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08/08/2007

ENCORE UN SAVANT MAUDIT : L’ « AMERICAIN » WERNHER VON BRAUN

Puisque nous sommes dans le registre des « compromissions » des savants avec le pouvoir politique, je m’en voudrais de ne pas évoquer le cas particulièrement éclairant du père du programme spatial américain, Wernher von Braun. Voilà un authentique officier SS passé sans tambours ni trompettes des nuits et brouillards du camp de Dora au soleil éclatant de Floride. Mais il était utile aux Américains, alors la morale et les « droits de l’homme »…

Les extraits qui suivent sont tirés du livre de Fabrizio Calvi, publié en 2005, Pacte avec le diable – Les Etats-Unis, la shoah et les nazis. Il se base sur des archives récemment déclassifiées et démontre, ô combien, qu’hypocrisie, cynisme et dissimulation n’ont jamais été l’apanage d’un seul camp.

« Dès la fin de la guerre, l’OSS [ancêtre de la CIA] puis les services secrets de l’armée américaine ont mis sur pied des réseaux chargés d’exfiltrer les anciens nazis dont ils pensent avoir l’usage, et qui ne peuvent rester en Europe de crainte d’être arrêtés ou enlevés par les Soviétiques…. Pour faire face à l’afflux d’immigrés nazis en provenance d’Europe, le Congrès américain permet en 1949 au directeur de la CIA de faire entrer aux Etats-Unis un certain nombre d’agents qui n’auraient jamais pu être admis s’ils avaient dû respecter les filières normales d’immigration, soit en raison des quotas, soit en raison de leur passé nazi. Au début la CIA a droit à un contingent de cent personnes par an, mais très vite ce sont des milliers de criminels de guerre ou d’anciens SS qui trouvent refuge aux Etats-Unis…

6776dc7b578c94866ad1daa92c054419.jpgDès juillet 1945, l’armée américaine a commencé à rassembler des savants allemands et autrichiens dans l’objectif de les expédier aux Etats-Unis. Surnommée Overcast, l’opération est supervisée par l’état-major américain et concerne, au début, trois cent cinquante savants. Ce nombre augmente vite : en 1946, le Pentagone demande au gouvernement américain d’accorder la citoyenneté américaine à mille savants de plus, dans le cadre du programme de récupération des cerveaux du IIIe Reich. L’opération est rebaptisée Paperclip, hommage bureaucratique aux trombones qui rassemblent les feuilles de leurs dossiers. Elle est autorisée par le président Truman. 80% de ces savants sont d’anciens nazis ou SS. Parmi eux, Wernher von Braun, le père du programme spatial américain, un intouchable.

Ceux qui aujourd’hui seraient tentés de recruter d’autres savants fous feraient mieux de se plonger dans le dossier de von Braun, récemment déclassifié par l’IWG [Nazi War Criminal Record Interagency Group].

c129bf144a482c7f942a1d8ea38b4580.jpgQue verraient-ils ? Le portrait d’un homme protégé par une légende : celle de ses recherches sur les missiles V-1 et V-2. A l’époque, il ne s’est trouvé personne pour entendre le témoignage des rescapés du camp de Dora où des esclaves fabriquaient les missiles. Vingt mille détenus de Dora sont morts lors de la fabrication des armes spéciales de Hitler. Ceux qui ont survécu se souviennent des mauvais traitements infligés par un officier SS appelé Wernher von Braun. Aujourd’hui le dossier déclassifié par la CIA et le FBI permet de remettre en question le mythe von Braun et laisse apparaître d’inquiétantes protections. Ajouté aux témoignages accablants de certains survivants de Dora, le dossier du FBI permet de brosser de von Braun un portrait plus proche de la réalité, loin du cliché du père débonnaire et patelin de l’épopée spatiale américaine. Mais surtout, il permet de montrer l’inutilité de certains pactes avec le diable.

A en croire le FBI, von Braun n’est pas un des pères du programme V-1/V-2. Le véritable concepteur du projet est un savant nazi appelé Paul Schröder. Recruté par l’US Air Force, Paul Schröder débarque aux Etats-Unis en 1953 pour s’apercevoir que von Braun lui a volé ses travaux. « Von Braun avait l’art de prendre les travaux des autres et de se les approprier », peut-on lire dans un rapport du FBI [rapport du 20/11/57, in Nara RG 263 IRR]. En 1957, Paul Schröder rédige un long article sur les origines des V-1 et V-2 dans lequel il remet certaines pendules à l’heure et explique le rôle de von Braun. « Von Braun n’avait rien à voir dans le développement des missiles intercontinentaux nazis. Son rôle était plus politique que scientifique ». Schröder remet l’article à son colonel, lequel le communique à von Braun. Le Pentagone s’oppose à la publication de cette bombe, Paul Schröder insiste. Le Pentagone menace de lui retirer sa nationalité américaine. Il perd son travail d’ingénieur au centre de tests missiles de Patrick Center en Floride. Il décroche un poste de chercheur au laboratoire Lincoln à Boston. A la demande de von Braun, des officiers interviennent, il perd son travail. Il trouve un nouveau travail pour une compagnie aéronautique. Il est licencié peu après. Quelques mois plus tard, nouveau travail, nouveau licenciement. N’y tenant plus, il contacte un journaliste d’Associated Press. Le 4 novembre 1957, alors qu’il se rend à Washington, sa voiture tombe en panne, le moteur a été saboté. Schröder la récupère le lendemain, cette fois c’est le volant qui a été trafiqué, il échappe de justesse à un terrible accident. L’histoire a été étouffée jusqu’à ce que l’IWG rende public le dossier du FBI.

La mort de von Braun, le 16 juin 1977, lui a permis d’échapper à la justice américaine. A l’époque, l’opinion publique américaine commence à découvrir que plus de dix mille anciens nazis ont trouvé refuge aux Etats-Unis. »

a4a004990428b3dcb1ce11021914d046.jpgLe camp de Dora a été libéré le 11 avril 1945 par les troupes américaines. Jusqu'à la fin du mois de juin 1945, les Américains sauvegardent les installations de production souterraines et récupèrent documents, machines et fusées complètes, qu'ils transfèrent aux Etats-Unis. Après le changement des forces d'occupation en juillet 1945, l'administration militaire soviétique prit en charge les installations encore existantes et fit sauter les tunnels de l’usine souterraine en 1949.

La photo plus haut montre Heinrich Himmler en visite à Peenemünde. Derrière lui, Wernher von Braun. A la gauche d’Himmler, le Général Walter Dornberger. On ne peut s’empêcher de penser que cette photo a eu moins d’impact que celle représentant un certain Kurt Waldheim dans des circonstances assez analogues…

07/08/2007

LES SAVANTS MAUDITS…. ET LES AUTRES

Hier, jour anniversaire d’Hiroshima et Nagasaki, on aurait pu s’attendre à ce qu’une des chaînes « historiques » se fende d’une émission sur le sujet. Même pas. On a eu droit, sur la chaîne Histoire, aux éternels inoxydables : Faust contre Méphisto – les savants allemands de l’âge d’or aux années de plomb. Etaient offerts à la détestation des foules : « les destins de Carl Bosch, Adolf (avec un prénom pareil, déjà…) Butenandt et Werner Heisenberg, trois grands savants qui ont choisi de mettre leur savoir au service des nazis. »

Diffuser cela un jour particulier comme hier, c’est quand même un peu fort. Car l’objectif avoué de ce documentaire réalisé en 2000 pour Arte, était, au-delà de la question de la « compromission » de la communauté scientifique allemande avec les nazis, de s’interroger plus généralement sur les rapports qu’entretiennent la science et le pouvoir politique. Vous remarquerez au passage que chez les bons, on parle de coopération ou de partenariat, chez les mauvais, de compromission. Tout est déjà dit en un seul mot.

Puisqu’il était question des rapports entre science et pouvoir politique, on pouvait difficilement trouver meilleure illustration que la saga des bombes atomiques américaines. Et hier était à mon sens le jour idéal pour évoquer le sujet. Mais personne n’a eu l’air de le remarquer.

337abb915cbde9e15fd2b84092d40185.jpgDisons un mot de ces trois Allemands maudits, qui ont choisi, quelle horreur, de rester dans leur pays au lieu de le fuir comme les vertueux :

Carl Bosch, contemporain d’Einstein puisque né en 1874. Ingénieur et chimiste, il sera l’un des fondateurs d’I.G. Farben, l’un des plus puissants consortiums chimiques du monde. En 1931, il est co-lauréat du prix Nobel de chimie pour le développement de la chimie hautes pressions. Il meurt en avril 1940.

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Adolf Butenandt est de la génération suivante, puisque né en 1903. Il est biochimiste et ses travaux porteront surtout sur les hormones sexuelles. Il reçoit le prix Nobel de chimie en 1939 avec le biochimiste suisse Léopold Ruzicka, mais en raison de l’opposition du pouvoir, ce prix ne lui sera remis officiellement que dix ans plus tard. Il mourra en 1995.

 

1299c5644eb47d99772505fd640adc29.gifWerner Heisenberg, né en 1901, est physicien, fondateur de la mécanique quantique. Il recevra le prix Nobel de physique en 1932 pour les applications qui découlent de ses travaux. La fission nucléaire a été découverte en Allemagne en 1938 et Heisenberg dirigera pendant la guerre le programme allemand d’armement nucléaire. L’hypothèse qu’il ait tenté de ralentir le projet a été soulevée.

 

Voilà pour les maudits. Et puisque les rapports entre science et pouvoir politique sont, effectivement, un sujet intéressant, je suggère que lors d’une prochaine émission – et je maintiens que hier aurait été le bon jour pour ça – on s’intéresse à d’autres personnages.

b03e7836860ac5d85765155a8a3a83f4.jpgPar exemple à Robert Oppenheimer, considéré comme le père de la bombe atomique américaine. Nous sommes toujours dans la même génération et presque dans le même pays : il est né en 1904 de parents juifs allemands qui ont émigré aux USA en 1888. Dans les années 30, il devient communiste et subventionne même un certain nombre de mouvements de gauche. Ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé chef du projet Manhattan, chargé de mettre au point les bombes dont nous avons vu hier les effets, qui n’ont pas traîné. Il sera finalement suspendu, en raison de ses sympathies politiques, par Eisenhower, en 1953.

27ca287e79c08f33f049bd68c94c6b74.jpgOu bien à Albert Einstein, dont on a vu qu’il avait écrit en 1939 la lettre initiale à Roosevelt, qu’il presse de se lancer dans la course au nucléaire. C’est cette lettre qui déclenchera le projet Manhattan. Juif allemand né en 1879, fervent sioniste, favorable à la création d’un Etat mondial, il clame ses opinions pacifistes et socialistes dès avant la première guerre mondiale. Avant d’émigrer aux Etats-Unis dans les années 20.

Bon, c’est vrai, il réécrira à Roosevelt en 1945 pour lui demander de renoncer à cette arme terrifiante. Mais c’était un peu tard pour les populations d’Hiroshima et Nagasaki, n’est-ce pas ? Et pour un « pacifiste », c’était vraiment réussi.

Voilà déjà deux très intéressants sujets pour illustrer ce type de débat. Mais je suis sûre qu’en cherchant bien, on en trouverait d’autres, de ces « grands savants » qui ont « choisi de mettre leur savoir au service des yankees ». Mais ça, c’est bien.

06/08/2007

HIROSHIMA, NAGASAKI…. ET TOUJOURS BONNE CONSCIENCE

ea443860d3dbaf9159c80cb0d46c5ca1.jpgCe n’est pas l’Allemagne nazie, ni l’Iran, ni aucun des pays généreusement inscrits sur la liste de l’ «axe du mal » qui se sont rendus coupables d’un crime absolument inédit dans les annales de l’humanité, mais bel et bien les Etats-Unis.

Ils restent à ce jour les premiers et les seuls à avoir utilisé l’arme atomique, qui plus est contre des populations civiles. Il y a 62 ans, le 6 août 1945, l’horreur absolue s’abattait sur Hiroshima et trois jours plus tard, comme si la démonstration n’était pas suffisamment concluante, sur Nagasaki. Des crimes dont, curieusement, on ne nous rebat pas les oreilles, comme d’autres, matin, midi et soir.

Il faut croire que le monde devait être vraiment knock-out après ce terrifiant conflit mondial et blasé par toutes sortes d’horreurs, car rares furent les voix de protestation à l’annonce des bombardements atomiques. En France, l’une de ces quelques voix sera celle d’Albert  Camus qui écrira dans son éditorial de Combat: « Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État. Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. »

Tout avait commencé en août 1939 par une lettre d’Albert Einstein au président Roosevelt, lui demandant d’intensifier recherches et financement, de crainte d’être distancés par l’Allemagne : «… Il est devenu possible d'envisager une réaction nucléaire en chaîne dans une grande quantité d'uranium, laquelle permettrait de générer beaucoup d'énergie et de très nombreux nouveaux éléments de type radium. Aujourd'hui, il est pratiquement certain que cela peut être obtenu dans un futur proche. »

A la suite de cette lettre sera mis en place le Manhattan Project qui, de 1941 à 1945, va mobiliser près de 140 000 personnes et engloutir un énorme budget. Ce ne sera pas en vain. En juillet 1945, trois bombes sont prêtes. L'une d'elle, au plutonium, est testée le 16 juillet 1945 à Alamogordo, dans le désert du Nouveau Mexique.

5de0f9375a126a76bb5f76b7801c3dfa.jpgL’essai réussi, il s’agit à présent de passer à la phase de démonstration in vivo. Après un ultimatum lancé contre le Japon, et rejeté par celui-ci, Little Boy, bombe atomique à l'uranium 235, est lâchée à 8h15 du matin sur Hiroshima par un bombardier B-29, surnommé Enola Gay. Elle explose en faisant 70 000 morts sur le coup et 200 000 morts par la suite. Le 9 août 1945, à Nagasaki, Fat Man, bombe au plutonium 239, explose en faisant cette fois 40 000 morts immédiates et 120 000 morts au total. A la fin du XXe siècle, on estime que 300 000 survivants souffraient encore des séquelles de ces deux explosions.

Etait-il vraiment nécessaire, pour terminer la guerre, et amener à la capitulation un pays d’ores et déjà largement battu et presque à genoux, d’en arriver à de telles extrémités et franchir ce pas décisif vers la sauvagerie totale ?

Truman dira dans ses mémoires qu’il voulait surtout faire peur à l’URSS. Pour cela, ce grand démocrate n’hésitera pas à sacrifier froidement des populations civiles, qui seront brûlées vives ou irradiées.

"Il demeure historiquement établi, et c'est ce fait qui devra être jugé dans les temps à venir, que la question de savoir s'il fallait ou non utiliser la bombe atomique pour contraindre le Japon à capituler, ne s'est même pas posée. L'accord fut unanime, automatique, incontesté autour de notre table", écrira Winston Churchill, dans La Deuxième Guerre mondiale.

Pourquoi une deuxième bombe sur Nagasaki ? "La discussion sur l'utilisation de la bombe était close. On avait non seulement décidé que la nouvelle arme serait employée, mais aussi que les deux bombes disponibles début août seraient lancées. La destruction des deux villes d'Hiroshima et Nagasaki a été le résultat d'une seule discussion.", dira Stimson, secrétaire d'État à la guerre de 1940 à 45.

Le président Truman, quant à lui,  annoncera Hiroshima à la radio  en ces termes : "(...) La bombe atomique permet d'intensifier d'une manière nouvelle et révolutionnaire la destruction du Japon. Sa force relève de la force élémentaire de l'univers, de celle qui alimente le soleil dans sa puissance. Cette force vient d'être lancée contre ceux qui ont déchaîné la guerre en Extrême-Orient .

Nous avons maintenant deux grandes usines et plusieurs établissements se consacrant à la production de la puissance atomique. Le nombre des employés , au plus fort de la construction, a atteint 125 000 et plus de 65 000 personnes sont encore engagées maintenant dans ces usines. Nous avons dépensé deux milliards de dollars et couru le plus grand risque scientifique de l'histoire. Nous avons gagné.  Le fait que nous soyons en mesure de libérer l'énergie atomique inaugure une ère nouvelle dans la compréhension de la nature.

Je vais proposer au Congrès de prendre immédiatement en considération la création d'une commission de contrôle pour la production et l'usage de l'énergie atomique aux Etats-Unis. D'autre part, je vais recommander au Congrès d'examiner dans quelles conditions l'énergie atomique pourrait devenir un instrument puissant du maintien de la paix mondiale. »

62 ans plus tard, ces éternels donneurs de leçons sont toujours aussi dangereux…

03/08/2007

POT DE TERRE CONTRE POT DE FER – COMPLEMENT D’INFORMATION (suite)

Décidément, les correspondants du blog savent rebondir sur les sujets intéressants et me mâchent la besogne, ce que j’apprécie, croyez-moi ! Je m’en voudrais de ne pas donner en clair les deux messages qui suivent, qui ouvrent eux aussi des perspectives intéressantes et qui  en tout cas enrichissent le débat. 

J’en profite pour rappeler deux points essentiels :

-         nous ne sommes pas des historiens, mais nous tenons au sérieux de nos informations. Je ne présente cependant jamais ces informations – qu’elles émanent de moi ou d’autres - comme des vérités révélées, mais plutôt comme des éclairages, des perspectives, qui permettent de mieux comprendre notre monde d’aujourd’hui. Un monde qui procède directement de ces faits évoqués, qui ne sont pas si lointains, finalement. Nous essayons de placer quelques pièces du puzzle par ci par là, pour faire comprendre que « la » vérité est généralement bien plus complexe que ce qui est présenté.

-         j’ai dû supprimer l’un ou l’autre message, pourtant intéressant et pertinent, car l’on y parlait un peu trop « des juifs ». Or, encore une fois, je ne pense pas qu’il faille procéder à de telles généralisations. Il en va « des juifs » comme de tout groupe humain : la plupart ne se rendent même pas compte des menées et des objectifs de ceux qui dirigent, et qui parlent abusivement au nom de tous.

« Pour vérifier les informations de l'article, c'est très simple: Wikipedia. Et pourtant Wikipedia est un média généralement considéré comme favorable au judaïsme et au sionisme. Il n'y aura certainement pas une information complète, mais c'est un bon départ pour se forger sa conviction. Autre chose concernant Wikipedia: il faut systématiquement comparer les versions françaises et anglaises des articles. Par exemple si vous cherchez des informations sur la judéité de telle ou telle personnalité sur Wikipedia France, vous ne trouverez généralement rien, alors que c'est clairement mentionné sur la version anglaise.

En lisant les articles sur Atatürk, les Donmeh, etc. vous en apprendrez de bonnes, notamment qu'un certain nombre de Donmeh à l'heure actuelle en Turquie cherchent à se faire reconnaître comme juifs par les autorités rabbiniques internationales.

72a837c9adc9cd6ab290814e29b2781d.jpgIl faut aussi regarder une autre secte dérivée des Donmeh mais qui s'est convertie au catholicisme, la secte des Frankistes, fondée par Jacob Frank. Là aussi il s'agit de crypto juifs qui ont joué un rôle prépondérant dans l'Empire austro-hongrois, Jacob Frank réussissant à avoir l'imprimatur du Pape pour exercer son influence à Vienne. A noter que Jacob Frank a entretenu des relations étroites avec la famille Rothschild et que de nombreuses sources les désignent comme les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne (Shabbatai Tzevi et Jacob Frank étaient des cabbalistes célèbres, et la cabbale est un rituel de magie juive qui prend ses sources en Egypte où elle aurait été élaborée du temps de la domination de pharaon sur les juifs, et donc fortement inspirée des rites magiques égyptiens).

Il y aurait énormément à dire sur l'influence occulte qui a mené à l'effondrement de l'ordre impérialiste européen. Et pas besoin de faire appel à la théorie du complot: l'influence des Jeunes Turcs a été cruciale pour en finir avec le sultanat ottoman, et une grande partie de ces Jeunes Turcs étaient des Donmeh. Tout comme une grande partie des révolutionnaires communistes ayant liquidé l'empire tsariste étaient juifs (cela du moins c'est assez connu). Il serait intéressant aussi de voir la part d'influence des cryptos juifs frankistes dans la chute de l'empire austro-hongrois.

Quand on dit "ils effacent leurs traces", disons plutôt qu'ils les occultent, ce qui est facile lorsqu'on a une certaine influence. Un exemple notable: personne ne parle jamais de l'influence déterminante des "juifs arabes" dans les diverses dynasties musulmanes. Or ces juifs arabes avaient le monopole du commerce en Méditerranée, donc le monopole du commerce des esclaves notamment. Ce monopole était un droit exclusif qui leur avait été concédé. Ces marchands juifs arabes, les radhanites (ou radanites), ont par la suite étendu leur réseau au commerce eurasien, en bâtissant un monopole sur la route de la soie. Ils servaient d'intermédiaires entre chinois, arabes et européens, et étaient indispensables.

9aac705d8218e0f70c51da84bf8eb1c9.jpgPourquoi étaient-ils si puissants? A cette époque plus qu'aujourd'hui, le commerce était basé sur la confiance, et les règlements se faisaient par lettre de cachet pour éviter de transporter de grandes quantités d'or sur de longs trajets particulièrement vulnérables aux attaques.

Les juifs, par leur diaspora, pouvaient donc facilement se servir de leurs liens familiaux pour garantir les échanges et le paiement contre lettre de cachet: le patriarche juif de Bagdad envoyait en mission son neveu, chargé de transporter les .marchandises jusqu'au patriarche juif de Venise, cousin ou frère du premier. Les liens du sang garantissaient la bonne marche des affaires et le niveau de confiance. D'ailleurs, à cette époque, ce n'étaient pas les noirs, mais les slaves des balkans les premières victimes du trafic, notamment les femmes. Les radhanites se sont d'ailleurs particulièrement illustrés dans le trafic de femmes slaves vers l'Andalousie.

J'ajoute que toutes les sources d'informations sont ouvertes et disponibles sur le net, notamment Wikipedia. Donc, ce n'est pas tant que les traces soient effacées, on en parle encore, mais plutôt qu'on leur fait très peu de publicité, voire qu'on les occulte. Pourquoi? Peut-être par crainte de raviver l'antisémitisme? C'est une position absurde parce qu'en fin de compte, on ne pourra plus parler d'histoire, même de celle du Moyen Age! »     Marc

(le tableau représente l'ambassade de Charlemagne auprès d'Haroun al Rachid, délégation qui aurait été conduite par un marchand radhanite et deux nobles) 

 

« Dans le magazine juif américain Forward, le 28 janvier 1994 est paru un article intitulé: "WHEN KEMAL ATATURK RECITED SHEMA YISRAEL", un témoignage d'époque accréditant le fait que Kemal Atatürk soit un Donmeh, descendant direct de Shabbatai Tzevi.  Selon l'idéologie Donmeh, le messie étant déjà arrivé, il fallait déployer tous les efforts possibles pour concrétiser la fin de la prophétie juive, et notamment regrouper tous les juifs en Israël. Or à cette époque la Palestine étant sous domination ottomane, il était indispensable de rentrer dans les bonnes grâces du pouvoir turc.

Par ailleurs, pour être sûr de gagner sur tous les tableaux, il fallait aussi avoir les bonnes grâces des ennemis des Turcs, susceptibles de démanteler leur empire, c'est ce qui a poussé les Rothschild à arracher la déclaration Balfour à l'Angleterre (en échange d'une entrée en guerre des USA contre l'Allemagne). De plus, la famille Rothschild avait massivement racheté des terres de Palestine aux Ottomans, et d'ailleurs, ils finançaient aussi les Ottomans.

Il faut savoir qu'avant leur expulsion et massacre, les Grecs et les Arméniens occupaient des places importantes sur un plan financier et politique dans le Califat (la famille de Balladur qui a fui l'empire ottoman était notamment une illustre famille chrétienne de banquiers). Après cette triste page d'histoire, les juifs ont pu reprendre à leur compte une grosse part du commerce et de la finance abandonnée par les Grecs et les Arméniens chassés.

460847e78e359632ca884e85c619ee8b.gifCela peut paraître difficile à concevoir, mais il faut savoir que l'histoire du sionisme ne se limite pas seulement à Théodore Herzl et à l'Europe. Il aurait été inconscient de la part des sionistes voulant récupérer la Palestine de ne pas chercher à négocier avec les Ottomans qui contrôlaient ce territoire. On sait que les sionistes ont pactisé avec tout le monde, y compris les nazis, pourquoi ne l'auraient ils pas fait avec les Ottomans? Eh bien ils l'ont fait, et ce n'est pas parce qu'on en parle jamais que ça n'a pas existé. Il serait temps que des historiens du sionisme se penchent clairement sur ces faits.

Plusieurs rumeurs présentent les Rothschild d'ailleurs comme des frankistes, ou du moins des alliés des frankistes, des cryptos juifs apparemment convertis au catholicisme et qui sont montés très haut dans la hiérarchie du Vatican.

Pour terminer ce message, il faut savoir que l'illustre famille Mallah de Salonique (anciennement Thessalonique) comporte de fameux rabbins, mais aussi de très grands sionistes d'avant garde, et que certaines branches de cette famille se sont illustrés par leur capacité à se convertir qui à l'islam, qui au christianisme. D'ailleurs le grand père de Nicolas Sarkozy s'est converti au catholicisme.  Mais n'oublions pas que les Mallah avant tout, étaient des juifs séfarades d'Espagne, qui sont devenus des marranes, apparemment convertis au catholicisme, qui ont émigré en Provence puis à Salonique où ils ont repris ouvertement la pratique de leur religion.

Je sais bien que tous ces faits et noms (Balladur, Sarkozy...) donnés ainsi en vrac peuvent donner mal à la tête, mais on ne se penche jamais sur l'histoire de l'empire ottoman, or c'est fondamental pour comprendre l'histoire du sionisme et d'Israël.

Et je sais bien que dès que le nom de Rothschild est énoncé dans un article, on s'empresse de le disqualifier en parlant de « conspirationisme »... Alors que pourtant il n'est ici question que de fait historiques reconnus et mêmes revendiqués: la déclaration Balfour, le rachat de terres en Palestine (que de nombreux trolls sionistes dans les forums mettent en avant pour justifier que la terre de Palestine appartient légalement aux juifs puisqu'elle leur a été vendue).

Voilà, j'espère que ces éléments de réflexion auront interpellé votre curiosité et que vous en apprendrez beaucoup par vous-même au travers de vos recherches, c'est en partageant nos informations que nous finirons par remettre en ordre les pièces du puzzle. » Tot

02/08/2007

POT DE TERRE CONTRE POT DE FER – COMPLEMENT D’INFORMATION

Un correspondant du blog m’a adressé le commentaire suivant à l’article d’hier. Il offre un éclairage très intéressant et des possibilités de débat particulièrement fournies. Comme il serait dommage qu’il passe inaperçu, le voici en clair. Merci à son auteur.

« Plusieurs raisons poussent les lobbies juifs un peu partout (et surtout en Israël) à nier le génocide arménien. La raison la plus communément admise est le refus de la compétition victimaire; les juifs voulant être les seuls à se prévaloir du statut de victimes éternelles.

Ce n'est pas faux, mais ça ne suffit pas comme explication, d'autant que certains sionistes voient d'un bon oeil le fait que les turcs musulmans soient accusés de génocide, car tout ce qui peut alimenter les clichés du genre musulman=barbare arrange l'agenda sioniste. Du coup, tout en refusant la reconnaissance officielle et en bloquant les enquêtes historiques, les médias sionistes ouvrent les colonnes de leurs journaux à ceux qui dénoncent le génocide arménien par les turcs.  Pourquoi donc?

abee87e21fc48fa193600c48a7255fb3.jpgIl est un sujet très sensible en Turquie, c'est l'origine ethnique d'Atatürk.  Si vous regardez des photos d'Atatürk vous aurez bien de la peine à reconnaître un turc. Le teint et les yeux clairs, il ressemble plus à un européen. De fait Mustapha Kemal est né à Salonique (la ville d'origine du grand père de Sarkozy) dans la famille Effendi, et a fréquenté l'école coranique du quartier Effendi.

Or, cette ville de Salonique, et ce quartier d'Effendi, et même ce nom d'Effendi nous renvoient à plusieurs faits. Premièrement Salonique était une des principales villes juives séfarades en Europe, avant la chute de l'empire Ottoman. Une petite recherche sur des sources ouvertes et même juives vous en convaincra. Ensuite elle est le berceau spirituel d'un fameux faux messie juif qui jouera un rôle déterminant dans l'histoire du sultanat Ottoman: Shabbatai Tzevi (ou Shabtai Zvi ou Shbtai Tzvi, il existe de multiples orthographes).

Une recherche sur son nom et la secte qu'il a créée, les Donmeh, (là aussi de multiples orthographes) vous en apprendra plus long.  En gros, ce Shabbatai Tzevi a réussi à passer pour le Messie auprès d'une grande partie de la communauté juive de son époque. Ce n'était pas un fumiste comme il y en a eu tant, il a réellement convaincu une grosse partie de sa communauté, et fait douter le reste, tandis que seule une petite partie s'opposait ouvertement à cette idée, notamment les notables et les rabbins siégeant dans les plus hautes instances.

Comme l'ordonne la loi Mosaïque, le Sanhedrin est censé condamner à mort les faux messies et faire appliquer la sentence (ce qui fut fait à Jésus, la sentence étant exécuté par les Romains). Shabbatai fut donc condamné à mort par le Sanhedrin qui demanda au calife d'appliquer la sentence. A cette époque en effet, (en France il en allait de même), les juifs relevaient des tribunaux juifs en ce qui concerne les jugements.

fc2807ada2e76a3dc2bc2fde1ec584e3.gifShabbatai pour échapper à la mort décida alors de se convertir à l'Islam, afin d'échapper à la juridiction des tribunaux rabbiniques. Il se convertit donc et une grosse partie de ses fidèles les plus proches, pour créer la secte des Donmeh (appelés aussi les Shabbateans).

Evidemment, la grande majorité de la communauté juive devant cela ont abandonné tout crédit à son encontre, mais il a su néanmoins garder une grosse partie de ses partisans, suffisamment pour créer une secte puissante.

Or le nom musulman pris par Tzevi fut Effendi, et on sait qu'il passa la plus grande partie de ses dernières années dans les Balkans, notamment à Salonique (où il avait fréquenté les yeshivah étant plus jeune, durant de longues années, et où lui est apparue la révélation qu'il était le messie). Précisément le quartier Effendi était considéré comme un quartier Donmeh.

La particularité des Donmeh, est que ce sont des cryptos juifs officiellement musulmans. Mais ils ne se marient qu'entre eux. L'autre particularité est que Atatürk leur a fait une grande place dans son gouvernement des jeunes turcs, et dans son armée. Certaines théories en Orient, font de Atatürk un Donmeh, ce qui explique son empressement à vouloir liquider le Califat et le remplacer par un gouvernement "laïc".

Cette idée très moderne de la laïcité à l'époque a toujours été un fer de lance des lobbies juifs afin d'abolir le critère religieux dans les affaires de l'état, et leur permettre une plus grande part d'influence.

Avec Atatürk, l'influence des juifs fut particulièrement grande et ce peuple fut particulièrement choyé. Là encore de nombreux témoignages juifs en persuaderont le lecteur, d'autant qu'aujourd'hui encore, la communauté juive turque jouit d'une grande influence, et la Turquie est le principal allié d'Israël dans la région.

Le rapport avec votre article? Eh bien c'est simple: tout porte à croire que les généraux qui ont supervisé les massacres de chrétiens arméniens et grecs furent soit des Donmeh, soit des juifs.

Et c'est bien cela qu'on veut à tout prix éviter de révéler au grand jour. Du coup, oui pour stigmatiser les Turcs en tant que musulmans barbares dans les médias, non à une reconnaissance officielle que les Turcs n'accepteront pas et qui risque d'ouvrir une page noire de leur histoire.

Pour l'instant le nationalisme turc fait qu'il est impossible de remettre en cause l'origine d'Atatürk dans une discussion, mais espérons que ça finisse par changer.

Il serait vraiment intéressant de voir quelle est la part réelle d'influence de ces cryptos juifs dans l'histoire moderne de la Turquie, sachant qu'ils se cachent généralement fort bien et qu'ils effacent les traces de leurs actes. »

 

Noone

08/07/2007

SOUVIENS TOI ! SOUVIENS TOI ! SOUVIENS TOI !!!!

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Il existe sur le site www.guysen.com , l’agence de presse francophone d’Israël et du Moyen Orient, une rubrique quotidienne fascinante tenue par Claude Bensoussan, qui s’intitule Souviens toi… sous-titrée Mémoire…, suivie de la date du jour.

Et jour après jour, ce ne sont qu’égorgements, massacres, pogroms, catastrophes en tous genres, assassinats divers et variés, dont certains remontent aux croisades, et bien avant. C’est proprement stupéfiant. Loin de moi  la pensée que les juifs n’ont pas souffert au long de leur histoire. Quel peuple ne conserve pas le souvenir d’horreurs passées ? Mais quel autre peuple a un tel souci de ressasser interminablement, et jour après jour, les événements malheureux ?

Pourtant, il a bien dû y avoir aussi des événements agréables dans le lot. Je ne sais pas, moi, par exemple le premier million de Rothschild. Ou les premiers contrats fructueux de Basil Zaharoff, le fameux marchand de canons de la première guerre mondiale. Ou même, tiens, celui-ci, que j’ai découvert sur le site www.labanlieuesexprime.org Le message est daté de septembre 2006 et indique fort judicieusement: « Aujourd’hui 27 septembre, date anniversaire de l’accueil généreux des juifs au sein de la République Française, suivant ce fameux décret du 27 septembre 1791 de la Constituante. Pourtant la communauté juive toujours très prompte à pratiquer commémorations sur commémorations ignore totalement cette date fondamentale et généreuse qui a attribué aux juifs le même statut et droits que les autres citoyens ! Silence du CRIF ; silence de la LICRA, silence de l’UEJF....un silence communautaire de 215 ans ! Un petit merci de temps en temps, une petite minute de silence pour honorer notre République, ça ne coûterait pourtant pas trop cher ! Et cela pourrait peut-être contribuer à inspirer les Israéliens pour attribuer aux arabes israéliens les mêmes statuts, les mêmes droits que ceux qui régissent la communauté juive en Israël. Ce dernier point, devrait être, pour le CRIF, dans le cadre de leur relation permanente avec Israël, une demande insistante et récurrente. »

Ce fameux décret de septembre 1791 provoquera d’ailleurs un afflux considérable de juifs allemands en Alsace.

Curieusement, ce message figurait dans un débat relatif à mon livre qui venait de paraître. Et j’ai eu la grande surprise sur ce site de me voir qualifier ainsi par un autre correspondant : Je viens de faire quelques recherches sommaires sur l’auteur de ce bouquin. Anne Kling semble très proche des milieux de l’extrême-droite ISLAMOPHOBE ET PRO-SIONISTE ! Elle est la favorite de la mouvance "identitaire" (pro-sioniste). Je ne vois pas de ce fait ce qu’elle peut reprocher à la LICRA... Peut-être, que selon elle, la LICRA n’est pas assez sioniste, ni anti-immigrés. Pourtant ce n’est pas l’impression que donne cette officine dirigée par le député UMP, Patrick Gaubert ! Laissons-les à leurs querelles de famille, pour nous occuper de "La France confisquée" par les amis d’Anne Kling et de la Licra !

Amie de la LICRA et PRO-SIONISTE en majuscules ! Elles étaient effectivement bien sommaires, ces recherches…

06/07/2007

QUAND LE JEUNE ETAT JUIF EMPLOYAIT DES NAZIS…

ddb2eaf9ebea14b886c9f20cc5388229.jpgDeux journalistes israéliens du quotidien Haaretz ont fait paraître dans ce journal en avril dernier une enquête intitulée Au service de l’Etat juif. Utilisant des dossiers de la CIA, Shraga Elam et Dennis Whitehead ont pu établir que les autorités israéliennes avaient, au sortir de la guerre, employé et protégé un criminel de guerre nazi dénommé Walter  Rauff.  Et il ne s’agissait pas d’un second couteau, style Bousquet, Touvier, Papon ou même Barbie, mais d’un authentique colonel SS directement responsable de la mort d’au moins 100 000 juifs en Pologne et ailleurs.

Né en 1906, Rauff avait été l’ « assistant technique » de Reinhard Heydrich, lui-même second de Himmler, chef de la SS. Heydrich sera assassiné en Tchécoslovaquie en 1942 et Rauff deviendra responsable du projet d’extermination par les gaz au moyen de camions. Il commandera ensuite l’ Einsatzkommando en Afrique du nord, spécialement en Tunisie, avant d’aller exercer ses talents en Corse et à Milan. Il sera arrêté par les alliés le 30 avril 1945, emprisonné en Italie, mais réussira à s’évader en 1947. C’est à partir de là qu’il sera recruté par le Mossad, services secrets israéliens, sous le nom de Dr John Homsi. Sa « carrière » était pourtant bien connue puisque son nom sera cité 31 fois dans les procès-verbaux du tribunal de Nuremberg en 1946.

L’objectif de ce type de recrutement était la pénétration des pays arabes. Rauff sera donc dans un premier temps envoyé en Syrie où il se retrouve conseiller militaire du président Hosni Zaïm. Lors du coup d’Etat qui déposera ce dernier, il quitte le pays et poursuit diverses activités plus que louches en Inde et au Liban. L’essentiel de ses activités pour le Mossad consistera néanmoins à fournir des informations sur le dispositif miliaire syrien.

Il sera dûment payé pour les services rendus et conformément à l’accord passé, les autorités israéliennes l’aideront à passer avec sa famille en Amérique du sud. Il s’installera ensuite tranquillement au Chili qui refusera à plusieurs reprises son extradition demandée une première fois par l’Allemagne, puis, en 1984, par l’Amérique de Reagan et l’Angleterre de Thatcher. Il mourra opportunément la même année, d’un cancer du poumon.

Le cas Rauff n’aurait pas été exceptionnel. Ces faits étaient d’ailleurs relativement connus avant l’enquête des deux journalistes qui s’étonnent cependant qu’en raison de leur caractère choquant, ils n’aient pas au moins donné lieu à un débat public. Ils s’étonnent également de ce que le chasseur de nazis américain bien connu Richard Breitmann ait choisi dans ses recherches d’ignorer les informations selon lesquelles les services secrets israéliens employaient systématiquement des nazis dans les pays arabes.

Source: www.haaretz.com/hasen/spages/843805.html

02/07/2007

LES JUIFS ET LA REVOLUTION, VUS PAR BERNARD LAZARE

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Bernard Lazare (1865-1903) est un journaliste et écrivain anarchiste. Il sera le premier à prendre la défense d’Alfred Dreyfus en 1895. C’est lui également qui traduira de l’allemand vers le français Der JudenstaatL’Etat juif – de son contemporain Theodor Herzl, le fondateur du sionisme,  qu’il rencontrera pour la première fois en 1896. Bernard Lazare publie son livre principal L’antisémitisme, son histoire et ses causes en 1894.

Deux chapitres de cet ouvrage sont consacrés aux relations entre les juifs et les révolutions. Sa conception est assez originale et témoigne en tout cas d’une grande connaissance de l’histoire, des traditions et des écrits du peuple juif. Les pages qui suivent sont très succintes par rapport à l’analyse fort complète qu’il a faite. Il s’agit d’un éclairage donné par un homme qui écrit en 1894, il faut s’en souvenir. La révolution proche est la révolution française de 1789. C’est celle à laquelle il se réfère, bien sûr. La pire, celle de 1917, qui était censée parachever l’œuvre commencée, est encore dans les limbes de l’histoire. Mais beaucoup de pièces du puzzle sont déjà en place.

« Pendant la période révolutionnaire, les Juifs ne restèrent pas inactifs. Étant donné leur petit nombre à Paris, on les voit occuper une place considérable, comme électeurs de section, officiers de légion ou assesseurs, etc. Ils ne sont pas moins de dix-huit à Paris, et il faudrait dépouiller les archives de province pour déterminer leur rôle général. (…) Nous avons vu comment, groupés autour du Saint-Simonisme, ils achevèrent la révolution économique dont 1789 avait été une étape  et quelle fut l'importance dans l'école d'Olinde Rodrigues, de d'Eichtal et d'Isaac Péreire. Pendant la seconde période révolutionnaire, celle qui part de 1830, ils montrèrent plus d'ardeur encore que pendant la première. Ils y étaient d'ailleurs directement intéressés, car, dans la plupart des États de l'Europe, ils ne jouissaient pas encore de la plénitude de leurs droits.

Ceux-là mêmes d'entre eux qui n'étaient pas révolutionnaires par raisonnement et tempérament le furent par intérêt ; en travaillant pour le triomphe du libéralisme, ils travaillaient pour eux. Il est hors de doute que par leur or, par leur énergie, par leur talent, ils soutinrent et secondèrent la révolution européenne. Durant ces années, leurs banquiers, leurs industriels, leurs poètes, leurs écrivains, leurs tribuns, mus par des idées bien différentes d'ailleurs, concoururent au même but. "On les vit, dit Crétineau-Joly, barbe inculte et le dos voûté, l'oeil ardent, parcourir en tous sens ces malheureuses contrées. Ce n'était pas la soif du luxe qui, contrairement à leurs habitudes, leur prêtait une pareille activité. Ils s'imaginaient que le christianisme ne résisterait pas aux innombrables attaques auxquelles la société se trouvait en butte et ils accouraient demander à la croix du Calvaire une réparation de 1840 années de souffrance méritées."

Ce n'était pourtant pas ce sentiment qui poussait Moses Hess, Gabriel Riesser, Heine et Boerne en Allemagne, Manin en Italie, Jellinek en Autriche, Lubliner en Pologne, bien d'autres encore, qui combattirent pour la liberté, et voir dans cette universelle agitation, qui secoua l'Europe jusqu'après 1848, l'oeuvre de quelques Juifs désireux de se venger du Galiléen est une conception étrange ; mais quelle que soit la fin poursuivie, fin intéressée ou fin idéale, les Juifs furent à cette époque parmi les plus actifs, les plus infatigables propagandistes. On les trouve mêlés au mouvement de la Jeune Allemagne ; ils furent en nombre dans les sociétés secrètes qui formèrent l'armée combattante révolutionnaire, dans les loges maçonniques, dans les groupes de la Charbonnerie, dans la Haute Vente romaine, partout, en France, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Italie.

Quant à leur action et à leur influence dans le socialisme contemporain, elle fut et elle est, on le sait, fort grande, on peut dire que les Juifs sont aux deux pôles de la société contemporaine. Ils ont été parmi les fondateurs du capitalisme industriel et financier et ils ont protesté avec la véhémence la plus extrême contre ce capital. A Rothschild correspondent Marx et Lassale ; au combat pour l'argent, le combat contre l'argent, et le cosmopolitisme de l'agioteur devient l'internationalisme prolétarien et révolutionnaire. C'est Marx qui donna l'impulsion à l'Internationale par le manifeste de 1847, rédigé par lui et Engels, non qu'on puisse dire qu'il "fonda" l'Internationale, ainsi que l'ont affirmé ceux qui considèrent toujours l'Internationale comme une société secrète dont les Juifs furent les chefs, car bien des causes amenèrent la constitution de l'Internationale, mais Marx fut l'inspirateur du meeting ouvrier tenu à Londres en 1864, et d'où sortit l'association. Les Juifs y furent nombreux, et dans le conseil général seulement on trouve Karl Marx, secrétaire pour l'Allemagne et pour la Russie, et James Cohen, secrétaire pour le Danemark. Beaucoup de Juifs affiliés à l'Internationale jouèrent plus tard un rôle pendant la Commune où ils retrouvèrent d'autres coreligionnaires.

Quant à l'organisation du parti socialiste, les Juifs y contribuèrent puissamment. Marx et Lassalle en Allemagne, Aaron Libermann et Adler en Autriche, Dobrojanu Ghérea en Roumanie, Gompers, Kahn et de Lion aux États-Unis d'Amérique, en furent ou en sont encore les directeurs ou les initiateurs. Les Juifs russes doivent occuper une place à part dans ce bref résumé. Les jeunes étudiants, à peine évadés du ghetto, participèrent à l'agitation nihiliste ; quelques-uns  parmi lesquels des femmes  sacrifièrent leur vie à la cause émancipatrice, et à côté de ces médecins et de ces avocats israélites, il faut placer la masse considérable des réfugiés artisans qui ont fondé à Londres et à New York d'importantes agglomérations ouvrières, centres de propagande socialiste et même communiste anarchiste. ».