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11/01/2007

9) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique « Extraits de La France LICRAtisée »

LE SECRET DE SON INFLUENCE – 9ème extrait : La shoah, pièce maîtresse du soutien à Israël (suite)

En 1988, l’organisation d’un grand événement permet de stimuler à nouveau une mémoire qu’il ne faut surtout pas laisser faiblir, car elle est source d’influence, pour ne pas dire de pouvoir. Le magnat de la presse britannique Robert Maxwell, lui-même né dans une famille juive de Tchécoslovaquie, fait organiser à Oxford, par son épouse Elizabeth Maxwell, un gigantesque Colloque intitulé « Se souvenir pour l’avenir ». Cinq cents universitaires de haut niveau – historiens, juristes, théologiens, psychologues, etc – se réuniront pour débattre d’un sujet unique : la shoah. L’ambition avouée est « d’ouvrir les voies pour que la shoah reste pour le monde un sujet perpétuel d’enseignement et de réflexion ».

Le colloque va permettre l’élaboration d’une nouvelle image de la shoah qui sera imposée au monde entier : désormais, l’accent sera mis sur son caractère absolument unique dans l’histoire de l’humanité et par conséquent, sur son « mystère ». L’un des participants, français et membre de la LICRA, ira jusqu’à dire : « La shoah est un événement historique, mais elle n’est pas à la portée des historiens ».

Evénement unique et incomparable, la shoah confère par là-même aux juifs un statut à part. D’ailleurs Elie Wiesel, membre d’honneur de la LICRA, l’affirme sans détours dans un de ses livres : « Tout en nous est différent ».

Au fil des ans, le message va se renforcer sans équivoque : les occidentaux, peu ou prou, sont particulièrement responsables de la shoah – qui est présentée comme l’expression inouïe et incompréhensible d’une haine pathologique et irrationnelle à l’égard des juifs – soit pour l’avoir perpétrée eux-mêmes, soit pour avoir laissé faire. Ils ont donc une dette éternelle à l’égard de tous les survivants, qu’ils vivent en Israël ou hors d’Israël. Cette dette imprescriptible leur impose des devoirs particuliers : d’une part, ils doivent soutenir Israël et d’autre part, ils doivent relayer à l’intérieur de leurs propres frontières, l’action des organisations dites antiracistes. En d’autres termes, ils ont l’obligation morale d’infléchir leurs politiques dans le sens souhaité par ces mêmes organisations. Faute de quoi ils courent l’énorme risque d’être traités de racistes, de fascistes, et cloués au pilori.

Délégitimant à l’avance toute critique à l’encontre d’Israël ou même des juifs en général, la shoah finit par constituer un formidable instrument de pouvoir politique.

03/01/2007

8) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

LE SECRET DE SON INFLUENCE - 8ème extrait: La shoah, pièce maîtresse du soutien à Israël

Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, la tentative d'extermination des juifs par le IIIe Reich est, immédiatement après la guerre, pratiquement passée sous silence. Le monde entier se trouve knock-out après une guerre terrifiante qui a fait cinquante millions de morts, dont dix-sept millions de Soviétiques et neuf millions d'Allemands. Le malheur juif, même aux yeux des survivants des camps, n'apparaît alors que comme l'un des malheurs de cette période de fer et de sang. Les organisations juives de par le monde n'ont pas encore pris la mesure de l'extraordinaire levier qu'elles détiennent et de l'usage qui pourra en être fait.

Cette situation va considérablement évoluer par la suite, car la diaspora - l'ensemble des juifs dispersés dans le monde - va devoir soutenir l'Etat d'Israël, en butte à l'hostilité du monde arabe. La guerre des Six Jours, en juin 1967, constitue à cet égard un puissant révélateur, à la fois pour la diaspora et le reste du monde. La communauté juive mondiale considérera que lors de ce conflit avec les pays arabes, Israël aurait bel et bien pu disparaître. Devant cette menace, les juifs dans leur ensemble vont redoubler de solidarité et de vigilance. Cependant, pour que l'Etat hébreu vive et se développe, les efforts de la diaspora ne suffisent pas. Il faut aussi que les puissances occidentales, qui ont permis sa naissance parce qu'elles se sentaient coupables, continuent également à le soutenir. Il est donc vital pour Israël que le sentiment général de culpabilité qui a abouti à sa création ne faiblisse pas, car il est en grande partie le garant de sa survie. Ce sentiment sera par conséquent entretenu sans relâche.

C'est à partir de ce moment-là, et dans ce contexte particulier, que la shoah va prendre au fil des années une importance nouvelle et monter régulièrement en puissance. Son évocation et sa commémoration vont s'amplifier de plus en plus à mesure que l'on s'éloignera de l'événement proprement dit. La shoah va finir par devenir la pièce maîtresse de la stratégie de soutien des organisations juives à Israël. Pour des raisons évidentes, elle va cesser d'être l'affaire des seuls juifs pour devenir celle de toute l'humanité. De toute une humanité coupable de la shoah, et ayant contracté à ce titre une dette inexpiable à l'égard des juifs.

La LICRA ne fera pas mystère de cette culpabilité qu'il faut entretenir sans relâche. Elle l'exprimera à plusieurs reprises, et notamment en février 1985 à l'occasion du 40ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz:"...Il faut en dégager les leçons, mettre en lumière le martyrologe juif et la passivité du monde libre; il faut rappeler au monde civilisé la dette encourue envers le peuple juif et dénoncer tous ceux qui, à nouveau, suscitent et alimentent la haine raciste et antisémite".

29/12/2006

7) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE - 7ème extrait: Le soutien de la LICA au Front populaire 

 

Les émeutes et la grève de février 1934 réconcilient socialistes de la SFIO et communistes. Une réconciliation exigée par Moscou dans son objectif de conquête du pouvoir en Europe occidentale. La LICA appelle, elle aussi, au rassemblement de toutes les forces de gauche "contre le fascisme". Un comité de liaison se constitue, qui aboutira au Front populaire. Cette alliance va porter ses fruits. En avril 1936, en dépit de son apolitisme officiel, la Ligue appelle à voter pour le Front populaire de Léon Blum. La gauche gagne les législatives et parmi ses nouveaux élus figurent quatre membres du comité central de la LICA: Jean Pierre-Bloch, André Philip, Gaston Monnerville, Salomon Grunbach. Deux d'entre eux imprimeront plus tard une très forte marque sur la Ligue: Jean Pierre-Bloch, tout d'abord, le plus jeune député du Front populaire. Après avoir milité aux jeunesses socialistes et à la Laurs - Ligue d'Action Universitaire Républicaine et Socialiste, qui regroupe les étudiants de gauche - il est entré comme journaliste au Populaire de Léon Blum. L'importance de Jean Pierre-Bloch sera déterminante par la suite puisqu'il succèdera à Bernard Lecache à la tête de la LICA à la mort de ce dernier, en 1968. Il y restera à son tour jusqu'en 1993.

Ce qui signifie que la LICRA, de 1927 à 1993, soit durant 66 ans, a connu en tout et pour tout deux présidents. Journalistes tous les deux. De gauche tous les deux. Une remarquable et éclairante continuité. Jean Pierre-Bloch écrira bien plus tard dans ses Mémoires, intitulées Jusqu'au dernier jour: "Je crois que jusqu'à ma mort, le virus de la politique ne me quittera pas". On le croit sur parole.

Le second de ces jeunes espoirs de 1936 est Gaston Monnerville, radical de gauche, qui accompagnera la Ligue tout au long des décennies suivantes. Son soutien constant sera très important puisqu'il occupera la haute fonction de président du Sénat de 1948 à 1968, ce qui fera de lui le deuxième personnage de l'Etat.

Durant ces années d'avant-guerre, la LICA est donc déjà bien implantée et jouit, grâce à ses élus et à ses appuis, de nombreux relais dans la presse et le monde politique. Cette visibilité lui permet de faire bruyamment entendre sa voix et de déployer un activisme politique dont s'inquiète une bonne partie de la communauté juive française, nettement plus modérée. C'est ainsi qu'en juillet 1937, l'imprimeur Georges Lang adresse au Consistoire une lettre s'inquiétant du tort que la LICA causerait aux juifs par son agitation désordonnée et conclut: "C'est bruyamment, par tous les moyens possibles, que le judaïsme devrait renier la LICA (...) Un Lecache justifierait, si c'était possible, un Darquier de Pellepoix, mais un Lecache est bien plus dangereux pour les juifs qu'un Darquier de Pellepoix" (lettre citée par Ralph Schor dans son ouvrage L'antisémitisme en France dans l'entre-deux-guerres

22/12/2006

6) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE - 6ème extrait: Qui était Bernard Lecache, fondateur de la LICRA? (suite)

Dépend-il d'eux financièrement? Dans son livre Les professionnels de l'antiracisme, paru en 1987, Yann Moncomble reproduit une note adressée le 18 janvier 1936 par Joseph Paganon, du ministère de l'Intérieur, au président du Conseil, Pierre Laval, rédigée en ces termes: "Bernard Lecache, le secrétaire de la LICA, est subventionné par les soviets depuis 1927. A cette époque, il était très lié avec l'ambassadeur Rakovsky, qui le fit nommer comme rédacteur au journal Le Soir fondé par M.L.O. Frossard, actuellement ministre du Travail. Après la disparition de ce journal, Lecache, de sa propre initiative, publia une feuille intitulée Le Cri des Peuples et fut aidé par l'ambassade soviétique en la personne du conseiller Arens. (...) Actuellement, pour la publication de son nouveau journal, Le Droit de Vivre, Bernard Lecache reçoit chaque mois 10 000 francs de l'ambassade soviétique.

Pendant la guerre, Bernard Lecache sera arrêté par la police de Vichy à la suite d'un article paru dans Marianne et intitulé "Rien n'est fini". Il est transféré en Algérie, au camp de Bossuet, où il se retrouve compagnon d'infortune de Roger Garaudy, futur célèbre révisionniste. Il est libéré en décembre 1942 par les troupes alliées débarquées en Afrique du nord. Après la guerre, il reprend ses activités de journaliste et restera à la tête de la LICA jusqu'à sa mort, en 1968, à l'âge de 73 ans.

LICA ou LICRA?

En 1928 s'est créée la LICA, ou Ligue internationale contre l'antisémitisme. En 1932, la Ligue change son intitulé pour devenir Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme sans modifier cependant son sigle LICA, déjà bien connu. Ce n'est qu'en 1979 que tout en conservant son précédent intitulé, elle modifiera cette fois son sigle et deviendra la LICRA. C'est la raison pour laquelle, suivant les dates des événements mentionnés, on pourra lire LICA ou LICRA. 

 

21/12/2006

5) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE -  5ème extrait: Qui était Bernard Lecache, fondateur de la LICRA?

Comme son nom ne l'indique pas, Bernard Lecache est né en 1895 à Paris dans une famille juive d'origine ukrainienne. Ses parents, tous deux nés en Ukraine, avaient émigré en France en 1890. Il sera journaliste dans divers organes de la presse de gauche et d'extrême-gauche, notamment à La Volonté et au Journal du Peuple, "le premier journal bolcheviste français". Il fondera même un hebdomadaire, Le Cri des Peuples, qui disparaîtra après quelques mois d'existence. Dans les années qui suivent la révolution, il fréquente les milieux socialistes et communistes franco-russes, et notamment Boris Souvarine, comme lui juif d'origine ukrainienne, comme lui né en 1895, comme lui journaliste. Boris Souvarine sera l'un des créateurs, en décembre 1920, du parti communiste français. il assistera également Henry Torrès au procès Schwartzbard.

La révolution de 1917, qualifiée de "grande annonciation", est saluée avec enthousiasme par ces milieux d'intellectuels parisiens de gauche et Bernard Lecache est l'un des premiers à adhérer, dès 1921, à la section française du parti communiste. il collabore à partir de ce moment-là à L'Humanité, où il tient la rubrique antimilitariste. Deux ans plus tard, le PC fait le ménage à la demande de l'Internationale Communiste, le Komintern. Nombreux sont en effet les francs-maçons, surtout au Grand Orient, à avoir rejoint le parti communiste. Or cette affiliation maçonnique est mal vue à Moscou. Les "intellos", ou présumés tels, sont donc sommés de choisir entre l'appartenance à la franc-maçonnerie, à la Ligue des Droits de l'Homme - assimilée à la maçonnerie en raison de ses liens avec elle - ou au Parti, et ce, avant le 1er janvier 1923. Bernard Lecache, qui est membre de la Ligue des Droits de l'Homme et proche de la franc-maçonnerie dont il sera membre un peu plus tard, refuse de se soumettre à cet ukase, ainsi que d'autres. Il est exclu du Parti en 1923.

Cela ne l'empêche apparemment pas de rester un communiste convaincu, ni de garder des liens étroits avec ses anciens camarades, puisque le 17 octobre 1927, soit quelques jours avant l'acquittement de Samuel Schwartzbard, on le voit présider un meeting célébrant le 10ème anniversaire de la révolution russe. A partir de janvier 1928, il adhère par ailleurs à l'Association des Amis de l'Union soviétique et collabore à la revue L'Appel des Soviets. Dépend-il d'eux financièrement?

C'est ce que nous apprendrons dans un prochain article...

 

19/12/2006

4) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

 

SON ORIGINE  -  4ème extrait: La Ligue internationale contre les pogroms, qui deviendra LICA, puis  LICRA

Bernard Lecache avait donc pris en main la défense de Samuel Schwartzbard et créé à cet effet, pour lui donner tout l’impact médiatique possible, la Ligue internationale contre les pogroms. Il poussera encore plus loin son soutien puisqu’il se rendra lui-même en Ukraine durant l’été 1926 dans le but très précis de rassembler, afin de les produire au procès l’année suivante, le maximum de témoignages à charge contre Petlura. Ardent supporter des bolcheviques, il est largement aidé par les autorités durant son voyage et bénéficie d’une grande couverture de presse dans les Izvestia. A son retour, il publie un livre intitulé Quand Israël meurt…Au pays des pogroms qui constitue un véritable réquisitoire contre le nationaliste ukrainien et assène des chiffres que les recherches historiques ultérieures reverront largement à la baisse. Des extraits du livre de Bernard Lecache vont être publiés durant tout le mois de février 1927 – soit quelques mois avant le procès qui aura lieu en octobre – dans son journal, Le Quotidien. Ils contribueront largement à créer le climat voulu.

Ce que Bernard Lecache ne précise pas dans son livre, c’est qu’aux pogroms proprement dits s’ajoutaient de toute manière les ravages « classiques » causés par les armées en Ukraine. Et tout particulièrement par l’Armée rouge, qui exercera une terreur particulière contre les masses paysannes suspectées de soutenir les anarchistes. Plus de 200 000 paysans et ouvriers vont être exécutés à cette époque, et à peu près autant déportés vers la Sibérie ou emprisonnés. Des morts dont il ne sera plus jamais question. Mais qui peuvent contribuer à expliquer un certain climat antisémite dans l’Ukraine d’alors.

Un livre de Serge Melgounov intitulé La terreur rouge en Russie, 1918-1924 dénonçant les exactions de l’Armée rouge avait d’ailleurs paru à Londres en 1924. Il rapportait les témoignages recueillis par la commission d’enquête sur les crimes bolcheviques, créée en 1919 par le général blanc Denikine. Et il décrivait les atrocités commises en masse en Ukraine par les tchékistes dès 1918 contre « les ennemis du peuple ». Le livre de Bernard Lecache, très similaire dans sa conception et paru deux années plus tard, en 1926, semble destiné à effacer cette fâcheuse impression en faisant porter tout le poids et la responsabilité des exactions sur les seuls nationalistes. Etait-ce une façon de faire oublier d’autres crimes ?

 

14/12/2006

3) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront régulièrement proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée".

SON ORIGINE - 3ème extrait: Simon Petlura et les pogroms en Ukraine

Les pogroms, mot qui signifie « destruction totale » en russe, étaient des actes de violence, voire des massacres perpétrés par le régime tsariste contre les juifs, particulièrement nombreux en Ukraine. Le tiers de la population juive mondiale est alors concentrée dans cette région. Mais nous sommes dans les années 1917-1920. La révolution d’octobre est passée par là, et il ne devrait donc plus y avoir de pogroms ? D’autant que dès juillet 1918, le gouvernement bolchevique a interdit toute manifestation d’antisémitisme, désormais passible de la peine de mort. Une mesure qui sera d’ailleurs considérée par les juifs du monde entier comme une preuve de la libéralité du régime ! Il ne devrait effectivement plus y avoir de pogroms, et pourtant ils continuent. C’est qu’en Ukraine, la guerre civile fait rage, et dans l’esprit des habitants des campagnes, juifs et communistes forment bien vite un duo inséparable. Le nouveau pouvoir a en effet recruté l’essentiel de ses cadres et de sa bureaucratie, qui est d’emblée très importante, dans la population urbaine juive, traditionnellement plus instruite. Il va sans dire que l’aversion des Russes – surtout dans les campagnes – pour la bureaucratie bolchevique ne tarde pas à renforcer leur antisémitisme « traditionnel ».

Un antisémitisme aggravé encore par le rôle que joue la tchéka, police secrète de sinistre mémoire chargée d’éliminer les « contre-révolutionnaires », au sein de laquelle les juifs sont très nombreux à s’enrôler. Notamment en Ukraine, où ils constituent environ 80% de ses effectifs. Cette vaste région est donc durant cette période et pour son malheur, le théâtre de violents combats. Le désordre le plus complet y règne, et dans ce climat d’anarchie, toutes les bandes armées sans exception se livrent à des exactions et à des pogroms, en tâchant si possible d’en faire porter la responsabilité à d’autres. « S’il se produit des cas de brigandage dans l’Armée rouge, il est indispensable de les imputer aux petluristes. L’Ukraine doit être soviétique et Petlura effacé de la mémoire pour toujours ». Qui adresse cette recommandation en 1920 aux agitateurs envoyés en Ukraine ? Léon Trotski, commissaire du peuple à la guerre.

La part réelle de la responsabilité de Simon Petlura dans les pogroms perpétrés par son armée ne sera même pas établie durant le procès de Schwartzbard. Un certain nombre d’historiens sont d’avis qu’il a au contraire tenté de les limiter et de punir les coupables. Auteur de pogroms ou pas, il n’en demeure pas moins qu’il constituait un danger pour les bolcheviques car il était nationaliste. Il avait déjà échappé à une tentative d’assassinat en Ukraine et à présent, il entendait poursuivre son combat politique à Paris où il avait créé un journal. Il représentait donc une menace à éliminer. Ce crime "passionnel", pour ne pas dire "moral", fut-il en réalité un crime politique et Samuel Schwartzbard un agent soviétique? Un certain nombre d'indices donnent à le penser et c'est là une question toujours ouverte.

13/12/2006

2) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE - 2ème extrait: Qui étaient Schwartzbard, Petlura, Makhno et les autres?

Au procès, les projecteurs furent braqués sur un seul point de la scène, et un certain nombre de faits pour le moins troublants furent soigneusement escamotés. Samuel Schwartzbard fut présenté comme un tranquille horloger, poète à ses heures. Il était horloger, c'est vrai, mais on oublia de préciser qu'il était également membre du groupe anarchiste juif "L'autodidacte". Né en 1886 en Bessarabie, il avait connu la guerre civile russe de 1905 puis s'était réfugié à Paris. Il avait combattu durant la première guerre mondiale pour la France dans les rangs de la Légion étrangère et était retourné en Ukraine en 1917, l'année de la révolution, à bord d'un bateau où il avait distribué de la propagande bolchevique. Après trois années passées en Ukraine, il était rentré à Paris en 1920.

Qu'avait-il fait en Ukraine durant ces trois années? Sûrement pas de la villégiature car peu d'endroits au monde étaient alors plus troublés que cette immense région - les quatre cinquièmes de la France - âprement disputée. Une région agricole riche, jadis appelée "le grenier de l'Europe", marquée depuis toujours par un fort esprit d'indépendance. Durant ces trois années, de 1917 à 1920, la guerre civile faisait rage en Ukraine où pas moins de quatre armées s'affrontaient et dévastaient les campagnes: les "blancs", c'est-à-dire ce qu'il restait de l'armée tsariste, l'Armée rouge bolchevique qui essayait de s'emparer de cette région rebelle, les anarchistes, tantôt alliés, tantôt ennemis des rouges, et pour corser le tout, les nationalistes de Simon Petlura.

medium_petlura.2.jpgCe dernier avait adhéré très jeune au parti révolutionnaire ukrainien qui militait pour l'indépendance de la grande Russie. En 1919, Simon Petlura devient le chef d'une très éphémère république indépendante d'Ukraine qui parvient à se créer à la faveur des troubles liés à la révolution. A ce titre, il est chef des armées et lutte évidemment contre les autres fractions. Il sera finalement battu, comme les blancs et les anarchistes, par les bolcheviques qui tenteront de l'assassiner. Il s'enfuit de son pays et trouve refuge à Paris en 1924.

Les anarchistes, quant à eux, étaient dispersés en un certain nombre de mouvements dont le plus important fut celui de Nestor Makhno, qui réussit à entraîner à sa suite d'importantes masses paysannes, ce qui n'était pas le cas des bolcheviques dont la population se méfiait. A juste titre d'ailleurs, comme elle ne tardera pas à le vérifier. Les bolcheviques firent tout pour évincer les anarchistes, en qui ils voyaient une dangereuse concurrence, et y réussirent finalement, en les trahissant, en 1921.

Pendant ces trois années, de 1917 à 1920, le paisible horloger Schwartzbard combattit en Ukraine, c'est une certitude. Mais aux côtés de qui? de l'Armée rouge? des anarchistes? Ce qui est sûr, c'est qu'il continua à fréquenter Nestor Makhno quand, après la défaite des anarchistes, ils se réfugièrent, eux aussi, à Paris.