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24/05/2007

TOUT CELA N’EST PAS GAI

Je vous recommande un site satirique fort bien informé, qui n’est pas de mon bord, mais qu’importe : www.bakchich.info

J’y ai trouvé les deux commentaires suivants concernant la formation du nouveau gouvernement. Ils sont excellents et méritent d’être diffusés. Les voici :

64454f655b9fd3463db867b2ef92f419.jpg"Pour ces soi disants hommes politiques, qu’importe le goût de la soupe, pourvu qu’il y en ait. Alors Juppé "meilleur d’entre les meilleurs" (bien entendu à l’échelle des valeurs inversées) n’a pas plus de dignité que Kouchner, judas de son camp. En période de guerre, celui qui déserte son camp est passible d’être passé par les armes. En période de paix, il risque une lourde de peine de prison. Allez,  je plaisante, on va quand même pas se passer de ces deux soupards, derniers arrivés premiers servis à l’aune de la perfidie. Français, votre avenir est entre ces mains-là, tremblez et ne vous en prenez qu’à vous-mêmes, quand sonnera le glas des fausses espérances et des désillusions teintées d’amertume. Il sera trop tard pour pleurer sur le lait répandu. Vous aurez fait le lit d’opportunistes notoires et de politicards véreux. ALEA JACTA." 

"c’est parfait. rien à ajouter

si quand même. j’ai lu très récemment un article d’un journaliste allemand qui écrivait qu’Angela Merkel serait contrainte à la démission si elle acceptait ne serait-ce qu’une invitation pour un déjeuner à 40 euros de la part d’un chef d’entreprise !

j’aimerais tant que l’on m’explique pourquoi des millions de Français aux moyens très modestes acceptent que les élus bafouent les lois, dilapident l’argent de l’Etat,c’est-à-dire celui du citoyen, mentent, échappent à toutes les poursuites judiciaires, peuvent être réélus alors qu’ils ont un casier judiciaire, cumulent les mandats et les indemnités, cumulent les retraites.....

dans le même temps un manifestant, avec un casier vierge, est condamné à 6 mois ferme pour avoir été pris avec un projectile à la main et le travailleur pauvre doit vivre avec 760 euros par mois ! "

Eh oui, tout cela n’est pas gai et incite à se poser bien des questions. Le combat politique que nous menons est un désert d’une aridité sans fin, rendu plus difficile encore par les réactions de nos compatriotes. Peut-on leur en vouloir ? Même pas. Face à ce système corrompu, mais puissant, le seul parti hors système, le Front national, a malheureusement échoué à présenter une alternative crédible. C’est sa grande faute. Il avait des éléments de valeur qui pouvaient remplir ce rôle, tous ont fui. De ce point de vue là, par son comportement irrationnel et négatif, le FN, bien que n’ayant jamais été aux affaires, a lui aussi une part de responsabilité dans l’état de notre pays.

Pour finir sur une note plus amusante, vous allez voir que ça n’aura pas traîné… :

Chirac lâché… par le meilleur d’entre eux

Alain Juppé qui n’a sans doute jamais digéré son exil canadien, a pris ses « distances » vis-à-vis de l’ancien président de la République. Interrogé, le 20 mai, sur RTL, Monsieur environnement a déclaré froidement : « Il a un statut quand il est président de la République, quand il n’est plus président de la République il est un citoyen comme les autres. Je pense que c’est l’application des textes, de la loi. » Le ministre pavoise et oublie que quelques jours avant, c’était lui qui était inquiété.

Source : www.bakchich.info

Photo: www.novopress.info

23/05/2007

UNE EVOLUTION DECIDEMENT BIEN INQUIETANTE

J’aimerais revenir sur un aspect de l’élection de Nicolas Sarkozy sur lequel on ne s’est guère appesanti mais que je trouve pourtant très révélateur d’une évolution qui, une fois de plus, nous échappe et se passe largement au-dessus de nos têtes.

Il fut un temps pas si lointain où « être élu avec les voix du Front national » constituait l’horreur suprême. Les monstrueuses « voix du Front national » devaient être rejetées dans les ténèbres extérieures. La gauche était aux premières loges, assistée de toutes les assoces antiracistes, pour courir sus à la bête et dénoncer haut et fort ceux qui auraient accepté ces voix maudites.

Cette fois-ci, rien de tel. Silence radio. Il me semble pourtant que Sarkozy a bel et bien été élu « avec les voix du Front national ». D’où vient que l’on n’entende pas cette fois le chœur des pleureuses – même à gauche – et que l’on s’extasie au contraire sur la forte légitimité républicaine du nouvel élu ? Pourquoi ce traitement exceptionnel, ou cette amnésie? Que s’est-il passé entretemps ?

Eh bien, il s’est tout simplement passé que les responsables d’une certaine communauté très en pointe dans notre pays, ont viré leur cuti, déserté la gauche et sont passés avec armes et bagages dans le camp de la « droite ». Je vous rassure tout de suite, il s’agit de  la droite du système. Ils n’ont donc pas eu à aller bien loin. Ils l’ont fait car leur intérêt leur dictait de le faire. Après avoir fait entrer à tour de bras les immigrés dans notre pays, voilà que ces ingrats se retournaient contre leurs bienfaiteurs et allaient même jusqu’à se livrer à des actes antisémites qui n’étaient pas prévus au programme. Il fallait sévir, et pour ça, la « droite » avait l’air plus crédible. Pas n’importe quelle droite, naturellement. Une « droite » très contrôlée et très favorable, ayant à sa tête un homme proche. Tout fut donc mis en œuvre pour concourir à la réussite de l’OPA de Sarkozy sur la « droite », avec le succès que l’on sait,  et le Front national, qui n’y vit que du feu, eut droit à l’embrassade qui tue.

7f5b149f8027dfc60265374a649d3f8c.jpgLe livre La France LICRAtisée démontre très clairement que la LICRA, puissante association antiraciste, a eu une influence majeure sur la vie politique française de ces dernières décennies. Elle est restée à gauche – ses dirigeants ont toujours été communistes ou socialistes – jusqu’à l’arrivée à sa présidence de Patrick Gaubert, en 1999. A ce moment-là, l’évolution de la situation commandait de changer son fusil d’épaule. Ce qui fut fait. Patrick Gaubert est donc député européen UMP.

De son côté, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), n’est pas resté inactif. Son soutien à Sarkozy a été marqué et il a été parmi les tous premiers à le féliciter. Comme la LICRA, le CRIF, qui ne représente pas tous les juifs de France, mais un certain nombre d’associations et organisations – 64 pour être précis – ne cache pas son soutien sans faille à l’Etat d’Israël. Ce qui est son droit. Je me demande simplement s’il est normal qu’une organisation partisane bénéficie d’une tribune publique et officielle, comme celle qui lui fut offerte le 23 janvier 2007 par une chaîne censée remplir une mission de service public, à savoir Public Sénat ?

690371ab2671565da048cf4e2af2257c.jpgPour la première fois en effet cette année, le dîner annuel du CRIF, auquel se pressaient 800 personnalités du monde politique – oui, j’ai bien dit 800 – fut tranquillement retransmis en direct et en intégralité sur cette chaîne financée par le contribuable. Le PDG de la chaîne, un certain Jean-Pierre Elkabbach, annonça d’ailleurs benoîtement : « En cette année présidentielle, la retransmission inédite de la première soirée du CRIF 2007 sur la chaîne d’information politique Public Sénat marque une nouvelle étape dans l’expression de la démocratie directe ». Plus c’est gros, mieux ça passe.

De toute façon, ce n’est là qu’un début. L’expression de la démocratie directe, le CRIF a bien l’intention de la pratiquer intensivement. Le Canard enchaîné de cette semaine révèle qu’il est intervenu directement auprès de Sarkozy pour exiger que Hubert Védrine, dont le nom avait été avancé, ne soit pas nommé ministre des affaires étrangères. Vous avez pu constater que le message est passé 5 sur 5. Voici l’article du Canard :

“L’ennemi d’Israël”: “Dès que les dirigeants du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont appris ce projet du nouveau chef de l’Etat, Roger Cukierman, président sortant du Crif, a appelé au téléphone Claude Guéant pour une violente mise en garde. “On a eu une réunion au Crif, aujourd’hui, et la rumeur d’une nomination de Védrine aux affaires étrangères a circulé. Cela a provoqué la panique parce que, pour nous, Védrine est pire que les anti-israéliens habituels du Quai d’Orsay.” Un peu plus tard, Cukierman a joint directement Sarkozy et lui a dit que la communauté juive prendrait la nomination de Védrine comme un “casus belli”. ll faut le comprendre : Cukierman et ses amis avaient fait campagne pour Sarko en expliquant que la victoire de Ségolène provoquerait le retour deVédrine au Quai !”

22/05/2007

COMMENT FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX : VIEILLE RECETTE FRANCAISE

On a vu hier, de manière quasi caricaturale, à quel point le système entend se perpétuer en modifiant le moins de choses possible. Il ne se donne même pas la peine de changer de têtes, à quoi bon ? Bon nombre de reconduits, qui figuraient dans les gouvernements précédents, n’y ont laissé strictement aucun souvenir. Il est donc facile de les faire passer pour neufs.

J’en discutais hier avec mon mari, qui me rétorquait que oui, bon, d’accord, mais enfin, ces gens n’étaient quand même pas n’importe qui. Pour devenir ministre, il fallait, c’est évident, des compétences qui n’étaient pas à la portée de tout un chacun.

Il ne faisait là que reprendre à son compte ce qui est profondément inscrit dans le crâne de la plupart de nos compatriotes, et qui permet au système de perdurer. Ils voient pourtant que le pays va de plus en plus mal, ils constatent que ce sont les mêmes qui sont aux commandes et se repassent les plats depuis trente ans, sous leur nez. Eh bien, malgré tout, ils continuent à éprouver une espèce de révérence devant cette caste d'intouchables apparemment destinée à régner de toute éternité. Sans même avoir une obligation de résultat.

0a7184d267cd033bc072e0d0a8fa538e.jpgBref, cela m’a donné l’idée d’aller voir d’un peu plus près si les diplômes et professions exercées dans le civil par ces messieurs-dames (lorsque professions il y a) justifiaient pareille prétention d’un côté et pareille révérence de l’autre. Je vous livre le résultat de mes recherches. Loin de moi l’idée de croire que les  diplômes sont forcément liés à l’intelligence et à la compétence. Nous savons tous que c’est loin d’être le cas. De toute manière, pour réussir en politique à l'heure actuelle, il faut satisfaire à d'autres critères et faire preuve d'autres aptitudes qui ne sont pas, c'est vrai, données à tout le monde.

 

Ce qui suit est juste un petit exercice qui nous permettra de mieux situer les personnages à qui nous aurons affaire dans les années (ou mois) qui viennent. Certains se sont montrés très lapidaires dans leur CV, où il n'est question que d'"études" et non de diplômes. Leur modestie est tout à leur honneur.

-         François Fillon : DEA en droit public et DEA en sciences politiques

-         Alain Juppé : agrégation de lettres classiques  - ENA

-         Michèle Alliot-Marie : docteur en droit et en sciences politiques – CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat)  –  maîtrise d’ethnologie

-         Bernard Kouchner, médecin

-         Xavier Darcos, professeur agrégé de lettres classiques

-         Dominique Bussereau, conseil en entreprises

-         Christine Lagarde :  DESS de droit social  –  maîtrise d’anglais

-         Roselyne Bachelot-Narquin, pharmacienne

-         Xavier Bertrand : diplômé en droit, agent d’assurances

-         Brice Hortefeux : maîtrise en droit public

-         Jean-Louis Borloo : licences en droit, philosophie, histoire et sciences économiques

-         Eric Woerth : ancien élève de HEC Paris et de l’Institut d’études politiques de Paris

-         Hervé Morin : administrateur à l’Assemblée nationale

-         Eric Besson : études à l’Ecole supérieure de commerce de Montpellier puis Institut d’études politiques de Paris

-         Christine Boutin, journaliste

-         Jean-Pierre Jouyet : diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris  –  ENA

-         Roger Karoutchi, inspecteur général de l’éducation nationale

-         Martin Hirsch : DEA de neurobiologie  –  ENA

-         Valérie Pécresse : diplômée HEC  –  ENA

-         Christine Albanel : professeur agrégée de lettres

-         Rachida Dati : maîtrises en sciences économiques et en droit public. A déclaré à son arrivée place Vendôme : Je suis le symbole de la France. Elle a raison, son parcours, particulièrement atypique et fort instructif, en témoigne.

J'allais oublier le premier d'entre eux. Nicolas Sarkozy: diplôme de droit public et de sciences politiques  - maîtrise de droit privé  -  CAPA

21/05/2007

DROLE DE BIG-BANG GOUVERNEMENTAL!

7cfd0d40f353a6e0423bbdaedf0e0f28.jpgSans rire, c’est ainsi que j’ai entendu qualifier le nouveau gouvernement ! Il va falloir que je vérifie dans le dictionnaire, car la définition du big-bang a dû changer depuis peu. Ou alors,  j’ai raté un épisode du feuilleton.

Ceci dit, les excellences qui nous gouvernent auraient tort de se gêner car les Français, qui ont décidément la mémoire encore plus courte que les idées, n’y voient que du feu et trouvent ça très bien. Il est vrai que lorsqu’un peuple ne vit plus que dans la satisfaction immédiate de besoins strictement consuméristes, tout ce qui s’est passé avant 2005 est déjà de l’histoire ancienne.

Donc, en route pour le changement et la « rupture » promis. Attachez vos ceintures, vous allez être servis :

-     François Fillon, ex ministre du travail, ex ministre de l’éducation nationale

-         Alain Juppé, longue carrière qu’il est inutile de rappeler, ex condamné, mais pas pendant longtemps

-         Michèle Alliot-Marie, ex ministre de la défense (entre autres)

-         Bernard Kouchner, on s’est déjà intéressés à lui, on n’y reviendra pas pour le moment

-         Xavier Darcos, ex ministre délégué à l’éducation nationale

-         Dominique Bussereau, ex secrétaire d’état au budget

-         Roselyne Bachelot-Narquin, ex ministre de l’environnement (entre autres)

-         Christine Lagarde, ex ministre déléguée au commerce extérieur (très sensible aux intérêts des multinationales, on n’a pas fini de bouffer des OGM)

-         Xavier Bertrand, ex ministre de la santé

-         Brice Hortefeux, ex ministre de Villepin

-         Jean-Louis Borloo, idem

-         Eric Woerth, ex secrétaire d’état sous Raffarin (autant dire dans une autre vie)

Edifiant, non ? Bonjour la rupture. Mais ce n’est pas fini, car les autres sortent exactement du même moule si je puis dire :

-         Hervé Morin, député UDF depuis 1998

-         Eric Besson, député socialiste depuis 1997

-         Christine Boutin, députée depuis des lustres (c’est elle qui brandissait sa bible dans l’hémicycle pendant les débats sur le PACS)

-         Jean-Pierre Jouyet, a fait toute sa carrière dans les cabinets de gauche

-         Roger Karoutchi, ancien député européen, sénateur

-         Martin Hirsch, ancien directeur de cabinet de Bernard Kouchner

-         Valérie Pécresse, députée et fille de Dominique Roux, président de Bolloré Télécom (le monde est petit, on n’y peut rien)

-         Christine Albanel, proche de Chirac et belle-sœur de Villepin (même réflexion que ci-dessus)

Reste Rachida Dati, qui a eu la chance extraordinaire – un vrai conte de fées – de bénéficier pendant toute sa courte mais brillante carrière, de la protection d’un ange tutélaire : Simone Veil soi-même. Allons, ne me dites pas que cela vous étonne, je ne vous croirais pas…

Alors bon, quand je considère cette liste, je me dis vraiment que ces gens-là prennent les Français pour des cons. Et le pire, c’est qu’ils ont raison. Puisque ça marche. Pour l’instant encore. La question à mille francs à présent, c’est de savoir comment tout cela va finir.

20/05/2007

CA NE VA PAS TARDER A TANGUER !

Revenons sur la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères,  car elle est à elle seule emblématique de l’extraordinaire décalage qui existe entre le personnage qui se trouve à présent à la tête de l’Etat, et les aspirations de ceux qui l’y ont placé.  

medium_kou.jpgmedium_p90_sarko_sderot.jpgQu’on se souvienne que Sarkozy candidat voulait balayer – au karcher -  les restes de mai 68 et pourfendait, en paroles, la dictature du « droit de l’hommisme »  qui a fait tant de ravages chez nous. Vaste rigolade ! Sarkozy président installe à un poste-clé, au quai d’Orsay, un gauchiste pilier de mai 68, droit de l’hommiste convaincu et agissant.

C’est que bien d’autres solidarités sont en jeu, et de bien plus importantes, que le quidam de base n’a pas à connaître. Qu’il vote bien, c’est tout ce qu’on lui demande. Maintenant, les choses sérieuses commencent. Il s’agit d’envoyer un signal fort en direction des Etats-Unis et d’Israël, et de les rassurer. La France suivra. L’un des rarissimes « responsables » politiques français à avoir approuvé à l’époque l’intervention américaine en Irak au nom des « droits de l’homme » !!!  était justement notre nouveau ministre des affaires étrangères. Cela promet des lendemains qui font froid dans le dos. Suivez mon regard du côté de l’Iran, qui n’a qu’à bien se tenir… Ajoutons à cela, afin que le portait soit complet, qu’il n’a jamais raté une occasion de se déclarer en faveur de l’entrée de la Turquie dans la généreuse famille européenne… Bref, alignés au doigt et à l’œil sur les Etats-Unis et Israël comme ils le sont l’un et l’autre, j’ai l’impression que les Français, qui n’ont pas voté pour ce résultat,  mais pour autre chose, vont avoir du mal à suivre le convoi bien longtemps.

D’ailleurs, les réactions à cette nomination sont bien révélatrices. Celle des arabes, d’abord :

« Pour les pays arabes, l’élection de Nicolas Sarkozy constituait déjà une mauvaise nouvelle. Proaméricain, le nouveau président français a régulièrement soutenu le gouvernement israélien contre ses voisins arabes, suscitant de sérieuses appréhensions sur les nouvelles orientations de la politique étrangère de Paris. Signe de cette méfiance : plusieurs dirigeants arabes, à leur tête le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, n’ont pas félicité Nicolas Sarkozy après son élection. Les autres dirigeants l’ont fait, mais souvent via des messages empreints de froideur.

Les craintes des Arabes devraient se confirmer ce vendredi, avec l’annonce du nouveau gouvernement français. Sauf surprise de dernière minute, c’est le « socialiste » Bernard Kouchner qui sera nommé au poste de ministre des Affaires étrangères, au nom de la démarche d’ouverture mise en place par le nouveau président élu. Pour les pays arabes, ce choix constitue une vraie mauvaise nouvelle. Car, l’homme cumule au moins trois défauts majeurs. En 2003, il fut l’un des rares hommes politiques français à avoir soutenu et défendu publiquement la guerre en Irak.  Un choix qu’il assume encore aujourd’hui, malgré les résultats catastrophiques de l’intervention américaine dans ce pays. Deuxième défaut : tout au long de sa carrière politique, Bernard Kouchner s’est rangé derrière les gouvernements israéliens. L’homme, engagé sur de nombreux dossiers humanitaires à travers le monde, n’a presque jamais eu un seul mot de compassion pour les nombreuses victimes palestiniennes dans les Territoires occupés.(…)

Enfin, et c’est sans doute ce qui va gêner le plus de nombreux dirigeants arabes, le futur chef de la diplomatie française est l’un des principaux promoteurs du très controversé droit d’ingérence humanitaire, souvent appliqué selon des critères contestés y compris par l’Organisation des Nations Unies elle-même. (….)  Or, le nouveau ministre connaît très peu le monde arabe où il ne dispose pas de relais capables de lui faciliter la tâche dans des négociations sur des dossiers souvent complexes. Les Libyens qui se sont rapprochés récemment des Américains n’apprécieraient pas en effet des ultimatum ou des menaces en provenance de la France qu’ils considèrent d’ailleurs comme un « petit pays ». Et la Ligue arabe, dont le Soudan est membre, ne risque pas d’apprécier une action militaire soutenue par Paris au Darfour. »

Bref, bien des ennuis en perspective. Ah, s’il ne s’agissait que de transporter des sacs de riz, la vie de ministre serait un champ de roses !

La réaction des Israéliens est la suivante. Volontairement retenue, on voit cependant se dessiner un subtil cahier des charges pour qui sait lire entre les lignes …

« Préparé par des ambassadeurs d’exception tels que Gérard Araud ou Nissim Zvili, le « dégel » des relations franco-israéliennes a permis le redéploiement d’une ambition commune que Jean-Michel Casa et Daniel Shek nourrissent aujourd’hui en France comme en Israël grâce à des projets concrets, une volonté d’œuvrer ensemble, une passion intacte pour la paix et le « mieux vivre ensemble ». L’agence de presse Guysen Israël News est le premier témoin des efforts produits à Paris comme à Jérusalem. Saluons de ce point de vue la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy de regarder la Méditerranée en face, de voir prochainement Israël entrer dans la Francophonie, la prochaine inauguration du centre culturel français de Tel Aviv ou l’ambition de la Fondation France-Israël que préside Jacques Hutzinger, et le rôle non moins déterminant des principaux leaders de la communauté juive de France qui agissent aussi bien au titre de la défense des Juifs que de celle de la République.

La nomination très prochaine de Bernard Kouchner au poste de Ministre des Affaires Etrangères, « droit de l’hommiste » convaincu et pour lequel l’action diplomatique prime sur les déclarations de principe, est à priori rassurante. Car la presse israélienne n’avait pas caché son étonnement face à l’hypothèse de nommer un Hubert Védrine qui n’avait pas laissé de souvenirs particulièrement bons aux Israéliens.

Dans les couloirs des ministères à Jérusalem, comme dans les rédactions des grands journaux israéliens, l’élite politique et médiatique israélienne s’interroge : les paroles de Nicolas Sarkozy seront-elles d’improbables promesses ? Quelle surprise la nouvelle ère républicaine française réservera-t-elle à Israël ? Le fait de se déclarer « ami » d’Israël influencera-t-il son engagement pour une cause qui nous est chère, la sécurité d’Israël et la paix « en Méditerranée » ? ».

Sources : www.oumma.com   /  www.guysen.com      

19/05/2007

ILS NE VOULAIENT PLUS DE LA GAUCHE, ET QU’EST-CE QU’ILS ONT ?

Le nouveau gouvernement apporte la preuve éclatante de ce que nous affirmons à longueur de temps, à savoir qu’un système dirige totalement la France et qu’à l’intérieur de ce système, droite et gauche sont parfaitement interchangeables. Ou, pour être plus précis, ne se démarquent – car il faut bien entretenir l’illusion aux yeux des naïfs Français – que sur des points mineurs qui ne menacent nullement l’équilibre de l’ensemble.

Comme on pouvait s’y attendre, la pseudo ouverture ne concerne donc exclusivement QUE des gens déjà bien installés dans le système, et dont un bon paquet a déjà eu l’occasion de faire amplement ses « preuves » auparavant.

C’est qu’il a quand même fallu caser les amis de Fillon, de Raffarin, les sortants de Chirac et les chevaux de retour style Juppé. Voilà pour la « rupture », elle s’annonce très bien.

medium_images.62.jpgJ’ai gardé Bernard Kouchner pour la bonne bouche car il est franchement emblématique à bien des égards du nouveau pouvoir. Pour vous rafraîchir la mémoire au sujet de ce virtuose des médias, de ce jeteur de poudre aux yeux, je vous suggère de relire – ou de lire – le bouquin qu’il a co-écrit avec son compère Daniel Cohn-Bendit, Quand tu seras président…, bouquin né de leur « vieille amitié gauchiste », qui remonte à mai 68, lorsque Bernard appartenait au bureau national de l’union des étudiants communistes et Daniel enflammait les barricades…. C’était le bon temps !

C’était aussi la belle époque où Dany le Rouge défendait la pédophilie et où, pour ne pas être en reste,  Bernard signait, en 1977, avec toute l’intelligentsia de gauche (la liste complète vaut le détour) une pétition s’indignant à la perspective que trois pédophiles avérés soient condamnés à une grave peine de réclusion criminelle, car : « Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste (…) d’autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?) »

Ce qui ne l’a pas empêché d’être plus tard ministre de la santé. Au passage, je vous signale que Martin Hirsch, « nouveau » commissaire à la pauvreté, a été son chef de cabinet à cette époque-là. Le monde est petit. Lorsque Bernard s’est retrouvé au chômage, n’ayant jamais réussi à se faire élire député, il a créé une société de conseil, BK Conseil, et là, il a fait fort :

medium_images.63.jpgIl est allé en Birmanie – oh, pas longtemps, juste du 25 au 29 mars 2003 – pour sortir le pétrolier Total du pétrin. L’entreprise était accusée d’avoir fait travailler gratuitement des Birmans sur certains chantiers, sous la menace de l’armée birmane. Cela s’appelle de l’esclavage. Des plaintes avaient été déposées. Bernard Kouchner, à la demande d’un des avocats de Total, Jean Veil - le fils de Simone - va voler à leur secours. Pour la modique somme de 25 000 euros, sans les frais, il va pondre un rapport de 19 pages dédouanant totalement Total. Ce qui n’empêchera pas Total, pour éviter des procès très embarrassants, de dédommager un certain nombre de plaignants. Preuve que l’entreprise n’avait pas la conscience tranquille.

Bernard n’avait du reste pas besoin de rester longtemps en Birmanie, car il disposait d’excellentes sources pour rédiger son rapport : l’International Crisis Group. Vous vous demandez sans doute ce qu’est ce machin ?  Eh bien, il s’agit d'un énième machin destiné à contrôler la bonne marche de la planète. Dans le bon sens naturellement. Deux éminentes personnalités de sa connaissance y figuraient à l’époque : Christine Ockrent - Mme Kouchner à la ville - et Simone Veil. Le monde est décidément très petit, on n’y peut rien.

Pour satisfaire une curiosité bien compréhensible, je vous invite à lire ce brillant rapport, sur :   

http://birmanie.total.com/fr/publications/rapportbkconsei...

Vous constaterez qu’à 1 315 euros la page, c’est chouette d’avoir des relations !

18/05/2007

LARMES DE CROCODILE (suite et fin)

Je m’interrogeais hier sur la curieuse décision de valoriser une fois de plus une idéologie perverse et délétère, le communisme, à travers le destin d’un jeune fusillé de 17 ans. Que Guy Môquet ait écrit avant de mourir une lettre d’adieu touchante à ses parents, ne rend en aucune façon ce système politique plus acceptable. C’est pourtant ce qui se passera, car l’amalgame se fera tout naturellement auprès des jeunes, sensibles et manquant de repères historiques. C’est sans doute le but de la manœuvre.

medium_brasillach.jpgLa vraie « rupture » aurait pu consister à valoriser un autre condamné à mort de cette période. Jeune, lui aussi. Et qui a écrit dans sa prison, les jours précédant son exécution, les beaux Poèmes de Fresnes. Il s’appelait Robert Brasillach et n’avait jamais tué ni torturé personne. Mais il se trouvait du mauvais côté de la barrière et l’épuration réclamait son tribut de sang. Il se livrera lui-même aux nouvelles autorités françaises et malgré l’intervention d’écrivains célèbres, comme Camus, Malraux, Mauriac, sera condamné à mort. Le général de Gaulle refusera sa grâce. Il sera fusillé en février 1945, à l’âge de 35 ans. Soixante-deux après, il est toujours dans l'enfer des écrivains maudits.

Quelques jours avant sa mort, il écrivait sur son pays, qui était le même que celui de Guy Môquet, la France, le poème suivant :

MON PAYS ME FAIT MAL

Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.

Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.

Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.

Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.

Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,

Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal.
Quand sera-t-il guéri ?

17/05/2007

LARMES DE CROCODILE

Et un petit coup d’encensoir aux communistes, un ! Dans sa frénésie « d’ouverture », voilà que le nouveau président s’empare d’un militant communiste fusillé par les Allemands pendant la guerre pour en faire un exemple pour la jeunesse de ce pays ! De plus en plus fort ! Et particulièrement prometteur quant à la « rupture » promise…

On ne fera plus de repentance, c’est promis, juré, mais enfin, dorénavant, à chaque début d’année scolaire, c’est la lettre d’un communiste, écrite à ses parents avant son exécution en 1941, qui sera obligatoirement proposée à l’édification des lycéens français, en sus naturellement de toutes les autres commémorations auxquelles ils ont déjà droit. Vous me direz que ce n’est pas vraiment de la repentance. Peut-être … Cela revient en tout cas à valoriser, année après année - auprès de jeunes à qui on s’est bien gardé d’enseigner les repères historiques nécessaires à une appréciation objective des faits - un système politique qui a accumulé les crimes les plus terrifiants. Et qui continue chez nous à parader comme si de rien n’était.

"Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a déclaré Sarkozy après la lecture de cette lettre au cours d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne. Les caméras ont même surpris le nouveau chef d’Etat essuyant une petite larme télégénique à l’issue de cette lecture par la lycéenne Sofia Ibrahimi.

Certes, Guy Môquet n’a pas eu de chance. Fils d’un député communiste de Paris, membre des jeunesses communistes, il est arrêté durant ses activités militantes et incarcéré au camp de Châteaubriant. Il a 17 ans. Sur ces entrefaites, le 20 octobre 1941, un commandant allemand, Karl Hotz, est exécuté de deux balles dans le dos par trois jeunes communistes. 27 otages du camp de Châteaubriant seront fusillés en représailles. Guy Môquet est du nombre.

Oui, sa lettre est bien triste, et digne. Oui, c’est cruel de mourir à 17 ans, même pour sa cause. Mais bon, c’était la guerre et jouer les héros n’était pas sans risque.

 

medium_Image13.jpgPuisque Nicolas Sarkozy aime apparemment s’apitoyer, qu’il se souvienne qu’il y a 75 ans cette année – 9 ans avant l’exécution de Guy Môquet -  les communistes russes affamaient volontairement l’Ukraine et faisaient périr, par la faim et le typhus, plus de six millions de personnes. C’était en 1932-33. Des témoignages horrifiants sur cette famine délibérément organisée par le pouvoir existent, qui valent largement la lettre du jeune Guy. Des témoignages du genre de celui-ci, qui émane du consul italien alors en poste à  Karlov :

« Depuis une semaine, un service pour recueillir les enfants abandonnés a été organisé. En effet, en plus des paysans qui affluent vers la ville parce qu’ils n’ont plus aucun espoir de survie à la campagne, il y a des enfants qu’on amène ici et qui sont ensuite abandonnés par leurs parents, lesquels s’en retournent au village pour y mourir. (…) Ceux qui ne sont pas encore enflés et offrent une chance de survie sont dirigés vers les baraquements de Holodnaïa Gora, où dans des hangars, sur la paille, agonise une population de près de 8 000 âmes, composée essentiellement d’enfants. (…) Les personnes enflées sont transportées en train de marchandises à la campagne et abandonnées à cinquante-soixante kilomètres de la ville, en sorte qu’elles meurent sans qu’on les voie ».

medium_2222.jpgRappelons également que juste quelques mois avant l’exécution de Guy Môquet, le NKVD, police secrète soviétique, assassinait à Katyn, d’une balle dans la tête, la bagatelle de 4 500 officiers polonais prisonniers de guerre.

Les communistes français étaient alors, et sont restés trop longtemps, totalement alignés sur Moscou. Ils sont entièrement comptables de ses crimes.

C’est cela qu’il faudrait enseigner aux lycéens français. Mais c’est mal barré. Le système a encore de beaux jours devant lui.