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18/09/2007

LES LENDEMAINS QUI CHANTENT….

cd607a532bb0ae5b623c0624ed81cafc.jpgOn va sortir un peu de la politique et se faire le cadeau d’une page de Jean Giono, tirée de chroniques écrites vers la fin de sa vie, entre 1966 et 1970, dans lesquelles il livre sa philosophie du bonheur. Ce court extrait provient d’un texte intitulé « Le Chapeau ». Comme vous le verrez, la politique n'en est d'ailleurs pas absente et rien n'a changé sous le soleil.

« J’ai, comme tout le monde, acheté des petits Chinois. C’était aussi aux alentours de 1900. Ma mère me donnait deux sous pour mon goûter et il fallait que je lui en rende un. C’était pour sauver les petits Chinois que de méchants parents jetaient au fumier. La cérémonie quotidienne ne manquait pas de noblesse et embellissait mes après-midi vers quatre heures du soir. « Tu comprends bien, Jean, me disait ma mère, tu pourrais garder ce sou, c’est pour ton goûter ; je te l’ai donné et tu me le rends avec plaisir pour sauver ton petit Chinois. Il va grandir en même temps que toi et, dans quinze à vingt ans, ce sera un homme que tu auras plaisir à rencontrer à l’occasion. » L’occasion ne se présenta pas. Quinze ans après, couvert de poux et à plat ventre, j’attaquais en direction du fort de Vaux.

Ce fameux fort de Vaux, d’ailleurs, qu’on attaqua ainsi pendant six jours et dont il restait si peu que nous l’attaquions sans nous douter que nous étions sur son emplacement même, ce fameux fort de Vaux fut aussi un élément du futur. « Les enfants, nous avait-on dit, évidemment ce n’est pas gai, vous allez sacrifier votre jeunesse et peut-être y laisser la peau, mais c’est pour faire chanter les lendemains, donner la paix aux générations futures. Vous faites la guerre pour qu’il n’y ait plus de guerre. Vous vieillirez (ceux qui vieilliront) entourés du respect et de l’estime de ceux pour qui aujourd’hui vous souffrez ».

(…) Les lendemains chantaient aussi bien à l’église, au collège qu’autour de la table familiale. Comment pouvais-je douter quand le prêtre, le professeur, le paterfamilias (pauvre et cher paterfamilias si entiché de sirènes quarante-huitardes en vers et en prose) me promettaient à l’envi de magnifiques harmonies futures ?

On se moquait de « demain on rasera gratis », mais on croyait à la venue de la paix, de la justice, du bonheur et on élevait sur des pavois ceux qui nous les promettaient. Il était pourtant facile de voir quel plaisir immédiat ils prenaient, eux, à cette élévation sur nos épaules. Si on les avait flanqués par terre en leur disant « Alors, tu nous les donnes, tes trucs ? » Mais nous ne l’avons pas fait et nous ne le faisons pas plus aujourd’hui. Les choses continuent exactement de la même façon ; nos œillères sont orientées toujours du même côté

« Vous verrez, vous verrez », nous dit-on. Et que voit-on ?

Je ne vais pas me donner le ridicule de parler de la succession des guerres que la guerre de 14 a engendrées (au lieu de les supprimer), ni du Chinois que j’ai acheté, celui que ma mère appelait « ton Chinois », chaque jour à quatre heures de l’après-midi, et pour l’achat duquel j’ai dû manger la moitié de mon pain sec. Je vais rester terre à terre, je vais parler argent ».

La suite est très savoureuse et elle justifie le titre « Le Chapeau », mais elle est pour demain.

06/09/2007

L’influence du lobby juif sur la politique étrangère américaine - perception et réalité

L'exemple de l'adoption de l'amendement Jackson-Vanik (1972-1974)

Je comptais reprendre aujourd'hui la série sur les organisations juives américaines et ce faisant, je suis tombée sur l'article suivant, paru sur le site de l'Institut Pierre Renouvin - Institut de recherches en histoire des relations internationales. Il constitue une bonne illustration de notre propos, et des méthodes employées, et c'est pourquoi je me permets de le reprendre ici. Il est de Pauline Peretz, qui a soutenu en décembre 2004 sa thèse intitulée « L’émigration des juifs soviétiques : le rôle des Etats-Unis, de 1953 à la fin des années 1980 ».

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"Au lendemain de la guerre du Vietnam, les groupes ethniques américains se mirent à exercer une influence croissante sur la politique étrangère des États-Unis. L’amendement Jackson-Vanik au Trade Reform Act, adopté en décembre 1974 après une bataille législative de deux ans, est un des meilleurs exemples de ce phénomène. Cet amendement liait l’octroi à une économie centralisée du statut de la clause de la nation la plus favorisée [1] et de crédits, à la libéralisation de sa politique migratoire à l’égard de ses minorités.

En dépit de sa grande popularité au Congrès, il rencontra l’opposition des défenseurs de la détente et des partisans du libre-échange, milieux d’affaires en tête. La Maison Blanche fut son plus grand adversaire, puisque Nixon et Kissinger considéraient le linkage [2] entre droits de l’homme et commerce comme une menace pour le rapprochement soviéto-américain et plus précisément pour l’accord commercial signé entre les deux pays le 18 octobre 1972 [3]. La coalition en faveur de l’amendement réunissait davantage d’acteurs : des anticommunistes, des défenseurs des droits de l’homme, des progressistes, des leaders syndicaux et des dirigeants des organisations juives, puisque l’amendement avait été conçu pour venir en aide aux Juifs soviétiques.

La communauté juive américaine doit une large partie de son poids politique à son art confirmé du lobbying. L’influence de ce lobby, démesurée par rapport à sa dimension réelle, tient beaucoup à un environnement idéologico-culturel favorable aux causes qu’il défend [4]. Mais cette influence, il la doit aussi à l’efficacité incomparable de ses organisations, principalement l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), créé en 1954, qui œuvre au Congrès pour la défense des intérêts d’Israël, et la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (CPMAJO) qui défend, elle, plus largement les intérêts de la communauté au niveau de l’Exécutif. Par leurs contacts et leurs réseaux, les autres organisations communautaires peuvent aussi peser sur les hommes du Congrès. Il n’existe jusqu’à présent aucun consensus sur le rôle joué par ces organisations dans l’adoption de l’amendement Jackson-Vanik. La question est pourtant simple : le lobby juif est-il responsable, oui ou non, de cette adoption ? Pour le journaliste J.J. Goldberg, cette mobilisation juive américaine constitue un moment décisif de l’affirmation du pouvoir de la communauté juive sur la scène politique [5]. Paula Stern, à l’inverse, montre dans son étude détaillée de la bataille législative que le rôle du lobby juif a été grandement exagéré [6]. Des documents trouvés dans les archives communautaires juives et dans le fonds Jackson prouvent que ces deux analyses sont insatisfaisantes, parce qu’elles surestiment et sous-estiment respectivement le rôle des organisations juives. Ces deux analyses révèlent la mauvaise perception de l’influence juive par les acteurs politiques - assistants parlementaires, hommes du Congrès, mais aussi administration. Dans Perception and Misperception in International Politics, Robert Jervis montre que, dans le domaine de la politique étrangère, les perceptions des décideurs politiques sont souvent erronées en raison de leur surestimation de l’unité des acteurs, et d’attentes quant au niveau de mobilisation formées à partir d’expériences passées [7]. Depuis la fin des années 1950, le lobby juif s’était toujours montré très uni et très décidé lorsqu’il s’agissait de défendre Israël, comme l’avait montré par exemple la très forte mobilisation communautaire contre le plan Rogers en 1970 [8]. Or la bataille pour l’adoption de Jackson-Vanik était profondément différente : elle avait pour ambition de venir en aide aux Juifs de la diaspora, et non à Israël, et n’impliquait pas la participation directe d’AIPAC ou de la CPMAJO, mais celle d’organisations juives nouvelles sur le Capitole.

Un rôle décisif dans la mise sur agenda

En 1964, une campagne d’aide aux Juifs soviétiques avait été lancée par les organisations juives américaines, en partie sous l’influence d’un bureau secret israélien appelé Nativ, qui s’était fixé pour objectif de sensibiliser l’opinion publique internationale à leur sort et à la nécessité de leur émigration [9]. Il parvint à convaincre l’establishment [10] juif américain de créer une organisation pour coordonner cette campagne aux États-Unis, l’American Jewish Conference on Soviet Jewry, rebaptisé en 1971 la National Conference on Soviet Jewry (NCSJ). Son but était d’obtenir du Kremlin le respect des droits culturels et religieux des Juifs soviétiques, puis, à partir de la guerre des Six Jours, de leur droit à émigrer. Cette campagne qui à bien des égards fut un véritable mouvement social avait pour cibles non seulement la communauté juive américaine dans son ensemble, mais aussi des intellectuels progressistes de renom, et des élus qui avaient été préalablement démarchés par Nativ. Depuis le début de la campagne, des hommes du Congrès - juifs, élus de circonscriptions majoritairement juives, ou amis d’Israël - s’étaient révélés de véritables alliés. Certains avaient participé aux manifestations organisées par l’AJCSJ/NCSJ, d’autres avaient même introduit des résolutions visant à faire pression sur Moscou. Le pouvoir de la NCSJ et sa proximité avec le Bureau israélien étaient contestés par des organisations grass-roots [11] totalement indépendantes de la communauté organisée, créées dès 1963 pour venir en aide aux Juifs soviétiques dans un style plus musclé et moins porté aux compromissions. En 1971, ces organisations se fédérèrent au sein de l’Union of Councils for Soviet Jews (UCSJ), très active au niveau local, démarchant les élus, organisant des boycotts contre les entreprises faisant commerce avec l’Union soviétique, et lançant de nombreuses manifestations [12]. La NCSJ et l’UCSJ jouèrent donc un rôle décisif dans la mise sur l’agenda de politique étrangère américaine de la question juive soviétique. Lorsqu’en août 1972, les Soviétiques imposèrent une taxe sur l’éducation [13], l’opinion publique américaine était suffisamment mûre pour se mobiliser.

La bibliographie n’emploie habituellement que les termes de « pouvoir juif » ou d’« organisations juives ». Nous avons pourtant déjà rencontré deux types d’acteurs : l’establishment juif et les organisations grass-roots. En comparaison avec les organisations juives existant de longue date, la NCSJ et l’UCSJ semblent bien modestes. En 1972, le budget de la NCSJ s’élevait à 250 000 dollars, tandis que celui du très respectable American Jewish Committee atteignait 7,3 millions de dollars. Les capacités de lobbying de la NCSJ étaient elles aussi réduites : ce n’est qu’en 1972 qu’elle ouvrit un bureau à Washington employant un représentant et un consultant pour les questions légales. La NCSJ pouvait pourtant compter sur les membres et les ressources des organisations qui l’avaient créée, et réutiliser leurs contacts sur le Capitole. L’UCSJ était moins chanceuse. Elle avait ouvert peu avant la NCSJ un bureau à Washington auquel elle avait affecté un budget de 10 000 dollars annuels - soit la moitié de son budget - et avait recruté une lobbyiste très talentueuse. La force de l’UCSJ résidait dans une base très réactive à travers tous les États-Unis. Il peut paraître étonnant qu’AIPAC n’ait pas encore été mentionné. Ne faisant officiellement du lobbying que pour Israël, il ne fut pas impliqué au même titre que les organisations juives qui avaient été spécifiquement créées pour cette campagne. Les principaux acteurs de cette bataille législative furent donc les dirigeants de la NCSJ et de l’UCSJ, côté juif, et les attachés parlementaires des élus les plus actifs - les sénateurs démocrates Jackson de l’État de Washington et Ribicoff du Connecticut, ainsi que le représentant démocrate Vanik de l’Ohio -, côté législatif.

Selon ces attachés parlementaires, l’idée du linkage entre avantages économiques et émigration serait née au Congrès, et les organisations juives se seraient contentées de prendre le train en marche. Les archives des organisations grass-roots montrent pourtant que cette idée est apparue dès 1965 sous la plume de leaders communautaires locaux [14]. Six ans plus tard, dans un contexte de véritable rapprochement économique entre les États-Unis et l’URSS, une autre organisation grass-roots, le Cleveland Council on Soviet Anti-Semitism, membre de l’UCSJ, ressuscita l’idée d’un linkage. Louis Rosenblum, son président, fut mis en contact avec un juriste et un politologue qui lui proposèrent un texte législatif liant commerce et émigration. Cette proposition séduisit d’abord le représentant démocrate de Los Angeles, Thomas Rees, la Californie étant un des hauts lieux de l’activisme en faveur des Juifs soviétiques. Après un échec législatif douloureux en juin 1972 et l’adoption de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques, le projet fut repris par Richard Perle, alors assistant du sénateur Henry Jackson [15]. Ce linkage présentait de nombreux avantages pour ce candidat à l’investiture démocrate en vue des présidentielles de novembre 1972 : l’amendement serait un nouveau coup à la détente de Nixon - un sérieux atout pour le « Cold War liberal » qui avait déjà introduit un amendement restrictif à la loi de ratification de l’accord SALT -, il pouvait lui apporter le soutien de la minorité juive et lui permettrait de se rallier les défenseurs des droits de l’homme [16]. Il ne faudrait pourtant pas croire que le choix de Jackson ne fut que pur opportunisme. En 1972, il avait déjà beaucoup fait pour les Juifs soviétiques : depuis 1964, il avait soutenu toutes les résolutions qui avaient pour but d’améliorer leur sort, en 1971, il avait été co-sponsor d’une résolution qui appelait Nixon à soulever la question des Juifs soviétiques avec ses homologues soviétiques et, en février 1972, en avait introduit une autre pour débloquer une aide financière à tous les Juifs soviétiques qui parviendraient à quitter l’Union soviétique. En septembre, le linkage était donc devenu la chose de Jackson, mais l’idée en était assurément venue des grass-roots.

Le rôle de ces derniers a tendance à être occulté au vu des événements ultérieurs. Le 25 septembre 1972, Jackson s’invita à une conférence organisée par la NCSJ pour répondre à l’imposition de la taxe sur l’éducation par les Soviétiques. Il saisit cette occasion pour présenter l’amendement à l’East-West Trade Reform Act reprenant le linkage entre émigration des minorités soviétiques et avantages économiques, et demander leur soutien aux organisations juives, un soutien qu’il reçut sans la moindre difficulté [17]. Pour Stern, « c’était clairement un renversement de l’image commune du lobby juif tordant le bras d’un sénateur » [18]. Une telle affirmation sous-estime le rôle des grass-roots durant cette première phase. En effet, une partie de la communauté juive, même si elle n’était certainement pas la plus puissante ni la plus visible, s’était déjà engagée dans la bataille politique depuis quelques mois et était prête à suivre Jackson, sans même qu’on lui ait demandé. L’affirmation de Stern est aussi symptomatique d’une tendance collective à ignorer que l’establishment n’était pas le seul acteur juif impliqué dans cette bataille.

La NCSJ et l’UCSJ, piliers de la coalition

Dès que Jackson introduisit son amendement au East-West Trade Reform Act le 4 octobre 1972, la NCSJ et l’UCSJ, contrairement à la Conférence des présidents et aux autres organisations juives de l’establishment,

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04/09/2007

OUI, J’AI UNE AME !

C’est vrai, je l’ai dit moi-même, on évite les questions religieuses car elles sont du domaine intime de chacun. Ceci dit, pour clore la parenthèse du «grand barbu», mon correspondant m’adresse un texte sur l’origine du bobard de « l’âme de la femme » qui est de nature à intéresser plus largement. C’est pourquoi vous le trouverez ci-après.

94419e1155a22db17fc7d918c24a752f.jpg « De tous les bobards inventés par les impies contre l'Eglise catholique, le plus stupide, le plus grossier est sans aucun doute celui qui lui attribue la négation de l'existence d’une âme chez la femme.

Mais comment expliquer la permanence d'une ânerie pareille, car la réfutation est aisée, à qui réfléchit tant soit peu : "Voyez donc la dignité et la place exceptionnelles de la Sainte Vierge, le statut de la femme chrétienne dans le monde !… Puis vous imaginez l'Eglise administrer les sacrements de Notre Seigneur à un être privé d'âme !"

On doit donc nécessairement trouver ici quelque illustration de la recommandation de Voltaire à Thériot : "Il faut mentir comme un diable ! Non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours..." Qu'importe la grossièreté du mensonge, il faut le propager !

Force est de constater que le bobard se porte bien, véhiculé par des intellectuels de gauche, des énarques, des ministres, premiers et seconds, des journalistes, des hommes politiques de tous bords... Bref, une élite continue de se ridiculiser, en particulier au yeux des étrangers, ahuris devant tant d'inculture.

Ce bobard, fils de la Révolution et de groupuscules féministes, n'est vraiment pas à l'honneur de ses propagateurs. C'est à se demander si ces braves gens, même munis d'une âme par la grâce de Dieu, ont bien une cervelle.

Alain Decaux résume l'origine de cette désinformation dans le tome I d'Histoire des Françaises (Librairie Académique Perrin, Paris, 1972, pp.133-134) : « Lors de chaque combat livré par des femmes, on affirme qu'en 585, un concile s'est tenu à Mâcon pour trancher d'une épineuse question : la femme a-t-elle une âme ? On écrit là-dessus comme s'il s'agissait d'un fait historique démontré. D'autres interviennent alors - non moins opportunément - pour s'écrier qu'il s'agit d'une légende, tout juste bonne, comme toutes les légendes, à jeter aux orties. Il faut dire la vérité. Si l'on consulte la liste complète des conciles, on s'aperçoit qu'il n'y a jamais  eu de concile de Mâcon. En revanche, on trouve en 586 - et non en 585 - un synode provincial à Mâcon. Les "Actes" en ont subsisté. Leur consultation attentive démontre qu'à aucun moment, il ne fut débattu de l'insolite problème de l'âme de la femme. Le synode s'est borné à étudier - avec un grand sérieux - les devoirs respectifs des fidèles et du clergé.

Alors ? D'où vient cette légende si solidement implantée ? N'aurait-elle aucune base ? Si. Le coupable est Grégoire de Tours. Il rapporte qu'à ce synode de Mâcon, un évêque déclara que la femme ne pouvait continuer à être appelée "homme". Il proposa que l'on forgeât un terme qui désignerait la femme, la femme seule. Voilà le problème ramené à son exacte valeur : ce n'était point un problème de théologie, mais une question de grammaire. Cela gênait cet évêque que l'on dît les hommes pour désigner aussi bien les femmes que les hommes. L'évêque trouva à qui parler. On lui opposa la Genèse : "Dieu créa l'homme mâle et femelle, appelant du même nom, homo, la femme et l'homme." On lui rappela qu'en latin, « homo » signifie : créature humaine.

Personne ne parla plus du synode de Mâcon jusqu'à la Révolution française. En pleine Terreur, pour défendre les femmes dont on voulait fermer les clubs, le conventionnel Charlier, en une belle envolée oratoire, demanda si l'on  était encore au temps où on décrétait, "comme dans un ancien concile, que les femmes ne faisaient pas partie du genre humain". Le 22 mars 1848, une citoyenne Bourgeois devait franchir une nouvelle étape dans l'altération des textes. A la tête d'une délégation du Comité des "Droits de la femme", elle remettait aux membres du gouvernement provisoire une pétition tendant à obtenir le droit de vote pour les femmes et commençant par ces mots : "Messieurs, autrefois, un concile s'assembla pour décider cette grande question : savoir si la femme a une âme..." Bouclée, la boucle. Les quelques lignes de Grégoire de Tours, définitivement déformées, étaient entrées dans le patrimoine définitif de la crédulité publique."

Le lecteur intéressé pourra consulter Grégoire de Tours Historia Francorum, livre VIII, XX, dans la Patrologie latine (tome 71) ou encore le Dictionnaire apologétique de la foi catholique de d'Alès ou le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie au mot Femmes (âme des).

Il nous reste à écrire à tous les propagateurs du bobard pour leur faire gentiment honte de leur inculture. Même s'ils ne rectifient pas la calomnie, ils hésiteront peut-être à l'employer une nouvelle fois. "Errare humanum est..."   

25/08/2007

ON NE PRETE QU'AUX RICHES, N'EST-CE PAS?

Décidément, il arrive des commentaires intéressants et qui ouvrent des pistes. Ils reflètent bien sûr en premier lieu la pensée de leurs auteurs et on a parfaitement le droit de ne pas être entièrement d'accord. Et même celui de ne pas être d'accord du tout. L'intérêt, c'est de réfléchir à la complexité des choses et à leurs interactions parfois cachées. Ceci dit, gardons-nous de tomber dans l'obsession et de voir une certaine influence partout et en tout lieu. Bon, je sais, on ne prête qu'aux riches, mais quand même ... Tâchons de toujours rester dans l'information et de ne pas verser dans les suppositions ou les hypothèses. C'est d'ailleurs bien plus intéressant.

Je profite de ce petit couplet vertueux pour rappeler à mes honorables correspondants que ceci est un blog politique et non religieux, Dieu merci. Je préfère donc éviter toute remise en cause qui touche à ce domaine. Nous avons assez de sujets par ailleurs. Voici donc ci-après un commentaire signé Stan. Merci à lui.

"Ce lien est très instructif sur les juifs chinois: http://www.alliancefr.com/judaisme/cyberthora/dossier/chi... .

50d1c849794394f84665210da0aacccf.jpgOn y apprend que le premier écrit mentionnant des juifs en Chine date de 718: "Une lettre écrite en judéo persan, d'un juif chinois qui demande l'aide d'un coréligionnaire pour écouler un troupeau de moutons de qualité médiocre." Hahaha! Déjà ce sens du commerce, pour être gentil, dont ils sont si fiers...

En fait, les radanites étaient installé en Chine depuis un bout de temps, et ils étaient sur la route de la soie et des épices (Marco Polo les rencontrera à son arrivée en Chine).

Plus tard sous l'empire musulman, les juifs radanites sauront négocier le monopole du commerce à la fois sur la route de la soie, mais aussi sur les mers (donc fatalement, le trafic d'esclaves... La réputation des juifs dans les Balkans remonte d'ailleurs à cette époque lointaine où ces si belles femmes d'Europe centrale étaient vendues comme esclaves notamment en Andalousie).

a5d48e27a21fb4b643689d30dde8b7c6.jpgFait intéressant à noter: à partir d'environ 1500, les juifs chinois ont été forcés à s'assimiler, ce qui fait qu'aujourd'hui on rencontre deux types ethniques de juifs en Chine... Ceux qui ont des traits chinois, et que nous occidentaux ne pouvons distinguer des Hans (mais les Hans eux peuvent distinguer tous les autres types). Et il y a aussi les occidentaux, ceux qui sont arrivés de Russie il y a environ un siècle.

Il faut savoir que jusque dans les années 90, ces communautés n'étaient pas reconnues comme juives par les autorités rabbiniques ni par Israël. La situation a changé bien évidemment, après qu'il ait tout d'abord été déclaré comme stratégique par la grande assemblée des rabbins de nouer de solides relations avec la Chine, et ce par l'intermédiaire des juifs qui étaient réduits à l'abandon. Le but des rabbins: la survie du peuple juif jusqu'à l'arrivée de Macchiah, ce qui selon le Talmud se fait en se mettant sous la protection des puissants et en les servant (ce qui n'exclut pas les changements d'alliance, bien au contraire d'ailleurs, puisque si celui qu'on sert est perdu, autant se ranger du côté du plus fort, puisque le but n'est pas de trahir ou de ne pas trahir, le but est la survie du peuple jusqu'à l'arrivée du Macchiah, ce qui conditionne le reste).

Du coup, l'explosion des mariages mixtes à Shangai notamment où les juifs chinois sont nombreux, n'est pas un hasard, et n'est pas une trahison de la judéité... Il s'agit toujours de mariages entre juifs. Vous trouverez des informations et des photos sur google (mais pensez à chercher en anglais, il n'y a pas grand chose d'intéressant sur les recherches en français).

La conquête de l'Algérie grâce aux juifs fera bondir ceux-ci évidemment. Pourtant, c'est la stricte vérité: pendant des années le Dey d'Alger a fourni en blé la France révolutionnaire et les armées de Napoléon en Egypte et en Palestine. En charge de ce commerce, les juifs Busnach et Bacri qui avaient le monopole de ce commerce, conformément à la pratique dans l'empire musulman de laisser les juifs s'occuper de commerce et de finance (ce qui se révèlera être une erreur), car la recherche du profit et surtout les intérêts sont considérés comme immoraux dans l'Islam. Mais comme il faut bien que les états recherchent le profit et l'intérêt s'ils ne veulent pas se condamner à être dépassés par le voisin, il a bien fallu trouver une solution. La solution ce fut le monopole juif sur le commerce et la finance.

Donc à un moment donné, la France cesse de payer ce qu'elle doit à Busnach et Bacri, donc ce qui revient au Dey D'Alger... Notons que Busnach et Bacri entre temps, avaient pris soin de se réfugier en France, et de franciser leur nom (ils portaient des prénoms arabes avant, pratique répandue chez les juifs de prendre un nom couleur locale). Donc ils organisent leur insolvabilité, et les pourparlers avec le Dey dégénèrent... On parle du coup de l'éventail, mais ce n'est évidemment qu'un prétexte...

fae8a6f13a7256269e0e8b9a10232531.jpgLa preuve, dès que la conquête d'Alger est achevée, en 1830 (avec l'aide des juifs d'Alger qui accueillent les Français en libérateurs, alors qu'ils constituaient quand même une classe supérieure dans l'Algérie de l'époque... Un peu comme si Adler et Finkielkraut accueillaient une armée d'invasion américaine comme des libérateurs... Il est vrai que l'antisémitisme en France a atteint des niveaux intolérables...), donc dès que Alger est soumise, Jacob Bacri est nommé "Chef de la nation hébraïque" en Algérie... Bien sûr, ce n'était que pure coïncidence et le Bacri n'avait rien à voir dans la prise d'Alger...

D'ailleurs les plus grandes villes d'Algérie sont tombées grâce aux juifs: entre 1833 et 1842, les juifs participent à la prise d'Oran et de Constantine... La confusion du côté des musulmans viendra de ce qu'ils seront trahis par ceux-là mêmes qui prétendaient lutter avec eux (il y avait des juifs du côté musulman, pas tous traîtres, mais le résultat a été le même...). Les réformes à l'époque imposent que dans chaque conseil municipal, au moins un juif doit siéger (pas loin de la situation officieuse qu'on connaît en France en somme).

Il faut bien comprendre que pour les juifs, ce qui compte avant tout, c'est la survie et la prospérité de leur peuple. Le reste est secondaire... Ils se retrouveront donc automatiquement du côté du manche, et malheur aux vaincus...

Ainsi, des juifs (il est plus juste d'utiliser ce pluriel indéfini) ont aidé les arabes à prendre l'Andalousie (ils se sentaient persécutés, il est plus juste de dire se sentir que de dire qu'ils l'ont réellement été, puisque même la lecture des édits d'Isabelle La Catholique, la plus antisémite des reines d'Espagne, montre qu'elle est loin de la caricature de nazi qu'on en a faite dans l'inconscient collectif). Des juifs ont aidé les Français à prendre l'Algérie. Des juifs ont aidé les Algériens à chasser les Français...

Qui trouve son intérêt dans ce genre de chassé croisé?

Il suffit de se renseigner sur ce qu'a été la colonisation pour se rendre compte qu'elle a avant tout enrichi les grosses fortunes, souvent au détriment du petit français moyen qui devait payer des impôts et surtout donner parfois sa vie pour maintenir l'ordre dans les colonies, au profit des riches propriétaires terriens. Il n'est pas du tout sûr, loin de là, que le petit français moyen ait profité de la "grandeur" de la France coloniale, que personnellement j'estime avoir été le détournement de la puissance collective française (armée, administration...) pour servir des fortunes privées...

Un peu ce qui se passe en Irak en somme, où les USA sont en train de se faire saigner financièrement, moralement et humainement pour des intérêts totalement obscurs (enfin pas tant que ça quand on ouvre les yeux).

Nul doute qu'une fois les USA pressés comme un citron, les dollars et leur économie ruinés, un repositionnement stratégique de la part de l'oligarchie financière perpétuera ses intérêts... Nul doute que l'Amérique sera alors balayée par une vague d'antisémitisme spontanée et sans aucun rapport avec ce qui leur arrive!

Les USA risquent donc de connaître un peu ce que les Ottomans ou les arabes ont connu... Dans qq siècles, les descendants des juifs américains parleront peut être d'un âge d'or américain, où tout leur était permis... Mais ils nuanceront ces souvenirs en ravivant l'antisémitisme dont feront preuve les Américains à leur égard, justifiant a posteriori leur lâchage de l'Amérique sans tenir compte de la chronologie dans les inimitiés...

Je me pose quand même une question: les Chinois seront-ils assez naïfs pour commettre les mêmes erreurs que tous les autres peuples? Après tout, ce sont eux aussi des commerçants et des financiers par nature... Ils doivent connaître un peu la mentalité..."

24/08/2007

SURPRISE : L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE RECONNAIT LE GENOCIDE ARMENIEN (suite)

J’ai trouvé le commentaire suivant à l’article d’hier si intéressant que je le donne en clair. Vous constaterez qu’il nous fournit, lui aussi, pas mal de pistes d’étude à approfondir pour l’avenir  ….  C’est amusant qu’il termine par la Chine car le JPPPI, dont nous avons déjà parlé, n’a pas manqué effectivement de s’intéresser à cette puissance émergente. Le JPPPI (Institut de planification d’une politique pour le peuple juif) a été créé en 2003 à Jérusalem afin de remplir une mission de prospective. Ses recherches doivent contribuer à la continuité et à la prospérité du peuple juif et de sa culture. Il est présidé par l’ancien ambassadeur américain Dennis Ross et financé par l’Agence juive et les grandes organisations juives internationales.

Voilà la référence en question : « Sur les potentialités économiques, politiques et stratégiques pour le peuple juif qu’offre l’émergence de la Chine, voir le rapport du JPPPI intitulé « China and Jewish People, Old Civilizations in a New World » établi par Dr S. Wald en 2005. Ce rapport contient notamment une série de recommandations destinées aux organisations juives mondiales. »

ff904950833ba6fadbbe1d8814b860a7.jpg« Trop drôle. En fait tout est parti du licenciement par Foxman d'un des directeurs fédéraux de l'ADL (qui représentait je ne sais plus quel état des Etats-Unis). Son directeur local avait affirmé qu'il s'agissait bien d'un génocide... Foxman l'a viré, or ce type était populaire... Donc Foxman plutôt que de faire face à une révolte, doit tenter de faire face comme il peut...

Ces faits sont intéressants: cela montre que si les pontes des organisations juives, tels que Foxman, sont parfaitement brieffés de leur rôle politique et savent faire la part entre manipulation et vérité, il en va pas de même de la base...

De plus pour la plupart des gens, turcs=musulmans=islamistes... Le niveau de culture G chez les juifs américains est un peu plus élevé que la moyenne locale, mais ce n'est tout de même guère brillant. La plupart d'entre eux ne savent rien ni des relations entre Israël et la Turquie, ni de l'histoire des juifs dans l'Empire ottoman et la république Jeune Turque (qui sait par exemple, que Vladimir Jabotinsky contrôlait la presse turque, et spécialement le journal officiel "Le jeune turc"? Qui sait que le nationalisme turc est une invention d'Emmanuel Carasso, un juif italien membre des B’nai Brith et de la loge Resortae Veritas à laquelle appartenait Ataturk? L'invention du nationalisme turc, était une aberration qui avait pour but de liquider le Califat ottoman cosmopolite, afin de lui détacher la Palestine, et d'en faire Israël. A la même époque où les jeunes turcs s'agitaient, où le Calife ottoman ruinait son pays en s'endettant auprès des banques Rothschild, le même Rothschild jouait sur le tableau britannique et arrachait la déclaration Balfour... Tout est lié...).

Donc le juif moyen américain ne voit pas toutes ces réalités, et reste prisonnier du pathos de la souffrance et du génocide, d'autant plus qu'il a grandi dans la sublimation de la souffrance et du génocide juif...  Et donc après 60 ans de reproches de la part des Arméniens, pas étonnant que le juif de base, ignorant des enjeux, se laisse prendre à ce discours.

Remarquez que la position de Foxman est purement politique: il prend l'avis de Morgenthau (qui avait joué un grand rôle dans les accusations de génocide à l'encontre des nazis au procès de Nuremberg), mais il refuse de légiférer... Il récupère la confortable position morale du donneur de leçons, mais il continuera de tout son poids de bloquer une reconnaissance officielle du génocide par le Congrès... Trop fort!

Outre les liens réunissant Israël et la Turquie, je pense que ce qui pourrait inquiéter Israël, c'est à terme la remise en cause de la laïcité en Turquie. Les Turcs sont attachés à la laïcité soit disant, essentiellement par lavage de cerveau... Car contrairement à la France où la foi a fortement reculé depuis un siècle, la Turquie reste un pays attaché à sa culture islamique. Et il ne faudrait pas grand chose pour que les Turcs, revisitant leur histoire, se rendent compte que la révolution jeune turque, la laïcité, l'européanisation forcée, tout ça convergeait vers d'autres objectifs que le simple progrès... D'ailleurs quel progrès pour la Turquie? Ils sont passés en un siècle du statut de puissance impériale à celui de pays du tiers monde...

Or si on force la Turquie à se pencher sur le génocide arménien (qui était plus un nettoyage ethnique contre les populations européennes sur les terres que les Turcs avaient peur de devoir céder lors du démantèlement de leur empire, nettoyage ethnique en grande partie piloté par des généraux d'origine juive, ou balkanique), on risque d'amener la Turquie à revisiter complètement son histoire et faire émerger des vérités cachées...

Un peu comme la colonisation de l'Algérie: je parie que personne ici n'a entendu parler du rôle des négociants en blé juifs Bacri et Busnach, qui ont donné l'Algérie à la France?  Il faut s'y intéresser car c'est éclairant! Encore un revirement d'alliance juive...

Rappelons-nous que la conquête de l'Andalousie par les arabes n'aurait pas été possible si les juifs séfarades ne les avait pas aidés, et notamment renseignés. Eh bien l'inverse a été vrai...

De même, les juifs ont toujours su être du côté des puissants: avec les britanniques, les ottomans, la république française, les soviétiques, aujourd'hui les USA... Demain sans aucun doute la Chine! »

Patrac

22/08/2007

UNE REALITE COMPLEXE FINIT TOUJOURS PAR S’ECHAPPER DES SCELLES

Cette phrase est d’Edward Saïd dont nous parlions hier et je la trouve profondément vraie. Des scellés sont placés à l’heure actuelle sur un certain nombre de questions géopolitiques fondamentales et il est interdit d’y réfléchir, de s’interroger, de débattre, de douter. Alors même que nous serions, paraît-il, en « démocratie ». Vaste fumisterie. Nous ne sommes pas plus « libres » en ce moment qu’à l’époque pas si lointaine où il était obligatoire de croire que la terre était plate et qu’un grand barbu avait créé le monde en six jours. Exemple : est-il normal que des LIVRES soient à l’heure actuelle interdits dans notre pays ? Je dis bien des LIVRES, pas des bombes atomiques, au motif qu’ils véhiculeraient des idées non conformes à la pensée totalitaire et obligatoire?

114436cafab39377ece69c74b8724beb.jpgJe pensais notamment à la tentative d’interdiction d’un livre d’Israël Shamir, L’autre visage d’Israël, à l’instigation de la LICRA. Cet écrivain et journaliste anti-sioniste est très controversé, c’est exact. Son parcours est, dirons-nous, original. Tant mieux, lui, au moins, il sort des rails. Il est à présent citoyen suédois, converti au christianisme orthodoxe. Dans ce fameux livre, il considère, entre autres, qu’Israël est raciste vis-à-vis de sa minorité arabe et développe un certain nombre d’idées parfaitement à contre-courant.

Au lieu de débattre et de réfuter le cas échéant ses arguments, que fait la LICRA et consorts ? Comme d’habitude, elle traîne son éditeur en justice, en 2005, pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion. Meilleure façon de réduire quelqu’un au silence.

Car Israël Shamir est bien sûr accusé d’antisémitisme, argument classique et magique qui permet d’étouffer dans l’œuf toute critique. C’est que dans son livre, il  parle notamment des Protocoles des Sages de Sion en ces termes : «Non, l’intérêt des Protocoles n’a pas disparu, car le plan qui y est décrit, consistant à instaurer un régime oligarchique (non nécessairement juif), est en train d’être mis en vigueur en temps réel; cela s’appelle le nouvel ordre mondial. ». A l'audience, l'avocat de la maison d'édition d'Israel Shamir, Me Delcroix, soulignera qu' "En ce qui concerne l’aspiration des Juifs à dominer le monde, et la véracité des Protocoles des Sages de Sion, (...) Israël Shamir «s’interroge sur le sens, la valeur et la portée des célèbres Protocoles des Sages de Sion, dans lequel [sic] il voit, tout comme Soljenitsyne, un roman prophétique décrivant un siècle à l’avance ce qu’allait devenir l’Occident, à l’instar du fameux 1984 de George Orwell».

L’éditeur, outre une forte amende et de la prison avec sursis, sera condamné à retirer l’ouvrage de la vente. En appel, l’amende est réduite et le livre n’est plus interdit à la vente. Mais je parie qu’il ne doit pas être trop facile à trouver dans les librairies du système.

a8daf2d726251bf970a5a721ebe67f32.jpgRappelons que les fameux Protocoles des Sages de Sion ont été fabriqués par la police secrète du tsar à la fin du XIXe siècle. Le livre, indique Wikipédia,  « est composé de récits supposés être les comptes-rendus d'une vingtaine de réunions secrètes exposant un plan secret de domination du monde. Ce plan imaginaire utiliserait violences, ruses, guerres, révolutions et s'appuierait sur la modernisation industrielle et le capitalisme pour installer un pouvoir juif. »

Ce livre est aujourd’hui interdit dans tous les Etats européens. Quel enfantillage ! Et quel aveu, surtout !  Bon sang, de quoi a-t-on peur ? Puisque tout le monde sait bien que c’est un faux ridicule! On ferait mieux de se demander pourquoi il a malgré tout toujours autant de succès. En bonne logique, il devrait avoir sombré dans l’oubli depuis longtemps. Oui, vraiment, pourquoi donc déchaîne-t-il toujours à ce point les passions ? Et pourquoi est-il si nécessaire et si urgent de le soustraire à la curiosité des foules ?

21/08/2007

QUI A DIT QUE LA MUSIQUE ADOUCISSAIT LES MOEURS….EN ISRAEL?

De fil en aiguille – vous savez comment les choses se passent sur internet – vous tombez sur des sujets intéressants au hasard d’une recherche. Hier, en tâchant d’en savoir un peu plus sur l’auteur de l’article cité, Schlomoh Brodowicz, je suis tombée sur un texte  sanglant qu’il avait écrit sur Daniel Barenboïm, sobrement intitulé Un voyou nommé Barenboïm ( http://www.debriefing.org/16026.html).   

6744fc246859ca051d5330d61bf2fc21.jpgDe quoi donner envie d’en savoir un peu plus, non ? Daniel Barenboïm est né en Argentine de parents juifs d’origine russe qui ont émigré en Israël en 1952. Il a toujours cette double nationalité. Pianiste et chef d’orchestre de grand talent – il a notamment été le directeur musical de l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989 – il a également des idées politiques qui déplaisent fortement en Israël.

Voyez plutôt ce qu’il déclarait en 2004 : « Je suis arrivé d’Argentine en Israël à l’âge de dix ans, en 1952. Mes parents et moi croyions alors aux principes de la déclaration d’indépendance, un texte qui énonçait un idéal et qui nous a transformés de juifs en Israéliens. Ce texte affirmait vouloir créer une société dont tous les citoyens seraient égaux quels que soient leur foi, leur race ou leur sexe. Il assurait la liberté religieuse, de conscience, de langage, d’éducation ou de culture. Les pères fondateurs affirmaient rechercher la paix et les bonnes relations avec les Etats et les peuples voisins.

 Aujourd’hui je me demande comment nous faisons pour ignorer le vertigineux fossé qui existe entre ces principes et la situation actuelle. Le texte ne parle pas de l’occupation et de la domination d’un peuple, il n’affirme pas plus que notre indépendance doit se faire au détriment des autres. » etc, etc.

Mais il ne s’est pas cantonné aux seuls mots. Il a également fondé avec son ami Edward Saïd une Fondation pour promouvoir la paix au Moyen Orient ainsi que le West-Eastern Divan Orchestra. Il s’agit d’une formation d’environ 80 jeunes musiciens essentiellement Israéliens et arabes (Palestiniens, Jordaniens, Egyptiens, Syriens, Libanais). Un concert resté célèbre a été donné par eux à Ramallah en 2005.

7961770d45c610cb4554fb93173b7ed5.jpgEdward Saïd, qui est décédé en 2003, était un intellectuel américain d’origine palestinienne chrétienne. Il a enseigné jusqu’à sa mort la littérature anglaise et la littérature comparée à l’université Columbia de New York. Il est l’auteur d’un bon  nombre d’essais politiques sur le conflit israélo-arabe, ce qui ne l’empêchait pas d’être également un musicologue reconnu. Il a co-écrit un ouvrage avec Barenboïm, Parallèles et Paradoxes (Le Serpent à Plumes, 2002). Je vous recommande vivement la lecture d’un article écrit par lui en octobre 2001, qui s’intitule Barenboïm brise le tabou Wagner (http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/SAID/15667).

Tout ceci vous permettra de mieux comprendre l’ire de M Brodowicz. Qui s’en prend dans le même texte à Yehudi Menuhin. Qu’avait-il fait, lui ?

3d46817cd6c599bba0b860b193b36095.jpgLe très célèbre violoniste et chef d’orchestre était né aux Etats-Unis d’un père rabbin d’origine russe. Il s’attirera une première fois les foudres des bien-pensants en retournant en Allemagne en 1947 jouer sous la direction du célèbre chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, soupçonné de compromissions avec les nazis. "Il était victime de l'indignation du monde, explique Menuhin, parce qu'il n'avait pas quitté l'Allemagne nazie - comme si la fuite était une preuve de courage. A cette époque, dans ces années d'après-guerre, les plaies étaient à vif et l'on ne pouvait regarder les choses avec les yeux de l'objectivité. Furtwängler et moi-même surestimions probablement le pouvoir de réconciliation que peut avoir la musique." Ce geste de bonne volonté lui fermera en tout cas les portes d’Israël pendant un bon moment. Par la suite, il ne manquera pas d’adopter des positions politiques non conventionnelles : jouant pour les réfugiés palestiniens par exemple, ce qui indisposera fortement Israël. Ou soutenant en 1997 Roger Garaudy accusé d’antisémitisme et de révisionnisme.

Un de ses fils, Gerard, a récemment défrayé la chronique par des prises de position encore plus radicales. Il a été contraint de démissionner en novembre 2005 de la direction de la branche allemande de la Fondation créée par son père après des propos peu politiquement  corrects. N’avait-il pas été jusqu’à suggérer que l’Allemagne était victime de la part d’une « conspiration juive internationale » d’un chantage destinée à la faire payer encore et encore ?

Il a réagi avec un flegme tout britannique, ce qu’il est : « C’était une décision logique et compréhensible dans ce pays rééduqué. Mais je n’ai pas l’intention de changer d’avis pour autant ».

17/08/2007

L’AFFAIRE LEO FRANK ET L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE

Nous avons déjà parlé de la rubrique intitulée Souviens-toi ! publiée chaque jour sur Guysen International News. Aujourd’hui, elle évoque, entre autres, la mort de Leo Max Frank survenue le 17 août 1915 à Atlanta dans des circonstances très particulières qui rejoignent par bien des aspects notre propos habituel.

Dans l'affaire Leo Frank, le crime commis n'a jamais été réellement élucidé et bien que les faits remontent à présent à plus de 90 ans, ils continuent à déchaîner les passions car il y est question … d’antisémitisme. Autant dire que voilà un crime qui ne risque pas de sombrer dans l’oubli.           

1ac93496070535955b54c2307072f94b.jpgS’agissant des faits, survenus en 1913, Guysen nous apprend ceci : Un juif d’origine allemande nommé Leo Max Frank, ingénieur habitant Atlanta (Georgie, Etats-Unis), est accusé du meurtre d’une jeune fille âgée de treize ans, Mary Phagans. Il est arrêté en dépit du manque de preuves. Avec l’ouverture de son procès, l’attitude antisémite de la population et du jury devient manifeste. La presse se livre à une campagne antisémite, et, dans ce contexte, les jurés déclarent Leo Max Frank coupable et le condamnent à mort. Mais le gouverneur de Georgie, Slanton, commue sa peine en prison à vie. Une foule rendue enragée arrache Leo Max Frank à sa prison et le lynche en psalmodiant des slogans antisémites. D’autres juifs sont agressés et beaucoup s’enfuiront de Georgie. En mars 1986, Leo Max Frank est réhabilité à titre posthume.

En se penchant d’un peu plus près sur la question, on se rend vite compte que les faits ne sont pas si lisses que cela et qu’en réalité, les juges avaient deux beaux présumés coupables à leur disposition : un juif, certes, mais aussi… un noir, nommé Jim Conley. Nous sommes à Atlanta, ne l’oublions pas. Et voilà que c’est sur le juif que le couperet tombe ! quel incroyable racisme ! Il faut noter pourtant que le jury comprenait quatre juifs et aucun noir, les deux pressentis ayant été récusés par la défense de Frank, à savoir huit avocats.

Loin de moi l’idée de prendre la moindre position dans cette sombre affaire. Elle est décrite avec beaucoup de détails dans Wikipedia version anglaise. Elle m’inspire simplement quelques réflexions.

Ainsi, l’Anti-Defamation League, elle-même émanation du B’nai B’rith, est née en 1913 à la suite de ce fait divers. Dès que l’un des leurs est accusé, les responsables juifs font bloc. L’ADL présentera systématiquement par la suite Leo Frank comme une victime de l’antisémitisme.

Et les années ont beau passer, rien n’est oublié. Comment réhabiliter cette victime de l’antisémitisme le plus odieux ? Miracle ! voilà que tout à coup, après 69 ans de silence, LE témoin se manifeste. Il y aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas ? Donc, un dénommé Alonzo Mann révèle en 1982, à l’âge de 84 ans, qu’il a bel et bien vu jadis le noir transporter le corps de la victime. C'était donc lui le coupable! S’il n’a rien dit jusqu’alors, c’est qu’il avait peur !

L’ADL va donc présenter une première demande de réhabilitation de Frank en 1983, que l’Etat de Géorgie refuse. Qu’à cela ne tienne. L’ADL représentera une seconde demande en 1986. Cette fois-ci, l’Etat de Géorgie « accordera son pardon » et reconnaîtra son incapacité à avoir protégé efficacement l’accusé durant son incarcération. Ce qui ne veut pas dire, contrairement à ce qu’affirme Guysen, qu’il a été absous d’un crime resté irrésolu.