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09/10/2007

DES OCCASIONS DE NOUS RETROUVER…

La XIIe Table Ronde de TERRE ET PEUPLE se tiendra le dimanche 21 octobre à Villepreux, au Domaine de Grand’Maison dans les Yvelines, à partir de 10h (entrée : 8 euros)

Sur le thème Liberté pour l'Histoire, vous pourrez entendre : Gabriele ADINOLFI (Italie) Président de Polaris  "Les Italiens assument toute leur Histoire" ; Patrick BRINKMANN (Suède)  Président de Kontinent Europa Stiftung  "L'enjeu européen du combat pour la liberté de l'Histoire" ; Maître Eric DELCROIX (France)  "Les juges doivent-ils écrire l'Histoire ? » ; Pierre KREBS (Allemagne) Président du Thule-Seminar  "Le droit des Allemands d'avoir la mémoire de leur Histoire" ; Andreas MOLAU (Allemagne) Candidat du NPD aux élections en Saxe  "Politique et Histoire" ; Enrique RAVELLO (Espagne) Président de Tierra y Pueblo  "L'Histoire de la Guerre d'Espagne : un enjeu idéologique" ; Dr Gert SUDHOLT (Allemagne) Directeur de la revue Deutsche Geschichte  "Un éditeur doit se battre pour le droit à l'Histoire" ; Tomislav SUNIC (Croatie)  "L'Histoire victimaire comme identité négative" ; Pierre VIAL (France)  Président de Terre et Peuple "Qui veut empêcher l'Histoire d'être libre ?".

Je serai parmi les auteurs qui signeront leurs livres en marge de cette Table Ronde.

La semaine suivante, à Paris, nous fêterons le 1er anniversaire de la revue SYNTHESE NATIONALE, sur le thème : Face aux dangers qui menacent notre civilisation, COMMENT DÉFENDRE NOTRE IDENTITÉ ?

Samedi 27 octobre 2007 de 13 h. 30 à 18 h. 30 Grande salle du Théâtre de l’Asiem, 6, rue Albert de Lapparent 75007 Paris (Métro Ségur)

Seront présents à cette manifestation : Bernard Antony Président de Chrétienté Solidarité ; Alexis Arette Ancien syndicaliste agricole ; Nicolas Bay Secrétaire général du MNR ; Martial Bild Directeur de Français d’abord ; Odile Bonnivard Porte- parole de Solidarité des Français ; Jérôme Bourbon Journaliste à Rivarol ; Xavier Guillemot Directeur de l’Idée bretonne ; Roland Hélie Directeur de Synthèse nationale ; Anne Kling Défendons Notre Identité ; Bruno Larebière Le Choc du Mois ; Frédéric Pichon Europae gentes ; Olivier Pichon Directeur de Monde et Vie ; Philippe Randa Ecrivain et éditeur ; Fabrice Robert Président du Bloc identitaire ; Catherine Robinson Journaliste à Présent ; Pierre Sidos Président de l’Oeuvre française ; Chantal Spieler Présidente de Solidarité alsacienne ;  Robert Spieler Président d’Alsace d’abord ; Jean-François Touzé Conseiller régional FN d’Ile-de-France ;  Pierre Vial Président de Terre et Peuple

Invité d’honneur : Filip Dewinter, député (Vlaams Belang) d’Anvers

De 14 à 16 h. Tables rondes; de 16 à 18 h. 30 Interventions. Nombreux stands : Livres, journaux, blogs, associations…

Participation : 6 € - Venez nombreux !

www.synthesenationale.com

08/10/2007

NO MORE WARS FOR ISRAEL

0437f5438d0b96f4e270597e8b41be27.jpgUn correspondant de Floride, que je remercie au passage, m’a parlé du journaliste américain Jeff Rense, qui dérangerait beaucoup outre Atlantique. Car il ne craint pas d’aborder les sujets qui fâchent, c’est même sa spécialité. Jeff Rense est qualifié par Wikipédia anglais de « théoricien de la conspiration ». Il considère notamment que l’attaque du 11 septembre 2001 était orchestrée par des néoconservateurs du gouvernement, la CIA et le Mossad.

Comme vous le voyez, et que l’on partage ses vues ou non, ce journaliste essentiellement de radio et de télévision, sort des sentiers battus. Je vous recommande vivement son site, www.rense.com , vous y ferez sûrement des découvertes.

On y apprend, entre autres, qu’une conférence intitulée NO MORE WARS FOR ISRAEL (Plus de guerres pour Israël) se tiendra très bientôt, du 12 au 14 octobre, dans le Orange County, au sud de la Californie. Le lieu précis n’était pas indiqué sur le site, afin, paraît-il, d’empêcher les menaces et intimidations habituelles sur les hôteliers. Je constate que ce genre de pratiques existe donc aussi là-bas. En France en tout cas, nous avons eu maintes fois l’occasion de constater que ça fonctionnait 5 sur 5 et que hôteliers et restaurateurs s’aplatissaient sans demander leur reste.

La conférence entend lancer un appel pour que cesse ce cycle sans fin de guerres au Moyen-Orient menées par les Etats-Unis pour venir en aide à un pays désigné sous le vocable de « worthless parasitic and terrorist nation by the name of Israel that has been subjugating the Arab Christian and Muslim population of Palestine for nearly sixty years ».

A voir la liste des participants ( http://nomorewarsforisrael.blogspot.com/ ), on ne devrait pas s’ennuyer à cette conférence, qui est dédiée à Mordechai Vanunu.

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Mordechai Vanunu est cet ancien ingénieur du centre nucléaire de Dimona, en Israël, qui avait révélé en 1986 l’existence du programme nucléaire militaire israélien. Après son enlèvement en Italie par le Mossad et un procès secret, il avait été condamné à 18 ans de prison pour espionnage et trahison. Il a été libéré en 2004. Circonstance agravante : il s’est converti au catholicisme.

03/10/2007

ENCORE UN A L’ABRI DU BESOIN !

1415e8c8ad041c67c6e69ca5f069ec65.jpg« Personne ne peut soutenir que M. Strauss-Khan est le candidat le plus qualifié au monde de par son expérience, son intelligence et sa formation (...) Il est le mauvais candidat, choisi de la mauvaise façon. (...) Seuls ceux qui veulent que le Fonds ne soit plus légitime peuvent applaudir ». Tel était en tout cas le jugement que portait le journal britannique Financial Times sur la candidature Strauss-Khan au FMI le 28 août 2007.

Et alors ? Comme si d’autres considérations, infiniment plus pertinentes, n’étaient pas à l’œuvre en la circonstance. Un mois après très exactement, c’est chose faite. Voilà cet ancien ministre français, et socialiste, des finances, propulsé par son parrain dit « de droite » à ce poste éminent où il pourra faire au niveau international ce qu’il a été incapable de faire en France. Et tout le monde est content. Surtout lui, parce qu’à 500 000 dollars par an… il a moins de soucis à se faire que pas mal de ressortissants de pays soumis au joug du FMI.

Le site oumma.com propose, sous la plume de René Naba, un excellent article sur la question (http://www.oumma.com/Dominique-Strauss-Kahn-dans-le ) Je me bornerai simplement ici à rappeler l’une ou l’autre déclaration passée de ce politico-mondain « de gauche », qui devrait considérablement éclairer l’avenir :

-sur l’Iran : : « On mesure que les Américains se sont trompés de cible : la menace ne venait pas de l’Irak, mais de son voisin perse ».« La politique qui est aujourd’hui conduite en Iran sous la houlette d’Ahmadinejad comporte de nombreuses expressions du totalitarisme qui, en tant que telles, doivent être combattues. À ce propos, c’est pour moi une grave erreur d’avoir prétendu, comme l’ont fait Jacques Chirac et son ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, que l’Iran jouait « un rôle stabilisateur » dans la région. Cela entraîne une confusion sur la nature réelle de ce qu’est le régime iranien actuel. Cela revient à envoyer un message erroné à un pays qui use largement de sa capacité de nuisance on le voit au Liban via le Hezbollah, en Irak ou avec le chantage nucléaire qu’il cherche à exercer. »

Bon, ils se sont trompés, mais ça peut arriver à tout le monde, non ? La prochaine fois, ils feront un peu plus attention. Et s’ils se trompent à nouveau, eh bien, tant pis. Ils recommenceront. De proche en proche, ils finiront bien par faire le tour de la planète…

- sur Israël : "Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël ».

Ca au moins, c’est clair. Voilà donc le personnel politique qui est aujourd’hui au pouvoir dans un grand nombre d’enceintes tant nationales qu’internationales. Il suffit de voir ce qui se passe dans notre pays. On peut s’attendre dans ces conditions à ce que le lobbying pro-israélien atteigne des sommets non encore égalés.

Rappelons quand même à ces messieurs-dames du système que nous sommes – encore – en France, et que s’ils ont été élus, c’est pour s’occuper des problèmes de la France. Il y a largement de quoi exercer ses talents et pas vraiment matière à faire la morale ou la leçon aux autres… Encore moins à les menacer de représailles explosives, qu’on serait bien en peine de mettre en œuvre, heureusement.

02/10/2007

LES JUIFS DE TAIWAN SE SENTENT BIEN SEULS

JTA News nous apprend que si ces dernières années, les juifs ont afflué en Chine pour profiter des opportunités économiques offertes par cet énorme pays qui s’ouvre à la mondialisation, la présence juive est par contre en train de disparaître à Taiwan. Pour 23 millions d’habitants, on n’y dénombrerait plus que 150 juifs en tout et pour tout.

A comparer aux quelque 10 000 juifs présents en Chine, sans compter les 5 000 résidant à Hong Kong. Actuellement, les synagogues sortent de terre dans toutes les villes d’une certaine importance.

e7ed2f02664ba04492a96b7ee0328854.jpgL’unique rabbin et représentant officiel de la communauté juive de Taiwan, Ephraïm Einhorn, né à Vienne il y a quelque 89 ans, continue cependant vaille que vaille à assurer offices et relations publiques car il se définit lui-même comme « le père des relations entre Taiwan et six gouvernements : Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie et …Bahamas ».

Ce rabbin multicartes déclare avoir travaillé dans tous les pays arabes et être arrivé à Taiwan en 1975 en tant que chef d’une délégation commerciale du Koweit.

D’après lui, pour que la vie juive reprenne du lustre à Taiwan, il faudrait que le gouvernement actuel de l’île mette en sourdine ses velléités d’indépendance et se rapproche économiquement de la Chine. Les choses n’en prennent pas vraiment le chemin, et tout récemment encore, Taiwan s’est vue refuser un siège aux Nations Unies. Un siège qu’elle cherche obstinément à récupérer depuis 1971, date à laquelle elle en a été évincée pour faire place à la Chine communiste.

Israël, de son côté, est en relations commerciales et diplomatiques aussi bien avec la Chine qu’avec Taiwan. Les juifs restant dans l’île placent leur espoir dans le développement de ces relations, ainsi que dans une desserte aérienne qui devrait prochainement relier directement Taiwan à la Chine. « Une desserte aérienne directe sera très bénéfique à la communauté juive. On pourra aller de l’aéroport de Taipei à Shanghai en 40 minutes. Ca va attirer ici un tas de juifs surmenés qui fuiront la pollution et le brouillard des grandes villes asiatiques ».

Source : http://www.jta.org/cgi-bin/iowa/news/article/20070930taiwanjews.html

01/10/2007

LES JUIFS D'IRAN PREFERENT RESTER DANS LEUR PAYS

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Il existe à l’heure actuelle une communauté juive assez importante en Iran. C’est même numériquement la plus importante du Moyen-Orient, après Israël naturellement. Il semblerait que cette communauté ne se soit pas prêtée à une opération montée par leurs coreligionnaires émigrés aux Etats-Unis qui leur proposaient de partir en masse pour Israël en leur offrant de fortes sommes d’argent. Le journal britannique The Guardian s’est notamment fait l’écho de cette proposition fin juillet.

Des organisations juives américaines offraient en effet l’équivalent de 7 000 euros par personne à 30 000 euros par famille à ceux qui quitteraient l’Iran pour rejoindre Israël. Des sommes importantes, surtout rapportées au niveau de vie du pays, qui est très bas.

 

L’offre, qui avait l’aval des autorités israéliennes qui avaient pris soin de préciser que ce montant s’ajouterait aux aides accordées par l’Etat à tout immigrant, a cependant été rejetée par la Society of Iranian Jews qui a déclaré que l’identité nationale des juifs iraniens n’était pas à vendre: « Les juifs d’Iran comptent parmi les plus anciens Iraniens. Ils sont attachés à leur identité iranienne et à leur culture ».

Le seul député juif que compte le parlement islamique, Morris Motamed, a jugé cette proposition insultante et de nature à jeter le soupçon sur la loyauté de cette fraction de la population : « Cela suggère que les juifs iraniens pourraient émigrer pour de l’argent. Les juifs iraniens ont toujours été libres d’émigrer et les 3/4 d’entre eux l’ont fait après la révolution, mais 70% d’entre eux sont alors allés aux Etats-Unis, pas en Israël ».

L’Iran se caractérise par une grande diversité ethnique et religieuse. Le régime reconnaît la religion juive et un siège de député est réservé à cette minorité religieuse. Il existe également des écoles juives, avec cependant certaines restrictions de fonctionnement.

Il resterait actuellement environ 30 000 juifs en Iran. Ils étaient quelque 150 000 en 1948, dont beaucoup sont alors partis pour Israël. La deuxième grosse vague de départs a eu lieu lors de la révolution islamique de 1979.

Les relations entre l’Iran et Israël étaient plutôt au beau fixe avant 1979 puisque les deux pays travaillaient de concert sur divers projets, dont des recherches sur les missiles. Par la suite, des nuages sont venus assombrir le tableau, notamment lorsque des juifs iraniens ont été accusés par le régime islamique d’espionnage au profit d’Israël et des Etats-Unis. 13 d’entre eux avaient été arrêtés en 1999. Ils ont été libérés en 2003.

source: http://www.guardian.co.uk/international/story/0,,2125419,00.html

La photo plus haut représente le président de la république islamique d'Iran, Mohammed Khatami, et le chef des rabbins iraniens, Yousef Hamadani Cohen, lors d'une visite dans une synagogue en 2003.

30/09/2007

UN NOUVEAU PAVE DANS LA MARE EN PERSPECTIVE!

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John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l'Université de Chicago et Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à Harvard, avaient publié l'an dernier un long article sur l'influence du lobby pro-israélien aux Etats-Unis dans la London Review of Books, mis en ligne ensuite sur le site de la Kennedy School of Government d'Harvard. Une avalanche d'insultes avait aussitôt fusé de tous côtés, assorties de l'inévitable et redoutable accusation d'antisémitisme. Celle qui sert invariablement en toutes circonstances dès lors que l'on est à court d'arguments pour riposter sur le fond.

Pour compléter cet essai – et alors que les Etats-Unis s’engagent dans une année électorale - les deux auteurs viennent de publier un livre intitulé Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, dont la traduction est disponible depuis la semaine dernière aux éditions La Découverte. Un nouveau pavé dans la mare en perspective!

Et surtout, une grande source d’informations, si l’on en juge par le plan du livre, tel qu’exposé en introduction par les auteurs :

« …Pour cela, nous avons trois devoirs à remplir. Plus précisément, nous devons convaincre les lecteurs : que les États-Unis fournissent à Israël un soutien matériel et diplomatique hors du commun ; que l’influence du lobby en est la raison principale ; que ce soutien inconditionnel va à l’encontre de l’intérêt des États-Unis. Pour ce faire, nous procéderons comme suit.

Le chapitre 1 aborde de front la première question, en décrivant l’aide économique et militaire ainsi que le soutien diplomatique que les États-Unis apportent à Israël, en temps de guerre comme en temps de paix.

Les chapitres 2 et 3 évaluent les principaux arguments invoqués en général pour justifier ou expliquer ce soutien exceptionnel. Cette évaluation critique est nécessaire pour des raisons méthodologiques : afin d’évaluer correctement l’influence du lobby pro-israélien, il nous faut examiner d’autres explications possibles à la « relation privilégiée » entre les deux pays.

Dans le chapitre 2, nous nous pencherons sur l’argument répandu qui veut qu’Israël mérite un soutien sans bornes parce qu’il constitue un atout stratégique précieux.
Nous démontrons que, bien qu’Israël ait été un atout au cours de la Guerre froide, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Apporter un tel soutien à Israël ne fait qu’aggraver la menace du terrorisme et complique la tâche des États-Unis au Moyen-Orient. Ce soutien inconditionnel perturbe également les relations qu’entretiennent les États-Unis avec un certain nombre d’autres pays dans le monde, ce qui s’avère politiquement coûteux pour les États-Unis. Et pourtant, alors que son coût a augmenté et que ses bénéfices ont chuté, ce soutien continue d’augmenter. Cette situation suggère qu’un facteur autre que stratégique est à l’oeuvre.

Le chapitre 3 examine les différents arguments de type moral auxquels les Israéliens et leurs sympathisants américains ont souvent recours pour expliquer le soutien américain.
Nous y étudions en particulier la thèse selon laquelle les États-Unis soutiennent Israël parce que les deux États partagent certaines « valeurs démocratiques », parce que Israël est un David faible et vulnérable face à un puissant Goliath arabe, parce que son attitude a toujours été plus morale que celle de ses adversaires, ou parce que Israël a toujours recherché la paix lorsque ses voisins choisissaient la guerre.

Si cet examen est nécessaire, ce n’est pas parce que nous éprouvons une quelconque animosité vis-à-vis d’Israël ni parce que nous pensons que son attitude est pire que celle des autres États, mais parce que ces arguments d’ordre moral sont très souvent utilisés pour justifier l’exceptionnelle abondance de moyens que les États-Unis mettent en oeuvre pour aider Israël. Nous arrivons à la conclusion que, même si l’existence d’Israël repose sur de solides bases morales, celles-ci ne suffisent pas à justifier un soutien de cette ampleur. Ce qui suggère à nouveau qu’un autre facteur est à l’oeuvre.

Après avoir établi que ni les intérêts stratégiques ni les arguments d’ordre moral ne pouvaient à eux seuls expliquer ce soutien, nous nous concentrons donc sur cet « autre facteur ». Le chapitre 4 identifie les différentes composantes du lobby et décrit comment cette coalition aux contours flous a évolué au fil du temps. Nous mettons l’accent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un seul mouvement unifié, que ses différents éléments sont parfois en désaccord sur certaines questions, et qu’il comprend des Juifs comme des non-Juifs, ainsi que les « sionistes chrétiens ».

Dans ce chapitre, nous nous demandons également si les groupes arabes-américains, le soi-disant lobby pétrolier, ou les riches producteurs arabes de pétrole, ne forment pas un contrepoids important au lobby pro israélien, voire la véritable force agissante de la politique américaine au Moyen-Orient. Par exemple, beaucoup de gens semblent croire que l’invasion de l’Irak avait surtout à voir avec le pétrole et que les intérêts des grands groupes pétroliers ont poussé les États-Unis à attaquer ce pays.
  Ce n’est pourtant pas le cas : bien que l’accès au pétrole constitue bien évidemment un intérêt de poids, il existe de bonnes raisons de penser que les Arabes-Américains, les compagnies pétrolières et la famille royale saoudienne exercent beaucoup moins d’influence sur la politique étrangère américaine que le lobby pro-israélien.

Dans les chapitres 5 et 6, nous décrivons les différentes stratégies auxquelles les groupes du lobby ont recours pour promouvoir les intérêts d’Israël aux États-Unis. En plus des pressions directes exercées sur le Congrès, le lobby récompense – ou punit – les responsables politiques, grâce au levier que constitue le financement des campagnes électorales.
Les organisations du lobby exercent également des pressions sur l’administration en place de plusieurs manières, n’hésitant pas par exemple à utiliser ceux qui partagent leurs vues.

Le lobby n’a pas non plus ménagé ses efforts pour influencer le discours public sur Israël en faisant pression sur les médias et le milieu universitaire et en assurant sa présence au sein de puissants think tanks. Accuser les détracteurs d’Israël d’antisémitisme fait partie de ce travail auprès de l’opinion publique, tactique destinée à discréditer et marginaliser toute personne contestant la relation entre les deux pays.

Une fois ces tâches accomplies, la seconde partie du livre éclaire le rôle du lobby dans la définition de la politique américaine au Moyen-Orient. Notre argument – nous insistons sur ce point – n’est pas que le lobby est le seul facteur d’influence sur la prise de décisions dans ce domaine. Le lobby n’est pas tout-puissant, il n’obtient donc pas gain de cause à chaque fois.

Mais il est redoutablement efficace lorsqu’il s’agit d’orienter la politique américaine à l’égard Israël et de la région dans l’intérêt de l’État hébreu – et, croit-on, des États-Unis. Malheureusement, la politique qu’il a soutenue a porté un préjudice considérable aux intérêts américains mais aussi causé du tort à Israël.

Après une brève introduction pour planter le décor, le chapitre 7 montre que les États-Unis ont constamment soutenu les efforts d’Israël visant à réprimer ou limiter les aspirations nationales des Palestiniens. Même lorsque les présidents américains essaient de contraindre Israël à faire des concessions ou de se désolidariser de la politique israélienne – comme l’a tenté le président George W. Bush à plusieurs reprises depuis le 11 septembre 2001 –, le lobby intervient et les fait rentrer dans le rang.

Ce qui a eu pour résultats de ternir davantage l’image des États-Unis, de perpétuer la souffrance des deux côtés de la frontière israélo-palestinienne, et d’accentuer la radicalisation des Palestiniens. Et rien de tout ça n’est dans l’intérêt de l’Amérique ou d’Israël.

Dans le chapitre 8, nous démontrons que le lobby – et en particulier les néo conservateurs en son sein – est largement à l’origine de la décision de l’administration Bush d’envahir l’Irak en 2003. Certes – nous insistons sur ce point –, le lobby n’est pas seul à l’origine de cette guerre : les attaques du 11 septembre ont eu un impact certain sur la politique étrangère de l’administration Bush et sa volonté de faire tomber Saddam Hussein. Mais, sans le lobby, la guerre n’aurait sûrement pas eu lieu. En somme, son influence fut une condition nécessaire mais non suffisante de cette entrée en guerre qui s’est révélée un désastre pour les États-Unis et une aubaine pour l’Iran – l’ennemi le plus sérieux d’Israël dans la région.

Le chapitre 9 décrit l’évolution de la difficile relation de l’Amérique avec le régime syrien et révèle comment le lobby a poussé Washington à prendre des mesures hostiles à la Syrie (y compris à brandir quelques menaces de changement de régime) lorsque cela correspondait au souhait du gouvernement israélien.

Certes, les États-Unis et la Syrie ne seraient certainement pas devenus des alliés dans l’hypothèse où certains groupes clés du lobby auraient été moins influents, mais les États-Unis auraient pu choisir une approche moins conflictuelle, voire envisager une coopération limitée, mais profitable, avec la Syrie. En effet, sans le lobby, Israël et la Syrie auraient peut-être déjà signé des accords de paix, et Damas ne soutiendrait peut-être pas le Hezbollah au Liban, ce qui serait bénéfique pour les États-Unis comme pour l’État hébreu.

Dans le chapitre 10, nous étudions le rôle du lobby dans la politique américaine à l’égard de l’Iran. Washington et Téhéran entretiennent des relations houleuses depuis la révolution qui provoqua la chute du Shah en 1979, et Israël en est venu à considérer l’Iran comme son adversaire le plus dangereux, au vu de ses ambitions nucléaires et de son soutien à des groupes comme le Hezbollah. ar conséquent, Israël et le lobby pro-israélien ont à plusieurs reprises poussé les États-Unis à s’en prendre à l’Iran et se sont employés à faire échouer plusieurs opportunités de détente.
Il en résulte malheureusement que les ambitions nucléaires de l’Iran ont pris de l’ampleur et que des éléments plus extrémistes du régime sont arrivés au pouvoir à Téhéran (comme l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad), ce qui ne fait qu’aggraver une situation déjà tendue.

Le Liban est au coeur du chapitre 11, et nous employons à peu de chose près le même schéma que précédemment. Nous soutenons que la réponse d’Israël aux provocations injustifiées du Hezbollah au cours de l’été 2006 a été une erreur stratégique et un acte moralement condamnable ; pourtant, le lobby n’a pas laissé d’autre choix aux dirigeants américains que celui de soutenir fermement Israël

Le dernier chapitre explore divers moyens d’améliorer cette situation. Nous commençons par définir les intérêts fondamentaux de l’Amérique au Moyen-Orient, puis nous esquissons les grandes lignes d’une stratégie de « contrôle à distance » (offshore balancing) – susceptible de défendre plus efficacement nos intérêts. Nous ne demandons pas que les États-Unis se désolidarisent d’Israël – au contraire, nous approuvons pleinement l’engagement de notre pays à venir en aide à Israël s’il en allait de sa survie.

Mais nous considérons qu’il est temps de traiter Israël comme un pays normal et de conditionner l’aide américaine à la fin de l’occupation et au respect des intérêts américains. Pour accomplir cette volte-face, il faut affronter la puissance et l’agenda politiques du lobby ; il nous faudra donc quelques pistes pour faire en sorte que son influence soit plus bénéfique, tant pour les États-Unis que pour Israël. »

John J. Mearsheimer est professeur de sciences politiques à l’université de Chicago et est l’auteur de The Tragedy of Great Power Politics.

Stephen M. Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard. Son dernier livre s’intitule Taming American Power : The Global Response to US Primacy (traduction française à paraître aux Éditions Demopolis en octobre 2007).

24/09/2007

LES BONS ET LES MECHANTS

792d217c908fb44552f5a31fd2f42c5a.jpgL’exemple de l’Irak a dû être très éclairant pour l’Iran. Voir ce pays voisin quasiment vitrifié par l’hyperpuissance américaine, alliée sans faille d’un petit pays du Proche Orient lui-même doté de l’arme atomique, a certainement été de nature à inciter la république islamique à accélérer son propre programme nucléaire, seul moyen de défense réellement dissuasif à l’heure actuelle. Hélas.

Voilà ce que le bellicisme américain et israélien ne peut tolérer et voilà pourquoi l’Iran se retrouve grand satan du monde occidental. Car bien sûr, l’Europe, toujours aussi indépendante, hurle de concert avec les loups et cautionne par son attitude une dangereuse séparation de l’humanité en deux catégories : les bons et les méchants.

Pourtant, le programme nucléaire iranien avait été initié jadis par le shah d’Iran, avec la bénédiction des Etats-Unis dans un contexte géopolitique bien différent. Et ce programme, jugé inutile au pays, avait été stoppé par les mollahs à leur arrivée. Il a donc depuis été repris et intensifié, pour répondre à une situation nouvelle.

En tout cas, l’Europe, qui s’effraie à grand bruit d’un programme nucléaire pour le moment virtuel, n’a pas l’air de s’émouvoir de l’arsenal atomique impressionnant dont s’est doté l’Etat hébreu, dans la plus grande discrétion. Cet arsenal-là - estimé à plusieurs milliers de fois Hiroshima - ce n’est pourtant pas un projet, il n’est pas virtuel, lui, mais bel et bien existant et plutôt menaçant.

La guerre préventive, dont les Etats-Unis et Israël s’arrogent de plus en plus ouvertement le droit, au nom de règles par eux établies, ira-t-elle jusqu’à frapper délibérément et "préventivement" l’Iran avec l’arme nucléaire, à seule fin de l’empêcher de progresser dans une voie permise aux « bons », mais strictement interdite aux « méchants » ?

Je vous recommande vivement la lecture d’une série d’articles de Bruno Guigne sur la question, comme celui-ci : http://www.oumma.org/Omerta-sur-la-bombe-israelienne

23/09/2007

UN LUNDI AGITE POUR LE PRESIDENT IRANIEN

59bbc02e09758b11f5a6d2c493bc5b29.jpgLe président iranien Mahmoud Ahmadinejad foulera le sol américain demain lundi et cet événement met en transes certaines organisations que nous connaissons bien à présent. Il s’adressera à l’Assemblée générale des Nations Unies et se rendra également à la prestigieuse Université de Columbia qui l’a invité pour un débat.

 

Université qui a refusé tout net de s’aplatir devant les menaces et pressions, au nom de la liberté d’expression. Comme Ahmadinejad est sans cesse assimilé à un Hitler moderne, le doyen de l’Université, John Coatsworth, n’a d’ailleurs pas craint d’affirmer que, la chose eût-elle été possible, Hitler aurait également été invité de la même façon : « Si Hitler était allé devant la Ligue des nations ou à quelque autre réunion à New York, si Hitler s’était rendu aux Etats-Unis et avait souhaité une tribune où s’exprimer…. s’il avait été désireux d’engager le débat et la discussion, accepté d’être contesté par les étudiants et professeurs de l’université, nous l’aurions certainement invité ».

 

Justement, fidèle à sa tradition de libre débat, l’université de Columbia a posé quelques conditions au président iranien : il ne se contentera pas de faire un discours mais devra répondre aux questions et le doyen a précisé qu’il s’agirait de questions sensibles, du genre : négation de l’holocauste, destruction de l’Etat d’Israël, soutien au terrorisme international, ambitions nucléaires, etc.

Les organisations juives, qui clament sur tous les tons leur « dégoût » de l’attitude de l’université de Columbia, ont prévu des manifs monstres autour du campus.

Ces mêmes organisations demandent d’ailleurs carrément qu’Ahmadinejad soit arrêté dès son arrivée sur le sol américain, au motif qu’il serait un criminel de guerre international. Toute une équipe de juristes a planché sur la question et s’apprête à interpeller le ministère de la Justice. Le rêve serait de le déférer sans plus attendre en justice pour incitation au génocide. Un peu délicat à mettre en œuvre, quand même. En attendant des jours meilleurs, les Etats-Unis, appuyés notamment par l’Allemagne, réclament au conseil de sécurité de l’ONU des sanctions encore plus sévères à l’égard d’un pays aussi coupable. La Russie a annoncé vendredi qu’elle s’y opposerait.

Le message des organisations juives a largement évolué sur la question. Craignant – on se demande pourquoi – que les juifs ne soient accusés de pousser les Etats-Unis à la guerre contre l’Iran, l’accent est mis aujourd’hui sur la terrible menace que représenterait ce pays… pour le monde entier. L’urgence est de dissocier Israël de l’Iran, afin de mieux faire passer la pilule. D’ailleurs, lundi, les organisations juives ont prévu d’enrôler dans leurs manifestations à New York des délégations de chrétiens, et même … de musulmans pour bien prouver que l’Iran est devenu LE problème number one de la planète. Tiens, il manque les bouddhistes…Ce que Malcolm Hoenlein, vice-président de la Conference of Presidents of Major Jews Organisations martèle en ces termes : « Ce n’est pas lié à la question d’Israël. Ce n’est pas le problème d’Israël. C’est le problème du monde ».

Ici et là, les commentaires à ce type de nouvelles sont édifiants, dans le registre : « Imaginez qu’Hitler ait été arrêté (et exécuté) dans les années 30. C’est 100 millions de vies innocentes qui auraient été sauvées ».

Moi, je veux bien. Mais poursuivons le raisonnement. Si on avait fait de même avec les promoteurs de la révolution bolchevique, qui le méritaient au moins autant, c’est combien de vies innocentes qui auraient été sauvées ?