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11/08/2008

BETES, HOMMES ET DIEUX …. ET BOLCHEVIKS

images.jpgJe lis en ce moment Bêtes, Hommes et Dieux de Ferdynand Ossendowski. Sous-titré A travers la Mongolie interdite 1920-1921, c'est l'histoire autobiographique d'un Polonais condamné à mort par les bolcheviks durant la guerre civile et fuyant, tantôt seul, tantôt avec des compagnons d'infortune à travers une bonne partie de l’Asie. Passionnant.


La note de l'éditeur (Phébus, Paris, 1995) indique ceci: "Publié dans les années vingt, presque conjointement à Londres et à Paris, ce récit qui fit comparer Ossendowski à un nouveau Robinson Crusoé suscita à l'époque de rudes polémiques: l'image qu'il donne de la révolution bolchevique et de ses suites sanglantes cadrait mal avec la légende dorée qu'une certaine intelligentsia tentait alors d'accréditer, non sans succès, en Occident. Et puis l'oubli fit son oeuvre et pendant plus d'un demi-siècle (à l'exception d'un bref passage en collection de poche il y a une trentaine d'années) seuls quelques chanceux capables de repérer le livre dans les boîtes des bouquinistes parisiens purent s'en régaler et en faire profiter leurs amis."
 
Je n'en suis pas encore à la moitié, mais pour illustrer le propos ci-dessus et rappeler une fois de plus que les horreurs du bolchevisme ne doivent pas se résumer à quelques statistiques vite escamotées, voici une page tirée du livre. L'auteur est alors au tout début de son périple, dans le sud de la Sibérie. Il vient de fuir Krasnoïarsk et longe, au printemps, le fleuve majestueux qu'est l'Ienisseï en pleine fonte des glaces:


 "En contemplant cette fabuleuse retraite des glaces, je restai saisi de terreur et de révolte devant le tableau horrible qu'offrait l'Ienisseï charriant dans sa débâcle annuelle les plus affreuses dépouilles: c'étaient les cadavres des contre-révolutionnaires exécutés, officiers, soldats et cosaques de l'ancienne armée du gouverneur général de toute la Russie anti-bolchevik, l'amiral Koltchak. Tel était le résultat de l'oeuvre sanguinaire de la Tchéka à Minoussinsk. Des centaines de ces cadavres, têtes et mains coupées, visages mutilés, corps à moitié carbonisés, crânes défoncés, flottaient à la dérive parmi les blocs de glace à la recherche d'un tombeau, quand ils n'étaient pas entraînés dans la fureur des tourbillons où ils se trouvaient alors déchiquetés, écrasés, déchirés, masses informes que le fleuve, écoeuré de sa tâche, vomissait sur les îles et les bancs de sable. J'ai longé tout le cours moyen de l'Ienisseï et, sans cesse, j'ai rencontré ces effroyables témoignages putréfiés de l'oeuvre des bolcheviks. Il me souvient qu'à un certain tournant du fleuve, je tombai sur une troupe de trois cents chevaux au moins gisant les uns sur les autres.


A une verste en aval, ce que je vis ensuite me souleva le coeur: un bouquet de saules, le long de la rive, avait arraché au flot et gardé entre ses branches tombantes, comme entre les doigts d'une main, des corps humains de tous aspects et dans toutes les attitudes, leur conservant par-delà la mort une apparence de naturel qui grava à jamais dans mon esprit le souvenir de cette vision d'épouvante. Dans ce groupe macabre je comptai soixante-dix cadavres.
Enfin, la montagne de glace passa, suivie de crues limoneuses charriant encore troncs d'arbres, branches, cadavres, cadavres, cadavres ..."

 

C’était ça - exemple entre mille - la vraie réalité d’une révolution qui visait paraît-il la justice et la fraternité universelles. Elle n’avait vraiment rien à envier à ce qui suivit dans le siècle.

21/07/2008

REVOLUTIONNAIRES JUIFS

Voilà, c'est presque fait:

 

 

REVOLUTIONNAIRES JUIFS – Les principaux acteurs des révolutions bolcheviques en Europe (fin XIXe – 1950)

paraîtra en septembre.

 

Il est à l’heure actuelle en cours de fabrication technique et j’espère que vous éprouverez à sa lecture le même intérêt que j’ai eu à l’écrire.

 

10:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (14)

25/02/2008

COMPTES, DECOMPTES ET MECOMPTES….

Je n’ai pas le temps d’approfondir le sujet, mais j’offre à votre sagacité un exercice assez intéressant. Un correspondant m’envoie ceci :

 

 

« Ce 24 février 2008, la base de données de Yad Vashem contient 91 références pour les 44 enfants d'Izieu. Ce document contient:

-         la liste «officielle» des enfants déportés depuis Izieu

-         une copie de l'écran « Yad Vashem » obtenu en réponse à une requête sur le nom de l'enfant pour permettre un contrôle incontestable.

Il apparaît que la base de données de Yad Vashem héberge des témoignages et des recopiages de listes de victimes. Ces témoignages et listes ne font visiblement l’objet d’aucun recoupement. On trouve ainsi la même personne enregistrée 4 fois ! par exemple : par son pays d’origine (Autriche ), par son pays de séjour durant la guerre (France), par une organisation de recherche (Karsfeld) et enfin par ses proches de toute nature et sans limite de nombre : père, mère, frères, sœurs mais aussi … voisins de palier !

Pour avoir déjà procédé à un tel comptage lors d’une manifestation juive qui donnait les noms de victimes, je conclus que le déboulonnage de la base affaisserait considérablement son nombre d’entrées – sans doute dans un rapport 1 à 2.

On notera aussi que la base de données fait une nuance d’importance entre « VICTIMES » et « DECEDES ».

Nom

Rang

alphab.

Nbre ref

Yad Vashem

Sami Adelsheimer, 5 ans

1

2

Hans Ament, 10 ans

2

4

Nina Aronowicz, 12 ans

3

1

Max-Marcel Balsam, 12 ans

4

1

Jean-Paul Balsam, 10 ans

5

0

Esther Benassayag, 12 ans

6

2

Elie Benassayag, 10 ans

7

2

Jacob Benassayag, 8 ans

8

2

Jacques Benguigui, 12 ans

9

2

Richard Benguigui, 7 ans

10

2

Jean-Claude Benguigui, 5 ans

11

2

Barouk-Raoul Bentitou, 12 ans

12

2

Majer Bulka, 13 ans

13

3

Albert Bulka, 4 ans

14

2

Lucienne Friedler, 5 ans

15

2

Egon Gamiel, 9 ans

16

2

Maurice Gerenstein, 13 ans

17

3

Liliane Gerenstein, 11 ans

18

3

Henri-Chaïm Goldberg, 13 ans

19

1

Joseph Goldberg, 12 ans

20

0

Mina Halaunbrenner, 8 ans

21

2

Claudine Halaunbrenner, 5 ans

22

3

Georges Halpern, 8 ans

23

3

Arnold Hirsch, 17 ans

24

3

Isidore Kargeman, 10 ans

25

2

Renate Krochmal, 8 ans

26

4

Liane Krochmal, 6 ans

27

0

Max Leiner, 8 ans

28

3

Claude Levan-Reifman, 10 ans

29

1

Fritz Loebmann, 15 ans

30

2

Alice-Jacqueline Luzgart, 10 ans

31

2

Paula Mermelstein, 10 ans

32

2

Marcel Mermelstein, 7 ans

33

2

Theodor Reis, 16 ans

34

1

Gilles Sadowski, 8 ans

35

2

Martha Spiegel, 10 ans

36

3

Senta Spiegel, 9 ans

37

3

Sigmund Springer, 8 ans

38

3

Sarah Szulklaper, 11 ans

39

2

Max Tetelbaum, 12 ans

40

1

Herman Tetelbaum, 10 ans

41

1

Charles Weltner, 9 ans

42

2

Otto Wertheimer, 12 ans

43

3

Emile Zuckerberg, 5 ans

44

3

91

Mon correspondant reprend ensuite pour chaque enfant les entrées correspondantes sur la base de données de Yad Vashem. Si pour les 44 enfants d’Izieu, le nombre d’entrées est en réalité de 91, est-il permis de se demander quel est le chiffre retenu en fin de compte dans le macabre décompte total des victimes? 44 ou 91 ?

09:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yad, vashem, izieu, anne, kling

17/12/2007

GEORGE BEHAR, dit GEORGE BLAKE

Nous revoilà dans le monde sulfureux et opaque des espions occidentaux à la solde du KGB, du style George Koval que nous avons vu récemment.

09d1ec7d07e75fc70d5491b3df9737c2.jpgGeorge Behar naît en 1922 à Rotterdam d’une mère hollandaise et d’un père juif d’origine espagnole passé par la Turquie et naturalisé britannique. On voit que dès le départ, il est fortement marqué par l’internationalisme.

A la mort de son père, il a treize ans et on l’envoie vivre chez de riches parents en Egypte. Là, il sera très proche de son cousin, Henri Curiel, son aîné de huit ans. Cette rencontre va être déterminante pour son avenir. J’ouvre ici une parenthèse pour indiquer que Henri Curiel, né au Caire dans une famille de banquiers juifs d’origine italienne, sera l’un des fondateurs du parti communiste égyptien. Il mènera une existence plus que ténébreuse d’activiste pro-communiste et finira assassiné à Paris en 1978. Il est enterré au Père Lachaise. Ses assassins ne seront jamais identifiés, mais il est vrai que les pistes étaient si nombreuses…

Voilà donc qui sera le mentor du futur espion et on peut imaginer sans mal qu’il sera fortement endoctriné, si ce n’est carrément piloté. Toujours est-il que dès ses 18 ans, il se rend à Londres et rejoint le service d’opérations spéciales britannique, le SOE. C’est la guerre et au SOE, il y a du travail pour tout le monde. Il paraîtrait que ce serait à la suite d’un chagrin d’amour, et d’un rejet par les parents de sa belle au motif qu’il était juif, qu’il aurait pris en grippe ces snobs d’Anglais. Mouais….je suis plus que sceptique... C’est en tout cas à ce moment-là que Henri Curiel le recrute pour le KGB. J’aurais plutôt tendance à croire que cette filière était prévue dès le départ.

Juste après la guerre, il se fait recruter par les services secrets britanniques, le MI6 et envoyer d’abord à Hambourg puis à Séoul. Là, il est arrêté par l’armée communiste nord-coréenne et durant ses trois années de captivité, il aura le temps de lire Marx et de devenir  marxiste. Encore une fois, je croirais qu’il l’était bien avant. Toujours est-il qu’en 1953, il est relâché et envoyé par les britanniques, qui ne se doutent de rien, à Berlin. Là, il aura tout loisir d’informer le KGB d’un certain nombre d’opérations et surtout, il donnera des listes entières de ses collègues travaillant au MI6 aux soviétiques, les condamnant à mort.

Il continuera à passer des informations aux soviétiques au gré de ses divers postes. Il est dénoncé à son tour en 1961 par un espion polonais du KGB passé à l’ouest, Michael Goleniewski. Rappelé de Beyrouth, où il est en poste, à Londres, il est  arrêté à son arrivée. A l’issue d’un procès qui se déroulera à huis-clos, il est très lourdement condamné à 42 ans de prison. Mais il ne les fera pas car cinq ans plus tard, il parviendra à s’évader de sa prison avec l’aide de trois anarchistes. Ainsi que d’autres appuis en coulisse, qui ne seront jamais réellement révélés.

George Blake s’envole alors pour Moscou et commence une nouvelle vie. Il publiera son autobiographie en 1990 sous le titre No Other Choice (Pas d’autre choix). L’argent qu’il devait retirer de la vente de ce livre en Grande-Bretagne sera retenu par le gouvernement, à sa grande indignation. Il portera plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme pour violation …des droits de l’homme et recevra une somme modique en compensation.

Il vit toujours à Moscou, encore alerte et actif à 85 ans, percevant une pension de colonel du KGB, et toujours aussi marxiste-léniniste. Il a d’ailleurs précisé dans une interview qu’il ne se considérait nullement comme un traître et vous allez voir que son raisonnement est imparable : il n’a pas trahi car il ne s’est jamais senti Anglais. « Pour trahir, il faut d’abord appartenir. Or je n’ai jamais appartenu. »

Et voilà, le tour est joué. Et tant pis pour ceux qui appartenaient.

15/12/2007

ŒIL POUR ŒIL …

dff23d679fb47cd6ab207755d4935d43.jpgNous avons parlé le 22 novembre dernier du criminel de guerre Solomon Morel dont l’extradition, demandée à plusieurs reprises par les autorités polonaises, avait toujours été obstinément refusée par l’Etat d’Israël où il s’était réfugié. Il est finalement mort cette année à Tel Aviv.

Je n’avais pas fait mention dans cet article du livre du journaliste américain qui avait permis de faire connaître au monde l’histoire de Solomon Morel et, de façon plus large, un épisode délibérément occulté de la fin de la seconde guerre mondiale, à savoir la vengeance que des juifs - rescapés ou non des camps de concentration – exercèrent sur le camp des vaincus.

Ce journaliste s’appelait John Sack et le livre An Eye for an Eye (Œil pour œil). Il fut publié en 1993 et déclencha un énorme scandale.

Comble de malheur, John Sack était loin d’être le premier journaliste venu, ce qui aurait permis le boycottage pur et simple du livre. Né en 1930 dans une famille juive de New-York – par-dessus le marché – il avait assuré la couverture de presse de tous les grands événements politiques auxquels les Etats-Unis avaient été associés depuis un demi-siècle. Il avait notamment été correspondant de guerre en Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan, Yougoslavie. Ses reportages étaient publiés dans des revues et journaux réputés comme Esquire, Harper’s ou The New Yorker.

Pour écrire An Eye for an Eye, il s’était livré à une enquête minutieuse de plusieurs années. Il ressortait de cette enquête qu’immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, les soviétiques qui occupaient la Pologne et une partie de l’Allemagne avaient délibérément confié l’administration de 1255 camps de concentration à des juifs. Ces derniers  firent payer aux civils allemands ou polonais qui y étaient détenus, y compris des femmes et des enfants, les crimes commis par les nazis. John Sack détaillait en particulier le cas Solomon Morel, auquel les autorités polonaises s’intéressaient particulièrement depuis 1992 et qui sera finalement inculpé en 1996.

A la parution de ce livre qualifié de « scandaleux », les organisations juives américaines se déchaînèrent. Abe Foxman, président de l’Anti-Defamation League, proclama qu’il ne s’agissait que d’un tissu de mensonges, ajoutant curieusement que Morel « bien que né juif » aurait dû être décrit comme « un communiste d’origine juive ». Ce qui, vous en conviendrez, change tout, n’est-ce pas ?

32f59990213ee0da1c27b65abdbb99ec.jpgJohn Sack est mort en 2004. Son site internet (www.johnsack.com ) est toujours ouvert et relate en détails toutes les péripéties qui accompagnèrent la sortie de cet ouvrage tendancieux.

Qui éclipse quelque peu les neuf autres qu’il a écrits, pourtant fort intéressants eux aussi, notamment sur la guerre du Vietnam.

 

10:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : licra, anne, kling, eye, john, sack, morel

03/12/2007

LES ROSENBERG : FAUSSES VICTIMES DE L’ANTISEMITISME MAIS VRAIS COUPABLES

Nous avons parlé avant-hier de George Koval, espion américain au service des soviétiques, qui transmit à l’URSS durant la seconde guerre mondiale d’importants renseignements nucléaires. Il s’enfuit en 1948, au moment où les Américains commençaient à découvrir l’étendue des dégâts. C’est sur ces entrefaites que furent arrêtés les époux Rosenberg, bel et bien coupables eux aussi quoique les preuves matérielles de leur culpabilité n’eussent pas été produites au procès. Il était impossible de le faire sans dévoiler que les codes de transmission soviétiques avaient été percés. Mais l’affaire Koval, demeurée à cette époque, et pour longtemps encore, strictement secrète, et qui avait passablement échaudé les responsables américains, a sans doute pesé lourd dans la sévérité de la peine infligée aux Rosenberg.

Julius Rosenberg, né en 1918 à New York dans une famille juive d’origine polonaise,  manifeste ses sympathies communistes dès ses études, dont il sort ingénieur électricien en 1939. Sa femme, Ethel Greenglass, de trois ans son aînée, née dans le même milieu, est tout aussi activiste.

0b8ef8b1d72f8b65e37299bc30371382.jpg

C’est le frère d’Ethel, David Greenglass, qui fera éclater toute l’affaire. Communiste lui-même et sergent dans l’armée américaine, affecté aux usines atomiques de Los Alamos, il est arrêté pour espionnage en juillet 1950. Il reconnaîtra avoir touché de l’argent d’un espion nommé Harry Gold pour des renseignements qui étaient ensuite transmis aux Rosenberg. Le physicien-espion Klaus Fuchs – dont nous avions parlé dans l’article sur Zarubina – venait par ailleurs aussi de se faire prendre à Los Alamos. Pour atténuer sa propre responsabilité et celle de sa femme, Ruth, David Greenglass va charger sa sœur et son beau-frère. Ceux-ci sont à leur tour arrêtés en juillet 50. A partir de cet instant, ils ne cesseront de nier farouchement les faits qui leur sont reprochés. Ils nieront tout au long de leur procès qui aura lieu en mars 1951. Condamnés à mort, ils continueront à nier alors que des aveux, espérés par les autorités, leur auraient évité la chaise électrique.

7505fd2d1543d6f9e369989708319fe0.jpgLeur exécution sera cependant différée car une incroyable campagne va déferler dans le monde entier, orchestrée en sous-main par les soviétiques, trop heureux de pouvoir accuser l’Amérique de fascisme et d’antisémitisme, et détourner par la même occasion l’attention de leurs propres agissements. Car pendant ce temps-là, un antisémitisme bien réel, lui, sévissait dans l’URSS de Staline!

b951eb76bf1e09c322780d730d6f219b.gifTous les idiots utiles habituels – Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Picasso, Prévert, etc – vont se répandre à qui mieux mieux, parlant à tort et à travers dans les médias d’assassinat politique, de nouvelle affaire Dreyfus, de martyrs de la guerre froide, etc, réclamant la grâce des « innocents ».

Aujourd’hui encore, alors que les archives récemment ouvertes de la CIA et du KGB ne laissent plus planer le moindre doute quant à leur culpabilité, il en est encore qui demandent la révision du procès. Au motif essentiellement que les Rosenberg auraient agi pour la bonne cause : s’ils espionnaient, c’était pour aider les soviets dans leur juste lutte contre les nazis ! Décidément inoxydables, ces nazis ! Si on ne les avait pas, il faudrait les inventer.

Les archives ont révélé que les Rosenberg transmettaient des renseignements dès 1942 sous les noms de code de Liberal et Antenne. Qui plus est, ils étaient à la tête d’un véritable réseau d’espions.

Les autorités américaines savaient pertinemment qu’ils étaient coupables. Ils en avaient la preuve matérielle sans pouvoir en faire état, comme on l’a vu plus haut. Au procès, le juge Irving Kaufman, juif lui-même, fut seul mis dans la confidence.

La campagne d’intimidation internationale, qui se déroulera parallèlement à la période du maccarthysme – qui avait quelques fondements, il faut bien le reconnaître – et dans le contexte de la guerre de Corée, échoua à sauver ces deux victimes de l’antisémitisme aveugle des Etats-Unis. Ils s’assoiront sur la chaise électrique, à Sing Sing, le 19 juin 1953. Ayant refusé jusqu’au bout d'avouer, et laissant deux orphelins.

Quant au sympathique frangin, David Greenglass, après avoir purgé une peine de prison – il sera relâché en 1960 - il vit toujours, sous un faux nom, quelque part à New York.

224fcf4df07e4f9619b2f339ebc9c1ff.jpgDeux livres ont paru sur cette affaire ces dernières années, prenant en compte les informations les plus récentes :

La trahison des Rosenberg, de Florin Aftalion (Lattès, 2003)

Et aux Etats-Unis : Engineering Communism, de Steven Usdin (2005) qui traite de deux espions, Joel Barr et Alfred Sarant, ayant appartenu au réseau Rosenberg.

22/11/2007

SOLOMON MOREL A RENDU COMPTE DE SES CRIMES AILLEURS

bc555adac4884b048826848f1e5c8d14.jpgAvant Helena Wolinska, dont nous parlions hier, les autorités polonaises avaient réclamé une autre extradition, à Israël cette fois et s’étaient heurtées à une fin de non recevoir. Le personnage dont il était question était pourtant accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agissait de Solomon Morel qui a fini par mourir de sa belle mort, bien tranquillement, à Tel Aviv en février de cette année, à l’âge de 87 ans.

Lui aussi était né en 1919, comme Helena Wolinska, également en Pologne, et comme elle dans une famille juive. Et lui aussi apparemment s’estimait parfaitement autorisé à se livrer aux pires crimes.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, lui et son frère Izaak se cachent dans les environs de leur village natal, dans la ferme d’un paysan qui sera dûment décoré de la médaille des Justes en 1983.  Le caractère actif et entreprenant de ces jeunes gens les pousse en 1942 à former une bande qui pille les villages voisins. Izaak est pris par la résistance communiste et exécuté. Solomon, lui, intègre le groupe des communistes et leur sert de guide dans les forêts. A partir de là, les faits sont assez brumeux. Il prétendra plus tard avoir été déporté à Auschwitz, mais l’enquête de la Commission polonaise chargée de l’affaire a révélé que c’était un mensonge. Un de plus.

Toujours est-il, et cela c’est sûr, qu’on le retrouve en 1944 dans les services de sécurité intérieure et qu’à l’été de cette année-là, il participe à l’organisation de la Milice Citoyenne de Lublin, qui est alors la capitale du gouvernement communiste d’occupation. Milice Citoyenne, vous aurez noté la saveur de la chose au passage …. Nos gauchistes n’ont vraiment rien inventé.

A partir de là, il va monter en grade. Bien qu’il n’ait que 25-26 ans, les Russes le nomment commandant de la prison de Lublin, puis commandant du camp de concentration de Zgoda où il va pouvoir démontrer l’étendue de ses talents. Zgoda dépendait originellement du camp d’Auschwitz. Ouvert en 1943, c’était un camp de travail forcé. Le NKVD va le rouvrir en février 1945 pour y enfermer des Allemands et des Silésiens. Il s’agissait essentiellement de civils, dont des femmes et des enfants, ainsi que de prisonniers politiques.

Le nombre des détenus assassinés dans ce camp, où la torture était couramment pratiquée, est sobrement évalué de 1 600 à 2 500 pour les seuls mois – de février à novembre – où Morel en fut le commandant. Il ne rechignait pas à faire le travail lui-même puisque de nombreux témoignages attestent qu’il tuait personnellement. Ces excès finirent par le faire mettre à pied – trois jours – et écarté de la direction du camp, par le NKVD qui n’était pourtant pas composé de tendres.

Sa carrière ne s’arrêtera pourtant pas là puisqu’il est nommé ensuite commandant d’un camp spécial pour les prisonniers politiques mineurs à Jaworzno. Il dirigera ensuite les prisons d’Opole, de Raciborz et de Katowice et partira comme si de rien n’était à la retraite en 1968, avec le grade de colonel.

Les autorités polonaises commencent à enquêter officiellement sur son passé en 1992. Il ne sera entendu par la justice qu’une seule fois car, considérant que les choses se gâtent, Solomon Morel se dépêche de fuir la Pologne. Il se réfugie … en Israël.

d7d0eec77630bd47a9516e1e6a2de5f3.jpgL’enquête se poursuit cependant. En 1996, il est inculpé de neuf chefs d’accusation. En 1998, Israël refuse l’extradition au motif que les délais pour poursuivre les crimes de guerre seraient dépassés. Authentique !  En 2003, un mandat d’arrêt est lancé contre lui, mais Israël refuse à nouveau de l’extrader. D’autres demandes seront formulées par les Polonais, la réponse sera toujours identique.

Morel avait clamé pour sa défense qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Et que d’ailleurs, trente membres de sa famille avaient été tués par les nazis. Alors, hein …

Certains ont quand même dû échapper à la barbarie germanique car c’est la famille de Solomon Morel qui a fait part de sa mort à Tel Aviv, où il est enterré, en février de cette année.

Et un de ses cousins, Micky Goldfarb, avait écrit en juin 2003 une lettre pour l’excuser et justifier ses actes. Je vous traduis cette lettre ci-dessous. Vous verrez qu’elle n’appelle aucun commentaire. Tantôt trop vieux, tantôt trop jeune, toujours victime. Tout y est.

« Solomon Morel est mon cousin. C’est un très vieil homme. Il a perdu toute sa proche famille dans l’Holocauste et a été nommé commandant de ce camp alors qu’il n’avait que 26 ans. Je ne crois pas qu’il soit un tueur.

S’il a traité durement les détenus, j’estime que c’est compréhensible en raison de ce qu’il a subi et vu de ses propres yeux – les crimes perpétrés par les Allemands et les Polonais pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense qu’il faut le laisser tranquille et s’occuper plutôt des vrais « meurtriers en série » qui ont été relâchés avant la fin  de leur peine ou qui n’ont jamais été inquiétés. Il y a assez de nazis et de sympathisants de nazis qui vivent toujours en liberté de par le monde et qui attendent qu’on s’occupe d’eux.  Micky Goldfarb »

12:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : licra, anne, kling, solomon, morel, NKVD, zgoda

10/11/2007

PROPAGANDE .... ET REALITE D'UN REGIME ASSASSIN

VOILA CE QU'IL ETAIT DONNE A VOIR:

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..... ET VOILA CE QU'IL EN ETAIT EN REALITE ....(HOLODOMOR - UKRAINE, 1932)

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