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26/04/2007

VOTER SARKOZY ? VOTER ROYAL ?

medium_images.36.jpgJe constate que la bataille fait rage dans notre camp et que l’on s’étripe joyeusement (une fois de plus !) pour savoir s’il vaut mieux voter « Sarko » ou « Ségo » au second tour. Je donne à dessein les surnoms qui sont habituellement employés – Sarko, Ségo – pour affirmer avec force que c’est une faute. Et une très grande faute, que d’attribuer des diminutifs « affectueux » à nos ennemis du système. Nous ne devons jamais entrer dans ce jeu-là. C’est déjà entrer dans une connivence qui est la leur, pas la nôtre. Nos ennemis, eux, qui sont plus malins que nous, ne commettent JAMAIS ce genre d’erreur à notre égard. Vous allez me dire que c’est un point de détail. Je ne le crois pas, ces termes finissent par entrer de façon subliminale dans l’esprit des gens et les influencent, même malgré eux.

Revenons à notre bataille, ou pseudo-bataille. Car elle est finalement bien utile pour escamoter quelques sujets qui fâchent, non ? Tant qu’on parle de ça, on laisse un peu le reste de côté… Je ne pense pas que nous ayons intérêt à choisir entre la peste et le choléra. Chacun des deux à sa façon sera le pire pour nous et puisque les électeurs nous ont éjectés (non sans quelques raisons, reconnaissons-le), laissons le système se débrouiller sans plus nous en mêler. D’ailleurs, nous avons plus urgent à faire. Si encore l’un des deux candidats s’était engagé en faveur de la proportionnelle, on aurait eu une vraie raison de s’interroger …

Je soumets à votre réflexion les deux textes suivants : le premier de Jacques Marlaud, maître de conférences en sciences de l’information à l’Université de Lyon III, proche de la « Nouvelle Droite », et le second de Konk, paru sur son blog, qui, avec son humour et sa finesse habituels, arrive à la même conclusion :

Jacques Marlaud : « La logique du barrage, telle qu'elle est prônée par Pierre Vial  est une logique pro-système puisque le tout sauf Sarko devient vive Sego. 
Face au système, il paraît franchement plus intelligent d'adopter la logique du "ni... ni... et advienne que pourra, mais sans ma participation", car ces petits messieurs vont faire le compte de l'abstention (plus encore que des votes blancs ou nuls), comme on l'a vu au 1er tour où l'on se félicitait du civisme et de l'esprit "démocratique" des Français, c'est à dire du bon fonctionnement de leur système à exclure toute troisième voie. Une abstention massive serait un signal fort, mais il ne faut pas trop y compter car, justement, beaucoup de monde se laisse prendre à ce dérisoire petit jeu.
Au ler tour, il était encore possible de perturber le système en votant pour le tiers exclu qui avait le plus de chance de détrôner l'un des deux partis de l'alternance (Bayrou plutôt que Le Pen, c'était évident, car le seul apte à battre Sarkozy au 2e tour, donc le seul aussi à pouvoir rétablir la proportionnelle).

Après cela, dans le désordre suscité par le reflux des partitocrates "républicains" droite-gauche, il aurait été plus facile d'entrer dans l'interstice (pour ceux qui ont le tempérament activiste) qu'avec le double verrouillage UMP-PS de l'horizon politique français qui nous pend au nez pour 5, voire 10 ans. Le véritable esprit révolutionnaire consiste à saboter le système et non à se prêter au jeu consistant à faire barrage à l'un de ses membres en favorisant l'autre.
Rien ne prouve que Ségolène sera moins nocive , moins atlantiste, moins pro-israélienne que Sarko.
Sa jobardise n'est peut-être plus à démontrer, mais elle est entourée de redoutables prédateurs aux dents longues  qui ne laisseront rien passer. Par ailleurs, Sarko veut de la discrimination positive mais elle veut régulariser massivement les sans-papiers. Est-ce mieux, est-ce pire ?

Alors black bonnet ou bonnet black, il faut blackbouler tout ça en ne collaborant pas avec le système ! Si vous me suivez, le 6 mai, il vaut donc mieux crapahuter dans la campagne fleurie, faire le marché aux puces local ou entamer un bon livre... tout plutôt que voter Ségo ou Sarko. »

Konk : QUE FAIRE LE 6 MAI? 

« Je me serais assez bien vu conseiller spécial du Président Le Pen ou du 1er ministre Gollnisch. Vous l'avez sans doute remarqué, j'ai un avis sur tout et je le donne volontiers... De temps en temps, une 607 bleu nuit serait passée me prendre pour m'emmener au petit aérodrome de Gray où m'aurait attendu un des hélicos de la Présidence, 1h1/2 de vol et me voici dans le jardin de l'Elysée ou de Matignon (à moins qu'il ne faille se poser à l'héliport de la Porte de Sèvres?)... On discute, on mange, je dors dans la petite chambre qui m'est réservée et le lendemain midi je suis chez moi. Et j'aurais fait ça pour pas cher, avec 1000 ou 2000 euros par mois je leur disais tout ce qui me passait par la tête. Je suis persuadé que j'aurais pu être utile...N'en parlons plus! Le Pen a perdu tout espoir d'être Président et moi d'être un jour du bon côté de la barrière. Les électeurs ont tranché: ils ne veulent pas de nous, faut pas s'imposer.

Que faire maintenant pour le 2e tour? Vous connaissez mon petit penchant pour Ségolène, elle est tellement plus sexy que Nicolas et elle peut donner une si jolie image de la France à l'étranger que je vous dirais bien de voter pour elle... Mais faut peut-être pas exagérer! Certains vont penser qu'il faut éviter à tout prix le retour de la gauche... Moi je dis qu'on ne doit pas s'en mêler, tout ceci ne nous regarde plus. »

http://konktextes.over-blog.com

25/04/2007

Election présidentielle : les raisons de l’échec programmé de Le Pen...

medium_images.34.jpgRobert Spieler, président d’Alsace d’Abord, analyse en ces termes la campagne et les résultats du FN :

« Député du Front National de 1986 à 1988, j’avais décidé de quitter ce parti en 1989 pour créer le mouvement régionaliste Alsace d’Abord. Je l’ai quitté car j’étais en désaccord avec une dérive (déjà) jacobine et aussi parce que je n’acceptais pas le mode de fonctionnement de ce mouvement.

J’ai bien connu Jean-Marie Le Pen. Formidable orateur, courageux et doué souvent d’intuitions fulgurantes, doté d’un charisme exceptionnel, il sut rassembler, avec à ses côtés Jean-Pierre Stirbois, en 1984, toutes les forces nationales et identitaires. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités : jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, écartant ceux qui ont l’audace d’exprimer des désaccords, pratiquant le népotisme et le clanisme, incapable de prendre de la hauteur quand les circonstances l’exigeaient, il refusa de construire un parti structuré et rassembleur, doté d’un vrai centre de formation de cadres, organisé sur le terrain, condition sine qua non d’une implantation durable.

Je lui conserve, malgré tout, mon respect. Mais j’exprime aussi mes regrets quant au rôle historique qu’il aurait pu jouer et qu’il n’a pas su jouer. J’ai, depuis 1989, observé un devoir de réserve. Par respect pour des amis qui sont restés au FN, et aussi parce que je ne fais pas partie de ceux qui « crachent dans la soupe » et qui croient se faire pardonner par l’adversaire en insultant ceux qu’ils ont soutenu hier.

Les cinq raisons de l’échec de Le Pen :

Je vous propose mon analyse de la chute programmée du Front National et de Le Pen.

Marine Le Pen, Louis Aliot (Secrétaire général) et un petit clan, dont Alain Soral qui se définit comme marxiste, avaient pris le contrôle de la campagne présidentielle de Le Pen. Ils portent une responsabilité majeure dans cet effondrement. Certes, Sarkozy a mené une excellente campagne, certes il a su faire un hold-up sur certains thèmes du Front National que Le Pen abandonnait au même moment... Certes...

 1- L’absurde positionnement « républicain »…

Je n’évoque évidemment pas la République comme mode d’organisation institutionnelle, que peu de citoyens contestent, mais la République issue de la Révolution et qui fut responsable notamment du génocide vendéen. Lancer sa campagne présidentielle à Valmy, c’était pour le moins rendre hommage à une Révolution massacreuse qui fut à l’origine des Etats-Nations et de toutes les guerres civiles européennes qui ensanglantèrent les XIXe et XXe siècles, entraînant des dizaines de millions de morts et l’affaiblissement peut-être définitif de l’Europe.

Rendre hommage à Clémenceau, que j’ai qualifié dans un récent article sur mon blog, de « géniteur d’Hitler », était une faute. Clémenceau, en refusant en 1916 les offres de paix de l’Autriche-Hongrie, mena au massacre plusieurs centaines de milliers d’Européens avec les conséquences désastreuses que l’on connaît. Le Pen, prenant à son compte ces symboles, tant de la gauche que de la droite dite « républicaine », il ne fallait pas s’étonner que les électeurs appliquent l’adage qu’il affectionne et préfèrent l’original à la copie.

Quitte à voter « républicain », un quart des électeurs du FN ont voté Sarkozy.

 2 - Chercher les voix chez les immigrés : une stratégie suicidaire…

L’erreur majeure de Le Pen fut de tenter d’aller chercher ses voix dans les banlieues. Pas auprès des « petits blancs » qui lui ont toujours apporté massivement leurs suffrages. Non ! Il préféra s’adresser aux « jeunes » et aux personnes « issues de l’immigration » auxquelles il lança un appel sur la dalle d’Argenteuil, les qualifiant de « branche de l’arbre France ».

Quant à l’affiche avec la beurette, voilà encore un bel exemple d’erreur de communication. Croire que les jeunes issus de l’immigration se précipiteraient dans les bras de Le Pen procédait  d’une suicidaire illusion. Les électeurs du FN et les identitaires veulent une Alsace alsacienne, une France française et une Europe européenne. Ils ne veulent pas d’une Alsace turque, d’une France algérienne ni d’une Europe africaine. C’est même le fondement de leur combat et de leur engagement, le plus grand dénominateur commun de toutes les sensibilités identitaires, fussent-elles nationalistes, régionalistes, européennes, chrétiennes, royalistes, etc…

Il était suicidaire de prendre ainsi son électorat à contre-pied, et de nombreux électeurs ont préféré voter Sarkozy, interdit de séjour à Argenteuil pour cause de propos « kärchérisateurs », que Le Pen qui recueillait sans sourciller les youyous des femmes maghrébines.

A ceux qui, au bureau politique du FN réuni au lendemain du premier tour, formulaient quelques critiques quant à la stratégie menée, Farid Smahi, proche de Marine Le Pen,  rétorqua « Vous êtes des fascistes, vous êtes des racistes »… Cherchez l’erreur…

 3 - Marine, l’adversaire du régionalisme…

La troisième erreur majeure de Le Pen fut de tolérer que sa fille Marine tienne des propos insultants à l’encontre de ceux qui défendent des identités régionales: « Le bilinguisme, un danger pour l’unité de la République ! » et son secrétaire général, Louis Aliot, qui n’hésita pas à comparer le « communautarisme musulman » au « communautarisme » alsacien. Les Alsaciens ont apprécié : le FN s’effondre de 10 points.

On n’insulte pas impunément une identité enracinée, d’autant que, comme je l’ai démontré dans un article paru dans la revue Synthèse Nationale « Europe, Etats, Nations, quel avenir ? » (N°3, printemps 2007) à consulter sur mon blog ( www.robert-spieler.net  ), il n’y a pas contradiction entre l’attachement à sa Petite Patrie, à la nation France et à l’espérance d’une Europe de la puissance.

4 - L’insincérité de l’Union patriotique…

La quatrième raison de cet échec réside dans le bluff que fut l’appel à l’Union patriotique. L’idée était au demeurant excellente : rassembler toutes les forces nationales et identitaires en pratiquant le pardon des offenses, même si les offenses étaient partagées. Ce qui n’était, dans l’esprit de ses auteurs, qu’un piège destiné à Philippe de Villiers, recueillit un vrai écho.

Bruno Mégret, entre autres, y répondit favorablement. Etait-il sincère, était-il cynique et voyait-il là un moyen de revenir dans le « jeu politique », peu importe. Des associations, des responsables et des militants s’enthousiasmèrent pour une démarche qui aurait pu donner une vraie dynamique à Le Pen. Celle-ci fut torpillée par Marine Le Pen et Louis Aliot. Mégret fut une nouvelle fois humilié et interdit d’assister à la convention présidentielle de Lille.

Diviser pour mieux régner et mieux perdre…

5 - Le FN paye des années d’incurie

La cinquième raison de cet échec réside dans l’état lamentable du FN. Une partie des meilleurs cadres et des meilleurs militants a quitté le mouvement au fil des années, écoeurée par le népotisme, le fonctionnement non démocratique du mouvement, poussée vers la sortie à force de vexations. Le FN ressemble aujourd’hui davantage à une boutique familiale qu’à un parti organisé : une boutique où règne Marine Le Pen et un petit clan qui ne tolère pas la moindre contestation. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer. Il est impossible pour une femme ou un homme de qualité et de caractère, refusant la soumission, d’accepter sur la durée ce type de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’une cour orientale qu’à celui d’un parti moderne, démocratique et conquérant.

Ils ont tout cassé. Eh bien, il nous faudra tout reconstruire. Partisans de l’idée nationale, régionalistes, militants de l’Europe de la puissance, nous devons faire front ensemble pour la victoire de nos idées et pour que vive notre civilisation.

Espérance et Résistance".

Robert Spieler

Président d’Alsace d’Abord

24/04/2007

VAUT-IL MIEUX ETRE DIABOLISE A 20% OU DEDIABOLISE A 10% ?

medium_images.33.jpgJe lis beaucoup depuis hier que la stratégie de dédiabolisation du FN voulue et menée par Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, a totalement échoué et a conduit le mouvement au score que l’on sait. A mon avis, c’est en réalité vrai et faux.

Certes, cette stratégie a échoué à produire des résultats satisfaisants pour le FN, c’est le moins que l’on puisse dire, mais elle a bel et bien réussi sur le fond : le discours du FN s’est trouvé effectivement dédiabolisé, pour la première fois, et a été présenté comme tel par les médias. Mais le résultat est particulièrement pervers pour les nationaux: c’est le système qui a tout naturellement récupéré la mise. Car les électeurs, face à deux discours relativement proches et tous deux dédiabolisés, ont  logiquement choisi l’efficacité. Vraie ou fausse, bien sûr. Là n’est pas la question, comme ils ne tarderont pas à s’en rendre compte.

Cela me conduit à me demander si le système n’a pas trouvé cette fois l’arme absolue pour réduire le FN comme un peau de chagrin, de l’intérieur puisqu’il n’y arrivait pas de l’extérieur. Et si cette arme absolue - si curieusement choyée par les médias -  qui va finir par offrir le FN sur un plateau au système, ne s’appelle pas Marine Le Pen.

23/04/2007

LA CLAQUE

medium_images.32.jpgEh oui, on l’a eu, le tsunami ! L’ennui, c’est qu’on l’a eu à l’envers, c’était juste une petite erreur de perspective. Je suis donc triste ce matin ? Oh non. Mais franchement stupéfaite par l’ampleur de la raclée.

Alors oui, à ce naufrage il y a quelques raisons qui échappent au FN : Sarkozy a largement braconné sur ses terres, il a promis monts et merveilles aux Français, qui l’ont cru. C’est vrai aussi qu’il incarne une nouvelle génération et nos concitoyens, éternels gamins, ont tendance à confondre jeunesse – relative – et innovation. Comme s’il n’y avait pas de jeunes cons ! Ce n’est pourtant pas ça qui manque. Et c’est vrai, les médias ont fait donner les grandes orgues en faveur des candidats du système, et la balance n’était pas égale, loin de là. Mais ce n’est pas nouveau, c’est même la routine.

Non, ce qui est arrivé hier soir, et qui nous touche tous - tous ceux qui sont engagés à des titres divers dans ce combat dit « d’extrême droite » et qui en paient le prix fort - est imputable en très grande partie au seul FN. Il a méconnu, depuis toujours, mais surtout depuis 2002, une règle essentielle du fonctionnement politique : un parti, ce n’est pas une famille. Ni un clan. Encore moins un duo. Un parti, ce sont des hommes et des femmes nombreux et divers, qui représentent des familles variées, et qui tous ont le droit, et le devoir, de s’exprimer. Un parti, ça peut s’engueuler à l’occasion, mais ça sait aussi se rassembler sur l’essentiel. Et ça peut même inviter des cousins éloignés repentis, à condition que ce soit sur des bases parfaitement claires et sans faire de grands écarts idéologiques.

Or, au lieu de donner l’image d’un parti riche de ses diversités ancrées dans l’histoire et la géographie de notre pays – ce qu’il aurait pu faire s’il avait honnêtement joué le jeu de l’union patriotique - le FN « new look » est apparu vidé de toute substance. Juste une vitrine bien éclairée, et plus grand chose dans la boutique. A force de vouloir séduire à tort et à travers les jeunes, les femmes, les banlieues, les verts, les rouges, les noirs, il a fini par faire fuir son électorat de base qui en a eu marre. Ca s’appelle lâcher la proie pour l’ombre et c’est mortel en politique.

En ce sens, la défaite cinglante, sanglante et sans appel qu’a connu hier soir le FN – et encore une fois, lui tout seul - est peut-être la plus formidable opportunité qui pouvait nous arriver. Car maintenant, il va quand même falloir se décider à recoller les morceaux et finir par proposer au pays une force de reconquête enfin crédible.

22/04/2007

EN CE JOUR DE VOTE....

medium_reclus_elisee.2.jpg

Clarens, Vaud, 26 septembre 1885

                                  Compagnons,

     Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage.

     Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.

     Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

     Voter, c'est être dupe ; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l'échenillage des arbres à l'extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l'immensité de la tâche. L'histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

     Voter c'est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l'honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages  — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l'homme change avec lui. Aujourd'hui, le candidat s'incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L'ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu'il était avant d'avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n'apprend-il pas à courber l'échine quand le banquier daigne l'inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l'honneur de l'entretenir dans les antichambres ? L'atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s'ils en sortent corrompus.

     N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur,  agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c'est manquer de vaillance.

     Je vous salue de tout cœur, compagnons

Élisée Reclus

Cette lettre a été adressée par Elisée Reclus à Jean Grave et insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885. Elisée Reclus enseigna et développa la géographie sociale dans ses très nombreux écrits. il fut par ailleurs anarchiste et sut mettre toute sa vie ses actes en conformité avec ses convictions. Il fut avant tout un esprit indépendant et rebelle. Un homme libre.

Ceci dit, cette lettre constitue un intéressant élément de réflexion. Rien de plus. AUJOURD'HUI, en ce 22 avril, les choses étant ce qu'elles sont et le système devenant de plus en plus totalitaire, IL FAUT utiliser cette arme du vote, même dérisoire, pour essayer de faire bouger les lignes et d'imposer des changements. C'est la seule que nous ayons pour le moment.

21/04/2007

LA SHOAH, UNE NOUVELLE RELIGION?

A la suite de la note Le Vatican a finalement baissé sa soutane, Radwulf a envoyé le commentaire suivant, que je donne en clair car il expose un point de vue très intéressant, susceptible de susciter à son tour d’autres réactions :

medium_jerusalem.gif

« Qu’est-ce qu’il faudrait donc pour faire admettre enfin aux responsables de l’Eglise catholique qu’ils sont en réalité confrontés aux exigences d’une nouvelle religion résolue à supplanter, entre autres (et plus particulièrement ?), la leur ? Car l’évidence est là - comme beaucoup s’en sont déjà rendus compte (y compris, à leur manière, des intellectuels juifs, dont par exemple Esther Benbassa qui avait signé dans Libération du 11 septembre 2000 un article intitulé La Shoah comme religion; voir également, du même auteur et J.-C.Attias, Les Juifs ont-ils un avenir ? Hachette 2002) - toute cette gesticulation à propos de la « shoah » ambitionne aussi d’imposer à la planète entière une nouvelle religion de circonstance que pour une fois, on pourrait peut-être qualifier de véritablement «judéo-chrétienne».

Ce serait l’ainsi nommé « peuple juif » qui servirait alors de nouveau messie, ayant souffert le « martyre » de l’holocauste, par la faute du « démon nazi », représentant ici l’ensemble du monde européen qui doit donc aussi partager sa culpabilité jusqu’à la fin des temps. Comme nouveau Golgotha, on aurait Auschwitz et en remplacement du « tombeau du Christ » de nos croisés, le lieu saint suprême vers qui les regards des croyants (qu’on pourrait même en fait appeler les « soumis » ou « muslim » !) devraient obligatoirement se tourner, serait ce Yad Vashem de Jérusalem. D’ailleurs, les israélo-américains, qui sont à la tête de la nouvelle religion, font tout en ce moment même pour nous entraîner dans une croisade au profit avant tout de leur « Terre Sainte » ! Pour faire enfin office de temple ou d’église, nous avons tous ces « mémoriaux » de la shoah qu’ils tentent d’implanter « jusqu’aux extrémités de la terre ». A telle enseigne que depuis janvier 2006, l’ONU lui-même a consacré une journée pour la célébration mondiale du nouveau culte dont le catéchisme est déjà enseigné dans nos écoles, ainsi qu’à travers les innombrables émissions de propagande des médiats qu’on nous impose en permanence.

On comprend alors pourquoi les principaux réfractaires à cette déferlante judéolâtrie sont qualifiés de négationnistes. Ceux-ci apparaissent inévitablement aux tenants de la nouvelle religion comme des négateurs, des hérétiques et des blasphémateurs inspirés par le « diable » en personne, connu également dans leur langage comme étant la « haine » et le « racisme ». Ils sont supposés habités par le mal car en contrariant de cette manière les intérêts du « peuple élu », ils se rendent coupable d’antisémitisme, le nouveau péché mortel propre à vous damner, à vous exclure à jamais de la communauté des « fréquentables » et des « civilisés ».

A l’égard de ces mécréants-là, l’intolérance est même devenue telle qu’il suffit maintenant de sembler émettre des « doutes » ou même de « minimiser » l’importance du martyre (en tant que souffrance absolue, causée par le crime absolu, à jamais inexpiable, comme l’avaient été la passion et le meurtre du Christ !) pour aussitôt encourir une persécution impitoyable. Les inquisiteurs, servis par une armée innombrable de délateurs et d’accusateurs publics sont tout puissants, faisant même trembler les présidents, les rois et les papes. Ils ont pour eux la force, l’argent, les lois, le contrôle du savoir, et jusqu’à la bonne conscience. Même dans les pires moments du Moyen-âge, on n’avait pas connu cela.

Une chose en tout cas me paraît certaine. Si l’Eglise officielle ne se reprend pas pour entreprendre enfin une véritable résistance (et elle en a les moyens, y compris par le recours à la recherche historique, en s’appuyant sur les archives qu’elle détient !) elle signe son arrêt de mort. Et je suis même persuadé que dans cette noble cause, la grande majorité des fidèles européens qui lui restent, tout comme ceux des pays non européens, ne demandent qu’à la suivre. Il suffirait qu’elle en exprime la volonté et agisse en conséquence. Autrement, elle se condamne irrémédiablement et nous oblige, pour notre propre survie, à tourner la page de plusieurs siècles de notre histoire qu’elle aura profondément marquée de son sceau. Ce serait infiniment regrettable mais nous ne pourrions accepter sans réagir l’asservissement de notre civilisation, en attendant de la voir disparaître. »

Radwulf

(dessin de Chard)

17/04/2007

REHABILITONS SANS COMPLEXE NOS VALEURS NATIONALES

Le texte suivant émane de Radwulf, qui a récemment apporté une brillante contribution à ce blog. C’est en fait un commentaire à l’article Hommes et cochons : de vieux compagnons. Mais sa réflexion est plus large et débouche sur des pistes qui intéressent  nos actions pour demain. Car le combat ne s’arrêtera pas le 6 mai. Cependant il devra impérativement évoluer pour prendre en compte toute la richesse des diverses composantes identitaires. C’est seulement à cette condition que nous pouvons espérer renverser la vapeur et apparaître enfin comme une force d’avenir.

« Cette affaire de « soupe au cochon » permet d’entrevoir le genre de sort qui nous attend au cas où nos « hôtes medium_mohicans.jpgforcés » réussissent véritablement à imposer leur présence, je veux dire, de manière définitive dans nos murs...  Et dire que dans le discours de certains, l’expérience inhabituelle de la vie en tant que minorités dans des pays non musulmans devait plutôt apprendre aux musulmans à se soumettre à d’autres règles. Encore fallait-il donc que les autochtones majoritaires soient eux-mêmes en mesure d’imposer sans complexe leurs propres valeurs, ce qui est de moins en moins le cas en ce qui nous concerne.

Par-delà même cependant la carence de ceux qui nous gouvernent, j’en viens à me demander si la source du mal ne réside pas en fait dans les fondements de nos institutions républicaines. Car à force de réduire les habitants de ce pays à l’état de simples  citoyens - les habitants de la  cité  ! - et même de plus en plus, d’électeurs faisant l’objet de toutes les manipulations, on ne manque pas de leur faire perdre toute identité collective, basée sur l’enracinement. Sans doute, la théorie voudrait que tout nouveau citoyen s’y conforme mais l’expérience montre que cela ne marche qu’avec les ressortissants d’origine européenne, de référence chrétienne.

Ne nous faisons donc pas d’illusions. Même si nous le voulions (ce qui n’est déjà pas le cas au niveau de la base populaire elle-même !), jamais nous ne pourrions assimiler nos actuels immigrés. D’ailleurs, on sait déjà que les modèles obligés de ces derniers sont justement les juifs ! Comme eux, ils réclament la « reconnaissance », exigent des droits exceptionnels, cherchent à imposer leurs propres valeurs, etc.

Voilà pourquoi, plutôt que de fantasmer sur des abstractions comme la  laïcité  ou les  valeurs républicaines, nous devons faire reposer notre résistance sur la réhabilitation de nos véritables valeurs nationales. En d’autres termes, celles de nos régions et de nos ethnicités. Au moins ces dernières sont, par vocation, non assimilationnistes. Un citoyen d’origine africaine pourrait toujours en effet se prétendre « français » en exhibant sa carte d’identité, mais jamais il ne pourrait se dire breton, alsacien ou auvergnat. Ce sont là des identités enracinées dans l’histoire et ne se perpétuant qu’à travers des traditions spécifiques, assumées ou non.

D’ailleurs, en y pensant, comme justement pour l’art culinaire, la  cuisine française  n’existe qu’à travers la cuisine de ses  régions. Et il en est de même pour tout le reste : les costumes, les coutumes et tout ce qui relève de ce que l’on a qualifié de « folklore ».

Et plus loin évidemment, tout ceci ne prend véritablement sens que dans le cadre global européen. En d’autres termes, dans un monde où les frontières administratives s’estompent, c’est en étant pleinement corse ou picard, ou ailleurs, catalan, flamand ou serbe, que l’on peut désormais s’assumer authentiquement européen. »

Radwulf

(dessin de Konk)

16/04/2007

LE VATICAN A FINALEMENT BAISSE LA SOUTANE

Eh oui, contrairement aux mâles affirmations faites précédemment, il apparaît que le représentant du Vatican en Israël, Mgr Antonio Franco, aurait finalement participé hier soir à la cérémonie d'hommage aux victimes de la shoah au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, revenant ainsi sur sa décision de boycotter la commémoration.

Nul doute que les pressions n’aient été trop fortes. Mais c’est bien navrant. Ce genre de reculade, franchement misérable, ne risque en tout cas pas d'éveiller un regain de ferveur à l'égard des sommités vaticanes, ni de contribuer à remplir les églises.