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05/12/2007

VOLE UN CRAYON POUR MOI: UNE LOVE STORY A BERGEN-BELSEN

73f8dd1f273c2141bf12ba44fef701c0.jpgUn film-documentaire qui bénéficie d’une couverture presse et de louanges à faire rêver sort en ce moment sur les écrans américains.

Basé sur le récit publié en 2000 par les protagonistes de l’histoire, le film porte en anglais le titre de Steal a pencil for me. Il a été réalisé par Michèle Ohayon, une réalisatrice née à Casablanca et élevée en Israël, qui croule littéralement sous les récompenses en tous genres.

C’est l’histoire d’un amour qui se développe dans l’environnement ô combien hostile du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen. Jack Polack rencontre en fait Ina Soep à Amsterdam en 1943 lors d’une réception. Il est plutôt fauché, et mal marié de surcroît, tandis qu’elle vient d’une famille de diamantaires. Ils se plaisent mais l’avenir semble bouché. Trop de choses les séparent.

Et voilà que trois mois après, tous trois – Jack, Ina et Manja, l’épouse – sont déportés et se retrouvent au camp de transit néerlandais de Westerbork. Et qui plus est, dans la même baraque ! [Suite à une demande de Jack, ai-je lu]. Comme l’épouse n’a pas l’air d’apprécier le roman qui s’ébauche sous ses yeux, Jack et Ina vont devoir se cacher et s’écrire des lettres d’amour secrètes. Jack le dit d’ailleurs lui-même au début du film: “I’m a very special Holocaust survivor. I was in the camps with my wife and my girlfriend; and believe me, it wasn’t easy.”( Je suis un survivant de l’holocauste très spécial. J’étais dans les camps avec ma femme et ma petite amie; et croyez-moi, ce n’était pas facile).

Après Westerbork, tous trois vont se retrouver à Bergen-Belsen, le camp d’Anne Frank. Et durant les mois qui vont suivre, jusqu’à la délivrance en 1945, les lettres secrètes s’échangeront, placées « under her pillow » [sous son oreiller ? il doit s’agir d’une erreur].

Le film présente également la vie du camp, les départs du mardi vers une destination inconnue et la montée de l’angoisse jusqu’à ce jour fatidique. Puis une relative retombée de la tension, avec le spectacle du mardi soir que les prisonniers présentaient à leurs tortionnaires. Ina Soep remarque dans son récit que les prisonniers talentueux ne semblaient jamais choisis pour les départs hebdomadaires.

On y apprend également que le camp avait une école élémentaire que Jack aidait à faire fonctionner, et sa propre forme de vie sociale. De temps en temps, après les 12 heures de travail et avant la sirène de la nuit, Jack et Ina pouvaient se promener un peu sur la route au milieu du camp, parmi d’autres couples qui s’embrassaient dans le noir. A la sirène, bien sûr, il fallait rentrer et continuer à s’écrire en rêvant à un avenir meilleur.

Et ils auront raison d’espérer puisque tous trois vont émerger vivants de cet enfer. L’épouse accordera le divorce en 1945 – elle mourra 60 ans plus tard, en 2005 - et en 1946, les deux amoureux pourront enfin convoler. Ils émigreront aux Etats-Unis en 1951 et auront plusieurs enfants. Jack deviendra le directeur pour les USA du Centre Anne Frank.

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Ils ont même fêté leur 60e anniversaire de mariage l’an dernier à New York. Aujourd’hui, Jack et Ina sont toujours actifs : ils donnent des conférences sur les événements survenus il y a soixante ans à Bergen-Belsen.

08:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : licra, anne, kling, jack, ina, polack, bergen

01/12/2007

GEORGE ABRAMOVITCH KOVAL : UN AMERICAIN BIEN MERITANT DECORE PAR POUTINE

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Vladimir Poutine a sûrement pris un plaisir subtil à faire la nique aux Américains en décorant  récemment du titre de Héros de la Fédération de Russie l’espion né américain George Koval qui avait réussi à pénétrer – encore un – au cœur du fameux Projet Manhattan. Tel était le nom du programme nucléaire US pendant la seconde guerre mondiale et si j’ai dit « encore un », c’est que nous en avons déjà rencontré au moins deux, qui étaient des femmes : Zarubina et Kitty Harris.

 

C’est à titre posthume que cette très haute décoration lui a été décernée puisque George Koval est mort l’an dernier, à l’âge de 92 ans. « M. Koval, qui opérait sous le nom de code de Delmar, a fourni les informations qui ont permis de réduire considérablement le temps pris par l’Union soviétique pour développer sa propre bombe », indiquait le communiqué officiel du Kremlin.

648b9343fdb1276f2d5408a0e2dc77cd.jpgLa décoration et le livret de Héros vont à présent être exposés au musée du GROu, l’officine des renseignements militaires russes.

George Koval naît le 25 décembre 1913 à Sioux City, Iowa, dans une famille juive qui arrivait tout droit de Biélorussie. En émigrant, son père, Abraham, comptait se rendre à New York, mais il n’y connaissait personne. Tandis qu’il avait un ami à Sioux City, qui abritait une communauté juive importante. D’où ce choix, étonnant de prime abord. Il ne tardera pas à mettre suffisamment d’argent de côté pour faire venir sa fiancée qui était restée en Russie. Cette dernière, fille de rabbin, était une socialiste convaincue. Ils se marièrent et eurent trois enfants, dont le futur espion, George. 

Tous deux accueillirent l’annonce de la révolution bolchevique avec transport. Le couple Koval faisait partie d’un groupe de juifs communistes américains qui, en 1924, créèrent l’ICOR (Organization for jewish colonization in Russia) qui militait pour l’établissement d’une région autonome juive en Union soviétique, en « réponse » aux projets sionistes. Et de fait, Staline créa cette région autonome, bien loin à l’est, sous le nom de Birobidjan. Les parents des Koval restés en Russie s’y installèrent aussitôt. Et en 1932, durant la grande dépression, toute la famille Koval du côté américain quitta à son tour Sioux City pour s’installer au Birobidjan, aux confins de la Sibérie.

George, le futur espion, avait alors 18 ans. Le Birobidjan étant un peu petit pour ses ambitions, il se rendit à Moscou pour y faire ses études universitaires – en chimie. Il en sortit diplômé en 1939. Les Grandes Purges se terminaient, l’Armée Rouge et le NKVD étaient décimés, on recrutait massivement. Il y avait justement à New York un poste vacant d’agent de renseignements militaires. George, né américain, avait le profil idéal. Il fut donc recruté par le GRU (renseignements militaires de l’Armée Rouge), on lui donna le nom de code de Delmar et son entraînement commença. La boucle était bouclée.

Si je me suis étendue si longuement sur le parcours de la famille Kovar, c’est pour illustrer la légèreté, pour ne pas dire plus, des officiels américains qui accordèrent par la suite leur confiance – et l’accès aux lieux les plus stratégiques du pays - à un homme ayant pareils antécédents, qu’il n’était pas insurmontable de retrouver.

Delmar fut d’abord chargé d’obtenir des informations sur les recherches en matière d’armes chimiques. Jusqu’en 1943, il n’obtint pas grands résultats. Cette année-là, il s’engage dans  l’armée US qui, au vu de faux diplômes, l’envoie se perfectionner sur les données radioactives au City College of New York. L’armée l’envoie ensuite à Oak Ridge, dans le Tennessee, lieu de recherches secrètes à haut degré de sécurité. C’est à partir de là qu’il pourra fournir, lors de ses congés, de très importants renseignements aux soviétiques, qui leur feront gagner beaucoup de temps dans leur propre programme atomique. Delmar leur fournira des rapports sur la production de plutonium et de polonium, les processus scientifiques requis, les quantités, la qualité, etc.

En 1945,  il monte en grade et se retrouve à Dayton, dans l’Ohio. Dans son nouveau poste, il aura accès aux secrets les plus intimes de la recherche nucléaire, qui ne tarderont pas, eux aussi, à être connus des soviétiques. Et qui plus est, il y aura accès en tant que gradé de l’armée américaine, avec les responsabilités et l’autorité y afférents.

Après la guerre, les choses vont se gâter. Un autre agent soviétique, Guzenko, était passé à l’ouest et avait fait des révélations sur l’état d’avancement du programme nucléaire à l’est qui conduisent – quand même – les responsables à se méfier et à renforcer les mesures de sécurité. Mais ils ignorent le nom de la taupe. Koval sent l’étau se resserrer et réclame le droit de rentrer à Moscou avec sa femme. Le GRU finit par accepter en 1948.

Peu de temps après son retour, les soviétiques procédaient à leurs premiers essais nucléaires. Koval, lui, découvre la routine. Il devient professeur de chimie à son ancienne université moscovite et prendra sa retraite à la fin des années 70. Il mourra dans son appartement de Moscou le 31 janvier 2006.

Franchement, Poutine aurait pu le décorer de son vivant, vous ne trouvez pas ?

Quant aux Américains, ils furent à ce point mortifiés par cette affaire qu’ils réussirent à la tenir secrète pendant des décennies.

29/11/2007

« NOUS DEVONS NETTOYER LE PAYS DES ARABES ET LES REINSTALLER LA D’OU ILS VIENNENT »

Attention, attention ! Pas de malentendus entre nous ! Ces propos martiaux n’ont pas été tenus sur un territoire qui pourrait vous sembler familier, mais en Israël, là où on a apparemment le droit de parler ainsi. Il n’a pas été précisé si le nettoyage se ferait au karcher, mais l’idée y était.

Ceux qui s’exprimaient ainsi sont des rabbins qualifiés de prominent, c’est-à-dire importants, lors d’une réunion de crise tenue lundi à Jérusalem en marge de la conférence d’Annapolis.

04d4eb12cc660e336a16888381585019.jpgLe rabbin Dov Lior, président du Comité des rabbins de Judée-Samarie, estime qu’aucune paix ne sera possible tant que des arabes resteront sur le sol israélien. Il a même précisé : « Si cela signifie que nous devons les payer, nous le ferons. Sinon, nous ne serons jamais en paix sur notre terre ». « With evil people of this kind”, a-t-il aimablement ajouté.

Ces colombes n’entendent pas lâcher le moindre petit bout de territoire et les éventuelles concessions que le gouvernement israélien serait amené à accepter, sont refusées d’office. Il ne s’agit pour eux rien moins que de la lutte entre le Bien et le Mal. «This is a struggle of good versus evil”.

Le rabbin Zalman Melamed a rappelé que céder des portions d’Eretz Israël - la terre d’Israël - à des non juifs était strictement défendu : « Nous devons dire clairement que nous ne ferons rien qui aille à l’encontre de notre sainte Torah. Nous combattrons tous ceux qui tenteront de violer les prescriptions de la Torah ».

A l’issue de cette rencontre, la déclaration suivante a été adoptée : « Aucun dirigeant, aucune génération, n’ont le droit de céder Eretz Israël… nous appelons tous les juifs vivant à l’étranger, spécialement les chefs des communautés et les rabbins, à se joindre à nos efforts contre ce traité et ses implications.

Ensemble, nous sauverons le peuple d’Israël du terrible plan du gouvernement ».

Ces propos ont fait jaser, c’est le moins que l’on puisse dire. 132 commentaires suivent l’article relatant l’affaire, sur Ynetnews, dont un certain nombre, soyons honnêtes, condamnent ces déclarations fracassantes. Mais pas toutes, loin de là. En tout cas, il y a débat, ce qui est déjà beaucoup.

Je traduis le commentaire suivant qui me semble pertinent : « Je suis arabe. J’essaie vraiment d’être ouvert à propos du conflit entre Israël et la Palestine, mais ça devient de plus en plus difficile ! « Nettoyer » le pays des arabes ! C’est ça que prêche votre Torah ? Pour que la paix s’installe, il faut faire des compromis, et un compromis signifie qu’on n’aura pas exactement ce qu’on voudrait, mais plutôt qu’il faudra accepter de  donner quelque chose. Je suis sûr que tous les Israéliens ne pensent pas comme le rabbin Lior. Je suis sûr qu’il existe des citoyens ouverts qui souhaitent la paix et admettent que les Palestiniens sont des êtres humains qui ont besoin de stabilité et d’une terre pour vivre comme les autres peuples.

Et « mauvais » peuple ! Sérieusement ? Qui parle encore comme ça? »

source: http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3476150,00.html

27/11/2007

LES ALLEMANDS PRIES DE REPASSER A LA CAISSE

Fin juin, la firme Merrill Lynch rendait public son 11e rapport sur les grandes fortunes privées dans le monde et le site Ynetnews nous informait fièrement que 7 200 millionnaires vivaient en Israël. Sur sept millions d’habitants. Soit 12,9% de plus que les années précédentes et 50% de plus que la moyenne rapportée à la population mondiale (voir archives du blog 26/6).

A la mi-octobre, c’était au tour du magazine américain Vanity Fair de publier comme chaque année la liste des 100 personnes les plus riches du monde. Sur cette liste, plus de la moitié étaient juifs (archives 15/10).

Au cours du même mois, Shimon Pérès déclarait à Tel Aviv lors d’un forum économique : «  L’économie d’Israël est florissante. (…) Les hommes d’affaires israéliens investissent partout dans le monde. Israël connaît un succès économique sans précédent. Aujourd’hui, nous avons gagné l’indépendance économique et nous sommes capables d’acheter Manhattan, la Pologne et la Hongrie ».

Rien que de bonnes nouvelles, donc. On pouvait donc s’attendre à ce qu’un tel pays – capable d’acheter Manhattan - puisse  aussi prendre en charge sans problème particulier les survivants de la shoah survenue il y a maintenant …. 62 ans.

Eh bien, il semble que non. L’Etat d’Israël est apparemment incapable de répondre, non seulement aux besoins des survivants, mais de façon plus générale aux attentes des couches les plus défavorisées de la population. Si la croissance économique est indéniable, elle ne profite qu’à une toute petite fraction.

Le dernier rapport (israélien) du Taub Center for Social Policy souligne l’échec notoire de l’Etat dans sa lutte contre les inégalités sociales. Les Israéliens seraient d’ailleurs 69% à juger leurs gouvernants corrompus. La situation se dégrade et le nombre des nécessiteux ne fait que croître. Nécessiteux ou survivants de l’holocauste ?

Dans tous les cas de figure, la tentation est grande de demander à l’Allemagne de rouvrir son portefeuille pour venir en aide à « ses » victimes. Mais l’a-t-elle jamais refermé, ce portefeuille ?

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La polémique sur la question fait rage en Israël depuis que le ministre Rafi Eitan est allé jusqu’à suggérer une remise en question de l’accord de réparations signé en 1953, aux termes duquel l’Allemagne versait à Israël une compensation de 833 millions de dollars en biens et en services pour les survivants et la construction du nouvel Etat.

Devant la levée de boucliers, notamment en Allemagne, Eitan a tempéré son propos, se bornant à  réclamer l’installation d’un groupe de travail chargé d’examiner comment les Allemands pourraient à nouveau aider financièrement les survivants.

Même en Israël, les avis sont plus que partagés sur cette requête. Il y a ceux qui estiment que l’Allemagne ne paiera jamais assez et qu’Israël ne fait que réclamer son dû car il n’aurait pas demandé assez au départ. Uri Hanoch, président d’une association des survivants de Dachau a ainsi déclaré au Jerusalem Post « Je ne cesse de penser à ma famille qui était une famille de la classe moyenne ; la maison, les tableaux, les bijoux en diamant et les terres, ils nous ont tout volé ; ils ont pris mille fois plus que ce qu’ils ont payé ».

Myriam Steiner, réchappée d’un camp de concentration en Yougoslavie lorsqu’elle avait cinq ans, renchérit : « J’ignore ce que le gouvernement allemand a donné au gouvernement israélien. Tout ce que je sais,  c’est que les survivants de l’holocauste sont démunis aujourd’hui. Vous devez prouver que vous êtes misérable pour recevoir ce à quoi vous avez droit ».

Et il y a ceux qui ont honte de voir leur pays se comporter en éternels « schnorrers », en quémandeurs perpétuels. « Demander aux Allemands davantage de réparations, c’est mal. Les Allemands d’aujourd’hui n’ont rien fait et ceux qui ont mal agi sont morts, et leurs crimes ont été payés. Comment un peuple peut-il s’humilier de la sorte ? Jusqu’où allons-nous descendre ? Des Israéliens qui n’ont pas travaillé un seul jour en Allemagne, et dont les parents n'en sont même pas originaires, ont pu percevoir de ce pays une retraite qui n’existe que par l’épargne des travailleurs allemands. Cette pension est plus généreuse que ce qu’offre Israël ». Voilà ce que l’on pouvait lire, entre autres, sur Ynetnews. J’ai même lu le terme de « first-rate chutzpa ».

Ou encore, toujours sur le même site : « Personne en Allemagne ne nous doit un sou. Seule l’histoire de l’Allemagne nous doit quelque chose. Ils nous ont aidés à devenir une nation, un pays entreprenant, mais nous sommes en train de devenir un peuple manquant de respect de lui-même. Nous sommes sans vergogne. Nous prenons tout ce que nous pouvons ».

Ou encore ceci, que je laisse volontairement en anglais : “ For many years, Israelis and Jews have been travelling around and holding up the Auschwitz banner before the Germans, without anyone authorizing them to do so. If there is someone in our government who reads Hebrew, let him stop this journey of bowing down to German money – let him stop this shameful national fundraising campaign immediately”.

Jusqu’où charger la barque sans qu’elle coule ? Voilà la question. Le gouvernement allemand, reconnaissent les officiels israéliens, fait tout ce qu’il peut pour être agréable à l’Etat hébreu : le premier à condamner Ahmadinejad, le premier à soutenir les efforts d’Israël au sein de l’Union Européenne, ne ménageant pas ses efforts pour les soldats retenus en otages, accordant des fonds pour des projets éducatifs ou autres. Récemment encore, il a offert 100 millions d’euros pour les rescapés des camps de travail nazis.

A côté de cela, les Allemands eux-mêmes commencent tout doucement à en avoir légèrement assez. Internet en Allemagne bruissait de messages du style : « Un accord est un accord. Que veulent-ils encore de nous ? Il est absurde qu’une génération qui n’a pas commis de crime doive payer pour une génération qui n’a pas été tuée ».

Moi, je me demande pourquoi personne ne songe à demander à la Claims Conference de mettre la main au portefeuille également. C’est justement pour cela qu’elle a été créée. L’organisme chargé de collecter les indemnisations pour les dommages subis par les juifs durant la guerre – et de les redistribuer aux survivants - serait en effet à ce jour l’organisation juive la plus riche du monde, avec des réserves financières d’environ 1,7 milliard de dollars (archives blog 11/7). Il est vrai qu’entre autres aberrations administratives et en vertu d’un règlement totalement dépassé, la Claims ne peut ou ne veut pas indemniser un certain nombre de survivants, essentiellement arrivés de l’ex-Union soviétique et des pays de l’est, qui restent donc à la charge de l’Etat d’Israël. Voilà pourquoi il est fait appel au bon cœur des Allemands.

25/11/2007

ALLEZ, NE NOUS OCCUPONS PLUS DES VIEUX GENOCIDES - SAUF UN, NATURELLEMENT - MAIS UNIQUEMENT DES FUTURS

Il n’y a pas qu’en France qu’on prend les citoyens pour de parfaits imbéciles. Les Américains sont bien servis de ce côté-là aussi. En façade et à l’usage des masses, des discours à trémolos sur la démocratie, les droits de l’homme, la liberté, etc. Et derrière, du business, du fric, des politiques à géométrie très variable et des personnages qui aujourd’hui osent jouer les colombes alors qu’ils ne sont vraiment pas équipés pour ça.

Dernière trouvaille aux Etats-Unis : créer un nouveau machin pour aider le gouvernement américain à « prévenir les nouveaux génocides » et autres atrocités. Vous allez voir que l’idée n’est pas bête car dans l’esprit de ses promoteurs il faut dorénavant regarder devant soi. Plus derrière ou à côté.       Enfin, il reste toujours UN cas où il faut encore regarder en arrière. Mais un seul. - Pour le reste, on tire un trait et on recommence.

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Donc, ce machin, qui a été annoncé en grande pompe le 13 novembre dernier à Washington lors d’une conférence de presse, serait co-présidé par Madeleine Albright et William Cohen. Vous commencez à y voir plus clair, n’est-ce pas ? Il est porté sur les fonts baptismaux par le Musée du Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis, l’Institut des Etats-Unis pour la Paix et l’Académie américaine de Diplomatie. Juste une parenthèse pour indiquer que l’Institut des Etats-Unis pour la Paix (USIP), financé par de l’argent public, a été créé en 1984 pour « promouvoir la paix internationale et la résolution des conflits entre les nations et les peuples du monde ». Rien que ça. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a vraiment bien rempli son rôle. Et on comprend que dans ces conditions, il faille créer d’urgence un autre machin encore plus efficace.

Lorsque je parlais de la nécessité de ne plus regarder en arrière, c’est très exactement ce qu’ont répondu à plusieurs reprises les deux sommités citées plus haut aux journalistes qui les pressaient de questions embarrassantes (oui, il paraît que ça se fait encore, aux Etats-Unis). Les journalistes arméniens étaient particulièrement offensifs, qui ont demandé aux deux colombes – je n’ose dire aux deux tourtereaux - pourquoi elles s’étaient fendues d’une lettre à Nancy Pelosi en septembre dernier pour s’opposer à ce que le Congrès examine la résolution sur le génocide arménien. Leurs réponses valent le détour : "Il n’y a pas d’absolu dans ceci - a expliqué Cohen - Il y a un élément de pragmatisme ... Je crois que toute personne travaillant dans la fonction publique doit nécessairement disposer d’un ensemble de facteurs d’équilibrage à prendre en compte."

Et Albright de compléter : "Ce sont des questions qui ont été longuement débattues et elles peuvent entrer dans des déclarations, puis, en dernier ressort, lorsque vous êtes dans le gouvernement (comme nous l’avons été tous les deux) et que vous avez à prendre des décisions très difficiles, vous cherchez une image d’ensemble. Je pense que nous devons l’admettre. Sinon, nous n’allons pas nous en sortir. Ce sont des questions très, très difficiles."

Si les Arméniens n’ont rien compris à ces réponses pourtant claires, c’est qu’ils y mettent vraiment de la mauvaise volonté.

D’autres journalistes ont évoqué la situation en Israël, autre problème épineux, et là encore il leur a été répondu que le groupe de travail (de prévention des génocides futurs) “ne déterminerait pas quelles situations, passées ou présentes, y compris en Cisjordanie et à Gaza, constituaient un génocide.”   C’est vrai ça, ils sont agaçants à toujours regarder là où il ne faut pas … Puisqu’on vous dit qu’on s’occupera des nouveaux génocides.

Petit rappel de qui sont nos deux nouvelles colombes :

Madeleine Albright, née Marie Jana Korbelova en 1937 à Prague dans une famille juive convertie au catholicisme pour échapper aux persécutions, a été nommée ambassadrice aux Nations Unies en 1993. En 1994 avait lieu le génocide au Rwanda, qui ne donna pas lieu de sa part à une vive réaction. En 1996, elle soutiendra les sanctions contre l’Irak et déclarera à cette occasion, à propos des centaines de milliers d’enfants morts en raison de l’embargo : "I think this is a very hard choice, but the price -- we think the price is worth it."( Je pense que c'est un choix très difficile mais le prix –nous pensons que le prix en vaut la peine ). Elle sera secrétaire d’Etat de Clinton de 1997 à 2001 et s’illustrera notamment par sa fermeté dans les Balkans et sa position anti-serbe. Colin Powell dans ses Mémoires raconte qu’elle appuyait l’engagement militaire américain par des arguments du type: "What’s the point of having this superb military you’re always talking about, if we can’t use it?" (A quoi bon avoir cette superbe force militaire dont vous parlez sans cesse si on ne peut pas s’en servir?)

William Cohen était son collègue durant ces mêmes années puisqu’il fut secrétaire à la défense de 1997 à 2001. Il est actuellement à la tête du Cohen Group – services et conseils en matière d’affaires à haut niveau – allié à la DLA Piper, énorme organisation internationale de services juridiques – 3600 avocats basés dans 25 pays. L’un des clients de DLA Piper est le gouvernement turc. Asia Times a relaté le 16 octobre 2007 qu’Ankara dépensait plus de 300 000 dollars par mois en opérations de relations publiques aux Etats-Unis rien que pour empêcher le vote de la résolution sur le génocide arménien. L’ambassade turque paie, elle,  100 000 dollars par mois DLA Piper pour faire du lobbying dans ce sens.

On comprendra qu’à ce prix-là, mieux vaut effectivement regarder droit devant. Et ne pas se laisser distraire par des vétilles.

Source :   www.collectifvan.org                                                     

21/11/2007

LA POLOGNE RECLAME L’EXTRADITION DE HELENA WOLINSKA

La série “bolchevique” semble plonger dans le passé. Pourtant, ces faits ne sont pas si anciens que ça et il peut arriver que ce passé vous rattrape sans crier gare. Même aujourd’hui. La Pologne vient ainsi de présenter officiellement une demande d’extradition européenne pour l’ancienne juge Helena Wolinska, accusée de procès truqués dans les années 50.

643a10bc91a7d64d3f263140e017be12.jpgFajga Mindla Danielak, dite Helena Wolinska, est née dans une famille juive polonaise en 1919. Elle réchappe du ghetto de Varsovie et rejoint la Milice communiste à la fin de la guerre. Elle grimpe très vite dans la hiérarchie du nouveau régime qui s’installe en Pologne puisqu’elle devient juge et procureur.

Elle est accusée  par la Commission d’enquête sur les crimes contre la nation polonaise d’avoir alors procédé à des arrestations illégales, fabriqué des preuves, truqué des procès afin de pouvoir condamner à mort un certain nombre d’ « ennemis du peuple ». En particulier le général-héros polonais  de la seconde guerre mondiale, Emil August Fieldorf. Le général, qui refusa de collaborer avec les communistes après la guerre, fut arrêté illégalement et exécuté en février 1953.

Helena Wolinska quittera le théâtre de ses exploits en 1968 pour s’installer avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg,  en Grande-Bretagne, à Oxford pour être précis. Où son mari, aujourd’hui à la retraite, était professeur. Devenue citoyenne britannique, elle a  88 ans à présent et se plaint de voir resurgir ces spectres du passé : Pourquoi ressortir tout ça, c’est vieux et puis, c’était politique, etc, etc.

Cette fois sera peut-être cependant la bonne. Deux fois déjà, les autorités britanniques ont rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? Reconnaissez qu’ils n’ont guère été retenus dans d’autres circonstances.

Mais c’était avant 2004, date à laquelle la Pologne a rejoint l’Union Européenne. Maintenant, la décision n’appartiendra plus aux autorités britanniques, mais à un juge. Si Helena Wolinska est extradée et jugée, elle encourt 10 ans de prison pour ses crimes.

A la même époque, certains autres de ses collègues ont eu des carrières intéressantes, qui ressurgissent aujourd’hui, de ci, de là. Un en particulier, que la Pologne aurait bien voulu pouvoir juger, et dont nous parlerons demain.

14/11/2007

NOUS SOMMES TRES FIERS: NICOLAS SARKOZY A RECU LE PRIX DE LA LUMIERE PARMI LES NATIONS !

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Reconnaissez quand même que c’est formidable et qu’il ne sera pas allé outre-Atlantique pour des prunes. Cette prestigieuse distinction lui a été conférée par l’American Jewish Committee (AJC), dont le président a déclaré : « Avant tout, nous honorons la conviction, la conscience et le courage du président Sarkozy, autant de qualités qui font cruellement défaut dans un monde désespérément en manque de ces trois vertus ». Et le vice-président a surenchéri en saluant « (sa) vigueur sans équivalent et (son) sens des principes hors du commun », tout en évoquant les défis et les dangers communs auxquelles sont confrontées ces « démocraties sœurs» que sont les Etats-Unis, la France et Israël.

La médaille de l’AJC, qui a la forme d’une flamme symbolisant la lumière inextinguible de la liberté,  s’orne de l’inscription suivante : « En admiration pour votre promotion infatigable des valeurs démocratiques, des droits de l’Homme et de la paix, et en appréciation pour votre amitié dévouée pour les Etats-Unis, pour Israël et pour le peuple juif. »

Sarkozy n’a pas manqué de répondre ce qui était attendu : « L’antisémitisme doit être combattu tête baissée. (…)  Dès l’instant où vous essayez d’expliquer l’antisémitisme, vous êtes en train de le justifier… » Il a ajouté que l’antisémitisme était une réalité qui devait être reconnue pour telle, et non pas déniée. « Nous ne saurions combattre efficacement quelque chose que nous dénierions ». Etc, etc,etc.

Il était bien entouré pendant sa petite virée aux States puisqu’il emmenait dans ses bagages le président du CRIF, Richard Prasquier et la représentante de l’AJC à Paris, Valérie Hoffenberg. Sans compter une pléthore d’excellences hexagonales, dont Bernard Kouchner.

En tout cas, Israël peut être tranquille : Sarkozy est animé des sentiments les plus chaleureux à son égard. Ce dont l’Etat hébreu ne doutait d’ailleurs pas, ayant déjà émis un timbre à son effigie durant la campagne des présidentielles. Sans compter l’attribution du Prix humanitaire du Centre Simon Wiesenthal, en 2003.

Pour ne pas faire de jaloux, et risquer de peiner le CRIF, Sarkozy a également accepté d’être l’invité d’honneur de son prochain dîner de gala, en février prochain. Une première dans les annales de la République.

En tout cas, moi, je comprends que Sarkozy aime aller aux Etats-Unis. Les gens y sont quand même nettement plus sympas, vous ne trouvez pas ? Pas comme ces Français toujours râleurs, qui ont même le toupet de juger « mauvaise » sa politique économique ! Comme s’il avait été élu pour ces minables problèmes d’intendance ! C’est vraiment n’importe quoi. Il paraît même, d’après un tout récent sondage, que « les seules catégories à soutenir désormais la politique du gouvernement sont les cadres supérieurs (58% contre 40%) et les Français les plus riches (59% contre 36%) ». Les gens n’ont vraiment aucun sens des priorités …

Moi, je sens qu’il risque d’aller souvent aux Etats-Unis ces prochains temps …

Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire à propos de l’American Jewish Committee – c’est notamment lui qui a ouvert le Transatlantic Institute à Bruxelles -  je vous suggère de relire l’article qui lui était consacré dans la série des lobbys pro-israéliens (n° 6, 25/07/07)

09:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : licra, crif, sarkozy, ajc, israel

13/11/2007

SANS NOM MAIS NON SANS DESSEIN

84223cb6f32025103b9826b10610eb44.jpgUn livre écrit par Philippe Claudel, maître de conférences à l’Université de Nancy, a obtenu hier le Prix Goncourt des Lycéens, créé par la FNAC en collaboration avec le Ministère de l’Education nationale.

Il s’appelle Le rapport de Brodeck. En voici les grandes lignes.

C’est un village sans nom. Dans ce village sans nom, il y avait un homme sans nom, lui aussi. Il est mort, victime d’un meurtre collectif. C’est horrible. Celui qui n’a pas participé à l’assassinat collectif est chargé d’établir un rapport sur cette terrible affaire. Un rapport destiné à dédouaner les coupables.

On se demande évidemment où cette scène horrifiante a bien pu se dérouler. Quelque part en Ukraine, dans les années 30 ? Ou en Pologne ? Ou en Biélorussie ? Ou au Caucase ? Vous n’y êtes pas. Mais alors, pas du tout. Réfléchissez avant de dire, ou de penser, n’importe quoi.

Cela ne PEUT s’être passé que dans un CERTAIN pays. Et d’ailleurs, nous allons peu à peu deviner lequel: un pays montagneux, où l’on parle un langage germanique. Genre Bavière, ou Autriche, ou Allemagne. Enfin, dans ces coins-là, forcément. On y voit déjà un peu plus clair, non ? Il est question aussi de camps de concentration dans les parages. Surtout ne me répondez pas que ... dans le paradis bolchevique aussi …. C’est totalement HORS SUJET et votre insistance à ce propos paraît décidément de plus en plus louche.  

Ce « rapporteur » si je puis dire, qui se nomme Brodeck, va en dire un peu plus sur lui au fil des pages. Il a dû fuir les pogroms d’un pays non nommé et a réchappé d’un camp d’extermination. L’horreur ne cesse de grandir, les atrocités « quasi-fantasmatiques » se succèdent. Ainsi, on verra même «la femme du dirigeant du camp assistant à la pendaison des détenus, son bébé dans les bras ».

[Là, puisque nous en sommes au chapitre des horreurs, j’ouvre une parenthèse pour vous suggérer d’aller voir ce que raconte Wikipédia sous cheka  - en anglais, j’insiste -  parce que sous tchéka  avec un t en français, vous ne trouverez rien. Cliquez ensuite sur cheka atrocities, et là vous constaterez que la scène de la pendaison était juste un petit jeu de patronage. Et là-bas, hélas, ce n’était pas du roman].

Voilà en tout cas ce qui est proposé aux lycéens : toujours la même version hémiplégique de l’histoire, toujours les mêmes méchants, toujours les mêmes gentils. Ils finiront par faire une overdose.