Libéré, mais en liberté provisoire seulement. Il reste inculpé. Défense lui est faite de reprendre aucun de ses métiers, qui sont pourtant toute sa vie : auteur dramatique, comédien ou cinéaste.

Il faudra attendre 1947 pour que l’affaire Guitry soit enfin classée, car décidément, même en raclant les fonds de tiroir, rien n'a pu être retenu contre lui.  Sacha, qui restera très meurtri par cet épisode, va enfin pouvoir retrouver son public, qui lui fait fête. Trois ans éloigné des feux de la rampe : une horrible éternité pour lui !

Comment cet homme, qui symbolisait l’esprit français, et qui était comblé par les dieux, n’aurait-il pas eu d’ennemis inexpiables ? En mai 1942, il faisait jouer à Paris « N’écoutez pas, Mesdames », l’un de ses plus gros succès. On pouvait y entendre ce dialogue savoureux : à Julie Bille-en-Bois avec laquelle il évoque des souvenirs, Daniel parle de Valentine, sa première femme :

« - … Elle parlait en vers, lui dit-il, et quelquefois en latin. 

 - …Même dans l’intimité ?

-    Même dans l’intimité, oui.

-    Et qu’est-ce qu’elle te disait dans ces moments-là ?

-    En latin ?

-    Oui. 

 -    Bis ».

Sacha Guitry est mort en 1957 – il y a cinquante ans, mais va-t-on s’en souvenir ?  Il est à bien des égards le symbole d’une France qui a sombré : esprit, souveraine liberté de ton, insolence, style, panache. Quoi de plus rare aujourd’hui ? Relisez ses pièces, ses écrits. A travers les sourires, ou les rires, vous en aurez, comme moi, le cœur serré. Tellement ce temps, si proche pourtant, paraît lointain.

Source : Sacha Guitry, de Raymond Castans, Editions de Fallois, 1993

02/05/2007

SIMON PETLURA: UNE MORT DECIDEMENT BIEN INTRIGANTE

Je vous parlais hier de réactions intéressantes et bien actuelles à la commémoration du 80e anniversaire de la mort du patriote ukrainien Simon Pétlura, l’an dernier à Paris. En réalité, que sont 80 années dans l’histoire des hommes ? Les plaies béantes alors ouvertes ne sont toujours pas cicatrisées, mais se pourrait-il que la vérité finisse par rattraper les menteurs ?

Voici donc, en réponse à la haute indignation manifestée par la LICRA lors de cette commémoration, la réaction qui fut alors celle d’Andriy Shkil, député ukrainien depuis 2002. Andriy Shkil est l’un des dirigeants de l’UNA-UNSO, mouvement nationaliste radical ukrainien. Je ne porte pas de jugement sur ce mouvement, mais j’estime utile d’apporter cette pierre à la réflexion sur un dossier loin d’être refermé:

medium_images.44.jpg« On le sait bien que, plus le mensonge est cynique, plus il ressemble à la vérité. Cette fameuse thèse constituait depuis longtemps la pierre angulaire de tout mécanisme de propagande sous les régimes totalitaires. C’est forcément elle qui a été utilisée avec succès par les agents soviétiques en France lors du procès dans l’affaire de l’assassinat d’un des fondateurs de l’Etat ukrainien, Simon Petlura. C’est bien cette thèse qui a transformé le procès contre l’assassin de Petlura en accusations adressées au Président de la RPU (République Populaire Ukrainienne) d’avoir organisé, à l’époque, les massacres juifs pendant la courte période de l’existence de la République Ukrainienne indépendante. En fait, ce n’était pas tant le procès contre Petlura, que contre les tentatives de l’Ukraine de ressusciter son indépendance. Même aujourd’hui certains opposants n’arrivent pas à se résigner à l’Ukraine libre. La LICRA - une organisation qui se qualifie comme celle qui défend les droits de l’homme, diffame l’Ukraine en utilisant pour cela les " arguments " qui viennent des outils traditionnels de l’idéologie soviétique sur l’antisémitisme de la nation ukrainienne comme un trait naturel de notre peuple.

Ayant lu l’article de M. Patrick Gaubert, président de la LICRA, j’ai eu le sentiment de revenir 30 ans en arrière dans l’Etat soviétique de Brejnev et Andropov. N’ayant jamais vu M. Gaubert mais ayant lu ses propos, j’ai perçu dans ses expressions la fameuse étiquette  "nationaliste ", aussitôt les visages sont apparus des bourreaux du KGB et des fonctionnaires du Parti communiste soviétique qui m’interrogeaient, ainsi que mes frères, dans la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine. Ce n’est pas le mensonge du pouvoir qui était le plus ignoble à l’époque mais la politique bien ciblée visant à limiter aux gens l’accès à l’information alternative et les tentatives de la présenter sous un aspect favorable au Parti communiste soviétique. C’est pourquoi ma réplique n’est pas autant adressée à M. Gaubert, président de la LICRA, elle exprime plutôt le souhait d’attirer l’attention de ses compatriotes à qui il interdit d’avoir le droit à une autre vérité, sauf, bien entendu, la sienne, mais aussi le droit même au doute. Et ceci " grâce " à son habileté à restreindre ou altérer consciemment les informations historiques. Car à l’époque, le doute a été engendré par l’opinion libre et véritablement démocratique de la France qui contrastait avec les inculpations contre Petlura, ainsi qu’avec la position de la LICRA d’alors. " L’assassinat de Petlura - c’est une terreur bolcheviste en France " , écrivaient en 1926-1927 Le Figaro , Le Temps , L’Echo de Paris , L’Action Française , Le Gaulois , L’Avenir, L’Intransigeant , Paris Midi , Comedia , Le Journal et autres.

Est-il possible que M. le président pense tout comme les anciens fonctionnaires du Parti communiste soviétique que l’opinion publique de la France n’ait pas accès aux travaux scientifiques des chercheurs français contemporains et notamment de ceux qui sont d’origine juive ? Il s’agit, par exemple, de M. Léon Poliakov, Directeur de recherche honoraire au CNRS. Même pas un seul mot de son article, paru dans L’Information juive en octobre 1986, ne permet aux Français de mettre en doute ses dogmes sur l’antisémitisme de Petlura et de toute la Nation ukrainienne. Même le journal français bien connu L’Avenir constatait en 1927 que " l’assassinat de Petlura n’était pas une vengeance juive " et que ce n’est pas son Gouvernement qui était derrière les pogromes que M.Gaubert impute à Petlura, mais l’armée d’occupation bolcheviste. Est-il possible de ne pas sous-estimer à un tel point des millions de lecteurs du journal Le Monde quand le président de LICRA impute les massacres juifs à Petlura ? Est-ce qu’il pense vraiment que les Français ne lisaient pas les livres, interdits à l’époque en URSS, de l’écrivain juif Issak Babel tels que Cavalerie rouge et Les chroniques ? Ces oeuvres de l’écrivain qui a été torturé à mort par le KGB sont largement traduites en France. Ils témoignent avec éloquence que les massacres ont été inspirés et organisés par les détachements bolchevistes des commandants soviétiques, aussi bien que par l’armée monarchiste russe de Dénikine. M. le président de la LICRA a qualifié le gouvernement de Petlura d’antisémite. Est-ce que, en effet, il croit qu’un simple citoyen français ne soit pas capable de trouver sur l’Internet les informations sur le fait qu’une bonne partie des membres du gouvernement de Petlura était d’origine juive et que c’est sous sa présidence que le ministère aux affaires juives a été créé ?

M. Gaubert compte peut-être sur l’ignorance de la société française de la situation actuelle en Ukraine et donc, accuse l’Etat d’antisémitisme. Alors, je tiens à l’informer que la moitié des 20 personnes les plus riches d’ Ukraine sont d’origine juive. Il y a aussi des représentants de la nationalité juive dans les organes du pouvoir central et régional en Ukraine. Est-ce que M. Gaubert considère que le Président de l’Ukraine se permettrait de déposer officiellement une gerbe à la personne soupçonnée d’un iota d’être impliquée dans les pogromes antisémites ? Des millions de téléspectateurs en France et en Ukraine en étaient les témoins. J’ai beaucoup réfléchi pourquoi les répliques de M. Gaubert sont écrites dans l’esprit si nerveux et presque hystérique. Et j’ai compris que le 80ème anniversaire de l’assassinat de Petlura, leader de la nation ukrainienne, nous fait revenir à la fin des années 1920 du siècle passé, c’est-à-dire à cet ignoble procès qui a été inspiré contre l’Ukraine par les services spéciaux de Moscou bolcheviste. Ceux qui étaient derrière ce procès ont peur d’être dévoilés. Mais la vérité n’est pas loin. L’histoire contemporaine de l’Ukraine démocratique y contribue sensiblement. Elle rend à son peuple la vérité qui a été défigurée par des années du régime totalitaire soviétique et torturée dans les geôles du KGB. J’ai beaucoup de respect pour les juifs, je connais bien et je respecte la culture juive, c’est pourquoi j’éprouve un sentiment de compassion pour les 6 millions de victimes de l’Holocauste et je me permets de faire remarquer que les organisations juives en Ukraine ne partagent absolument pas la position de M. Gaubert à l’égard de Simon Petlura.

Et pour terminer, puisque M. Gaubert ajoute à ses fameuses insinuations sur l’antisémitisme de Petlura l’idée que la renaissance de l’indépendance ukrainienne a été pavée par les Etats-Unis, il ne me reste pas d’autre chose que de citer Abraham Lincoln qui disait que " vous pouvez tromper quelques-uns tout le temps, un certain temps tromper tout le monde, mais vous ne pouvez pas tromper tous tout le temps ".

01/05/2007

SIMON PETLURA, PATRIOTE UKRAINIEN

medium_images.39.jpgJ’évoque bien sûr dans La France LICRAtisée l’origine de cette association « antiraciste », née du crime de Samuel Schwartzbard sur la personne de Simon Petlura, accusé de pogroms en Ukraine (voir sur ce blog dans la catégorie « Extraits de La France LICRAtisée », les trois premiers articles). La LICRA n’a jamais cessé depuis de poursuivre la mémoire de Simon Petlura de sa haine vigilante, y compris l’an dernier, criant au scandale à propos d’une cérémonie ukrainienne de  commémoration de sa mort, à Paris.

On m’a fait découvrir hier un blog absolument passionnant sur lequel figure la biographie suivante de Simon Petlura. Elle ouvre bien des perspectives et m’a amenée, en recherchant deci-delà, à des réactions intéressantes et bien actuelles. Mais ce sera pour demain.

 "Symon Petlura

C’est à Poltava, dans une Ukraine asservie et divisée entre empires russe et austro-hongrois que naquit le jeune Symon dans une famille descendante de cosaques appauvris, en mai 1879. L’émergence du sentiment national chez ce peuple farouchement attaché à sa liberté et son identité s’était accélérée à la fin du 19ème siècle, surtout dans la partie autrichienne (Galicie). Dans l’empire des tsars, au contraire, les Ukrainiens, qualifiés de « Petits Russes » subissaient une domination quasi coloniale nantie d’une répression impitoyable et d’une interdiction de leur langue, dont l’existence même était niée. .

Très tôt acquis à la cause nationale, il adhère au Parti révolutionnaire Ukrainien (RUP). Pour échapper à la police, il doit partir dans le Kouban où il participe à la rédaction de plusieurs publications nationalistes.
A l’automne 1904, Petlura se trouve en exil à Lviv en Galicie, après un premier séjour en prison, où il devient un membre dirigeant du Parti social démocrate ouvrier ukrainien.
Le mouvement national ukrainien de cette époque est très hétérogène et fortement marqué à gauche avec un mélange particulier de socialisme et de fédéralisme.
Dans cet environnement idéologique, Petlura s’affirme clairement antimarxiste et s’impose par son éloquence et son pouvoir de persuasion.
A la veille du premier conflit mondial, Petlura est mobilisé sur le front sud ouest et affecté comme délégué général adjoint aux services auxiliaires pour former et préparer au combat les recrues ukrainiennes de l’armée impériale : 3 millions de ses compatriotes luttent dans les rangs tsaristes alors que 250 000 revêtent l’uniforme autrichien.

L’heure de la délivrance sonne pour l’Ukraine avec la révolution de février 1917 qui prend une coloration fortement nationale sur la vieille terre des cosaques zaporogues.
A Kyiv, Petlura intègre un parlement provisoire, la Rada centrale, représentatif de toutes les forces vives du pays, incluant les minorités nationales, qui se met en place dès le mois de mars. En tant que président élu de l’Organisation militaire ukrainienne, il convoque trois congrès militaires pan ukrainiens à Kyiv pour constituer l’embryon d’une armée nationale et doter la Rada de forces crédibles.
Il se heurte à la fois à l’opposition du gouvernement provisoire de Kerenski, mais aussi aux réticences de nombreux responsables socialistes ukrainiens, idéalistes et antimilitaristes, comme Hrouchevskyi et Vynnytchenko.
Il se distingue également en se montrant attaché à la poursuite de la guerre aux côtés des pays alliés de l’Entente et mise de grands espoirs sur la France.

Au moment où survient la révolution bolchevique, l’Ukraine s’est engagée dans une marche irrésistible vers la souveraineté qui aboutit le 20 novembre 1917 à la création de la République populaire ukrainienne (UNR).
Cela est inacceptable pour Lénine qui lance une première invasion du pays après un ultimatum et la création d’une république bolchevique fantoche à Kharkiv.
Petlura, en désaccord avec Vynnytchenko qui désire sortir de la guerre et participer aux pourparlers de paix avec les empires centraux, avait déjà démissionné de son poste de secrétaire général aux affaires militaires et gagné la province pour former de nouvelles unités .
A la tête d’un corps d’armée il se distingue par son courage et son abnégation dans la résistance à l’envahisseur.

Après la proclamation de l’indépendance de l’UNR le 22 janvier 1918, Kyiv est investie une première fois par les bolcheviks après le départ du gouvernement dont les délégués signent la paix de Brest-Litovsk avec les empires centraux le 9 février.
Les armées allemandes et austro-hongroises envahissent le pays et repoussent les bolcheviks dans l’espoir de faire main basse sur les immenses ressources de ce traditionnel « grenier à blé ».
Un coup d’état soutenu par les Allemands propulse au pouvoir le général Pavlo Skoropadskyi qui se fait nommer hetman et établit un régime conservateur et monarchique, sans assise populaire, en dépit d’une œuvre non négligeable dans la promotion de la culture ukrainienne.
Ami de l’Entente, Petlura quitte l’armée, avant d’être emprisonné quelque temps par les Allemands, puis prend part au soulèvement contre l’hetman qui abdique le 14 décembre 1918 et s’enfuit en Allemagne.

La Rada revient à Kyiv et un Directoire de cinq personnes assure le pouvoir. Petlura y occupe la fonction d’otaman général, c'est-à-dire de chef suprême des armées de la République.
Il se consacre énergiquement à l’organisation des forces militaires, qui, à part quelques régiments réguliers disciplinés, sont composées d’un trop grand nombre d’unités hétéroclites et volatiles.
Mais la guerre reprend en ce début d’année au moment où un vieux rêve ukrainien se réalise, l’union, le 22 janvier 1919, avec la Galicie qui avait proclamé son indépendance deux mois plus tôt sous le nom de République populaire d’Ukraine occidentale (ZUNR).
Dans ce champs clos qu’est devenue l’Ukraine, les invasions et les fronts se multiplient avec l’intervention de plusieurs armées, toutes adversaires du Directoire.
Les Bolcheviks avec l’armée rouge organisée par Trotsky ouvrent le bal, suivis de peu par les Polonais de Pilsudski, nouvellement indépendants et qui n’avaient pas renoncé à la Galicie, longtemps restée sous leur domination.
Au sud du pays, les troupes françaises et grecques débarquent pour choisir de soutenir l’armée blanche du général Dénikine, lequel, fidèle à sa vision d’une Russie une et indivisible, considère qu’un « séparatiste » ukrainien ne vaut pas mieux qu’un Bolchevik.
Il ne faut pas oublier, dans ce tableau dantesque,

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16/04/2007

16 AVRIL 1917: LE BACILLE DE LA PESTE ARRIVE EN RUSSIE

Dans la série des anniversaires à ne pas oublier, rappelons qu’il y a tout juste 90 ans, Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, rentrait triomphalement en Russie après dix ans d’exil.

La première guerre mondiale faisait rage, les troubles intérieurs russes dégénéraient en révolution et le tsar Nicolas II avait abdiqué un mois plus tôt. Les conditions étaient donc réunies pour récupérer la mise et achever la formidable révolution libératrice qui mit à genoux pour longtemps les pays qui eurent le malheur de tomber sous son joug.

Lénine avait quitté la Suisse le 10 avril dans un train tout à fait ordinaire. Avant son départ, il avait pris soin de spécifier dans un document les conditions matérielles dans lesquelles devait s’effectuer sa traversée de l’Allemagne, conditions que le gouvernement allemand avait acceptées. Le droit d’exterritorialité était notamment reconnu au wagon où se trouvait le groupe des révolutionnaires, pudiquement qualifiés d’ « émigrés ». Ils étaient 32 en tout: 20 hommes, 10 femmes et 2 enfants.

Le 13 avril, le groupe quitte le territoire allemand et embarque à bord d’un petit bateau à vapeur pour la Suède. Il sera très bien reçu à Stockholm par le maire socialiste en personne.

C’est un train spécial qui emmènera ensuite Lénine à Petrograd où il est accueilli triomphalement le 16 avril, aux accents de La Marseillaise. Kamenev, le rédacteur en chef de la Pravda, est là, avec d’autres.

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Grimpé sur une table, Lénine ne tarde pas à haranguer la foule :  

« Chers camarades, soldats, matelots et ouvriers ! Je suis heureux de saluer en vous la révolution russe victorieuse, l’avant-garde de l’armée prolétarienne mondiale. La guerre de rapine impérialiste est le commencement de la guerre civile dans l’Europe entière. L’aube de la révolution socialiste mondiale se lève. En Allemagne tout bouillonne. L’impérialisme européen peut s’effondrer du jour au lendemain. La révolution russe accomplie par vous a ouvert une ère nouvelle. Vive la révolution socialiste mondiale ! ».

Les pauvres gens qui l’acclamaient criaient « A bas la guerre meurtrière et abhorrée ! ».

Ils ne savaient pas ce qui les attendait ...

08/04/2007

EINSTEIN : C’ETAIT DONC DU BLUFF ? (Voilà pourquoi il nous tirait la langue !)

medium_images.15.jpgJ’ai reçu ce matin, suite à l’article paru il y a quelques jours sur Marc Chagall, et qui avait soulevé à son tour la question d’Einstein, un commentaire tellement intéressant que je préfère le donner ci-dessous en clair, sous la signature de son auteur :

 

« A propos de ce qu'il faut bien qualifier d'"imposture" d'Einstein, on dispose désormais d'une documentation sûre et abondante, y compris en français. Car en anglais, cela fait maintenant une cinquantaine d'années que l'essentiel sur la question a été dit. En français, les derniers travaux érudits de mise au point sont notamment ceux de Jean Hladik au titre très explicite Comment le jeune et ambitieux Einstein s'est approprié la relativité restreinte de Poincaré, Ed. Ellipses, 2004, de Jules Leveugle, La Relativité, Poincaré et Einstein , Planck, Hilbert, Histoire véridique de la théorie de la relativité, L'Harmattan, 2004 et de Jean-Paul Auffray Einstein et Poincaré: sur les traces de la relativité, Le Pommier, 2005 et Comment je suis devenu Einstein : La véritable histoire de E=mc2, Ed. Carnot, 2005.

Et non seulement Einstein s’est approprié malhonnêtement en 1905 la théorie de la relativité restreinte développée par Lorentz et Poincaré, mais il fera encore de même en 1915 avec la théorie de la relativité générale que David Hilbert venait de formuler. D’ailleurs, si l’on en croit Christopher Jon Bjerknes (Albert Einstein: The Incorrigible Plagiarist, DownersGorve, Illinois, E-U, 2002 et The Manufacture and Sale of Saint Einstein, 2006), bien d’autres formulations habituellement attribuées à Einstein comme pour le mouvement brownien, l’équivalence de la masse et de l’énergie, etc. relèvent du même procédé douteux.  Et le pire est que tout ceci était largement reconnu dans les milieux scientifiques, depuis pratiquement toujours. C’est pour cela que le prix Nobel attribué (par complaisance ?) à Einstein en 1921 ne fera référence qu’à son explication, à peine originale, de la photo électrique. On peut aussi rappeler qu’au moins pour la relativité restreinte, on a maintenant en France la caution de Claude Allègre qui a reconnu les faits dans un article paru dans L’Express du 8 novembre 2004.

Le plus extraordinaire est donc surtout qu’on ait pu faire à ce point, et durant si longtemps, l’apologie d’Einstein comme s’il était l’incarnation même du génie humain. L’iconographie du XXe siècle a même fait de sa tête, tirant ou non la langue, le symbole populaire par excellence du "savant". On peut aussi rappeler la multiplicité outrancière des émissions consacrées en 2005 à sa gloire sur Arte et France Culture. D’ailleurs, lorsqu’on parle de la "relativité", on y associe automatiquement le nom d’Einstein comme s’il avait personnellement inventé le phénomène lui-même...  On frise ici la mystification divinisatrice, ce que d’autres appellent le culte de Saint Einstein !

Tout ceci relève donc d’une véritable orchestration de la part des médiats. Et d’autant plus  que ces derniers ne manquent jamais de rappeler les origines juives d’Einstein.  C’est pour eux une façon d’imposer l’idée que l’un des esprits, pour ne pas dire l’esprit scientifique le plus "brillant" qui ait jamais existé est juif , et qu’en la circonstance, celui-ci peut représenter sa communauté d’origine. Encore qu’à cet égard, Einstein sert également d’icône à la multitude d’autres "savants" dont ses coreligionnaires s’enorgueillissent (cf. Isaac Benguigui, Les juifs et la science, Slatkine 2003).  Et à chaque fois donc, pour faire croire, et peut-être se persuader eux-mêmes, jusqu’à quel point ils sont exceptionnellement doués et travailleurs. Ce qui leur permettrait également alors d’affirmer que c’est avant tout à cela qu’ils doivent leur non moins exceptionnelle "réussite".  Toute hostilité contre eux ne relèverait donc que de la plus mesquine des jalousies de la part de la masse planétaire des "médiocres", se traduisant en odieux et énigmatique "antisémitisme".

Force est cependant de constater que les trois principales "icônes" du génie juif du XXe siècle, à savoir Marx, Freud et Einstein, ont donc maintenant beaucoup perdu de leur brillance, au point que l’on accole de plus en plus fréquemment à leur nom les qualificatifs d’imposteur, plagiaire ou même charlatan. D’ailleurs, on sait aussi que les grandes découvertes scientifiques sont souvent l’aboutissement des travaux de plusieurs générations et de l’effort conjugué de nombreuses équipes. Par conséquent, il est toujours un peu injuste d’en attribuer le mérite à quelques têtes d’affiche. De même, en affaires comme dans la compétition sociale, une réussite trop exceptionnelle peut aussi bien s’expliquer par la tricherie et autres "anomalies", et pas seulement grâce au "génie" ou davantage de travail… Et d’autant plus lorsque cela concerne des groupes entiers dont les membres n'ont véritablement en commun qu’une certaine mentalité, les mettant en butte au reste de la population !

Pour Einstein même, beaucoup ne se cantonnent plus maintenant à contester les mérites du "savant", pour aussi remettre en cause les qualités morales de l’homme, longtemps présenté comme étant un modèle d’humanisme, de combattant pacifiste, etc. Déjà on sait qu’il avait usé de son influence pour pousser les Etats-Unis à se doter de la bombe atomique. Mais on ne dit pas toujours que dès l’instant où le Congrès juif mondial avait déclaré la guerre sainte (le jihad !) à l’Allemagne le 23 mars 1933, il s’est montré résolument belliciste.

Une fois les Etats-Unis engagés dans la guerre, malgré la volonté de la majorité des Etatsuniens, Einstein comptera même parmi  les Juifs les plus acharnés contre l’Allemagne, dans la ligne de Théodore Kaufman (l’auteur du célèbre "Germany must perish !", 1941, prônant le génocide des Allemands par le massacre et la stérilisation forcée) ou de Henry Morgenthau, le très influent ministre des finances de Roosevelt qui proposait de rayer purement et simplement l’Allemagne de la carte après l’asservissement de sa population. Au point de faire cette déclaration sans équivoque parue dans Free World du 9 juin 1944 : "Je ne vois pas trente-six solutions : soit nous anéantissons le peuple allemand, soit nous le maintenons dans l’oppression. Je ne pense pas qu’il soit possible ni de l’éduquer, ni de lui apprendre à penser et agir de manière démocratique – du moins, pas dans un avenir proche." (cf le site d’Hervé Ryssen, http://herveryssen.blogspot.com/2007/02/albert-einstein-un-bluff-cosmopolite.html ).

Et apparemment, avec Morgenthau et les autres, il a été amplement écouté puisqu’en dépit des millions de morts et de déportés qui ont suivi la fin de la guerre, l’Allemagne et sa population n’en ont pas encore fini avec la servitude et l’apprentissage de la "démocratie" (une spécialité des Etats-Unis, de son armée conquérante et de l'imprégnation de ses mediats comme l’on sait !) 62 ans plus tard… »

Radwulf

06/04/2007

UNE MEMOIRE BIEN TARDIVE…

medium_9782226175939.2.gifUn ouvrage intitulé Sonderkommando – Dans l’enfer des chambres à gaz, a été récemment  publié par Shlomo Venezia. Il est préfacé par Simone Veil, qui écrit notamment ceci : « Je lis de très nombreux récits d’anciens déportés qui me replongent chaque fois dans la vie du camp. Mais celui de Shlomo Venezia est particulièrement bouleversant puisqu’il est le seul témoignage complet que nous ayons d’un survivant des Sonderkommandos…La force de ce témoignage tient à l’honnêteté irréprochable de son auteur qui ne raconte que ce que lui-même a vu, sans rien omettre… Avec ses mots simples, Shlomo Venezia redonne vie aux visages émaciés, aux regards exténués, résignés et souvent terrorisés, de ces hommes, de ces femmes et des enfants qu’il croise une seule et dernière fois… »

Bon, moi, je veux bien, mais je me pose quand même quelques questions… Shlomo Venezia, juif italien né à Salonique en Grèce, est déporté à Auschwitz-Birkenau à l’âge de 21 ans. Il y restera du 11 avril 1944 au 26 janvier 1945, affecté aux Sonderkommandos, équipes de détenus juifs chargés de brûler le corps des victimes des chambres à gaz. Il survivra cependant à ses épreuves, ainsi que sa sœur, son frère et ses deux cousins, eux aussi déportés au même endroit.

Cet homme avait donc 21 ans en 1945. Il en a aujourd’hui 83. Pourquoi avoir attendu soixante-deux ans pour faire publier aujourd’hui ce qu’il n’a apparemment pas jugé utile ou nécessaire de faire connaître durant tout ce temps ? Et à cet âge avancé, jusqu’à quel point a-t-on encore le droit de faire une confiance totale à sa mémoire ? Surtout s’agissant d’un sujet aussi passionnel et de faits aussi anciens?

Bref, cette parution est bizarre, bizarre…

01/04/2007

LE DOUX PEINTRE MARC CHAGALL FUT COMMISSAIRE POLITIQUE BOLCHEVIQUE

medium_cimetiere.jpgMarc Chagall, de son vrai nom Moishe Segal, est né en 1887 à Vitebsk, en Biélorussie. Bien qu’issu d’une modeste famille juive sous le régime tsariste, il aura la possibilité d’aller étudier la peinture à Saint-Pétersbourg et se rendra même à Paris grâce à une bourse en 1911. En 1914, pour éviter d’être envoyé au front, il est engagé dans un bureau militaire, sous les ordres de son beau-frère Jakow Rosenfeld.

Arrive la Révolution d’Octobre en 1917. Il a alors trente ans et déclarera dans son autobiographie que c’est là l’événement qui a marqué le plus profondément sa vie. Il est soulevé d’un immense enthousiasme qu’il traduira dans un tableau qu’il peint à cette époque, Les portes du cimetière (représenté ci-dessus) sur lequel il inscrit en caractères hébreux la prophétie d’Ezéchiel : « Ainsi parle le Seigneur Yahvé : Voici que j’ouvre vos tombeaux et je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple, et je vous reconduirai sur le sol d’Israël ».

Son adhésion sans réserve au communisme l’amènera à s’engager activement au service du nouveau régime puisqu’il est nommé commissaire politique aux beaux-arts de la province de Vitebsk dès 1918, sur proposition de Lounatcharsky, commissaire à la culture, qu’il avait rencontré à Paris.

Dès le début, les bolcheviques, pour qui la violence est un moteur de l’histoire, en multiplieront les démonstrations : la guerre civile fera rage avec son cortège d’exécutions, de déportations, d’exactions en tous genres. La révolution « libératrice », comme on le sait, fera couler des torrents de sang et de larmes et mettra tout un peuple à genoux.

 

Ce n’est pourtant nullement pour ces raisons-là que Chagall démissionnera de ses fonctions en 1920, mais à cause de divergences relatives à des théories sur l’art. Il partira s’installer à Moscou où il travaillera pour le Théâtre d’Art hébraïque, réalisant décors et costumes, avant de venir s’installer en France en 1923.

On sera heureux d’apprendre qu’il ne fut guère diabolisé pour sa participation active à un régime parmi les plus sanglants que connut l’humanité, et que, malgré l’antisémitisme sévissant en Europe, il mourut en 1985 à St Paul de Vence, à l’âge de 98 ans, internationalement reconnu et honoré.

11/03/2007

QUATRE AFFAIRES CELEBRES D'AVANT-GUERRE

Les années d’avant-guerre vont voir se dérouler quatre affaires célèbres ayant toutes des motifs politiques et présentant de nombreuses et troublantes similarités. Trois d’entre elles concerneront, à des degrés divers, la LICA (plus connue aujourd’hui sous le sigle de LICRA).

L’affaire Tehlirian

medium_tehl.2.jpgLe 15 mars 1921, dans une rue de Berlin, un jeune Arménien de 23 ans, Soghomon Tehlirian, abat d’un coup de revolver l’ex-ministre du gouvernement Jeunes Turcs réfugié en Allemagne, Talaat Pasha. L’homme assassiné est le grand ordonnateur des massacres qui ont décimé la population arménienne de l’empire ottoman au cours de la première guerre mondiale. De 1 200 000 à 1 500 000 personnes périront dans ce qui sera considéré comme le premier génocide du XXe siècle.

Le procès de Tehlirian, qui se déroule trois mois plus tard, en juin 1921, est retentissant. Tous les témoins cités au procès attestent de l’ampleur des massacres et de leur intentionnalité. L’accusé, qui a voulu par son geste venger son peuple, est acquitté par le tribunal de Berlin. Il finira ses jours aux Etats-Unis en 1960.

L’affaire Schwartzbard

medium_schw.jpgQuelques années plus tard, une affaire étonnamment semblable éclate à Paris. Le 25 mai 1926, en plein Paris, Samuel Schwartzbard vide son chargeur sur Simon Petlura et se constitue prisonnier. Il déclare lui aussi avoir agi pour venger ses frères juifs victimes de pogroms perpétrés en Ukraine par Petlura. Sa défense est aussitôt prise en mains par un journaliste de gauche, Bernard Lecache, qui crée à cet effet la Ligue  internationle contre les pogroms (qui deviendra l’année suivante LICA, puis LICRA) et lui procure un ténor du Barreau de l’époque : Henry Torrès, qui a déjà par le passé assuré la défense d’anarchistes célèbres.

Là aussi, le procès fait sensation. La population et la presse juives, surtout américaines, prennent fait et cause pour l’accusé et rendent le monde entier responsable, par son silence, des pogroms. En réalité, la part de la responsabilité directe de Petlura, chef de l’armée nationale d’Ukraine, dans les pogroms perpétrés par ses troupes, en une période de guerre civile intense, ne sera même pas établie durant le procès. Samuel Schwartzbard lui aussi sera triomphalement acquitté le 26 octobre 1927. Il finira ses jours en Afrique du sud, en 1938.

L’affaire Frankfurter

medium_frankf.jpgUne nouvelle affaire similaire va éclater début 1936, mais cette fois, son dénouement sera différent. David Frankfurter, étudiant en médecine juif, abat le 4 février 1936 à Davos, Wilhelm Gustloff, représentant en Suisse du national-socialisme. Il indique également avoir agi pour se  venger de ce régime détesté.

Mais la Suisse, pays neutre, ne retient pas le mobile politique et se contente de le juger pour délit de droit commun. Au terme d’un procès que Le Droit De Vivre qualifiera de « scandaleux », David Frankfurter ne sera pas acquitté, lui, mais bel et bien condamné pour meurtre à 18 ans de réclusion, par le tribunal cantonal des Grisons. Le Grand Conseil des Grisons graciera finalement le condamné en 1945, à condition qu’il quitte le territoire suisse et rembourse ses frais de justice. Il ira s’installer à Tel Aviv où il travaillera au ministère de la Défense. Il meurt en 1982.

L’affaire Grynspan

medium_grynsp.jpgLe 7 novembre 1938 à Paris, un juif allemand de dix-sept ans, Herschel Grynspan, attend à la porte de l’ambassade d’Allemagne avec un revolver. Il tire à cinq reprises sur un conseiller d’ambassade, Ernst von Rath, âgé de trente et un ans, et le tue. Lui aussi déclare avoir agi pour venger ses parents persécutés en Allemagne.

Bien que sans le sou et parfaitement inconnu, il sera lui aussi défendu, par l’intermédiaire de la LICA, par un ténor du Barreau de l’époque, Vincent de Moro-Giafferi. C’est cet avocat d’ailleurs qui avancera l’idée de l’homosexualité de Grynspan pour faciliter la défense de son client, qui s’était contredit dans ses motivations.

Mais il n’y aura pas de procès. Car la suite de l’histoire est des plus embrouillées et n’a jamais été réellement élucidée. Grynspan aurait été, après bien des tribulations, remis par la justice française à la police allemande et emmené à Berlin, où il aurait été, après bien des péripéties, libéré par les Américains. A la suite de quoi, il aurait vécu à Paris sous un nom d’emprunt, les diverses parties concernées ayant chacune intérêt à faire oublier son rôle dans cette histoire. D’ailleurs la communauté juive dans son ensemble, contrairement à ce qui s’était passé lors de l’affaire Schwartzbard, ne se solidarisera pas avec Grynspan, accusé d’avoir attiré les malheurs de la Nuit de Cristal  qui fut organisée par les nazis en représailles à son geste. La famille de Grynspan émigra en Palestine et son père témoignera au procès Eichmann.