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27/09/2011

1) Allez, rigolons un peu….

 

Je sais, je n’ai pas vraiment le temps, mais je ne peux pas résister. Je reçois ce matin l’annonce de la prochaine université du Club de l’Horloge, prévue les 8 et 9 octobre prochain sur le thème « Pour que les électeurs de droite ne soient plus trompés ». Et je constate que ce Club, recyclant de vieilles lubies d’alliances et d’accointances diverses et variées avec la « droite », est en pleine marinolâtrie, lui aussi. Il s’est certainement chargé de baliser le terrain pour plus tard.

 

Or, voici que je lis la liste des intervenants : Christophe Beaumont, Yvan Blot, Michel Clapié, Gilbert Collard, Jean-Louis Harouel, Yves-Marie Laulan, Jean-Yves Le Gallou, Henry de Lesquen, Pierre Millan, Jean Violette.

Comme il paraît que « ces deux journées d'études et de débats apporteront des réponses claires et argumentées aux questions des Français sur la prochaine élection présidentielle, dont elles dégageront les véritables enjeux », je me sens tenue d’apporter ma petite pierre à ce savant édifice et de rappeler divers éléments d’information datant de 1998/99. Ce n’est pas si vieux et vous verrez, c’est très éclairant.

 

Car enfin, si un nom m’a interpellée, si je puis dire, c’est bien celui d’Yvan Blot. Voilà un personnage des plus sympathiques, parfaitement ferme dans ses convictions, qui fera considérablement avancer le schmilblick. Une excellente recrue pour Marine Le Pen. Tout à fait emblématique.

 

Vous voulez savoir pourquoi ? Eh bien, c’est trop long pour aujourd’hui. Nous attaquerons demain et ce sera un petit feuilleton très réjouissant.

Vous verrez qu’avec des amis pareils, on n’a plus besoin d’ennemis …



29/06/2011

AMALGAMONS, AMALGAMONS, IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE …

L’affaire Dreyfus et l’affaire Frank mises sur le même pied : celui de l’Antisémitisme avec un grand A. Je n’ai pas vraiment le temps d’épiloguer, mais vous arriverez bien à le faire tous seuls…

 

Lisez d’abord la nouvelle qui suit, diffusée par le CRIF. Vous lirez ensuite un éclairage concernant l’affaire Frank paru sur le blog en août 2007 :

 

 

1)   « L’affaire Dreyfus en France, l’affaire Frank aux Etats-Unis : la machine infernale

 
 

 

Etudier et mettre en parallèle l’affaire Dreyfus et l’affaire Frank, « Dreyfus en Amérique » pour certains, nous incite à observer le fonctionnement de nos démocraties contemporaines pour défendre une certaine idée de l’Etat de droit et porter un regard sur le sens des « indignations » et de l’engagement dreyfusard aujourd’hui. L’Université américaine de droit TOURO LAW CENTER a choisi de mettre en parallèle ces deux affaires pour son prestigieux événement quadriennal cette année, les 5, 6 et 7 juillet 2011 à Paris:

 

« PERSECUTION THROUGH PROSECUTION : ALFRED DREYFUS, LEO FRANK AND THE INFERNAL MACHINE »

 

gg.jpgL’affaire Dreyfus en France, l’affaire Frank aux Etats-Unis : la machine infernale TOURO LAW Center bénéficie du soutien, en France, de deux partenaires particulièrement actifs et engagés, l’American Jewish Committee (AJC) et le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) ainsi que d’un partenariat avec l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP Paris). L’événement a, en outre, obtenu le haut patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Française. TOURO LAW a inscrit les huits sessions du Colloque autour du jeu des engrenages, ceux de la « machine infernale » dans laquelle la politique, la justice, les médias, et l’opinion publique sont étroitement imbriqués.

 

Pendant trois jours, dans des lieux parisiens emblématiques liés à l’affaire Dreyfus, les plus renommés spécialistes livreront en séance leur expertise et leur éclairage pour étudier comment ces deux affaires se sont muées en « machines infernales ». Ils s’efforceront d’alimenter la réflexion sur le sens qu’a pris, depuis l’Affaire Dreyfus et jusqu’à aujourd’hui, la notion d’engagement dreyfusard. En effet, au-delà de la place fondatrice qu’occupe l’Affaire dans notre modernité républicaine, les débats qu’elle continue de soulever, en France et aux Etats-Unis, renvoient à des enjeux contemporains. Les affaires Alfred Dreyfus et Léo Frank, en raison de leur dimension et de leurs caractères, ont dépassé les parcours individuels de cet officier juif français en 1895 injustement condamé pour haute trahison à la détention à perpétuité et déporté, et de cet industriel juif américain en 1915 accusé, déshonoré, condamné puis lynché pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

 

Cette nouvelle mise en perspective vise à révéler la modernité de ces deux affaires jusqu’aux interrogations les plus actuelles sur l’articulation de la défense des particuliers et des droits universels et la manière de définir les priorités et les argumentaires face aux différentes formes de racismes et d’antisémitismes aujourd’hui.

 

C’est en s’appuyant sur les interventions interdiscliplinaires de tous les experts présents et dans le prolongement de son engagement civique que le TOURO LAW Center a décidé de poursuivre le débat et le combat pour la justice. Chaque session se tiendra devant plus d’une centaine de participants invités. L’événement est ouvert au public sur invitation. »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=25367&artyd=2

 

 

2)   L’AFFAIRE LEO FRANK ET L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE

imagesCAM0RIY1.jpgNous avons déjà parlé de la rubrique intitulée Souviens-toi ! publiée chaque jour sur Guysen International News. Aujourd’hui, elle évoque, entre autres, la mort de Leo Max Frank survenue le 17 août 1915 à Atlanta dans des circonstances très particulières qui rejoignent par bien des aspects notre propos habituel.

Dans l'affaire Leo Frank, le crime commis n'a jamais été réellement élucidé et bien que les faits remontent à présent à plus de 90 ans, ils continuent à déchaîner les passions car il y est question … d’antisémitisme. Autant dire que voilà un crime qui ne risque pas de sombrer dans l’oubli.           

S’agissant des faits, survenus en 1913, Guysen nous apprend ceci : Un juif d’origine allemande nommé Leo Max Frank, ingénieur habitant Atlanta (Georgie, Etats-Unis), est accusé du meurtre d’une jeune fille âgée de treize ans, Mary Phagans. Il est arrêté en dépit du manque de preuves. Avec l’ouverture de son procès, l’attitude antisémite de la population et du jury devient manifeste. La presse se livre à une campagne antisémite, et, dans ce contexte, les jurés déclarent Leo Max Frank coupable et le condamnent à mort. Mais le gouverneur de Georgie, Slanton, commue sa peine en prison à vie. Une foule rendue enragée arrache Leo Max Frank à sa prison et le lynche en psalmodiant des slogans antisémites. D’autres juifs sont agressés et beaucoup s’enfuiront de Georgie. En mars 1986, Leo Max Frank est réhabilité à titre posthume.

En se penchant d’un peu plus près sur la question, on se rend vite compte que les faits ne sont pas si lisses que cela et qu’en réalité, les juges avaient deux beaux présumés coupables à leur disposition : un juif, certes, mais aussi… un noir, nommé Jim Conley. Nous sommes à Atlanta, ne l’oublions pas. Et voilà que c’est sur le juif que le couperet tombe ! quel incroyable racisme ! Il faut noter pourtant que le jury comprenait quatre juifs et aucun noir, les deux pressentis ayant été récusés par la défense de Frank, à savoir huit avocats.

Loin de moi l’idée de prendre la moindre position dans cette sombre affaire. Elle est décrite avec beaucoup de détails dans Wikipedia version anglaise. Elle m’inspire simplement quelques réflexions.

Ainsi, l’Anti-Defamation League, elle-même émanation du B’nai B’rith, est née en 1913 à la suite de ce fait divers. Dès que l’un des leurs est accusé, les responsables juifs font bloc. L’ADL présentera systématiquement par la suite Leo Frank comme une victime de l’antisémitisme.

Et les années ont beau passer, rien n’est oublié. Comment réhabiliter cette victime de l’antisémitisme le plus odieux ? Miracle ! voilà que tout à coup, après 69 ans de silence, LE témoin se manifeste. Il y aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas ? Donc, un dénommé Alonzo Mann révèle en 1982, à l’âge de 84 ans, qu’il a bel et bien vu jadis le noir transporter le corps de la victime. C'était donc lui le coupable! S’il n’a rien dit jusqu’alors, c’est qu’il avait peur !

L’ADL va donc présenter une première demande de réhabilitation de Frank en 1983, que l’Etat de Géorgie refuse. Qu’à cela ne tienne. L’ADL représentera une seconde demande en 1986. Cette fois-ci, l’Etat de Géorgie « accordera son pardon » et reconnaîtra son incapacité à avoir protégé efficacement l’accusé durant son incarcération. Ce qui ne veut pas dire, contrairement à ce qu’affirme Guysen, qu’il a été absous d’un crime resté irrésolu.

(blog La France LICRAtisée – 17/08/2007)

19/06/2011

SUBTILE DISTORSION DE LA REALITE

Je ne peux pas m’empêcher de vous faire observer comment la chaîne Histoire présente son émission spéciale de ce soir. Voyez plutôt :

 

20h35, « L’Orchestre rouge.

 

Actif pendant la seconde guerre mondiale, Orchestre rouge, le principal mouvement résistant allemand, a fourni aux Alliés de nombreux et précieux renseignements.»

 

Voilà. « Le principal mouvement résistant allemand ». Donc, classé d’office du côté du Bien. Parce qu’être résistant, c’est chargé de plein de valeur positive. Etre espion, c’est nettement moins bien vu. C’est réservé au camp du Mal. Les communistes à la nationalité incertaine qui espionnent en temps de guerre pour Staline sont des résistants et non des espions. J’espère que tout le monde aura bien compris la nuance.

 

Voici ci-après un portrait très succinct du créateur « résistant » d’Orchestre rouge (tiré de Révolutionnaires juifs). Vous noterez comme moi au passage que les zaffreux nazis ne l'ont pas trop malmené. Tandis que Staline, lui, ne l'a pas raté. Curieux.

 

 

 

imagesCAWKWD8V.jpgLEOPOLD TREPPER, chef de l’Orchestre rouge

 

 

Le futur organisateur du réseau d’espionnage Orchestre rouge naît en 1904 dans une famille juive de Galicie.

Il rejoint les bolcheviks peu après la révolution d’Octobre et travaille durant un certain temps dans les mines de Galicie. En 1923 - il a dix-neuf ans - il organise une grève et connaît la prison.

 

L’année suivante, il s’embarque pour la Palestine, en tant que membre de Hashomer Hatzair, mouvement sioniste de gauche créé en Pologne en 1913. Dans ce territoire alors sous mandat britannique, il adhère au parti communiste qui vient tout juste de se créer et de s’affilier au Komintern. Trepper sera finalement expulsé de Palestine par les Anglais en 1929 en raison de ses activités subversives.

 

Il se rend alors en France et y travaille avec une organisation clandestine qui sera bientôt interdite. En 1932, il repart donc pour Moscou où il travaillera dorénavant pour le GRU, le renseignement militaire. Il se met à beaucoup voyager, notamment entre Paris et Moscou, pour ses missions.

 

Trepper va traverser la période des purges sans difficultés majeures. En 1938, il est envoyé en Belgique afin d’y établir un réseau d’espionnage, celui que les Allemands désigneront plus tard du nom célèbre de Die Rote Kapelle, l’Orchestre rouge. L’idée qu’il met en œuvre consiste à s’abriter derrière  des sociétés commerciales qui serviront à la fois de paravent et de source de revenus. Trepper va ainsi mettre sur pied un vaste réseau d’agents sûrs opérant dans divers pays européens et capables de fournir aux soviétiques des renseignements stratégiques, politiques, économiques de grande valeur.

 

Parmi les renseignements majeurs, Trepper sera en mesure d’informer Staline de l’imminence du déclenchement de l’opération Barbarossa, l’invasion de l’URSS par les troupes allemandes, en juin 19414. Staline, qui recevra les mêmes informations d’un autre espion, Richard Sorge, ainsi que d’autres sources, refusera pourtant d’y ajouter foi.

 

Cependant, l’Abwehr, le service allemand de renseignements militaires, n’est pas resté inactif, et parvient à démanteler le réseau. Un grand nombre d’espions sont arrêtés, dont Trepper lui-même, en novembre 1942.  Les Allemands ne seront cependant pas trop méchants avec lui car ils espèrent en faire un agent double.

 

Trepper fait semblant de se prêter au jeu, et réussit à s’échapper en 1943. Il réapparaîtra à la libération de Paris, dans le sillage de la résistance.

 

Il rentre en URSS en janvier 1945, mais là, bizarrement, au lieu d’être bien accueilli, il est emprisonné à la Loubianka sur ordre de Staline. Il réussira de justesse à sauver sa tête, mais il reste enfermé jusqu’en 1955.

Après sa libération, il retourne en Pologne avec sa famille et renoue avec ses racines juives en s’occupant de diverses organisations communautaires.

 

Après la guerre des Six Jours, il décide d’émigrer en Israël. La Pologne finira par accepter de le laisser partir en 1974. Il s’installe alors à Jérusalem et publie son autobiographie l’année suivante. Il meurt à Jérusalem en 1982. 

 

04/06/2011

INUZABLES NAZIS…

Je regarde fort peu la télé. Par contre, je lis avec attention les programmes de chaque jour. Très instructif. Ce soir par exemple, je note que sur la chaîne Justice, à 20h40, se poursuit une série sur Les traqueurs de nazis. Vachement prometteur. L’épisode de ce soir est consacré à Josef Mengele et nous annonce : « Après la débâcle nazie, Josef Mengele, médecin tristement célèbre pour ses expériences, trouve refuge en Argentine ».

 

Loin de moi l’idée de défendre d’aucune façon ce personnage entre les mains desquelles je n’aurais pas aimé tomber. Mais enfin, comme nous sommes des gens qui n’ont pas peur de regarder les réalités (toutes les réalités) en face, nous devons rétablir la symétrie un peu malmenée. Et nous souvenir d’autres personnages du même type. Quoique occultés car ayant opéré dans le camp adverse. Celui du Bien.

 

Je trouve donc judicieux (et moins fatigant) de vous offrir ci-dessous un portrait qui figure dans mon livre Révolutionnaires juifs et ainsi, si vous regardez l’émission de ce soir, vous aurez des points de comparaison :

 

 

GRIGORI MOISSEVITCH MAIRANOVSKI, le Mengele bolchevique

 

loub.jpgChacun a entendu parler des expérimentations humaines auxquelles se livraient les nazis dans les camps. Mais qui connaît celles qui se pratiquaient dans les recoins discrets de la Loubianka, le siège de la police secrète soviétique, qu’elle se soit appelée tchéka, guépéou, NKVD ou KGB ?

 

Et qui est capable de mettre un nom sur celui qui eut la haute main sur ces expérimentations de 1937 à 1951? Il a fallu que Soljénitsyne lève le voile en 2003 dans le tome 2 de sa fresque Deux siècles ensemble – Juifs et Russes pendant la période soviétique. Et révèle des choses bien étonnantes, quoique quasiment boycottées depuis.

 

Le laboratoire des poisons du régime bolchevique est installé dès 1921. En 1926, il passe sous la férule de Genrikh Iagoda, alors second de la guépéou. A partir de 1937, sous le nom de Laboratoire 1, ses activités vont considérablement se développer sous la direction de Grigori Moïssevitch Maïranovski.

 

Les sources ne sont pas très loquaces sur ce personnage qui ne manque pourtant pas d’intérêt et dont les hauts faits mériteraient de passer à la postérité au moins autant que ceux du Dr Mengele. Difficile déjà de trouver un portrait de lui. On sait qu’il est né en 1899 dans une famille juive de Batoumi en Géorgie. Dans sa jeunesse, il s’affilie au Bund (Union socialiste et antisioniste des travailleurs juifs), mais devant les nuages qui s’amoncellent sur ce mouvement, qui sera finalement liquidé, il préfère rejoindre les bolcheviks. C’est plus sûr. Il devient médecin biochimiste.

 

Il travaille ensuite à l’Institut de recherches médicales Gorki à Moscou qui sera placé sous l’autorité du NKVD. Drôles de recherches médicales. Drôle d’endroit. Drôle de patronage.

 

En 1937, l’année des grandes purges, ce serviteur particulièrement zélé du régime obtient une promotion dont il tâchera de se rendre digne : on lui confie la direction du Laboratoire 1 avec la tâche très spéciale de mettre au point un poison mortel ne laissant pas de traces. Un poison provoquant un décès qui semblerait naturel, du style « insuffisance cardiaque ».

 

Dès lors, il va se mettre au travail avec ardeur et sans états d’âme superflus. De toute façon, n’est-ce pas, ses victimes étaient des ennemis du peuple, et lui-même travaillait à instaurer un monde meilleur, alors les points de détail…

 

Il va se livrer à des recherches sur toutes sortes de poisons : la digitaline, le curare, la ricine, etc. Et  comme c’était un homme consciencieux et désireux de bien faire, il fera des essais sur des cobayes humains – les oiseaux, ainsi les appelait-il poétiquement – d’âge et de condition physique très variés. Il administrait le poison dans la nourriture ou la boisson, puis à travers un judas, observait les phases de l’agonie, notant scrupuleusement tous les détails.

 

Il est si bien noté par ses chefs qu’il est promu colonel du NKVD en 1943. C’est la guerre, ce ne sont pas les ennemis du peuple qui manquent. Outre les russes, il aura bientôt à sa disposition des oiseaux allemands, polonais, voire japonais. Il expérimente à tour de bras.

Et d’ailleurs il réussira apparemment à mettre au point la substance parfaite, appelée C-2 qui vous tuait doucement en quinze minutes, sans laisser de traces. Elle sera largement utilisée.

 

Le NKVD demandera également à ce précieux auxiliaire d’expérimenter un « camion à gaz ».

 

Ce n’est qu’à la veille du procès de Nuremberg, en 1945, que les expérimentations sur cobayes humains effectuées par le bon docteur Maïranovski furent interdites. Du moins officiellement.

 

Les luttes de pouvoir sauvages au sein du NKVD, alors dirigé par Lavrenti Beria, vont affecter le colonel-empoisonneur qui se croyait pourtant bien à l’abri dans son laboratoire. Il savait tant de choses, ayant personnellement pratiqué tant d’assassinats politiques, qu’il se considérait intouchable ....

 

Il est cependant arrêté en décembre 1951 -  pas pour ses crimes, rassurez-vous - mais dans un contexte de luttes de clans.  Et, sans qu’il y ait procès, personne n’y a intérêt, il est condamné à dix ans de prison pour… abus de fonction et détention illégale de poisons ! Il ne sera pas cependant, comme bien d’autres, libéré à la mort de Staline, en mars 1953. Alors, dans l’espoir de se dédouaner, il charge copieusement son ancien patron, Lavrenti Beria, lors du procès de celui-ci en juin de la même année, reconnaissant du même coup ses propres crimes.

 

Il  purgera bel et bien ses dix ans de prison, à sa grande indignation. Voilà comment était récompensée la vertu militante ! Il est libéré en décembre 1961 et assigné à résidence au Daghestan où il travaille dans un laboratoire de chimie.

 

Il va commettre une erreur fatale en essayant d’obtenir avec acharnement sa réhabilitation. A cet effet, il envoie un courrier à Krouchtchev, le nouveau maître, espérant l’attendrir en lui rappelant des souvenirs anciens – notamment un assassinat commun – que ce dernier n’avait apparemment nulle envie de voir ressurgir. Maïranovski n’aura pas l’occasion d’en parler davantage car il succombe opportunément en décembre 1964 d’une… insuffisance cardiaque.

 

31/05/2011

LES ORIGINES JUIVES DE LENINE

imagesCA8AHN1I.jpg

 

Depuis quelques jours, les sites juifs bruissent d’une nouvelle ébouriffante : Lénine aurait eu des origines juives !!! Vous parlez d’un scoop ! Alors qu’il est de notoriété publique que Lénine avait un grand père juif du côté maternel, nommé Israël Davidovitch Blank, qui était commerçant à Odessa (Ukraine) et s’était converti à la religion orthodoxe, devenant Alexander, ou Sender, Blank. Un juif qui se convertissait voyait en effet se lever restrictions et limitations qui frappaient ses anciens coreligionnaires. Toutes ces informations figurent noir sur blanc dans d’excellents ouvrages, comme La France LICRAtisée ou Révolutionnaires juifs, qu’on ne doit pas suffisamment lire sur ces sites.

En fait, une exposition russe consacrée à Lénine (jusqu’au 3 juillet 2011) en apporterait aujourd’hui  la preuve irréfutable – et publique – sous forme d’une lettre. Une lettre écrite par la sœur aînée du grand homme, Anna Ulyanova, qui figure dans cette exposition organisée par le Musée d’Histoire d’Etat à Moscou.

Cette lettre, adressée à Staline, date de 1932. Elle fait clairement mention du grand-père maternel juif. Vladimir Ilitch ne se sentait pas plus juif que russe, d’ailleurs, lui qui déclarait sans ambages : « Je crache sur la Russie ». Ce qui est bien compréhensible car les bolcheviks avaient en ligne de mire la révolution mondiale, rien que ça, et les êtres  humains – russes, juifs ou autres - n’étaient que des instruments destinés à la servir.

En fait, l’utilité de rappeler aujourd’hui au son du shofar les racines juives de ce grand humaniste devant l’Eternel – les Russes ont pu s’en rendre compte dès 1917, sans attendre Staline – est de pointer une énième fois l’abominable antisémitisme qui sévissait sous les tsars, et même après, on se demande pourquoi. Ah, ces sales Russes ! On leur présentait le Paradis sur un plateau et ils étaient antisémites, en plus ! De quoi vous décourager de faire leur bonheur !!

Le pauvre grand homme avait donc estimé plus judicieux de cacher la chose à l’époque, et Staline, répondant à la lettre de la grande sœur, abondait dans le même sens, recommandant le secret. D’ailleurs Staline lui aussi était un affreux antisémite, lui qui eut pour n°2 pendant des décennies un certain Lazare Kaganovitch, le bourreau (juif) de l’Ukraine. Mort tranquillement dans son lit en 1991 à l’âge de … 98 ans. Encore un qui avait plutôt bien survécu à l’antisémitisme ambiant et atavique des Russes.

Tiens, justement, en 1932, l’année de la lettre de la soeurette, survenait l’Holodomor en Ukraine avec son cortège d’horreurs et ses agents de la tchéka zélés, dont environ 80% étaient … juifs ! Allez savoir pourquoi, il paraît que les Ukrainiens, dans leur immense majorité, étaient férocement antisémites. Ah, les salauds ! 

21/05/2011

C’EST RATE POUR CELUI-LA

klaas faber,hollande,nazis,allemagne,israël,bavière,anne kling,france licratiséeLa Bavière vient de refuser l’extradition de Klaas Faber aux Pays-Bas. Il s’agit-là de l’épilogue d’une affaire qui remonte aux années d’après-guerre.

 

Klaas Faber est né en Hollande en janvier 1922, ce qui lui fait à présent 89 ans bien sonnés. Vous lirez dans Wikipédia (anglais http://en.wikipedia.org/wiki/Klaas_Carel_Faber ) le récit de ses activités durant la guerre, aux Pays-Bas, liées en partie à l’assassinat de son père, en juin 1944, par la communiste hollandaise Hannie Schaft. Toujours est-il qu’il est condamné à mort par un tribunal hollandais en 1947, ainsi que son frère Pieter. Ce dernier sera exécuté en 1948, tandis que Klaas Faber voit sa peine commuée en prison à vie. Il s’échappera en 1952 et gagnera l’Allemagne dont il obtient la nationalité. Il s’installe à Ingolstadt en Bavière où il travaillera pour la firme Audi.

 

Deux demandes d’extradition seront présentées par les Hollandais : la première en 1954 et la seconde …. tranquillement cinquante ans plus tard, en 2004 ! Pourquoi et comment s’étaient-ils brusquement réveillés ? Mystère …

 

De toute façon, à la suite de la première demande, un tribunal allemand avait, en 1957, prononcé  un non-lieu pour manque de preuves. Il n’y avait pas de preuves en 1957, mais tout à coup, il y en avait en 2006 ! Car à cette date, les demandes d’extradition se font plus pressantes, se basant sur de nouvelles « preuves ». Le Centre Simon Wiesenthal s’en mêle ouvertement, ainsi que le gouvernement israélien. En août 2010, une pétition initiée par des juristes de l’Etat hébreu aboutit à une demande officielle adressée à la ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger. En novembre de la même année, les autorités néerlandaises émettent un mandat d’arrêt européen contre Faber, mettant en doute la légalité de sa citoyenneté allemande.

 

A ce moment-là, la Bavière avait fait savoir qu’elle examinerait la requête. Car il faut savoir qu’en Allemagne, ce sont les régions, et non le gouvernement central, qui se prononcent sur les demandes d’extradition.

 

La justice bavaroise vient donc de rendre son verdict: elle a refusé l’extradition, opposant ainsi une fin de non-recevoir aux Pays-Bas et un beau camouflet à la ministre allemande qui n’avait pas ménagé ses efforts pour faire plaisir aux Israéliens.

 

L’affaire est donc terminée, ici-bas en tout cas, à la fureur de « l'association américaine des survivants de l'Holocauste et de leurs descendants, [qui] a estimé qu'il s'agissait d'une "offense morale honteuse à la mémoire de ceux qui ont été brutalisés et tués par les nazis et leurs collaborateurs aux Pays-Bas".   

 

"Les victimes de l'occupation des Pays-Bas par les nazis (...) ont été trahies et leur soif de justice méprisée", a ajouté Elan Steinberg, vice-président de l'association. »   

27/04/2011

LE REGROUPEMENT FAMILIAL, MESURE EMBLEMATIQUE DE LA "SOCIETE LIBERALE AVANCEE" DE VGE

Pour en finir avec le 35e anniversaire du regroupement familial, je vous propose ci-après l’article que j’ai écrit sur le sujet pour la revue Synthèse nationale. Certes, les énarques dont il a été question ces jours derniers à propos du Gisti ont poussé à la roue et employé toute leur influence dans le sens voulu. Influence dont nous pouvons mesurer aujourd’hui tout le caractère pernicieux. Il n’en demeure pas moins que les élus n’ont pas résisté comme c’était leur rôle et en ont même rajouté. Ce sont eux les premiers responsables et coupables : Giscard d’Estaing et Chirac. Tous deux également énarques, d’ailleurs. Ca ne sortait pas de la famille.

Je m’absente jusqu’à la mi-mai. A bientôt …

Le 29 avril 1976 – il y a trente-cinq ans – le duo Giscard/Chirac transformait radicalement la nature de l’immigration. Ce qui était jusqu’alors une immigration de travail devint, d’un trait de plume, une immigration de peuplement. Il n’y eut même pas, pour ce qui devait changer le visage de la société française, de débats à l’Assemblée nationale, ni de loi votée par les députés. Non, un simple décret, le funeste n°76-383, y suffit. Les princes qui nous gouvernaient, du haut de leur grandeur et de leur omniscience, décidèrent de ce qui était bon pour le pays – et accessoirement pour le  mondialisme qui se profilait à l’horizon - sans en référer aux représentants du peuple, valetaille tout juste bonne à enregistrer les décisions venues d’en haut.

Valéry Giscard d’Estaing était président de la République depuis 1974, Jacques Chirac était son premier ministre. Tout entiers occupés à promouvoir la fameuse société libérale avancée  chère à VGE, qui se rêvait en JFK, et à jeter bas les fondements d’une vieille France qu’il convenait de faire accéder aux délices de la modernité et du métissage réunis, ils imposèrent durant ces années des mesures lourdes de menaces potentielles pour l’avenir.

Tout avait commencé dès 1974 avec l’abaissement de l’âge de la majorité de 21 à 18 ans. Puis, en 1975, Simone Veil, alors ministre de la santé, avait réussi à faire passer sa loi sur l’avortement. Avec le décret sur le regroupement familial qui suivit, tout le dispositif était fin prêt pour une progressive substitution de population et pour l’installation à terme d’une nouvelle catégorie de « Français » supposés plus malléables. Oui, la France archaïque de papa allait faire place à un avenir radieux, peuplé d’innombrables marmots étrangers - essentiellement musulmans, mais on n’en parlait pas trop - qui une fois majeurs, à 18 ans, et par la magie de nouvelles règles relatives à la nationalité, formeraient un jour les bataillons des futurs électeurs. Les bataillons des futurs travailleurs non qualifiés, également, et surtout, des futurs chômeurs. Mais en 1976, se préoccupait-on de ces peccadilles ?

Voilà dans quel contexte se place cette décision particulièrement calamiteuse pour le pays, dont Giscard d’Estaing et Chirac sont au premier chef, de par leurs fonctions à l’époque, responsables et coupables. Il ne sert à rien d’avancer que les responsabilités furent « collectives », que le patronat le souhaitait - puisqu’il aurait désormais sur place une main d’œuvre taillable et corvéable à merci -, que les organisations dites antiracistes poussaient à la roue. Ce sont eux, chef d’Etat et premier ministre, qui prirent les décisions – encore une fois sans en référer aux représentants du peuple - et qui doivent donc en rendre compte au peuple français.

Du reste, tous deux sont encore là et bien là pour en répondre, jouissant tranquillement des incroyables privilèges dus aux anciens chefs d’Etat et ministres*, eussent-ils été désastreux.

Certes, avant eux, l’immigration existait déjà : depuis les années 1950, Algériens, Marocains, Tunisiens essentiellement venaient en France pour y travailler et rentraient au pays pour les vacances. La population étrangère avait ainsi doublé, passant de 1,8 million de personnes en 1954 à près de 3,5 millions vingt ans plus tard. Quoique prétendant suspendre l’immigration, en raison de la crise économique, le duo accorda néanmoins aux immigrés, pour des raisons pseudo humanitaires, mais aux arrière-pensées moins nobles, le droit au regroupement familial, funeste boîte de Pandore, grenade dégoupillée qui nous pète aujourd’hui à la figure.

A partir de cette date fatidique, les familles étrangères purent donc venir faire souche dans notre pays, avec la bénédiction de l’Etat. Encore une fois sans que jamais les Français n’aient été consultés sur une question qui engageait pourtant leur avenir.

Le décret prévoyait ce qui suit :

« Sous réserve des engagements internationaux de la France, le conjoint et les enfants de moins de dix huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent de rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :

1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;

2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ;

3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées ;

4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public ;

5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ;

C’était mettre face à la déferlante quelques barrières en forme de fétus de paille qui furent vite emportées. Les organisations dites antiracistes, comme la LICRA ou le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés), qui réclamaient ce regroupement familial, et le trouvaient trop timide, menèrent la charge, défendant bec et ongles les nouveaux arrivés et prônant le fameux « droit à la différence » qui fit tant de dégâts. La LICRA avait déjà bien préparé le terrain en imposant dès 1972 une première loi antiraciste qui permettrait dorénavant de criminaliser les opposants à l’invasion qui s’amorçait. Une loi qu’elle utilisa à tour de bras dans les années qui suivirent.

Pour donner une idée du degré d’aberration à laquelle les institutions étaient arrivées, s’agissant des conséquences de ce fâcheux regroupement il faut rappeler l’arrêt Montcho adopté en 1980 par le Conseil d’Etat : au nom des « droits de l’homme », cet Africain prétendait faire venir sa 2e épouse en France, voire plus si affinités, pour la faire bénéficier, avec les nombreux enfants de cet homme prolifique, de la manne généreusement octroyée par le contribuable. Aussi incroyable que cela paraisse, le Conseil d’Etat lui donna raison, légalisant ainsi la polygamie en France. Inutile de préciser que cet arrêt engendra des quantités de sieurs Montcho sur tout le territoire.

Toutes les tentatives pour tenter d’endiguer le flot à présent ininterrompu, y compris certaines mesures du gouvernement Barre, furent vouées à l’échec. Le mal fondamental était fait, la brèche une fois ouverte se transforma vite en torrent impétueux, puis en fracture béante dont nous pouvons mesurer les dégâts aujourd’hui, trente-cinq ans après: une France appauvrie, tiers-mondisée, cherchant éperdument son identité et tentant de naviguer à vue à travers des communautarismes de plus en plus arrogants et revendicatifs.

Pour mesurer le degré d’angélisme – ou de bêtise crasse – des politiques qui mirent en oeuvre ce projet irresponsable, voyons ce que disait à l’époque Paul Dijoud secrétaire d'État aux travailleurs immigrés :

«  …. Et puis, il faut bien le dire, changer la société française, la rendre plus juste, plus généreuse, bâtir pour l'an 2000 une société d'égalité et une société de justice, c'est impossible si l'on exclut complètement les étrangers. Ce serait détruire l'âme de notre société, l'âme de la civilisation nouvelle que nous voulons bâtir, si nous laissons de côté ces très nombreux étrangers qui constitueraient des îlots de misère au milieu de notre prospérité. »

On aimerait bien demander à Paul Dijoud, toujours en activité politique puisqu’actuellement maire d’une commune des Hautes-Alpes, s’il trouve vraiment la société française de l’an 2000 « plus juste, plus généreuse »  et s’il règne réellement plus « d’ égalité et de justice » dans cette « civilisation nouvelle » ? Je croirais assez que ses accents lyriques d’il y a trente-cinq ans seraient nettement revus à la baisse. Mais qui pensera à lui poser cette question interdite ? N’attendons pas des journalistes aux ordres du système qu’ils le fassent. Ils sont tous dans le même bain, ayant soutenu autant qu’ils le pouvaient cette politique désastreuse en tapant allègrement sur les rares personnes demeurées lucides qui s’y opposaient.

Ce qui caractérise la classe politique française de ces dernières décennies, outre la veulerie et la soumission aux lobbys, est l’irresponsabilité pleine et entière dont elle continue à bénéficier malgré ses trahisons. Et que chaque clan à l’intérieur du système, qu’il soit clan « de droite » ou clan « de gauche » se garde bien de remettre en question. Car tous sans exception en profitent autant qu’ils le peuvent. Voilà en tout état de cause une boîte de Pandore qui ne risque pas de s’ouvrir, du moins de leur fait. Celle-là est bien cadenassée.

Il est temps de mettre en question cette irresponsabilité quasi totale dont jouissent les "responsables" politiques. Quels que soient leurs errements, leurs fautes lourdes, les sommes folles gaspillées, personne jamais ne leur demande le moindre compte. Il faut réfléchir aux moyens de mettre en œuvre de véritables contre-pouvoirs et faire des propositions dans ce sens. Nul doute que pareille initiative serait bien accueillie par nos concitoyens.

En attendant ces jours meilleurs, n’oublions jamais, s’agissant du regroupement familial, que Giscard et Chirac sont au premier chef responsables et coupables de cette décision prise par eux seuls sans en référer aux représentants du peuple, décision aux conséquences calamiteuses pour le pays. Nous ne le rappellerons jamais assez.

 

*  France Soir a estimé à 1 million d'euros le coût annuel du traitement réservé à Jacques Chirac pour les contribuables français. Retraite, château, pension annuelle, personnel (19 fonctionnaires sont affectés à son service), Jacques Chirac conserve encore de nombreux  privilèges depuis qu'il a quitté l'Élysée. Il cumule en effet les avantages réservés à ses anciens mandats (président de la République, maire de Paris, conseiller à la Cour des comptes et député de Corrèze) et sa pension actuelle en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel.

Nul doute que son compère VGE ne coûte autant au contribuable. Normal, vu les services éminents qu’ils ont rendus au pays. Rien ne saurait être trop beau pour eux.

 

16/03/2011

IL Y A VINGT-CINQ ANS AUJOURD’HUI,

un événement inouï se produisait en France: l’entrée en fanfare de 35 députés du FN à l’Assemblée! Eh oui, c’est bien oublié à présent, et pourtant, le 16 mars 1986, une magistrale instrumentalisation de ce parti - avec lequel le système n’a jamais cessé de jouer au chat et à la souris - permettait pour la première, et dernière fois, l’entrée du groupe des maudits sous les ors de la République. Et là, ce n’était pas du virtuel.

Voici ce que j’écrivais à propos de cet événement unique dans La France LICRAtisée :

« Diviser pour régner, c’est vieux comme le monde. Mitterrand joue d’ailleurs à cet égard un jeu des plus troubles. Outre l’accès aux médias, il permet au FN d’entrer à l’Assemblée nationale en 1986. Cette année-là, à l’occasion des législatives, il change le mode de scrutin. Sous prétexte de démocratie, il introduit la proportionnelle, espérant empêcher ainsi la droite de l’emporter. La manoeuvre ratera de peu, mais elle ratera, car la droite gagne quand même. Mais de justesse. Et 35 députés FN sont élus. Autant de sièges perdus pour la droite.

Il s’agit là d’un événement inouï, resté sans exemple dans un pays comme la France ! 35 élus du Front national à l’Assemblée ! En 1986 ! On pourrait donc s’attendre de la part de la LICRA à des protestations véhémentes, à une indignation à la hauteur d’un événement aussi extraordinaire et révoltant, de son point de vue, naturellement. Eh bien, pas du tout. Le DDV [Le Droit de Vivre, journal de la LICRA] se contente d’un petit titre, en page 7 de son numéro d’avril 1986 : « Le Pen et l’extrême droite font leur entrée officielle sur la scène politique ». Difficile de faire plus soft.

 

C’est que François Mitterrand a agi pour la bonne cause : introduire une épine de taille dans le pied de la droite pour l’affaiblir durablement  Et ce, au grand bénéfice de la gauche. D’ailleurs, l’expérience ne se renouvellera pas, c’est désormais inutile. Le but est atteint. Le FN est à présent solidement implanté dans le paysage politique, et ses suffrages, parfaitement stérilisés par la diabolisation, ne peuvent plus servir à rien ni à personne. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement Chirac de cohabitation revient immédiatement au mode de scrutin antérieur – il l’avait annoncé durant la campagne des législatives – ce qui fermera à nouveau et définitivement cette fois les portes de l’Assemblée nationale au FN. Toujours au nom, cela va sans dire, de la démocratie. »

Alors, vous voyez, les manips d’aujourd’hui, elles ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles d’hier. Et dans l’histoire, le FN se retrouve toujours le bec dans l’eau.

Car il faut bien savoir que ces maudits, installés là par le seul fait du Prince, n’y restèrent que deux ans puisqu’ils furent proprement éjectés aux législatives suivantes, après la réélection de Mitterrand en 1988. Et que d’ailleurs, durant leur bref passage, « on » fit comme s’ils n’étaient pas là. Pensez ! Des sous-hommes pareils ! Les 35 élus frontistes déposèrent 63 propositions de loi au Palais-Bourbon dont aucune ne fut jamais discutée dans l'hémicycle.

Voici la liste de ce groupe « historique ». Rarissimes sont ceux qui ne quittèrent pas le navire par la suite, pour des raisons généralement liées au fonctionnement très particulier de cette boutique familiale :

Pascal Arrighi Bouches-du-Rhône - François Bachelot Seine-Saint-Denis - Christian Baeckeroot Nord -  Jacques Bompard Vaucluse - Yvon Briant  Val-d'Oise  -  Pierre Ceyrac Nord - Dominique Chaboche Seine-Maritime  -  Charles de Chambrun Gard – Bruno Chauvière Nord -  Pierre Descaves Oise - Gabriel Domenech Bouches-du-Rhône - Edouard Frédéric-Dupont Paris  -  Gérard Freulet Haut-Rhin - Bruno Gollnisch Rhône - Guy Herlory Moselle - Roger Holeindre Seine St-Denis - Jean-François Jalkh Seine-et-Marne  - Guy Le Jaouen Loire - Jean-Marie Le Pen Paris  - Jean-Claude Martinez Hérault - Bruno Mégret Isère  - Olivier d'Ormesson Val-de-Marne - Ronald Perdomo Bouches-du-Rhône  - Jacques Peyrat Alpes-Maritimes - Albert Peyron Alpes-Maritimes  - Yann Piat Var - François Porteu de la Morandière Pas-de-Calais - Jean-Pierre Reveau Rhône - Michel de Rostolan EssonneJean Roussel Bouches-du-Rhône - Pierre Sergent Pyrénées-Orientales - Pierre Sirgue Gironde - Robert Spieler Bas-Rhin - Jean-Pierre Stirbois Hauts-de-Seine - Georges-Paul Wagner Yvelines