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04/03/2010

SIMON WIESENTHAL MERITE-T-IL D’INTEGRER LE CLUB PINOCCHIO ?

 

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Pour traquer le mal, il faut être malin. C'est un peu ce qu'a oublié, ou voulu oublier, le journaliste britannique Guy Walters, qui prend le risque d'installer la confusion. Son enquête historique, précise mais pas nouvelle, s'attache à montrer la façon dont les bourreaux du IIIe Reich ont tenté d'échapper à la justice après la guerre et comment la traque des Eichmann, Mengele, Barbie ou Stangl s'est plus ou moins bien organisée.

 

 

Mais surtout, dans cette « Traque du mal » (Flammarion, 25 euros), l'auteur piste Simon Wiesenthal avec une constance qui vire à l'obsession: fausses études, faux diplôme d'architecte, fausse activité dans la Résistance, survie miraculeuse, oublis divers, etc. Tout n'aurait été dans la vie du plus célèbre chasseur de nazis que mensonges, supercherie et spectacle. Wiesenthal ne peut hélas apporter le moindre démenti. Il est mort en 2005 ».

 

« Droit de réponse de Guy Walters :

 

« Perplexité et colère. Voilà ce que j'ai ressenti en prenant connaissance de l'article publié par « Le Nouvel Observateur », le 25 février 2010, au sujet de mon livre, « la Traque du mal », paru chez Flammarion en janvier.

 

 

Je sais bien que les journalistes qui consacrent une courte note à un ouvrage ne le lisent pas forcément de A à Z ; mais, en l'espèce, étant donné la distorsion que Laurent Lemire fait subir à ce que j'ai écrit, je suis bien obligé de penser qu'il ne l'a pas lu du tout, pour des raisons qui m'échappent.

 

 

Pour commencer, Laurent Lemire explique que mon livre n'apporte rien de neuf sur le sujet (la traque des nazis après la guerre). De toute évidence, il ne sait pas de quoi il parle. Ma mise en cause de l'existence même de l'organisation Odessa, le fait que les Britanniques ont utilisé un officier des Einsatzgruppen, Friedrich Buchardt, comme agent secret après 1945, l'aide que l'évêque Hudal a apportée à Franz Stangl lorsqu'il s'est réfugié à Rome : sur ces points comme sur de nombreux autres, j'apporte des éléments nouveaux, fondés sur un minutieux travail d'archives. Et je suis prêt à parier, allez, tous mes euros, que Laurent Lemire ignore à peu près tout de la manière dont les Français ont utilisé un officier SS qui s'appelait Károly Ney.

 

 

Ce qui semble contrarier au plus haut point Laurent Lemire, ce sont les développements que je consacre, dans ce livre, à Simon Wiesenthal. Une petite mise au point, d'abord. J'ai en horreur les négationnistes, antisémites et néo-nazis de tout poil ; mais le fait que ces gens-là puissent se réjouir de ce que j'ai découvert sur Wiesenthal doit-il pour autant m'empêcher d'en parler ? Selon moi, non : ce qui prime, c'est la recherche historique. Or je mets très volontiers à la disposition de Laurent Lemire l'ensemble des documents que j'ai réunis sur la question. Et c'est très simple : oui, Simon Wiesenthal était un menteur ; non, il n'a pas menti sur tout, comme Laurent Lemire prétend que je l'ai écrit, j'ai même dit formellement le contraire. Mais Wiesenthal n'a pas, comme il le prétend, permis l'arrestation de 1.100 nazis : le chiffre le plus vraisemblable se situe autour de 10. Et pour le reste, j'invite le lecteur à aller voir les choses de plus près dans mon livre, pour se faire sa propre opinion.

 

 

Le devoir de l'historien est d'être honnête. La vérité fait mal, parfois, tant pis si elle ne plaît pas à tout le monde. Si les historiens commençaient à s'en préoccuper, ils ne feraient plus de l'histoire, mais de la politique. Est-ce cela que nous voulons ? »

 

 

 

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Source Nouvel Obs.com

 

02/03/2010

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR ...

Article Yerouchalmi avec autorisations gouvernementales

 

"Israël et la Bombe atomique

 

Enfin comprendre !"

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"Après la Shoah et Hiroshima, dans un contexte de nette infériorité en nombre face aux arabes hostiles de la région, Israël a misé sur la bombe pour éviter les risques d’un second Holocauste.
Israël est ainsi devenue la 6ème puissance nucléaire mondiale (après USA, URSS, France, GB, Chine et bien avant Inde, Pakistan ou Corée du Nord).
Tout savoir sur ce programme et ses origines, ses opposants et contributeurs...

1. Grandes étapes du Nucléaire israélien

 

  • Le programme nucléaire israélien est lancé en 1949 par Ben Gourion, sans les USA, hostiles à la nucléarisation d’Israël. Dès 1954, le programme prend vraiment tournure avec des budgets conséquents et en étroite coopération avec la France dans une phase de recherche appliquée.
  • Après l'indépendance algérienne de 62 et des essais nucléaires concluants, de Gaulle estime qu'il n'a plus besoin des Israéliens pour faire progresser la recherche. Les USA prendront la suite de la France. 
  • Israël a procédé à un essai souterrain dans le désert du Néguev en 63 et à des essais non-nucléaires en 66 puis, dès septembre 79, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien d’une Bombe de 3 KT avec support sud-africain (le satellite US Vela avait décelé un double flash).

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Capacités nucléaires israéliennes

 

  • Israël dispose d'une centaine d’armes nucléaires actives et autant de passives, outre la possibilité de fabriquer 200 bombes à tout moment. Ce stock a démarré peu avant la guerre des 6 jours en 67 (avec 2 bombes prêtes à être lancées en juin 67 et 13 bombes atomiques de 20 Kilotonnes à la Guerre du Kipour).
  • Dimona est un réacteur de type IRR-2 40-150MW et Soreq dispose d’un réacteur IRR-1 5MW. Dimona fabrique, outre le plutonium, les tritium et deuterium essentiels à la Bombe H et, après transport hautement sécurisé, ses produits sont assemblés à Haifa. Dimona est défendue par des batteries de missiles Patriot.
  • Israël possède les missiles porteurs (Shavit et Jericho*dérivé de technologies Dassault) ainsi que les vecteurs - avions (bombardiers F15/F16) plus sous-marins (3 Dauphin anaérobies avec l’aide… allemande !)  capables de lancer ses bombes atomiques. *Israël dispose de nouveaux Shavit (charges utiles (CU) 400 & 800 Kg), de 50 à 100 missiles Jericho1 (portée 500/1000 km, CU 0,5T), de 50 Jericho2 (portée 1500km, CU 1T), et bientôt des Jericho3 (portée 5000km, CU 1T).

 

2. Aides étrangères au nucléaire Israélien

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France & USA ont été des acteurs clés, mais

  • les Anglais ont aussi aidé Israël : centaines de livraisons secrètes (échantillons d'uranium 235 puis plus tard de plutonium et du lithium-6 hautement enrichi. pour accélérer les réactions de fission et servir de carburant à la Bombe H), envoi de 20 tonnes d'eau lourde pour le démarrage de Dimona par le biais de la Société norvégienne Noratom.
  • l’Afrique du Sud a fourni des matériaux fissiles vers 1975 et un support naval, en échange de technos israéliennes.

 

Comment la France a aidé Israël pour la bombe

 

- La France et Israël disposent d’uranium et d’eau lourde. La France sait extraire du plutonium de ses réacteurs, et surtout avec un brevet français (Saint-Gobain), le raffiner. En outre la France sait construire des piles et des réacteurs et exporter ingénieurs et matériels. La France est donc en avance sur Israël. Encore faut-il qu’elle accepte d'aider Israël.

 

- Dans les années 50, la France et Israël sont en étroite collaboration  face à un monde arabe hostile représenté pour la France par l’Egypte et par l'indépendantisme Algérien : stratégie et tactique communes, entraînements communs, échange de chercheurs et d’officiers logés dans les Centres nerveux.

Objectifs annexes de la France :
        - laver la honte de la Collaboration en aidant les ex-victimes juives du nazisme
        - bénéficier des secrets US auxquels les israéliens sont supposés avoir accès
        - de surcroît, des amitiés personnelles lient aux travaillistes israéliens, le socialiste Guy Mollet
et le général Kœnig.
.

- C’est Shimon Pérès qui est le véritable architecte de ce programme et sans sa volonté très déterminée et sans son immense talent diplomatique, Israël n’aurait jamais eu la Bombe atomique !
     Dès 53, ce jeune DG de 30 ans (!) du Ministère de la Défense, aidé par Joseph Nahmias, délégué spécial de la défense israélienne, pilote la coopération franco-israélienne. 
     Son contact est le 'Dir Cab' de Bourgès-Maunoury, Ministre de l'Intérieur,  Abel Thomas, sioniste militant (son frère Pierre est mort à Buchenwald). La séduction passe, la coopération est totale : Thomas lui fournit tous les contacts nécessaires et un bureau au sein même du... Ministère de la Défense ! 
    

En 56, coup de chance avec Bourgès-Maunoury (1914-93), qui est nommé Ministre de la Défense de Guy Mollet.
Une étroite coopération s'amorce.

Les accord officiels de programme conjoint franco-israélien sont signés fin 57 (pour Israël, financés par des fonds secrets et supervisés par Pérès). En vue des travaux de la Centrale Nucléaire de Dimona en 58, la France envoie plus de 1000 ingénieurs et techniciens spécialisés auprès des 2000 employés du Colonnel Manes Pratt de Tsahal, et fournit les pièces sensibles :

  • le réacteur nucléaire de 24 MWts puis de 40 MWts,
  • une usine souterraine de séparation isotopique
  • le Mirage III, un avion de combat à réaction des usines Marcel Bloch-Dassault (1892-86), amoureux d’Israël malgré sa conversion au catholicisme. Dassault véritable héros d’Israël, contreviendra aux ordres de de Gaulle entre 60 et 67 et livrera ses commandes à Israël au nez et à la barbe du Général et avec la complicité du Ministre de la Défense.

.

USA, Bombe israélienne, assassinat de Kennedy

 

A l’issue de l’aide française en 63/64, l'usine de Dimona est terminée et Israël a ce qu’il faut pour disposer de bombes atomiques à la veille de la guerre des Six-Jours en 67.
Kennedy, alerté et dûment informé par la CIA, s’oppose violemment au programme atomique israélien et restera furieux de l’échec des visites de ses inspecteurs à Dimona.
De plus, en 1963, les USA fourniront au nez et à la barbe de Kennedy, 4 Tonnes d’eau lourde pour le démarrage du réacteur de Dimona avant qu’Israël ne parvienne à détourner de Pensylvanie, des centaines de kilos d’uranium hautement enrichi.

Kennedy est assassiné juste à la veille de stopper ces programmes, conduisant d’aucuns à soupçonner une participation israélienne à son mystérieux assassinat.
     Johnson son successeur est théologiquement un ami des juifs et fera tout, à l’inverse de son prédécesseur, pour aider Israël à disposer du nucléaire.
     Nixon, Kissinger and co seront, après écoute bienveillante des arguments israéliens, sur la même ligne.

A la demande des USA, la position officielle d’Israël est de ne pas reconnaître qu’elle est une puissance nucléaire. Comme l'Inde et le Pakistan, Israël n'étant pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) n’est soumis, contrairement à l’Iran signataire, à aucun contrôle.

 

3. Personnalités israéliennes du nucléaire

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Les anti-nucléaires

  • Yigal Allon, vice 1er Ministre en 68 et Ministre des affaires étrangères (69-74).
  • Pinhas Sapir (1909-1975), polonais du Mapai et Ministre de l’Industrie (55-63) puis de Finances (68-74) le seul Ministre à s’opposer à l’option nucléaire et à Dimona.
  • Israel Galili, russe codirigeant de la Haganah (47-48) puis membre de tous les cabinets ministériels jusqu’en 1975.
  • Eliezer Livneh, député communiste du MAPAI (années 50) avant d’en être exclu ; il fonde le mouvement antinucléaire israélien en 1962. 
  • Yeshayahou Leibovitz (1903-94) philosophe et fondateur du judaïsme orthopraxe, réputé pour ses positions atypiques sur tous les sujets.

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Les pères de la Bombe israélienne
(ordre décroissant d’importance)

 

 

  • Shimon Pérès est réellement le véritable architecte et père de ce programme : sans sa volonté très déterminée et sans son immense talent diplomatique, Israël n’aurait jamais eu la Bombe !
  • David Bermann (1903-75) chimiste né en RFA qui dirigeait le CEA israélien créé en 52 et la Recherche au Ministère de la Défense, restera l’avocat le plus déterminé de la nucléarisation d’Israël pour « que nous ne soyions plus jamais des moutons menés à l’abattoir ». Il parvient à fournir à Israël 2 éléments clés : extraire l’uranium du Neguev et un nouveau procédé de production d’eau lourde.
  • Manes Pratt (né en 1911) ingénieur et Colonel né en Pologne a construit le réacteur de Dimona et en a dirigé les énormes équipes jusqu’en 1966. 
  • Marcel Bloch-Dassault (1892-1986)

 

  • suivis de :

 

  • Yevgueni Ratner (1909-77) fondateur du département de physique à l’Armée puis de Rafael, le premier chef du projet nucléaire israélien.  
  • Israel Dostrovsky (né en 18), grand chimiste, dirigera le CEA israélien (65-71); puis l’Institut Weitzmann (71-75). 
  • Shalheveth Freier (1920-94) physicien né en Allemagne recueille à Paris les secrets français (1956-60) puis dirigera le CEA israélien (71-76) à la suite de Dostrovsky.
  • Zvi Lipkin (né en 1921). Physicien américain entré en Israël en 1950 est envoyé au CEA de Saclay recueillir nombre de secrets français (1953-58). 
  • Joseph Nahmias, délégué spécial de la défense israélienne aide Shimon Pérès à établir ses 1ers contacts. Il fut le N°2 de la 1ère Police d'Israël et sera l'ambassadeur d'Israël au Brésil.
  • Amos De Shalit (1926-69) grand physicien israélien est envoyé aux USA en 1949 et dirige à son retour le Département de Physique Nuclaire du Weitzman Institute (54-64). 
  • Israel Pelah (1923-82) grand physicien, né en Pologne et envoyé en 49 à l’étranger pour se spécialiser, est le père du réacteur de Soreq. 
  • Yoel Racah (1909-65) Né en Italie, Professeur de physique nucléaire théorique et fondateur de cette science en Israël."

 

Source: http://yerouchalmi.web.officelive.com/BombeIsrael.aspx

 

Des petits malins, ces Israéliens ... Heureusement que Kennedy est mort pile au bon moment et que son successeur était plus accomodant ... Sans ces circonstances hautement favorables, bien des choses auraient été différentes ...

15:59 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1)

01/03/2010

MAIS PUISQUE C’ETAIT POUR DONNER DU BONHEUR AUX GENS …..

  

…ET ACCESSOIREMENT RECUPERER QUELQUES MILLIONS DE DOLLARS ….

 

 

44.jpgC’était pour le bon motif, donc ce n’est pas un mensonge. Voilà toute la défense présentée par Herman Rosenblat qui a pondu des souvenirs aussi émouvants qu’imaginaires sur sa détention à Buchenwald et sa survie miraculeuse grâce à une petite fille.

 

Attention, je vous préviens : âmes sensibles, s’abstenir.

 

Déporté à l’âge de 11 ans dans le camp de Schlieben (Buchenwald) Rosenblat ne devra son salut qu’à une petite fille de 9 ans qui lui lancera de la nourriture (des pommes et du pain) par-dessus les barbelés pendant sept mois. Hein, que dites-vous de ça ? On ne la connaissait pas encore, celle-là. Mais attendez, ce n’est pas tout.

 

Herman Rosenblat, émigré aux USA après la guerre, retrouvera miraculeusement son ange gardien lors d’un « rendez vous surprise » (blind date) à New York, en 1957. Et il va l’épouser. Normal, il lui devait bien ça.

 

Ce n’est que dans les années 1990 - à une époque où il connaît quelques ennuis financiers - que Rosenblat aura l’idée d’écrire sa petite histoire. Vous pensez bien qu’elle ne pouvait que faire chialer à chaudes larmes dans les bungalows américains. Et générer une montagne mirifique de dollars.

 

Et ça y va. Le couple est invité deux fois chez la puissante Oprah Whitney qui qualifie leur récit de « plus belle histoire d’amour jamais racontée à la télévision ». Des contrats basés sur ce conte de fée sont signés : un livre pour enfant intitulé Angel Girl est écrit par Laurie Friedman et illustré par Ofra Amit, les mémoires du couple doivent être publiés par Berkley Books et enfin un contrat de 25 millions de dollars est signé avec le producteur hollywodien Harris Salomon.

 

De quoi nager dans le bonheur. Hélas, trois fois hélas, des voix discordantes (quoique américaines) commencent à s’élever et à douter et finalement, Herman est obligé de reconnaître que bon, oui, c’est vrai, tout ça est faux. Il déclarera « qu’il voulait donner du bonheur aux gens » et  affirmera que « son histoire n’est pas vraie mais que dans son esprit tout est réel et qu’il ne peut pas être considéré comme un menteur ». Ben voilà, tout s’explique.

 

La parution des mémoires est annulée mais le livre pour enfants est toujours en vente dans les librairies américaines et affirme toujours que l’ouvrage est basé sur « une histoire réelle ».

Un roman intitulé The Apple est sorti. Bien qu’admettant la controverse, l’éditeur n’hésite pas à déclarer que le livre est « basé sur la vie et l’histoire d’amour d’Herman Rosenblat ».

Le film The flower of the fence (La fleur de la barrière) est en tournage les producteurs ayant annoncé qu’ils comptaient de toute façon faire « une adaptation libre » de l’histoire.

 

Nous sommes là en présence du même genre d’histoire que le douloureux et tout aussi imaginaire Survivre avec les loups de Misha Defonseca, que j’ai vu programmé une nouvelle fois à la télé il y a peu de temps. Avec un commentaire très spécieux qui laisse entendre, sans le dire vraiment, que tout est vrai. Alors que tout est faux.

 

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Herman_Rosenblat

 

22/02/2010

DES NOMS, DES NOMS !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, en 2010, soit tranquillement soixante-cinq ans après la fin du conflit, il manque encore à l’appel plusieurs millions de noms de victimes juives. Le mémorial de Yad Vashem lance donc un appel angoissé :

 44.jpg

« Un nom pour le devoir de mémoire

 Février 2010 ou demain, il sera trop tard… 

“Nous avons déjà réuni presque 4 millions de noms. Mais des millions  restent encore inconnus, oubliés. Le temps presse. Appelez nous. Nous viendrons vous aider à déposer ces feuilles de témoignage“. Depuis quelques jours cette publicité du Mémorial de Yad Vashem est diffusée sur les radios israéliennes“.

 

 

"Les survivants de la Shoah sont de moins en moins nombreux explique Avner Shalev, le président de Yad Vashem. Nous avons déjà réussi à donner une sépulture  à des millions de victimes. Mais il nous manque beaucoup de noms. Voilà pourquoi cette nouvelle opération, parce que demain il sera trop tard.”

 

 

Préservés dans la Salle des noms de Yad Vashem à Jérusalem, numérisés, fichés, accessibles sur Internet depuis quelques années, ces noms sauvés de l’oubli représentent un des grands acquis du Mémorial de la Shoah. Une œuvre pourtant inachevée. Des centaines de milliers de noms manquent, des contradictions, des erreurs dans les orthographes, les identités, les dates, les lieux se sont multipliées.  Cette nouvelle campagne de mobilisation contre l’oubli a comme but de laisser aux nouvelles générations un  véritable mémorial éternel. Toutes ces nouvelles données seront numérisées, rectifiées, mises à jour, les orthographes approchantes comparées, les traductions du  yiddish, du polonais, de l’hébreu, du français affinées.

 

 

”L’espoir est surtout de sauver ce qui bientôt ne pourra plus être sauvé explique un des chercheurs de Yad Vashem. Beaucoup de survivants, âgés aujourd’hui de 80, 90 ans, ont des données et même des documents qui ne sont pas encore arrivés à Yad Vashem. Le problème est particulièrement aigu pour les familles qui ont été totalement exterminées, ne laissant aucun survivant. Des connaissances même lointaines sont appelées à témoigner. Il s’agit d’une ultime tentative de restituer aux victimes leur identité. C’est notre devoir de mémoire”

 

Le prophète Isaïe l’avait déjà écrit il y a plus de 2000 ans.  

« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial et un nom“( Yad Vashem.) qui vaudra mieux que des fils et des filles; je leur accorderai un nom éternel, qui ne périra point qui ne seront pas effacé.” Isaïe, 56, 5

וְנָתַתִּי לָהֶם בְּבֵיתִי וּבְחוֹמֹתַי, יָד וָשֵׁםטוֹב, מִבָּנִים וּמִבָּנוֹת: שֵׁם עוֹלָם אֶתֶּן-לוֹ, אֲשֶׁר לֹא יִכָּרֵת ישעיהו

Site des feuilles de témoignage en anglais et en hébreu

 

Source: http://endirectdejerusalem.com/wordpress/?p=1025&utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+endirectdejerusalem%2Ffmzl+%28En+direct+de+Jerusalem%29

14:33 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1)

19/02/2010

OUBLIEE ? NE SERAIT-CE PAS PLUTOT L’HOLODOMOR QUI LE SERAIT?

Sortez vos mouchoirs. Et surtout oubliez tout ce qui s’est passé avant 1939. Tchéka, bolcheviks, massacres, Holodomor, fini tout ça, on n’en parle plus. Qui s’intéresse encore à ces vieilleries ? D’autant qu’il s’est passé depuis un événement infiniment plus important :

« La Shoah oubliée de l’Ukraine (article du site juif.org)

A la recherche d’une nouvelle histoire nationale, l’Ukraine a du mal à reconnaître toute l’étendue de la “Shoah par balles”, la mort de plus d’un million de Juifs par balles. Les derniers témoins racontent.

 

La neige tombe sur Slavuta, un village du nord-ouest de l’Ukraine. Devant la modeste synagogue, cachée au fond d’une impasse, une dizaine de vieux Juifs célèbrent Hanouka, la "fête des lumières", dans le froid et l’obscurité. La petite communauté est rassemblée autour des bougies rituellement allumées et murmure maladroitement une rapide prière, malgré les encouragements de deux Américains rompus à l’exercice des traditions, venus tout droit des Etats-Unis pour l’occasion. Le yiddish est hésitant, la mémoire encombrée, trop lointaine

 

Contrastant avec l’exubérance des deux jeunes missionnaires américains, le malaise des Juifs d’Ukraine est tangible. Jusqu’en 1941, la population de Slavuta était composée à 80 % de Juifs. Puis les nazis ont déferlé en attaquant l’Union sovié­tique, 2,5 millions de Juifs vivaient alors en Ukraine avant la guerre. Entre 1941 et 1944, tout un peuple fut quasiment anéanti.

 

Suivirent quatre décennies d’athéisme communiste qui recouvrirent d’une chape de plomb prières et traditions, et jusqu’à la mémoire des massacres.

 

A Slavuta, David Gochkis, Juif ukrainien, journaliste et écrivain de 97 ans, est l’un des derniers témoins vivants de cette époque. Au début de la guerre, son engagement dans les rangs de l’Armée rouge l’a tenu éloigné de son village et d’une mort certaine. "Quand je suis rentré chez moi, en 1947, il y avait des étrangers dans ma maison. Vingt-trois personnes de ma famille sont mortes, parce qu’elles étaient juives."

 

Ici, pas de chambres à gaz. Les Juifs ont été tués un à un et jetés dans des fosses communes. Des opérations dirigées par les Einsatzgruppen, des bataillons d’exécutions mobiles. La "Shoah par balles", médiatisée en Europe de l’Ouest par, notamment, les travaux du père Desbois, a fait plus d’un million de victimes en Ukraine.

 

Sur les pas du gendre de David Gochkis, Edwin Sokolov, nous sortons du village pour arriver au milieu d’un grand terrain vague où poussent quelques arbres chétifs battus par un vent glacial. "Ici, les nazis ont massacré 14 000 Juifs", raconte Edwin. "Quand j’étais petit, je venais ici, et on trouvait des os et des dents d’enfants dans le sol."

 

Un monument en métal, noir et acéré, a été dressé là à la mémoire des "victimes innocentes des fascistes allemands". Sans trop de détails, à la mode soviétique. Pour en savoir plus, il faut compter sur la mémoire de David, qui recueille inlassablement témoignages et documents sur cette Shoah oubliée et qui se bat pour ériger stèles et plaques partout où les Juifs ont été assassinés.

 

A une vingtaine de kilomètres de la maison de David, la petite ville de Chepetiv­ka. Ici, les 8 000 Juifs du village ont été rassemblés dans un éphémère ghetto, puis massacrés. Un monument, au lieu-dit "603 km", du nom d’une borne le long de la route, commémore cette tragédie. Il a été financé par la petite communauté juive du bourg. "On y a aussi tué les Juifs des villages alentours. Cela fait peut-être 10 000 victimes", explique Alexandre Loukachouk, conservateur du musée historique de la ville.

 

"Ce chiffre est approximatif, nous n’avons trouvé que deux charniers, mais beaucoup d’autres fosses restent inconnues." Dans le musée, qui honore abondamment les héros ukrainiens de la Seconde Guerre mondiale, seule une petite vitrine rappelle la Shoah, illustrée par un bout de barbelé et une vieille photo. La seule synagogue encore debout, sur les huit que comptait Chepetivka avant la guerre, a été transformée en salle de sport aux murs peint de couleurs acidulées.

 

Avant la guerre, les Juifs d’Ukraine représentaient la deuxième plus importante communauté juive d’Europe. Nombre d’écrivains, d’intellectuels ou de rabbins sont nés ici, tout comme l’un des courants principaux du judaïsme, le hassidisme. L’Ukraine se souvient pourtant aujourd’hui avec grand mal de son passé juif et de sa page la plus sombre, l’Holocauste. A Kiev, quelques historiens y ont pourtant consacré leur vie. Boris Zabarko est de ceux-là. C’est un homme mince aux cheveux blancs, un survivant. Enfant, il a été prisonnier dans un camp de concentration. "A l’époque soviétique, cette histoire était taboue. C’était la guerre froide, les archives étaient fermées, il était hors de question de parler de ça", se souvient l’historien.

 

L’antisémitisme qui sévit dans l’URSS d’après-guerre complique encore un peu plus le travail de mémoire, les survivants et leurs familles se taisent.

 

La situation n’évoluera guère après l’indépendance de l’Ukraine, en 1991. "En 1993, lors d’un colloque, je me suis rendu compte que rien ou presque n’avait été écrit sur cette question dans mon pays", raconte encore Boris Zabarko. "J’ai décidé de commencer à collecter des témoignages dans les territoires ukrainiens occupés par les Allemands. Je suis seul, sans soutien du gouvernement. Mon laboratoire de recherche existe uniquement grâce à l’aide d’organisations juives."

 

Boris Zarbako a néanmoins réussi à réaliser quatre volumes sur le sort des Juifs d’Ukraine, une somme de récits et de témoignages. "Toutes les fosses n’ont pas été encore découvertes, loin de là, car personne au sein du pouvoir ne s’intéresse à ce sujet", dit-il. "Ici, à Kiev, où des dizaines de milliers de Juifs sont morts dans l’immense massacre de Babi Yar, il n’y a pas un musée sur l’Holocauste. C’est une honte et une catastrophe pour l’Ukraine." Anatoly Podilsky dirige une ONG dans la capitale, le Centre ukrainien pour l’étude de l’Holocauste. Sa petite équipe collabore avec le Mémorial de la Shoah en France, la maison d’Anne Frank à Amsterdam, ou encore l’Institut Yad Vachem en Israël. L’association est pourtant quasi introuvable, reléguée au bout du couloir d’un vieil édifice soviétique, à l’étroit dans deux pièces minuscules. "Pour les autorités, l’Holocauste fait partie de l’histoire juive, pas ukrainienne", relève Podilsky, dont une partie de la famille a été fusillée à Babi Yar. "C’est mon principal message : les Juifs ukrainiens qui ont été exterminés à Kiev, à Lviv et ailleurs, faisaient partie de notre société." L’homme et son institut luttent à contre-courant.

 

Lviv (ex-Lvov, ex-Lemberg), à l’extrême ouest du pays, est le symbole de la foisonnante diversité culturelle d’avant-guerre. ­Austro-hongroise, puis polonaise jusqu’en 1939, la région passe sous la coupe des Soviétiques en vertu du pacte germano-soviétique. En 1941, l’Allemagne attaque l’URSS, Lviv est envahie par les troupes nazies. La ville aux quarante synagogues, dont le tiers de la population est juive, sera le théâtre de massacres effroyables, notamment dans la forêt toute proche de Lisinitchi.

 

Près de soixante-dix ans plus tard, Bedry Meron, un vieil Ukrainien né dans le village, se souvient encore "des colonnes de gens traversant Lisinitchi vers la forêt où on les fusillait, et le bruit des mitrailleuses qui ne cessait jamais".

 

Difficile, aujourd’hui, de retrouver le chemin jusqu’à cette ancienne fosse commune. Sur place, la forêt a repris ses droits. Quelques bouteilles de bière ou de vodka, des paquets de chips éventrés : l’endroit est apprécié pour les pique-niques. Aucune inscription ne signale l’histoire des lieux, si ce n’est une plaque de contreplaqué en hébreu dont on retrouve des bouts épars jetés entre les feuilles mortes.

 

Pour Tarik Cyril Amar, directeur des études au Centre pour l’histoire urbaine d’Europe de l’Est à Lviv, "il y a deux raisons principales qui expliquent le silence partiel des autorités sur cette question. Le fait que les pogroms, qui ont eu lieu avant l’arrivée des Allemands, ont été perpétrés par la population elle-même, et surtout le rôle de la police ukrainienne dans les massacres". Des centaines de citoyens ukrainiens ont servi comme auxiliaires des nazis pendant les exactions. Sans oublier ces nationalistes ukrainiens, en lutte contre le régime soviétique et la domination russe, qui ont cru voir dans le nouvel occupant un allié.

 

Aujourd’hui, sous la présidence de ­Viktor Iouchtchenko, les leaders de l’UPA - l’Armée insurrectionnelle ukrainienne -, Bandera, Choukhevitch sont devenus des héros nationaux. Tant pis si le panache de ces résistants à l’occupation soviétique est entaché par leur collaboration de circonstance avec l’Allemagne nazie et leur possible participation à la Shoah. Le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale dérange dans le grand chantier de construction d’une histoire nationale de l’Ukraine. Au centre de cette mémoire, il y a déjà une autre grande tragédie que les Ukrainiens veulent faire reconnaître au monde comme un génocide : la grande famine de 1932-1933 qui a fait des millions de morts dans les campagnes d’Ukraine ­soviétique, baptisée Holodomor ("extermination par la faim").

 

44.jpg"Iouchtchenko a une vision ethnique du nationalisme ukrainien et il est toujours dans une conception binaire de la mémoire; soit héros, soit victime", se désole Tarik Cyril Amar, à Lviv. "Tout ceci est en contradiction avec l’histoire de l’Holocauste et favorise une sorte de compétition des victimes." Dans la rue, la confusion est frappante. Lorsqu’on évoque l’Holocauste, nombre d’Ukrainiens entendent "Holodomor".

 

Ils en ont quand même, du toupet, ces Ukrainiens …

 

 

Source : http://www.juif.org/go-news-121520.php

17/02/2010

UNE SAGA JUIVE : LA MAISON CHANEL

images.jpgLa famille Wertheimer possède la maison Chanel, ainsi  que les cosmétiques Bourjois, avec un J comme joie, les fusils de chasse Holland & Holland, la marque de maillots de bains Erès et les éditions de La Martinière. Les frères Wertheimer, dont la fortune s’est classée à la 10e place en France en 2009 avec 3,5 milliards €, sont également à la tête d'une prestigieuse écurie de chevaux de courses.

 

Il est intéressant de se pencher sur la saga de cette famille pour au moins une bonne raison : comment a-t-elle réussi à bâtir cette fortune colossale dans la France de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, époque comme chacun sait – on nous le répète suffisamment - où régnait dans notre pays un antisémitisme aussi viscéral que forcené ? Un antisémitisme qui mena directement à l’atroce régime de Vichy. Oui, vraiment, comment cette famille méritante réussit-elle pareil prodige dans un environnement aussi défavorable?

 

 

Vous saurez tous les détails en lisant l’enquête très approfondie que mena L’Express sur la famille, il y a quelques années (http://www.lexpress.fr/actualite/economie/la-fabuleuse-hi...) Je me contenterai, quant à moi, de retracer les grandes lignes du départ qui éclairent un contexte, somme toute, pas si épouvantable que ça:

 

Naissance en 1852 en Alsace du patriarche, Ernest Wertheimer. A Paris, en 1874, il s’associe avec la maison Dreyfus & Kaufmann, fabricants de cravates, puis, en 1892, crée sa propre affaire. Gros succès. En 1898, il s’associe à 50% aux deux frères Orosdi, « juifs d’origine austro-hongroise », qui apportent Bourjois et un réseau de grands magasins nouvellement créés.

 

Sur ces entrefaites, Alphonse Kahn et Théophile Bader, également juifs alsaciens, créent les Galeries Lafayette. (Pour rappel : l’affaire Dreyfus se déroule entre 1894 et 1906. Elle ne gênera pas trop les affaires, comme on peut le constater).

 

En 1909, tous les précédents s’associent pour construire encore plus grand et plus beau : les Galeries Lafayette (presque) comme aujourd’hui. Cette même année, Ernest reçoit la Légion d’honneur. Il avait épousé une juive alsacienne, Mathilde Bollack, dont il aura deux fils : Paul, né en 1883 et Pierre, né en 1888. Ces derniers parcourront le globe au début des années 1900 pour placer les produits Bourjois. Avec efficacité. Points de vente et licences se multiplient.

 

Paul se marie en 1910 avec sa cousine, Madeleine Bollack, Pierre la même année avec Germaine Revel, apparentée à la dynastie Lazard.

 

Arrive la guerre. Les deux frères sont mobilisés. On en retrouve un, secrétaire au ministère du Ravitaillement, l’autre à New York en 1916, où il profite de son séjour pour activer ses affaires là-bas.

 

Dès 1918, avec leurs cousins belges Fribourg, ils financent une société de fabrication d’avions, qui s’appuie sur les compétences de Félix Amiot, exceptionnel concepteur d’engins. En 1920, Pierre achète un château dans le Médoc. Il y crée un haras. Débute une passion familiale pour les chevaux.

 

En 1923, Théophile Bader – le fondateur des Galeries Lafayette - présente une certaine Gabrielle Chanel aux frères Wertheimer. Entre les idées de l’une, les réseaux (surtout américains) et l’argent des autres, le courant passe. En 1924 est créée une société dont les Wertheimer possèdent 70%, Adolphe Dreyfus et Max Grumbach 20% et Chanel 10%. Une répartition qui causera bien des aigreurs par la suite, Chanel s’estimant flouée.

 

Toute cette tribu – famille, amis, associés, pratiquement exclusivement « communautaires » – prend très confortablement ses quartiers estivaux à Deauville, pour les chevaux. Paul aura deux enfants, Janine et Antoine. Et sa Légion d’honneur en 1925. Pierre l’aura aussi, bien sûr, un peu plus tard. Ce dernier est également très branché « art » et sera un excellent client du célèbre galeriste George Wildenstein.

 

Je ne vais pas continuer à vous raconter la saga, c’est trop long, quoique fort intéressant. La seconde guerre mondiale verra toute la tribu, famille, amis et associés, installés à New York. Y compris le fils de Pierre, Jacques, pistonné en haut lieu et démobilisé dès novembre 1940.

 

Tout le monde rentrera ensuite poursuivre de florissantes affaires qui n’auront finalement pas trop pâti du conflit. Une originalité : Pierre Wertheimer, patriote mais pas trop, renoncera à la nationalité française et se fera naturaliser … mexicain en 1948. Des considérations fiscales ne sont pas trop étrangères à ce soudain intérêt pour un pays présentant de surcroît l’avantage d’être proche des Etats-Unis.

 

Remarquons juste un point : Amiot et Chanel avaient du talent, mais pas les capitaux nécessaires au développement de leur talent. Ils sont les seuls « non communautaires » que l’on rencontre dans cette histoire. Les autres, eux, avaient l’argent nécessaire. C’est aussi un talent, notez bien.

 

Il est quand même difficile de trouver dans cette saga trace de l’atroce antisémitisme qui s’étalait pourtant partout avant la guerre. Tenez, même dans le film de Jean Renoir - un type de gauche pourtant - La Grande Illusion, sorti en 1937, dans lequel on voit un groupe de soldats français, prisonniers des Allemands pendant la Première guerre mondiale, décider de s'évader :

 

P. Fresnay - Qu'est-ce que vous en pensez Rosenthal, vous qui êtes un sportif ?

 

Second rôle - Lui ? Il est né à Jérusalem !

 

Rosenthal - Ah, pardon ! A Vienne, capitale de l'Autriche, d'une mère danoise et d'un père polonais naturalisé français.

 

J. Gabin - Vieille noblesse bretonne, quoi !

 

Rosenthal - C'est possible, mais vous autres, vieux Français de vieille souche, tous réunis, vous ne possédez pas 100 m² de votre pays ! Eh ben ! Les Rosenthal ont trouvé le moyen en 35 ans de s'offrir trois châteaux historiques, avec chasses, étangs, terres arables, vergers, clapiers, garennes, faisanderies, haras, et trois galeries d'authentiques ancêtres au grand complet. Si vous croyez que ça ne vaut pas la peine de s'évader pour défendre tout ça !

 

P. Fresnay - Je n'avais jamais envisagé la question du patriotisme sous cet angle à vrai dire très particulier !

 

 

Un dialogue effarant d’antisémitisme, n’est-ce pas ?

16/02/2010

« Les archives secrètes du Vatican bientôt en ligne (ZENIT) »

« ROME, Lundi 15 février 2010 (ZENIT.org) - Une grande quantité de documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale sera bientôt accessible gratuitement sur Internet, en réponse à une demande de la « Pave the Way Foundation » (PTWF) de numériser et publier près de 5.125 documents des archives secrètes du Vatican, allant de mars 1939 à mai 1945.

http://zenit.org/article-23519?l=french

 

Gary Krupp, fondateur et président de la fondation, a annoncé officiellement à ZENIT que « les actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale seront disponibles en ligne très vite pour l'étude mondiale et sans aucun frais ». 

 

« Les documents seront disponibles tant sur la page web de la 'Pave the Way Foundation' (www.ptwf.org) que sur celle du Vatican (www.vatican.va) », a-t-il précisé.

 

La « Pave the Way Foundation » est une organisation née pour lever les obstacles entre les religions, promouvoir la coopération et mettre fin à l'utilisation de la religion à des fins politiques. 

 

« Tout au long de notre mission nous avons constaté que le pontificat de Pie XII (Eugenio Pacelli) durant la seconde guerre mondiale est un motif de tension qui a des répercussions sur plus d'un milliard de personnes. La controverse repose sur l'hypothèse selon laquelle le pape n'aurait pas fait suffisamment pour prévenir le massacre des juifs par les nazis », reconnaît Gary Krupp, juif de New York.  

« Notre recherche a révélé que cinq ans après la mort de Pie XII, le KGB, services secrets soviétiques, organisèrent un complot, appelé ‘Seat 12', pour discréditer leur ennemi, l'Eglise catholique. Un procédé sale qui a condamné le pape Pie XII pour son ‘silence' durant l'holocauste,  inspiré de l'œuvre théâtrale « le vicaire » de Rolf Hochhuth, en 1963 », ajoute le fondateur. 

 

En 1964, Paul VI a souhaité qu'une équipe de trois historiens jésuites, les pères Pierre Blet, Burkhart Schneider et Angelo Martini, entreprenne une vaste recherche de documents relatifs à la période de la guerre, conservés dans la section non ouverte au public des archives secrètes du Vatican. Le père américain Robert Graham, s'unira à eux quelques années plus tard.

 

Les résultats de cette recherche sont rassemblés dans les actes publiés en ligne aujourd'hui. Le premier des onze volumes de la recherche a été publié en 1965, le dernier en 1981. 

 

« En 1999, le cardinal Edward Cassidy créa une commission spéciale d'académiciens juifs et catholiques pour étudier conjointement ces documents. Mais l'initiative échoua le 21 juillet 2001, les professeurs n'arrivant pas comprendre la langue des nombreux documents. 

 

Ils publièrent une liste de 47 questions et demandèrent l'ouverture des archives correspondant à la période comprise entre 1939-1958, bien que ces dernières n'aient pas encore été cataloguées », fait savoir Gary Krupp. 

 

Pour ouvrir tous les documents relatifs à la seconde guerre mondiale des archives secrètes du Vatican, le Saint-Siège a besoin de terminer leur catalogage : environ 16 millions de documents. 

 

« Au cours de notre mission de rendre public le plus grand nombre possible de documents pour éliminer cet obstacle entre juifs et catholiques à la lumière de la vérité documentée, notre fondation a demandé l'autorisation de numériser cette collection et de la mettre à la disposition de ceux qui veulent l'étudier ».  

 

Gary Krupp ajoute que l'initiative a pour but de « montrer de façon claire les efforts que Pie XII a mis en œuvre pour alléger la souffrance de tant de personnes durant la guerre, et de faire comprendre que la ‘légende noire' qui a terni son nom n'est tout simplement pas vraie ». 

 

« Cet accès que nous offrons ne veut pas se substituer au plein accès aux archives de la seconde guerre mondiale, mais montrera de manière inédite les efforts de Pie XII et les dangers auxquels il dut faire face sous la menace directe du régime nazi », indique le fondateur.

 

« Les archives secrètes du Vatican jusqu'en 1939, ouvertes il y a deux ans et qui présentent 65% du ministère de Pie XII, ont été ironiquement ignorés par les critiques qui ont demandé leur ouverture pendant des années », rappelle Gary Krupp. 

 

La « Pave the Way Foundation », remercie la secrétairerie d'Etat et la Librairie éditrice du Vatican pour « la confiance  qu'elle nous accorde en nous donnant ce privilège sans précédent ».

 

« Nous espérons sincèrement que les historiens du monde étudieront très attentivement ces documents. Nous pensons que la numérisation de ces quelques 9.000 pages prendra quatre semaines. Quand nous aurons terminé nous les publierons sur Internet » . 

 

« Entre-temps, nous avons déjà mis en ligne (www.ptwf.org) des milliers de documents et vidéos de témoins pour la recherche ». 

 

« Nous demandons que les chercheurs français, italiens et allemands nous aident à traduire les documents en anglais et envoient leur travail à la 'Pave the Way Foundation' pour pouvoir mettre ces informations à la portée du plus grand nombre possible d'académiciens. Nous souhaiterions aussi recevoir toute sorte de commentaires, positifs ou négatifs, sur le contenu de ces documents », a conclu Gary Krupp. »

 

Source : http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-17831-132-6-archives-secretes-vatican-bientot-en-ligne-zenit.html

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14/02/2010

TEMOIGNAGES...

Deux témoignages récents trouvés sur le site du CRIF :

 

« Le CRIF et les amis européens d’Israël : pour que l’Europe se souvienne d’Auschwitz

 

Les Amis Européens d’Israël (European Friends of Israel ou EFI) et le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF), ont organisé, les 26 et 27 janvier 2010, leur 3e mission annuelle à Auschwitz à l’occasion du 65ième anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination.

 

EFI a été créé en 2006 à l’initiative de députés européens et de parlementaires nationaux siégeant dans l’ensemble des vingt sept pays membres de l’Union européenne. Son objectif est de renforcer la compréhension mutuelle et les relations entre l’Europe et Israël dans un esprit de dialogue et d’ouverture.

 

Sous la bannière d’une « Europe unie dans la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme », plus de deux cent cinquante participants, dont une centaine de parlementaires et d’eurodéputés représentant trente-trois pays, ont participé à ce voyage de la mémoire dédié aux millions de victimes de la barbarie nazie.

 

Venus des quatre coins de l’Europe et d’Israël se recueillir sur les décombres de l’un des plus grands crimes de toute l’histoire de l’humanité, les parlementaires entendaient manifester leur fidélité au devoir de mémoire à l’heure où les témoins disparaissent peu à peu et où les discours de haine et de négation du génocide juif se propagent jusqu’au sommet de certains Etats.  (…)

  

Les délégations ont parcouru le camp de concentration d’Auschwitz I entouré de ses fils barbelés et de ses sinistres blocks de briques rouges dans lesquels furent internés, asservis et assassinés, prisonniers de guerre, opposants politiques et les « éléments asociaux », vocable nazi désignant au premier chef les Juifs, les Tziganes, les prostituées, les homosexuels et les handicapés.

 (…)

  

Le point d’orgue de ce parcours fut la visite du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz II (Birkenau). Situé à 3 km d’Auschwitz I, à l'emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand), ce camp fut le lieu de la mise en œuvre de « la solution finale de la question juive », c’est-à-dire de la mise à mort systématique et à l'échelle industrielle de plus d’un 1,1 million d’hommes, de femmes et d’enfants, juifs dans leur immense majorité. C’est l’effroi et l’épouvante qui ont saisi les délégations de parlementaires venues se recueillir devant les ruines des chambres à gaz détruites par les nazis afin d’effacer les traces de leur crime, privant ainsi leurs victimes de sépulture.

 

Les parlementaires ont achevé leur visite par la « rampe des Juifs » (Judenrampe), la voie ferrée dont les rails parvenaient jusqu’à l’entrée du camp de la mort. Les Juifs y subissaient la « sélection » à leur arrivée au terme d’un voyage exténuant passé dans l’obscurité suffocante des wagons à bestiaux où nombre d’entre eux moururent de soif, de faim, de maladie ou encore d’asphyxie.

 

Cette « sélection » arbitraire scellait le destin tragique des victimes. Elle condamnait d'un côté les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants, les handicapés, à une mort immédiate dans les chambres à gaz ou dans les fours crématoires dans lesquels les suppliciés furent brûlés vivants. De l'autre, elle destinait les adultes les plus valides (en théorie à partir de 15 ans) à une mort lente mais certaine, par un travail forcé harassant et absurde. (…) »

 

 

Source : http://209.85.229.132/search?q=cache:GSLqRbjHRksJ:www.cri...

 

 

« 27 janvier 2010 : Raphaël Feigelson, le Français qui a conduit les Russes à Auschwitz

 

Fils d’un marchand de machines à coudre parisien originaire de Lituanie, il avait, résistant, été arrêté à Toulouse, puis déporté à Auschwitz. S’étant évadé, il a permis la libération du camp. Les Soviétiques l’ont surnommé le « Franzouski Partizan ». Le 27 janvier 1945, Raphaël Feigelson a guidé jusqu’à Auschwitz une unité soviétique de la 97e division de la 60e armée du 1er front d’Ukraine. Un titi parisien du Ve arrondissement qui, malgré ses presque 19 ans, avait déjà l’expérience de quatre années de résistance active et de six mois derrière les barbelés du camp de la mort.

(…)

 

Il poursuit : « Le 27 janvier 1945, jour où je suis revenu à Auschwitz avec les soldats soviétiques, était un samedi. Dieu m’a fait porter les armes le jour de shabbat, ce qui est interdit, afin d’empêcher que ne soient détruites les preuves de ces atrocités et que l’on sauve les quelques rescapés qui restaient. »

 

(…)  Parti de Drancy le 31 juillet 1944, son convoi, le 77, arrivera à Auschwitz le 3 août.

 Raphaël Feigelson est affecté à un commando qui trace des routes, à un autre qui pose des canalisations, à un troisième qui déterre les bombes n’ayant pas explosé, à un commando disciplinaire d’où l’organisation clandestine de résistance parvient à le faire muter à la « vieille-désinfection », un commando contrôlé par ses amis chargés de désinfecter les vêtements des nouveaux arrivants. « Dans notre block, nous planquions des armes en prévision d’une évasion collective. Elle n’a jamais eu lieu. Le 7 octobre, les SS ayant investi le “Sonder Kommando”, celui des chambres à gaz. »

 

Lorsque les SS commencent à évacuer Auschwitz, entraînant les survivants dans d’épouvantables marches de la mort, les résistants reçoivent l’ordre de se cacher et d’attendre l’arrivée des partisans polonais. « Ils ne sont jamais venus. En revanche, c’est un commando spécial SS qui s’est pointé. Sa mission : détruire toute trace des horreurs commises par les nazis et transformer le site en un banal champ labouré. » Pour Raphaël Feigelson et ses camarades, il faut à tout prix les en empêcher. « Le 21 janvier, nous avons découpé une ouverture dans les barbelés qui n’étaient plus électrifiés. On a pris des draps blancs, des vêtements chauds, des armes, et on est parti en direction du front. On a marché, marché. C’était la confusion la plus totale. Nous étions au beau milieu des combats. Obus allemands, orgues de Staline soviétiques, ça tombait de tous les côtés. »

 

Enfin, ils rencontrent des soldats soviétiques. Ceux-ci les prennent pour des espions. « Ils ont immédiatement voulu nous fusiller. J’ai interpellé leur officier : “Ya Franzouski Partizan.” Remarquant que je parlais à mes copains en yiddish, il m’a demandé : “Du bist yid ?” (tu es juif ?). Lui aussi était juif. Je ne pouvais donc pas être un nazi et encore moins un espion. Je lui ai raconté Auschwitz, les chambres à gaz, les fours crématoires. Il était impensable de laisser les SS raser les installations. Il fallait que le monde sache ce qui s’était déroulé là : le plus grand massacre de toute l’histoire de l’humanité. »

 

Auschwitz ne figure pas sur le plan d’offensive de l’officier de l’armée rouge. Convaincu par Raphaël Feigelson, il modifie son ordre de route et atteint Auschwitz le 27 janvier. « Il restait environ trois mille déportés dans le camp, malades, trop faibles pour bouger. Surpris par l’arrivée des Soviétiques, les Allemands n’ont eu le temps ni de les éliminer, ni de détruire les preuves de leur entreprise d’extermination. » Après la libération d’Auschwitz, Raphaël Feigelson participera avec les Soviétiques au « nettoyage » de la région. Puis, en uniforme de l’armée rouge, prendra à Odessa un bateau anglais pour Marseille et retrouvera ses parents à Paris en avril. »

 

Source : http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...

18:53 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1)